IRMA et après ?

IRMA restera-t-elle dans l’Histoire comme un cyclone de “fin du monde” ?

J’oscille entre effroi, empathie, compassion et colère…

Je suis terrifié de ce que nous allons apprendre dans quelques heures…

Bien que nous ayons été prévenus depuis des années sur la certitude que les phénomènes météorologiques dévastateurs allaient non seulement se multiplier mais aussi gagner en intensité au point d’atteindre des valeurs d’ampleur jamais vue dans l’histoire humaine, on est toujours choqué lorsqu’on assiste en direct à ce phénomène, même si l’on est soi-même à plusieurs milliers de kilomètres de l’évènement.

Et j’ajoute que notre ressentiment contre ce que nous appelons souvent l’Empire est basé sur la nocivité des dirigeants de ce pays, aussi bien pour les Américains eux-mêmes que pour le monde entier. Nous savons le mal qu’ils font depuis deux siècles.

Mais c’est le peuple ici qui est victime car, contrairement aux dirigeants, lui n’a pas à sa disposition tout ce qu’il faut pour affronter sans danger le monstre et pour pouvoir ensuite recommencer à vivre une fois celui-ci évaporé.

Les Américains ordinaires qui vont être violemment touchés par IRMA, ceux qui vont mourir ou être gravement blessés, ceux qui vont tout perdre ou perdre beaucoup de leur vie d’avant, dans ces quelques heures de furie climatique d’ampleur biblique, ne sont pas tous des “salauds” au point que l’on se désintéresse d’eux pour la seule raison que depuis trop longtemps leurs dirigeants, eux, sont de vrais salauds !

Non, même si leurs dirigeants sont un peu là à cause d’eux, nous savons bien, nous, combien les dirigeants savent se hisser au pouvoir y compris contre la volonté générale. Cela est vrai aux États-Unis comme ailleurs mais sans doute encore plus aux États-Unis qu’ailleurs ! Les maîtres de l’Empire ne sont pas là où ils sont par la seule volonté authentique et consciente du peuple américain.

Alors, permettez-moi, sans que ce soit une formidable incohérence, de ressentir aujourd’hui cette peur qui m’assaille de découvrir demain l’ampleur des ravages causés par IRMA en Floride et ailleurs aux États-Unis, et de ressentir un sentiment d’empathie et de compassion sincère face au désastre qui s’annonce, sans que je ne renie rien de ma vision géopolitique quant à ce qu’est le régime états-unien et au caractère maléfique de tant des décisions qu’il met en oeuvre.

Oui, les Américains aussi méritent notre empathie et notre compassion. Pas plus que les autres victimes évidemment, mais pas moins.

La différence entre les Caraïbes qui ont été ciblées par IRMA ces derniers jours et la nouvelle cible aux États-Unis, tient à une question démographique. Dans les îles des Caraïbes, ce sont quelques centaines de milliers de personnes qui ont été au coeur du phénomène puisque les îles les plus peuplées (Haïti, Porto-Rico, St-Domingue) étaient aux lisières d’IRMA et non au coeur. Les États-Unis en revanche, et la Floride en particulier, vont la prendre de plein fouet et dans son point le plus violent. Ce sont cette fois des millions de personnes qui deviennent des cibles. Les chiffres sont éloquents : 6 millions de personnes ont été évacuées et 36 millions sont situées dans la zone où il ne faudrait pas être… Vous avez bien lu : 36 millions de personnes !

Il ne peut que se produire des drames jamais vus auparavant, du moins dans ce pays !

Et je n’oublie pas Cuba, et ses 12 millions de Cubains. Eux aussi ont pris IRMA presque de plein fouet. Et je suis affolé de ce qui va en résulter !

J’ignore quelle sera l’étendue des dévastations à Cuba et en Floride, notamment dans ce chapelet d’îles que l’on appelle les « Keys » dont la hauteur n’est pas supérieure à quelques dizaines de centimètres par rapport au niveau de la mer et qui se trouvent exactement au coeur de la ligne du passage du monstre.

Si la côte Est et notamment la mégapole de Miami n’étaient pas dans la zone la plus dangereuse, en revanche toute la côte Ouest et de nombreuses villes dont certaines très peuplées étaient exactement sur la ligne de passage d’Irma.

Les dommages seront sans aucun doute d’ampleur historique, pour ne pas dire biblique. On a déjà vu les ravages dans les Caraïbes. Il est inespéré que le bilan humain soit si faible comparé à l’aspect cataclysmique du phénomène en cause. Pour autant que ce bilan annoncé soit authentique !

Outre que plus de 6 millions de personnes ont été évacuées, ce sont 36 millions d’Américains qui sont dans la zone directement frappée. Car il n’y a pas que la Floride. Plusieurs autres États vont être touchés de plein fouet.

Avec un tel nombre de personnes cibles, cet ouragan ne peut que semer la mort et la désolation sur son passage et rester dans l’Histoire comme l’un des pires jamais connus.

Au-delà de la force des vents absolument folle, c’est la montée du niveau de la mer qui inquiète le plus les autorités des États-Unis et les services de météo et de sécurité civile. J’ai consulté divers organes de presse (CNN, USA Today, Miami Times, des journaux de Tampa et de Naples) et on parle de niveaux de hauteur d’eau pouvant atteindre 15 pieds soit plus de 4,5 mètres de haut dans les zones les plus proches du littoral. Imaginez ce que cela signifie d’avoir entre 2 et 4,5 mètres d’eau dans les rues, dans son jardin… Toutes les habitations n’ont pas deux étages…

J’ai lu sur le site de CNN un article expliquant que plus de la moitié des victimes des ouragans, cyclones et tempêtes tropicales depuis 50 ans ont perdu la vie en raison non pas des vents mais de cette montrée des eaux. Car comme avec un tsunami l’eau arrive avec une force exceptionnelle et détruit beaucoup de constructions sur son passage et charrie avec elle non seulement les débris de ce qu’elle a détruit mais tout ce qui est sur son passage (voitures, bateaux, panneaux, arbres entiers déracinés…) et propulse tous ces « projectiles » sur les constructions qu’elle frôle ou traverse, ce qui ne fait qu’accentuer le phénomène dévastateur comme on a pu le constater avec le tsunami meurtrier d’Asie du Sud-est il y a quelques années.

Bien évidemment, aux États-Unis, beaucoup de constructions sont plus solides que dans les pays moins développés et en Floride, beaucoup sont conçues pour résister aux cyclones. Mais ce n’est pas le cas de toutes les constructions car bien des habitants pauvres ne disposent pas d’habitations solides. Ce sont eux qui vont perdre le plus, comme toujours !

Une telle situation ne peut donc que laisser imaginer le pire. Heureusement, il semble que beaucoup aient fui ou se soient mis à l’abri. Mais comme avec la tragédie de Katrina à la Nouvelle Orléans, on risque de découvrir après coup que ce sont les plus aisés qui ont pu fuir et que les pauvres ont dû rester.

Espérons malgré tout que ce phénomène, tout à fait exceptionnel dans son intensité comme dans sa taille (IRMA est à peu près de la taille de la France et son oeil est de l’ordre de 40 à 50 km) ne le sera pas aussi par le nombre de victimes.

Mais avec autant de personnes touchées, on peut penser qu’il y aura quelques conséquences politiques majeures. Et plus le bilan (matériel et humain) sera lourd, plus ces conséquences seront significatives.

Ce à quoi nous assistons m’inspire aussi de la colère parce qu’il ne fait aucun doute, selon les scientifiques, que si la nature a toujours connu cyclones, ouragans, inondations et autres phénomènes climatiques destructeurs, l’action de l’homme depuis un siècle a changé l’ampleur de ces phénomènes en les multipliant et surtout en augmentant fortement leur caractère dévastateur.

Comme Mélenchon l’a souvent dit dans ses discours, hier, les ouragans dévastaient quelques cabanes de pêcheurs sur une plage. Désormais, elles frappent de gigantesques métropoles qui ont été construites dans des zones peut-être trop dangereuses. Et ce sont des équipements humains tels que des centrales nucléaires qui se trouvent devenues être des cibles. Avec les immenses dangers pour l’humanité tout entière et pas seulement les gens du coin qui en découlent si un incident majeur (pour ne pas dire “accident”) se produit du fait du passage du phénomène climatique extrême !

C’est donc largement l’homme qui est responsable. Il aurait pu ne pas l’être et depuis des années qu’il est mis en garde, il aurait pu réorienter certaines de ses habitudes. Mais il ne l’a pas fait. Et il ne semble pas vouloir le faire. Ou seulement à la marge.

Les tragédies ne peuvent donc que devenir plus nombreuses et plus meurtrières dans l’avenir.

Les Américains prendront-ils enfin conscience qu’il se passe chose de tout à fait anormal s’agissant du changement climatique ? S’ils sont vraiment meurtris une nouvelle fois, à cause d’IRMA, après l’avoir été de manière exceptionnelle avec KATRINA, contraindront-ils leurs dirigeants à réorienter leur politique ?

J’en doute hélas. Car cette prise de conscience ne suffira pas. Encore faudrait-il non seulement qu’ils prennent conscience de la véritable nature de leur “gouvernement”mais qu’ils décident de faire une nouvelle “révolution” pour reprendre le pouvoir aux oligarchies qui le confisquent et aux forces de “l’appareil de sécurité nationale” qui assure la sauvegarde de ce régime.

 

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