Rien ne peut résister à un peuple qui a décidé de se libérer de ses chaînes

Rosa Luxembourg avait dit: « Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaines ».

* * * * *

Les syndicalistes, les militants associatifs, ceux des mouvements sociaux et de la Gauche en général, sont victimes d’une guerre ouverte de la part de la finance via son bras armé qu’est l’État policier.

Le « terrorisme » devient un chef d’inculpation de plus en plus utilisé dès lors que les mouvements politiques, syndicaux et associatifs, défendent un autre monde. En effet, ils proposent de porter atteinte aux structures et institutions de l’État puisqu’en défendant un autre monde, ils veulent changer ce qui fait aujourd’hui notre système. Peu importe qu’ils le fassent en toute transparence, en toute démocratie, sans violence, sans complot ni conspiration. Ils veulent changer le monde et le rendre plus vivable pour tous. Et cela, est inacceptable pour ceux qui trouvent que ce monde-ci est idéal.

Mais alors, nous ne sommes plus en démocratie ! Dans une démocratie, les institutions sont des créations humaines toujours datées, destinées à répondre aux volontés d’organisation de la société à un moment donné, et qui, toujours, peuvent – et doivent pouvoir – être modifiées, le jour où la volonté générale change d’avis sur les modalités de son organisation politique, économique, sociale…

Si on sacralise ces institutions (pas seulement les institutions politiques d’ailleurs mais aussi les institutions économiques, sociales, culturelles…) dans un état donné, au point où toute idée contraire, toute proposition d’organisation alternative, est ultérieurement perçue comme un acte de « terrorisme », la démocratie est alors définitivement morte. Nous entrons, dans ce cas, dans un système purement et simplement dictatorial, un système d’essence monarchique – et d’une monarchie non constitutionnelle mais de droit divin – où contester l’état des lieux, proposer un autre aménagement des règles communes de vie en société, devient un crime absolu, un déicide. Les dieux sont alors le libre marché, la concurrence dite libre et non faussée (alors que chacun voit bien qu’elle n’est ainsi que dans la lettre des textes puisque, dans la réalité, elle est tout sauf libre et elle est en tous points faussée), l’égoïsme, l’accumulation sans limite, l’avidité, la cupidité, la déshumanisation, la « dé-civilisation »…

Les nouveaux « terroristes », tous ces militants syndicalistes, associatifs et politiques, qui tombent sous les coups  de l’ennemi, sont comme les canaris de la mine au sens où ces oiseaux, en mourant juste avant le coup de grisou, préviennent les mineurs du désastre sur le point de se produire. Le désastre EST sur le point de se produire. La situation des ces militants nous en avertit.

Chaque fois que nous perdons ces batailles que la finance et ses suppôts nous mènent et que l’immense majorité se tait, nous nous rapprochons davantage du « Big One »… le séisme le plus dévastateur jamais connu, ou de la vague scélérate la plus destructrice jamais vue, celle-là même qui emportera tout sur son passage dévastateur, détruisant toute les oeuvres de progrès que la civilisation humaine avait inventées depuis trois siècles. Tous les progrès de la Révolution française mais aussi des révolutions européennes et mondiales qui se sont déroulées au XVIIIe siècle et dans les trois siècles suivants, après avoir été inspirées notamment par la philosophie des Lumières, seront effacés par l’ordre nouveau du monde qui s’installe depuis trois décennies et qui, désormais, hélas, hélas, hélas, repose sur des bases solides et dont les thuriféraires disposent de moyens efficients pour se protéger de toute remise en cause. Cet ordre nouveau du monde, s’il devait perdurer et s’installer définitivement, fera reculer la civilisation humaine de plusieurs siècles.

Cet ordre nouveau du monde, amorcé dans les années 80, renforcé dans les années 90, confirmé et développé dans les années 2000, sera difficile à contester. Les forces en présence sont inégales. Nos ennemis ont pour eux le droit, je veux dire le droit positif, celui en vigueur, qui les sert le plus souvent. Et lorsque ce droit positif ne leur permet pas de mettre en œuvre, légalement et légitimement, leur sale besogne, il se trouve toujours des juristes, des magistrats ou des conseillers occultes pour réinterpréter ce droit dans le sens qui les sert, fut-ce en violation du bon sens, de la logique, de la rationalité ou de la simple authenticité.

Quelques exemples : aux États-Unis, l’interprétation des lois américaines par les Néoconservateurs de BUSH (notamment John ASCHCROFT, l’Attorney General, et son assistant dont j’ai oublié le nom, pour rendre possible Guantanamo, ses prisonniers à qui on ne reconnaissait pas le bénéfice des conventions internationales et à qui on a fait endurer l’indicible.

Et en France, l’exemple de la sentence arbitrale dans l’affaire Tapie, en violation du droit qui prévoyait une intervention de la justice en tant qu’institution. C’est par un scandaleux détournement de procédure et par un dévoiement des textes que l’on put imposer un tribunal arbitral qui lui, allait adopter une décision de clémence qu’aucun tribunal n’aurait décidé.

Et je ne parle même pas du droit naturel que les maîtres tendent de plus en plus à refuser ou qu’ils interprètent dans leur seul intérêt égoïste, en le vidant de son sens ou en en inversant les propriétés.

Nos ennemis ont aussi, de leur côté, la force institutionnalisée puisqu’ils contrôlent la police et l’armée via les gouvernements fantoches dont ils tiennent en fait tous les leviers. Ils ont ainsi, comme le disent les juristes à propos de l’État, le monopole de la contrainte légitime.

Mais le peuple a pour lui le droit naturel, c’est-à-dire indépendamment du fait qu’il ne soit pas prévu expressément dans un texte juridiquement applicable, de résistance à l’oppression. Chez nous, en France, ce droit a été prévu dans certains de nos textes fondamentaux puis il en a été sorti. On comprend pourquoi ! Mais si la déclaration des droits de l’homme et du citoyen dans laquelle on le trouve n’a pas de valeur de droit positif, puisque ce texte est attaché à la constitution dite « montagnarde » de 1793 qui n’a jamais été appliquée, il est un droit naturel, existant même sans texte. Et ce droit peut être défini comme tel : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs » (article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793). Cet outil n’est pas anodin…

Nos ennemis ont encore pour eux la maîtrise des flux financiers et disposent ainsi de ce qui va avec, cette richesse mondiale dont les peuples sont à la base, dont les salariés sont les initiateurs et les créateurs tandis que les maîtres ne sont que quantité négligeable dans cette création de la richesse. En fait, ces maîtres sont plutôt des charognards qui confisquent dans leurs griffes et pour leurs seuls intérêts égoïstes, le produit de toutes les souffrances des travailleurs. Et avec la maîtrise de ces richesses, les maîtres peuvent tout faire, tout se permettre, tout acheter, jusques et y compris des gouvernements nationaux ou locaux qui ne sont plus que des coquilles vides quand ils sont faits de personnalités de petite vertu ou de faible caractère.

Le lobbying est devenu, depuis trois décennies, à l’image de ce qui se pratique aux États-Unis, une réalité noire de la vie publique. On en parle peu. Mais elle prend de l’ampleur. Ceux qui la contrôlent sont les mêmes que ceux qui contrôlent le monde. Le lobbying n’est qu’une manière détournée de peser sur les décisions des gouvernements dits démocratiques. Plutôt que d’imposer des normes et des prescriptions, plutôt que d’interdire, plutôt que de restreindre les apparences démocratiques, les maîtres usent et abusent du lobbying. Ils cherchent à « convaincre » plus qu’à imposer, nous disent-ils. Mais cette explication n’est qu’une escroquerie de plus à mettre à leur palmarès. Le lobbying n’a jamais été une démarche de conviction, reposant sur des arguments rationnels qui pourraient emporter la conviction de ceux qui les entendraient. Le lobbying n’est qu’une forme de contrainte du fort au faible. Le lobbyiste ne convainc pas, il corrompt, il achète, il menace, il dissuade, il « conseille »… Et en la matière, ce sont toujours les plus gros, les plus forts, les plus riches, qui sont les plus « écoutés ».

Je disais plus haut que le droit était souvent conçu et mis en œuvre au bénéfice des maîtres et l’était beaucoup moins souvent dans l’intérêt des peuples. Mais il est pourtant des principes suffisamment clairs qui ne devraient pas permettre que le droit positif soit contourné. Je rappelle que par droit positif je parle du droit mis en application sur la base des lois, des règlements et de tous les textes qui sont applicables, de même que celui appliqué, éventuellement après interprétation, par les juges, lors des contentieux de quelque ordre que ce soit (civil, pénal, social, commercial…). Il se trouve qu’en droit français, il est un principe, qui doit aussi exister, j’imagine, dans bien d’autres droits étrangers, qui défend les faibles face aux forts, c’est celui de l’autonomie de la volonté selon lequel, pour qu’un contrat soit valable et donc légal, il faut que les parties à ce contrat soient égales. Comme elles ne le sont pas toujours, le droit rétablit, d’une certaine manière, une égalité qui n’existe pas dans la réalité. Chacune des parties a ainsi, en théorie juridique, les mêmes droits et les mêmes obligations. Aucune ne peut dominer l’autre ni le contraindre en faisant usage de sa puissance et de moyens de pression déterminants. Ainsi, ce principe se concrétise par des procédés concrets : tout contrat peut être annulé si l’une des parties établit que l’autre a usé à son égard de la contrainte. Un contrat conclu sous la contrainte ne vaut rien en droit. Il est nul et non avenu puisque chaque partie est réputée libre et que la liberté n’existe plus, par définition, si une contrainte s’est exercée sur celui qui devait librement contracter ou pas. Le dol est aussi une pratique sanctionnée en droit. Le dol est une manœuvre frauduleuse destinée à peser malhonnêtement sur la décision d’un éventuel cocontractant. Le dol est caractérisé, par exemple, par des mensonges, par le fait, pour l’une des parties, de ne pas donner à l’autre certaines informations qu’elle devrait avoir, alors même que ces informations auraient eu un effet déterminant sur la décision de cette autre partie.

Nous voyons donc bien que les faibles ont pour eux une partie du droit leur permettant de résister à la pression et de faire sanctionner ultérieurement par l’annulation en justice, des violations du principe d’autonomie de la volonté qui viendraient à être découvertes après la conclusion du contrat.

Si le « contrat » dont il est question ici est l’acte établissant un accord de volontés entre deux ou plusieurs parties, on peut, politiquement parlant, en avoir une vision plus large et considérer que dans toute relation aboutissant à cette situation où l’une des parties décide au détriment de l’autre, le principe susnommé devrait avoir autorité. Donc y compris dans ce genre de situation où un gouvernement, sensé représenter la volonté générale, fut-ce à un moment donné, fut-elle évolutive, parle et agit au nom de la majorité du peuple. On ne devrait donc pas considérer comme légitime que des lobbyistes, c’est-à-dire les défenseurs d’intérêts particuliers, aussi légitimes que ces intérêts puissent être parfois, soient en mesure d’emporter la décision de ceux qui doivent œuvrer pour l’intérêt général. Or c’est ce qui se produit. De plus en plus souvent. D’ailleurs le lobbying ne serait pas si florissant s’il n’avait aucun effet !

À titre d’exemple iconoclaste, je dirais que les lobbyistes ne rencontraient pas un grand succès dans leurs intérêts étroits, lorsque le Président de la République française était un certain général de Gaulle ! Ils ont été plus satisfaits par la suite… Nos maîtres ne sont pas tous des rocs !

Toutefois le principe de l’autonomie de la volonté précité, cette « arme du faible au fort » comme on le dit en géostratégie pour parler de la force de dissuasion française, est de la théorie juridique et celle-ci, hélas, cède souvent, dans la pratique. Nous savons tous que bien des situations de relations contractuelles ne sont pas du tout régies par l’égalité des forces en présence. Le contrat de travail en est le plus bel exemple. Mais d’autres contrats aussi ! Au mieux, vous avez la liberté de ne pas contracter…si tant est que le contrat ne soit pas le seul moyen de bénéficier de certains services. Ainsi votre liberté, votre autonomie de la volonté, est pour le moins entamée si, exerçant votre liberté de ne pas contracter, vous vous retrouvez privé de certaines prestations indispensables à la vie. Vous ne pouvez pas, par exemple, refuser de contracter avec Veolia si vous souhaitez avoir de l’eau courante et que la collectivité dans laquelle vous résidez n’a pas choisi un système de régie publique. Et quand vous acceptez de contracter, parce  que vous ne pouvez vous passez du bien ou du service en question, eh bien vous n’avez pas une capacité d’intervention très grande sur le contenu et les conditions de la relation contractuelle, que ce soit, pour l’eau, vis-à-vis d’une entreprise privée du type de ce géant, de ce mastodonte, qu’est Veolia, ou vis-à-vis même d’une régie publique.

Certes le contenu et les conditions de la relation contractuelle avec une régie publique sont d’un tout autre ordre que celles avec Veolia. L’intérêt général est le seul but poursuivi. Les pouvoirs publics sont souvent bien plus compréhensifs des entreprises privées vis-à-vis des difficultés que peuvent connaître leurs cocontractants. Mais toujours est-il que, sur le principe, l’autonomie de la volonté reste une quasi-chimère. Il n’y a pas du sur-mesure. Les contrats avec les régies publiques de l’eau, ou ceux, par exemple,  avec EDF, ou encore tous ceux avec les entreprises privées proposant des services (transports, énergie, télécommunications…) sont ce que les juristes appellent des « contrats d’adhésion » au sens où vous êtes libres de contracter ou de ne pas le faire mais si vous contractez vous le faîtes toujours aux conditions définies par l’autre partie, sans que vous ayez jamais une réelle  capacité de peser, ne serait-ce qu’à égalité, dans la relation contractuelle.

Voici donc quelques exemples de la vie qui montrent combien sont biaisées, et ce dès l’origine, la théorie, le droit, les institutions, les réalités de la vie politique, administrative, et de la relation entre les peuples et leurs maîtres, officiels ou officieux.

Ce constat de notre faiblesse vis-à-vis de nos maîtres étant fait, sommes-nous totalement dépourvus de moyens de pression et d’action à leur encontre ? Faut-il que nous désespérions ? Que nous rongions notre frein dans notre coin ? Que nous abandonnions définitivement le terrain à nos ennemis ?

Évidement pas !

Si l’Histoire de l’humanité a de quoi nous inquiéter, elle a aussi de quoi nous rassurer, nous rasséréner, nous redonner du cœur à l’ouvrage, nous galvaniser. Les cycles historiques sont irréguliers, imparfaits, parfois de compréhension délicate, mais nous savons qu’ils existent et que toute situation donnée demeure instable. Jamais un état donné des forces en présence n’a perduré très longtemps. Chaque fois que les peuples ont été soumis, ils ne l’ont été qu’un temps. Lorsque les dominants d’un jour prirent le contrôle, les dominés les renversèrent un jour suivant. Oh certes, entre ces deux moments, il put s’écouler un temps très long. Mais nous savons que les empires les plus puissants ont fini par s’effondrer. Des empires ont souvent duré des décennies, voire des siècles pour certains, se maintenant par la puissance et la contrainte. Ils ont pu empêcher un certain temps les révoltes, les rébellions et les révolutions. Mais celles-ci ont fini par survenir et aucun empire, aucun roi, aucun chef, aussi puissant  et cruel soit-il, n’a pu se maintenir et maintenir « son » système quand le peuple a décidé que les choses devaient changer.

Le peuple est souvent docile et veule. On peut le comprendre ! Il n’est pas aisé d’être un héros, de risquer sa vie et celle de ses proches. Mais à force de misère, à force de souffrances, à force d’inhumanité, les peuples se lèvent et deviennent courageux. Ce sont même parfois des individus restés discrets ou perçus comme pusillanimes  qui se retrouvent à marcher devant, face à l’ennemi.

Il a fallu, à toutes les époques, que les peuples, pour être gouvernés, fussent consentants. Le jour où le consentement n’existe plus, le maître tombe en disgrâce et ne survit pas bien longtemps.

L’histoire ouvrière, pour ne prendre qu’elle nous montre que c’est à force de misère, de souffrances, de privations, que certains se sont levés et, méprisant le danger pour eux-mêmes ou pour leurs proches, bravant l’ennemi, ont entraîné derrière eux, toute une foule qui jusque là n’aurait jamais cru qu’elle suivrait. Les « gueux » que nous sommes dans l’esprit de nos maîtres, nous les gens du peuple, avons toujours eu le dernier mot lorsque nous  avons décidé de ne plus baisser ni les yeux ni la tête, que nous avons refusé de plier les genoux et de courber l’échine, quand nous avons choisi de parler haut, fort et clair, et de ne plus jamais baisser le ton ou que nous avons cessé d’être agréables aux oreilles de ceux qui nous tenaient en laisse.

Il y a un temps pour tout dit un proverbe populaire. Nous avons vécu depuis la grande révolution de 1789 et des années suivantes, des périodes de progrès et des régressions, le tout dans un certain désordre. Rien ne fut linéaire. Ce n’est pas le progrès qui a toujours succédé au désordre ou aux périodes noires mais, comme le disait Victor Hugo, un de nos plus illustres auteurs, cité par Jean-Luc Mélenchon dans son discours de Rouen du 6 mars 2012, « Si noire que soit la nuit, la lumière jamais ne s’éteint, et si petite que soit la braise, c’est elle qui remet le feu à la plaine ».

C’est en se battant qu’on progresse. « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu » disait Bertolt Brecht.

Bien sûr, on perd parfois une bataille, voire plusieurs. Mais il ne faut JAMAIS désespérer. JAMAIS il ne faut céder. C’est notre détermination, notre courage, notre dévouement à la cause du peuple et de l’intérêt général, qui finit toujours par faire plier nos ennemis.

Devant la monstruosité nazie, combien d’innocents dans la Résistance ! Combien de cœurs purs et de personnes qui n’auraient jamais souhaité combattre, ne rêvant que de liberté et de fraternité. Combien de courageux devenus martyres ! La Résistance fut une force irrépressible contre laquelle l’occupant ne put rien, sinon occasionner des souffrances individuelles. Mais ces souffrances-là, aussi cruelles qu’elles aient été, n’ont pas eu pour effet de freiner l’ardeur de ceux qui étaient l’armée des ombres. Elles ne les ont pas dissuadés. Elles n’ont pas démotivé les bonnes volontés. Au contraire ! Si à chaque fait criminel honteux dont l’occupant a été coupable, certains ont peut-être abandonné la lutte, par peur, et qui leur en ferait le reproche ?, beaucoup plus prenaient le maquis. C’est notre ennemi qui prit peur, se sachant épié et n’étant plus à l’abri nulle part, qu’il soit simple soldat ou « Feldmarschall ».

De même prenons l’exemple de ces syndicalistes de PSA Poissy qui nous ont montré, par un acte courageux et déterminé de grève de la faim, qu’ils étaient prêts à mourir plutôt qu’à plier. Et ce faisant, c’est eux qui ont fait plier leurs maîtres ! Cet exemple très récent n’est que le plus actuel mais bien d’autres expériences analogues ont parsemé l’Histoire.

Et comme le dit le chant des Partisans, « ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place ». C’était vrai de la Résistance française à l’ennemi nazi mais c’est vrai de toute forme de résistance. On l’a vu en Tunisie où ils peuvent assassiner les nôtres, ils ne parviennent pas à tuer la résistance. La flamme de la liberté demeure vive.

On peut aussi, pour illustrer cette vérité éclatante, prendre l’exemple des Palestiniens qui, depuis cinquante ans, luttent, souffrent et meurent, face à un ennemi bien plus puissant qu’eux mais qui, jamais, n’a réussi à stopper la résistance et qui n’y parviendra jamais…sauf à s’accorder, enfin, sur un plan acceptable par celui qu’il combat, méprise, maintient sous la domination, les privations et les souffrances indicibles. Ou sauf à commettre un génocide et à vitrifier le peuple palestinien tout entier au moyen d’armes de destruction massive. Mais celles-ci ne distingueraient pas entre Palestiniens et Israéliens vu l’étroitesse du champ de bataille ! Israël ne fera jamais taire la résistance palestinienne. Les Palestiniens, eux aussi, nous montrent l’exemple. Rien ne les fera céder !

Nous, le peuple français, NOUS LES PEUPLES DU MONDE, avons donc à contrebalancer un ennemi démesurément puissant au regard de nos propres capacités. Mais nous avons aussi pour nous un outil d’efficacité absolue, c’est sans doute la plus puissante de toutes les armes de destruction massive, le nombre !

Comme le disent de plus en plus de militants, NOUS SOMMES LES 99% ! Nous ne contrôlons pas grand-chose certes, nous n’avons pas entre nos mains les richesses des nations ni les forces de l’ordre, ni les armées, mais nous avons quelque chose de bien plus puissant que tout cela réuni, que nos ennemis n’auront jamais : le nombre. Nous sommes parfois bien longs à entrer en guerre. Les peuples sont faits de gens simples désirant vivre en paix et connaître le bonheur. Il n’est pas évident de marcher contre le mal. Il n’est pas facile de s’opposer à un ordre injuste et on hésite longtemps avant de prendre les armes contre un tyran ou un système oppresseur. Et puis un jour, tout bascule !

Celui qui régnait en maître absolu réalise alors que sa force ne reposait que sur du sable, sur le libre consentement des dominés qui peuvent décider de ne plus consentir à cette domination. Il suffit que certains des exécutants de l’État refusent d’obéir à des ordres illégitimes pour que, telle une trainée de poudre, tout le système s’effondre comme un jeu de dominos.

Il faut pour cela que le peuple soit prêt intellectuellement et psychologiquement.  Personne ne peut savoir quand ce moment sera atteint chez nous. Bien des signes avant-coureurs sont déjà là depuis des mois. Mais je sais aussi, comme beaucoup d’autres, que de tels signes existent depuis bien plus longtemps que seulement quelques mois. C’est depuis des années, voire des décennies ! Pierre Mendès-France disait ainsi,  dans un de ses discours, en 1953 : « nous sommes en 1788 !»

J’ai entendu Jacques CHIRAC le dire lui aussi plusieurs fois pendant sa campagne électorale pour l’élection présidentielle de 1995.

Et en 2006, lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2007, j’ai lu un ouvrage passionnant de Roger-Gérard SCHWARTZENBERG (ancien ministre de la Recherche dans le troisième gouvernement de cohabitation, celui de Lionel JOSPIN, et député Parti Radical de Gauche),  intitulé tout simplement « 1788 – Essai sur la mal-démocratie ». Là encore, étaient présentés intelligemment tous les éléments tendant à penser que nous étions en période pré-révolutionnaire or la révolution n’a pas éclaté l’année suivante. Au contraire, nous avons eu un nouveau monarque pire – et de loin – que tous les précédents. Et le peuple a continué d’endurer sans se révolter pour de bon.

Nous sommes soixante ans, oui soixante ans après la prescience de Pierre Mendès-France mais le climat pré-révolutionnaire d’alors trouva un remède, DE GAULLE et son régime autoritaire présidentialiste. Incontestablement, la Ve République apporta une solution pérenne mais nous sommes de ceux qui ne se satisfont pas de cette solution-là et parmi ceux qui ont pu accepter un temps cette solution, parmi ceux qui l’ont jugé satisfaisante en 1958 ou dans les années gaulliennes, beaucoup ont désormais changé d’avis, au point pour quelques-uns, pas si marginaux que cela numériquement parlant, de considérer que nous devons changer de nouveau radicalement de régime et d’institutions politiques et aller vers une Sixième République, basée sur le peuple et consistant en un régime vraiment démocratique, pas seulement sur des élections périodiques et d’éventuels référendums qui ne sont utiles que s’ils servent la cause des maîtres puisque leurs résultats sont purement et simplement ignorés s’ils ne correspondent pas au plan préétabli des oligarchies qui nous dirigent.

Nous sommes sept ans après le constat de Roger-Gérard SCHWARTZENBERG et le peuple n’a toujours pas décidé d’entrer en révolution. Il s’agite ça ou là, grandes manifestations de l’hiver 1995 contre la réforme initiée par le Premier Ministre de Jacques CHIRAC, Alain JUPPÉ, lequel a été dissous par le Président CHIRAC et par le peuple électeur en même temps que l’Assemblée Nationale moins de deux ans plus tard ; grandes manifestations contre la réforme des retraites du Président SARKOZY et de son petit vizir François FILLON, lors de l’hiver 2010 ; prises de rues et de places par le peuple de gauche ou une partie de celui-ci lors de la campagne présidentielle de 2012 ; révolte bretonne de ces temps-ci… Des jacqueries, des cris de colère, des actes individuels aussi, mais pas de mouvement de masse pour le moment.

Toutefois, si la crise des années 50 a été « solutionnée » par la Ve République, cette solution a fini d’avoir ses effets. La crise politique est revenue. Et elle s’est aggravée et démultipliée en devenant une crise générale, mettant en cause toutes nos superstructures et révélant une contestation massive de notre « pacte républicain » comme le disent les têtes d’œuf qui nous gouvernent.

Plutôt que l’image de 1788 qui finalement n’est pas si révélatrice que cela de la situation actuelle vu que nous devons chaque fois constater que l’explosion ne survient pas peu après la prédiction de son avènement, je mettrais en parallèle ce que nous vivons depuis quelques années avec un phénomène naturel, tellurique, vécu par certains « Romains » au premier siècle de notre ère.

Nous connaissons tous, a priori, au moins dans ses grandes lignes, l’histoire de Pompéi et du Vésuve, lequel d’ailleurs détruisit aussi Herculanum, Oplontis et Stabies. Ce que nous sommes sans doute beaucoup moins nombreux à savoir, en revanche, c’est que ce cataclysme, bien décrit par Pline Le Jeune, se produisit en l’an 79 après J.-C., dix-sept ans après un violent séisme qui avait secoué la région, endommageant déjà bien des bâtiments pompéiens, et causé pas mal de tracas aux populations et aux pouvoirs publics d’alors. Hélas pour eux, ils ne connaissaient pas la science de la vulcanologie et n’avaient pas su diagnostiquer quelle était la raison de ce tremblement de terre beaucoup plus puissant que ceux auxquels les populations étaient habituées et annonciateur du désastre. S’ils l’avaient su, sans doute auraient-ils compris qu’il s’agissait dune remontée de magma et que ce magma finirait par représenter une bombe de très forte puissance sous la croûte de la montagne qui dominait la région. Ils en auraient tiré les conséquences en déplaçant leur ville. Et ce faisant, ils nous auraient empêche d’en savoir autant sur leur vie. Mais cela est une autre histoire !

Maintenant, nous savons ! Mais entre ce séisme inhabituellement violent et l’explosion du Vésuve, presque deux décennies se sont écoulées pendant lesquelles la pression a grimpé jusqu’à ce point paroxystique où la roche ne put contenir en son sein la pression galopante.

Je pressens que la pression monte régulièrement au sein du peuple. Que chaque déception vécue face à un Président, un parti, une politique, augmente l’ampleur du désaveu que le peuple ressent à leur égard. Pour l’instant, la pression est canalisée. On désigne au peuple des boucs-émissaires, les étrangers, les Roms, et il se satisfait, ou semble se satisfaire, de ces explications sans fondement qui désignent des coupables à la vindicte populaire mais qui se gardent bien de désigner les vrais coupables. On détourne l’attention du peuple de l’essentiel en l’amusant avec le show permanent de la télévision. Quand le peuple montre quelque signe de colère, on le divertit, on tente d’attirer son attention ailleurs et on guerroie par exemple pour tenter de reconstituer l’esprit clochemerlesque d’une certaine conception de la nation qui se rassemble et qui tait ses divisions pour ne pas nuire à l’unité nationale en période de crise grave. Cela s’est toujours fait, aussi loin que l’on remonte dans l’Histoire et quelque pays que l’on considère. Voyez, par exemple, si vous ne le connaissez pas encore, le film « Des Hommes d’influence » de 1997, avec Robert de Niro et Dustin Hoffman. C’est une belle description de certaines réalités politiques. Et pas qu’aux États-Unis !

Mais ce mode de gouvernement des peuples et d’asservissement des esprits ne fonctionnera pas toujours. « On peut mentir à quelqu’un tout le temps, on peut mentir à tout le monde un certain temps mais on ne peut mentir à tout le monde tout le temps » disait le président américain Abraham Lincoln !

Donc le peuple a des moyens de lutter. Et le plus puissant de ces moyens, après le nombre qu’il représente, c’est de savoir, d’être curieux de ce qui se fait et de ce qui se dit, de s’intéresser à son pays et au monde, de ne pas avaler le prêt-à-penser, de réfléchir et de penser par soi-même, sur la base de faits établis et non pas de chimères ou de mensonges.

Ce jour-là, ce jour où le peuple, les peuples, ne se laisseront plus faire, ce jour où ils relèveront la tête, ce jour où ils cesseront de baisser les yeux, de courber l’échine, de plier les genoux, de se taire, le jour où ils reprendront conscience de cette évidence, évoquée par Étienne de La Boétie, et que nous avons perdue de vue, à savoir « ils ne sont forts que parce que nous sommes à genoux », rien ni personne ne pourra se mettre en travers de notre chemin.

Bien des révolutions sont advenues le jour où ce qu’on appelle la « classe moyenne » a viré de bord. Bien des révolutions ont éclaté le jour où ceux qui se satisfaisaient jusque là du régime parce qu’ils avaient l’impression d’en croquer un peu, se retrouvent aussi mal traités que les gueux qu’ils méprisaient, ne formant finalement plus avec eux qu’un seul peuple rassemblé face à un tout petit nombre de dominants. C’est ainsi que la révolution française de 1789 a commencé. Les grands révolutionnaires de 1789, Siéyès, Condorcet, Desmoulins, et d’autres, étaient des bourgeois mais ce sont eux qui ont allumé la mèche et le peuple qui était psychologiquement prêt les a alors suivis et tous ensemble, ils ont fait tomber la monarchie absolue. Ils ont adopté la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Ils ont voté l’abolition des privilèges. Certes, par la suite, ces mêmes bourgeois ont voulu stopper la révolution car ils n’avaient pas l’intention non plus de donner le pouvoir au peuple. Ils se sont servis de lui pour simplement changer de chefs et de régime mais malgré tout il faut reconnaître que leur aide fut précieuse. Sans leur entrée en révolution, celle-ci ne se serait sans doute pas produite.

Aujourd’hui, nous en sommes là. Tant que la classe moyenne reste fidèle au régime, la révolution n’intervient pas. Il y a des révolutionnaires en France mais ils sont minoritaires car la révolution fait peur. Et les dominants font ce qu’il faut pour que le peuple en ait peur et le dissuade d’entrer en révolution une nouvelle fois. Et les bourgeois d’aujourd’hui n’ont pas encore montré de signes de leur volonté de renverser la table. Mais ce jour pourrait bien arriver sans crier gare car les « bourgeois » sont aujourd’hui infiniment plus proches des autres fractions du peuple que ne l’étaient ceux de 1789. Ces derniers n’avaient aucun pouvoir politique mais ils avaient l’aisance financière. Ils ont contesté le régime pour prendre leur part au pouvoir politique. Ceux d’aujourd’hui n’ont plus ni pouvoir politique ni aisance financière. Ils sont seulement un peu moins miséreux que la masse du peuple mais ils ne parviennent plus à joindre les deux bouts comme on dit trivialement et se rendent bien compte qu’ils s’appauvrissent, au même rythme que les autres moins favorisés qu’eux, au point sans doute, si la situation ne change pas, qu’ils finiront bien vite par rejoindre ceux qui étaient traditionnellement dans une position bien moins confortable que la leur. Et ils savent  qu’ils n’ont pas ou plus d’influence politique.

Ces bourgeois contemporains sont de deux ordres : classe moyenne supérieure d’une part et classe moyenne inférieure d’autre part. Si les premiers ne connaissent pas de difficultés financières et ne risquent donc pas de faire de révolution, les seconds, bien plus nombreux, n’ont plus de « classe moyenne » que le nom. Leur situation est peut-être moins pénible que celle des smicards ou de tous les précaires que connaît notre pays, mais elle est tellement éloignée de ce que pouvaient légitimement espérer ces gens-là qu’ils sont prêts à se ranger aux côtés de ceux qui rêvent d’un autre avenir.

Personne ne sait où, quand, ni comment, va éclater la révolte. Les bonnets rouges, qui, pour la plupart d’entre eux, ressemblent à des réactionnaires qui veulent en découdre avec un régime honni mais tout en bazardant des systèmes de justice sociale, fussent-ils imparfaits voire stupides, ne sont peut-être qu’un nouveau signe avant-coureur que le peuple gronde dans ses tréfonds et ne sait pas forcément comment exprimer sa fronde.

Soyons attentifs, aujourd’hui plus que jamais ! Soyons prêts, aujourd’hui, plus que jamais ! Soyons déterminés, aujourd’hui, plus que jamais !

D’un jour à l’autre, tout peut basculer. Le régime ne tient plus qu’à un fil. Les gouvernants actuels sont carbonisés et n’ont aucune alternative à proposer. Le Parti Socialiste est une coquille vide, un radeau de la méduse. Personne en son sein n’est en mesure de changer la donne dans le sens voulu par le peuple. Le PS est mort et les Socialistes feignent de l’ignorer. La réalité va vite les rattraper !

Mais, sur l’autre rive, l’UMP est aussi moribonde que le PS. Elle aussi est une supernova qui a explosé, prise dans ses contradictions et ses tentations opposées, les uns, les Centristes, voulant aller vers plus de République, plus de raisonnable, plus d’humanisme, même s’ils se plantent dans les grandes longueurs dans leur démarche pour y parvenir, les autres trouvant que le FN les représente finalement très bien et semblant désormais prêts pour le grand saut. Reniant leurs principes républicains, conchiant le gaullisme et inversant les lignes de conduite de leurs chefs pendant des décennies, de De Gaulle à Chirac,  les voilà qui jappent en cadence avec la matrone du FN. Et le parti de l’ombre, héritier de Pétain, amis des de nombreux Nazis survivants, ayant en son sein des sauvages et des assassins, attend son heure qu’il croit proche.

Une Gauche de gouvernement discréditée comme jamais, une droite républicaine en lambeaux, une extrême droite en progression et une Gauche populaire en proie à certaines divisions, du fait même de certains de ses porte-paroles qui préfèrent s’entendre avec ses ennemis plutôt que de maintenir et de renforcer l’alliance avec ses amis naturels, voilà un bien triste, pour ne pas dire sordide, paysage politique en cette fin d’automne 2013.

Mais il y a toujours un printemps après l’hiver. Nous n’y dérogerons pas en 2014. Pour l’instant, le peuple attend et prévoie de châtier brutalement les indignes à l’occasion de la double élection de l’année prochaine. À deux reprises, lors des élections municipales d’abord, des élections Européennes ensuite, et dans une bataille en trois temps, le peuple va punir tous ceux qui se sont moqués de lui.

Je ne voudrais pas être un militant de l’UMP. Je ne voudrais pas davantage être un militant du PS, ou d’un de ses bagages accompagnés, fut-il admis en première classe ou rangé en soute !

J’ignore quel sort le peuple français réserve au Parti de Gauche d’une part, au Front de Gauche de l’autre. Parfois, la colère est mauvaise conseillère et en climat révolutionnaire, il arrive souvent  que tout soit jeté dans un même mouvement. Pourtant je suis confiant.

Je ne pense pas que nous allions, NOUS, à l’abattoir. Nous ne sommes pas comptables de ce que le Président HOLLANDE et son gouvernement ont fait, pas plus qu’on ne peut nous reprocher l’action de ses prédécesseurs. Au Parti de Gauche, nous avons rompu les rangs avec le Parti Socialiste pour ceux qui en ont été, ce qui n’est pas mon cas. Mais ceux qui n’étaient pas des Socialistes ont aussi, très souvent, rompu les rangs avec leurs propres organisations pour fonder ou rejoindre le Parti de Gauche. Nous avons pris acte d’une situation devenue intenable et de l’impossibilité de changer quoi que ce soit à la marche infernale vers le désastre. Nous avons crée un nouveau parti que nous avons voulu creuset. Ce ne fut pas facile. Nous n’avons pas réussi tout ce que nous avons entrepris. Bien du chemin reste à faire mais nous progressons, lentement mais sûrement. Nous sommes peut-être des tortues et non des lièvres pour certains, mais la fable de La Fontaine nous apprend qu’il ne sert à rien de courir, il faut simplement partir à point. Nous l’avons fait. Certains peuvent nous quitter, nous le déplorons (ou pas !) mais beaucoup d’autres nous rejoignent.

Le Parti de Gauche, par son projet écosocialiste, c’est-à-dire refus du capitalisme, du libéralisme, du productivisme, exigence démocratique et écologique, indépendance vis-à-vis de toutes les forces de la régression, quelles qu’elles soient, internes ou internationales, se trouve du bon côté de l’Histoire. Le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, en portant haut nos couleurs, en tenant tête à nos adversaires, en parlant au cœur des gens, en mettant sans cesse en avant l’exigence d’humanité, est vraiment le leader dont nous avons besoin.

Mais il nous en faut d’autres ! Des camarades qui marchent devant, non pour cacher la vue des autres, mais pour galvaniser les foules qui ont toujours besoin de personnalités auxquelles elles s’identifient ou dont elles prennent exemple. Nous en avons beaucoup au Parti de Gauche, des hommes talentueux et valeureux au combat politique, mais aussi des femmes, nos héroïnes tellement elles montrent leur valeur, leur utilité et combien nous avons besoin d’elles !

Mais au-delà du Parti de Gauche, il y a le Front de Gauche et cette maison-là est pour moi, plus essentielle encore que le Parti de Gauche. Et pourtant j’y suis attaché à mon parti, ceux qui me connaissent le savent. Mais un parti reste un parti. Je suis de ceux qui ont saisi l’utilité commune d’un dépassement des partis. Pas seulement dans l’intérêt étroit du mien, pas seulement dans l’intérêt un peu plus large du Front de Gauche. Mais dans l’intérêt général. Car c’est le seul objectif que nous poursuivons.

C’est la raison pour laquelle je dis et redis que les partis du Front de Gauche doivent se dépasser. À la création du Front de Gauche qui n’est ni le fait du seul Jean-Luc Mélenchon comme je l’ai lu ou entendu ici ou là, mais qui n’est pas plus le seul fait du PCF comme ceci est également diffusé, à la création du Front de Gauche qui est un accord stratégique entre diverses forces et personnalités, le Parti de Gauche avait proposé, et là c’était bien lui qui l’avait fait par la voix de son président, Jean-Luc Mélenchon, que les partis s’unissant au sein du Front de Gauche n’en fassent plus qu’un. Ce n’est pas faire injure au PCF que de dire que si la fusion ne s’est pas faite, c’est parce qu’ils l’ont refusée. Ils étaient trop attachés à leur famille et cela, on peut le comprendre et le respecter même si on a un autre avis.

Depuis, le Front de Gauche a été rejoint par d’autres organisations : la Gauche Unitaire, la Gauche Anticapitaliste, la FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique), les Alternatifs, République et Socialisme, Convergences et Alternative et le POI (Parti Ouvrier Indépendant). C’est un signe de réussite que d’avoir été ainsi rejoints par d’autres familles politiques. Mais c’est aussi devenu un handicap car cela complexifie beaucoup les relations et la prise de décision et cela paraît opaque aux yeux du peuple.

Donc, nous sommes quelques-uns à prôner la fusion pure et simple de toutes les organisations en une seule, nouvelle et refondée. Qui soit basée sur des règles de fonctionnement encore plus démocratiques et qui préfère le fonctionnement en réseaux plutôt que celui de la seule hiérarchie.

Six des neuf composantes du Front de Gauche, toutes en dehors du PCF, du PG et du POI, vont amorcer cette profonde évolution en se rassemblant elles-mêmes dans une seule famille dans quelques jours. Le Front de Gauche sera donc une famille de quatre partis, PCF, PG, POI et celui qui va être créé par le rassemblement précité. C’est une étape importante, prometteuse, encourageante, qui fait naître beaucoup d’espoir. Ce n’est pas seulement une stratégie politicienne qui a conduit à ces manœuvres, contrairement à ce qui se dit et s’écrit parfois. C’est que ces organisations ont réalisé que leurs discours, leurs projets, leurs espoirs étaient tellement proches qu’il était sans intérêt voire contreproductif de rester fractionnés.

Je suis de ceux qui pensent que cette démarche doit être élargie. Je souhaite que le Parti de Gauche se rassemble avec ces organisations pour former avec elles un nouveau Front de Gauche. Le PCF a toujours dit non à cette idée. Je ne pense pas qu’il ait évolué. En outre, le PCF continue, même s’il évolue peu à peu,  à défendre des positions dans lesquelles le PG d’une part, les autres organisations précitées d’autre part, ne peuvent se retrouver. Je ne parle pas ici de la stratégie de type parisienne mais du fond, à l’exemple de nos désaccords profonds sur certains aspects de la bifurcation écologique que nous avons à l’esprit ou de la caricaturale expérience de l’aéroport Notre Dame des Landes, ou encore de certaines logiques productivistes qui pèsent sur certains Communistes.

Donc que le PCF fasse son évolution, s’il veut bien la faire mais, à mes yeux, il est impossible de s’unir en un seul parti sur la ligne qui est la leur sur ces sujets, comme il est impossible, selon moi, de constituer un parti unifié avec des gens qui ont fait le choix adopté à Paris.

En revanche, et j’insiste aussi sur ce point, le PCF a beaucoup évolué depuis des années. Les Communistes ont revu certaines de leurs théories et se sont adaptés à une indispensable vision alternative du monde. Ce n’est pas pour rien que le PCF a accepté, voire a participé activement, à la création du Front de Gauche. L’immense majorité des Communistes a un discours très proche, sinon quasiment identique, à celui du Parti de Gauche et de toutes les autres organisations du Front de Gauche. Parce que nous avons travaillé ensemble pendant des années, parce que l’évolution du monde nous a tous contraints à évoluer, parce que nous ambitionnons de gouverner ensemble ce pays sur des bases radicalement différentes de ce qui s’est fait hier et de ce qui se fait encore aujourd’hui et que nous sommes presque tous en accord sur ces nouvelles démarches, la logique du Front de Gauche s’imposait.

Je suis optimiste pour l’avenir. Le peuple ne peut pas ne pas voir notre sérieux, notre bonne volonté de l’aider, notre désir ardent et sincère de lui permettre de goûter de nouveau au bonheur et de revivre des jours heureux. Certes tout n’est pas parfait ni idyllique au Front de Gauche. Mais nous essayons, coûte que coûte, de tenir la dragée haute à nos ennemis, de ne faiblir devant aucun obstacle, et de maintenir le cap quel qu’en soit le coût pour nos intérêts immédiats.

Nous sommes en pleine tempête et nous avons dit maintes fois que ce n’est pas d’un capitaine de pédalo et d’un équipage apeuré et halluciné ou de godillots qui suivent leur maître où qu’il les amène, dont nous avions besoin dans ces circonstances, mais de stratèges, de combattants résolus, de résistants au cœur noble, de gouvernants aux intentions saines et dont les plans de bataille sont de nature à nous faire gagner la guerre que nous sommes pour l’instant en train de perdre.

Nous les avons, ces hommes et ces femmes qui sauront nous faire quitter le temps des jours tristes. Non pas parce que ces chefs ou ces meneurs seraient les seuls à savoir ce qu’il faut faire mais parce que nous sommes là, éveillés, attentifs, décidés à les soutenir aussi longtemps qu’ils défendent l’intérêt général tel que nous le percevons, déterminés à « les pousser au cul, sitôt élus » comme le disait le journal Fakir il y a deux ans environ ! Nous ne cédons rien à nos chefs actuels. Nous ne leur abandonnons pas notre pouvoir souverain. Nous leur conférons l’autorité d’agir en notre nom et de porter notre parole mais ils savent très bien eux-mêmes que leur pouvoir ne repose que sur notre consentement et qu’ils ne doivent en aucun cas nous tromper, nous trahir ni même simplement nous décevoir, car alors ils passeront en un instant de la gloire du forum capitolien à la chute (au sens propre comme figuré) de la roche Tarpéienne.

Au Parti de Gauche, contrairement à tout ce que persiflent nos ennemis ou nos adversaires, nous sommes des démocrates exigeants. Certains de nos chefs ont pu s’en apercevoir. Jean-Luc Mélenchon, lui-même, a pu sentir combien nous sommes têtus, de vraies têtes dures, des têtes de lard. Et de cela, nous sommes fiers. Nous n’avons pas de maître, pas de muselière, ni face à nos ennemis, ni dans nos relations avec nos amis. Nous pouvons nous tromper comme se trompe le peuple parfois. Mais nous n’acceptons pas que l’on nous impose ce qu’on ne veut pas. Nous n’avons pas créé le Parti de Gauche pour obéir à un chef quel qu’il soit, national ou local. La décision au Parti de Gauche est collective, quand bien même elle peut avoir été initiée dans les hautes sphères. Et c’est ainsi que nous ouvrons des voies nouvelles à la démocratie. Nous tentons de faire chez nous, ce que nous escomptons faire demain au pouvoir dans nos mairies, nos conseils communautaires, généraux et régionaux et au pouvoir de l’État. Nous avons encore à améliorer certaines choses mais nous progressons, peu à peu.

Reste à faire évoluer le Front de Gauche. Aujourd’hui il est incarné par une direction centrale et par des assemblées citoyennes locales. Mais de fait, ces assemblées locales ne sont pas assez souveraines. Il faut reconnaître à ces assemblées, ou comités du Front de Gauche, un véritable pouvoir décisionnel, certes après débat, certes après d’éventuelles initiatives prises par des « instances » officielles, mais que ces assemblées incarnent une forme de démocratie directe qui abreuvera la décision collective. Ce débat ne fait que commencer et j’apporte, modestement, ma pierre à l’édifice.

Certains camarades préconisent d’ouvrir les adhésions directes au Front de Gauche, sans qu’il soit nécessaire, pour celui qui veut nous rejoindre, de choisir un des partis du Front de Gauche. Cette solution deviendrait sans objet si la fusion que je préconisais plus haut se réalisait. Mais je n’ignore pas qu’une telle fusion n’allant pas de soi, il faudra la préparer. Cela prendra donc un peu de temps, le moins possible j’espère !

Par contre, il est tout à fait possible en revanche de décider sans délai de rendre possible cette adhésion directe. Le débat sur ce sujet existe depuis l’origine du Front de Gauche. Si bien des personnalités ont dit y être favorables, en pratique, rien n’a jamais été fait concrètement en ce sens. Il faut donc, si on y est favorable comme je le suis, appuyer plus fort. Cette réforme du Front de Gauche sera une étape provisoire, préalable à la fusion à laquelle j’ai appelé. Mais elle est indispensable, ici et maintenant. Pour prendre acte que beaucoup de citoyennes et de citoyens ne veulent pas choisir entre les partis actuels et que c’est la logique de rassemblement du Front de Gauche qui les a séduits. Offrons à ces nouvelles forces vives la possibilité de nous rejoindre comme elles le veulent.

Vive l’adhésion directe au Front de Gauche…en attendant l’unification et l’élargissement du Front de Gauche en un Front du peuple.

* * * * *

Post-scriptum : Quand bien même je suis membre du Parti de Gauche, je n’engage ici que moi-même et il en va toujours ainsi, dans mes paroles et dans mes écrits.

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