Fiction et prospective…

Si Hollande dissout l’Assemblée Nationale…

1/ il finit le travail de sape de la gauche commencé il y a 30 ans en lui donnant le dernier coup fatal, et en ramenant une majorité de droite dure au Palais-Bourbon (c’est ce qui s’est passé en Espagne avec l’arrivée de Rajoy à la suite du désastre électoral du PSOE il y a quelque années), tout en excluant le FN qui, dans le cadre du scrutin majoritaire ne permettrait qu’à quelques-un-e-s de ses représentant-e-s d’être élu-e-s ici ou là (à Hénin-Beaumont, dans le Sud-est, en Alsace…).

2/ il ne permettrait pas à l’opposition de gauche d’être audible alors que cette dernière est sur le point d’exploser en vol…

3/ il embarrasserait magistralement l’UMP qui n’est pas prête à gouverner. On a vu hier que COPE a clairement expliqué qu’il ne demandait pas la dissolution et qu’il était gêné devant la perspective de revenir au pouvoir maintenant…à moins que ce qui justifie ses préventions ne soit plutôt la peur panique de voir l’UMP être effacée à son tour du paysage politique par le FN… Car les centristes ne sont plus avec l’UMP. Et le FN de 2014 n’est plus celui de 1997. En 1997, la droite fut battue à cause de quelques dizaines de triangulaires fatales que lui imposèrent les candidat-e-s du FN. Cette fois, elle serait laminée, d’autant plus que le «  »front républicain » ne fonctionne plus. On le sait !

Si Hollande démissionne…

Une nouvelle élection présidentielle est organisée et il s’y représente. Cela vous semble improbable ? Mais comprenez qu’aucun homme de pouvoir, surtout au sommet, ne se croit jamais sur le point d’être politiquement tué; on se souvient de JUPPE, très sûr de lui en 1997 ou de JOSPIN convaincu de succéder facilement à CHIRAC, « vieux, usé et fatigué », en 2002… On pourrait parler de GISCARD en 1981 qui n’a pas vu venir sa défaite. Mais au regard des circonstances, HOLLANDE serait évidemment carbonisé dès le premier tour. Du coup, au second tour, nous aurions le plaisir immense de voir 2002 recommencer mais cette fois avec beaucoup plus de danger de voir le FN l’emporter. Car croyez-vous que cette fois, le peuple se dresserait contre Le Pen en sauvant COPE ou le candidat UMP (JUPPE?) face à Marine ?

Si Hollande se maintient, ce qui est le plus probable…

La crise politique latente depuis des années en général, depuis quelques semaines en particulier, explosera bien vite en une crise de régime ouverte aux conséquences incalculables. Les oiseaux de malheur ne sont pas mes conseillers mais quand on connaît l’Histoire, on est terrorisé devant ce que nous voyons sous nos yeux, aujourd’hui, en 2014.

Mélenchon a dit hier que le volcanique peuple français était entré en éruption et que pour l’instant, seules les vapeurs acides se dégageaient du cratère…

Un pouvoir, même celui de la Ve République, ne peut perdurer longtemps face à un tel ressentiment du peuple à l’encontre de ses gouvernants et de ses partis. Il va se passer quelque chose de grave. Mélenchon ne cesse de le dire et il n’est pas le seul. Je commence sérieusement à craindre le pire.

Même les hauts galonnés menacent. Les quatre chefs d’état-major de notre armée (celui de la Marine, celui de l’armée de l’Air, celui de l’Armée de Terre et le chef d’état-major interarmées) c’est-à-dire le sommet de la hiérarchie militaire, des généraux ou amiraux 5 étoiles, font ouvertement pression sur le pouvoir civil et menacent de démissionner en bloc. Du jamais vu dans toute notre Histoire ! S’ils en sont là, c’est que l’armée française doit grogner de plus en plus profondément. Nous le savons au PG puisque Mélenchon a des contacts étroits avec nombre d’officiers supérieurs. Mais il n’est pas bon, en République, que des militaires, aussi honorables soient-ils, aussi Républicains soient-ils, se dressent contre le pouvoir civil, même si ces militaires défendent, quant au fond des dossiers, des positions qui peuvent être jugées plus légitimes que celles que portent les autorités civiles en fonction. Je ne veux pas revivre la situation de 1958 avec un pouvoir civil à Paris sous la menace directe d’un putsch, surtout quand l’OTAN et ses armées secrètes sont si menaçantes et ont peut-être (sûrement ?) infiltré notre armée. On n’aura pas toujours un général comme De Gaulle pour sauver la République et la démocratie, même après les avoir quelque peu malmenées pour accéder au pouvoir.

Il est tragique de voir notre Parlement, dans une heure aussi grave, se complaire dans des stratégies pathétiques de couardise et des comportements de larbins. De Gaulle parlait, à raison, du régime des partis qui, sous la IVe République, avaient une lourde responsabilité dans le désastre qui a failli éclater avec le premier putsch des généraux d’Alger en mai 1958 (la crise du 13 mai). Les député-e-s de la République, qu’ils-elles soient de l’UMP, de l’UDI, du PS, des Verts, devraient saisir la gravité extrême du moment dans lequel nous sommes entrés. Et agir en décideurs responsables, conscients de leur historique responsabilité devant le peuple et devant l’Histoire.

Mélenchon, comme jadis Jaurès, ou De Gaulle dans les années 30, prêche dans le désert en évoquant la menace terrifiante qui pèse sur l’Europe, 100 ans après le déclenchement de la Grande Guerre, cette interminable et odieuse boucherie, 74 ans après le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, sa Shoah, ses camps, ses millions de morts, ses bombes atomiques…

Peuple français, lève-toi avant qu’il ne soit trop tard ! N’attends pas l’extrême limite ! Ne rééditons pas les évènements tragiques du passé. L’Histoire est formatrice. Elle est tragique. Mais grâce à elle, nous pouvons percevoir ce qui peut arriver si on la laisse se dérouler selon les plans de nos maîtres, petits ou grands… Nous savons aussi, grâce à elle, ce qu’il convient de faire pour exorciser le mal et éviter que le risque ne se concrétise. Il nous faut nous rassembler, non pas sur le plus petit commun dénominateur en criant « unité, unité, unité » dans un cadre partisan étroit qui ne convainc que quelques centaines de milliers de citoyen-ne-s, mais sur ce qui fait la République Française, nos valeurs chéries de Liberté-Égalité-Fraternité et toutes leurs décompositions.

C’est un nouveau CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE dont nous avons urgemment besoin. Savoir distinguer le plus fondamental de l’accessoire ou du secondaire, (qui n’est pas forcément accessoire, lui, mais qui mérite moins d’attention, au moment gravissime où nous nous trouvons).

Ce nouveau CNR peut naître d’un FRONT DU PEUPLE qui renaîtrait des décombres du FRONT DE GAUCHE.

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