Coup de gueule en forme de lettre ouverte à Natacha Polony

L’objet du délit est ici.

Pendant des mois, Natacha Polony, vous avez traité Jean-Luc Mélenchon avec respect.

Plusieurs fois depuis l’an dernier, vous l’aviez interviewé en le mettant en valeur ; parce qu’en adoptant des manières tout à fait courtoises, vous évitiez de le conduire à lever le ton ; et parce qu’en lui permettant d’expliquer son projet et sa vision sans le couper sans cesse ou sans le contraindre à parler en mode Twiter, vous lui aviez rendu service et vous nous aviez donc rendu service à tous.

Nous sentions même que vous n’étiez pas loin de partager un certain nombre des positions de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise ; et que vous appréciiez de les entendre et de les voir défendues.

Je suis donc effaré par le contenu du message que vous diffusez dans cette vidéo où, sous couvert de donner des conseils et de faire une critique intelligente des prises de parole et des actes récents de Mélenchon, vous reprenez à votre compte, sous forme de fausses questions qui ne sont en fait que des critiques, les pires éléments de langage récemment diffusés partout à l’encontre de Mélenchon.

Personne – en tout cas pas moi – n’imaginait que vous deviendriez une alliée.

Et personne n’attendait de vous que vous exprimiez un soutien pour Mélenchon.

Nous avions apprécié en revanche votre honnêteté intellectuelle et le fait que vous au moins, vous ne hurliez pas avec la meute.

Certes, dans cette vidéo, on ne peut pas dire que vous « hurliez avec la meute » car vous parlez avec un ton posé, tranquille, et vous semblez présenter une argumentation sinon neutre, du moins rationnelle. Pourtant ce sont bien des flèches empoisonnées que vous lancez à son visage. Car, sous ce vernis aimable, docte et professoral, vous exprimez sans détour un message indigne de vous mais qui se rapproche beaucoup du fiel des pires éditorialistes du PAF.

D’après vous, Mélenchon a eu tort de parler du rôle de « la rue contre les Nazis ». Prenant le ton docte, hautain et méprisant de ceux qui savent à l’égard des ignorants, vous affirmez que “c’est absolument faux” et qualifiez cette déclaration comme étant une “stupidité”. Vous argumentez en reprenant les éléments déjà entendus partout.

Vous allez même jusqu’à vous moquer que Mélenchon ait pu “réinterpréter le mythe construit par De Gaulle” qui avait, dans son fameux discours de l’hôtel de ville, affirmé que le peuple parisien s’était libéré « par lui-même ». Disant cela, vous faîtes donc comme si Mélenchon et nous tous ignorions qu’il y avait bien sûr eu d’autres apports que seulement « la rue » à la libération de Paris. Mais c’est vous alors qui faîtes une affirmation manquant de nuance en disant, le sourire narquois aux lèvres et en ne pouvant éviter un début de rire : “Ne soyons pas dupes. On sait très bien que ce sont les Alliés qui ont libéré la France”.

À cet instant précis, sans doute que votre conscience vous a fait passer un message, et vous avez alors concédé que “le travail des Résistants était absolument essentiel”. Mais alors, si tel était le cas, c’est donc bien la preuve que la libération n’est pas QUE le fait des “Alliés”. Mais manifestement il y a tempête sous un crâne car à peine aviez-vous concédé cela que vous ajoutiez : “mais on ne peut pas dire qu’ils ont abattu le nazisme. Bon mais peu importe”. Voyez-vous, sans être psychologue, je crois savoir que ce “peu importe”de la fin de votre critique traduit un certain malaise de votre part quant à la solidité du fondement de votre propre affirmation. Comme si, réalisant que peut-être vous aviez sinon dit une pure ânerie, du moins posé une analyse contestable, vous aviez envie de passer rapidement à autre chose, espérant qu’on ne le relèverait pas et que personne n’y reviendrait…

Désolé Natacha Polony, mais on va y revenir. Pour vous, le rôle des Parisiens dans la libération de Paris, ce n’est donc qu’un mythe ! Construit par De Gaulle et repris par Mélenchon ? C’est bien ça que vous nous avez dit.

Donc, pour vous, De Gaulle comme Mélenchon ne sont que des menteurs, des affabulateurs, des mythomanes… Bien sûr, vous ne le dîtes pas aussi crûment. Vous n’utilisez pas ces termes d’ailleurs. Mais c’est d’autant plus hypocrite que votre discours aboutit inéluctablement et exactement à cette conclusion-là !

Oser cela, il fallait le faire et vous l’avez fait !

Ce faisant, vous me froissez. Cela n’a pas beaucoup d’importance mais je pressens que vous aurez également froissé bien de vos lecteurs habituels qui ont un peu plus de respect pour le général qui a largement contribué à libérer et Paris et la France !

Cette accusation de “menterie” à l’encontre de Mélenchon non assumée ouvertement n’était en fait qu’un hors d’oeuvre. Vous avez ensuite usé d’armes plus meurtrières.

Vous êtes ainsi allée très loin dans l’infâme puisque vous avez fait passer le message suivant : “le pouvoir de la rue, ce n’est pas Gavroche, c’est les Black Blocs”.

Pas mal quand même comme diabolisation de “la rue” !

Mais comme ce jet d’acide ne devait pas encore être assez significatif pour vos lecteurs, vous en avez rajouté une couche en disant : “la référence au pouvoir de la rue sonne, dans la bouche de Mélenchon, comme un appel à la violence”.

Alors, là encore, juste après, vous semblez relativiser le propos en le recontextualisant : Hugo, les barricades, Gavroche. Mais c’est pour enchaîner immédiatement – selon la même forme rhétorique que celle utilisée pour le cas cité plus haut – en faisant valoir que Mélenchon et la France insoumise, arrivés au pouvoir, feraient “la collectivisation absolue” du pays.

C’est d’autant plus inepte que vous savez fort bien que ce n’est pas cela que nous projetons de faire. Vous semblez d’ailleurs le reconnaître vous-même en expliquant qu’une telle crainte de la part de ceux que vous citez (commerçants, petits artisans) est “sans doute erronée”.

N’empêche que vous l’avez dit et en disant cela, et en appuyant bien davantage sur cela que sur la dénégation très timide venue ensuite, vous participez à la diabolisation de Mélenchon en l’enfermant dans l’image de ce “diable rouge”.

Vous agissez donc, ni plus ni moins, comme les écrivassiers de Valeurs actuelles qui ont fait leur Une, cette semaine, en grimant Mélenchon en un Che Gevara, autrement dit un homme qui est pour beaucoup un « diable « rouge ».

Au-delà de ce que vous dîtes, ce qui me dérange, c’est que puisque vous semblez savoir que ces images de Mélenchon sont inexactes, puisque vous semblez savoir qu’il est “erroné” de penser que nous collectiviserions tout dans le pays, puisque vous semblez penser que c’est davantage une maladresse de style qu’une volonté consciente et délibérée de se situer dans le camp de la violence, il y avait une autre façon de présenter les choses. Vous auriez pu faire oeuvre utile, participer à l’éducation, à l’éveil de vos lecteurs et leur expliquer justement pourquoi ces odieuses présentations sont mensongères et calomnieuses. Or ce n’est pas du tout ce que vous faîtes. De la façon dont vous l’exprimez, la plupart considéreront que c’est bien ainsi qu’il faut appréhender Mélenchon et la France insoumise. Les “contre-arguments” sont si timidement exprimés que l’on retient bien davantage les éléments à charge que les éléments en défense.

Comme si ces méchancetés ne suffisaient pas pour un seul jour, vous avez évoqué « l’éloge répété du Venezuela » prononcé par Mélenchon, élément qui serait de nature à le discréditer aux yeux d’un grand nombre. Il y aurait tant à dire ici pour vous répondre. Mais cela est-il seulement nécessaire ? Vous savez pertinemment quelle est la pensée de Mélenchon sur le sujet et ce persiflage n’a donc pas d’autre motivation que de le salir, à l’instar de tous vos autres “collègues”.

Pour que tout le monde ait bien compris où vous vouliez en venir, vous renvoyez enfin Mélenchon dans le rôle d’un gauchiste -même si là encore vous n’usez pas de ce mot- alors qu’il ne peut vous avoir échappé que Mélenchon a justement, depuis près de deux ans, et notamment depuis l’entrée en campagne présidentielle, adopté un positionnement le plaçant bien au-dessus des partis de la gauche. Et ce n’est pas du seul fait qu’il soutient les grèves et les manifestations qu’il redevient un gauchiste, sauf à considérer que tout gréviste, tout manifestant EST un gauchiste ! Mais alors, si je suis bien votre raisonnement, si l’on ne veut pas être un gauchiste, on ne doit tout simplement pas faire la grève, pas manifester, pas soutenir les grévistes et les manifestants… Rien. On doit se taire, endurer en silence, la boucler et rester dans notre nasse.

Voyez-vous, Natacha Polony, il se trouve que pas plus tard qu’il y a deux jours, j’ai longuement discuté avec une de mes plus proches amies en politique et j’évoquais le cas de ces bourgeois qui, en 1789, avaient permis le déclenchement de la révolution, mais qui, très vite, s’étaient employés à l’interrompre. Sitôt que leur catégorie sociale avait obtenu la reconnaissance, il fallait arrêter la révolution. Il n’était pas question pour eux, à quelques exceptions notables près, que l’ensemble du peuple obtienne de véritables droits à l’émancipation, à l’égalité, au suffrage… Siéyès, par exemple, qui a dit de si belle choses sur le Tiers-État, a aussi très vite montré une image bien plus sombre puisqu’il eut maintes fois l’occasion de s’opposer au suffrage universel en des termes et avec des arguments infamants pour le “peuple”. Et d’autres révolutionnaires s’employèrent à ce que jamais les ordinaires, les travailleurs d’en bas, ne puissent bénéficier d’un véritable progrès de leurs conditions de vie et de travail.

Eh bien, aujourd’hui, Natacha Polony, vous me semblez vous inscrire clairement dans cette catégorie-là. Vous voulez bien une forme de révolution (cf ce que vous dîtes depuis longtemps sur l’UE ou quelques autres sujets) mais à la condition bien sûr qu’elle ne conduise pas à ce que le peuple tout entier ait voix au chapitre. Vous voulez bien des changements radicaux qui peuvent parfois rejoindre ceux auxquels nous-mêmes aspirons, mais à la condition que l’on maintienne bien la différence entre les raisonnables et les violents, entre les cultivés et les ignares, entre les poudrés bien habillés et les gueux.

C’est ce qui transparaît, voyez-vous, de la vidéo que je dénonce ici.

Et en conclusion – coup de poignard en plein coeur – vous vous demandez si Mélenchon ne va pas ainsi “jouer le même rôle que le FN” avant d’évoquer le risque qu’il ne soit qu’un “repoussoir” pour 50% des électeurs. Une dernière fois, vous parlez hypocritement comme si ce n’était pas VOTRE propre conviction mais celle actuelle du grand public. Sauf qu’au lieu de la court-circuiter, de la désamorcer en lui opposant VOS propres contre-arguments, vous lui donnez une audience et une crédibilité en concluant par cette phrase : “Emmanuel Macron aura tout intérêt à l’avoir pour adversaire parce que ça lui permettra de se maintenir au pouvoir pour longtemps.”

Rideau !

Avec cette vidéo, vous donnez le sentiment de dire aujourd’hui ce que vous pensez vraiment, après nous avoir incités à croire que vous nous regardiez avec intérêt et bienveillance (ce qui ne signifiait pas pour autant assentiment de votre part).

On aurait pu conserver ce genre de relations mais en parlant comme vous l’avez fait dans cette vidéo, vous vous placez de fait dans le camp de ceux qui nous calomnient et ne méritez donc plus notre bienveillance. Vous ne méritez donc plus que d’être assimilée aux autres, à tous les autres que nous fustigeons à juste titre.

Le désaccord est une chose, la calomnie en est une tout autre !

*

Nota ajouté le 03/10/2017 à 13h55 : Ce coup de gueule est le mien et ne saurait engager quiconque d’autre que moi, quand bien même je suis une fourmi de la France insoumise et ne m’en cache pas.

Vincent Christophe LE ROUX

 

40 réflexions sur « Coup de gueule en forme de lettre ouverte à Natacha Polony »

  1. Finalement, ça ne m’étonne pas d’elle. Beaucoup d’hypocrisie. Donc, pas d’abonnement à sa chaîne…

  2. Tout à fait d’accord avec cette lettre ouverte. Je suis très déçue également de plusieurs dernières vidéos de Natacha Polony, comme si le vent avait tourné…

  3. ma déception est grande : de longue date, j’avais accordé à N.P. de l’estime pour sa rigueur, son honnêteté intellectuelle – sans pour autant me sentir tenu de partager toutes ses opinions ! – Que lui est-il arrivé ? est-ce le prix à payer pour bénéficier d’un certain consensus de la part des puissances d’argent ? Bon…..

  4. Moi-même étonnée (pour ne pas dire déçue, d’autant plus que persuadée que N. Polony a voté JLM au 1er tour) des dires de la journaliste (que j’estime bcp), je dis bravo pour ce travail de réponse. Par contre, si je puis me permettre, le dernier paragraphe ne m’a pas plu. Je propose ceci : « Il nous aurait plu de conserver cette considération, poursuivre notre chemin dans une estime mutuelle. Pourtant, vos dires dans cette vidéo vous placent de fait dans le camp de ceux qui nous calomnient. Notre déception est grande. Doit-on croire que vous valez d’être assimilée aux autres, à tous les autres que nous fustigeons à juste titre ? Nous le regrettons. »

    1. Je partage exactement les mêmes analyse et réaction à la vision de la vidéo en question.
      N’est ce pas sa (NP) volonté, par la diabolisation de JLM et nous autres insoumis, de rejoindre, maintenant justement, les autres merdias pour les reconquérir ?

    2. Bonjour Annie, je vous remercie pour cette contribution. Mais je ne vais pas modifier ma lettre ouverte car elle a été déjà beaucoup lue et commentée donc il n’et pas opportun d’en modifier le contenu après coup. Peut-être que je rédigerais ultérieurement un autre billet en fonction de ce que j’aurais lu ici ou là. Merci à vous.

  5. Que l’on « diabolise » JLM à la première occasion est ridicule. Le sanctifier est pire. Cette phrase sur la rue qui aurait triomphé est une redoutable connerie. La France a été collabo, du grand capital anglophobe aux classes moyennes et populaires antisémites. Eh, ouais, il faut l’étudier pour le savoir, parce que ce n’est pas ce qu’on raconte dans les films. De même qu’il faut étudier pour savoir que c’est l’URSS qui a été déterminante dans la lutte contre le nazisme, et que les débarquements alliés n’ont été qu’un appoint final. Le programme du Conseil National de la Résistance, ce n’est pas la rue non plus. Il s’agit de la réunion des figures intellectuelles et politiques de l’époque d’accord sur le constat d’horreur. Et quand vous voyez le vote populaire se tourner vers l’extrême-droite que ce soit en France ou en Allemagne récemment, plutôt que vers les mouvements de gauche, ça vous indique la propension de la rue, moutons suivant leurs élites, à amener le fascisme.
    La France Insoumise ne saurait être pour moi le lieu d’un nouveau culte. J’adore Méluche car il n’est pas seul et s’entoure, parce que le corpus d’idées me convient. Mais quand, en tant que porte-parole, il glisse et dérape, s’emporte, dit une connerie, ce n’est pas sa connerie qu’il faut défendre, c’est lui en tant que personne : Mélenchon a dit une connerie, les autres ne disent que ça ; on est plutôt verni. Et dépassons-là, cette connerie, pour retrouver notre cohérence et notre cohésion dans les combats actuels.

    1. Lorsque « Les Alliés » sont évoqués relativement à la libération de notre pays, en fait, comme toujours, allusion est faite, et exclusivement, au débarquement de Normandie. Cela vaut occultation de ce fait : les troupes américaines n’eurent à affronter ni le plus gros ni le plus dur (à quelques divisions près) de l’armée allemande, fixée par l’armée soviétique sur le front de l’Est. Les pertes soviétiques furent d’ailleurs sans commune mesure avec celles essuyées par les troupes américaines qui, sans l’existence du front de l’Est, auraient probablement été rejetées à la mer, à supposer qu’elles aient osé tenter un débarquement.
      Pour ce qui est de « la rue » et de son rôle éminent dans le combat contre l’occupant, mentionnons simplement la manifestation du 11 novembre 1940 qui réunit, place de l’Etoile à Paris, plus de vingt mille étudiants contre l’occupation. Le caractère spontané de cette manifestation (et il y en eut tant d’autres en France à la même époque) fit qu’elle prit de court le ministère de l’intérieur et les autorités allemandes. Elle contribuera grandement à allumer le flambeau de la Résistance et à ce titre, oui, elle atteste de ce que « la rue » est bien, aussi, à l’origine de la Libération.
      Natacha Polony, qui tient semble-t-il à son image de journaliste libre et indépendante, et que sa réflexion hisse d’habitude bien au-dessus de ses confrères a sans doute, cette fois, quelque peu hâtivement préparé son intervention. Souhaitons qu’elle ait simplement, à cette occasion, un peu « dérapé ».
      Patrick Routier

      1. Oui…. souhaitons mais dans cette periode paroxystique de tentative de destabilisation et de calomnie de la France Insoumise, ajouter une critique tatillone superflue n’etait pas neutre…..

    2. J’entends votre message Pierre. Et je vous rejoins très largement. Depuis que je soutiens JLM (environ 10 ans), ceux qui me connaissent et me suivent savent que j’étais insoumis bien avant que JLM ne prenne ce mot comme étendard ! Et lui-même n’a pas été exempt de critiques de ma part, depuis des années. Je parle toujours librement et je ne supporte pas les groupies qui viennent, chaque fois que j’émets une critique à son sujet, me tailler en pièces. Le pire, c’est que jamais ces groupies ne répondent sur le fond. Et c’est pour cela que je les désigne comme telles (hommes ou femmes). A l’inverse, je ne supporte pas non plus les flots de haine et de calomnie. Et j’y réponds parfois. Je ne suis donc ni un type halluciné devant un gourou ni un ennemi. Car lorsque j’émets des critiques, c’est toujours en les argumentant et en adoptant un ton respectueux. Jamais je n’ai maltraité JLM.

      Ceci étant dit, j’ai jugé utile d’écrire cette lettre ouverte car ce que Natacha Polony a dit dans cette vidéo n’est pas honnête à mes yeux. Je m’en suis expliqué longuement dans ma lettre ouverte. On peut, évidemment, voir les choses autrement que je ne le fais. Et me répliquer. Mais je demande qu’on le fasse de manière respectueuse et avec des arguments, pas des anathèmes. Vous aurez compris que je ne parle pas de vous ici. J’explique ma démarche de manière générale. Vous ne souscrivez pas à tout ce que j’ai écrit ? C’est bien votre droit. Et dans la mesure où vous ne m’avez pas maltraité, le débat est possible. Juste une chose : je ne me sens nullement visé quand vous dîtes qu’il faut connaître l’Histoire et non se fier aux films. D’une part, je regarde bien peu la télé, et d’autre part, il se trouve que je suis un amoureux d’Histoire depuis ma tendre jeunesse (j’ai aujourd’hui 43 ans). Je ne sais pas tout loin s’en faut car j’ai des secteurs de prédilection mais je ne suis pas un ignare. Et c’est donc en me basant sur ce que je sais que je parle. Bien à vous, camarade ou ami.

      1. Thierry, je réponds ici car je ne peux pas le faire à la suite immédiate de votre com qui est plus bas. Ce qui devrait interpeller la FI selon moi n’est pas tant ce que vous pointez que deux autres choses :
        1/ l’élection sans doute truquée au 1er tour (il y a tant d’irrégularités qui ont été constatées)
        2/ le nombre d’abstentionnistes que nous n’avons pas encore su mobiliser et ceux-là, je doute qu’on les convainque avec un discours de modération tel que le voudrait Natacha Polony. Il faut choisir : plaire aux millions de salariés, ouvriers, petits commerçants, artisans, cadres moyens en voie de déclassement, ou bourgeois PS-isés ou centrisés…

  6. Quand bien même la phrase de Mélenchon serait « une redoutable connerie »…et après!
    Vous connaissez le proverbe « qui veut noyer son chien blablabla… »
    Il l’a dit lui-même à Marseille, il n’est et ne sera jamais parfait!
    Il fait avancer des idées qui me sont chères, qui nous sont chères et il le fait avec brio!
    Il se dépense sans compter au service d’une cause qu’il estime juste et il reste j’en suis convaincue une immense chance pour le peuple de France (et au delà au vu de la politique internationale menée jusqu’ici notamment envers les pays les plus pauvres)

    Et oui moi aussi NP m’a déçue dans cette vidéo! Vraiment!

    Je regarde avec intérêt et espoir ce nouveau média lancé entre autre par Gérard Miller pour sortir de cette mafia médiatique.
    A longueur d’antenne on essaie de convaincre les téléspectateurs ou auditeurs que ce sera « télé Mélenchon » et inlassablement les interviewés tentent d’expliquer mais c’est peine perdue car avant même l’arrivée de ce média, les chiens de garde font tout pour le discréditer. Semblant oublier qu’eux-même servent radio finance internationale et télé médef depuis des lustres!

  7. pour ce qui me concerne, je n’ai pas été choquée du commentaire de NP :c’est égal à elle-même parce que c’est ce qu’elle pense réellement et c’est argumenté ! d’ailleurs, j’avais moi aussi été étonnée du discours du 23 SEPT que j’avais trouvé bien au-dessous des prestations habituelles de Jean Luc (MAIS IL A LE DROIT D ETRE FATIGUE ) et parfois très violent : il y a quand m^me carrément un appel à l’insurrection des jeunes, lycéens et étudiants et je suis étonnée que ce point là n’ait pas fait polémique……

    Je pense que la FI ferait bien d’écouter plutôt que de n’entendre la fin de la vidéo : NP n’a pas tort de mettre en garde contre des dérives idiotes qui gomment totalement la force qu’était le programme , programme dont je n’entends plus parler depuis longtemps……

    1. Bonjour Yveline, je n’ai pas rédigé cette lettre sur la seule base de la « fin » puisque c’est tout au long de sa prise de parole qu’elle a dit des choses contestables auxquelles je crois avoir répondu point par point. Pour le reste, vous n’avez pas perçu son message comme moi de même que pour vous JLM aurait exprimé de la violence dans son discours du 23. Eh bien, je ne le pense pas. Nous ne sommes pas d’accord, ce n’est pas bine grave. Du moment que chaque partie expose son avis sans maltraiter l’autre, j’ai toujours apprécié le débat. C’est consubstantiel à la démocratie or je défends la démocratie plus que tout ! Merci pour votre contribution Yveline.

      1. Bonsoir , perso je ne suis absolument pas d’accord avec votre interprétation de ce qu’a dit Polony . Au contraire , je trouve qu’in fine elle implore JLM de faire plus gaffe de ne pas donner du grain à moudre à ses détracteurs car elle souhaiterait qu’il devienne ce rassembleur des petites gens face à l’oligarchie qu’elle appelle de ses voeux . Or, politiquement je ne sais pas , mais arithmétiquement elle a raison : Macron a été élu car il était celui qui réunissait le MOINS d’avis défavorables par rapport aux autres prétendants . D’ailleurs , Mélenchon qui a particulièrement raison depuis au moins 5 ans sur la plupart des sujets a fait moins que Lepen qui a tort sur la plupart de ses sujets…ça devrait interpeller plus que ça à la FI , non ?

  8. Quand on a un salaire à 5 chiffres et que l’on est journaliste de médias télévisuels , on ne peut pas être du coté de la France insoumise. Encore moins du coté du dictateur Mélenchon, doit dire en ce moment Mr Rajoy ,avec le même ton sérieux que notre Polony.

    1. Heureusement Mickel que lorsque vous dîtes « dictateur », vous faîtes comprendre que vous parlez comme Rajoy et que ce n’est pas le fond de votre propre pensée… 😉

  9. Comment être « déçu » de Polony quant on est insoumis ? Elle a sa propre analyse du capitalisme qui rejoint parfois la notre et parfois pas. Elle émet des critiques comme c’est son droit et on peut y répondre comme c’est le notre ! De la à l’assimiler à une sorte de « compagnonne de route » … Mais après tout chacun peut avoir les coups de coeur qu’il veut… Répondre par le biais du débat argumenté est la seule réponse utile…

    1. Je ne l’ai jamais perçue comme telle Aouchar. C’est vous qui parlez de « compagnonne de route ». J’ai expliqué ce point clairement dans ma lettre… Et oui je suis déçu non de l’existence de désaccords mais qu’elle puisse aujourd’hui se remettre dans les pas de tous les autres, en reprenant leurs arguments…

    1. Que voulez-vous dire Rosie ? Il y a peut-être eu un « bug » lorsque vous avez voulu la publier car je n’ai pas censuré quoi que ce soit. N’hésitez pas à la republier si vous avez le courage de la réécrire. Bien à vous.

      1. je verrais à la reposter demain, c’est une analyse étayée sur pourquoi NP agit comme elle le fait, vous me direz ce que vous en penser.
        Juste une question est on limité dans le nombre de caractères ?
        Bonne soirée et acceptez mes excuses pour mon mouvement d’humeur.

    2. 02/10 à 20h53 – Rosie, j’ignore si vous êtes limité en nombre de caractères. Pour un commentaire, c’est possible. Solution : soit vous m’envoyez votre texte en mail (via le formulaire accessible sur ce blog) soit vous allez sur Facebook si vous avez un profil sur ce réseau social. Pour arriver sur mon « mur » Facebook, cliquez sur le « F » en bleu accessible en haut à gauche de la page d’accueil !

      1. Bonjour Vincent, après un second essai aujourd’hui à 12h10, je vous ai envoyé par mail le texte complet. Cordialement

  10. Le « messianisme Mélenchoniste » est en train de tuer le programme de l’avenir en commun, transformant ce mouvement en une espèce de pensée unique. Mélenchon à dit « ça », et ce qu’a dit Mélenchon a valeur de parole d’évangile. Et quiconque osera critiquer ce qu’a dit Mélenchon sera vu comme un-e traitre ! C’est bien ça ??? Pour ma part, je pense aussi que Mélenchon s’est complètement planté en disant que c’est la rue qui avait chassé les nazis. J’ai osé l’exprimer dans un commentaire face de bookien et je me suis fait incendier par un militant communiste. Même chose pour le Venezuela. On n’a plus le droit de critiquer Nicolas Maduro sans passer pour un suppôt de l’oncle Sam. Une partie des militant-e-s de la France Insoumise semble être incapable de penser par elle-même. Et à l’image des bigot-e-s de toutes les religions, toutes celles et tous ceux qui auront l’outrecuidance de ne pas dire amen à ce qu’a dit le « messie » seront considéré-e-s comme des renégat-e-s. Et à force de se replier sur elle-même, la France Insoumise se réduira à un groupuscule d’intégristes soumis-e-s à la parole du messie. Insoumis-es, c’est pas juste un nom « qui sonne bien », c’est un état d’esprit. Mélenchon a le droit de dire des conneries, et on a le droit de le dire, ou bien ?

    1. Thierry, chaque insoumis réagit à sa façon et je ne vous contesterai pas que parfois, il y a de gros lourdauds, pour ne pas dire des groupies hallucinées et des petits despotes de la pensée. Pour ma part, j’ai toujours admis la controverse mais à une condition : que la contradiction soit exposée avec des arguments et non des anathèmes ou des insultes. Moi qui soutient Mélenchon depuis 10 ans, qui ai passé 6 ans au PG puis en suis parti avec de bonnes raisons (il y a un billet qui les présente sur ce blog ; il est intitulé « Rideau » mais c’est déjà une vieille histoire). Je suis FI depuis le premier jour. Pour autant je suis insoumis à qui que ce soit. Je suis libre de ma pensée, de mes éloges comme de mes critiques et j’en use parfois, en me faisant toujours allumer par les uns quand je critique JLM, ou par les autres quand je dis du bien de lui. Ainsi va la vie et la politique… Je ne m’en soucie pas trop.

      Donc sur mon blog comme sur mon réseau Facebook, vous pourrez toujours m’opposer la contradiction sans rien risquer de moi qu’une réponse tant que vous ne me maltraiterez pas, et tant que vous ne maltraiterez pas Mélenchon ou ses ami-e-s. Mais la simple critique n’est pas un »mauvais traitement »… À vous lire si vous avez des choses à exprimer.

  11. Quelques mots sans suite…
    NP est bien seule dans cet univers où l’emploi est plus rattaché au carnet d’adresse et au relationnel qu’à un diplôme quelconque ,elle est comme beaucoup elle a besoin de gagner sa vie ,certes ça n’explique pas tout mais il est nécessaire de prendre en compte tous les paramètres .
    oui c’est la RUE ou le peuple qui a chassé les .. nazis? ou plutôt les miliciens ! Je comprends que JLM ait utilisé le terme de nazis pour éviter de rouvrir une plaie qui n’est pas encore refermée : avec leur connaissance du terrain ,les vaincus de 36 ont collaboré avec zèle et les miliciens français ont à leur actif bien des atrocités commises envers les syndicalistes ,les communistes qui sont tombés entre leurs mains ! ALORS OUI la RUE a chassé ces criminels et avec peu d’efficacité puisque les conversions dans l’appareil d’etat dès la LIBERATION en ont sauvé beaucoup :on estimait à 30000 le nombre de collabos sanglants à la fin de la guerre seuls 3000 ont été passés par les armes !
    Enfin ,oui ,sans l’ARMEE ROUGE et le peuple soviétique ,le 2ème front,pas d’ALLIES car pas de DEBARQUEMENT.
    Conclusion :le respect du peuple ,de son courage cela existait en URSS,le 9 MAI, sur la PLACE ROUGE, devant l’ARMEE ROUGE les premiers à défiler c’étaient les PARTISANS …
    Pour notre jeunesse vive la FRANCE INSOUMISE et son programme l’AVENIR EN COMMUN et bravo à son porte parole JEAN LUC MELENCHON pour l’énergie et la sincérité de sa personne et de ses discours !

    1. tout à fait, et j’ajoute qu’on n’a pas le droit de passer sous silence l’ AFFICHE ROUGE ,non seulement comme preuve du rôle tenu par le peuple de la résistance, mais également comme symbole du sacrifice que ce courage impliquait

  12. Tout comme vous Vincent je suivais NP depuis quelques mois (bon pour vous il semblerait que ça se traduise en années).
    En effet, ce n’est qu’à l’occasion de cette élection présidentielle, en m’intéressant à JLM et à la France Insoumise, à leur programme l’Avenir en commun, que j’ai été réellement touché par un idéal politique.
    Par la même occasion j’ai été confronté à l’oligarchie, à la manigance médiatique ayant pour but de discriminer, rabaisser, calomnier un homme, ou un mouvement.
    Je me souviens de ma jeunesse où je suivais le petit journal de Yann Barthès (2006) et où Mélenchon avait été présenté comme un homme insultant les journalistes….
    Qu’est-ce que j’ai honte maintenant de me rendre compte que tout n’est que montage et matraquage. Puisque oui, je le constate plus que jamais, les députés FI, JLM et ses ami-e-s sont constamment mis en pâture à la « psychologisation » de comptoir. Celui-ci est agressif, violent… le montage des images, le choix des mots cités, complètement coupés de leur contexte enlevant bien évidemment une grande part de l’analyse que le (télé)spectateur lambda pourrait se faire.

    Bref, cette élection présidentielle, puis celle des législatives m’a atterré.
    Et au milieu de cela, je remarquais quelques intervenants qui avaient leur indépendance, qui ne suivaient pas la masse journalistique.
    Natacha Polony en faisait partie, ce fut l’une des seules à s’indigner face à la « fausse polémique » du « Pas une voix pour le FN » comme n’étant pas une consigne de vote…. alors que nous sommes d’accord, il n’y a rien de plus clair.
    J’ai suivi régulièrement ses interventions à la radio, ou à la télé, jusqu’à son éviction d’Europe 1 et de Paris Première en juin dernier (sauf erreur pour les médias concernés)… je me suis dit que c’était là encore une preuve du danger de censure qui pèse sur la France.

    Et là… je tombe sur la vidéo dont vous faites l’analyse. Je me suis senti blessé, quelque peu trahi par ses propos. Je trouve que vous avez vraiment bien mis en avant les critiques que l’on peut émettre à son égard. Pourquoi continuer dans le Mélenchon bashing si on ne se voulait justement pas « au dessus de tout cela ». Pourquoi l’apparenter à la violence pour ce qui est des manifestations, alors que la seule chose que véhicule Mélenchon, c’est une révolution citoyenne, que le peuple ne se laisse plus faire!

    Le seul propos sur lequel je pourrais comprendre une analyse de NP, non pas sur la forme qui est tout simplement rabaissante au possible, mais sur le fond: C’est sur le danger que la France Insoumise, devienne le nouvel épouvantail que les médias dresseront au français moyen. C’est un risque… mais je ne pense pas que cela pourra arriver… tout simplement parce qu’à la grande différence du FN, les valeurs de la FI sont solidaires, humanistes, tous ensemble et pas les uns contre les autres.
    Cependant, je pense que là où Madame Polony a tort… c’est qu’elle ne remarque sans doute pas la force du peuple à se mobiliser, à ne pas se laisser faire. Je me demande jusqu’à quand, les français liront les journaux, regarderont la télévision sans se poser la question des intérêts qui poussent les éditorialistes à écrire des textes calomnieux, tout en laissant certaines réformes nuisant clairement à la classe moyenne et aux pauvres, passer sans en écrire une ligne.

    Bon voilà, je me suis un peu emporté, il est 4h15, je n’ai que peu dormi la nuit dernière, mais je voulais répondre à votre coup de gueule que je rejoins en grande partie. J’ai été vraiment déçu par l’attitude d’une journaliste pour qui j’avais de l’estime… je me demande tout de même si ce n’est pas là en quelques sortes un bras de fer qu’elle a perdu face à l’oligarchie… l’obligeant à faire une vidéo pareille pour continuer à avoir une place dans les médias. Alors bien sûr… tout dépend où l’on place nos valeurs… au dessus, ou en dessous de son porte-monnaie.

    Joseph, 26 ans, suisse insoumis, ayant suivi l’élection présidentielle 2017 comme jamais il n’avait suivi un quelconque référendum français.

    1. Pardonnez-moi, vu l’heure mes 3 dernières lignes n’ont pas de sens. Je rectifie:
      Joseph, 26 ans, suisse insoumis, ayant suivi l’élection présidentielle française de 2017 comme jamais il n’avait suivi un quelconque référendum suisse.

  13. Je découvre votre blog grâce à la chaîne YouTube de Michelle Tirone, un très bon blog, merci pour votre travail.
    Cette histoire de rue qui abat les nazis c’est aussi ridicule que les histoires de cravates, de consigne de vote ou autres idioties dont le but est uniquement de faire diversion, pour ne pas insister sur l’urgence de la transition écologique, l’absurdité de l’économie financiarisée, la pertinence de l’impôt universel et toutes les autres idées censées et utiles qui sont portées par la France Insoumise.
    Diffamations, manipulations, intox, petites phrases, enfumages, mensonges, parfois insultes, voilà bien la seule arme contre nous.
    Bien évidemment que c’est la rue qui permet les grands progrès, depuis toujours, les résistants n’étaient pas des grands patrons d’industrie, ni des grands dirigeants internationaux, c’était des gens du peuple, des gens normaux, ouvriers, instituteurs, paysans, petits fonctionnaires, étudiants, sans leurs précieux renseignements et leurs actions, souvent périlleuses et sacrificielles, beaucoup de grandes opérations secrètes alliées n’auraient pu se faire sans augmenter encore plus les pertes .
    Il n’y a pas de petites actions. La rue était là aussi en 1944 et merci !
    Mépriser le peuple et le contraindre à rester dans sa caste de dominé, incapable de faire des choix personnels, toujours encadré, exploité, géré et contrôlé par une classe supérieure, voilà ce qui,au fond, motive ces critiques. L’idée que le peuple puisse agir, penser, peser, être acteur de quoi que ce soit, est une idée qui dérange.
    L’histoire ne peut être écrite par lui et pour lui, seuls les « importants » se réservent le droit de tenir la plume. Ils nous confisquent toujours tout.
    Pourtant, nous ne sommes plus au moyen-âge et un individu issu de la classe populaire est capable de décider ce qui est bon pour lui sans en référer à son seigneur ou son bon maître.
    Oui, nous exigeons, aujourd’hui, une République par le peuple et pour le peuple.

    Romain

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