L’Alternative ! Y croire et agir soi-même pour la rendre possible… La leçon de l’effet papillon

Avant-propos : Bien que publié sur mon blog intitulé « Vive la Sixième République et la première véritable démocratie », ce billet n’a rien à voir avec la thématique évoquée par le titre de ce blog.

« La » politique, tout comme celles et ceux qui la font dans l’Union €uropéenne, dans les États et les collectivités locales, me fatiguent, m’écœurent, me désespèrent. Après 22 ans d’engagement, je suis près de la saturation et je frise vraiment  l’overdose.

J’ai déjà laissé entendre que j’allais quitter cette scène-là (bien que je n’ai jamais été autre chose qu’un simple militant). Oui, ça ne saurait tarder car ça devient vraiment indispensable. C’est une question de santé psychique et d’équilibre personnel mais pas que…

Ce n’est pas de l’égoïsme. Il ne s’agit pas, pour moi, de me recroqueviller sur moi, sur ma vie, sur mon entourage, et de ne plus penser qu’à moi. NON !

Il s’agit  d’une révolte qui atteint son point d’explosion. La politique étant ce qu’elle est et celles et ceux qui la font étant ce qu’ils sont, je vire ANARCHISTE ! Et moi qui, il y a quelques années, regardait avec une certaine distanciation les adeptes de ce que l’on appelle « l’autogestion », je commence sérieusement à les comprendre aujourd’hui… J’ai mis le temps mais il y a des gens plus lents que d’autres…

Et il s’agit aussi de clairvoyance. Car le monde dans lequel on vit, ce monde détestable que nous subissons et que, hélas, nous contribuons à maintenir, fut-ce à nos dépens et à notre insu, n’est pas un monde durable. En plus d’être cruel, barbare, injuste, irrationnel, il est à durée déterminée car il ne perdurera pas encore très longtemps. L’humanité, si elle ne change pas radicalement son mode d’habiter la terre, et son mode de vivre ensemble, court à l’extinction à bref délai (au sens des temps historiques).

Or il existe des alternatives. D’ailleurs, depuis des années, une telle prise de conscience de cela grandit dans les têtes et il en résulte des alternatives concrètes, des ruptures radicales, des « radicalités concrètes » comme disent certains de mes camarades du parti que j’ai quitté il y a quelques semaines… Celles auxquelles je pense ne sont pas seulement les leurs…

Une idée nouvelle a souvent besoin d’infuser dans nos têtes avant d’avoir des effets concrets. De même qu’une graine plantée ne commencer à germer que plusieurs semaines plus tard et la plante en résultant mettra encore des semaines, voire des mois ou même des années à éclore…

Nous sommes pris entre le marteau et l’enclume. Aucune alternative profitable et durable ne saurait être mise en œuvre dans l’affolement et la précipitation. Il faut y réfléchir, il faut étudier les risques et les bénéfices à en tirer. Il faut préparer sérieusement la sortie du monde actuel et l’entrée dans un autre. Ça prend nécessairement du temps.

Or, du temps, nous en avons de moins en moins… Le sablier se vide. Les aiguilles tournent et se rapprochent inexorablement du terme. Certain-e-s ont déjà écrit qu’il était « minuit moins cinq »… Et ce ne sont pas, hélas, que des Cassandre. Des faits objectifs fondent rationnellement leurs craintes. Nous pouvons nous sauver nous-mêmes si nous prenons la mesure de ce qui se joue, si nous cessons enfin de tergiverser, de remettre à demain des décisions radicales que nous devrons de toute façon prendre mais qui, demain, seront plus difficiles qu’elles ne le seraient aujourd’hui.

Je suis de plus en plus convaincu, ainsi que des milliers d’autres que moi, des millions même, que la ou les solution(s) ne viendront pas d’en haut. Dans les sphères dirigeantes, on ne veut pas, on nous mystifie, on nous abuse, on nous ment, on nous trompe, on nous spolie, on nous violente, on nous dresse les uns contre les autres et on nous refuse le droit de décider librement de notre destin.

Il nous faut comprendre et prendre conscience que nous ne ferons rien au plan « macro » car tout est sous contrôle des oligarchies qui disposent de tous les moyens de renseignement et de réaction pour nous dompter et nous maintenir dans cette forme de « servitude volontaire » pour reprendre les termes de La Boétie ou dans ce « consentement » qui nous est extorqué après avoir été « fabriqué » (cf. ce qu’en dit Noam Chomsky).

Non, ce n’est pas au plan « macro » que nous réussirons à inverser la course folle. Non, ce n’est pas au niveau général de l’État, de l’Union européenne ou de quelque union alternative que ce soit, et encore moins au niveau global mondial, que nous changerons le monde.

Nous ne pourrons le faire, à mon sens, qu’au niveau « micro », localement, dans notre foyer, dans notre famille, dans notre entourage immédiat, dans notre quartier, dans notre ville et peu à peu, en remontant la « hiérarchie » des institutions, en les pervertissant par l’essaimage et la généralisation par capillarité des alternatives concrètes. Quand les gens qui vivent à côté de nous sans nous connaitre forcément, sans nous comprendre a priori, et même peut-être sans nous approuver, verront ce que nous réussissons à obtenir par nos alternatives de vie, et quand ils verront combien cela nous épanouit et nous illumine sans que ça ne les desserve eux-mêmes ou que ça ne leur nuise d’une quelconque façon, ils s’intéresseront à nous et à nos choix. Ils chercheront à nous comprendre en nous questionnant et en tentant, à leur tour, la grande Alternative. Et les résultats venus, ils seront alors eux aussi de bons pédagogues et d’efficaces abeilles pollinisant à leur tour de nouvelles contrées…

Ami-e-s et camarades, concitoyen-ne-s, émancipez-vous ! Décolonisez vos imaginaires ! Brisez les chaînes de la servitude volontaire ! Osez cheminer dans l’inconnu et naviguer vers d’autres rives…

« L’homme ne peut découvrir de nouveaux océans tant qu’il n’a pas le courage de perdre de vue la côte. » André GIDE

« Un autre monde existe, il est dans celui-ci. Soyons courageux. Allons le chercher. » Paul ÉLUARD

« On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. On le fait en inventant un autre modèle qui rend, de fait, l’ancien obsolète. » Busckminster FULLER (architecte, designer inventeur et auteur états-unien 1895-1983)

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire. » Henri BERGSON

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4 réflexions sur “ L’Alternative ! Y croire et agir soi-même pour la rendre possible… La leçon de l’effet papillon ”

  1. je suis arrivée à la même réflexion et même conclusion que toi…j’étais au Pg, puis je suis dans un collectif citoyen , et je m’aperçois de plus en plus que ceux qui sont aux manettes au niveau local , ont un système bien rodé afin d’évacuer les citoyens ou du moins afin d’empêcher leur irruption dans leur projets, en ne respectant pas le processus démocratique, en nous empêchant le plus longtemps possible d’accéder aux dossiers, on perd son énergie pour récupérer un doc, une délibération, un compte-rendu de séance , on joue le jeu de la concertation, de l’écriture de propositions, etc , mais c’est leur jeu ! alors?
    je me suis donnée pour objectif de travailler avec le collectif pour faire revenir la gestion de l’eau en régie municipale d’ici 2017 et pour préserver des terres agricoles périurbaines du bétonnage programmé pour le printemps 2016

    mis je comprends qu’…

    …on joue le jeu des règles de la démocratie, des lois de la république ..mais on est bien seuls ou les seuls? …les maires s’en affranchissent, s’assoient dessus, font de la rétention de docs, d’infos, ne font pas suivre pas les mails que nous envoyons à leurs conseillers municipaux, abus de pouvoir divers, etc etc, décisions à huis-clos, flou permanent sur leurs décisions afin de mieux nous balader , ils maitrisent parfaitement le jeu pour mieux le pervertir
    nous allons être perdants j’en ai peur , les terres seront bétonnées et l’eau retournera à Véolia,

    alors? que de temps perdu, j’ai été bien lente à comprendre

    je pense que tu as raison et j’ai encore dix ans devant moi pour tenter de réaliser ce que tu préconises (j’en ai 60…je dois me hâter)

    à un autre moment, carole

  2. Bonjour Christophe et bonjour Carole. Je te cite Christophe : »Nous ne pourrons le faire, à mon sens, qu’au niveau « micro », localement, dans notre foyer, dans notre famille, dans notre entourage immédiat, dans notre quartier, dans notre ville et peu à peu, en remontant la « hiérarchie » des institutions, en les pervertissant par l’essaimage et la généralisation par capillarité des alternatives concrètes. » Je partage d’autant mieux cette réflexion que je me la suis faite en 1998, en quittant le PCF où j’étais secrétaire d’une petite cellule de 11 militants que j’avais créée dans un trou perdu trois ans plus tôt. Désireux d’innover et de booster un peu la perception du parti sur mon secteur, j’avais proposé d’aider directement les gens à se débattre avec les tracas administratifs au lieu de passer notre temps à relayer les articles de l’Huma en utilisant des termes « technicopolitiques » dont ils ne comprennent pas le quart et qui se situent à des kilomètres de leurs soucis immédiats. Plus les gens sont en précarité et moins ils leur reste de temps à consacrer à la « politique », d’autant que ceux qui prétendent les sortir de leur mouise « un jour » semblent se moquer de leur étant d’âme du moment. D’où leur rejet de ladite politique. Mon initiative a évidemment été rejetée et je suis parti du PCF en 1998, car j’avais la sensation de perdre tempe et énergie en parlant à des murs. Selon ce que je voyais,les gars du coin pour la plupart, retraités de l’administration (moyenne d’âge 55 ans) faisaient du militantisme en charentaises, tandis que mes copains érémistes plutôt combatifs et moi-même, nous passions pour de vilains gauchistes bousculant leurs petites habitudes.

    Quittant donc ce dortoir en même temps que le secteur rural pour faire un stage de trois ans en ville, je profitais de mon installation dans une citée ouvrière pour créer une assos loi 1901, en vue d’aider les gens à faire respecter leurs droits et à mieux connaître les lois pour tenter d’en faire des citoyens à part entière. Mon assos (basée sur la logique anar, bien que déclarée en préfecture avec statuts types que je trouve trop rigides) a maintenant 16 ans et compte quelques petites victoires (personne ne veut la place du « président » car il n’y a que des coups à prendre et rien à gagner). Je n’ai pas d’adhérents à proprement parlé (j’ai abandonné, trop compliqué) c’est donc gratos (c’est ma danseuse) et souvent les gens m’amènent des bricoles -papiers, enveloppes, cartouches, selon ce qu’ils peuvent pour maintenir l’assos.

    Je pense que ce genre d’initiative reprise plus ou moins par des petits groupes (je bosse seul faute de candidat) d’une dizaine de personnes maxi (au-dessus il y a un risque de hiérarchie verticale pouvant s’installer par la loi du groupe) et multipliée par dix mille sur tout le territoire, pourrait grandement faire bouger les choses depuis la base. Les éternels « hors course » écoutent mieux vos propositions quand vous écoutez d’abord leurs problèmes et que vous leur démontrez qu’ils peuvent être résolus avec une intervention commune. Comme je le disait à mes copains communistes : « On ne peut pas se contenter de venir voir des gens dans leur misère en leur parlant politique, alors qu’ils se demandent si le soir même ils se seront pas à la rue. Le pouvoir en place des bourgeois sait çà parfaitement et l’entretien en créant toujours plus de paupérisation. C’est du micro et localement et çà marche. Je suis prêt à te fournir l’entête de mon assos (je dis mon assos parce que je suis le seul à tenir çà en place) et quelques interventions à titre documentaire pour que tu puisses en juger. J’avais proposé çà pour notre 6e République, mais je n’ai pas eu de retour. Encore trop avant-gardiste ?

    1. salut claude , je trouve que tu as eu une super initiative, et là, c’est du concret.

      quelle est le nom de ton asso? as-tu un site ou un blog?

      1. COSACS (Comité Osselien pour le Soutien d’Actions Consensuelles et Solidaires); Il y a bien un blog mais il est assez peu loquasse par manque de temps. Son terrain d’actions ? Les barricades sociales trop rarement défendus. Celles qu’il n’est pas bien vu de défendre aux yeux des politiquement corrects. Donne-moi une adresse mail et je t’envoie de la doc démontrant le type d’actions. CC

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