Jean-Luc Mélenchon 2017 : un candidat pour l’emporter cette fois !

Je vois déjà les titres de la grande presse :

« Le nouveau Mélenchon est sorti ! »

« Mélenchon renie la Gauche ! »

« Le fougueux Mélenchon de 2012 s’est mué en un candidat plus raisonnable »

Voici ce que j’en pense, avec un propos en deux temps…

1/ Mélenchon n’est plus le tribun du « bruit et de la fureur »…

Jean-Luc Mélenchon a su, avec son discours du « bruit et de la fureur » en 2012, rassembler la Gauche radicale. Nous l’avons aimé avec son ton percutant et enflammé. Moi-même, je n’ai jamais été dérangé par la virulence de certaines de ses diatribes. On en avait besoin ! Le peuple de Gauche en avait besoin !

De toute façon, personne n’imaginait alors qu’il accédât à la Présidence de la République. C’était trop tôt et une partie de son discours (notamment sur l’Union européenne) ne collait pas aux attentes du peuple français.

Par ailleurs, que les partis du Front de Gauche – et le PC en premier lieu – soient les principaux artisans de la campagne, garantissait à coup sûr un échec final. Car aussi difficile à accepter que cela puisse l’être pour nos camarades communistes, jamais plus une majorité de notre peuple n’acceptera de voter pour des « communistes » ou pour des gens leur étant directement liés. Plus vite on comprend la réalité dans laquelle on vit, plus vite on se met en situation de la surmonter !

Jean-Luc Mélenchon a enfin choisi de se libérer des partis. Tant mieux ! Désormais, il est libre de parler au peuple tout entier sans être perçu comme chef de clan. Le collectif va prendre une autre tournure. Au lieu d’Assises entre partis, de réunions en comités restreints de militants, ou grandes journées entre VIP, ce collectif sera un dialogue direct entre Jean-Luc Mélenchon et le peuple, d’abord via sa plateforme, ensuite par des rencontres directes entre Jean-Luc Mélenchon et le peuple, et ceux qui luttent au premier chef !

Jean-Luc Mélenchon a enfin choisi de durcir clairement le ton face à l’Union européenne et dit clairement aujourd’hui sa volonté de « sortir des traités » ce qui n’est pas tout à fait la même chose que de défendre l’idée d’y « désobéir » seulement. La désobéissance n’avait aucun sens et elle était ressentie comme une marque de duplicité par beaucoup. La situation étant ce qu’elle est, il ne pouvait y avoir qu’un échappatoire : la libération, la déclaration d’indépendance, la rupture des chaines…

Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon a manifestement bien intégré ces deux exigences-là et c’est la raison pour laquelle le soutien populaire est au rendez-vous. À l’heure où j’écris ces lignes (dimanche 14 février 2016 à 16h06), le compteur sur JLM 2017 indique 36 562 signataires. En moins de trois jours !

Ce chiffre, c’est à peu près 10 fois l’effectif du PG ! Je ne connais pas le nombre de membres du PCF mais le nombre des soutiens à Jean-Luc Mélenchon va très vite dépasser le nombre total des militants de toute la Gauche.

Il n’est pas seul contrairement aux péroraisons meRdiatiques et aux discours de certains concurrents.

Depuis quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a adopté un ton bien plus doux que par le passé. Alors même que j’appréciais le ton incisif et virulent, j’apprécie tout autant le ton plus suave. Et je crois que ça va donner de lui une image plus positive. Des millions de gens qui ne sont pas des enragés apprécieront sans doute bien plus un homme posé, calme, et déterminé, plutôt qu’un tribun brillant dans ses démonstrations mais sans doute un peu trop rugueux à leurs yeux (aux leurs, pas aux miens, j’insiste !). Or ce sont eux, les Français, qui feront de lui le prochain Président de la République, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous les militants enragés !

2/ Mélenchon n’est plus le candidat de la Gauche…

Il est incontestable que Jean-Luc Mélenchon a abandonné les habits du leader de la Gauche, représentant directement les partis de la Gauche, parlant à la Gauche, pour chausser les bottes de celui qui va affronter un torrent impétueux pour aller chercher aussi les électrices et les électeurs de l’autre rive.

Cette situation pose-t-elle un problème ? Ce serait le cas si Jean-Luc Mélenchon se reniait, s’il abandonnait son projet de révolution citoyenne, institutionnelle, économique, géopolitique pour adopter un discours centriste de nature à plaire aux modérés, à nos concurrents ou pire, à nos ennemis de toujours.

Avez-vous perçu cela ? Pas moi ! Tout au contraire !

Certes il ne parle plus de « gauche » à chaque minute et n’est plus le candidat du Parti de Gauche ou du Front de Gauche, mais c’est tant mieux ! Cela, c’était le cloisonnement, la prison dorée, l’encasernement d’un homme qui ne pouvait être entièrement lui-même parce que des soutiens auraient refusé de continuer à le soutenir s’il avait dit telle ou telle chose déplaisante à leurs yeux ou s’il avait eu le malheur de choisir des routes sortant du périmètre bien balisé par eux !

Aux dernières élections européennes, le projet du Front de Gauche était tellement nul que nous avons pris une belle raclée électorale. Elle fut méritée ! Et qui a été le principal boulet ? Non, ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon ! Je ne citerai pas une nouvelle fois le coupable principal mais chacun sait à qui je pense et pourquoi on peut penser cela…

Pour rassembler tout un peuple, il ne faut pas être un candidat des partis mais celui du peuple ! C’est d’autant plus vrai en 5e République !

Jean-Luc Mélenchon, désormais, est libre. Il n’aura pas à demander à qui que ce soit l’autorisation de penser à côté ou de parler comme il veut et n’aura plus à rendre de comptes aux partis et à leurs chefs mais au peuple seul. Question respect de la démocratie, c’est tout de même beaucoup mieux !

Pour notre part, citoyen-ne-s et militant-e-s, nous sommes libres également de soutenir Jean-Luc Mélenchon, de le suivre, de l’appuyer aussi loin que possible et aussi longtemps que nous nous retrouverons en lui, comme nous avons la liberté de le quitter s’il dérivait… Notre loyauté sera maximale mais pas à n’importe quel prix ! Je suis convaincu qu’il le sait et qu’il en tirera les conséquences…

L’avantage de cela, pour lui, comme pour nous, est que nous ferons ce que nous jugeons bon de faire, sans être contraints par des prescriptions ou des interdictions, sans avoir à attendre des consignes ou des autorisations. Ni lui, ni nous ! Chacun, à sa place, restera libre de ses choix. Pas besoin d’imposer une discipline qui d’ailleurs ne saurait être admise par les fortes têtes que nous sommes ! Chacun de nous jugera en conscience ce qu’il est judicieux de faire. Chacun de nous jugera en conscience ce qu’il est opportun d’éviter. Et chacun de nous ne manquera pas de discuter avec les autres pour les principales actions collectives. Mais la liberté règnera pour tous ! C’est ainsi que nous serons nombreux à agir ensemble. Le cartel des partis est valable pour une élection ordinaire (législative, municipale…) mais ne l’est pas pour une présidentielle en 5e République !

Alors  certains accusent déjà Mélenchon de dérive autocratique et d’être pris à son tour par la geste gaullienne. Certains hurlent même déjà au césarisme et au bonapartisme (oui, je l’ai lu !) mais j’estime inutile de répondre à de tels délires. « Il ne faut pas parler aux cons, ça les instruit » recommandait Audiard ! Et on peut vire très bien sans s’entourer de cons, à moins qu’on soit habitué de certains cercles. La première accusation ne mérite d’ailleurs pas de réponse détaillée tant elle est grotesque. Ceux qui la défendent sont ceux qui ne tolèrent pas que Mélenchon ne soit pas la chose des partis, cet objet qu’ils manipuleraient à leur convenance.

S’agissant de la seconde accusation, elle n’est pas infondée car il doit bien y avoir de cela. Je pense en effet que Mélenchon s’inspire du général de Gaulle en ce sens qu’il ne veut plus être l’otage du régime des partis. Mais c’est une excellente chose que cette évolution-là !

La question à se poser est alors celle évoquée plus haut : a-t-il pour autant changé son discours sur le fond ? A-t-il renié ce qu’il est, d’où il vient et là où il veut aller ?

Pas du tout !

Il porte les mêmes idées qu’il a toujours défendues depuis qu’il fait de la politique, celles-là même qui défendent le peuple, son honneur, sa souveraineté, sa démocratie, sa République, ses droits et libertés, son droit au bonheur quotidien, son droit à être traité avec égalité et justice…

Alors cette fois-ci, on tient le bon bout !

Je crois que l’on va rassembler la Gauche mieux qu’on ne l’a fait en 2012. Pas celle des partis et des appareils, c’est évident, mais celle du peuple et c’est bien là l’essentiel !

Et je crois aussi que l’on va rassembler très au-delà car un nombre considérable de Français qui ne se sentent pas « de gauche » viendront nous aider et voteront pour nous. Une partie des gens dits de droite le feront. Je crois que le FN va se dévitaliser au fur et à mesure que Mélenchon avancera ses pions et ses idées. Car le FN a largement grandi sur nos inconséquences à gauche, lesquelles avaient été fustigées par nombre de nos amis (je pense à Aurélien Bernier par exemple).

Oui, pour gagner en 5e République, il faut un leader charismatique, nous l’avions en 2012 mais c’était insuffisant !

Il faut un beau projet, crédible et progressiste, nous l’avions en 2012 mais c’était insuffisant !

Il faut aussi un peuple déterminé à se rassembler parce qu’il se retrouve dans cet homme et dans ce projet et cela nous n’y étions pas en 2012, pour de multiples raisons que j’ai déjà évoquées plusieurs fois. Mais il semble bien que cette fois, pour cette nouvelle séquence électorale présidentielle, notre candidat ait intégré les préalables requis à sa victoire.

Jean-Luc, à toi de poursuivre la route entreprise en sachant ne jamais dévier. Pour notre part, les ordinaires, les Français d’en bas, les gueux, les pauvres, tous ces gens de condition modeste mais d’ambition démesurée pour notre pays, pour notre continent et pour le monde puisque nous voulons rien moins que les transformer tous pour les mettre sur la voie de la paix, de la concorde civile, de l’harmonie et du bonheur, eh bien, nous allons prendre notre part du travail immense à accomplir.

Oui, nous allons « vider la mer » ou « déplacer la montagne » avec nos petites mains et les quelques outils que nous aurons à notre disposition. Parce que nous croyons qu’avec toi, nous vivrons mieux demain.

Nous croyons en ta bonne volonté et ta bonne foi. Mais ne nous déçois pas. Ne nous trahis pas. Ne nous abandonne pas. Parce qu’alors, notre colère ne t’épargnera pas.

Mise à jour du 19/02/2017 à 12h30 : j’ai le plaisir immense et la fierté de voir ce billet publié ce jour dans Le Grand Soir. Il est ici.

Mise à jour du 19/02/2017 à 13h20 : Europe 1 explique le phénomène que j’avais pressenti dans mon billet ci-dessus. Voir ici.

 

La France insoumise JLM 2017
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5 réflexions sur « Jean-Luc Mélenchon 2017 : un candidat pour l’emporter cette fois ! »

  1. De plus, je suis persuadée que la démarche de JLM va rallier bon nombre d’abstentionnistes fatigués par les querelles partisanes alors qu’il n’a jamais été aussi urgent de se mobiliser face à une situation où les êtres humains sont pris en otage par les multinationales qui achètent les gouvernements. Oui, il est impératif de sortir du traité transatlantique et de donner à nouveau tout son sens à la démocratie. Je fais confiance,pour le moment, à JLM. De toute façon, quelle autre alternative avons- nous.?Il faut oser et, après tout, nous ne sommes pas mariés avec lui.

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