L’unitééééé est-elle l’unique solution à appliquer pour empêcher le désastre ?

La Gauche menacée en Ile de France, en Nord-Pas de Calais et ailleurs…

Déjà on entend la petite musique lancinante de la nécessaire « unitéééééééé de la gauche » pour empêcher que les régions ne basculent à droite.

C’est curieux mais moi j’ai le sentiment – très prégnant et très désagréable – que la « droite » gouverne déjà presque toutes les régions, même si elle le fait sous diverses étiquettes et avec différents prête-noms…

Il n’y a qu’à voir ce que font les régions dites de « gauche »…. Les mêmes solutions, les mêmes remèdes, les mêmes mesures qui nous enferment dans un capitalisme dévastateur des équilibres naturels et nous éloigne chaque jour davantage de relations humanistes entre les êtres humains.

Le fascisme menace nous dit-on. Il est à nos portes. En France et ailleurs dans le monde. Déjà, certains territoires ont basculé. D’autres menacent de basculer à leur tour. La guerre est encore larvée mais pourrait éclater pour de bon car les causes de celle de 1914-1918 sont bien présentes en 2015.

Alors on nous serine la réaction nécessaire : taisons nos différences. Entendons-nous. Faisons front commun. Nous nous entendons à gauche sur l’essentiel nous dit-on…

Je veux bien tolérer une « unitééééééé » de la Gauche mais à une condition, une seule : que l’on s’accorde sur ce que l’on va faire dans cette « unitéééééééé ». Et là, voyez-vous, j’ai quelques doutes sur la possibilité d’un tel accord sur le fond !

D’autres nous appellent à une union nationale qui ne tienne aucun compte des aspirations contraires des un-e-s et des autres.

Beaucoup confondent l’unité populaire nécessaire et qui, aussi étrange que cela puisse paraître, serait assez facile à obtenir si l’on sortait des schémas politiciens traditionnels, et l’union nationale qui est une forme de dictature du système avec une prétendue onction ou caution populaire.

Moi, je suis partisan de l’unité populaire (ce n’est pas pour rien que je soutiens Laïki Enotita en Grèce) qui suppose seulement que le peuple approuve un projet commun.

Je pense que quiconque proposerait en France un tel projet serait largement soutenu… pour peu qu’il n’ait pas trempé auparavant dans des combines politiciennes ou ne se soit pas rendu coupable d’avoir pris des décisions contraires à l’intérêt général…

Or c’est là que le bas blesse. C’est là notre grande difficulté du moment. Celles et ceux qui semblent proposer une alternative intéressante sont loin d’être des néophytes (à la limite tant mieux !) mais ils sont loin aussi d’être exempts de critiques.

Personne n’est parfait me répondra-t-on ! En effet ! Ce n’est pas tant que tel ou tel défaut puisse être constaté chez tel leader, tel parti, telle organisation, qui soit rédhibitoire à mes yeux, précisément parce que je suis assez tolérant pour admettre que l’on peut se tromper, s’égarer et revenir du bon côté du combat. Le problème, c’est une question de crédibilité…

Quand on dit des choses intéressantes, quand on défend un projet qui semble vraiment alternatif, mais qu’on reste uni à des gens qui, de près ou de loin, directement ou indirectement, de manière assumée ou dissimulée, restent malgré tout alliés à celles et ceux qu’on combat, on n’est pas crédible !

Quand on prétend faire autre chose mais que si on échoue à convaincre, on rejoindra celles et ceux qui font depuis toujours ce qu’on conteste, on n’est pas crédible !

Quand pour combattre un mal, on choisit d’appuyer un autre mal, on n’est pas crédible !

Quand on prétend vouloir rendre le peuple souverain sans vouloir briser les liens de la servitude, on n’est pas crédible !

Quand on prétend rassembler le peuple mais qu’on reste enfermé dans la cuisine politicienne de la Gauche, on n’est pas crédible !

Dans notre système électoral, pour l’emporter, il faut obtenir une majorité absolue au premier tour, ou une majorité relative au second et pour obtenir cela, il faut se rassembler et faire l’unitéééé de son camp.

Si vous faîtes cette unité dans la clarté, la cohérence et la fidélité aux valeurs de ce camp, vous réussissez assez bien à convaincre même celles et ceux qui n’y croyaient plus depuis longtemps car il y a un effet dynamique. On l’a vu aux présidentielles de 2012 pour le camp du Front de Gauche qui a fait le plein de ses voix et en a même sans doute gagnées ailleurs, très au-delà de son camp…

À l’inverse, quand on revient aux jeux politiciens, on se prend des vestes. La raclée s’annonce mémorable pour la gauche en général aux Régionales de décembre. Mais feu le Front de Gauche va également ramasser de violents coups dans la gueule ! Ce sera mérité quand on voit le spectacle affligeant qu’a donné, depuis juin 2012, le Front de Gauche ou plutôt celles et ceux qui l’animaient..

L’unité n’est donc source de succès que lorsqu’elle reflète un accord réel et sincère sur un projet et que les intérêts personnels s’effacent ou sont domptés et tenus en respect au profit de la promotion de l’intérêt général.

Mais faire l’unitééééééé juste pour peser plus lourdement que les autres concurrents ne peut aboutir qu’à un échec si cette unité ne repose pas sur un projet clair et enthousiasmant pour le peuple – et pas seulement pour les militant-e-s ou les cadres des organisations qui l’ont bâtie…

Si l’on accepte tous un projet clairement d’intérêt général, donc un projet qui mettra en oeuvre des décisions tout à fait différentes de celles que la droite officielle, ou le PS et ses bagages accompagnés, ont mis en oeuvre ces dernières décennies, alors oui, allons ensemble. Mais si cette condition n’est pas remplie, une large « unitéééééé » est hors de question.

La condition que je pose est évidemment une clause de style car celles et ceux que l’on combat ne sauraient renier ce qui les a toujours fait agir…

Fanchement…

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet du style  « L’Humain d’abord » ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet déterminé à renverser la 5e République pour rendre possible un régime où le peuple aura vraiment pleine souveraineté ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet radicalement anticapitaliste ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet qui nous libère de la servitude que nous impose l’Union européenne ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet qui tourne le dos à nos modes de vie consuméristes et dévastateurs des équilibres naturels pour rendre possible un autre monde sain et juste ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver une géopolitique anti-impérialiste et internationaliste ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un véritable partage des richesses produites par tous destiné à faire disparaître pauvreté et précarité alimentaire, sanitaire, intellectuelle ?

Je pourrais poursuivre longtemps ce genre de questions…

L’unitéééé avec le PS et ses bagages accompagnés est IMPOSSIBLE désormais !

L’unitéééé avec les « modérés » de la droite et du centre est IMPOSSIBLE désormais !

JAMAIS PLUS – vous entendez ? JAMAIS PLUS – je ne voterai pour un-e candidat-e du PS, quelles que soient les circonstances ! Le FN a grossi – et nous menace – largement À CAUSE de l’action du PS depuis des décennies. Alors PLUS JAMAIS je ne serai ce citoyen affolé, halluciné, qui choisit le cancer pour ne pas subir la peste…

Et PAS QUESTION non plus pour moi d’appuyer in fine un Alain JUPPÉ parce qu’il serait moins détestable qu’un HOLLANDE, qu’un SARKOZY, qu’une LE PEN ou que je ne sais qui d’autre…

Soit il y a en lice, au premier tour, un, une ou des candidat-e-s qui portent nos espoirs et notre détermination pour rebâtir un monde de liberté, d’égalité et de fraternité donc de partage, de justice et de paix, et qui gardent une crédibilité, et je voterai encore pour eux. Soit il n’y a que des arrivistes, des carriéristes, des politicien-ne-s madré-e-s, aussi détestables que ceux ou celles qu’ils disent affronter, qui se sont employés depuis des mois à fabriquer des alliances parfois indignes (indignes parce que ne reposant pas sur autre chose que des intérêts personnels, très éloignés d’un projet de reconstruction politique au sens noble du terme), et alors je ne me déplacerai même pas.

Comme je n’ai aucune illusion et que je crois être assez conscient de la réalité que nous vivons, en décembre pour les Régionales, j’agirai comme je l’ai déjà fait en 2014 pour les Départementales. Au second tour, je serai un abstentionniste puisque le vote blanc ne sert à rien.

Inutile de venir me faire la leçon. J’ai toujours voté à toutes les élections sans exception depuis que j’ai l’âge de le faire. J’ai 40 ans. J’avais souvent à l’esprit moi-même les arguments qu’on oppose aux abstentionnistes et cela me motivait parfois pour préférer voter « blanc ». Mais aux Départementales, pour la première fois, j’ai préféré m’abstenir au second tour. S’abstenir est aussi un choix et porte un message. Parmi les abstentionnistes, il y a bien sûr celles et ceux qui se contrefoutent de la politique depuis toujours mais leur nombre est résiduel. L’immense majorité des abstentionnistes sont des citoyen-ne-s éveillé-e-s mais très contrarié-e-s et qui hurlent ainsi un message très clair.

Cette fois, aux Régionales, c’est dès le premier tour que je m’abstiendrai car ce que je vois, ce que je lis et ce que j’entends est très loin de correspondre aux idées que je me fais de l’avenir dont nous avons besoin. Alors faute de pouvoir influer moi-même sur les évènements, je me retire sur l’Aventin… avec une cohorte de citoyen-ne-s désabusé-e-s, écoeuré-e-s, extrêmement contrarié-e-s MAIS PAS DÉSESPÉRÉ-E-S !

Nous ne sommes pas seulement des victimes de forces contre lesquelles nous ne pouvons rien. Nous sommes aussi des victimes de notre refus de nous libérer. Le principe de la servitude volontaire….

C’est à nous de prendre désormais notre vie en mains, malgré le système qui tend à nous dissuader de le faire, malgré les contraintes qu’on nous impose et les coups de fouet qu’on nous inflige.

Des milliers de gens ont abandonné la politique qui se fait sur la « scène » politique mais n’ont pas abandonné la politique pour autant, la politique au sens noble. Ils en font aussi en repensant le monde et en menant des alternatives radicales et concrètes chaque jour, dans leur vie, dans leur entourage.

Je l’ai déjà dit, je le répète. Ce n’est pas au niveau macro-politique que nous inverserons la course fatale. C’est au niveau le plus local, quand nous serons des millions à avoir compris et à avoir commencé à changer nos modes de vie, notre façon d’habiter la terre et réussi à faire en sorte que nos pratiques quotidiennes soient en résonance avec le diagnostic que nous avons fait et que nous aurons essaimé.

Ce n’est pas le PG, le PCF, le Front de Gauche qui changeront le monde.
Ce n’est pas davantage l’UPR, le M’PEP, le PRCF, le NPA ou je ne sais qui d’autre dans la galaxie institutionnelle des partis.

C’est NOUS !

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2 réflexions sur “ L’unitééééé est-elle l’unique solution à appliquer pour empêcher le désastre ? ”

  1. Vous avez raison , en partie ,car il y a des gens dans la gauche éco- socialiste ,la gauche alternative, la vraie gauche, appelez la comme vous le voulez , il y a des gens capables d’entrainer les autres d’analyser , les situations alors ne les sous- estimons pas mais au contraire aidons- les .
    Et essayons de vivre selon nos idées ok

  2. … tout à fait d’accord sur la première partie de l’analyse mais, in fine, on n’abandonne pas un poste de combat : on ne fuit pas « L’Humain d’abord » au 1er tour…

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