Ah, si Frédéric Lordon pouvait inspirer Jean-Luc Mélenchon !

Jean-Luc Mélenchon…

Un des meilleurs moyens pour faire en sorte que le peuple approuve le plan B et les alternatives en discussion (parmi lesquelles la sortie pure et simple de l’euro ou même de l’UE), serait peut-être que toi-même, tu défendes enfin clairement cette idée devant le peuple, que tu la portes haut comme étant le résumé de toute l’argumentation convaincante que tu exposes déjà depuis longtemps.

Frédéric Lordon nous appelait collectivement samedi – à moins qu’il ne t’appelle surtout toi-même…- à faire de ce discours de rupture claire et franche « le cœur d’une anticipation raisonnée qui pourrait nous faire gagner du temps en nous faisant parcourir, par la pensée, le processus du plan A pour se rendre immédiatement à son terminus.« 

Vois-tu, ne manque en effet, dans tes discours, que le signal du combat. Aussi longtemps que tu n’oseras pas, ou refuseras obstinément, de dire ces quelques mots, beaucoup continueront de croire que tu n’es qu’un adepte de la « réforme » de l’UE, qu’à l’instar de tant d’autres, tu souhaites « une autre Europe » au sens où on l’entend depuis des décennies de la part de ceux-là même qui nous ont mis là où l’on est !

Tel Frédéric Lordon, je ne crois pas un seul instant que l’on puisse démocratiser l’euro qui, ainsi qu’il l’a dit avec humour, « a autant de réalité qu’un cercle carré ». Il ne s’est pas contenté d’ironiser avec insolence ; il a expliqué, arguments puissants à l’appui, pourquoi on ne démocratisera jamais l’euro qui est né sous le berceau du coup de force.

Et en conséquence de cela, je ne crois pas que « sortir de l’euro » suffira, car si l’on sortait de l’euro et que l’on restait dans l’UE (ce qui, au passage est une incongruité quand on lit les traités qui lient bien l’un et l’autre, sauf pour quelques cas d’États qui ont bénéficié de dérogations), nous continuerions à subir tout l’ordonnancement juridique socialement nuisible, radicalement antidémocratique, et diplomatiquement dévastateur de l’UE.

Marina Albiol, députée européenne d’Izquierda Unida, a été bien inspirée de faire remarquer que « la monnaie n’est pas tout« , que nous étions déjà sous régime libéral et capitaliste avant d’avoir l’euro, et qu’il ne suffira pas de sortir de l’euro pour que tout s’arrange. Il faudra faire bien plus… Ce « bien plus », c’est sortir de l’UE, totalement et définitivement !

Parce que le juriste que je suis connait un peu les traités, sait bien que tout est solidement verrouillé, et que jamais on ne pourra modifier une virgule de cet ordonnancement juridique, fut-ce en mettant notre contribution financière à l’UE dans la balance, nous devons nous échapper, nous évader, de cette nouvelle Alcatraz.

Tu l’as exposé toi-même. Nous pouvons faire tout autre chose sans que la sortie de la France de l’UE signifie un renfermement sur nous-mêmes. Ce n’est pas au nationalisme auquel nous aspirons. C’est tout le contraire : l’internationalisme, mais le vrai, pas l’imaginaire dénoncé à juste titre par Frédéric Lordon. Nous voulons respirer de nouveau et pour cela, nous devons retrouver notre IN-DÉ-PEN-DAN-CE totale, pour pouvoir ensuite, immédiatement après notre sortie « sèche », entamer toutes les négociations nécessaires avec nos partenaires, dans un cadre bilatéral ou multilatéral. La France a vécu sans l’UE hier et elle revivra sans elle demain, sans drame. Le « nouvel indépendantisme français » que tu as brillamment présenté par ailleurs est cela. Alors pourquoi ne réserves-tu ces propos qu’à des cercles restreints de spécialistes ?

Tu as aussi rappelé dimanche que les grands projets européens datent d’avant l’euro et qu’ils n’ont pas été conçus dans le cadre des « communautés européennes » mais dans celui de programmes de « coopération intergouvernementale », c’est-à-dire en dehors des structures communautaires, directement entre États.

Frédéric Lordon a eu l’occasion de le rappeler, lui aussi, en parlant de tous les liens à tisser, ou à développer pour ceux qui existent déjà.

Marina Albiol, encore elle, disait, à juste titre, qu’il fallait « sortir du capitalisme« . Ce n’est pas qu’un mantra. Ça dit beaucoup de choses. Certes, des masses de gens ne sont pas encore convaincues de cela, même si elles ont de plus en plus conscience que les malheurs qu’elles vivent résultent du capitalisme. Elles ne sont pas encore convaincues de la sortie du capitalisme sans doute parce qu’elles ne discernent pas les traits de l’autre société qu’on veut lui substituer.  Or nous avons beaucoup à dire et à proposer sur ce point. Nous le faisons depuis des années mais nous devons employer d’autres moyens pédagogiques que notre habituel discours qui n’a pas l’effet escompté. Sur ce sujet précis, Podemos montre la voie et Pablo Iglesias a eu l’occasion de nous expliquer, dans une vidéo, pourquoi nous faisons fausse route et comment on peut trouver des solutions efficaces. Et il y a aussi Tatiana J., Johann E. et Tommy L. avec le Fil d’Actu qui ouvrent la voie. Ce que ces militant-e-s viennent de commencer à mettre en oeuvre avec ce mini JT alternatif est purement génial.

Oui, comme l’ont exposé certains lors du sommet du Plan B, c’est bien tout le système juridique et institutionnel de l’UE qu’il faut déconstruire puisqu’il institutionnalise, dès le premier jour, le capitalisme.

Donc, il faut commencer, pour ce qui te concerne – puisque tu as déjà en magasin toute l’argumentation idoine à l’appui, mais aussi des alliés et une masse de gens prête à te soutenir dès que tu diras « Aux armes citoyens » (je parle au sens figuré, ça va sans dire) – que « ton » plan B à toi n’est pas de tenter de changer l’UE ou de réformer ou de démocratiser l’euro ou le mécanisme institutionnel de l’UE -inaccessible utopie- mais de nous libérer d’elle.

Faisant cela, tu perdrais des « amis-e-s » et des soutiens mais tu en gagnerais sans doute d’autres, beaucoup d’autres !

J’en finirai par ce dernier élément : peu importe -voire tant mieux !- que tu perdes le soutien de tel parti (le PC par exemple) ou de telle personnalité politique (Pierre Laurent ou Cécile Duflot au hasard), peu importe même que certains du PG te voient alors « dériver » vers le « gauchisme » ou le « rouge-brun » (insultes que nous recevons si souvent) car tu te seras alors mis à l’heure du peuple et tu seras à l’unisson avec lui,  et tu ne tarderas pas à en cueillir très vite les fruits en plus de dévitaliser totalement ce FN qui nous fait tant de mal et qui légitime tant nos maîtres qui s’en servent pour nous faire tous chanter… Cerise sur le gâteau, en étant médiatiquement le vilain petit canard, en étant, a priori, rejeté de toutes parts par « les tiens », tu serais rapidement perçu comme l’Alternative, la vraie. Rappelle-toi l’expérience de Chirac de 1993 à 1995… Lâché de toutes parts, « trahi » par ses plus proches, « seul et isolé », c’est lui qui a battu le candidat du système, Balladur, avant de l’emporter face à Jospin. Je crois que tu peux rééditer cette expérience.

Tu auras sans aucun doute à rivaliser avec un « candidat unique de la Gauche » que la primaire aura désigné contre toi, et surtout contre tout risque de voir l’Alternative prendre tournure. Mais tu seras alors, aux yeux du peuple – à condition aussi que tu dises ce qu’il faut dire…- le recours.

Relis ces mots que Frédéric Lordon a dits dans son intervention de samedi :
« Et de quelle alternative parlons-nous ? De la seule en réalité capable de faire une différence radicale, une de ces différences que le corps social crève de ne plus jamais se voir proposer sur la scène des partis dits de gouvernement, désormais réduits à la grille continue de la droite générale. C’est bien pourquoi mort de faim politique, le peuple se jette avec avidité sur la moindre différence qui passe dans son champ de vision, fut-ce la pire, la plus mensongère, portée par les plus immondes démagogues car au moins c’est une différence et que, par là, il a le sentiment de respirer à nouveau.« 

Jean-Luc, travailler en étroite collaboration avec Frédéric Lordon serait une arme de conviction massive…

Ce qu’il faut que tu fasses, ce n’est pas de courir après la gauche, mais plutôt de trouver le moyen de ramener aux urnes, et si possible en ta faveur, cette moité d’électeurs qui les ont boudées aux dernières élections… Pour cela, tu ne dois pas parler à la Gauche mais à la France.

À partir du moment où tu auras clairement appelé à sortir de l’UE, je ne doute pas que les 55% de Français qui ont voté NON au TCE en 2005 s’intéresseraient de près à ce que tu dis ; et que parmi eux une grande partie finirait par te soutenir si tu persévérais dans ce positionnement-là !

Nous sommes hostiles au monarchisme de la 5e et nous sommes les plus ardents défenseurs d’un changement de régime que nous désignons sous le vocable de « 6e République » et dont nous voulons qu’il fasse « Place au peuple ».

Mais sauf à ce qu’une révolution intervienne avant et ne balaye ce régime honni, il nous faut, si l’on veut avoir quelque chance d’influer sur le cours de notre destin, gagner la présidentielle d’abord, les législatives ensuite. La première étape implique de te faire élire et pour cela, on doit se soumettre au système électoral présidentialiste. On doit donc avoir un candidat  solide, capable de rassembler le peuple et de porter un projet de rupture avec l’Ancien régime.

Je suis de ceux qui pensent que tu dois devenir officiellement candidat et le plus vite possible, en ton nom propre et non en celui du PG ou de quelconque parti, cartel, clan, union de partis, rassemblement de quelque nature que ce soit. La 5e République, tu le sais bien, c’est la rencontre d’un homme et d’un peuple. Je sais bien moi-même que cette idée-là défrise la Gauche qui est adepte du collectif. Mais le « collectif » se fera aussi, autour de toi. Les organisations politiques se positionneront comme elles le veulent. Certaines te soutiendront, d’autres te seront, de manière virulente, hostiles. Tant mieux disais-je plus haut ! Candidat « hors-système » bien que maîtrisant ce système, tu seras en bonne position pour plaire au peuple.

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8 réflexions sur “ Ah, si Frédéric Lordon pouvait inspirer Jean-Luc Mélenchon ! ”

  1. Vu l’intervention qu’il a fait derrière les questions de la salle, pour reprendre Lordon ensuite car bien évidemment la question du Plan B était à prendre d’abord par le biais politique, avant les méthodologies d’experts pour engager le bras de fer avec l’ordo libéralisme et la Troïka, je pense qu’il est plutôt complètement d’accord. Mais comme il voit d’un très bon œil la suite à Madrid en février avec des organisateurs plutôt réformistes comme Podemos et Varoufakis (il y avait du Podemos dans la salle, les Portugais s’étant excusés pour cause d’élections), je reste dans l’expectative. Car je sais que tu as remarqué qu’il n’a donné lors de son discours de clôture, aucune tendance générale, pour une raison de respect du jeu démocratique à égalité avec les autres pays impliqués. Ce qui est un peu normal. Le seul viatique réel pour me dire qu’il va dans le bon sens, est que Zoé était le fleuron de cet événement, qui n’est plus dans un parti Grec mais elle a donné ouvertement ses préconisations sur une longue reprise historique concernant Syriza, la montée et son gouvernement (en anglais surtout). Tout cela pour dire que les circonstances étant ce qu’elles sont, je pense qu’on est plus proche d’une sortie négociée selon la théorie de l’escalade que j’aie toujours indiquée (Jacques généreux), plutôt que dans l’hypothèse d’une négociation interne. Ne serait-ce que parce que mécaniquement, le jour où un état de l’UE, si possible la France avec ses 18% de PIB et 20% de fluctuations de marché, décide d’entrée de jeu qu’elle se met en dépôt de bilan de la dette, à mon sens, les jeux sont faits !

    Je retiens une chose essentielle : l’idée que cet État en question ou des États à certains de l’Europe du Sud, dont parmi eux l’Espagne et la Portugal (hum), donne le la, aussitôt repris par le front international de la résistance du Plan B, me conforte dans l’idée que derrière les monnaies nationales restituées il y ait l’esquisse d’une Europe des Peuples ainsi lancée, est, comme tu le sais, un scénario qui me tient à cœur.

    Mais attention Vincent. Le Plan A est encore sur la table (Jacques Généreux).

    1. Pourquoi, après tant de réflexions sur les modalités et possibilités d’un plan B, accepter tel une évidence une pensée comme, je cite : « il nous faut, si l’on veut avoir quelque chance d’influer sur le cours de notre destin, gagner la présidentielle d’abord, les législatives ensuite. La première étape implique de te faire élire »? Depuis quand une élection fusse présidentielle changera-t-elle quoique ce soit? Syriza en est mort et Podemos est le suivant. L’absence démocratique n’est pas qu’une singularité de l’UE. Elle est partie intégrante du système électoral qui se dit démocratique au sein même de chaque pays membre.
      Poussez donc votre réflexion jusqu’au bout et exigez, entre autre, un système de tirage au sort inspiré des travaux de Chouard.
      Comment me direz-vous? Et bien réfléchissez à ceci : pourquoi un mouvement comme occupy wall street ne l’a en fait JAMAIS occupé? Pourquoi n’a-t-il probablement même pas envisagé de le faire? Pourquoi les indignés se contentent-ils de vivoter dans un parc public?
      Quelques groupes d’un milliers de personnes chacun prennent pacifiquement d’assaut ce qui leur appartient, le parlement, le palais présidentiel, la cour constitutionnelle, la bourse, tf1, antenne 2, etc…
      Qu’ils occupent effectivement les lieux, simultanément, en s’inspirant du modèle islandais, et impose une assemblée constituante TIREE AU SORT avec obligation de discuter, au minimum, de tous les points préalablement prévus tout en laissant à cette assemblée totale liberté de choix. L’occupation durant tout le tant nécessaire, plusieurs mois s’il le faut. Voilà un plan B concret, pragmatique, certainement efficace (l’UE a balayé Syriza avec mépris et haine que fera-t-elle face à plusieurs dizaines d’occupations de tous les lieux de pouvoir, les siens compris, par plusieurs milliers d’occupants résolument pacifistes?).
      Réfléchissez y.
      Ici, en Belgique, nous avons commencé à l’organiser.
      Dans 2 ans, 3 ans peut-être seront nous prêts. Que de telle initiative se prépare partout en Europe et les choses changeront.
      C’est réalisable. Certainement pas moins que de porter UN homme soi-disant providentiel au pouvoir. Et ce sera définitivement beaucoup plus efficace.
      Salutation différente

  2. Deux visions de la lutte contre le capitalisme sont en présence.
    Celle, internationaliste, qui pense que toute sortie de l’UE est un désaveu de l’unité des travailleurs (npa et lo, et autres groupes trotskistes).

    Celle qui pense que sortir de l’UE est indispensable mais au risque de se voir taxer de « nationaliste ou conservatrice », ce qui est totalement faux évidemment.

    Pour le 2ème cas faut il rappeler que LO prônait l’abstention au traité de Maastricht(passé d’extrême justesse) afin de ne pas voter avec le FN (Non)…Ce traité était pourtant clair car il mettait en cause (et en casse) un pan énorme des acquis des travailleurs (JLM en son temps l’a validé…mais il s’en est expliqué, ou plutôt a fait « acte de contrition »..ce qui est déjà pas mal par les temps qui courent).

    Or le capitalisme sévit, que ce soit au sein d’une nation ou que ce soit au sein d’un ou des continent (l’Europe et ailleurs).

    Reste à savoir de quelle manière il est plus « aisé » de le combattre. Au sein d’une nation avec des institutions indépendantes et des populations plus proches des décisions. Ou au sein d’un continent, l’Europe, avec des institutions absolument antidémocratiques, non élus, éloignées, qui mènent la danse.

    Reste à affronter l’avant garde des valets du capitalisme constituée par toute une frange de la bourgeoisie en France. Sortir de l’UE c’est s’exposer au déclin par la hausse vertigineuse de l’inflation.
    Ce qui est faux, surtout pour un pays comme la France, 6ème puissance économique mondiale, et alors que d’autre nations européennes non imbriquées dans l’UE s’en sortent plutôt bien.
    Mais et surtout « l’indépendance » serait gage d’un débat politique revivifié, sorti de sa médiocrité actuelle, avec une puissance populaire autrement réactivée.

    Je me suis souvent posé la question (et me la pose encore): « pourquoi JLM n’affirme t’il pas en effet la nécessité de sortir de cette UE ». Certes la révision des traités peut être un objectif. Mais les gens n’y croient pas trop (je pense), et ont du mal à les appréhender malgré tout .

    La règle de l’unanimité (inscrite dans ce foutu traité de Maastricht) qui sévit au sein de l’UE est fer de lance du capitalisme intra UE. La France peut désobéir aux traités. Mais il faudrait en refonder d’autres ( ok la France pourrait être élément moteur, encore faut il que « spontanément » les peuples, manipulés depuis des lustres, suivent le mouvement…). Une nation « totalement indépendante » est beaucoup plus convaincante vis à vis des autres peuples qu’un groupe de femmes et d’hommes réunis dans une institution extra nationale, fut ce pour quelques uns pour la bonne cause.

    On peut être « nationiste-internationaliste ». Une 1ère démocratie enfin pour reconstruire le corps social rudement malmené par le capitalisme quel qu’il soit (libéral,ultralibéral,néolibéral).

    1. « Je me suis souvent posé la question (et me la pose encore): « pourquoi JLM n’affirme t’il pas en effet la nécessité de sortir de cette UE ».  »

      Tout bonnement parce qu’il ne pouvait pas se mettre en porte-à-faux et confirmer le positionnement du Front national (dessin de Plantu front contre front) ce qui lui était totalement interdit par ses alliances du Front de Gauche et de son parti le PG. Maintenant qu’il s’est libéré de l’un et de l’autre, il n’a plus ce prétexte pour ne pas vouloir sortir de l’Union européenne. Quoique, faudrait-il que son coordinateur de campagne qui est Jacques Généreux l’accepte lui-même, ce qui est loin d’être une évidence, car a priori et cela a été démontré lors de son intervention à la présentation du plan B, celui-ci est encore dans la pertinence du plan A, c’est à dire dans l’espérance d’une négociation possible avec les tenants de l’austérité Bruxelles et l’Allemagne, ceci afin de ne pas abandonner l’Euro. Frédéric Lordon ayant contredit tout l’exposé de Jacques Généreux le même jour et sur la même estrade, je crois que « le mariage de la carpe et du lapin » soit la situation improbable à laquelle nous allons devoir nous soumettre faute de nous convaincre, ce qui est fort dommage, mais le vœu que Vincent Christophe formule de voir Frédéric Lordon et Jean-Luc Mélenchon collaborer ensemble me parait pour le moins compromis, et je crois que l’ego des deux hommes soit trop puissant pour espérer une association quelconque, je le redit cela est fort dommageable pour la France et plus prosaïquement pour la gauche radicale à laquelle nous appartenons. L’argument que Jean-Luc Mélenchon nous opposera, sera le suivant : ce n’est pas à moi à le décider, mais au peuple français, ou l’art de se mordre la queue et de s’interdire de gagner.

  3. Pourquoi, après tant de réflexions sur les modalités et possibilités d’un plan B, accepter tel une évidence une pensée comme, je cite : « il nous faut, si l’on veut avoir quelque chance d’influer sur le cours de notre destin, gagner la présidentielle d’abord, les législatives ensuite. La première étape implique de te faire élire »? Depuis quand une élection fusse présidentielle changera-t-elle quoique ce soit? Syriza en est mort et Podemos est le suivant. L’absence démocratique n’est pas qu’une singularité de l’UE. Elle est partie intégrante du système électoral qui se dit démocratique au sein même de chaque pays membre.
    Poussez donc votre réflexion jusqu’au bout et exigez, entre autre, un système de tirage au sort inspiré des travaux de Chouard.
    Comment me direz-vous? Et bien réfléchissez à ceci : pourquoi un mouvement comme occupy wall street ne l’a en fait JAMAIS occupé? Pourquoi n’a-t-il probablement même pas envisagé de le faire? Pourquoi les indignés se contentent-ils de vivoter dans un parc public?
    Quelques groupes d’un milliers de personnes chacun prennent pacifiquement d’assaut ce qui leur appartient, le parlement, le palais présidentiel, la cour constitutionnelle, la bourse, tf1, antenne 2, etc…
    Qu’ils occupent effectivement les lieux, simultanément, en s’inspirant du modèle islandais, et impose une assemblée constituante TIREE AU SORT avec obligation de discuter, au minimum, de tous les points préalablement prévus tout en laissant à cette assemblée totale liberté de choix. L’occupation durant tout le tant nécessaire, plusieurs mois s’il le faut. Voilà un plan B concret, pragmatique, certainement efficace (l’UE a balayé Syriza avec mépris et haine que fera-t-elle face à plusieurs dizaines d’occupations de tous les lieux de pouvoir, les siens compris, par plusieurs milliers d’occupants résolument pacifistes?).
    Réfléchissez y.
    Ici, en Belgique, nous avons commencé à l’organiser.
    Dans 2 ans, 3 ans peut-être seront nous prêts. Que de telle initiative se prépare partout en Europe et les choses changeront.
    C’est réalisable. Certainement pas moins que de porter UN homme soi-disant providentiel au pouvoir. Et ce sera définitivement beaucoup plus efficace.
    Salutation différente

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