Ambiance fin de règne et débandade généralisée. De la crise de régime larvée à la crise ouverte… Soyons prêt-e-s !

Bon, je vous préviens que je n’y crois pas une seule seconde. Mais si la réalité venait à démentir mon scepticisme, si le 16 septembre, chose tout à fait exceptionnelle, une partie conséquente de la majorité parlementaire actuelle se désolidarisait de l’Exécutif et, non seulement refusait de voter la confiance, mais la lui refusait activement en votant contre, eh bien le gouvernement serait renversé. Enfin, sauf si… Je vais y revenir dans un instant !

Pour rappel, ceci ne s’est produit qu’une seule fois depuis 1958. C’était en octobre 1962, quand le gouvernement de Pompidou fut reversé par l’Assemblée parce que le projet de loi de révision constitutionnelle destiné à faire élire le Président de la République au suffrage universel (qui, jusque là, était élu par un « collège électoral » composé des députés et sénateurs, des maires et de quelques autres « grands élus ») souhaité par le général-Président de la République avait été refusé par les député-e-s. Il s’ensuivit logiquement une dissolution qui donna raison au Président contre les député-e-s qui avaient renversé le gouvernement et le référendum eut donc lieu qui confirma que le peuple souverain avalisait le projet de révision. La majorité d’alors, déjà, n’était donc plus représentative…

Si le gouvernement est ainsi renversé, il semble inéluctable que la dissolution intervienne à sa suite. Comment Hollande pourrait-il faire autrement ? Sauf à nommer un Premier ministre qui, cette fois, serait plus à gauche. Mais il ne veut pas de politique de gauche. Alors d’autres options deviennent envisageables…

La majorité actuelle peut exploser pour de bon, cette fois-ci, si une majorité de cette majorité (vous suivez ?) vote contre et/ou s’abstient. Mais même avec cela, rien ne garantit finalement que le gouvernement soit renversé car il peut très bien être sauvé des eaux par la droite… grâce à l’abstention bienveillante de l’UDI et d’une partie de l’UMP, voire à un vote positif de nombreux député-e-s de ces deux partis. Ceci n’est pas de la science fiction. Déjà, la fois dernière, une petite partie de la droite a agi ainsi et presque sauvé le gouvernement. Si cette fois un nombre plus important de député-e-s de la majorité  refusent la confiance et qu’un nombre  plus important de député-e-s UDI-UMP la vote ou s’abstient, il peut tout à fait se passer que le gouvernement a été investi par une nouvelle majorité… Nombre de député-e-s UDI-UMP sont prêts à voter la confiance à ce gouvernement qui est des leurs sans avoir leur étiquette partisane…

Quelle que soit la situation qui se présentera, ce gouvernement aura la plus faible légitimité de toute la 5e République. Or, même avec des institutions « monarchiques », je doute qu’une telle crise politique puisse perdurer longtemps. Et vis-à-vis des pays étrangers, nous serions ridicules et insignifiants.

Et si la dissolution intervient, je n’ose imaginer ce qui se passera. La droite est dans les choux. La « gauche » est morte et la gauche de la gauche moribonde. D’un autre côté, le système électoral est tel qu’il est difficile d’imaginer que le FN obtienne une majorité de député-e-s sur sa seule étiquette. On peut envisager une alliance entre le FN et une partie de l’UMP mais cela serait-il suffisant ? J’en doute car bien des leaders de l’UMP s’y opposeraient fortement. Peut-être même que la déclaration de candidature de Juppé, qui a précipité les choses, signifie justement que lui et d’autres ne tolèreront pas le virage à droite toute de l’UMP.

Ce qui me semble beaucoup plus envisageable est une alliance inédite entre le PS, l’UDI et une partie de l’UMP sur un contrat de majorité nouvelle, « excluant les extrêmes » et menant la politique que tous approuvent…

Le FN d’un côté, nous, de l’autre, serions mis hors jeu. En tout cas du jeu parlementaire. Nos dirigeants actuels pourraient peut-être se maintenir quelques semaines de plus, voire quelques mois, mais un tel contexte ne pourrait qu’envenimer les tensions et faire monter le magma au point que nous assistions à une déflagration dont nous n’avons pas idée.

Plus que jamais, Jean-Luc Mélenchon doit être prêt. Je suis certain qu’il l’est ! Mais nous aussi, nous le peuple souverain, devons être prêts à remplacer partout nos gouvernants actuels, pas que ceux du gouvernement national mais aussi celles et ceux des collectivités locales car je vois venir un effondrement généralisé non seulement du régime mais de tous les pouvoirs locaux.

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