Du Front de Gauche… « Le prolongement du FDG est notre seule chance de résister » – par Gérard Piel*

Tribune parue dans l’Humanité le 07 mai 2014

* Gérard Piel est conseiller régional PCF, président du groupe FDG au conseil régional PACA et élu municipal à Antibes

Malgré la diversité des rassemblements, malgré la diversité de la composition des listes, qu’elles soient FDG, PCF, Gauche plurielle, sans étiquette, le bilan c’est la défaite de la gauche au sens large mais y compris le FDG et le PCF, la victoire de la droite mais aussi du FN qui revient à la direction de plusieurs mairies. Après les municipales, nous aurions pu penser que le président de la République entende le message, celui des abstentionnistes, celui des électeurs FN qui, en particulier dans la Région PACA votent maintenant avec conviction, celui des électeurs de gauche restés à la maison.

Au contraire, les signaux envoyés par François Hollande sont tous négatifs et celles et ceux qui croyaient qu’il y avait encore la place pour une réorientation, pour un virage à gauche, ont enfin compris que le PS n’est plus un parti de gauche mais bien un parti libéral qui suit les traces de Schröder ou de Blair ! Est-ce que nous sommes tous d’accord sur ce constat ? D’abord dans le PCF puis dans le Front de Gauche. Cette question me semble essentielle car, si certains pensent encore qu’il est possible que le PS dans son ensemble puisse revenir à gauche et changer de politique, alors on n’est pas d’accord.

Si le constat est partagé, les appels au rassemblement seront mieux compris et ne prêteront pas à confusion.Oui pour un front progressiste qui dépasse largement le Front de Gauche, c’est la condition pour un rassemblement majoritaire mais c’est bien aux syndicalistes, aux militants associatifs, aux citoyens que nous nous adressons. Quant aux militants socialistes ils sont travaillés entre une discipline du parti et le refus de cette dérive droitière.Ils ouvriront d’autant mieux les yeux que nous serons à l’offensive sur les réformes promises pendant la campagne qui ne se sont révélées que mensonges éhontés : le droit de vote des résidents étrangers, une part de proportionnelle aux législatives, la PMA, la fin des expulsions locatives et la renégociation des traités européens entre-autres.Ces exemples ajoutés à la politique économique directement inspirée du MEDEF, à la casse territoriale qui n’est pas une décentralisation mais une mise en coupe réglée du fonctionnement politique, administratif de nos collectivités, à l’alignement sur l’Europe ultralibérale, qui peut penser que le pouvoir peut encore évoluer, changer ?Il nous faut donc occuper le terrain de la gauche à moins que cette définition ait été tellement galvaudée qu’il nous faut l’abandonner et en trouver une autre peut-être issue de nos combats, de la devise de la République, du Front populaire ou du Front du peuple…Porter les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité face à un pouvoir qui les bafoue ne peut souffrir de confusion. Pour cela, le PCF doit se débarrasser de sa frilosité, de ses derniers liens avec le social libéralisme. Non pas pour devenir l’opposition de gauche mais bien pour incarner une alternative pour le peuple de France. Redonner tout son sens à l’égalité et à la fraternité ne peux se faire en étant embarqué d’une manière ou d’une autre dans le bateau social libéral, véritable Titanic pour des milliers et des millions d’habitants de notre pays qui souffrent, qui subissent la politique du PS-MEDEF, qui ont voté François Hollande pour se débarrasser de Sarkozy et qui sont en grande colère aujourd’hui.

Cette première condition étant réalisée y compris pour la prochaine échéance électorale et cela sans exception, nous pouvons réfléchir et travailler à organiser le Front de Gauche, à y accueillir les citoyens sans carte, les syndicalistes, les militants associatifs, à faire partager par l’ensemble des communistes cet outil qu’il faut conforter.Personne ne veut d’un cartel des partis ! Comment dépasser ce stade de notre organisation ? Ne peut-on pas, par exemple, intégrer le fait que nous pouvons être adhérent d’un parti (PCF, PG, Ensemble…) et de fait adhérent au Front de Gauche ? Comme le seront des citoyens non encartés.

Les assemblées citoyennes locales ne peuvent-elles pas se transformer en organisation de bases du FDG ?Les partis du FDG ne peuvent-ils pas consacrer une partie de la cotisation des adhérents au FDG ? Permettant ainsi que les adhérents directs puissent aussi cotiser directement. Et tout cela dans la transparence de qui fait quoi et qui apporte quoi.Il faudra rapidement trouver d’autres modes de désignation des candidats pour les diverses élections. Comment peut-on expliquer que tel ou tel soit désigné parce qu’il représentera une tendance alors qu’un autre camarade, plus intégré et actif dans les mouvements sociaux et dans les luttes, ne le sera pas car représentant un parti dont le quota est déjà dépassé ?Le prolongement du FDG est notre seule chance de faire face, de résister mais aussi de proposer une alternative à ce pouvoir qui continue la casse sociale, le démantèlement économique, qui réduit la démocratie tout en renonçant aux urgences écologiques.Ne le gâchons pas ! »

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