Pour un nouveau Front de Gauche – Billet d’humeur, d’analyse et de prospective

Hier soir, mercredi 6 novembre 2013, avait lieu un »mercredi citoyen » à la Maison des associations Agora à Saint-Nazaire sur le thème des transports, des déplacements et de la gratuité. Un compte-rendu en sera dressé et diffusé. Ce n’est pas de cela que je veux vous entretenir. Lorsque nous sommes sortis, deux heures plus tard environ, nous avons croisé quelques communistes nazairiens et ce fut un choc pour moi.

Je vous le dis tout net, le PCF commence sérieusement à me les briser menues. Au regard de ce que j’ai entendu, j’ai compris tout de suite que les militants PCF locaux, sur le point de voter sur la question de savoir si le PCF doit aller sur une liste PS au premier tour ou choisir une autre voie, avaient été l’objet d’une propagande éhontée de leur petit chefaillon nantais. Ce dernier a dû leur faire une propagande d’enfer digne d’un célèbre docteur…  Quelques-un-e-s espéraient encore, j’en suis certain, que la base ne suivrait pas des consignes de soutien au PS mais il n’est plus temps de rêver. Il n’y a rien à attendre sinon quelques courageux qui rompront les rangs une fois le vote de soumission et de servilité acquis.

Les militants PCF ont manifestement entendu une version malhonnête, en tous points inexacte. Je suis outré.

Ne comptez plus sur moi pour faire comme si ça n’existait pas. D’autant que St-Nazaire n’est pas l’exception. Si dans plus d’une centaine de villes que j’ai répertoriées à ce jour, les militants du PCF ont fait le bon choix, et qu’il ne fait aucun doute que beaucoup d’autres villes ont dû faire ce choix même si je n’en ai pas été informé, il y a aussi pas mal de villes où le PCF a choisi, parfois certes de très peu, mais a choisi quand même, de préférer aller avec le PS. Notamment dans l’Ouest, notre territoire.

Je ne ferai pas campagne aux Européennes avec ces gens-là! Inutile de compter sur moi pour jouer la pièce « Embrassons-nous Folleville » avec ce qu’ils nous mettent dans la tronche. D’ailleurs je joue très mal… J’éviterai d’écrire ici des mots qui blessent mais ils sont nombreux ceux qui se bousculent pourtant dans ma tête et je me fais violence pour les contenir…

À Nice, il y avait des communistes comme ceux-là mais il y avait aussi des militants PCF ardents défenseurs du Front de Gauche, qui ne voyaient pas la vie politique ou les actions à mener uniquement à travers le PCF, toujours pour, par et avec le PCF, dans le seul intérêt du PCF. J’ai connu nombre de militants communistes enthousiastes devant le Front de Gauche, honnêtes à l’égard du Parti de Gauche, combatifs, aimant travailler en commun avec leurs partenaires.

Ici, les choses sont tellement différentes. Mais c’est manifestement le cas aussi à Angers, à Rennes et dans tout le grand Ouest. J’ai mal au Front de Gauche. À Nice, un militant communiste co-animait avec un militant du PG et des militants non encartés, un comité du Front de Gauche, qui se réunissait presque toutes les semaines, qui menait des actions militantes unifiées tandis que le PCF institutionnel menait sa vie comme il l’entendait sans jamais rien demander à personne. Nous n’avions qu’à suivre, à porter les valises et à la fermer. Je ne vous cache pas que les relations PCF-PG étaient parfois quelque peu tendues; ça ne s’est manifestement pas amélioré car les contacts très fréquents que j’ai avec mes camarades niçois me font savoir que la tête de liste locale méprise le PG. Il en veut bien à condition que le PG soit un bagage accompagné, discret et docile. Il est clair que ça va tanguer… Ce n’est pas pour rien que Mélenchon lui-même a fait une sortie récente sur ce problème qui se retrouve dans bien d’autres villes de France.

Pour revenir au sujet principal, j’aime mon parti, le PG. J’y suis bien, je suis fier d’en être militant, mais mon idée est que nous devons nous dépasser, nous devons tous nous dépasser et le PG doit se dépasser. Nous ne devons pas regarder les évènements sous le seul angle de vue de notre parti mais chausser les lunettes du Front de Gauche. Même si nous n’en sommes qu’une partie. C’était la logique du Front de Gauche. Chacun se dépassant pour construire quelque chose de beaucoup plus grand que lui-même. Le PCF torpille cette stratégie avec un enthousiasme inattendu. Nous devons en prendre acte. Ils sont libres d’agir ainsi mais nous le sommes aussi de ne pas l’accepter. Puisque les militants PCF qui se trouvent dans des situations intenables ne semblent pas vouloir reprendre le pouvoir sur les appareils qui les manipulent, puisqu’ils semblent croire sur parole ce que disent leurs chefs et que nous apparaissons à leurs yeux comme des intrus, voire presque des ennemis, tirons-en TOUTES les conséquences. Coupons les ponts. Assumons un positionnement clair. Nous perdrons peut-être quelques plumes dans l’immédiat mais nous gagnerons une crédibilité que nous avons perdue depuis des mois devant les électeurs tandis que, tout ce temps, pour sauver à tout prix le Front de Gauche qui est si mal en point à cause du PCF institutionnel, nous sommes en train de désespérer le peuple.

Le PG a été fondé sur un espoir de renouveau. C’est peut-être, comme le persiflent certains, un « petit » parti, c’est sans doute un parti qui doit mûrir, c’est probablement un parti qui est encore « fougueux » mais ces différents traits font sa force et ne sont en rien des handicaps. Ce sont ces caractéristiques-là qui ont largement contribué à faire du Front de Gauche ce qu’il est. Oui, j’assume que je préfère le PG tel qu’il est plutôt que les diplodocus d’un certain PCF et je ne suis pas le seul! Même au-delà de mon propre parti!

Assez de tergiversations. Assez d’attentisme. Assez de modération. Assez, assez, assez!

Je suis arrivé au bout de ma capacité d’absorption.

J’EXIGE de la clarté dans nos choix et dans nos positions. Nationales, internationales et locales. L’appareil national comme l’appareil local du PCF a choisi, en conscience, de tuer le Front de Gauche ou a essayé d’en faire « son » jouet et voilà qu’ils osent dire que nous sommes les coupables. Nous les découvrons s’agitant en coulisse depuis des mois, à Paris et ailleurs, et c’est nous qui sommes accusés des pires fautes. Et il faudrait que nous baissions la voix et les yeux. Et il faudrait que l’on plie les genoux et que l’on courbe l’échine. Et que nous parlions plus aimablement. Et que nous disions que les Socialistes sont et restent nos amis et nos alliés. Foutaises!

Il faut cesser sans délai ce jeu mortel.  Les communistes – et les autres! – qui croient que tout cela n’est qu’une crise d’adolescence du PG et du FdG, comme ils le disent avec tant de mépris, se mettent le doigt dans l’œil jusqu’au coude s’ils croient qu’ils seront écoutés. Nous ne sommes pas intimidés devant de telles remontrances et admonestations. Parmi ces gens-là, certains sauveront peut-être encore quelques meubles à la prochaine élection mais ce sera la dernière avant liquidation.

Les communistes authentiques, les vrais résistants à l’ordre établi, les communistes qui sont assez stratèges ou qui ont un cœur assez noble pour s’opposer à l’innommable, quitteront ce parti devenu planche pourrie. Les autres feront ce qu’ils voudront. À vrai dire, je m’en fiche! Ils sont, comme l’étaient certains Socialistes dits de Gauche, dans une situation intenable où ils doivent faire un choix radical qui engage l’Histoire. Soit ils l’assument comme d’autres l’ont fait, soit ils plient, se taisent, laissent faire ce qu’ils réprouvent peut-être en leur fort intérieur mais n’osent pas, ou ne veulent pas, empêcher et ils disparaîtront dans les oubliettes de l’Histoire.

Personnellement, je ne peux plus tolérer de militer avec des gens qui pensent soi-disant comme nous mais qui s’accomodent de tant d’actes en totale contradiction avec leurs belles idées.

Le PG, petit parti, basé sur une force militante bien moindre, doté d’un budget bien plus faible, d’un nombre d’élus très inférieur, a de l’avenir. Le vent de l’Histoire souffle dans le sens que nous avions pressenti et annoncé. Et la leçon de la fable de la Fontaine « Le lion et le rat » qui rappelle que l' »on a souvent besoin d’un plus petit que soi » vaut au moins autant que l’autre qui nous a été plusieurs fois opposée, celle de « la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf »… D’ailleurs, nous pourrions assumer aussi cette amabilité en expliquant qu’il est exact que nous appliquons aussi cette leçon-là. Parce que nous ne travaillons pas pour nous-mêmes, nous ne travaillons pas pour le PG, nous ne travaillons pas pour nos intérêts égoïstes mais pour l’intérêt général, pour donner une réalité au droit au bonheur du peuple français.

Et pour cela, rien ne sera démesuré, RIEN! Tenez-vous-le pour dit, persifleurs de pacotille!

N’ayons pas peur de nous. Osons! Soyons fiers de ce que nous sommes. Ayons confiance en nos forces et en notre capacité à convaincre le peuple avec nos solutions.

Car jusqu’ici je n’ai pas parlé du fond, seulement de stratégie mais le PCF est aussi un boulet, pour ne pas dire un poison, quand on en vient à des sujets éminemment fondamentaux comme l’écologie car nous sommes hostiles, NOUS, au nucléaire. Nous voulons en sortir. Oh certes pas dans deux ans, mais pas non plus dans cent cinquante! Nous sommes hostiles, NOUS, au productivisme et à cette forme de terrorisme de la pensée qui veut que pour créer des emplois, on peut tout faire. Nous sommes hostiles, NOUS, à ce projet complètement dingue, anachronique, antédiluvien qu’est la création de l’aéroport de Notre Dame des Landes. Le PCF est pour le moins partagé sur cette question, pour employer un euphémisme… Trois exemples qui font mal.  Trois exemples qui rendent de plus en plus impossible de travailler durablement avec ces gens-là.

Alors poursuivons l’œuvre de la révolution citoyenne et mettons toutes nos forces, toute notre intelligence collective, tout notre dévouement à l’édification d’une force qui deviendra irrépressible, le Front du peuple, sur les bases du Front de Gauche mais avec un nouveau plan et de nouveaux architectes. Mais pour cela, il nous faut, préalablement, nous détacher du PCF et nous battre pour obtenir l’unification du Front de Gauche.

Toutes les organisations du Front de Gauche autres que le PCF, le PG et le POI vont s’unir très prochainement. C’est une démarche très encourageante, très prometteuse. En tant que telle, cette évolution du Front de Gauche est de nature à renforcer les choix que le PG a faits depuis des mois et donc nos positions communes car ces mouvements politiques, bien que petits, bien que récents, bien que moins établis que le Parti communiste,  sont très proches des positions défendues par le PG puisque ces positions communes sont celles du Front de Gauche tout entier.

Je me suis fait reprocher hier soir de penser dans le cadre étroit du PG et de ne voir que les intérêts du PG. C’est tellement faux! À la limite, et bien que j’ai déjà dit combien je suis heureux et fier d’être militant du PG, je suis aussi capable de dire que je me tape du PG si le Front de Gauche renaît et se dépasse. Je n’ai aucune crainte de voir disparaître le PG en tant que tel dans une nouvelle organisation plus large, plus rassemblée, plus unifiée. Le PG est un outil, pas une fin en soi. La seule fin légitime, c’est la révolution citoyenne, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Tout ce qui y contribuera sera utile et je le soutiendrai.

J’INSISTE DONC PUISSAMMENT sur la nécessité de chercher, rapidement, à impliquer le PG dans cette démarche de rassemblement afin de chercher les voies d’une fusion avec ces organisations politiques qui vont montrer le chemin à suivre, reprenant l’objectif affiché auparavant par Jean-Luc Mélenchon et une très large partie du PG avant que le PCF ne refuse cette solution, dans un nouveau Front de Gauche qui sera bien plus lisible pour le peuple français et surtout plus efficace. Le PCF ne suivra pas? Grand bien lui fasse! Il est à quelques mois tout au plus de sa mort…

Ces mots sont cruels mais ils reflètent une vérité qu’il ne faut plus ni taire, ni tenter d’édulcorer. D’ailleurs tout le monde le sait. Le PCF a une histoire compliquée, faitre de bravoure, d’abnégation, de dévouement, de martyres mais aussi d’erreurs, de scandales, de crimes. Pas plus pour le PCF que pour tout regroupement humain, la réalité n’est univoque. Mais quand, comme au PCF, on a tenu, envers et contre tout, à son nom et à ses symboles, alors mêmes que tous les autres partis communistes ou presque les jetaient, on pouvait espérer que cela signifiait de leur part une volonté irréductible de tenir tête à tout ce qui était inacceptable et le faire sur nos idées, sans jamais rien en rabattre. Mais ces derniers mois montrent que, parfois, il en va autrement.

Et si je ne perds jamais de vue que, numériquement parlant, les communistes sont légion à être du bon côté de l’Histoire, je sais aussi que ceux qui sont de l’autre côté, bien que très minoritaires, ont, par leurs choix et leur comportement, terni l’audience du Front de Gauche et de leur propre parti. Par la position emblématique que certains d’entre eux occupent, et par la confusion que ceux-ci et leurs clones locaux engendrent,  c’est tout le Front de Gauche qui se trouve embarrassé et ce mot est très insuffisant pour dire l’ampleur du désastre…

Alors il est urgent de repédaler dans le bon sens. Avec toutes celles et tous ceux, d’où qu’ils viennent, qui sont sur la même longueur d’onde que nous. Et en nous rassemblant dans un mouvement unique, nous serons mieux armés pour franchir les obstacles qui seront sur notre route.

Ces propositions sont ambitieuses mais nous sommes des militants ambitieux. Pas pour nous mais pour notre pays, pour notre peuple, pour notre continent et pour le monde. Quand on a des fers aux pieds, on n’avance pas vite. Une fois qu’on s’est libéré de nos chaînes, on peut envisager de courir vers des jours meilleurs.

Je vais être cynique et réaliste en même temps. Nous, au PG, nous nous sommes servis du PCF depuis quelques années mais le PCF s’est aussi servi de nous. Nous avons progressé grâce au PCF mais le PCF a aussi progressé, ressuscité même, grâce à nous. Et aux autres… C’est tous ensemble que nous avons grandi. Mais puisque certains d’entre nous ont décidé de revoir leurs alliances et de soutenir ceux contre qui étaient dirigées nos flèches, nous serions stupides et inconscients si nous n’agissions pas en conséquence.

Jean-Luc Mélenchon ne cessait de dire, durant les premiers temps de la vie du Front de Gauche, qu’il souhaitait unifier cette famille. Le PCF a dit « Non! » et c’est donc à cause de lui que cela n’a pu se faire. Sans doute qu’alors d’autres esprits n’étaient pas prêts à cela. Je suis convaincu que les choses ont changé. L’an dernier, le peuple français, en offrant quatre millions de suffrages à Jean-Luc Mélenchon, n’a pas voté pour le PG. Il n’a pas voté pour le PCF. Pas plus pour la GA, la GU, les Alternatifs, la FASE, Convergences et Alternative, République et Socialisme ou le POI. Il n’a pas voté seulement pour un homme mais pour une équipe, un projet, un avenir, une nouvelle façon de travailler ensemble.

Depuis un an et demi où le PCF nous snobe et travaille dans l’ombre avec ceux qui sont devenus nos ennemis, nous n’avons rien fait. Nous regardons passer les trains comme des vaches amorphes dans un pré. Aucune action d’envergure. Il est plus que temps, camarades, de reprendre le flambeau, celui du PG mais aussi et surtout celui du Front de Gauche. L’un et l’autre vont de pair. Ils ne sont pas antagonistes. Au contraire!

Voilà ce que je voulais vous dire mes camarades.

Il y a de la colère dans mes propos, vous l’aurez remarqué. Il y a de la déception. Il y a même du dégoût. Mais il y a aussi de l’espoir, de la volonté, de la détermination.

Le PG et le FdG portent une part essentielle de notre avenir. Ne laissons pas ces forces péricliter à cause d’un boulet qui nous tire vers le bas.

J’ai commencé ce message en rappelant combien j’étais fier d’être militant du PG. Après trois ans, je viens de renouveler mon adhésion. Je n’ai jamais douté de mon parti et de mes responsables. Ce qui ne veut pas dire que je sois d’accord tout le temps avec tout le monde. Mais le PG est indispensable au peuple. Tel qu’il est et tel qu’il va devenir.

J’ai dit également que ma vision, contrairement à celle de nombre de communistes, n’est pas partidaire. Je raisonne au-delà de mon parti. Il est encore plus indispensable que le PG se dépasse et que le FdG se dépasse. Mais le PG est un des meilleurs outils aujourd’hui pour obtenir ce dépassement dont je rêve. Et nos camarades de la GA, de la GU, des Alternatifs, de la FASE, de Convergences et Alternative, de République et Socialisme qui vont amorcer la plus importante évolution du Front de Gauche depuis sa fondation, ne peuvent pas être les seuls à bouger. Nous devons bouger avec eux.

Je souhaite que nos responsables nationaux et locaux du PG, les actuel-le-s et les prochain-e-s, se saisissent de ces questions et j’espère que les pistes que qu’ai évoquées seront perçues par beaucoup d’entre vous comme des éléments de la reconquête.

Hardi camarades et ami-e-s. Le peuple nous attend.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s