De la démocratie en général et en particulier…

Voici, reproduites ci-dessous, quelques réflexions qui m’ont été transmises par une camarade relayant elle-même une tierce personne. Il s’agit de propos relatifs à la question de la démocratie telle qu’elle fonctionne ou dysfonctionne aujourd’hui et telle qu’il serait bon qu’elle évolue demain, en France en général et au Parti de Gauche en particulier. Je les relaie car de tels propos me semblent pointer, avec pertinence, les efforts que nous devons accomplir, au PG et dans le pays, pour changer nos habitudes sur la question démocratique. Après avoir reproduit ces propos et mis en évidence ceux que j’estime être les plus importants, j’ajoute ma propre contribution à la question. Le débat doit s’ouvrir car la question de la démocratie que nous voulons instaurer dans le cadre de la 6e République nécessite un débat long, fouillé, contradictoire. Ne sont abordés ici que quelques principes élémentaires.

* * * * *

«  Le PG a un haut niveau de réflexion sociale et politique. Mais les efforts (en termes de qualité d’expression, d’analyse et d’argumentation) sont surtout des efforts d’appareil (discours, meetings, avertissements). Et le grand public et les électeurs ne perçoivent pas tous ces efforts. Les Français ne se sentent pas concernés par le PG.

Le PG propose des solutions pensées par les responsables, des solutions venant d’en-haut, mais pas des solutions dans lesquelles les gens se reconnaissent.

La seule voix perçue par le large public est celle de Jean-Luc Mélenchon.

Le PG est perçu comme une organisation centralisée avec une parole qui vient d’en haut. Il faudrait plus de vrai dialogue entre les gens et le PG.

Sur la 6ème République : où sont les débats publics avec les Français ?

On a l’impression que tout est ficelé à l’avance et que Jean-Luc Mélenchon et le PG attendent des circonstances électorales favorables pour sortir un programme tout fait. Or, à l’avenir, les Français voudront participer, ils voudront que leurs idées soient publiquement évoquées et débattues, ils voudront se sentir entendus et représentés.

Il est peu efficace d’accuser les médias car si les Français se sentaient écoutés et portés par le PG, les médias ne pourraient rien contre lui. Il faut aussi cesser de vouloir que le PG soit entendu par les Français, mais au contraire que les Français soient entendus et accompagnés par le PG. Il y a un changement de relation à établir.

Il faut cesser de penser à la place des Français, même si cela est fait intelligemment. Il faut faire participer les Français, les associer continuellement aux décisions dans lesquelles ils doivent reconnaître leur vie quotidienne. Ces décisions doivent les concerner.

Il faut entendre les Français, les représenter, les aider et cela peut et doit se faire avec un parti qui les renforce et organise la coordination à partir d’eux, un parti qui se mette au service des Français lesquels doivent pouvoir constater que la politique évolue pour de bon au fil du temps grâce à leur implication. Il faut donner plus de pouvoir aux Français. Il faut faciliter leur appropriation de la politique et leur maturation politique. Le PG a les ressources pour faire cela, à condition de le faire dans le bon sens : des Français qui inspirent les choix et le PG qui organise et coordonne.

Il faut faire participer les Français à l’élaboration de la politique, jour après jour, et leur rendre compte régulièrement de l’avancement des dispositions qui évoluent.

Les responsables de l’appareil ne doivent pas agir tous seuls, et laisser le plus grand nombre de gens à côté de l’élaboration.

Il faut les impliquer. Tant pis si la conception des choix à porter est plus rapide entre quelques cadres qu’avec les Français.

Impliquer les Français serait justement possible sur le thème de la 6ème République.

Cette implication pourrait prendre la forme de “cahiers de doléances” ou d’ “états généraux”, portant sur la vie des Français, que le PG piloterait. Mais “piloter”, ça ne veut pas dire écrire les contenus a la place des Français.

C’est tout un changement de conception, une révolution intérieure de parti qu’il faut faire avant les autres. C’est un changement de paradigme qu’il faut entreprendre.

*****

Les analyses, réflexions et suggestions ci-dessus concernent la pratique de la démocratie « participative » au Parti de Gauche.

Il y a quelques propos que je trouve particulièrement intéressants (ceux figurant en gras). Pour le dire avec mes propres mots, l’auteur de ces lignes estime que le PG pense bien mais pense trop tout seul. Le leitmotiv de l’auteur – on le saisit bien tellement c’est répété – est que le PG n’implique pas assez les Français dans ses analyses, ses débats et l’élaboration de ses propositions. Or l’auteur considère qu’il va falloir impérativement évoluer sur ce point et passer de la démocratie que l’on défend dans nos discours à la démocratie appliquée dans nos pratiques quotidiennes.

Cette exigence, exprimée avec d’autres mots que ceux-ci, par l’auteur des lignes ci-dessous, recoupe largement mes propres attentes de militant du Parti de Gauche mais de telles attentes sont très largement partagées. Le Parti de Gauche doit en effet intégrer pleinement cette nouvelle façon de militer et d’agir. Le temps doit être révolu où les « chefs », les leaders, les porte-parole, les cadres nationaux ou locaux savent seuls ce qui est bon pour tous et imposent, d’une manière ou d’une autre, leur vision à tous. Le temps doit être révolu où l’on ne débat et décide ensemble que de l’accessoire et où les principales décisions sont adoptées en petit nombre dans les hautes sphères.

Cela étant dit, et contrairement, me semble-t-il, à la vision de l’auteur, je ne crois pas, bien qu’étant militant du PG moi-même, que le seul PG est chargé de cette immense responsabilité devant le peuple français et devant l’Histoire. Le PG ne peut, à lui seul, parler pour tous. On peut le regretter si on est militant engagé et convaincu par ce parti, mais il est vain de le nier. Les circonstances politiques sont telles que nous devons intégrer pleinement, dans notre façon de penser et d’agir, que d’autres organisations existent et ont, elles aussi, une légitimité à incarner, comme nous, une part de l’avenir. En outre, des forces non organisées institutionnellement ou organisées autrement que sous la forme d’un parti politique (syndicats, associations diverses, comités politiques informels, assemblées citoyennes…) existent dans ce pays et ne demandent qu’à servir mais refusent de le faire en passant sous les fourches caudines d’un parti existant, aussi intéressant soit-il. Nous devons entendre cela et respecter les gens qui ont cela en tête. Nous devons, collectivement, proposer des solutions de rassemblement des énergies et des bonnes volontés venues du peuple et montrer au peuple français que nous avons bien l’intention de faire « Place au peuple » et que notre projet de 6e République, loin d’être un caprice de constitutionnalistes désoeuvrés, est le symbole du changement de régime et de paradigme. il est l’outil (ou l’un des outils) de nature à transformer radicalement les modes de pensée et d’action politique par l’implication directe, constante, durable du peuple dans toutes les décisions qui sont prises en son nom et, préalablement à la prise de la décision, à toutes les étapes antérieures préparatoires à celle-ci, notamment les débats indispensables et l’information complète, honnête, impartiale de tous sur les tenants et aboutissants de la décision concernée.

Je disais donc que le PG ne peut prétendre disposer seul de toute la légitimité du peuple et il ne le fait d’ailleurs pas. Il prend sa part avec d’autres à cette oeuvre citoyenne. Il a toujours essayé de créer le rassemblement de nature à nous rapprocher des objectifs. Nous connaissons l’histoire politique de ces deux dernières années notamment. Le Front de Gauche avait été conçu pour cela. Nous constatons aujourd’hui que pour diverses raisons ce Front de Gauche a échoué. Nous devons en prendre acte et passer à autre chose. Ce n’est pas se comporter en adultes responsables que de passer son temps à pleurer sur le lait renversé. Nous devons accepter la situation telle qu’elle est puisque nous n’y pouvons rien changer et que tout effort en ce sens ne fera que nous retarder dans la haute mission qui nous échoit, nous discréditer vis-à-vis des Français et nous enfermer dans des querelles subalternes. Puisque nous ne pouvons écrire une autre page de l’histoire du Front de Gauche, eh bien, ouvrons un nouveau livre.

Depuis quelques mois, nous constatons que le paysage politique évolue en France et en Europe. En Espagne, le mouvement « Podemos » a crée la surprise et cette surprise semble bien être un évènement de portée tectonique. Loin d’être un simple feu de paille, je suis de ceux qui croient que ce mouvement venu de la base est un des premiers signes puissants que le peuple veut se saisir de la politique et être un acteur désormais déterminant des choix qui sont faits par l’État ou par ses subdivisions territoriales, quel(le) que soit le nom ou la forme que prennent ces entités territoriales (communauté autonome, région, département, province, commune, intercommunalité…). Nous devons donc saisir cette opportunité de commencer la révolution citoyenne et il me semble que créer des cellules du type « Podemos » en France est  indispensable. Les partis de la révolution citoyenne existants y prendraient leur place éminente mais rien que leur place, sans être en situation de tout organiser, de tout décider, de tout régenter.

Au regard des circonstances politiques présentes en France, prenant acte de ce qu’est devenu le Front de Gauche, compte tenu de l’urgence à proposer une ALTERNATIVE qui puisse faire renaître l’espoir et donc remotiver les militant-e-s d’une part et les citoyen-ne-s non encarté-e-s d’autre part, nous sommes quelques-un-e-s, dont le nombre va croissant, à considérer que si les partis existants incarnent bien sûr une partie des espoirs de renouveau et doivent donc prendre leur part à l’oeuvre commune de révolution citoyenne, ils ne peuvent, de fait, parler au nom de tout le peuple français. En conséquence, ils doivent accepter que d’autres regroupements citoyens puissent se former et agir, au côté des partis, pour ratisser plus largement et offrir d’autres formes d’action politique.

Ce n’est pas un hasard si Jean-Luc Mélenchon a récemment commencé à exprimer l’intérêt qu’il discernait dans un mouvement comme « Podemos ». Il a compris ce que nous sommes nombreux à avoir compris et que j’ai exposé ci-dessus. Son interview, le 18 juillet dernier, est à voir ou revoir ici : http://www.youtube.com/watch?v=DUWBBwfbxv4.

Pour conclure, provisoirement car le débat ne fait que commencer, je dirais que le Parti de Gauche est, aujourd’hui, plus indispensable qu’il ne l’a jamais été depuis sa fondation et qu’il va devoir assumer son rôle de portée historique mais qu’il est tout aussi indispensable que d’autres forces, déjà institutionnellement organisées ou restant à organiser, se joignent à lui dans une autre phase de notre révolution citoyenne afin de passer de la seule Résistance que nous manifestons ardemment depuis des années à la riposte et à la reconquête du pouvoir, des consciences et des coeurs.

La création, partout en France, de cercles du type « Podemos » (que l’on pourrait dénommer « Nous on peut ! ») constitue un nouvel outil prometteur. À la rentrée politique, il est de plus en plus évident que de profonds changements du paysage politique français vont intervenir. Quelque chose prendra fin et autre chose naîtra. Qui a déjà commencé à s’initier ça ou là.

Nous, citoyen-ne-s engagé-e-s, nous devons nous saisir de cet outil et, tel-le-s les Espagnol-le-s, entamer le chemin qui nous fera être reconnu-e-s par le peuple français, comme les dignes et valeureux combattants de la première ligne de front, celles et ceux qui ont décidé, après avoir tenu la tranchée et subi le feu nourri de l’ennemi, de partir à l’assaut pour faire taire les armes qui nous déciment, reconquérir le territoire perdu et, une fois la victoire arrachée et la capitulation sans conditions obtenue de l’ennemi, reconstruire une République française ambitieuse en matière de liberté-égalité-fraternité, qui s’inscrive dans une Union européenne fondamentalement ré-inspirée et radicalement refondée sur des principes humanistes, et qui, l’une et l’autre, oeuvrent, avec l’ensemble des nations, des peuples et des gouvernements du monde à établir des relations internationales pacifiques et harmonieuses.

 

 

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