Nous voulons prendre le pouvoir pour le rendre au peuple. Il nous faut donc faire les bons choix stratégiques pour renaître et essaimer

logo place au peuple

Dans certaines circonstances, il faut choisir !

Il faut choisir entre deux options qui s’opposent :

  • Soit on estime qu’il faut se contenter de postes subalternes tout de suite, au coeur du système, pour soi-disant le « pervertir de l’intérieur », pour soi-disant avoir des « positions de combat contre les mauvais coups », pour soi-disant faire avancer – fut-ce à la marge – notre cause etc. etc. Vous connaissez bien les arguments en ce sens puisqu’ils sont exposés presque tout le temps.
  • Soit on considère que la prise du pouvoir, de tout le pouvoir de l’État, impose l’absence de TOUTE transaction avec ceux que l’on veut renvoyer. Et quand je dis « pouvoir », je veux parler du pouvoir de l’État et des collectivités publiques. Je ne parle pas ici seulement de quelques strapontins, d’où on ne peut que s’agiter, « faire du bruit avec sa bouche », sans rien changer fondamentalement – cf le cas des ministres EELV au gouvernement, cf le cas des ministres HAMON et MONTEBOURG entre autres. Le peuple nous fera confiance demain si nous tenons bon sur notre résolution irréductible, si nous exposons un projet révolutionnaire mais en adoptant une cohérence absolue avec lui dans les choix stratégiques que nous faisons, en ayant à l’esprit une pleine conscience de la gravité de l’heure…

Lorsque nous avons choisi, collectivement, la seconde voie, nous avons été entendus. Depuis que nous avons préféré la première, nous avons été décrédibilisés et le peuple nous a désavoués.

Il nous faut donc revenir à la première option.

Jean-Luc Mélenchon doit reparler au peuple et pas seulement au PG ou au FdG. C’est ce qu’il a fait en 2012 et c’est ce qui lui a donné 4 millions de suffrages. Il doit y revenir d’urgence. Il doit mépriser les questions d’organisation politique et laisser cela à ses troupes militantes. Il ne doit pas se soucier de la cuisine politicienne. Lui doit se situer au-dessus de nous, au-dessus des partis.

Il doit s’émanciper, se libérer du boulet du PC et ne plus suivre la ligne de son « ami » Pierre Laurent. Il lui est loyal alors même qu’il reçoit de sa part des coups de poing répétés. Il doit cesser de « jouer de la mandoline » comme il le dit lui-même !

Il doit incarner l’avenir, comme il le fit si brillamment au printemps 2012.

Il doit parler à la France. Il a, en lui, ce potentiel de rassemblement du peuple français s’il se dépasse, s’il ne parle plus seulement au peuple de gauche mais au peuple de France.

Je le dis depuis longtemps. Mélenchon mixe, de manière originale et talentueuse, deux géants de notre Histoire, Jaurès et De Gaulle. Il doit reprendre et poursuivre ce qu’il avait entrepris en 2012, et ne plus se soucier du « régime des partis » sans quoi ils le phagocyteront et le tueront comme ils ont tué De Gaulle avant que ce dernier ne s’émancipe d’eux et ne suive sa propre voie. Et comme disait de Gaulle « l’intendance suivra ».

Certes c’est un risque à courir mais comme disait Bernanos «L’espérance est un risque à courir ». Il vaut mieux prendre le risque de tout perdre mais aussi se mettre en situation de gagner beaucoup, plutôt que de végéter dans l’étiage où les partis du FdG nous ont placés, par leurs fautes respectives. Car à ce rythme, c’est dans un siècle ou deux que nous atteindrons la majorité. Encore faudrait-il que la route soit droite or l’histoire n’est jamais rectiligne. Elle est faite de soubresauts, de vicissitudes, de régressions. Jean-Luc le reconnaît d’ailleurs dans son dernier billet.

Alors, ma conviction est que, aussi longtemps que Jean-Luc Mélenchon ne parlera qu’à la gauche, il sera minoritaire en France. Et comme, à gauche, beaucoup de gens, aussi bien les « institutionnels » que des militant-e-s de la base ou des étages intermédiaires, ne l’aiment pas parce que, par sa seule densité personnelle, il met en évidence la médiocrité de tant d’autres, il sera toujours empêché de progresser vraiment. Sa force, il ne la tient pas des partis, ni même des militant-e-s, mais du peuple, de ce peuple qui lui a fait confiance en 2012.

Jean-Luc Mélenchon doit donc repartir au charbon mais plus comme le leader d’un petit parti, ni même comme le porte-parole principal d’un Front très mal en point, mais comme l’éclaireur de la révolution citoyenne et des bifurcations qu’il préconise.

Qu’il se remette dans ce personnage et, de nouveau, sa voix portera, et les citoyen-ne-s le suivront. Car notre projet est sans doute le meilleur, même s’il mérite des éclaircissement, des compléments, voire quelques remises en cause.

Jean-Luc Mélenchon doit redevenir l’homme qui a dit « Non ! »

« Non » à tous les tripatouillages, « non » à tous les accords scélérats, « non » à toutes les combinaisons politiciennes, « non » à la « petite popote » de chaque groupuscule qui ne voit que ses propres intérêts personnels.

Jean-Luc Mélenchon est écouté sur tout le spectre politique de notre pays et il est connu dans le monde. Lui seul a cette caractéristique. Même une partie de ce qu’on appelle « la droite » s’intéresse à lui et serait capable de le suivre, comme une partie de la gauche a suivi De Gaulle dans le passé.

Certes tout n’est pas comparable, inutile de me faire la leçon sur ce point. Mais il y a bien des analogies entre 1940 et 2014.

Nous sommes, en 2014, sous la tutelle d’un pouvoir extérieur qui nous impose, depuis des années, des politiques que nous refusons, que la République a toujours refusées et certains diraient même qu’avant la République, certains rois de France refusaient déjà la vassalisation de la France dans un empire qu’on tentait de nous imposer.

Nous subissons les diktats d’un pouvoir illégitime qui salit notre République, qui dévitalise nos valeurs phares Liberté-Égalité-Fraternité, qui nous vassalise auprès de forces maléfiques, lesquelles alimentent des conflits partout dans le monde en plus de nous déshumaniser et de nous uniformiser à la seule mode américaine…

Nous sommes, en 2014, en proie à un fascisme non reconnu mais qui a tous les caractères de celui-ci puisque ceux qui gouvernent ne sont pas élus, que les seuls intérêts promus et défendus dans les politiques menées sont ceux des plus puissants, des financiers, des rentiers à milliards, et que le maintien de ce système injuste repose sur la force inhumaine des armées. La France est devenue une colonie de l’Empire américain via l’Union européenne. Mais ce que vit la France, tous les pays de l’Union européenne le vivent aussi ! Cette déchéance n’est pas due, contrairement à ce que pérorent tous les déclinistes, à l’incapacité de la France ou des autres pays de l’Union européenne à se gouverner comme il le faudrait, selon la pensée unique, selon la vision des ultra-libéraux. Cette déchéance ne résulte que de l’abandon par nos dirigeants de leurs responsabilités. Incompétence ? Non, je crois que la raison ne tient pas à cela. C’est beaucoup plus grave. C’est une raison beaucoup plus sombre. J’appelle cela de la TRAHISON.  De la HAUTE TRAHISON. Or, pas de bol, la dernière réforme constitutionnelle a précisément retiré de notre loi fondamentale le terme de « haute trahison »… Curieux non ? Pas tant que ça en fait !

Nos dirigeants s’étant volontairement dessaisis de tous les pouvoirs de l’État, ayant même confié à un tribunal européen le pouvoir de nous sanctionner si l’on ne respectait pas les « lois » de l’Union dans l’élaboration desquelles les peuples ne peuvent rien, nous nous trouvons dans un étau. Et il faut donc en sortir !

Ce sont les lobbys qui inspirent très largement les textes que la Commission européenne prépare et que le Conseil adopte, parfois en co-décision avec le Parlement mais celui-ci n’a rien d’une instance démocratique alors il ne faut pas s’illusionner sur son utilité.

C’est Wall Street qui dirige la politique économique et sociale de l’Union européenne et donc de chaque pays membre. D’ailleurs, il n’aura échappé à personne que désormais, si un gouvernement et son chef ne sont pas des exécutants dociles de la feuille de route de la Commission, il est débarqué en 48 heures. Et alors on ne fait même plus semblant de jouer le jeu démocratique, fut-il largement biaisé. On n’organise plus des élections, on nomme des proconsuls ! De la même manière que sous tous les empires de notre histoire, l’empereur désignait ses missi dominici ! On remplace donc illico le chef de gouvernement qui a désobéi au syndicat des « firmes » par un agent docile aux ordres. Les cas de la Grèce et de l’Italie sont révélateurs. On pourrait aussi parler du cas de Chypre… Et de celui, moins connu, où les principaux ministres français, avant d’être nommés, doivent recevoir l’onction, l’investiture, officieuse, de la Commission. On l’a vu dans le cas du remplacement de Pierre Moscovici. Oh, certes, peu de gens en ont parlé… Mais il faut aussi faire désormais avec ce jeu-là !

C’est la galaxie Hollywood qui dirige la politique culturelle et qui nous américanise à vive allure.

C’est l’OTAN qui dirige la politique étrangère.

Quand on aura compris tout cela, quand on aura ouvert les yeux sur les raisons qui expliquent pourquoi, depuis trente ans, malgré la valse des gouvernements, rien ne change vraiment, on s’éveillera et on s’émancipera de cette Union européenne. Donc on en sortira.

Non pour nous renfermer sur nous-mêmes, non pour fermer nos frontières, non pour agir en nationalistes, mais pour reprendre notre souveraineté et ensuite, avec le peuple français, changer de régime politique : passer à la Sixième République qui sera radicalement différente de la 5ème , puis tisser, immédiatement, avec nos voisins, de nouveaux liens, non plus basés sur la compétition et la concurrence mais sur la coopération et l’harmonie. Comme nous ne sommes pas au royaume des bisounours, ce sera difficile mais nous devons commencer au plus vite. Plus nous attendons et plus ce sera difficile, long et source de malheurs et de souffrances.

John Fitzgerald Kennedy, dans son discours inaugural, le 20 janvier 1961, disait : « Tout ne sera pas achevé dans les cent premiers jours. Pas plus que ce ne sera achevé dans les mille premiers jours, pas plus que dans le temps où ce gouvernement sera en fonction. Peut-être pas non plus dans le temps où nous vivrons. Mais commençons ! »

Le Parti de Gauche, le Parti Communiste Français, Ensemble, même le Front de Gauche, chacune de ces organisations, est un monde « un peu court des pattes de devant » comme on dit dans mon Béarn d’origine. Ce qui veut dire que ces organisations-là ne sont pas à la hauteur des enjeux. Elles sont insuffisantes pour mener le combat politique, civilisationnel, que nous avons à assumer. Oui j’assume ce terme grandiloquent car l’heure est gravissime.

Non seulement le peuple souffre, non seulement la misère se répand massivement, et avec elle les haines et les jalousies, non seulement la paix est de plus en plus fragile, mais le pouvoir d’agir pour remédier à ces maux et changer la vie dans le sens d’un progrès partagé nous est retiré et, avec lui, c’est notre capacité d’espérance qui disparaît aussi. Or, quand il n’y a plus d’espoir, alors on risque la catastrophe. Elle arrive sous nos yeux et comme disait Chirac, « la maison brûle et nous regardons ailleurs ». Je dirais même que la maison brûle et que nous ajoutons du comburant et du combustible. La maison brûle mais nous coupons l’eau et nous renvoyons les pompiers. Nous introduisons même de nouveaux pyromanes sur le lieu de l’incendie.

C’est pure folie !

Il nous faut reprendre nos esprits.

Il nous faut rassembler le peuple français pour nous libérer de nos maîtres. Et pour cela, il faut revenir à l’essentiel de ce qui fait la République, de ce qui unit le peuple dans le fameux « contrat social » qui est de plus en plus contesté.

Il faut inventer un nouveau conseil de la Résistance qui rassemblera le peuple français au-delà de certaines divergences secondaires.

La droite s’étant ultra-libéralisée depuis Giscard, et s’étant extrémisée avec Sarkozy, et la Gauche s’étant droitisée à outrance, nous avons perdu de vue que le peuple français n’est pas de droite, pas plus qu’il n’est de gauche. Il choisit l’une ou l’autre selon les époques, selon les projets, selon les personnalités, mais surtout il rejette violemment, et de plus en plus violemment, et l’une et l’autre.

Est-ce à dire que le peuple français est devenu extrémiste, fasciste, ou centriste ?

Bien sûr que non ! Le peuple français, à mon avis, ne se soucie pas de ces questions de positionnement politique. Le peuple français cherche à vivre heureux, décemment. Il cherche donc celles et ceux qui peuvent le conduire vers cet avenir. Mais depuis la fin des années 60, il ne trouve que désolation, trahison, duplicité, mensonges, corruption…

Alors il rage. Alors il hurle. Alors il tape violemment dans le tas en refusant de prendre part au vote à près de 60%, le reste s’éparpillant entre les partis existants et il continue à donner ses suffrages au FN, chien de garde du capitalisme.

Il faut entendre ce cri, cet appel au secours. Il faut revenir à la défense d’un intérêt général et il faut ne plus céder un pouce à nos ennemis, quels qu’ils soient, si l’on veut que le peuple nous fasse confiance de nouveau. La ligne du PCF pour les Municipales est donc en cause. Il faut oser le dire et s’en affranchir ! Il ne faut pas la cautionner par nos silences.

Par ailleurs, il nous faut changer de paradigme européen.

Si dans le carcan actuel résultant des traités et de l’ordonnancement juridique européens, nous ne pouvons plus rien faire qui soit étranger aux principes ultra-libéraux, nous avons, comme peuple, le droit naturel de disposer de nous-mêmes. C’est un principe fondamental du droit naturel mais aussi du droit des Nations-Unies que le droit d’autodétermination des peuples. Et nous avons aussi, le droit, aussi bien naturel que positif (c’est-à-dire applicable) de résistance à l’oppression (article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789). Par ailleurs, nous savons aussi que la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1793 prévoit, en son article 35, un droit d’insurrection contre le gouvernement : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Alors ce droit n’est certes pas reconnu par les pouvoirs publics et nous prendrions de gros risques pour nous-mêmes si nous le mettions en œuvre. Les syndicalistes et certains militants en savent quelque chose. Mais quand bien même ce droit-là n’existe pas en droit positif, il demeure en droit naturel.

Je citerais aussi cet autre droit naturel, inscrit, lui, dans la déclaration d’indépendance des États-Unis : « Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructrice de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. »

Donc, parce que nous sommes un peuple, nous disposons des possibilités d’agir. Il nous faut juste en avoir conscience et en user. Il nous faut reprendre le pouvoir. Cela implique NÉCÉSSAIREMENT de sortir de l’Union européenne et de décider, SOUVERAINEMENT, de mettre en œuvre la politique que notre peuple exige, s’il le faut en bonnes relations avec nos voisins mais pas sous la schlague, pas sous la conduite de gens qui n’ont pour dessein que de nous tuer.

Pour arriver à cela, sauf à imaginer une révolution, nous devons CONVAINCRE le peuple français. Nous n’y parviendrons pas seulement avec de nouvelles alliances « politiciennes », même si les militant-e-s des partis doivent réfléchir à ce qui s’est passé et en tirer des conséquences autres que : « désormais, c’est tout pareil qu’avant ». Jean-Luc Mélenchon nous en a fait la leçon dans son dernier billet, mais plus que la leçon qu’il nous a donnée, je crois qu’il amorce une évolution fondamentale. J’espère avoir une bonne intuition.

Je termine par là où j’ai commencé. Jean-Luc Mélenchon peut jouer le rôle du général de Gaulle en 1940. Il peut lancer un appel retentissant au peuple français et lui dire comme le général du 18 juin 1940 :

« Des gouvernements de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, cédant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu ! Rien n’est perdu parce que cette « guerre » est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but ! Voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi, dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre patrie est en péril de mort. Luttons pour la sauver ! »

La « guerre » de 1940 était ouverte et militaire. C’était une guerre au sens propre. Aujourd’hui, c’est une guerre larvée, sans armes, sans tranchées, sans champ de bataille. Mais c’est bel et bien une guerre dans la mesure où certains imposent leur ordre à d’autres.

Et c’est une guerre mondiale car ce que nous vivons, d’autres le vivent, partout dans le monde.

Les « forces immenses » évoquées par de Gaulle étaient bien sûr les forces armées américaines, anglaises et celles des forces libres. Mais aujourd’hui, ces forces sont les peuples.

Jean-Luc Mélenchon pourrait aussi appeler à la résistance. Certes, il l’a déjà fait plusieurs fois. Mais il doit le refaire encore, de manière solennelle, tel encore le général de Gaulle, le 22 juin 1940 cette fois :

« Beaucoup de Français n’acceptent pas la capitulation ni la servitude, pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bons sens, l’intérêt supérieur de la Patrie.

 Il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l’esprit d’abandon du Gouvernement nous ont fait perdre la bataille. Mais il nous reste des alliés, dont les ressources sont immenses.

 Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres aujourd’hui le resteront demain. Si les forces de la liberté triomphaient finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ?

 L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront.

 J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre.  

Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance ! »

Certains de mes ami-e-s seront gêné-e-s par le fait que je cite ainsi de Gaulle et que j’appelle Jean-Luc Mélenchon à s’en inspirer, ce qu’il fait déjà, incontestablement.

Je tiens à dire que la République française en 2014 a besoin des Républicains pour être sauvée. Et il ne s’agit pas de ce « front républicain » tel qu’on l’a connu des décennies durant pour liguer droite et gauche contre le FN. Ces combinaisons contre nature, qui plus est entre gens parfois détestables, ont, j’en suis convaincu, bien plus sapé l’idée républicaine qu’elles ne l’ont protégée de la subversion FN.

Il ne s’agit pas de céder sur nos exigences les plus fondamentales car celles-ci sont partagées par le peuple, mais de ne pas donner le sentiment sectaire que nous ne concevons la libération de notre peuple qu’avec les nôtres. Il faut savoir s’imprégner profondément de l’esprit du Conseil national de la Résistance. C’est en tout cas ainsi que je vois les choses.

Et je n’oublie pas d’où je viens, ni qui je suis, pas plus que là où je veux aller.

Camarades de gauche, nous avons la chance, l’honneur, le privilège, d’être de gauche, c’est-à-dire, selon la jolie formule de Gilles Deleuse, de « penser d’abord le monde, puis notre pays, puis nos proches, puis nous, quand à droite c’est l’inverse ! »

Cela nous donne des titres à parler au nom de l’intérêt général humain et donc de parler, pour commencer, à tous les Français, pas seulement à ceux qui nous sont les plus proches !

Parce que nous sommes de gauche, nous avons une vision internationaliste, universaliste, non impérialiste. Nous concevons donc la politique que nous appelons de nos vœux, non dans une vision franco-française, hexagonalement auto-centrée, mais dans une vision mondiale puisque nous voulons le progrès et le bonheur, de tous, pas seulement de quelques-uns.

Nous pouvons, nous devons, parler à tous. Faisons-le !

Notre meilleur atout pour parler à tous en France, et pour nous donner une voix dans le monde, c’est, au jour d’aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon !

Quant à nous, militant-e-s de base, assumons notre rôle. Ne soyons pas de dociles petits soldats mais des militant-e-s éveillés, ouverts et souples ou, à l’inverse, résolus et intransigeants, selon qu’il est plus judicieux, au vu des circonstances, de mettre en avant l’un ou l’autre de ces types de comportement.

Le partisan que je suis de la 6e République ne saurait voir les militant-e-s des partis autrement que comme le peuple souverain de ces organisations. Nous sommes donc le pouvoir constituant de ces partis et devons les faire évoluer, tant au plan organisationnel que s’agissant des messages qu’ils portent. Et pour cela, il faut du débat et des votes, dans l’esprit de la 6e République « Place au peuple ». Il faut donc dépasser le cadre étroit de nos comités locaux pour créer un cadre de rassemblement où tous les militant-e-s de tous les partis du FdG, mais aussi toutes celles et tous ceux qui ne sont pas dans un des partis du FdG mais qui s’en sentent proches ou qui veulent influer positivement sur son cours, pourront délibérer et voter ensemble, non plus selon la logique de l’intérêt de son parti, mais dans celle de l’intérêt collectif.

Jean-Luc Mélenchon appelle souvent la République le régime où l’ « on ne dit pas ce qui est bon pour soi mais ce qui est bon pour tous ». C’est ainsi, en effet, que je vois les choses. Et le groupe institutionnel qui doit le faire, le parti, doit être guidé par le même esprit « républicain ».

Jean-Luc Mélenchon, les cadres du Parti de Gauche, le Parti de Gauche, les militant-e-s du Parti de Gauche, mais aussi la plupart des militant-e-s du PCF et d’Ensemble, portent le drapeau de la 6e République, une République où le peuple est aux commandes. Je ne sors pas de cette logique dans tout ce que je défends.

On ne saurait opposer la question de l’organisation et celle du projet car si l’une est de la cuisine quand l’autre justifie que nous existions, on ne pourra convaincre le peuple de souscrire à ce projet si l’organisation qui le porte souffre de ce que nous connaissons.

Chacun son rôle.

Nous, militant-e-s de base avons le devoir ET de réfléchir à la mise à jour de notre projet, ET de le porter devant le peuple, ET de prendre à bras le corps la question de l’organisation.

Les cadres des partis ont eux la charge de les faire fonctionner, de coordonner les actions des militant-e-s, de leur permettre de communiquer entre eux au-delà des comités locaux, de se préparer à assumer d’importantes fonctions au gouvernement pour le jour où le peuple nous y appellera. Ils ne devraient pas chercher à court-circuiter les demandes en faveur de plus de démocratie de la part des militant-e-s. Ils devraient comprendre pourquoi elles existent. Le but n’est pas de prendre leur place mais de commencer à faire chez nous ce que nous promettons de faire demain lorsque nous serons au pouvoir de la République.

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Une réflexion sur “ Nous voulons prendre le pouvoir pour le rendre au peuple. Il nous faut donc faire les bons choix stratégiques pour renaître et essaimer ”

  1. Oui tu as raison. Il faut arrêter de faire de la gauche, l’alpha et l’omega du juste en politique. Il faut savoir rassembler le peuple sur l’essentiel, la reconquête de la démocratie bafouée. Quelle belle preuve de résistance républicaine ce serait de montrer qu’on s’élève à la hauteur des enjeux de l’époque en tendant la main à la droite gaulliste qui elle aussi refuse et le diktat néolibéral de l’UE et le FN. Un Front plus haut, vite! Et des Assises du Front de Gauche seraient certainement une bonne chose pour repenser la stratégie globale en dehors des ententes de boutiques…

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