Marcher sur deux jambes pour avancer vers l’objectif…

Un jugement est toujours subjectif et une affirmation que l’on croit parfois être une vérité ne dépend finalement que du point de vue que l’on adopte pour juger…

Une même personne peut être accusée d’être « gauchiste » et un « modérée »… Cette même personne peut être accusée d’être « soumise au système » et de « ne pas vouloir rompre vraiment avec le capitalisme » et être, en même temps, dénoncée comme « utopiste, rêveuse, irréaliste, inconsciente des réalités » parce qu’elle s’obstine à vouloir « un autre monde » basé sur d’autres principes, d’autres valeurs, d’autres règles que ceux et celles qui nous sont imposé-e-s…

Cette même personne peut vouloir refuser les compromissions avec les uns et refuser également de se « bunkériser » en considérant que les seuls avec qui l’on peut et doit agir ne sont que celles et ceux avec qui on est d’accord sur tout et depuis toujours…

Cette même personne peut donc être déterminée à accepter de tendre la main à d’autres qui n’étaient pas forcément ses amis les plus proches hier mais qui pourraient se rapprocher d’elle demain, sans pour autant avoir en tête la volonté de trahir, de tromper, de désespérer ses concitoyen-ne-s.

Cette même personne peut être inflexible sur certains principes sans prendre un malin plaisir à gifler celles et ceux qui lui tendraient la main pour la raison qu’ils ne le font qu’aujourd’hui…

On est tous des « gauchistes » aux yeux de certains. On le sera toujours trop pour les uns et jamais assez pour les autres…

On est tous des nationalistes (voire pire), pour les uns, dès qu’on défend notre pays, et on est tous (alors pourtant qu’on parle des mêmes) des « irresponsables universalistes » dès qu’on prêche pour un autre monde qui dépasserait le cadre des États enfermés dans leurs frontières actuelles…

Bref, on est à la fois une chose et son contraire selon qui vous juge… On approche ici la théorie de la relativité universelle…

Je me marre d’entendre ce que l’on dit de moi ou de certaines de mes connaissances… Trop gauchiste pour les uns, pas assez révolutionnaire pour les autres… Trop « nationaliste » pour les uns, pas assez conscient du « caractère indépassable » de la nation pour les autres…

J’ai eu abondamment l’occasion, depuis des mois, de dire tout le bien – et aussi tout le mal – que je pensais du PCF et de certains communistes. Il y a eu alors foule de gens pour m’assimiler, successivement à un stalinien indécrottable (mais si, on me l’a dit !) ou à un « anticommuniste primaire », alors qu’il va sans dire que je ne suis ni l’un ni l’autre…

Quand je défends l’idée que, pour ces élections départementales, nous pourrions toujours travailler avec des communistes, même s’ils sont toujours des membres du PCF  qui en tant qu’appareil ayant validé les alliances PCF-PS aux dernières Municipales, est largement coupable de notre perte de crédit dans l’opinion, je me fais allumer à la fois par :

– celles et ceux, au PCF, qui estiment que le PCF est libre de ses choix et qu’il n’a pas à se justifier, les mêmes considérant souvent que le PG est méprisable, que de toute façon il est tellement minuscule que personne ne l’entend… (Vous imaginez bien que ces gens-là ne sont pas mes plus proches amis politiques)…

– celles et ceux, en général en-dehors du PG et du PCF, qui estiment que l’on n’ a plus d’autre alternative que de rompre définitivement et durablement avec le PCF d’une part, les communistes quels qu’ils soient d’autre part…

Quand je défends l’idée que, pour ces élections départementales, nous devons travailler avec des communistes, mais à certaines conditions, à savoir :
1°/ que nous nous accordions sur un projet politique qui soit en tous points conforme à nos exigences traditionnelles et à notre projet L’Humain d’abord évidemment réactualisé,
2°/ que les candidat-e-s communistes, avec qui nous partirions faire campagne dans les binômes ou les quatuors, ne soient en rien liés au PS (ce qui exclut évidemment celles et ceux qui, en mars dernier, ont été élu-e-s ou réélu-e-s dans les municipalités ou les intercommunalités socialistes grâce au PS, et ce qui exclut aussi les communistes sortants des conseils généraux qui auraient été élu-e-s sur des listes PS la fois précédente et n’auraient pas coupé les ponts avec les socialistes locaux depuis) ,
je me fais allumer aussi bien par les uns qui me reprochent un « gauchisme » buté et de n’avoir en tête que la volonté malsaine de tuer le Front de Gauche par une forme d’anticommunisme résolu, et je suis accusé par les autres de ne pas vouloir comprendre que les communistes, même ceux qui paraissent nous être proches, ne seront finalement que des cautions de ceux qui, dans l’appareil, contrôlent tout et ne laisseront jamais la base reprendre la main, ni notre projet être mis en oeuvre…

Eh bien, peut-être ai-je tort, mais je crois que ma position, qui est d’être inflexible sur les principes et sur le fond de ce que nous devons défendre, mais ouvert aux personnes, me semble la plus judicieuse. Elle me semble plus adaptée à la situation politique et aux attentes des Français-e-s que celle qui voudrait que l’on doive soit rejeter en bloc les communistes comme étant quasimment des ennemis, soit tout accepter d’eux parce qu’ils seraient plus puissants que nous…

Que les choses soient claires !

Non, je ne me vassaliserai pas devant qui que ce soit. Non, je ne reconnaîtrai pas le PCF comme un suzerain et les communistes comme des maîtres.
Mais je ne considèrerai pas davantage les communistes comme des gens à fuir à tout prix pas plus que je ne me résous à voir en eux des ennemis, quelques-uns mis à part. Je suis sans doute bien plus proche de certains communistes que de certains PG !

Oui, j’impose des conditions à notre alliance car nous avons été échaudés par un passé récent et donc, instruits de notre expérience, nous sommes  désireux de ne pas nous faire balader une seconde fois. Et nous ne voulons plus apparaître aux yeux de tous comme des arrivistes qui feraient aujourd’hui ce qu’ils ont refusé hier et qui donneraient le sentiment de vouloir traiter avec ceux qui ont frayé avec le PS. Cela je le refuse très clairement.

Je crois vraiment que de très nombreux communistes et nous avons encore à cheminer ensemble et, par nos propres choix, par nos propres exigences, par notre propre inflexibilité, mais, en même temps, par notre volonté d’avancer avec eux, nous aiderons les communistes qui ne se satisfont pas des alliances anciennes, récentes ou à venir, entre PCF et PS. Il ne s’agit pas de tout jeter en bloc, il faut trier. Certes, ce n’est pas à nous de choisir les candidat-e-s communistes, pas plus que le PCF ne peut exiger de choisir nos candidat-e-s. Mais il me semble légitime que chacune des parties ait le droit de récuser les candidats-e-s de l’autre si ceux-ci incarnent une ligne par trop connotée. Pour que des candidatures communes soient un succès, il faut que les candidat-e-s en question soient largement accepté-e-s par les uns et par les autres. Or les militants du PG seront très peu nombreux, si tant est qu’il y en ait, à faire campagne pour des communistes qui seraient liés au PS. Déplorez-le si vous voulez mais vous devrez l’accepter car ce sera ainsi, quoi que vous en disiez ! De son côté, le PCF doit avoir le même droit de récuser celles et ceux de chez nous qui lui seraient trop hostiles et de manière injustifiée. Au final, cette position me semble la plus raisonnable et la plus pertinente. Chacun fait un pas vers l’autre en lui reconnaissant un droit de regard.

J’ai à peu près le même raisonnement s’agissant d’EELV.

EELV, contrairement au PCF, a été complice des premiers gouvernements de François HOLLANDE. EELV n’est donc pas exempt de critiques. EELV a validé des choix que le PCF avait refusés. EELV n’est donc pas un allié évident de prime abord. Mais EELV a rompu avec le gouvernement. On peut certes y voir un intérêt, un calcul politicien plus qu’une rupture franche, mais on ne peut tenir ce fait pour négligeable, surtout qu’il est confirmé localement où les militant-e-s d’EELV tendent à rompre aussi avec leurs amis du PS. Certains sont hostiles à ce que le PG et EELV s’unissent en prétendant qu’EELV n’a que l’objectif de se servir de nous. Il faut entendre leurs arguments sans les rejeter en bloc. Nous ne sommes pas naïfs vis-à-vis d’EELV et de certains de ses militants, notamment s’ils sont de notoriété nationale…

Mais il faut aussi, à mon sens, ouvrir les yeux sur l’intérêt que représente un changement profond – et peut-être durable – des alliances à gauche. L’exemple grenoblois est emblématique de ce que nous pouvons faire ensemble – et de ce que nous pouvons réussir collectivement – lorsqu’on ajoute nos forces les unes aux autres. Une dynamique se crée et elle est alors gagnante, lors des élections et dans l’exercice des responsabilités. Pour la bonne raison qu’il est impossible de soutenir que tout oppose EELV et le PG.

Oui, en effet, nous avons des désaccords et certains d’entre eux sont anciens et profonds. Bon, nous essaierons de les réduire. Peut-être n’y parviendrons-nous jamais. Peut-être que nous dépasserons ces désaccords…

Mais nous avons aussi des proximités et des visions communes et cela peut permettre de changer la donne dans nos départements, comme on a commencé de le faire à Grenoble.

Prospective… Si en mars prochain, partout en France, le PG et EELV et, parfois aussi le PCF et le NPA plus des groupes de citoyen-ne-s du Front de Gauche ou même des citoyen-ne-s sans lien direct ou indirect avec le Front de Gauche, faisaient campagne ensemble sur un projet rassembleur, nous pourrions battre très souvent aussi bien le PS que la droite, et emporter la majorité dans de nombreux départements. Certes, cela ne suffira pas à faire disparaître nos divergences sur certains sujets de friction. PG et EELV ne s’accordent pas sur tout, c’est tout à fait évident. Et le PG ne va pas fléchir sur ses principes ni sur sa détermination à mettre en oeuvre un projet anticapitalliste pour plaire à EELV qui n’a pas encore intégré dans son logiciel cette révolution-là. De même, le PG ne va pas céder au NPA ou à Ensemble sur certaines questions qui nous opposent les uns aux autres, telles que la géopolitique mondiale, les notions de souveraineté et de nation, la question de la défense… Mais doit-on refuser en bloc de travailler ensemble parce que nous avons ces divergences-là ? Ce serait suicidaire et totalement stupide. Nous pouvons travailler ensemble localement. Nous le faisons. Nous avons été nombreux à battre la campagne municipale et à co-écrire des projets ensemble, dans des configurations diverses : soit PG-NPA, soit PG-EELV, parfois même PG-EELV-NPA, et d’autres encore. C’est possible ! Oui, nous avons parfois de grosses divergences, mais nous avons aussi, souvent, de grandes proximités. Nous pouvons travailler ensemble. Nous pouvons écrire un projet commun qui satisfasse tout le monde et qui commence à faire renaître l’espoir qui a été déçu depuis 2012.

Imaginez la vie politique française si, en mars, parce que nous sommes ainsi rassemblés sur un projet ambitieux de révolution locale, nous parvenons non seulement à renvoyer le PS de tous les départements mais à empêcher que la droite ne reprenne le contrôle de notre pays… Putain, ça vaut le coup de faire quelques concessions et de ne pas rester enfermé dans ses certitudes et dans son hostilité tous azimuts. Il ne s’agit pas de basse politique mais de redonner l’espoir. Il ne s’agit pas d’aider la carrière de tel ou telle, pointure nationale ou personnalité d’envergure cantonale ou départementale, mais de remettre aux commandes des gens proches de vous, qui vous écouteront et mettront en oeuvre les choix qu’ils auront portés dans la campagne et que, s’ils sont élu-e-s, vous aurez alors validés.

Quelques mois plus tard, aux Régionales, croyez-vous que le PCF hésiterait encore entre faire campagne en étant allié à un PS quasi disparu et un Front du peuple en plein essor? Les nouveaux pouvoirs départementaux auront quelques mois d’expérience lors des Régionales et auront commencé à mettre en oeuvre des projets radicalement différents de ceux que nous avons subis depuis tant d’années… Je ne doute pas que les Français-e-s auraient alors envie de tenter l’expérience d’une France régionale très largement PG-EELV-PCF-NPA-citoyen-ne-s…

Et nous serions alors dans la meilleure des situations pour être la fore qui emporterait tout sur son passage en 2017 ou avant, si l’histoire s’accélère comme c’est plus que probable…

Parce que dans le même temps, l’expérience du M6R d’une part, des différents mouvements formels ou informels du genre de « Podemos » qui ont commencé à poindre ici ou là pour rassembler un peuple éparpillé, auront progressé et fait avancer le débat et la prise de conscience en même temps qu’ils auront encouragé la volonté de chacun à prendre sa part dans l’immense oeuvre collective que nous devons assumer ensemble.

Je soutiens l’idée que nous devons faire feu de tout bois. Nous devons nous saisir de toutes les opportunités qui s’offrent à nous. Quand des portes s’ouvrent, nous devons explorer si le chemin qui s’offre à partir d’elles est le bon. Il peut d’ailleurs exister plusieurs portes et plusieurs chemins. Il est utile de les emprunter tous. Chacun choisira celui qui lui semble le plus adapté. Inutile de prendre tous le même, au risque de nous gêner…

Certains disent que nous devons marcher sur deux jambes que sont les organisations instituées d’une part (partis et syndicats mais aussi associations), l’action citoyenne d’autre part (avec toutes les initiatives que commencent à prendre des militant-e-s ou des citoyen-ne-s anonymes). Je le crois. Certes, les partis comme les syndicats sont largement discrédités. Tous sans aucune exception. Même mon parti, le PG, n’est pas exempt de critiques et des défauts il en a ! Mais pour autant, j’estime que son oeuvre est utile. Il a largement contribué à armer politiquement, idéologiquement, notre Gauche. C’est en son sein que nous avons trouvé notre candidat en 2012, celui-là même qui a rassemblé toute l’Autre gauche au point de faire un temps frémir l’establishment. Eh bien, il tremblera encore… Bientôt ! Du fait du PG mais pas que de lui ! Du fait surtout du réveil du peuple français que nous allons tous et toutes contribuer à favoriser et à accélérer jusqu’à ce que le peuple se saisisse de son destin et le fasse en prenant les décisions que nous jugeons les bonnes.

Chaque jour, je me désespère de tas de choses. Chaque jour j’ai envie de tout plaquer. Mais chaque jour, je me dis aussi que nous avons tous et toutes, que nous soyons connu-e-s ou anonymes, un devoir citoyen, aider à sortir notre pays, notre peuple, notre Europe et notre monde de la « Grande régression » dans laquelle quelques-uns les ont fait entrer dans les années 70.

Nous ne devons pas être gouvernés par nos peurs, ni céder au chantage des menaces qui pèsent sur nous. Nous ne devons pas être égoistes et nous recentrer sur nous-mêmes, sur nos petites vies, mais conjuguer nos forces, malgré nos différences, malgré nos désaccords, malgré nos insatisfactions. Notre devoir à tous et toutes est d’être à la hauteur des exigences que l’heure a mises au goût du jour.

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2 réflexions sur « Marcher sur deux jambes pour avancer vers l’objectif… »

  1. CE QUE LE PEUPLE NE NOUS PARDONNERA PAS…

    DU DIFFICILE ÉQUILIBRE ENTRE COMPROMISSIONS ET CONCESSIONS

    Dans l’ensemble je suis d’accord avec l’objectif désigné par Vincent Christophe Leroux, sauf sur la modulation des éléments du rassemblement… L’idée que nous devons avoir une souplesse à admettre que des PCF nous rejoignent au dernier moment dans la lutte, quand ils se seront rendu à l’évidence que le PS s’est réduit comme peau de chagrin, histoire de ne pas rater le coche des futurs gagnants à la loterie de la Nouvelles Constituante, m’horripile. Ce genre d’opportunisme de dernière minute me rappelle les résistances de la dernière heure tout à coup autoproclamées par d’anciens trafiquants du marché noir ou même de collabos ; qui ont participé avec zèle à l’épuration survenue après la Libération (Je sors de l’excellent double docu-fiction sur la collaboration-résistance (FR3), avec une première partie sur les propagandes d’un côté et de l’autre du micro, ce qui pour mon goût de la riposte m’a fasciné. Pierre Dac ! Quel talent dégommé par Henriot de la plus abominable façon !).

    Au lendemain de la Libération, on a obligé la France des fusillé(e)s, torturé(e)s, dénoncé(e)s et déporté(e)s, dont mon père qui avait 19 ans, à faire le pacte du pardon. Bien des opportunistes non seulement n’ont pas été jugés, sont passés au travers du peloton d’exécution, mais finalement sont redevenus de grands patrons de presse voire des préfets de police en récupérant leur honorabilité. Le pire des scenarii cyniques de l’opportunisme dont je compare les prémices aujourd’hui.

    Nous ne sommes plus dans un temps de la demi-mesure et de l’aménagement de situation. Nous sommes d’ores et déjà dans une guerre qui s’annonce extrêmement rude et dont l’hémisphère Sud ne sera plus seule à la subir pour nous permettre, les « développés », de rebondir. Une guerre économique et sociale certes, mais tout autant tragique que si elle fût armée, par le fait du désespoir, de l’incertitude, de l’angoisse, de la dépression qu’elle suscite déjà et qui vaudra bien des victimes mortes dans l’âme ou réellement, laissées pour compte de la vie citoyenne et active, y compris la démocratie et la République attaquées par une dérive rampante de la notion de laïcité. Nous sommes dans l’extrême lucidité d’une urgence à percevoir rapidement et violemment pour l’ordre de nos vies jusque là, l’impérieuse nécessité de choisir son camp, de mobiliser une résistance et de séparer en cela le bon grain de l’ivraie. Nous sommes déjà lourdement comptables de nos actes. Nous n’avons plus le temps de composer ni avec les événements, ni a reporter les délais de l’implication radicale.

    Il n’est pas dans ma nature d’être à ce point impitoyable mais je ne peux plus physiquement supporter ces appartenances pleines de certitude et qui se victimisent quand on les dénonce, à se trouver mille excuses, qui écartent l’exigence des principes dans une fidélité aveugle à un parti qui ne mérite plus son adjectif, et qui, comme à l’entrée de l’Occupation, s’est retourné contre ses propre militants pour interdire les premiers maquis de la résistance.Georges Guingouin, ce militant communiste engagé et intrépide, a très tôt compris où se trouvait sa place. Il n’a eu aucun doute sur le camp qu’il lui fallut choisir quand son parti, le même qui compose actuellement avec le PS en temps d’élections, et s’oppose entre celles-ci pour amuser la galerie dans son rôle de façade de défenseur des pauvres et des ouvriers, a fait le choix de l’immobilisme sous prétexte de préoccupations pacifistes. Georges Guingouin a été humilié par un politburo qui a décidé qu’il avait trahi le parti en faisant le choix préalable de la résistance patriote… Le PCF a eu ses heures noires d’hésitation avant le ralliement tardif à la résistance. Suivant les prescriptions de l’Internationale communiste, il a imposé à ses militants dans cette fameuse logique de discipline verticale et implacable qui est particulièrement la sienne, le rôle fondamental du Front National de lutte pour l’indépendance de la France en précisant que «  »l’indépendance de la France », c’est-à-dire le maintien de la France « en dehors de la guerre de rapine que se( livraient) les impérialistes de l’axe et leurs rivaux anglo-saxons », (était) la condition préalable à la « libération nationale », autrement dit à la « formation d’un GOUVERNEMENT DU PEUPLE » (destiné à libérer) le « territoire national » et « les prisonniers de guerre » en établissant des relations pacifiques et fraternelles avec le peuple allemand. »

    Toujours les grands mots pour masquer les calculs que nous retrouvons aujourd’hui… Interdiction donc de résister. Toute proportion gardée avec la brutalité de l’occupation allemande, ils sont, sur les choix tactiques, toujours sur la même crête du contretemps politique, les éternels perdants qui comptent se rattraper dans le grand virage de l’Histoire et apparaitre aux génération suivantes comme les premiers résistants et martyrs de la Résistance devant tous les autres, à l’avantage de leur clocher d’église. Cela ne se reproduira plus. Ils n’auront pas cette fois les premières places dans la lutte que nous menons. En tout cas sous l’effigie du PCF. Il est sémantiquement bien mort dans l’eau du bain, avec le PS en plein dépôt de bilan.

    Georges Guingouin est le symbole de ces milliers de militants communistes qui ont participé au Front de Gauche des Municipales mais ont été salis dans leur sacrifice militant par ceux-là même qui on mené des jeux de chaises musicales indignes, en contrevenant aux accords préalables des Municipales dans le Front de Gauche.

    Ils recommencent pour les Départementales par endroits. Les listes des futurs élu(e)s de la Nouvelle Constituante ne doivent pas apparaitre, nominalement, avec ces professionnels de la politique socio-traitres, même n’étant plus dans le gouvernement comme les EELV, qui ont eu le sens du timing politique, en parallèle des autres susnommé(e)s qui visaient les places d’élu(e)s mais ne sont effectivement pas entré(e)s dans le gouvernement. Ils ont par préoccupation tactique, flirté ou composé avec la Majorité quelles que soient les variantes du moment et de la manière de le faire. Ils restent entachés dans la compromission, gardent les traces d’une alliance tactique fourbe et décomplexée.

    S’ils nous rejoignent dans la dernière ligne droite de notre rassemblement citoyen de l’Humain d’abord, nous seront tous, dans la Gauche alternative, entachés par leurs calculs. Ils ne sont pas crédibles sur les principes et les Français sympathisants de gauche qui se sont abstenus de soutenir les Européennes, sont ceux et celles que nous devons prioritairement toucher et convaincre. Ce sont les seul(e)s que nous devons considérer. Les partis sont secondaires car en faillite pour leur façon éculée de faire de la politique. Et j’y inclue certains choix de ralliements de certains dans mon parti pendant les Municipales, qui se reconnaitront.

    Que chacun individuellement demande à nous rejoindre, cela me convient. Je ne repousse personne qui accepte le jeu de la remise en cause de tout ce qu’on a connu, y compris et surtout de ces deux partis mentionnés; et qui ne seront plus nécessaires pour dessiner les nouveaux contours d’une vie politique régie par la volonté populaire. Mais je ne vois pas d’aménagement dans l’à peu près d’alliances circonstancielles qui soient acceptables au regard de l’intransigeance de notre époque implacable, quand on cherche à avilir notre indépendance nationale par la sentence allemande au regard du respect d’un traité que nous refusons, quand on est appelé à subir une loi Macron qui nous expose un peu plus encore socialement alors que dès maintenant le Pôle Emploi fait du zèle statistique pour la fin de l’année, et que la Retraite devient à nouveau un coût intolérable pour les possédants ; se passe alors en ce moment sur mot d’ordre, alors que la loi de refonte du Pôle Emploi n’est pas encore votée, le grand nettoyage par le vide qui déclenche stress et terreurs, le pactole budgétaire des deux ayant été constitué pourtant sur nos cotisations salariales.

    J’ai un ami tombé au champ du déshonneur de la radiation en ce début de mois.
    En formation diplômante de reconversion sur deux ans. Aucune raison à ce qui lui arrive. Les allocations ne sont pas passées et ne seront pas rendues avant le temps des fêtes familiales de fin d’année. Janvier arrivera avec l’annonce d’une nouvelle baisse statistique artificielle du chômage… Combien hésitent à faire la fête en se disant que le sort les punira au Nouvel An passé, quand soudainement, après un an de chômage, il se décide en ce moment de truquer les statistiques en décimant les plus fragiles d’entre nous et en stressant les autres, mieux éduqués à recouvrer leurs droits ? Quelle sérénité conservons-nous face aux coups de boutoirs quotidiens et indécents qui nous désengagent de responsabilités parfois qui ne concernent pas que nous-mêmes, cet ami camarade et collaborateur des temps passés étant une de mes recrues essentielle pour un nouveau projet ? On m’ordonne de précipiter le calendrier, a détriment de la consolidation des bases du projet.

    Tout cela, par le biais d’une conférence de presse solennelle pour ne pas dire tonitruante, qui a le culot de déclarer travailler pour l’intérêt général et pour un retour de la croissance ? Entre les mains de François Rebsamen pour qui les chômeurs sont des parasites, lui le cumulard !

    Au regard de cela, de ce cynisme ambiant aux ordres, qui tétanise les conseillers du Pôle Emploi dans un rôle d’exécutant inconfortable, tous ceux qui pensent une seule seconde que les moments même ponctuels d’alliances que j’appelle des « manœuvres de putes à la façon Brossat », vont disparaitre dans l’euphorie de la nécessité à se rassembler, auront en face d’eux, non pas ma petite et insignifiante personne qui ne pèse rien en dépit de la force de ma plume isolée, mais se cognera contre le mur de l’abstention qui nous fera tous perdre la partie dans cette guerre néolibérale et surtout supprimera un avenir aux Français, que nous voulions empreint de changements prometteurs ainsi sacrifiés sur plusieurs générations..

    Il ne faudra pas se lamenter ce jour là. Nous l’aurons cherché.Nous passerons alors pour un long temps dans la clandestinité des oubliés.

    Claire BOUTHILLON

  2. On peut faire des compromis sans tomber dans la compromission, à partir du moment où c’est uniquement au bénéfice de la vraie gauche de la 6e république et donc du peuple réel qui souffre et se bat pour changer çà. ARAMIS

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