Nouvelle séquence du Front de Gauche ou nouvelle histoire ?

J’ai lu le billet intitulé « Front de Gauche : quelle nouvelle séquence ? » publié le 18 juillet 2014 sur le blog « Plaidoyer républicain » par le militant du Parti de Gauche Arnaud Guvenatam.

Ce billet est accessible ici : http://plaidoyer-republicain.fr/front-de-gauche-quelle-nouvelle-sequence/

Il m’a inspiré des éléments de réponse à lire ci-dessous.

*

Aujourd’hui, et depuis déjà quelques mois, il devient évident qu’il y a une ligne de fracture entre deux visions et cette fracture ne cesse de croître. De plus en plus irrémédiablement.

Pour ma part, quand je lis ce genre d’article émanant d’un militant du PG, je me demande si nous sommes vraiment dans le même parti…

Suis-je donc devenu si radical pour que je trouve si creuses, si mièvres, si insipides, les réflexions, interrogations et conclusions qui sont subodorées par cet auteur ?

Suis-je donc devenu si enragé que je me sente si étranger à tous les partisans des accords pourris et des rassemblements inconséquents et pour que je ressente aussi vivement le fossé océanique entre ceux qui voient les choses comme l’auteur de ce billet et ceux qui ont la ferme intention de ne plus rien céder ?

On m’a déjà reproché de me « sectariser », de me « bunkeriser à la façon du NPA » mais le NPA a de bonnes raisons de ne céder sur rien. Le NPA avait raison de refuser d’entrer au FdG en ce sens qu’il pressentait que le PCF allait agir comme il l’a fait. Il nous l’avait dit. Nous avions voulu croire qu’il n’en serait rien. Nous avons eu tort. Eux avaient eu raison !

On m’a déjà objecté maintes fois que si l’on veut accéder au pouvoir autrement que suite à une révolution inattendue, il faut rassembler. Sans blague ? Je n’en avais pas idée… Mais rassembler ne peut signifier céder sur l’essentiel. Rassembler ne peut supposer que nous baissions la tête, que nous rentrions dans le rang et que nous passions des accords foireux avec des gens qui ne pensent qu’à nous annihiler et à faire le contraire de ce que nous voulons faire nous-mêmes. Oui, il faut bien sûr rassembler. Oui, il faut bien sûr tendre la main. Oui, bien sûr, il faut savoir « mettre de l’eau dans son vin ». Tout cela, nous ne l’ignorons pas. Mais pour rassembler, il faut aussi incarner, non pas « les plus purs » ou « les plus vertueux », comme certains le disent avec mépris, mais les plus déterminés à tenir tête et à être inflexibles, intraitables, incorruptibles sur ce qui fait notre raison d’être.

« Tout compromis repose sur des concessions mutuelles, mais il ne saurait y avoir de concessions mutuelles lorsqu’il s’agit de principes fondamentaux » GANDHI.

Rappelez-vous le serment de la Porte de Versailles prononcé par Jean-Luc Mélenchon le 19 avril 2012 :

 » NI À VENDRE, NI À ACHETER, NI À DOMESTIQUER ! Avec mes camarades, nous serons ET POUR TOUJOURS la force AUTONOME, INDÉPENDANTE, EXIGEANTE, QUI NE SE MARCHANDE PAS, qui ne tripote rien sur les coins de bistrot, qui ne s’arrangera avec PERSONNE D’AUTRE QU’AVEC LE PEUPLE LUI-MÊME ET AVEC SON PROPRE PROGRAMME ! « 

Ce serment fut alors et demeure aujourd’hui notre promesse solennelle adressée au peuple de France. Nous, au Parti de Gauche, lui avons été très majoritairement fidèles. D’autres aussi, se sentant engagés par ce serment, lui ont fait honneur, alors même qu’ils ne sont pas au PG ou même au FdG. Mais d’autres encore, à l’inverse, ont choisi, depuis, d’autres voies. Ils portent une immense responsabilité dans notre échec collectif mais il est maintenant contreproductif de ressasser ce fait établi et de ronger notre frein en nous parlant à nous-mêmes. Une seule chose sera salvatrice, pour nous, le Parti de Gauche, pour nous, militant-e-s résolu-e-s et conséquent-e-s de feu le Front de Gauche : rompre les rangs de cette force dont nous ne contrôlons plus le cours, reprendre notre liberté et ouvrir un autre livre avec celles et ceux qui le voudront et ils sont déjà nombreux, très nombreux. Oui, il existe déjà beaucoup de monde qui trépigne d’impatience, au PG bien sûr, mais pas que… Ce n’est pas une scission que je préconise. Ce n’est pas une séparation. C’est l’écriture d’une nouvelle histoire.

Je suis encore militant du PG et donc j’attends avant tout de mon parti qu’il rompe les rangs du Front de Gauche qui est devenu une coquille vide, une étoile morte, et pire, un symbole même de la trahison, de la mesquinerie, de la médiocrité de ceux qui s’en sont servis pour leur propre intérêt égoïste quand son essence même était de poursuivre et de satisfaire l’intérêt général.

Reconnaissons la liberté à ceux qui veulent suivre un autre chemin, de l’emprunter. Mais ne nous soumettons plus à ce carcan électoraliste. Nous vomissons cet esprit politicien arriviste et si réducteur alors grandissons-nous en méprisant ceux-là et en nous inspirant plutôt de ces géants qui ont fait la plus belle Histoire. Inspirons-nous en, apprenons d’eux mais pensons librement, par nous-mêmes, en renouant avec le meilleur de ce qui s’est fait avant nous, mais en ouvrant aussi notre propre chemin, en donnant naissance à nos propres innovations.

« Dans la lutte, le plus important n’est pas ceux qui partent et qui nous quittent, mais uniquement ceux qui restent, car c’est avec eux que nous ferons la révolution » Che GEVARA

« Ceux qui s’appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes » François de LA ROCHEFOUCAULD – Maximes.

Nous, nous refusons de céder un pouce à ce régime honni qu’est la 5e République et incarnons la possibilité d’un avenir radicalement alternatif où le peuple sera aux commandes de son destin et où les élu-e-s ne seront que des représentant-e-s aux pouvoirs strictement encadrés, pour des durées fortement réduites, et avec, toujours, la possibilité de révoquer celui ou celle qui ne serait plus légitime. Nous devons donc commencer d’urgence à agir dans cet esprit de démocratie jusqu’au bout au sein même de notre parti sinon le peuple aura beau jeu de nous reprocher un jeu de dupes.

Nous, nous refusons de céder un pouce à ce système européen devenu dictatorial, impérialiste, belliqueux, oppresseur, régressif et même quasi fasciste. Alors défendons haut et fort la sortie de l’Union européenne. Pour ensuite, immédiatement après, entrer en pourparlers avec les peuples d’Europe et du monde, et avec leurs gouvernements, en vue de commencer à reconstruire un ou plusieurs nouveaux regroupements fondés sur des bases, des principes et des valeurs radicalement différents de ceux qui gouvernent l’Europe et le monde aujourd’hui.

Nous, nous refusons de nous aligner sur les détestables logiques capitalistes, qui voient croître sans cesse les égoïsmes et qui sont destructrices du lien social et des progrès de civilisation qui avaient été enregistrés depuis des décennies.

Nous, nous refusons de nous soumettre à l’inéluctable destruction de l’écosystème terrestre or c’est pourtant à ce tragique destin que nous nous destinons si nous ne changeons pas au plus vite nos modes de vie et que nous ne substituons pas à nos actuels schémas de pensée des alternatives radicales.

« Lorsque l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l’argent n’est pas comestible. » Proverbe indien.

« Nos problèmes résultent de l’action des hommes. Donc ils peuvent être résolus par les hommes. Et les hommes peuvent être aussi grands qu’ils le veulent. Aucun problème lié au destin des hommes n’est insoluble au regard des capacités des êtres humains. L’intelligence et l’esprit humains ont souvent permis de trouver des solutions à ce qui paraissait pourtant totalement impossible. Et nous pensons que nous pouvons accomplir cela une fois de plus. » John Fitzgerald KENNEDY, discours à l’université de Washington D.C., le 10 juin 1963

Nous, nous avons commencé à bifurquer dans nos têtes. Certes le chemin sera long mais nous avons l’honneur de nous y être engagés. La philosophie écosocialiste est ainsi porteuse de bien des ruptures et source de bien des espoirs mais elle n’est pas la seule. Beaucoup d’autres alternatives commencent à se faire jour, ici ou là, reposant sur d’autres philosophies, que ces idées nouvelles s’apparentent à des refondations d’idées intemporelles ou qu’il s’agisse de réflexions totalement innovantes.

Sur ces quatre thématiques que j’ai évoquées, qui englobent en fait tous les sujets de la vie publique : institutions, diplomatie, économie et société, nous, au Parti de Gauche, avec d’autres qui marchent à nos côtés, qui tendent à nous rejoindre ou qui ont quelques longueurs d’avance sur nous, nous avons entrepris cette révolution philosophique. Nous sommes certes peu nombreux mais l’histoire nous apprend que les révolutions coperniciennes ne conduisirent pas à des unanimités, à des consensus, ni même à des majorités sans un long et pénible travail de conviction, d’information, d’éducation.

C’est la principale tâche qui est devant nous. Il ne s’agit pas de délivrer un savoir, de donner la becquée, de nous prendre pour les maîtres instruits et « sachants » face à leurs élèves ignorants et « apprenants ». Il s’agit plutôt d’être des passeurs d’idées. Notre mission, à nous, les militant-e-s en général, à ceux du Parti de Gauche en particulier puisque nous prétendons incarner la révolution citoyenne, est essentiellement d’éduquer le peuple et de lui transmettre notre culture, de lui donner les outils pour qu’il s’émancipe, se libère des boulets, des contraintes et des destins écrits d’avance. Et d’ouvrir un débat dans toute la société.

« L’Education est l’arme la plus puissante que vous pouvez utiliser pour changer le Monde. » Nelson MANDELA

« Un individu conscient et debout est plus dangereux pour le pouvoir que dix mille individus endormis et soumis » GANDHI

« Nous ne sommes que des utopistes, certes sympathiques mais rêveurs, irréalistes, qui aurions perdu le contact avec la réalité » nous reprochent certains avec un peu de délicatesse. D’autres, plus abrupts, nous dénoncent comme de « dangereux utopistes ». Mais nous assumons aussi cette part de rêve et de poésie car nous avons entendu et médité un des messages de SAINT-EXUPÉRY quand il faisait dire à son Petit Prince : « Fais de ta vie un rêve et de ce rêve une réalité. »

Et d’autres poètes ont su exprimer cette idée que l’utopie est salvatrice car source d’espoir en un demain plus heureux qu’aujourd’hui.

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire. » Henri BERGSON

« L’utopie n’est pas l’irréalisable, mais l’irréalisé. » Theodore MONOD

« L’utopie est la vérité de demain. » Victor HUGO

Publicités

3 réflexions sur “ Nouvelle séquence du Front de Gauche ou nouvelle histoire ? ”

  1. Enfonçons les portes ouvertes.

    Pourquoi le rassemblement devrait-il être stricto-sensu politique alors que nous savons qu’en dehors de nous et de tout ce qui se trouve à notre gauche, tous sont acquis à l’idéologie libérale ou à minima soumis aux logiques capitalistes ?

    Nos espoirs et notre avenir, en dehors même d’une vision politique, repose sur le peuple ; il prendra le pouvoir, d’un biais, ou d’un autre, tôt ou tard.

    La révolution citoyenne telle que nous l’envisageons, offre la possibilité de limiter les dégâts (comparativement à une prise de pouvoir brutale suite à un évènement fortuit) ; ce qu’il faut comprendre c’est que cette révolution est celle de la démocratie, que c’est par elle que se fera le rassemblement.

  2. Bonjour camarade,
    En résumé, si j’ai bien compris, tu proposes que le PG qui le FdG (devenu une coquille vide) pour créer un autre mouvement fédérateur.
    Ne serait-il pas plus simple de garder cette formidable organisation qu’est le FdG, mais sans le PCF ? Est-ce possible ? Peut-on « virer » une composante qui ne respect pas le collectif (…municipales) ? Ou faire en sorte qu’elle le quitte « d’elle-même » ? Je sais que le problème vient du financement du FdG est pour beaucoup assuré par le PCF, qui en dépit de ses faibles scores en solo est un gros parti en nombre de militant (avec une logistique très bien organisés).
    Il se pourrait même qu’on assiste à une scission du PCF, avec une vague d’adhésion directe du FdG (lorsque ce sera possible…)
    Cependant, je soupçonne que lors de la création du FdG, le pb des municipales (liées aux sénatoriales ensuite) a dû être soulevé et qu’il n’était pas une découverte pour le PG.
    Un point crucial comme celui-là laissé en suspend ne pouvait que nous péter en pleine gueule !
    Je suis sympathisant (et militant) FdG et je souhaite adhérer au FdG en direct, je me bats pour le collectif, pas pour la bannière d’un parti. Mais que d’autres le fassent, si tel est leur conception, je n’ai rien contre, au contraire, nous sommes complémentaires.
    Pour moi, un seul objectif : l’Autonomie, autour du programme ‘L’Humain d’abord », sans compromission ni combines avec les libéraux de tout poil.
    Amicalement
    Pat

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s