Après la critique… Suggestions pour fédérer le peuple…

Hier, j’ai élevé quelques critiques contre Mélenchon et la France insoumise. Elles sont à lire ici.

Aujourd’hui, dans ce billet, j’ai eu envie d’exprimer quelques idées (que celles et ceux qui me connaissent reconnaîtront car elles ne sont pas nées aujourd’hui dans mon esprit) que je crois de nature à nous faire gagner.

Il y a deux thèmes : la question européenne d’une part, la question de la stratégie politique globale d’autre part.

Tordre le coup à l’accusation d’anti-européanisme

Il faudrait cesser de donner des bâtons à nos ennemis européistes pour qu’ils nous battent et nous fassent passer pour des « anti-Européens » que nous ne sommes pas.

Quand on dénonce *** l’Union européenne ***, ou l’une de ses institutions, ou l’une de ses politiques, ou l’un de ses choix, ou l’un de ses promoteurs (qu’il soit à Bruxelles, à Paris ou ailleurs), on ne dénonce pas *** l’Europe ***, entité géographique, historique, culturelle. On dénonce le système oligarchique qui a été créé depuis les années 50 (après avoir été conçu dans les années 40 par nos ennemis nazis et vichystes d’alors) puis très perfectionné dans les années 90, 2000 et 2010.

Ce n’est pas l’idée de rassembler les peuples européens qui pose problème. Ce n’est même pas le principe d’institutions communes, ni – pourquoi pas – l’existence de politiques communes, qui pose problème.

Ce qui pose problème, c’est le système tout entier de l’Union européenne !

Pas seulement son fonctionnement, qui serait vicié quand les actes fondateurs, eux, seraient bons.

Le fonctionnement est, le plus souvent, conforme aux traités. Et la Commission d’une part, la Cour de Justice d’autre part, sont puissamment armées pour qu’il en soit ainsi ! Les exceptions ne valent que lorsque les dirigeants des pays dominants de l’UE s’entendent pour faire autrement que ce qui est prévu… Eux peuvent le faire, les « petits » pays ne le peuvent évidemment pas, sauf accord implicite des grands !

Ce que nous dénonçons dans l’UE, c’est la logique existentiellement « capitaliste » et « impérialiste » qui explique tout ce qui se fait, non seulement directement en son nom, mais aussi dans chacun des pays membres dont les dirigeants ne sont que des exécuteurs des projets de la Commission et donc des multinationales qui sont les seules à être écoutées à Bruxelles. Logique me direz-vous vu que les Commissaires ne sont que ceux qui ont été choisis par elles (par l’entremise de leurs valets en fonction à la tête des États membres) comme d’ailleurs le sont ces derniers réduits à n’être plus que des « gouverneurs » de « provinces »…

Et qu’on ne vienne pas nous expliquer qu’ “avant tout allait bien” et qu’il y aurait seulement eu une “dérive”. Il faut relire les premiers traités ; il faut se souvenir de l’histoire des années 50 et 60 lorsque furent adoptés (évidemment sans les peuples) ces premiers traités, notamment ceux de Rome en 1957, après celui de Paris sur la CECA en 1951. Il faut se souvenir de la course folle en avant avec la tentative, en 1954, de création de la CED (communauté européenne de défense) heureusement empêchée par les députés gaullistes et communistes d’alors !

Depuis le premier jour, les communautés européennes qui ont précédé l’UE ont été pensées, conçues et mises en oeuvre par ce qu’on appelait hier, en France, le « comité des forges » (ancêtre du Medef). C’est bien une collusion entre les gros industriels et les banques qui a conduit à la création « des » communautés européennes, pas un désir ardent des peuples. Et pour faire passer l’idée auprès des peuples, on a écrit une « belle » histoire glosant sur le désir de paix durable en Europe. On a tu tout ce qui était de nature à faire dresser l’oreille (comme les « profils » des « pères fondateurs » ou les origines des fondations de la « construction européenne » qu’on a préféré rattacher à Victor Hugo qu’au 3ème Reich… C’est sûr que c’est plus présentable ainsi !)

Le 3ème Reich est mort depuis longtemps, certes ! Les « pères fondateurs », eux aussi ! Le « comité des forges » a changé de nom, de physionomie, de structures. Mais leur oeuvre commune demeure. Elle a été maintenue et même consolidée au cours des soixante dernières années !

L’U€ n’a qu’un seul but : détruire les modèles sociaux européens qui dérivent tous plus ou moins du modèle social français et du programme du CNR. Y allant à pas lent pendant des décennies, elle a changé de stratégie depuis vingt ans environ.

Celui qui était alors vice-président du Medef, Denis Kessler, affirmait ainsi sans aucune gêne ni pudeur de gazelle, dans Challenges le 4 octobre 2007 : « Il s’agit de défaire méthodiquement le programme du CNR ».

Le nain teigneux Sarkozy a commencé en France, suivi par l’ectoplasme Hollande, avant qu’on en passe à la vitesse supérieure avec le préposé des banques Macron.

Ailleurs dans l’UE, il y eut les mêmes, qu’ils soient de droite ou de gauche, mais surtout de “gauche” !

Rappelez-vous des dirigeants ex-communistes d’Italie ! Rappelez-vous de l’Allemand Schröder ou de l’Espagnol Zapatero ! Du Britannique Blair et du Grec Papandréhou ! Sans oublier le traître Tsipras ! Et d’autres encore à l’unisson partout en Europe !

Tout cela est limpide. Nos « dirigeants » ne dirigent plus rien depuis longtemps. Leur politique est définie, bien avant leur propre accession au pouvoir, par la feuille de route qui est rédigée à leur intention par les bureaux des lobbys qui pullulent à Bruxelles. À ceci près que pour être présentables, ces projets passent par les rouages officiels de la Commission qui en fait des propositions qu’elle soumet au “Conseil” qui les valide, ce qui conduit ces projets à aboutir sur les bureaux des gouvernements des pays membres.

Non seulement, traité après traité, chaque pays membre s’est dessaisi de ses compétences et pouvoirs au profit de l’UE, mais en outre nos « dirigeants » ne sont plus que des valets qui pensent tout à fait comme leurs donneurs d’ordre. Sauf que parfois, ils se présentent autrement pour être élus parce qu’en Europe il faut quand même passer par l’élection pour gouverner. C’est d’ailleurs un souci que cela donc, en haut lieu, on a décidé que les élections, quels que soient les choix faits par les peuples, n’auraient plus aucune influence car “on ne décide pas contre les traités européens” nous a dit l’alcoolique qui dirige actuellement la Commission européenne après qu’il ait dirigé le paradis fiscal – qui est aussi une principauté – du Luxembourg.

Enfin ceci vaut “en général” car il peut y avoir quelques exceptions, comme les quasi coups d’État auxquels nous avons assisté en Italie (quand le banquier Mario Monti a remplacé au pied levé et en toute urgence un Berlusconi débarqué en quelques heures après qu’il eut le toupet de résister à une exigence de l’UE) ou en Grèce !

Bref, nous ne devons pas avoir peur de répliquer mais en usant des bons arguments !

Être hostile à l’UE, ce n’est pas être « anti-Européen ».

Être « Européen », ce n’est pas être pro-UE !

On peut être « Européen » sans être pro-UE. C’est même d’ailleurs en étant hostile à l’UE qu’on est le plus, le mieux, et en fait vraiment « pro-Européen ».

Être hostile à l’UE, ce n’est pas être nationaliste. C’est même tout le contraire ! Le nationalisme est bien plus exacerbé par les politiques anti-sociales et a-démocratiques de l’UE que par celles que les États mettraient en oeuvre si les peuples contrôlaient leurs dirigeants et ce qui est décidé dans le pays !

Être hostile à l’UE, ce n’est pas mettre la paix en danger. C’est même tout le contraire ! La paix est bien plus menacée par l’UE et l’OTAN – organisation impérialiste, belliqueuse et criminelle contrôlée par les seuls États-Unis, dont elle relève pour la définition de sa politique étrangère et de défense – que par une souveraineté pleine et entière de chacun des pays membres !

Être hostile à l’UE, ce n’est pas vouloir rester entre-nous mais tout au contraire rouvrir la France et l’Europe sur le monde, pas dans une logique colonialiste ou impérialiste mais dans une logique de respect des États et de leurs peuples !

Il nous faut sortir de l’UE car elle ne sera jamais réformée comme on le voudrait. Parce qu’il ne suffit pas de changer une ou deux clauses de tel ou tel traité pour la faire muter en une union démocratique et sociale que nous pourrions accepter. Ce sont tous les traités, et tous les actes pris en leur nom, qu’il faudrait revoir. Des dizaines de milliers de pages de règlements, de directives, de décisions, de normes… sans compter le droit interne des États qui a dû intégrer les règles « européennes ».

Et par ailleurs, outre le droit écrit, il y a toutes les pratiques, coutumes, et procédures qui ont eu des décennies pour se développer et s’affermir.

L’UE est radicalement vérolée. C’est un véritable cancer. Il n’y a rien à en attendre et aucune guérison à espérer.

Il faut nous hâter « d’éteindre la lumière » comme aime à le dire Mélenchon dans un autre contexte. Voire la dynamiter !

Et retravailler avec nos partenaires pour mettre en place d’autres alliances, d’autres liens entre nous, d’autres types de coopération, d’autres solidarités, fondés exclusivement sur le respect des volontés des peuples et sur leur droit au bonheur. Par ce mot, je résume une ligne d’action générale qui serait de mettre en oeuvre des politiques de progrès.

Après l’UE ?

Un immense travail collectif (au niveau européen) serait à mener et, en attendant son aboutissement, chacun des États membres reprendrait l’intégralité de ses droits et prérogatives, ce qui n’empêcherait nullement que nos dirigeants, redevenus dirigeants pour de vrai, se rencontrent et préparent ensemble des décisions communes qui seraient ensuite soumises aux peuples selon les modalités démocratiques propres à chaque pays.

Or, la France insoumise ne veut pas de cette perspective de libération. Elle ne l’a jamais voulu. Et Mélenchon non plus !

Elle et lui pensent hélas « dans le cadre » même s’ils tentent de nous faire croire que leur cadre s’éloigne « du » cadre du système. La dialectique “Plan A / Plan B” était un attrape-tout en ce sens que les “peureux” qui craignent les conséquences d’une sortie, qui refusent donc toute idée de sortir de l’UE et/ou qui croient naïvement qu’on peut changer l’UE de l’intérieur, s’accrochaient à l’idée du “Plan A”. Celles et ceux qui voulaient assumer la sortie s’appuyaient sur la logique du “Plan B” pour penser que la FI et JLM avaient imaginé l’échec possible du “Plan A” et avaient commencé à penser la suite, la Grande Alternative. Parmi ces défenseurs du “Plan B”, un certain nombre étaient partisans d’un discours bien plus assumé, défendant et explicitant les fondements et les modalités concrètes de la “sortie” pure et simple, comme préalable, et non comme fin.

Avec le temps, ces derniers ont fini par comprendre que le “Plan B” était un miroir aux alouettes, pour ne pas dire un vrai “piège à couillons”. L’existence de ce “Plan B” était indispensable pour éviter qu’un certain nombre de militant-e-s et de soutiens ne lâchent Mélenchon en un moment malvenu. Mais jamais Mélenchon n’a manifestement eu la volonté ferme de sortir de l’UE. Il a choisi parfois des mots et des phrases qui ont pu donner le sentiment qu’il avait franchi le Rubicon dans sa tête mais parfois aussi, il a témoigné du contraire, développant des arguments pas vraiment en phase avec cette évolution intellectuelle qu’on croyait avoir discerné. Et jamais, malgré les divers “sommets du Plan B”, il n’a réellement discouru sur la sortie de l’UE telle que NOUS la pensons. Par ce “NOUS” j’entends les humanistes inspirés par la philosophie démocratique, républicaine et sociale et je crée donc une cloison claire avec d’autres partisans de la “sortie”. Or, si Mélenchon était réellement adepte de la sortie, il ne s’embarrasserait pas de ces pudeurs qu’il manifeste souvent, et ne se serait jamais laissé aller à ce qui ressemble à un jeu de yo-yo.

Certes, il ne doit pas dire tout ce qu’il pense mais sur un sujet aussi fondamental et aussi polémique, il ferait oeuvre pédagogique s’il le voulait vraiment.

En outre, autour de lui, celles et ceux qui ont pris l’ascendant sont clairement hostiles à toute idée de sortie. Il s’agit de réformer l’UE, pas de la quitter, pas de faire autre chose autrement. Ils pensent dans le cadre et pour eux, si l’on obtient quelques améliorations, eh bien cela suffira.

Ce n’est pas ce que, selon moi, le peuple français attend et exige. Il veut bien plus. Et il l’a dit chaque fois que l’occasion s’est présentée. Mais nos petits barons de la FI ne veulent pas entendre, pas plus qu’ils ne tolèrent les avis contraires aux leurs. Et Mélenchon met sa propre patte dans cette mise à l’index ou dans cette mise au placard des Insoumis non soumis !

Mélenchon et la France insoumise, d’hier à demain en passant par aujourd’hui…

Certes Mélenchon lui-même, certain-e-s de ses ami-e-s, le PG et la FI, et bien des leaders ou des ordinaires de ce mouvement et de ce parti, ne sont pas pour rien dans la renaissance électorale de 2012, puis dans la belle progression que nous avons connue entre 2012 et 2017. Ce n’est pas mon intention de nier cela. J’y ai d’ailleurs pris ma part, modeste mais engagée.

Il ne s’agit pas de renier hier, mais de construire demain, et donc aujourd’hui !

Et on ne gagnera pas sans respect par les Insoumis d’un réel fonctionnement démocratique d’une part, et sans une inflexion notable du projet sur les deux points les plus fondamentaux : la question de l’UE et celle de l’économie et du travail.

Les analyses de Mélenchon et de la FI sur ces deux thématiques sont loin d’être à la hauteur de ce qu’elles devraient être ! Quant à nos propositions, elles sont beaucoup trop timides. J’ai parlé ici de l’UE, je pourrais aussi parler de la vision économico-sociale de JLM et de la FI. Refusant ostensiblement de reprendre à leur compte les analyses et suggestions de Bernard Friot (JLM a dit qu’il “ne souhaitait pas faire de la France un pays communiste”…) comme ils refusent aussi fermement celles de Frédéric Lordon sur la question de l’UE, Mélenchon et la FI ne dépasseront pas un certain plafond de verre. Car loin de “transformer la France en pays communiste”, les suggestions de Friot seraient de nature, si elles étaient expliquées par Mélenchon et la FI, à devenir exigences communes, “volonté générale” si l’on préfère le discours rousseauiste. Comme le deviendraient (pour autant qu’elles ne le soient pas déjà…) celles de Lordon sur l’UE si la pédagogie de la sortie était faite.

Mais il est manifeste que Mélenchon n’ira pas plus loin, dans sa pensée et dans son discours, que le keynésiasnisme qu’il promeut pour la question économique et du travail, et pas plus loin que la dialectique Plan A / Plan B pour la question de l’UE. Si tant est qu’il s’y tienne et que lui et les siens ne l’amoindrissent pas elle aussi pour rallier à lui, à eux, quelques Socialistes européistes en mal de reconnaissance et de places !

Le keynésiasnisme prôné par Mélenchon et la FI serait sans doute bien mieux que ce que nous avons aujourd’hui mais puisque lui et les siens, comme nous tous, aimons nous qualifier de “révolutionnaires”, il faudrait peut-être aller au-delà, non ?

Or, choisir de tendre encore, et encore, et encore, la main aux “leaders” Socialistes dit quelque chose de la stratégie poursuivie. Et on ne peut en même temps vouloir faire l’alliance avec les prétendus “Socialistes de gauche” et l’alliance avec le peuple tout entier. C’est antinomique ! Il faut choisir. Les éternels jeux politiciens ou la stratégie du peuple.

Je croyais que Mélenchon avait choisi et la France insoumise aussi. Dès 2016 ! Or il semble – et je ne suis pas le seul à le percevoir et à m’en plaindre – que l’on assiste à un grand “bon en arrière”. Comme après l’élection de 2012, Mélenchon revient aux jeux politiciens habituels de la “Gauche”. Et bien que cela défrise certains qui n’ont d’Insoumis que le nom, il va falloir que l’on entende que ces jeux sont nauséabonds et détestables et que tous ceux qui les promeuvent ne peuvent que se faire admonester, de manière plus ou moins violente, abrupte, rugueuse, selon les tempéraments. Surtout quand ils s’ajoutent à l’absence de démocratie hier au PG, aujourd’hui à la FI, et à l’insuffisance de certaines propositions programmatiques.

Et le pire, c’est que tout cela ensemble dessine bien un choix qui n’est pas en conformité avec certains grands discours d’hier. Or ce “hier” n’est pas si éloigné d’aujourd’hui…

Si la France insoumise veut rassembler une majorité de Françaises et de Français, il va lui falloir cesser définitivement de tendre la main aux branquignols du PS. Veut-elle fédérer le peuple ou rassembler la gauche ? Il me semble que la réponse avait déjà été donné de la manière la plus claire qui soit. Et à de multiples reprises. Alors quoi ? Pourquoi ces mains sans cesse retendues ?

Et s’il ne s’agit que de “parler” au-delà de nos cercles habituels, alors c’est au peuple qu’il faut parler, pas à des “has-been” ou à des “has-never-been”…

Mélenchon avait – et a encore – une grande aura dans les consciences populaires même s’il a perdu pas mal de plumes depuis quelques temps. Il ne tient qu’à lui de reprendre sa place de locomotive du train de la révolution citoyenne et de cesser de s’avilir dans ces jeux politiciens et dans un électoralisme de comptoir. Il doit rester ou plutôt redevenir celui qui cherchait non pas à “rassembler la gauche” mais bien plus à “fédérer le peuple”.

Je me demande même s’il ne serait pas utile, maintenant qu’il a montré son immense talent dans son rôle de direction du Groupe parlementaire (avec tout ce que cela implique de travail harassant), qu’il laisse la main et qu’il se prépare de nouveau à un rôle bien plus éminent que celui de chef du groupe !

Qui sait ce qu’il peut se passer dans l’avenir proche tant la marmite monte en pression. Il me semble qu’il devrait prendre du champ par rapport à son travail de député et de président des députés. Il me semble qu’il devrait considérer que demain, après-demain, dans quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, l’histoire pourrait s’accélérer et qui sait lui être favorable, et, à travers lui, nous être favorable à tous. Mais pour cela, il faut travailler à le rendre possible.

C’est un très beau travail que de passer des milliers d’heures à étudier les projets de loi macroniens et à y opposer des milliers d’amendements. C’est le job des députés mais à quoi bon ?

Cette Assemblée, plus encore que toutes celles qui l’ont précédée, ignore superbement ce travail et se fait un plaisir quasi sadique à rejeter systématiquement ce qui est proposé. Alors à quoi bon jouer encore le jeu quand le jeu est autant pipé au vu et au su de tous ?

Il ne sert à rien, pour qu’on porte de l’estime et de la reconnaissance à Mélenchon et à nos député-e-s, qu’ils se tuent à la tâche pour rien ! Car c’est bien pour rien ! Sinon pour de la “com” en ce sens qu’ils font savoir au peuple combien leur bonne volonté est méprisée par les godillots de Macron ! L’effet de tout cela n’a qu’un temps après quoi cet effet s’émousse. Et il ne sert à rien de jouer les martyres !

Au regard des circonstances, puisqu’on ne peut rien empêcher de ce qui se décide, je m’interroge sur l’utilité de nos députés. Ce n’est pas eux que je blâme, vous l’aurez compris. Mais il me semble qu’il ne serait pas inutile de claquer bruyamment la porte du Palais-Bourbon, de dire tout haut que c’est une chambre d’enregistrement monarchique et qu’il ne sert à rien d’y siéger, sauf à cautionner le système ! Or, ce système, on prétend vouloir l’abattre.

Je pense que cette décision ferait un bruit assourdissant, pas seulement en France ! Un bruit de nature à nous faire aimer et considérer autrement par beaucoup qui nous regardent avec mépris ou défiance !

J’estime que nous devrions abandonner notre légalisme scrupuleux. Je ne dis pas (pas encore) que nous devrions prendre les armes et le maquis, mais mener un travail collectif de sape des fondations du système depuis un autre lieu que les couloirs, annexes et antichambres du pouvoir puisque nous n’avons pas la moindre influence sur lui.

Et c’est la raison pour laquelle je considère, aujourd’hui, que participer, une nouvelle fois, à la farce électorale de l’élection européenne est contre-productive. Nous savons bien, grâce à Mélenchon qui fut député européen il n’y a pas si longtemps, que le Parlement européen, encore plus que l’Assemblée Nationale française (oui c’est possible !), est une coquille vide. Or on veut y envoyer nos pointures. À quoi bon ? Rééditer les “exploits” de Mélenchon qui parvenait en deux minutes de droit de parole à exprimer des idées fortes ? J’insiste : à quoi bon tout ça ?

La France de 2018 n’est plus celle des trois dernières décennies du XXe siècle où les oppositions étaient globalement respectées, traitées avec égard, et même parfois écoutées. Quant à l’UE, elle a perdu ses pudeurs de gazelle des années 50, 60, 70 et 80.

L’UE comme le système français doivent être dynamités. C’est bien cela que nous défendons n’est-ce pas ?

Alors ne participons plus à ces systèmes. Combattons-les de l’extérieur sans plus en être des cautions de quelque façon que ce soit. D’ailleurs, on n’a jamais réellement mis en danger un système de l’intérieur, en politique. L’idée de la “5ème colonne” est une idée fasciste pour faire taire les opposants et légitimer, aux yeux du peuple, leur emprisonnement à vie ou leur exécution. Détruire de l’intérieur est réservé aux insectes xylophages, à certains parasites du monde végétal ou, dans la vie des hommes, aux entreprises de démolition contrôlée. Mais la démolition contrôlée intervient toujours sur commande et les donneurs d’ordre laissent les démolisseurs préparer, pendant des semaines voire des mois, le système explosif qui assurera la démolition. Aucune démolition contrôlée ne se fait sans ces “facilités” et donc contre les commanditaires réels, qu’ils soient propriétaires ou non ! On ne nous laissera donc jamais détruire le système de l’intérieur. Pour paraphraser une de mes principales camarades et amies :“Si Mélenchon était élu Président de la République dans le système actuel, c’est qu’il serait devenu sans danger pour lui” !

Par contre, de l’extérieur, on peut bien mieux préparer l’insurrection populaire. Pour cela, il me semble que serait utile d’une part que Mélenchon fasse évoluer son discours et le projet politique dans le sens déjà évoqué d’un affermissement de nos propositions sur l’UE et sur la question de l’économie et du travail, et que d’autre part Mélenchon en personne et toutes celles et tous ceux qui sont capables de faire oeuvre pédagogique fassent de nouveau, comme pendant la campagne, le tour de France. Plus cette fois pour délivrer des discours-fleuve devant une assemblée de gens écoutant quasi-religieusement, mais pour écouter les gens ordinaires, les rencontrer ailleurs et autrement que fugacement dans les cortèges de nos marches, échanger et dialoguer avec eux, sans caméras mais compte-rendus à l’appui par celles et ceux qui ont participé aux discussions. Ceci impliquerait qu’on ne vienne pas avec un discours de tribune à délivrer, mais avec l’humilité de celui qui écoute avant de parler, et qui échange avec les gens rencontrés, qui s’inspire de leurs “cahiers de doléances”, qui relaie leurs demandes, et qui prenne à son compte leurs exigences.

Il me semble également que la médiocrité ou la duplicité des leaders syndicaux nationaux est telle que plutôt que de vouloir substituer la FI aux centrales syndicales, il serait plus judicieux de se reposer vraiment sur les acteurs syndicaux locaux et préparer avec eux de véritables actions coup de poing, partout sur le territoire, et tout le temps. Ce serait plus efficace pour que la peur change de camp que de marcher entre République et Nation une fois tous les six mois !

Tout cela, je suis convaincu que Mélenchon et ses amis le savent déjà sans que j’aie besoin de le leur suggérer. Or ils ne le font pas. Pourquoi ? Ce que je demande là, des milliers d’autres le veulent. Ce ne serait pas “me” faire plaisir que d’y donner suite. Moi, j’ai l’humilité de savoir que je ne suis qu’un de ces “riens” montrés du doigt par p’tit mac’ ! Mais je suis de ceux – très nombreux – qui pensent que ces stratégies-là seraient bien plus payantes pour nous tous, que les jeux politiciens auxquels s’adonne le sommet de la FI.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s