De la mer à la grande politique… Jean-Luc MÉLENCHON, un visionnaire

Jean-Luc Mélenchon a été interviewé au salon de la mer « Euromaritime » jeudi 7 février 2013. Le lien vers la vidéo est http://www.lepartidegauche.fr/lateledegauche/media/jean-luc-melenchon-au-salon-l-economie-maritime-20770

On y voit un visionnaire. Cela m’inspire quelques réflexions.

La dernière fois qu’un leader politique a défendu, en France, une grande politique maritime à la hauteur de celle qui devrait être conçue et mise en œuvre en France, c’était il y a 50 ans. Et le leader en question s’appelait le général De Gaulle qui contribua, avec d’autres, à redonner à notre pays sa grandeur.

Aujourd’hui, et on le sent depuis déjà plusieurs semaines voire plusieurs mois, Jean-Luc Mélenchon a compris l’importance stratégique de ce nouveau champ de recherche et d’activité. Oui, comme Ariane, comme le TGV, comme Airbus, la mer peut offrir à la France un gisement d’emplois que peu d’autres nations seront, avant longtemps, en mesure de nous disputer. Ce sera un outil économique de développement de première importance en même temps qu’une occasion de voir notre pays accéder de nouveau au rang des plus grandes puissances, ces pays qui dominent, non pas seulement par leur économie ou leur puissance militaire, mais aussi par leur capacité à faire rêver rationnellement les foules, à entraîner des millions de personnes dans un objectif commun de développement. Recherche fondamentale et appliquée, médecine, emplois, prestige, il y a tant à gagner d’une grande politique maritime, tant à découvrir encore, tant à faire.

Le président John Fitzgerald Kennedy avait parlé au début des années 60, chacun s’en souvient ou en a entendu parler, de « La Nouvelle Frontière ». Il pensait alors à l’espace. Et c’en était une en effet, qui a fait rêver le monde, qui a contribué au développement massif des connaissances et des sciences car la science spatiale, les découvertes qui ont été faites, n’ont pas servi que la discipline spatiale. C’est toutes les sciences qui se sont trouvées irriguées par l’immense effort de recherche entrepris alors. N’oublions jamais cela.

Notre Nouvelle Frontière* à nous, aujourd’hui, peut et doit être la mer. Nous venons d’elle. Elle est un des principaux éléments qui permettent la vie humaine. Elle donne sa belle couleur à notre Terre. Elle est source de vie, de plaisir, mais aussi parfois de souffrances et de désastres. Nous avons beaucoup à apprendre d’elle pour que notre civilisation franchisse une nouvelle étape de progrès de la connaissance et donc, de la civilisation.

Avec cette intuition maritime, Jean-Luc Mélenchon pose ainsi ses pas dans ceux d’un géant de notre Histoire, le général De Gaulle. Toutes choses égales par ailleurs comme on dit !

Il est évident que chacun de ces deux personnages illustres a sa propre histoire qui n’est en rien comparable, que ces deux hommes ont des spécificités qui les distinguent et les éloignent l’un de l’autre, en même temps que, parfois, elles les font se rapprocher. De Gaulle et Mélenchon ont eu, tous les deux, leurs fulgurances et aussi leurs faiblesses. Parmi ces deux dirigeants, l’un a présidé aux destinées de notre pays il y a un demi-siècle dans le cadre d’une  constitution dont il fut le principal concepteur, loi fondamentale dont un autre grand Président français, François Mitterrand, dira avec justesse, qu’ «elle était dangereuse avant lui et qu’elle le redeviendrait après» (oubliant au passage qu’elle l’était tout autant sous sa propre présidence). L’autre s’inscrira bientôt comme un de ses successeurs mais ce sera alors pour mettre un terme à cette dangereuse constitution. Ce point n’est pas le moindre de leurs dissemblances. Pourtant, il n’en demeure pas moins qu’à mes yeux, Jean-Luc Mélenchon, bien souvent, propose des solutions politiques et présente une vision de notre avenir, dont on peut dire qu’elles sont de la même portée  que celles défendues, en son temps, par De Gaulle.

Mélenchon aujourd’hui, comme De Gaulle hier, a « une certaine idée de la France » que la plupart de ses contemporains n’ont pas. Il a aussi une certaine vision de l’Europe, du monde, de l’humanité, du progrès, de la civilisation. On peut lui reconnaître des torts et même ne pas toujours lui donner raison mais quand on le voit, quand on l’écoute, quand on le lit depuis des années, et qu’on fait de même de ceux (ou celles) qui prétendent ou aspirent à le surpasser, on finit toujours par se rendre à l’évidence : parmi tous les acteurs du jeu politique français, il y a les alphas, les bêtas et les autres pour reprendre une présentation à la Aldous Huxley. N’est pas géant qui veut. Certes ce sont les circonstances qui « font » largement les géants de l’Histoire. Mais précisément les temps qui viennent vont être de ceux qui vont faire tomber le masque.

Les marionnettes, les pitres, les médiocres, les pleutres, les partisans de la soumission, ceux qui préfèrent toujours baisser les yeux, la tête et courber l’échine jusqu’à s’aplatir devant des tigres de papier, toux ceux-là ne sont pas taillés pour affronter les temps qui s’annoncent. La métaphore du pédalo était une géniale intuition. Ils seront alors renvoyés à « leur petite popote » pour reprendre là encore une expression gaullienne.

Les autres, celles et ceux qui savent où aller, celles et ceux qui ont le courage de marcher droit face au feu nourri de l’ennemi, celles et ceux qui ne capitulent pas devant la menace de sabres de bois, celles et ceux qui ne vivent que pour défendre l’intérêt général et qui sont prêt-e-s à assumer le pouvoir non pas simplement pour profiter de ses avantages mais surtout pour en supporter les contraintes et en exercer les responsabilités, sont les dirigeants dont nous avons besoin, ici et maintenant. Notre peuple est en train de saisir le sens de cela. Il ne tardera pas à mettre ses actes en cohérence avec sa nouvelle pensée en train de se forger. Et cela ne se verra pas qu’en France.

En Italie, en  Espagne, en Grèce, au Portugal, mais aussi en Allemagne, en Angleterre et ailleurs en Europe comme en Islande où cela a commencé, sans doute un jour au Canada et aux États-Unis, comme en Israël ou dans les pays dits arabes, la révolution citoyenne se fera. Elle est déjà souvent en cours. Une nouvelle ère commencera alors où, à l’instar de ce que vivent les populations de certains pays d’Amérique latine depuis que leurs gouvernements sont redevenus des gouvernements du peuple, par le peuple et pour le peuple, nous constaterons que le progrès n’est plus un vain mot et que c’est le destin de l’humanité que de suivre cette voie dès que celles et ceux qui nous gouvernent, à la tête de nos structures politiques et administratives, n’ont à l’esprit que la seule volonté de servir au mieux l’intérêt général.

Politique maritime, constitution, pratique du pouvoir, participation directe du peuple à la décision et à la loi, densité et profondeur de celles et ceux qui marchent devant, tout se tient.

À trop rêver, on est souvent déçu nous oppose-t-on souvent pour que nous en rabattions sur nos espoirs de lendemains qui chantent et pour que nous restions dociles et sages devant les coups qui pleuvent. Mais le rêve d’aujourd’hui n’est souvent que la réalité de demain. L’Histoire nous l’apprend et si parfois l’Histoire vacille, connaissant de cruels retours en arrière, un jour vient où l’humanité chasse ses maîtres devenus indignes et tyranniques et reprend son destin an mains. Ce jour approche. On y est presque !

* concept évoqué par le président Kennedy à propos de l’espace

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