Fiction. Discussions au sein de la chancellerie allemande avant la décision de représailles diplomatiques contre la Russie

Je précise, comme le veut la tradition, que toute ressemblance entre les personnages, les paroles et la situation décrits dans cette fiction avec des évènements, des personnages ou des situations existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. J’aurais pu situer la scène en France mais ça aurait été trop rosse envers nos propres gouvernants…

La chancelière : Bon, il faut qu’on fasse quelque chose quand même! Barack n’arrête pas de me harceler…

Le ministre de la défense : Oui, certes, mais Madame,vous n’ignorez pas que cette fois c’est la Russie dont il s’agit, pas la Syrieou l’Iraq et que c’est un pays doté de l’arme nucléaire. Entre autres !

Le ministre des Affaires étrangères : Et j’ajouterais aux propos de notre collègue, que notre propre pays a de gros intérêts financiers en Russie. Quant au gaz… Si nous le froissons, le prochain hiver pourrait être très froid !

La chancelière : Donc, on ne fait rien ? Mais je vais me faire mettre minable par Obama !

Le ministre de l’intérieur : vous pourrez toujours lui dire que depuis que nous avons la preuve que son pays nous espionne, on se soucie…comment dire? disons que ce qu’il peut penser nous cause moins de tracas que la faiblesse du Président français !

La chancelière : Mais on est dans l’OTAN maintenant et nous sommes contraints par cette alliance. Monsieur le ministre de la défense, vous le savez aussi bien que moi… Général, qu’en pensez-vous ?

Le chef d’état-major des armées : Ce que j’en pense Madame ? J’ai eu l’occasion de vous le dire déjà plusieurs fois ! Nous devrions sortir de l’OTAN et…

La chancelière : Oui, je sais général mais je ne peux pas faire ça. Je ne suis pas De Gaulle et vous n’êtes pas Adenauer. Mon modèle est plutôt THATCHER voyez-vous et nous avons besoin des Américains alors nous devons les satisfaire, ou plutôt ne pas les décevoir. Ils veulent que nous sanctionnions les Russes et nous allons le faire. Je vous ai réunis pour me proposer des solutions crédibles, sérieuses, assez coercitives pour faire plier la Russie sans nous déclarer la guerre ou répliquer sur des terrains économiques et diplomatiques qui nous affaibliraient durablement.

Le ministre des Affaires étrangères :Madame, nous ne sommes pas en mesure de peser sur les choix de la Russie. Vous savez aussi bien que moi que ce pays est une grande puissance. Elle a une économie très solide, une armée dévouée, un chef d’état déterminé et sage en même temps et les moyens de nous causer bien des soucis, sans risquer de subir en retour les mêmes inconvénients. La dissuasion ne marche pas entre nous et eux mais elle a matière à s’exercer entre eux et nous… Et les Russes savent résister eux ! Ils n’ont pas peur de mourir par centaines de milliers. Rappelez-vous de Stalingrad. Alors s’il devait s’ouvrir une nouvelle guerre entre eux et nous…

La chancelière : Donc, à vous écouter, Messieurs, je monte au front sans armes ?

Le ministre de l’économie : Madame, je suggère que nous mettions en oeuvre des mesures de rétorsion économique en envisageant d’aller plus loin s’il le faut et de faire passer aux Russes ce message par la voie discrète de la diplomatie.

Le ministre des Affaires étrangères : Mais dis-moi, tu es devenu fou toi? Tu n’as rien compris au secteur que tu es sensé gérer. Tu crois sérieusement que l’Allemagne a les reins assez solides pour faire pression sur la Russie? Et que des mesures de rétorsion économiques à l’encontre de la Russie ne conduiraient pas les Russes à faire de même à notre égard ? Tu te retrouverais avec les couilles ratatinées façon raisins secs ! Excusez-moi de ma franchise Madame la chancelière!

La chancelière : Donc je vois bien que vous êtes tous incapables de me proposer des solutions sérieuses. Quoi d’autre ?

Le ministre de la défense : Peut-être pourrions-nous envisager de suspendre notre coopération militaire avec eux? Non seulement, ça donnera l’impression aux gens qu’on décide quelque chose de coercitif, sans que ça le soit vraiment, mais ça exprimera aussi le message que nous ne souhaitons pas rester en liaison étroite avec des gens qui se permettent d’imposer leurs vues à un peuple.

La chancelière : Ah bon! On ne soit pas rester liés à des gens qui imposent leurs vues à un peuple ? Et depuis quand ne le devons-nous pas ? Vous vous êtes fait un rail de démocratie ce matin vous ? Le GMT que nous sommes en train de préparer avec les Américains et les Français, croyez-vous vraiment que les peuples en veulent? Les métropoles que nous imposons partout en Europe, croyez-vous que les peuples en veulent ? La régionalisation européenne que nous nous efforçons de faire progresser, pour saper les fondements des États, croyez-vous que c’est ce que les peuples veulent ? Et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, inscrit dans la charte des Nations-Unies, le respectons-nous en Palestine ? Pour les Kurdes ? Et pour tant d’autres ? Nous le foulons aux pieds avec de bonnes raisons quand ça nous arrange et on ne le ressort que lorsque son exercice est de nature à semer la division dans un pays hostile. Quant à la démocratie dont les faiblesses semblent vous inquiéter ce matin, vous savez très bien, et vous avez toujours acquiescé à cela, que nous sommes en train de saboter méticuleusement tous ses éléments constitutifs. Année après année, depuis 1957 avec les traités de Rome, en passant par ce qu’on leur a fait avaler aux peuples, en 2005 avec le TCE, on leur supprime tous leurs acquis démocratiques, on leur fait avaler des régressions terribles sous couvert d’efficacité, de bonne gouvernance et de gestion rationnelle des finances publiques. Ils ne savent pas encore qu’ils sont passés de la pré-démocratie à l’oligarchie officielle sans même passer par la démocratie. Oui, il y a bien, ici ou là, quelques fortes têtes comme Mélenchon en France et Tsipras en Grèce. Mais ces deux-là, nos copains de la CIA s’en chargeront le jour venu… Comme ils se sont occupés de Chavez, des Kennedy, de Martin Luther-King et de bien d’autres qui croyaient pouvoir défier notre pouvoir… Donc, dîtes-vous bien que la démocratie n’est pas une de nos priorités. La défense de notre caste l’est !

Le ministre des Affaires étrangères : Madame, dans ce cas, la préconisation du ministre de la défense me semble assez bienvenue car elle aura un autre mérite, nous détacher définitivement de tous nos liens avec les forces militaires russes alors même que ces liens entre nos militaires et ceux de la Russie étaient de plus en plus suspects aux yeux des Américains et que vous n’ignorez pas que certaines de nos unités, et bien de nos galonnés supérieurs, commençaient sérieusement, au contact des Russes et de leur vision diplomatique et stratégique, à douter de la pertinence de notre choix de rester le petit soldat des Américains. Les relations entre nos armées et celles de la Russie étaient de nature à changer les vues de nos soldats. N’est-ce pas général?

Le chef d’état-major des armées : Oui, en effet. Et je suis moi-même, ne vous en déplaise, partisan de la sortie de l’OTAN de mon pays. De Gaulle a eu raison de sortir la France de l’OTAN. Chirac a eu raison en 1986, de refuser aux Américains le droit de survoler la France pour aller bombarder la Libye. Comme il a eu raison de refuser la guerre en Iraq. Mitterrand et Sarkozy, en revanche ont eu tort, comme vous, Madame, d’accepter de participer aux opérations militaires des Américains qui ne sont pas dans nos intérêts. Qui ne servent que les leurs et le désordre en Europe et j’ajouterais que…

Le ministre de la défense: Général, vous avez été nommé par Mme la Chancelière et vous êtes assez mal placé pour lui faire de tels reproches. Soit vous appliquez les consignes que nous vous donnons soit vous…

La chancelière : Laissez-le parler Monsieur le ministre. Je l’ai choisi précisément parce que lui, au moins, il dit ce qu’il pense. Lui au moins ne s’embarrasse pas de formules creuses. Lui au moins ne fait pas de danse du ventre devant moi. Comme certains autour de cette table. Lui au moins les a bien accrochées et bien pleines, ce qui fait de lui un homme que j’estime. Vous saisissez ? Il sait qu’il peut dire ce qu’il croit juste sans finasser. C’est moi qui déciderai au final car en Allemagne, c’est encore un pouvoir civil qui décide, pas l’armée, mais je déciderai quand j’aurais eu des arguments et des propositions. Poursuivez donc général.

Le chef d’état-major : je disais donc Madame, avant d’être interrompu par Monsieur le Ministre de la course aux abris, que je ne pense pas que plier toujours devant les diktats de l’aigle américain soit notre meilleure politique étrangère. Je parlais tout à l’heure de quelques Présidents français. J’aurais pu parler de nos propres grands hommes d’état. J’ai cité Adenauer et vous savez tous, ici, le rôle ô combien fondamental qu’il a joué pour reconstruire notre pays, et lui redonner une image positive après la déchéance nazie. Si nous n’avons pas eu de grands hommes après lui, à part Helmut KOHL pour certains aspects, mais certains aspects seulement, c’est bien parce que nous sommes soumis aux États-Unis, par notre défense, par notre diplomatie, même partiellement par notre économie. L’Allemagne est un pays situé au cœur de l’Europe. C’est, comme la France, un pays sans qui l’Europe ne peut se faire politiquement. Nous pesons donc forcément dans les choix. Et nous pourrions tisser avec la France d’une part, avec la Russie, la Chine et l’Inde d’autre part des liens beaucoup plus étroits lesquels seraient une base solide pour ensuite tenter d’instituer, avec l’aide des pays d’Amérique Latine et d’Afrique, les bases d’un autre ordre mondial, non soumis à la volonté des Américains. Savez-vous qu’en France, il existe des leaders politiques d’une stature tout autre que celui qui la dirige depuis 2012 ? Vous avez parlé de Mélenchon et ce n’est sans doute pas un hasard si on commence à parler de lui au-delà de la France. On me l’a fait découvrir récemment – je ne vous dirais pas qui m’en a parlé le premier car vous seriez tous pris ici d’une quinte de toux carabinée !!!  – et j’ai vu en lui un personnage de haute densité. C’est un homme qui dirige un petit parti classé à gauche, qui s’appelle justement Parti de Gauche. D’ailleurs il a ceci de spécifique qu’il ne préside pas seul son parti. Il le co-préside avec une femme. Et la plupart des fonctions dans son parti sont paritaires. Nous pourrions en tirer quelques leçons pour nos partis n’Est-ce pas ? C’est un ancien socialiste, ancien proche du président Mitterrand – personne n’est exempt de reproches ! – mais qui a compris, à temps, là où il s’était fourré et qui a rompu les rangs depuis. C’est son expression fétiche. Depuis 4 ans, il s’emploie à édifier une organisation politique destinées à rassembler le peuple de gauche pour faire une « révolution citoyenne » comme il le dit. Il s’inspire beaucoup de ce qui s’est déroulé dans les pays d’Amérique du Sud. Il porte un discours de défense de valeurs nobles comme les trois notions qui font la devise française liberté-égalité-fraternité.  Il parle de justice, d’égalité, d’humanisme. Mais il parle aussi de pouvoir, de souveraineté, de défense. La Gauche en France et ailleurs a souvent été incapable de comprendre la défense et de porter un message sérieux en la matière. Eh bien l’homme dont je vous parle et son parti ont fait cette chose-là. Certains disent de lui qu’il incarne le meilleur à la fois de Jean JAURÈS, un des leaders de la Gauche française historique de la fin du XIX et du début du XXe siècle, assassiné à la veille de la Grande Guerre, et du général De Gaulle. Pour l’instant, ce n’est qu’un leader politique parmi d’autres en France et il est traité comme un personnage de second plan mais ce que le Président Hollande fait est de nature à radicaliser le peuple de notre turbulent voisin. Si je vous parle de lui, c’est parce qu’il me semble que le discours qu’il défend sur la question qui a conduit à nos débats aujourd’hui a quelque intérêt. Il ne s’agit pas de défendre le chef d’État de la Russie. Il ne s’agit pas d’excuser ou de tolérer une annexion. Il s’agit de savoir qui a alimenté la crise en Ukraine, qui a encouragé, armé, financé, entraîné les dingues qui sont aujourd’hui aux manettes et qui tiennent la rue. Nous les avons bien nous-mêmes car nos services de renseignement sont présents surplace et nous n’ignorons pas, entre ces murs, qui joue avec le feu là-bas. Nous nous taisons car nous sommes dans le camp des Américains, quoi qu’ils disent et quoi qu’ils fassent. Nous savons que les Russes ne nous ont pas toujours été sympathiques. L’histoire est là pour nous rappeler certaines évidences. Mais aujourd’hui, il n’est pas question de défendre la Russie contre les Etats-Unis ou vice versa. Il s’agit de saisir ce qui se joue là-bas. Les Américains, depuis 1989, n’ont de cesse d’encercler la puissance russe. Tout ce que les Américains font depuis plus de 20 ans en Europe, ne sert qu’à empêcher la renaissance russe. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont des Américains haut-placés, ceux-là même qui ont conçu et rédigé le document Project for A New American Century. Après la chute de l’URSS, les États-Unis devaient avoir pour seule politique étrangère d’empêcher que toute autre puissance ne redevienne un rival potentiel, de nature à peser sur leurs choix, à les dissuader d’agir dans un sens ou à les contraindre d’agir dans un autre. Ils n’ont fait qu’amasser des troupes, des bases, des moyens de guerre. Ils ont réussi à faire basculer à l’Ouest, et même pour certaines dans l’OTAN, d’anciennes républiques soviétiques. Ils ont encouragé, facilité, financé de fausses révolutions qui n’ont eu comme but et comme acquis que de renverser des gouvernements hostiles au profit de pantins dont ils tirent les ficelles. Ce qui aurait pu, dans le cas de la Géorgie de Sakachvili, mener au désastre mondial si, heureusement, les Américains n’avaient pas tempéré leur humeur belliqueuse à ce moment-là ! Or la Russie n’a mis en œuvre que les mesures les plus indispensables pour résister. Elle a évité tout triomphalisme quand elle a fait échouer certaines tentatives américaines. Elle a joué profil bas. Elle a évité provocation et menaces. Or, ceci n’a eu comme effet que d’encourager les plus dingues des faucons américains à aller plus loin, plus vite, plus fort. Et nous y sommes aujourd’hui ! Potentiellement, avec le cas ukrainien, c’est un conflit direct entre la Russie et l’Ouest qui peut éclater. Mais je crois de plus en plus que Poutine sait ce qu’il fait et que lui, contrairement à son homologue américain, tient son gouvernement. Il n’y a pas, comme aux États-Unis, un pantin sur la scène et un vrai gouvernement en coulisses. Et la Russie ne fait qu’entériner le choix, démocratiquement exprimé, de leurs frères de Crimée. En outre, ils ne pouvaient laisser la Crimée et son port militaire tomber aux mains des Américains via leurs pantins actuellement au pouvoir. Et à voir les lascars qu’ils y ont installé, et à étudier l’agitation qui régnait jusque danse cœur de l’armée ukrainienne, nous avions toutes les raisons de craindre des actions hostiles de la part d’éléments incontrôlés attaquant les forces russes,des attentats d’Al Qaeda par exemple dont on sait bien d’où ils viennent et qui les font vivre.

Bref nous, Allemands, avons autre chose à dire que de répéter les mensonges des Américains et de leur servir de bouclier voire de première ligne de front. Jusqu’à présent, j’ai  fait de mon mieux pour servir mon pays à vos côtés Madame et je le ferai encore si mon pays choisit une diplomatie digne de lui mais si nous devons nous enfoncer plus avant dans une ligne de suivisme des fantasmes et des folies diplomatiques américaines, vous vous choisirez un autre chef d’état-major !

La chancelière : Merci général, croyez bien que j’apprécie votre flamme même si je ne peux approuver tout ce que vous dîtes. Je ne reviendrai pas sur vos longs propos concernant votre nouvel ami français car je sais que cet homme-là peut nous causer beaucoup de tort, à nous les représentants du peuple qui le représentons si mal et qui défendons si mal ses intérêts. Mais ce qui me dérange le plus chez ce type, c’est qu’il s’allie avec les communistes de son pays et vous savez bien que les communistes au pouvoir en RDA, moi je les ai connus et je ne peux donc regarder qu’avec crainte un homme qui veut gouverner avec eux. Quand bien même je vous concède qu’a priori les communistes français n’ont pas grand-chose à voir avec ceux de l’ex-RDA !  Heureusement pour nos concitoyens rentiers, Die Linke n’est pas encore en situation de renverser la donne dans notre pays. Pour le reste, l’heure n’est pas encore venue pour nous de rompre les rangs avec les États-Unis. D’autres que moi le feront peut-être. Mais ce n’est pas d’actualité. S’il y a, parmi vos amis d’Allemagne et d’ailleurs, quelques partisans de cela, général, il n’y a pas assez de têtes dures dans la classe politique allemande et notre peuple n’y est pas prêt. Donc nous en rediscuterons. Je reviens au sujet qui nous anime aujourd’hui. Que faisons-nous face aux Russes ? Je pense que dans un premier temps, nous allons manger notre chapeau avec le sourire et faire semblant. On va jouer le jeu de celui qui grogne mais qui en grognant, dit qu’il ne grognera pas longtemps… Donc je vais suivre la proposition du ministre de la défense. Vous voulez ajouter quelque chose ? Monsieur le ministre de la défense ?

Le ministre de la défense : Non, Madame, vous avez tout dit. Et vous l’avez dit comme il fallait le dire, notamment à notre chef d’état-major.

Le chef d’état-major : Madame, je vous préviens, désormais, ce sera lui ou moi mais je ne prendrai plus aucun ordre du ministre de la défense. Vous me communiquerez vos instructions directement. Inutile de passer par le biais de ce lèche-cul. Monsieur le ministre, je vous savais faux-cul mais je n’imaginais pas que vous aviez autant de ressources en la matière.

Le ministre de la défense : Général, c’en est assez !Moi non plus Madame, je ne peux continuer à être le ministre de l’armée quand le plus haut gradé de celle-ci s’adresse à moi de cette façon et je veux vous dire que…

La chancelière : ça suffit Monsieur le ministre. Je sais bien ce que vous en pensez mais pour le moment le général garde ma confiance. Donc si vous ne pouvez plus faire avec lui, je vous propose d’échanger votre fonction avec celle détenue par le ministre des sports puisque lui voulait profiter désormais de sa retraite… Monsieur le ministre des Affaires étrangères, vous voulez conclure ?

Le ministre des affaires étrangères : Madame, je ne peux qu’espérer que la décision que nous avons prise sera bien reçue de la part de nos amis Russes. Je ne suis pas certain que les Russes soient des gens qui aient un grand respect pour les dirigeants qui se montrent veules. POUTINE apprécie bien plus ceux qui osent l’affronter, d’égal à égal, avec intelligence et à propos bien sûr, pas à la manière des lourdauds américains, lesquels sont en outre des plus malhonnêtes et tout à fait déloyaux, ça va sans dire, que ceux qui se cachent, ivres de peur. Mais toux ceux qui croient que ramper au pied des Américains puis ne pas oser mettre leurs actes en accord avec leurs paroles seront choyés par le président russe se trompent lourdement. Le petit Français s’en apercevra. Ce n’est pas notre affaire. En revanche, c’est notre affaire, Madame, que l’Allemagne ne soit pas perçue comme un ennemi de la Russie et c’est notre affaire que POUTINE ne vous méprise pas. Peut-être que cette décision de geler notre coopération sera vite oubliée. Je ne peux que suggérer très fortement que nous soyons actifs sur le plan diplomatique dans les prochaines semaines afin que la voix de l’Allemagne retrouve une certaine densité et ne soit pas assimilée à celle du petit soldat des Américains envoyé au feu à leur place mais sans arme autre que des sabres de bois.

La chancelière : Très bien. Je pense en effet que nous devrons en reparler. Sinon, pensez-vous que nos discussions ont été écoutées et enregistrés ? S’il y a des potentialités de les vendre à bon prix, Monsieur le ministre de la défense se fera un plaisir de me faire des propositions…

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