D’un parallèle photographique sans doute malheureux à des réflexions géopolitiques et stratégiques que j’assume

J’ai publié ce matin une photo de la poignée de main entre le président américain Barack OBAMA et son homologue français François HOLLANDE et j’ai mis en regard la poignée de main entre PÉTAIN et HITLER à Montoire. Cela a alimenté des discussions et amené  certain-e-s d’entre vous à vous méprendre sur le message que je voulais faire passer. Je reconnais que j’aurais dû expliquer davantage ce que j’avais à l’esprit car cette présentation, telle quelle, ne pouvait qu’être mal reçue.

Je vais m’expliquer. Ce que je comparais c’est la perspective d’accord entre les Etats-Unis et l’Europe via le Grand Marché Transatlantique que les deux chefs d’État ont avalisée, laquelle va aboutir à la mise en coupe réglée de la France républicaine…

Il va sans dire, mais c’est mieux en le disant, que PÉTAIN n’égale pas HOLLANDE et qu’OBAMA ne saurait être comparé à HITLER.

Sauf qu’OBAMA n’est hélas qu’un pantin de personnes aux dessins maléfiques et aux pratiques inhumaines, comme l’ont été presque tous les présidents américains. Quant à HOLLANDE, il est devenu un de ces pantins de cirque qui n’ont de pouvoir que ce que nos vrais maîtres lui concèdent, ce qu’ils ne font que si leurs intérêts sont bien défendus par ce Président-là. Le jour où HOLLANDE ne les amuserait plus, le jour où il aurait une quelconque velléité de résister, ils lui règleraient son compte.

J’avais cru en Barack OBAMA, j’ai même fait un peu campagne pour lui en 2008. Oh, certes, je n’imaginais pas qu’il allait révolutionner son pays. Si tel avait été son projet, il aurait disparu de la scène avant même d’être élu. Mais je pensais qu’au minimum, il commencerait à le changer un peu, comme il s’y était engagé, à revenir sur les pires décisions de son prédécesseur, à prendre appui sur son peuple pour agir, à être un passeur d’idées de progrès, comme d’autres l’avaient été avant lui. Mais rien de cela ou si peu ! Je suis très déçu. OBAMA a trompé son monde ou, s’il était sincère pendant la campagne électorale, il a peut-être compris, une fois arrivé à la Maison-Blanche, qu’il était là pour amuser la galerie, pour faire semblant, pour apaiser et le peuple et le monde, et pour laisser travailler ceux qui sont les vrais décideurs. OBAMA doit savoir que s’il essayait de jouer KENNEDY, il finirait comme lui… Donc il n’a rien changé des pires décisions de son monstrueux prédécesseur, contrairement à ses engagements. Guantanamo n’a pas été fermé et reste actif. Les lois PATRIOT n’ont été ni abolies ni même réformées et restent en vigueur. La politique impérialiste à l’extérieur et antisociale à l’intérieur se poursuit. Seule l’image du pouvoir est moins détestable.

Je suis de ceux qui se réjouissent de voir un Noir à la Maison-Blanche, de ce que cela signifie en profondeur dans la conscience américaine. L’élection d’OBAMA est un révélateur d’une évolution de la pensée des Américains  et constitue un seuil ou un précédent. François DURPAIRE a écrit des choses très intéressantes à ce sujet. Hélas, OBAMA étant en lui-même une révolution, il fait avaler bien des régressions… Son discours est moins brut de décoffrage que celui de l’abruti entouré de salopards criminels de haute volée qui l’a précédé mais en coulisses, les mêmes actions de guerre et de déstabilisation d’États et de gouvernement non alignés se poursuivent. Les États-Unis actuellement ne sont plus en guerre ouverte car après les conflits en Afghanistan et en Iraq, ils doivent reconstituer leurs forces mais ils multiplient les actions hostiles de déstabilisation des pays qui leur échappent, au Honduras, au Venezuela, en Libye, en Syrie, dans les parages de l’ex-URSS…

Voilà qu’ils reviennent en Ukraine ces jours-ci… Ils avaient déjà tenté le coup il y a quelques années mais ils avaient échoué. Cette fois, ils y vont de manière plus déterminée. Plus hostile et plus dangereuse aussi pour la paix en Europe…

J’appréhende les prochaines années. Je suis même effrayé. Les deux mandats OBAMA sont sans doute comme ceux de CLINTON (de 1992 à 2000) quand les néoconservateurs ont préparé, en silence, la monstrueuse décennie BUSH. OBAMA partira en 2016. Et après ? Allons-nous assister à un nouveau 11 Septembre ? Justifiant une nouvelle décennie d’horreurs ?

Quand on connaît l’histoire américaine, pas seulement l’officielle mais l’autre, la véritable, celle racontée par les penseurs hostiles à l’impérialisme, de Noam CHOMSKY à Gore VIDAL, « Histoire populaire » racontée par Howard ZINN, « Histoire qu’on ne vous dit pas » d’Oliver Stone, on sait par exemple que sous des apparences parfois sympathiques, la plupart des présidents américains ont couvert ou alimenté les pires horreurs, et ce, depuis 1776, sans parler des massacres de masse antérieurs… Tous les siècles sont riches en horreurs qui feraient frémir bien des tortionnaires. Mais le nôtre est-il si différent des précédents?

Nous savons combien, dans les années 30, les entreprises américaines étaient liées à l’Allemagne, malgré Hitler et les Nazis, et combien les autorités américaines se sont longtemps efforcées d’éviter le conflit avec la belliqueuse puissance européenne, aussi longtemps que leurs intérêts n’étaient pas menacés ou qu’ils étaient mieux servis par la paix que par la guerre. Nous savons qu’il y a eu un changement de perspective et de ligne de conduite le jour où les « gros bonnets » ont compris que la guerre serait plus rentable que la paix. D’où le 7 décembre 1941 ! Pearl Harbor et l’entrée en guerre des États-Unis.

Nous savons que pour contrer les Soviétiques, les Américains n’ont pas hésité, bien avant la fin de la guerre, à tisser des liens avec le monde nazi. À la fin de la guerre, une partie de l’appareil nazi fut démantelé et une partie des Nazis jugés et condamnés à mort ou à la prison. Pas tous ! Une partie de l’appareil de renseignement nazi comme une partie des pires criminels ont été abrités aux États-Unis et ont aidé l’Empire à lutter contre les Soviétiques. Les Américains se sont même inspirés des pires pratiques nazies pour lutter contre les pays, les gouvernements et les peuples qui s’opposaient à leur domination. Renseignez-vous sur la sinistre  » école des Amériques ». Étudiez de près la vie du Chili et des pays d’Amérique Latine dans la seconde partie du XXe siècle.

Le gouvernement américain, qu’il s’agisse de l’officiel ou de celui qui agit et décide en coulisse, n’a jamais rechigné à pratiquer le pire. Pour lui, la vie de ses ennemis ne compte pas. Celle de ses amis ne compte guère plus d’ailleurs si ses intérêts tels qu’il les perçoit, sont en cause. Sur ce point précis, renseignez-vous sur l’opération « Fortitude ». Trahison en est le maître mot. Intéressez-vous au plan « Northwoods » aisément accessible sur internet… Lisez certains auteurs américains dans la mouvance de CHOMSKY ou VIDAL ou certains anciens membres des administrations ou du monde du renseignement…

Quant aux liens entre certains milieux américains et le monde néo-nazi d’aujourd’hui, ils existent depuis les années de la seconde guerre mondiale. Il est idiot de les nier.

Mais sans doute ces néo-Nazis sont-ils moins malins que d’autres agitateurs car ils s’affichent ouvertement tels qu’ils sont. Ils font donc désordre. Ils font tâche dans le discours américain. Ils ne pourront donc pas être soutenus longtemps par les Américains qui ne pourront que se désolidariser d’eux, pour ce qui est du discours officiel…

Les décideurs américains ne rechignent devant aucun procédé inhumain pour parvenir à leurs fins. On le sait. On l’a vu entre autres quand ils ont soutenu les Moudjahidin contre les Soviétiques. Ils ont entraîné, financé, armé, des monstres destinés à lutter contre leurs ennemis sans forcément saisir le risque pour eux. Puis ils ont compris que ces terroristes serviraient finalement leur cause car ils permettraient aux autorités américaines de se trouver légitimes à réagir aux agressions que quelques terroristes pourraient commettre. Les Talibans sont ainsi l’oeuvre des États-Unis. Bien des « terroristes », dans toute l’histoire humaine,  sont fabriqués de toute pièce ou, au minimum, encouragés, aidés, soutenus, en secret, par les pouvoirs officiels pour que ces derniers puissent ensuite justifier du recours à la force soit contre des États ou des gouvernements étrangers, soit contre leur propre peuple, lorsque des terroristes passent à l’action contre d’autres cibles que celles qui leur étaient initialement assignées…

Bien des éléments nous permettent de penser que les révolutions survenues dans plusieurs pays ces dernières années sont, au moins en partie, l’oeuvre des Américains qui tentent de renverser un pouvoir pour en instaurer un autre qui leur soit plus favorable, ce qu’ils ont toujours fait tout au long de leur histoire, pas seulement ces dernières années. Ils n’y sont pas toujours parvenus mais ils poursuivent leur oeuvre mortifère.

Les voilà aujourd’hui revenus en Ukraine, le pays qui compte le plus, stratégiquement parlant, pour la Russie. Il y a tout à parier que la Russie ne laissera pas faire. Les fauteurs de trouble américains sont donc des fous furieux de provoquer ainsi ce pays dans ce qu’il estime être si précieux pour lui. L’embrasement en Europe est possible si l’aigle américain ne lâche pas du leste très rapidement. La Russie s’est déjà sentie menacée chaque fois que l’Empire américain a installé des bases nouvelles tout autour d’elle, notamment dans plusieurs ex-Républiques soviétiques du Sud, après que les Américains aient réussi à arrimer dans l’OTAN et dans l’Union européenne les trois pays Baltes et failli faire de même avec la Géorgie (celle du Caucase) après avoir aidé à foutre le feu en Tchétchénie.

Or, à ce jour, la Russie n’a pas adopté de comportement hostile face à ces agressions indirectes. Si la Russie a traité le problème intérieur tchétchène aussi cruellement qu’elle l’a fait, c’est bien parce qu’elle n’ignorait pas que les États-Unis étaient impliqués et que la réussite de l’indépendance tchétchène était de nature à disloquer toute la Russie. Mais elle ne s’est pas livrée à des représailles comme elle aurait pu le faire. La Russie n’est en aucune façon un modèle. Ce n’est pas une démocratie. Ce n’est pas une République à proprement parler. Ce n’est pas une terre où règneraient liberté-égalité-fraternité, pas plus que l’humanisme. Personne ne peut avoir la stupidité de trouver utile d’encenser la Russie et ses chefs. Mais l’honnêteté implique de reconnaître que contrairement aux États-Unis, la Russie ne cherche pas à dominer le monde. Contrairement aux États-Unis, la Russie ne cherche pas à contrôler la vie des gens sur toute la planète. Contrairement aux États-Unis, la Russie ne mène pas de guerres dans le monde entier depuis des décennies. Contrairement aux États-Unis, la Russie ne possède pas de bases dans des dizaines de pays sur tous les continents, ni ne déploie de flotte de guerre sur tous les océans et de nombreuses mers. Et tout ceci qui est vrai de la Russie l’est aussi de la Chine…

Jean-Luc MÉLENCHON a raison de parler des États-Unis comme de l’Empire fauteur de troubles dans le monde car tout analyste géopolitique honnête ne saurait dire autre chose devant l’accumulation des preuves flagrantes de cette réalité.

DE GAULLE, en son temps, a su non seulement « contenir » l’Empire mais aussi le « refouler » en partie…pour reprendre les mots bien connus décrivant les deux temps de la diplomatie américaine face aux Soviétiques des années 40 et 50, celle du « containment » (endiguement) pratiquée par le président TRUMAN de 1945 à 1952 et celle du « roll-back » (refoulement) de son successeur, le président EISENHOWER, de 1952 à 1960…

Nous devons aujourd’hui agir de même. C’est ce que défend le Parti de Gauche. Nous ne sommes pas les seuls à gauche. Et nous ne sommes pas seuls non plus dans le paysage politique français. Et surtout, nous ne sommes pas seuls en Europe et dans le monde à vouloir remettre les États-Unis à leur place de puissance qui s’occupe de ses affaires sans imposer sa vision, sa ligne de conduite, ses moeurs, ses coutumes, ses façons de penser et de vivre à toute l’humanité.

DE GAULLE et ses honnêtes héritiers appellent cela « une certaine idée de la France ». Nous appelons cela l’internationalisme. Mais au final, est-ce si éloigné? Je constate que les années de présidence gaullienne ont été, pour la France, celles où l’Amérique a le moins dicté sa conduite à notre République et c’est aussi pendant ces années que le capitalisme a le plus été dompté. Ce que nous avons su faire alors, nous pouvons le refaire. Mais pour cela, il nous faut mettre aux manettes, le peuple français, via des dirigeants qui soient attachés à la souveraineté populaire et nationale, qui ne soient pas « atlantistes » et qui aient un esprit de résistant à l’ordre injuste, économique, social, politique, international, plutôt que des gouvernants dociles, soumis, convaincus que la France est impuissante seule et qu’il faut donc la « renforcer » en « l’alliant » à d’autres ou, pour se rapprocher plus de la vérité, des gouvernants qui ne sont que les mandataires, les exécutants, les garde-chiourmes de ceux qui estiment que la France est une nation justement trop indocile pour qu’on laisse ce pays libre et ce peuple souverain. Mieux vaut enserrer cet État, après l’avoir démantelé en partie, dans un système contraignant où le peuple pourra dire ce qu’il veut sans que cela ne change rien de la conduite des affaires. L’Union européenne, le Grand Marché Transatlantique, ce sont les armes de destruction massive de notre souveraineté. Si l’on veut retrouver notre souveraineté, il faut donc refuser le Grand Marché Transatlantique et refonder l’Union politique de l’Europe.

C’est cet esprit qui doit nous inspirer plus que jamais.

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