Réfléchir sur les raisons profondes du désastre au Front de Gauche…

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La stratégie du Front de Gauche est un échec évident et cuisant. Malgré le talent des uns – certain-e-s de nos porte-paroles – et le dévouement des autres – ces milliers de militants – le travail collectif de cinq ans a été saboté par certains d’entre nous. Il ne sert à rien d’hurler contre les abstentionnistes ou les Socialistes. Certes, ils portent une part du désastre mais la question à se poser, au-delà de notre légitime colère contre les irresponsables précités, c’est pourquoi ne convainc-t-on pas ? Pourquoi notre discours pourtant radical ne porte pas ?

L’une des raisons majeures, à mes yeux, est le choix de certains communistes de s’être alliés au PS et, dans ce but, d’avoir, depuis plus d’un an, torpillé le FdG. Faute d’avoir pu formater le FdG en un nouveau PC, ils l’ont saboté méticuleusement. Je l’ai écrit depuis plus d’un an ! On en paie le lourd tribut. Il va donc falloir engager un débat sérieux sur la question du Front de Gauche. Quelle organisation ? Avec qui ? Pour faire quoi ? Et comment ?

Je relèverais une deuxième raison : une absence criante de démocratie appliquée au sein du Front de Gauche où les grandes décisions relèvent d’une coordination entre dirigeants d’appareils, ayant manifestement une vision stratégique et tactique très différentes, et non de militant-e-s ayant eux comme fanal l’intérêt général.

Une troisième raison, à mes yeux, est la structure même du Front de Gauche, ce cartel qui est incompréhensible aux yeux de la masse, surtout quand, en son sein, on se tire dans les pattes et qu’on navigue avec des caps différents.

Une quatrième raison, est que le Front de Gauche n’a pas su (ou voulu sincèrement) s’élargir aux autres forces vives du peuple. Le NPA a été écarté. Les non encartés ont été méprisés et rabroués (parce qu’ils devaient soi-disant accepter préalablement de choisir entre nous…) et une partie du peuple qui ne se situe pas (ou plus) dans le clivage droite-gauche refuse de nous rejoindre tant que nous donnons l’impression de ne parler QU’au peuple de gauche. Nous sommes de gauche et nous en sommes fiers. Il ne s’agit pas de revenir sur ce point ni de transiger sur quoi que ce soit. Mais d’adapter notre vocabulaire ou nos harangues à la situation de la France d’aujourd’hui afin que les citoyen-ne-s qui ne se perçoivent pas comme de gauche ne se sentent pas de fait exclus du Front que nous avons essayé de construire et que nous allons refonder. L’esprit du CNR doit souffler de nouveau dans notre périmètre afin que les frontières de notre sphère d’influence explosent et que nous rassemblions le peuple au-delà de limites trop étroites.

Une cinquième raison est que nous avons parfois développé un discours abscons ou tout du moins étranger aux préoccupations du peuple (le soutien à Kerviel a dû en surprendre plus d’un et a été peu apprécié de beaucoup). Nous savons (ou nous devons ouvrir les yeux) sur le fait que certaines de nos prétentions sont mal reçues. Cela ne signifie pas qu’on doive en rabattre, mais que nous aurions dû jauger de leur importance dans le débat plutôt que d’en faire des chevaux de bataille. Je pense notamment aux sujets « sociétaux ». Mélenchon est un passeur d’idées qui est en avance sur son temps à bien des égards. Il parle pour le temps long. Notamment sur la question des droits et sur celle de la diversité française – et je suis de son côté sur cette question – mais elle ne passe pas dans l’opinion. Il va falloir faire œuvre de pédagogie et ce sera long et difficile quand notre peuple est en proie de plus en plus souvent à la haine de l’étranger ou du « pas comme nous », ou du « qui vient de loin » et qui « me vole mon travail et mon pain ».

Une sixième raison est l’inadéquation entre les choix de certains de nos communicants internes et les attentes de notre peuple et ces adeptes du coup de poing communicationnel devraient revoir leur stratégie de communication plutôt que de s’enfermer dans leurs certitudes…

C’était un bref tour d’horizon de quelques points saillants quant à l’outil du combat. Maintenant, quant au fond du message que nous portons :

Une autre raison de notre échec, est, à mon humble avis, notre refus d’assumer certaines ruptures franches et radicales vis-à-vis de l’UE. Alors même que Mélenchon commençait à dire que l’euro, on en sortirait en tant que de besoin, appuyé par Généreux sur ce sujet, il disait aussi que nous désobéirions tout en restant dans l’UE. Je pense que cela a été perçu comme incohérent et peu crédible. Il va falloir engager un débat sérieux sur la question européenne. Rester dans l’UE et continuer à feindre de croire qu’on peut la subvertir de l’intérieur ? Continuer à dire que l’on ne laissera pas l’euro à Mme Merkel alors que, de fait, cette monnaie est au service exclusif des rentiers de son pays ? Continuer à dire qu’on exige que la BCE prête aux États alors que tous les traités l’interdisent ? Ou tirer ENFIN les conséquences du champ de ruines et reprendre notre liberté, notre souveraineté, notre indépendance, pour retisser d’autres liens avec les peuples européens, et pas qu’eux !

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