La tambouille des intellectuels, une vraie sinécure ! Par Claire BOUTHILLON, le 23/02/2016

Paul Jorion avait publié sur son blog, le 11 février dernier, un billet intitulé « Jean-Luc Mélenchon saborde officiellement l’initiative de primaire pour la gauche » pour dire pourquoi il ne croyait pas en l’avenir d’une candidature de Jean-Luc Mélenchon et pourquoi il préférait soutenir un Thomas Piketty.

Hier, lundi 22 février, Paul Jorion a publié cette fois, sur son blog, un billet « invité » écrit par François Fièvre. Cet auteur, lui, n’est pas d’accord avec ce choix de Jorion. Il défend, au contraire, la pertinence de la candidature de Mélenchon. Ce dernier billet a été inspiré notamment par le passage de Jean-Luc Mélenchon dans l’émission « On n’est pas couchés » de Laurent Ruquier, ce samedi 20 février 2016. Il est intitulé « Mélenchon, Piketty et l’Europe« . La lecture de ce billet et de celui antérieur de Jorion a fait réagir ma camarade Claire Bouthillon…

Et oui, passer ainsi à côté d’une tactique foudroyante pour rassembler à sa façon, c’est ce qui a fait dire à certain que Jean-Luc Mélenchon est « un Pôv’ con » !

On en est encore aux arrangements de l’entre soi…

Je constate une fois de plus que le chemin est difficile pour atteindre la lucidité de l’évidence souveraine en prémices des temps nouveaux.

N’est pas stratège qui veut mais cela se permet de juger et de préjuger façon « Corée du Nord » pour conjurer le vide, dans le sarcasme facile et la caricature…, ou l’insulte. J’espère seulement que cela soulage leurs auteurs, sinon laissons-les à leur macération.

Venons-en à l’usine à gaz :

« Enfin, la perspective d’une candidature de Piketty à côté des candidatures de Mélenchon et de Hollande est celle d’une défaite assurée, par simple éparpillement des voix au premier tour qui empêchera la gauche d’être au second tour. Sans compter bien sûr le fait qu’il y aura très certainement une candidature du PCF, voire d’EELV et du NPA, pour contribuer à diviser l’électorat. En clair : maintenant que Mélenchon a proposé sa candidature, il n’existe qu’une seule solution d’éventuellement arriver à passer au second tour devant les socio-démocrates (au mieux Hollande – argh ! –, au pire Valls ou Macron) : lui apporter son soutien, sans quoi les voix s’éparpilleront nécessairement, et on risque bien d’avoir droit à un second tour Les Républicains / Front national. »

Et revoilà la menace Lepen que Pierre Laurent en bon factotum, continue à porter en bandoulière. Outre le fait que je ne vois pas de candidature Piketty parce qu’il n’est pas assez fou pour s’engager en outsider inconnu du grand public, qu’il n’y aura que des votes symboliques à la marge pour EELV, le NPA et le PCF pour ne pas dire insignifiants quand leurs bases militantes nous rejoignent déjà. Ces appareils ne veulent pas aller au pouvoir. Ils se contentent des miettes de la table et ne considèrent pas la prise de risque. Le grand public sait qu’ils ne veulent pas aller au pouvoir mais en récolter les miettes qui tombent de sa table, même pour ceux et celles qui participent à la Primaire de Gôche du bout des lèvres. Mélenchon n’aura en face de lui de toutes façons que Hollande.

Il est effectivement plus probable que Piketty se rapproche de Mélenchon quoique… Piketty fait un peu comme Hulot, qui pourrait aussi se présenter et qui est bien plus charismatique que lui, mais tous deux picorent là où le vent les portent à se faire voir, un peu comme Varoufakis en ce moment dans un bougisme dérisoire, de ce qui est la gauche molle, plutôt d’ailleurs du côté réformiste, histoire de bien s’éparpiller dans l’espoir d’une vaine reconnaissance publique. Il est plus pertinent d’édifier une dynamique citoyenne qui trace sa propre voie sur l’objectif, claire, identifiable, sans attaches. Là est essentiellement sa force, nourrie de son bon sens populaire en connexion avec un peuple qui sait très exactement ce qu’il veut. Qui en a d’ailleurs certainement plus que marre des hypothèse vaseuses et masturbatoires qui les « envoient au mur ». Il veut du concret.

« Donc oui, Paul Jorion, au risque de vous déplaire, je ne crois pas que Mélenchon soit incapable de gagner. Ou plutôt, je ne pense pas, comme vous en effet, qu’il puisse gagner, à moins que bien des gens, dont Piketty, ne le rejoignent. « 

Pfffft ! Il y a déjà une cohorte d’économistes qui l’ont rejoint qui font un beau bouquet, plus un « maison » avec Jacques généreux qui je l’espère se radicalisera à un moment donné en admettant le Plan B, car je le trouve assez timoré. Il passe à côté des multiples association, collectifs et mouvements qui labourent le terrain et apportent leurs solutions concrètes. Autrement plus efficaces. L’ingénierie me parait plus probable à l’épreuve des faits.

Par ailleurs, on en est maintenant à environ 60.000 adhésions à une proposition de candidature, adhésions qui composent, somme toute, un ratio incroyable à quelques jours du lancement de la campagne virtuelle d’une projection de masse, socle grandissant sur lequel se démultiplieront nos forces jusqu’au moindre village, au moindre quartier, au travers de multiples comités décentralisés en Province en train de se monter. Je ne comprends pas que l’on ne considère que les « experts » et les partis, pour transformer le tir jusqu’aux 500 signatures ? L’effet de levier des syndicalistes qui ont déjà rejoint la marche populaire des insoumis, me parait par ailleurs 100 fois plus mobilisateur qu’une poignée de spécialistes de l’entre soi.

Là encore, n’a pas l’esprit bolivarien qui veut !

Qui en appelle à ces élites de l’intelligence que révolution faite, pour servir ensuite les besoins d’éducation populaire et idéologique et si possible des prospectives inédites ? Car il n’est plus question de reproduire les échecs institutionnelles antérieures, entretenues par les anciennes oligarchies.

Beaucoup de mal à admettre a, ce François Fièvre, parmi ces intellectuels patentés ou autoproclamés, que les élites ne font pas la France, qu’elles se trompent par trop souvent, dépendant d’un système que nous voulons faire sauter. Pas un seul pour rattraper l’autre, même dans la gauche radicale quand on sait qu’elle n’ira jamais au pouvoir, comme le NPA. Dans la liste du « Bal des Faux-culs », il oublie en outre Nouvelle Donne et Ensemble. Il ne voit surtout pas que tout repose sur l’influence et la force de proposition par la bouche de Jean-Luc Mélenchon, qui lui, est parfaitement identifié. Car je viens de remarquer qu’il a acquis une parfaite maitrise comportementale qui ne correspond pas aux adjectifs qui servent à le faire passer pour un excité. Il est devenu imperméable aux provocations (ONPC). Il a « fait son cuir » dans le temps et les douleurs répétées, c’est évident, et il gagnera tout simplement parce que son propre camp n’ayant pas réussi à le tuer, il en est ressorti plus fort ; qu’en portant le deuil de « lui » et des alliances au plus profond de lui, je vois qu’il y a puisé, comme lavé par ses souffrances, une faculté de transcendance réelle, plus émaciée voire dépouillée de ses envies terrestres, plus essentielle, plus idéalement projetée, qui emmène nos consciences dans une vision positiviste, avec tout l’héritage commun qu’il a reçu et qu’il s’apprête à transmettre. Il est devenu… Zen.

C’est dans l’épure que l’on touche à la vérité… Il y est.

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Une réflexion sur « La tambouille des intellectuels, une vraie sinécure ! Par Claire BOUTHILLON, le 23/02/2016 »

  1. Insoumis. Ne pas se soumettre. Ne pas ânonner l’information officielle du moment, d’hier ou de demain. En voilà une bonne idée. Surtout dans le spectacle ambiant, ne pas se donner en spectacle.

    Car prudence. Le spectacle alimente l’ego et l’ego est alimenté par le spectacle. Aujourd’hui il faut un sacré tempérament, et surtout un sacré « appareil » derrière soi (en matière politique évidemment) pour ne pas sombrer sous l’appel des ors de la « république ».

    Beaucoup ont sombré. Pour tout dire, tous partis confondus. Que n’a t’on point reconnu des personnages autrefois bondissants dès que la classe ouvrière était attaquée par l’oligarchie via les partis de la bourgeoisie (la droite de l’hémicycle…les autres attendant le moment opportun…) ?

    Il sont aujourd’hui sous les feux de la rampe et rampent vers ce qu’ils pensent être la richesse absolue: « ‘le pouvoir ».

    Mais allez il faut quand même être objectif. Le mouvement de l’histoire a entraîné une fuite en avant (et en arrière) d’une grande partie de la classe politique en France, en Europe, et dans le monde.

    La chute de L’URSS et de l’équilibre qu’elle occasionnait a forcément réduit le nombre de « révolutionnaires » du coté occidental. Non pas qu’ils étaient pour Staline ou tout autre apparatchik à l’Est, non non. Ils étaient tout simplement « révolutionnaires » et qu’on le veuille ou non les « velléités » de communisme de l’autre coté du mur les y aidaient bien.

    Pour la petite histoire, y compris des « cognitifs » parlent des « ex pays communistes » à l’est. C’est là faire preuve soit d’esprit partisan avec l’occident, soit faire preuve d’une sacrée ignorance. Jamais ces pays n’ont été communistes…faut il rappeler que communisme égal « disparition de l’état », l’ état est transitoire pour installer les fondements du socialisme. On en était très loin. Qui sait si avec de la « démocratie » et le respect des croyances de chacun, le coup n’était pas jouable. Hélas pas de démocratie élargie…

    Bon ben, entre autres peut-être, c’est là qu’ont commencé les emmerdements pour la majorité des populations.

    En France, le PCF a trinqué (les médias et Mitterrand s’en s’ont chargé, chacun à sa manière). La CGT a trinqué. D’aucuns diront que les « staliniens » ont débarrassé le plancher (staliniens les militants ?, j’en doute fortement). Toujours en essayant d’être objectif, le CNPF de l’époque (aujourd’hui MEDEF car moins entaché de la collaboration des années 40), qu’est ce qu’il avait la trouille devant une CGT de 2 millions de syndiqués (pas tous staliniens quand même…)…et que d’acquis!…

    Et puis le PS, en 81, est arrivé au pouvoir grâce au « programme commun » et à l’union « stratégique » avec le PCF auquel il fut accordé 4 portefeuilles ministériels de dixième ordre.

    Ça démarrait bien (nationalisations, etc). Et puis patatras, sans coup férir, v’la la rigueur imposée par Mitterrand. Le début de la fin des espoirs populaires. Ceux qui avaient mené au pouvoir un « parti de gauche ».

    Privatisations, mises en cause des acquis sociaux (déjà), augmentation de la productivité individuelle avec les 35h version Aubry (modération salariale, exonérations de cotisations sociales exorbitantes au patronat, annualisation du temps de travail, et non embauches compensatoires).

    Evidemment il n’en fallait pas plus pour conforter le capitalisme et renvoyer les meilleures intentions idéologiques ouvrières et autres au bercail.

    « Déjà » il n’était pas possible de faire autrement…pas possible qu’ils disaient…mais on aurait du s’en rendre compte par la manière de gérer les « nationalisations » finalement organisées comme des boites privées…partant de là….et bien entendu « sans toucher aux institutions »….

    Bon ben tout ça ça a bien mis la pagaille dans les tetes. Si ça n’était pas arrivé, eh bien M.Le Pen en serait au score de son père à l’époque 0,2%…..c’est fou ce que les gens croient pas trop au « on pouvait pas faire autrement ».

    On en est là mais de manière aggravée. Les forces « révolutionnaires » sont réduites. Les populations manipulées ou désenchantées.

    Un regain « révolutionnaire » semble se dessiner. Les puissances financières d’antan sont encore plus puissantes aujourd’hui. Sauf que les « contradictions » sont toujours là et plus présentes que jamais.

    Le capitalisme s’appuie sur sa puissance financière qui achète tout ce qu’elle peut acheter (médias, partis, syndicats, individus).

    Les populations ont en leur possession les contradictions que décline de plus en plus le capitalisme. C’est une richesse. Il faut la disséquer, l’asservir dans l’intérêt général « anticapitaliste » (pléonasme), et lui faire parcourir toutes les tetes qui ont intérêt à ce que ça change…cela doit passer par l’espoir de ré institutionnaliser ce pays et cela même s’il faut se débarrasser du carcan « capitaliste » (on y revient toujours) européen.

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