Du rôle de Jean-Luc Mélenchon dans le débat sur la sortie de l’Union européenne

1/ Jean-Luc Mélenchon et la question européenne…

Au regard de ce qu’il incarne aujourd’hui, et de ce qu’il peut incarner demain, Jean-Luc Mélenchon peut-il et doit-il, défendre l’idée et la proposition programmatique de sortir la République française de l’Union européenne ? Peut-il et doit-il au contraire le refuser ?

On me dit, à juste titre, que Jean-Luc Mélenchon n’a jamais défendu l’idée de la sortie, qu’une telle proposition n’a jamais été inscrite nulle part dans des écrits qu’il aurait rédigés ou dans des textes qu’il aurait signés. Oui, en effet ! C’est tout à fait exact. Je le concède bien volontiers. À ce jour, Jean-Luc Mélenchon s’est toujours refusé à évoquer de telles options politiques. Il a parfois été interrogé sur ces sujets et a toujours expliqué son opposition à un tel projet.

Début avril 2015, alors que j’assistais au Conseil national du Parti de Gauche, j’ai encore pu l’entendre expliquer pourquoi il ne pensait pas que nous devions sortir de l’euro. Il n’évoquait alors que l’aspect sortie de l’euro, évidemment pas la question, de portée bien plus grande, de la sortie de l’UE.

On me dit que par conséquent, nous avons tort de lui reprocher de ne pas défendre cette sortie de l’UE. Là, je ne suis plus d’accord. Ce qui est vrai un jour ne l’est plus forcément le jour suivant. Et chacun peut évoluer dans sa pensée, sans que cela soit une trahison ou un renoncement. La vie et ses circonstances poussent chacun à évoluer, à s’adapter aux nouvelles circonstances. Nous sommes quelques-un-e-s à avoir mis du temps à considérer que l’on devait défendre l’idée de la sortie de l’euro et/ou de l’Union européenne. D’ailleurs, il n’y a pas assimilation des deux car il y a des défenseurs de la sortie de l’euro qui n’envisagent pas, et même qui refusent très fermement, l’idée de la sortie de l’UE. Par contre, les partisans (dont je suis) de la sortie de l’UE ont évidemment déjà intégré l’idée de la sortie de l’euro mais estiment que cette sortie-là serait très insuffisante car le réquisitoire que nous adressons à l’UE dépasse largement la seule question de l’euro et du modèle économique, politique, social et sociétal que cette monnaie incarne. C’est tout le système politique et juridique de l’UE, mais aussi la géopolitique que l’UE dessine, que nous dénonçons. Et comme nous ne sommes pas de ceux qui voulons « détruire » un système que d’autres peuples ont bien le droit d’accepter et de juger conforme à leurs volontés, nous estimons que nous-mêmes devons nous en libérer sans chercher à le détruire. Bon, en réalité, il se détruit lui-même mais nous nous refusons d’attendre le constat unanime de sa destruction pour recommencer à vivre…

Nous sommes donc quelques-un-e-s, dont le nombre va croissant chaque jour, à considérer que quoi qu’ait dit Jean-Luc Mélenchon lors de sa campagne pour les élections présidentielles de 2012, et quoi qu’il ait dit depuis, il peut encore évoluer. Pour nous, non seulement il le peut, mais il le doit ! Au regard des circonstances, au regard de ce que nous voyons de l’évolution de l’Union européenne, nous pensons que Jean-Luc Mélenchon ne peut plus continuer à défendre seulement l’idée de la désobéissance aux traités et les solutions économiques et institutionnelles de la refonte de la Banque centrale européenne ainsi que de ses missions et de ses pouvoirs d’intervention. Nous sommes dans un autre temps. Cela aurait peut-être suffi hier, quand l’Union européenne mettait en oeuvre parfois des politiques défendables au regard de nos principes. Mais le système européen s’est renforcé, dans le sens d’un capitalisme exacerbé, d’un atlantisme de plus en plus assumé et d’une dictature oligarchique qui ne se dissimule même plus. L’Union européenne, par certains aspects, ressemble, de plus en plus, à l’Union soviétique. Moins une politique marche, plus on l’accentue. Si la politique économique libérale ne donne pas ses résultats escomptés, ce n’est que pour une seule raison : elle n’est pas assez libérale ! Voilà ce qu’on entend… Il ne s’agit pas de folie collective mais d’un plan résolu de destruction des systèmes sociaux. Il s’agit bien d’une guerre des classes que l’Union européenne nous mène depuis des décennies. Quand on a compris cela, et quand on sait d’où vient l’Union européenne, qui l’a mise sur pieds et pourquoi, on n’a plus envie de la sauvegarder. Pourtant, ainsi que je le disais plus haut, il ne nous incombe pas de décider pour tous. Alors décidons pour nous-mêmes, le peuple français. Les autres feront bien ce qu’ils veulent, soit en suivant notre exemple, soit en faisant d’autres choix.

En 2012, nous étions presque tous dans la logique de la désobéissance aux traités et de la subversion de l’Union européenne depuis l’intérieur de celle-ci. Nous estimions que nous pouvions réformer profondément l’UE et l’euro, une fois que nous serions au pouvoir, pour faire de cette Union et de cette monnaie des outils au service des peuples.

Et puis, nous avons fini par comprendre que cela était une chimère. Rien de ce que à quoi nous aspirons ne sera jamais possible dans ce système-là, même si nous accédions au pouvoir. Il faut donc quitter l’Union européenne, nous libérer de ce système d’asservissement, et créer tout autre chose. Contrairement ce que disent certain-e-s, nous ne serons pas longtemps seuls…

En outre, nous estimons que si Jean-Luc Mélenchon relevait enfin cet étendard de la sortie de la République française de l’Union européenne (ou en tout cas s’il faisait la promesse solennelle de demander au peuple français ce qu’il souhaite), avec le talent pédagogique immense qui est le sien, il saurait convaincre des millions de gens de la pertinence de ce choix de libération.

Jean-Luc Mélenchon couperait aussi, de facto, l’herbe sous les pieds de la néofasciste Marine Le Pen qui est la seule (hormis quelques groupuscules plus respectables que le FN, tels que le PRCF, le M’PEP ou l’UPR) à oser défendre cette sortie. Il contribuerait à réduire l’audience électorale de ce parti anti-républicain qu’est le FN. Nous diagnostiquons, en effet, que nous perdons beaucoup plus de crédibilité et de bonnes opinions en restant dans le système qu’en le contestant radicalement car nous laissons alors ce combat au FN qui progresse pour cette raison principale-là !

Certes, Jean-Luc Mélenchon prendrait des coups violents s’il le faisait, et perdrait même un peu d’audience chez quelques révolutionnaires de salon, mais il gagnerait beaucoup plus qu’il ne perdrait. Il redonnerait espoir à une grande partie du peuple de gauche qui ne croit plus en rien quand il voit que nous restons ancrés au système qui nous martyrise. Jean-Luc Mélenchon relèverait le flambeau porté si haut en 2005 et que personne n’a encore repris en main…

Ne nous préoccupons-pas de ce que pourront dire la presse et nos ennemis sur Jean-Luc Mélenchon s’il faisait sien ce combat politique stratégique de portée historique. Il a déjà pris tant de coups qui ne l’ont pas mis à terre ! Il en prendra d’autres. Nous aussi à ses côtés. Mais nous resterons debout. Nous endurerons comme nous avons déjà enduré depuis des années, et nous rendrons coup pour coup, comme nous avons déjà rendu les coups. Nous lutterions, comme nous le faisons déjà depuis des années, avec nos armes : notre dévouement à l’intérêt général et à la cause du peuple, des peuples, notre intelligence, notre capacité à expliquer et à faire comprendre, notre détermination à résister et à reconquérir, sans plier, sans baisser la tête, les yeux ou la voix, n’oubliant jamais qu’un peuple libre doit avoir diverses propositions d’alternative et des débats entre solutions vraiment différentes voire opposées.

La démocratie ne résulte pas d’un choix entre, d’une part, gris clair et, d’autre part, gris foncé…

La démocratie, ce n’est pas le choix entre d’une part, la peste et, d’autre part, le choléra.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, la droite capitaliste réactionnaire et provocatrice et le camp solférinien qui est passé à l’ennemi avec armes et bagages, il y a plusieurs années déjà !

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, les « Républicains » qui dissimulent des crapules et des exploiteurs ainsi que toute une cour des miracles composée de godillots arrivistes et intéressés, incapables de penser la France, l’Europe et le monde, et qui ne font que répéter, souvent maladroitement, ce qu’ils ont entendu de leurs chefs, et d’autre part, les acteurs du Parti Socialiste dont on peut dire exactement les mêmes choses que celles décrivant les « Républicains ».

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui nous tue et, d’autre part, une Union européenne qui nous saigne.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui prend ses ordres à Washington et, d’autre part, une Union européenne qui s’aligne sur la vision économique, sociale, sociétale, géopolitique, sécuritaire, culturelle, civilisationnelle, de l’Empire états-unien (que ce soit par conviction sincère ou par volonté de servitude).

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui considère toujours comme un allié et un ami, l’État d’Israël, quels que soient ses gouvernements et quelle que soit leur politique, et, d’autre part, une Union européenne qui considère toujours comme ferments du terrorisme le peuple palestinien et ses représentants.

La démocratie, ce n’est pas le choix entre, d’une part, une Union européenne qui détruit, dans les pays d’Afrique, l’économie, les institutions et la capacité de vivre des peuples africains, par le biais de ses politiques économiques et de sa diplomatie, et, d’autre part, une Union européenne qui détruit l’économie, les institutions et la capacité de vivre des peuples africains en participant, directement ou indirectement, à des guerres africaines de l’Empire ou de certain-e-s de ses vassaux.

Je pourrais poursuivre longtemps cette présentation.

2/ Sortir de l’Union européenne : un caprice d’irresponsables imposé au peuple français ?

2.1/ Un caprice « imposé » au peuple français ?

La sortie de la République française de l’Union européenne est-elle un caprice d’irresponsables, un choix forcément mal maitrisé, qui ne serait concrétisé que par décision prétorienne prise seulement au sommet de l’État, sans l’aval des Français ?

Bien sûr que non ! Nous ne prêchons pas du tout pour une décision prétorienne d’en haut à laquelle les Français n’auraient pris aucune part. Tout au contraire !

Nous nous sommes assez élevés contre le coup d’État de 2005, cette forfaiture, cet acte de haute trahison, pour que l’on ne fasse pas de même, fut-ce en sens inverse ! C’est bien le peuple souverain français qui aura à en décider. Et avant que ne lui soi(en)t posée(s) la ou les question(s) afférente(s), il devra y avoir eu en France un large débat, comme ce fut le cas en 2005. Et on devra se plier à la volonté du peuple exprimée lors de ce référendum, quelle qu’elle soit…

2.2/ Un caprice d’irresponsables ?

Par ailleurs, il y a bien des personnalités réfléchies, instruites, intelligentes, raisonnables, qui défendent des scénarii de sortie, avec des plans en diverses étapes. Il ne s’agit pas de sortir puis de se demander ensuite ce que nous allons faire. Depuis des années, certain-e-s étudient la question et sont aujourd’hui capables de conseiller les gouvernements des peuples qui auraient validé l’idée de la sortie. Il ne s’agit pas non plus de demander seulement au peuple français s’il veut ou non sortir de l’Union européenne. Il faudra, selon moi, le même jour, lui poser d’autres questions, après la question préalable, pour que ce soit lui, le peuple souverain, qui tranche le scénario et le plan stratégique qui devra gouverner la sortie.

3/ De l’utilité du débat et de la manière de le mener…

Le débat est légitime. Moi qui suis partisan de la sortie, j’admets qu’on puisse y être hostile. Je souhaiterais que les contradicteurs de la sortie avancent des arguments plutôt que des anathèmes et s’efforcent de convaincre plutôt que de diaboliser ou de discréditer leurs contradicteurs.

Accuser l’autre d’être irresponsable parce qu’il ou elle défend une idée différente de la vôtre n’est pas un argument admissible pour un-e démocrate conséquent-e. Parce que ce n’est pas digne que de salir ainsi celui ou celle qui ne pense pas comme vous.

Je rejette également, d’entrée de jeu, celui ou celle qui m’opposerait comme argument que Jean-Luc Mélenchon, LUI, sait ce qu’il faut faire. Sous-entendu lui, il est quelqu’un alors que toi tu n’es rien. Même si ce propos n’est pas inexact, je ne le trouve pas convaincant. Parce que les « grands » qui nous représentent ne sont pas toujours bien inspirés et que les « petits », les « ordinaires » ou les « anonymes » ne sont pas toujours dans l’erreur. Et si les seconds se trompent, c’est aux premiers, et à leur partisans, de les convaincre de leur erreur, en avançant des arguments, pas en mettant en jeu des propos ne reposant que sur le mépris.

J’ajouterai que pour des militant-e-s de gauche, pour des militant-e-s prônant la révolution citoyenne, pour des militant-e-s partisans des slogans « Place au peuple » et « Prenons le pouvoir », pour des militant-e-s conséquent-e-s en termes de démocratie, il n’est jamais très futé de se justifier en avançant des propos dévoilant que vous pourriez finalement être un peu trop docile, un peu trop discipliné, un peu trop soumis… La révolution citoyenne n’a besoin ni de caniches, ni de perroquets, mais de citoyen-ne-s libres, instruits, éveillé-e-s, contestataires, osant déplaire…

4/ Adresse directe à Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, si tu aspires, comme je le crois, à devenir, une nouvelle fois, le candidat du peuple de gauche, et si, cette fois, tu as saisi que ça ne suffira pas, qu’il te faut t’élever au-dessus de la mêlée et de la médiocrité traditionnelle de certain-e-s de celles et ceux qui pullulent autour de toi, si tu veux avoir une chance d’être présent au second tour de la prochaine élection présidentielle, puis de l’emporter, tu devras convaincre le peuple tout entier, pas seulement les medias, pas seulement Pierre Laurent ou Clémentine Autain, pas seulement les frondeurs du PS ou les électeurs et électrices d’EELV… Et un nombre croissant de gens pensent que pour réussir ce défi, tu dois assumer la rupture avec l’Union européenne.

Quand je te lis et que j’entends tes propos depuis quelques mois, j’ai le sentiment diffus que, dans ta tête, la mue est déjà faite depuis quelques temps, mais que tu procèdes comme un escargot pour rendre publique ta mutation… Tu y vas avec une prudence de sioux et parfois ça me donne la rage tellement je suis convaincu que cela te dessert.

Jean-Luc, tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être le candidat de l’establishment. Tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être  le candidat des medias. Tu n’es pas, ne seras pas, et ne dois pas être le candidat de la gauche amalgamant gauchistes enragés et gauchistes modérés. Tu as vocation, par ta personnalité, ton expérience, ta fougue, l’essentiel de ta vision politique, et ton apparente détermination à aller au combat frontal, à être le candidat du peuple qui se libère. Tu ne dois donc pas chercher à amadouer celles et ceux qui incarnent le système ou qui lui permettent de se maintenir, qui te dénonceront toujours comme un danger. C’est NOUS que tu dois convaincre. C’est le peuple français, adepte des révoltes et des révolutions que tu dois réveiller. Et tu ne le feras pas en restant favorable à l’Union européenne, fut-ce avec tes propres mots critiques.

Tu as été bien inspiré de commencer à porter le drapeau de la 6e République et d’une démocratie profondément revivifiée. Mais ça ne suffit pas si tu restes hostile à l’idée de chercher à convaincre le peuple français de briser les chaînes qui le soumettent aux capitalistes, aux atlantistes et à l’Empire au moyen de l’Union européenne. Je sais que tu n’es pas déterminé à te laisser faire par les institutions de l’Union européenne et par celles et ceux qui l’incarnent, si tu accèdes à la Présidence de la République française. Mais ton idée de subvertir l’UE de l’intérieur ne sera pas plus efficiente que la subversion du PS de l’intérieur. Et l’idée que tu défends de désobéir aux traités est très insuffisante au regard de ce qu’il faut faire pour que nous reprenions notre pleine souveraineté et que nous puissions cheminer de nouveau sur la voie du progrès vécu par tous.

En outre, selon moi, tu ne seras jamais élu Président de la République française tant que tu n’auras pas décidé de passer de l’autre côté du miroir. Parce que ce ne sont pas les Européistes et eurolâtres qui feront ton élection. Ce ne seront pas les medias ni les socialistes convaincus par l’action de Hollande et Valls. Dans un pays où le peuple français à dit NON à l’Union européenne avec le score que l’on sait il y a dix ans, et dans un pays qui a vu ce que l’Union européenne a fait depuis, un candidat ne peut être élu à la présidence de la République que s’il a convaincu la majorité du peuple qu’il allait tenir tête à l’Union européenne. C’est ce qu’ont fait Sarkozy et Hollande dans leurs discours de campagne en 2007 et en 2012 alors même qu’ils étaient des partisans de l’UE. Le peuple y a cru. Sauf que nous les avons vu à l’oeuvre depuis. Et je ne pense pas que ça fonctionnera une troisième fois.

Et puis, en ce qui te concerne, la base de ton audience est la Gauche, et pas n’importe quelle gauche !  C’est la gauche de combat, la « Sociale », la gauche du NON de 2005. Tu ne la convaincras pas, tu ne la convaincras plus, à mon avis, en ne disant que ton engagement de désobéir aux traités. Il va falloir que tu fasses bien plus, que tu « fendes l’armure » comme on dit parfois.

Si « l’Europe est illégitime depuis dix ans en France », ce que tu as très récemment affirmé, alors tires-en les conséquences, toutes les conséquences. Annonce que tu considères, pour ta part pour ne pas engager les autres, et explique pourquoi, la République française devrait se libérer de l’Union européenne, faire la peau à ses mâtons (au sens figuré bien sûr), briser ses chaînes, et rendre possible une autre histoire, pour nous, le peuple de France, et pour tous les autres, en Europe et dans le monde. Et engage-toi à organiser un référendum sur la question dans les 100 jours de ton élection à la présidence de la République. Bien des Français-e-s, alors, tendront l’oreille et si tu es aussi bon sur ce sujet que tu l’es sur les autres, alors tu sauras convaincre une majorité. Et tu auras joué un rôle majeur dans l’Histoire, dans notre Histoire. Tu auras été un grand homme et pas « un petit homme dans un rond » pour reprendre les mots d’Edmond Rostand dans la pièce de théâtre Cyrano de Bergerac… D’ailleurs, tu es bien plus crédible en Cyrano de Bergerac qu’en une espèce de Don Quichotte se battant contre les moulins ou de Sisyphe devant sans cesse remonter son rocher (ici le Front de Gauche)…

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17 réflexions sur « Du rôle de Jean-Luc Mélenchon dans le débat sur la sortie de l’Union européenne »

  1. ..progression inexorable de la seule issue possible à toutes les crises – économique, sociale, environnementale, politique intérieure, européenne…,civilisationnelle : la sortie de l’Europe, de l’euro, de l’OTAN. Oeuvrer à la constitution d’un Front autour des 3 sorties..

  2. Vous dites qu’il ne le dis pas encore mais qu’il peut changer. Et bien, j’attends que ce soit fait et là, j’en prendrai note mais force est de constater qu’il y est pour l’instant radicalement opposé.

    « ’on devait défendre l’idée de la sortie de l’euro et/ou de l’Union européenne. D’ailleurs, il n’y a pas assimilation des deux car il y a des défenseurs de la sortie de l’euro qui n’envisagent pas, et même qui refusent très fermement, l’idée de la sortie de l’UE. »
    Certes mais c’est incohérent car l’euro a été fait pour que l’on ne puisse pas en sortir sans sortir de l’UE (https://youtu.be/jXBLvGuNVuU), ce qui a été confirmé par la commission européenne (https://www.upr.fr/actualite-facebook/la-commission-europeenne-donne-raison-a-lupr-pourquoi-est-on-oblige-de-sortir-de-lunion-europeenne-pour-sortir-de-leuro)

    « Jean-Luc Mélenchon couperait aussi, de facto, l’herbe sous les pieds de la néofasciste Marine Le Pen qui est la seule (hormis quelques groupuscules plus respectables que le FN, tels que le PRCF, le M’PEP ou l’UPR) à oser défendre cette sortie. Il contribuerait à réduire l’audience électorale de ce parti anti-républicain qu’est le FN »
    En effet, ne laissons par l’idée de rétablir la démocratie à l’extrême-droite.Cela d’autant plus que le FN… ne propose pas cette sortie! En effet:
    _Dans son programme (http://www.frontnational.com/pdf/Programme.pdf), le Fn dit:
    « L’Etat fort est d’abord un Etat libre
    La hiérarchie des normes qui prévalait avant les dérives jurisprudentielles sera réaffirmée. La Constitution,plus largement le bloc de constitutionnalité, est la norme suprême, à laquelle doit se conformerl’intégralité du droit français et conserve sa supériorité sur les Traités internationaux.
    l La loi française retrouvera sa supériorité sur le droit européen dérivé (directive, règlement, etc.). Ces
    éléments feront l’objet d’une discussion avec nos partenaires européens dans le cadre de la renégociation nécessaire des Traités européens. »

    En résumé, Le FN veut renégocier les traités et veut (ce qui est impossible) que le droit français prime sur le droit européen ==> On reste dans l’UE

    « . Plus généralement la double nationalité ne sera plus autorisée en dehors des cas de double nationalité avec un autre pays de l’Union européenne » ==> il veulent rester (en ajoutant un peu de racisme, ça ne fait jamais de mal)

    « Dans le cadre de l’article 50 du Traité de l’Union Européenne, il convient d’initier une renégociation des traités afin de rompre avec la construction européenne dogmatique en total échec. Il faut désormais jeter les bases d’une Europe respectueuse des souverainetés populaires, des identités nationales, des langues et des cultures, et qui soit réellement au service des peuples par des actions concrètes. »
    ==> Ils veulent renégocier ==> ils veulent rester (et ils n’ont pas lu l’article 50)

    Sinon, j’approuve votre analyse à 100%.!!!!

  3. Bien d’accord avec cet article. La politique du chantage que subit Syriza montre que l’UE ne pourra jamais changer. Les oligarques européens sont prêts à déclencher une crise mondiale pour mettre en échec le seul gouvernement de gauche en Europe.

  4. Totalement d’accord , il y a longtemps que je me bats pour faire comprendre aux gens en général et de gauche en particulier , QU’AUCUNE politique de gauche n’est possible en restant dans l’UE , l’euro et bien sûr dans l’OTAN . Pour ceux qui en douterait encore , il suffit de voir l’exemple de la Grèce . L’UE ne le laisserait JAMAIS mettre en place une politique de gauche ! Et pour retrouver notre pouvoir de décision , notre souveraineté nationale , monétaire et donc populaire , il n’y a pas d’autres options . Je rappel que le mot « souverain » est cité à toutes les pages du chapitre 7 sur l’UE dans le programme « l’humain d’abord » … Je terminerais en précisant que contrairement à se qu’il dit le FN n’a jamais voulut sortir de l’UE , de l’euro et encore moins de l’OTAN et ce pour 5 raisons qu’il faut dénoncer haut et fort ! 1 ) La sortie de l’UE ne figure nul part sur les professions de foi du FN . 2 ) MLP dit qu’elle va « renégocier » les traités . Or il est impossible d’en changer une virgule sans l’accord des 27 autres pays . 3 ) Jamais le FN parle de sortir de l’OTAN , or l’appartenance à l’UE et à l’OTAN sont intimement liés . 4 ) Le FN s’est abstenu pour le vote sur le TAFTA . et 5 ) Les liens du FN avec Israël . MLP a rencontré le patron de l’AIPAC aux USA . Louis Alliot voyage fréquemment à Jérusalem pour y rencontrer des responsables de l’extrême droite du gouvernement Nethanyau . La gauche n’a donc pas à avoir peur que des journalistes lui disent si elle veut sortir de l’UE :  » Ah comme le Front National » avec de tels arguments contradictoires !
    « Quand l’extrême droite progresse chez les gens ordinaires , c’est d’abord sur elle même que la gauche doit s’interroger  » Georges Orwell .

  5. « Les promesses de « réorienter l’Europe » ne marchent pas. Il faut tout remettre à plat. Puisque l’Europe est illégitime, nous n’avons pas à obéir à ses traités. C’est au peuple de dire ce qu’il faut faire. Notre stratégie de « refondation de l’Europe » passe par la désobéissance. Pourquoi respecter l’indépendance de la Banque centrale européenne ? Pourquoi obéir aux critères de déficit public ? Pourquoi se soumettre à l’interdiction des restrictions au libre-échange et du protectionnisme ? Pourquoi appliquer les directives de libéralisation des services publics découlant des traités ? Pourquoi devrions-nous respecter leurs traités puisqu’ils ne respectent pas nos votes ? Et puisque cela détruit notre pays.

    Voila une autre leçon : nous avons besoin de la 6e République et d’une Assemblée constituante. La démocratie française est malade. Comment faire confiance à des élus quand ils font le contraire de ce qu’ils promettent, et même le contraire de ce que le peuple vote ! Nous devons refonder notre démocratie, reconquérir la souveraineté populaire et se doter d’institutions qui empêchent une telle forfaiture de se reproduire. » JEAN – LUC MELENCHON.
    C’est clair pourtant
    refonder l’Europe ce n’est pas rester dans l’Europe .
    cela implique un grand mouvement populaire .suivi d’un referendum .

    1. Non, ce n’est pas clair du tout. On ne sort pas et on ne refonde pas l’Europe, c’est un continent. On sort tout simplement de l’UE, organisation supranationale et dictatoriale. On ne désobéit pas puisque c’est une organisation dont nous ne reconnaissons pas la légitimité. Ensuite, on s’associe avec d’autres pays avec lesquels nous avont des intérêts communs. qu’ils soient européens, africains, etc.; comme nous le faisions avant l’UE et comme le font tous les pays qui ne sont pas en Europe.

      1. oui oui on peut faire semblant de ne rien comprendre et jouer sur les mots .

    2. Mélanger 6ème république et sortie de l’UE ajoute de la confusion. Proposer la formation d’institutions assurant plus de démocratie dans le cadre d’un programme de sortie de l’UE me paraît plus judicieux dans un premier temps.

  6. Cette Europe est illégitime puisque bâtie sur le NON des Français en 2005
    Mélenchon veut avec l’appui des citoyens bâtir une autre Europe démocratique , sociale écologique .
    Ce n’est pas un magnifique projet ça?
    Mais les citoyens doivent participer
    L’Europe n’appartient pas aux seules multinationales , a la finance et a leurs valets bureaucrates .
    Nous sommes le nombre alors qu’attendons nous , de quoi avons nous peur que risquons nous ?
    JL Mélenchon fait un énorme travail de défrichage et d’enseignement populaire pour construire ce mouvement , c’est long forcément , vu le contexte médiatique , mais cela progresse , et l’histoire nous dira …
    Les classes moyennes en France ne sont pas au niveau de la Grèce ni de l’Espagne ….

    1. On a à peu près autant de chance de changer l’UE de l’intérieur que de changer le PS de l’intérieur !

      1. changer l’Europe de l’interieur ça ne veut rien dire .
        ce sera un grand bouleversement et cela viendra forcément

    2. Il est sur toutes les ondes et dans tous les journaux. Depuis l’après élections présidentielles il passe plus de temps à créer des polémiques et à se justifier qu’autre chose. Il ne défriche rien du tout. Il passe sans arrêt du coq à l’âne et je ne sais plus qu’elles sont ses priorités.

  7. Qu’attendons nous pour soutenir les Grecs , l’Europe ne peut pas exister sans la France , vous rendez- vous compte de la puissance qu’aurait ce mouvement populaire ?

  8. « Il ne le dit pas (sortir de l’UE) mais il peut encore changer ». Voilà très spécifiquement une phrase qui tient de la dissonance cognitive. Comment faire pour ne pas se déjuger, pour ne pas avouer que l’on s’est trompé. Le coup est trop rude. Alors la dissonance cognitive entre en jeu. Et elle accompagnera son émetteur jusqu’à ce que, épuisé et démoralisé, il finisse par reconnaitre qu’il se mettait le doigt dans l’oeil jusqu’au coude. Seule une réflexion rationnelle, partant de la réalité des choses, permet de se dégager de la dissonance. Nous sommes tous passés par là. Il suffit d’identifier la dissonance lorsqu’elle se présente pour la vaincre.

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