Supplique à Mélenchon et aux Insoumis – Réveillez-vous et redressez la barre avant qu’il ne soit trop tard !

Je vous livre un billet en forme de supplique car je ne peux pas me taire quand je vois le désastre politique qui s’annonce après des années de travail collectif acharné pour mener Jean-Luc Melenchon et la force populaire qu’il avait construite avec nous là où ils sont arrivés en avril 2017.

Je précise que ce billet n’engage que moi, même si je sais déjà que beaucoup se retrouveront dans ce que j’écris. Je cite par exemple expressément Djordje Kuzmanovic mais qu’il soit clair que je ne l’engage en rien par mes propos.

Parmi les facteurs majeurs qui ont conduit Jean-Luc Melenchon à décoller au printemps 2017 et à se hisser au point où il est arrivé au 1er tour de l’élection présidentielle, il y a l’évolution de son discours quant à l’UE.

Et dans cet esprit, il y a notamment la stratégie du “Plan B” qui était en soi une évolution notable par rapport à ce qu’il avait défendu jusque là.

Ce “Plan B” qui, rappelons-le, était la “sortie des traités” et pas le projet rabougri dont on parle aujourd’hui dans les hautes sphères de La France insoumise, était en quelque sorte la force de dissuasion, celle qui était de nature à contraindre les “partenaires” européens de la France à accepter de tout remettre sur la table, oui TOUT ! Faute de quoi, la France sortirait de l’UE parce que “sortir des traités” équivaut à sortir de l’UE, qui n’existe que sur la base de traités.

Or si la France sortait de l’UE, l’UE s’effondrerait à bref délai car “on ne fait pas l’UE sans la France”. Ce n’est pas de la forfanterie de Gaulois prétentieux de dire cela, c’est une analyse politique, et géopolitique. Sans la France, ce sont des moyens financiers gigantesques qui n’iraient plus à l’UE, puisque chaque État membre contribue annuellement au coût de fonctionnement de l’UE et que la France est un des principaux contributeurs. En outre, elle donne bien plus qu’elle ne reçoit. Sans la France, ce sont des systèmes de décision qui se trouveraient irrémédiablement grippés. L’UE serait également privée de moyens humains très importants car les Français-e-s qui travaillent pour elle seraient nombreux à réorienter leur activité, à devoir le faire si la France n’est plus membre de l’UE. Et l’image de l’UE serait détruite dans le monde entier.

D’autant que si la France prenait ainsi le train de la libération, elle serait suivie ou plutôt accompagnée, soit simultanément, soit très rapidement, par les pays du Sud de l’UE qui ne pourraient pas survivre dans une “Europe allemande”. Vous savez ces pays que des Allemands très fins d’esprit et tout autant respectueux, désignent comme “PIGS”. Pour celles et ceux qui l’ignoreraient, en anglais, “PIGS” signifient “porcs” ou “cochons”. Mais cet acronyme désigne aussi par ses lettres 1) le Portugal, 2) L’Italie, 3) la Grèce et 4) l’Espagne (“Spain” en anglais). D’autres ont parlé de ces pays comme de ceux du “ Club Méd’ ”. Ambiance !

Bref la décision française de sortir de l’UE est l’arme de destruction massive de l’UE. Nous avons donc une immense responsabilité à l’égard non seulement des Français, mais de tous les Européens. Et plus encore, car l’UE est néfaste pour le monde entier par son alignement sur l’Empire états-unien, aussi bien s’agissant de sa géopolitique belliqueuse, que de son capitalisme fou et destructeur de la vie humaine comme des équilibres naturels. Mais aussi par son alignement culturel sur les États-Unis, par sa politique de “colonisation” sous de nouvelles formes de l’Afrique. Et par tant d’autres choses ! En conséquence, la dislocation de l’UE, son démantèlement, son dynamitage, sa fin, est d’intérêt général humain !

*

Alors que ce Plan B, et tout ce qui gravitait autour, a largement contribué à faire de Mélenchon le candidat qu’il a été, affolant les dominants, il semble bel et bien abandonné aujourd’hui, en dépit de certaines dénégations, de plus en plus faiblardes d’ailleurs, au profit d’un énième jeu de “négociations” avec non plus les institutions européennes et nos “partenaires européens” (au sens de “les États-membres et leurs gouvernements”) mais avec nos “amis” des partis et mouvements ayant un projet global comparable au nôtre.

Or, pour façonner la liste “Maintenant le peuple” au niveau européen, notamment parce que d’autres mouvements et partis n’étaient pas du tout prêts à un discours franchement hostile à l’UE, eh bien Mélenchon et la FI ont dû reculer de plusieurs pas pour conclure l’accord avec nos “amis” européens, sans compter que l’alliance voulue avec les cadavres du PS français rendaient ces “compromis” indispensables. Il résulte de cela qu’on recule de trois ans au moins et que dans l’opinion, cela sera dévastateur.

Qui est à la manoeuvre de cette folie politique ?

On ne peut dédouaner Jean-Luc Melenchon lui-même, sauf à considérer qu’il nous a trompés l’an dernier, ou qu’il ne contrôle plus rien de “son” mouvement et qu’il n’influence plus en rien ses amis du 1er cercle. Je n’irai pas sur ce terrain. Donc, pour moi, il a été convaincu par ses amis, français ou européens, de mettre de l’eau dans son vin du “Plan B”, beaucoup d’eau… Beaucoup trop quand ce qu’il fallait faire, ce n’était pas en rabattre sur nos exigences mais bien au contraire en rajouter !

Et pour qui connaît un peu la vie du Parti de Gauche depuis des années, et celle de La France insoumise depuis un peu moins de deux ans, tout concourt à désigner quelqu’un en particulier.

Cette personne fut l’exécuteur des “fortes têtes” du PG qui ne s’alignaient pas sur certaines lignes stratégiques en termes d’alliances ou de projet.

Cette personne fut le directeur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

Et cette personne a été bombardée tête de liste pour les Européennes contre l’avis d’un nombre très important d’Insoumis du comité de sélection et, a fortiori, dans des conditions de mascarade démocratique.

Mais cette façon de faire est une solide habitude que nous avons abondement connue hier au PG et qui s’est propagée à la FI. Tout simplement parce que ces combinards du PG provenaient du PS et en ont gardé toutes les sales manières.

Cette personne, vous l’aurez reconnue, c’est Manuel Bompard. Mais il n’est pas seul en cause car s’il était seul, il aurait été aisément écarté. Il a forcément le soutien de beaucoup de personnes bien placées, et il a évidemment le soutien, puissant et bienveillant, du N°1 de la FI, qui ne cesse d’ailleurs publiquement de le cajoler et de dire du bien de lui, pour bien mettre la distance entre eux deux et “les autres”, et donc pour contraindre “les autres” à se soumettre à eux deux !

Lors des dernières semaines voire des derniers jours de la campagne présidentielle de 2017, alors que bien des Insoumis et moi-même montions au créneau contre ces mains tendues à Hamon, qui nous discréditaient aux yeux de beaucoup, déjà Manuel Bompard en personne était venu – en message privé – m’expliquer que tout ceci n’était que pour la galerie, que jamais on ne ferait alliance avec lui, que c’était pour le mettre face à ses propres contradictions, que les gens devaient réaliser qu’il ne viendrait pas avec nous etc. etc. Vous connaissez les argumentaires, ce sont les mêmes, à peine retouchés, qu’on nous ressort aujourd’hui. Je lui ai expliqué, courtoisement mais fermement, ce que je pensais de cette “stratégie de la main tendue”. Il m’a dit qu’il comprenait que je m’en offusque mais que “je verrais bien, très rapidement ce qu’il adviendrait”.

Oui, j’ai vu ! Et ce que Mélenchon, Bompard et quelques autres, ont fait à cette occasion-là, a joué aussi pour discréditer le candidat Mélenchon aux yeux de beaucoup qui étaient pourtant prêts à voter pour lui, mais qui ne l’ont pas fait voyant dans cet homme l’éternel “socialiste” qu’il a été. Qui sait si ce ne sont pas ces voix-là précisément qui nous ont terriblement manqué !

Comment les blâmer, ces gens qui ont refusé de nous suivre, au regard de ce qui fut dit et de ce qui fut fait l’an dernier sur ce point litigieux ? Et n’avaient-ils pas raison, ces gens-là, quand on voit ce que devient aujourd’hui la stratégie de la FI, et aussi ce que devient notre discours sur l’UE pour ne parler que de cela ?

Manuel Bompard n’est pas tête de liste par hasard. Il est devenu, de fait, le Dauphin de Mélenchon. C’est une catastrophe d’avoir ce type comme nouveau “Second” de Mélenchon. Il va nous conduire au désastre et le pire, c’est que Mélenchon lui donne, de manière manifeste et répétée, toute sa confiance. Du coup, beaucoup de “seconds” n’osent pas s’opposer à Bompard puisque Bompard est le représentant le plus “éminent” de Mélenchon. Parmi les “proches” de Mélenchon, il n’y a guère que François Cocq à avoir osé le faire publiquement dans ses billets du 5 juillet et du 27 août. Il l’a fait sur le fond, pas dans une attaque contre l’homme.

*

Il y a deux options, à mes yeux, comme aux yeux de beaucoup d’Insoumis aujourd’hui, pour effacer le désastreux message qui est actuellement donné par le sommet de la France insoumise.

La première option consisterait, pour Mélenchon, de tenter – et ce au au plus vite – d’effacer cette désastreuse “communication”, et d’agir et de parler pour reprendre la place qu’il avait durement et patiemment acquise en avril 2017.

Pour cela, il faut commencer par désavouer solennellement Bompard et sa bande, ainsi que la dévastatrice stratégie actuelle. Il faut revenir – au minimum – au Plan B tel qu’il avait été imaginé et commencé à être conçu (via les différents “Sommets du Plan B”) mais en allant cette fois bien plus loin, en assumant notamment l’indispensable ***libération*** de l’UE. Sans négociations. Sans tergiversations. Sans discussions. Mais avec pédagogie. Mélenchon doit dire que lui et la France insoumise, parce qu’ils ont un projet politique incompatible en tous points avec l’UE, et parce que cette UE est irréformable, nous assumons le projet de nous en libérer totalement et définitivement. Par un acte de pleine souveraineté.

Si Mélenchon parle ainsi, si Mélenchon se met à faire la pédagogie de cette libération, si la France insoumise embraye avec à sa tête, et notamment sur la liste pour les Européennes, des gens parlant fort et clair en ce sens, alors Mélenchon peut espérer que soit mis en parenthèse le moment tragique que nous vivons depuis quelques semaines quant à la stratégie mise en oeuvre et quant au discours porté. S’il ne le fait pas, nous prendrons de plein fouet une magistrale torgnole populaire au soir du résultat. Certains Insoumis – et pas des moins futés a priori – se font forts d’un sondage récent disant que la FI est la seule force à ne pas s’émietter. Vous croyez aux sondages, vous, maintenant ? Vous n’avez pas assez compris qu’ils ont pour seule vocation de tromper ?

Il faut donc que Manuel Bompard soit évacué au plus vite de cette liste et qu’à sa place, soit désigné quelqu’un (homme ou femme) qui ait l’assentiment des Insoumis, par un vote ***réellement démocratique*** et pas un simulacre où l’on nous dit pour qui il faut voter ! Où l’on écarte d’office certains et où l’on met d’office en position éligible les membres de la Cour !

Il se trouve qu’un certain Djordje Kuzmanovic a toutes les qualités pour occuper cette fonction tribunicienne à l’occasion des élections européennes. Il a une solide expérience géopolitique, lui, et cela est indispensable si l’on veut parler à l’Europe et au monde, quand Manuel Bompard est un nain inconséquent à côté de lui, un petit apparatchik comme on croyait qu’il ne s’en faisait plus !

Non seulement Djordje Kuzmanovic a toutes les qualités pour porter, à l’occasion des élections européennes, un discours clair, ambitieux et assumé de rupture totale avec l’UE, mais il a en outre l’oreille de pas mal de gens à l’étranger. Et en France. Aussi bien au sein de la FI qu’ailleurs. Bompard attirera à lui – et donc à vous – au mieux quelques cadavres du PS et quelques vieux débris du PCF, alors que Djordje Kuzmanovic, lui, épaulé par de sérieux candidats (femmes et hommes) – et il n’en manque pas – réussirait certainement à recoller les morceaux du socle électoral que Bompard et ses ami-e-s, ainsi que la stratégie actuelle, ont entamé ! Lui permettrait sans nul doute de retrouver ce peuple qui avait voté “Non” en 2005 et qui, depuis, est explosé en dizaines de partis, mouvements, associations, sans compter tous les abstentionnistes de longue durée !

Si Mélenchon était assisté, non de Bompard mais de Djordje Kuzmanovic, tous les deux appuyés par une liste de candidat-e-s déterminé-e-s à porter le fer contre l’UE et à faire la pédagogie de la libération, alors nous pourrions espérer faire un énorme coup politique à ces élections. Dans le cas contraire, ce sera une gigantesque vague d’abstention qui pourra de nouveau faire dire à Mélenchon que c‘est la preuve d’une “insurrection populaire massive”. Mais elle vaudra aussi contre eux cette fois-là ! Et contre lui en particulier ! Pour ses inconséquences, son irrésolution !

Sauf qu’avant de nous projeter à demain, il faudrait déjà être à aujourd’hui. Parce qu’aujourd’hui, nous pouvons encore conjurer ce destin funeste qui s’annonce pour demain – si nous fonçons dans le mur, à la manière d’un Macron – en disant ce qu’il faut dire et en agissant en pleine cohérence avec ce que nous disons !

Nous avons encore plusieurs mois pour cela et nous pourrions non seulement rééditer 2005 mais aller bien plus loin ! Le peuple français, depuis longtemps, est hostile à l’UE. Depuis 2005, les événements tragiques connus par la Grèce mais aussi bien d’autres facteurs ont, sans le moindre doute, affermi considérablement l’aversion du peuple français envers l’UE et sa résolution à s’en libérer. Nous gagnerions, à coup sûr, non seulement cette élection européenne, mais bien plus encore en vue de la suite, si nous nous mettions ainsi en ordre de bataille contre le principal bras armé du Capital en Europe. Il faut expliquer ce qui se passera, comment ça se passera, comment nous ferons, avec qui, selon quel calendrier, selon quelles modalités. Nous pouvons et nous devons nous appuyer sur les travaux d’intellectuels et de militants de renom, parmi lesquels Frédéric LordonJacques SapirAurélien BernierCoralie DelaumeOlivier DelormeJacques Cotta, Bernard Friot (pour que, sur les questions économiques et sociales, notre projet soit rendu plus ambitieux) et tant d’autres !

Insoumis, réveillez-vous bordel !

Voyez les pays d’Europe se donner les uns après les autres aux forces d’extrême droite. Cela n’est que le résultat de l’inconséquence des “gauches” européennes qui ont abandonné le peuple dans leurs discours comme dans leurs projets. Des gauches ou des mouvements qui aspirent à les remplacer !

La “révolution citoyenne” doit se faire avec NOUS à la barre, sur NOS valeurs internationalistes et humanistes, et sur NOS propositions “sociales” et démocratiques, sinon d’autres que nous la feront, la révolution, et elle n’aura pas la même allure, ni le même contenu. Pour notre plus grand malheur à tous ! Nous aurons des cendres dans la bouche mais aussi du sang !

*

L’autre option qui s’offre à Jean-Luc Melenchon et à La France insoumise après celle que je viens de développer, serait d’adopter la décision de ***boycotter cette élection européenne*** qui n’est qu’une mascarade puisque nous élisons des “députés” sans aucun pouvoir parlementaire. Et alors que nous devrions cesser de “penser dans le cadre” et plutôt “exploser le cadre” comme le dit Frédéric Lordon, nous participons alors à un système dans le cadre d’un complexe institutionnel qui nous détruit, pierre après pierre. Et avec, de fait, notre consentement, fut-il extorqué. Parce que participer au suffrage, c’est – que vous le vouliez ou non – le cautionner, le considérer comme légitime. C’est bien jouer dans le cadre conçu par nos ennemis, et bien verrouillé par eux ! C’est donc le renforcer, même si vous croyez voter pour des opposants à ce système. Ce n’est pas au niveau de l’UE que l’on peut aujourd’hui faire de la politique, c’est au niveau de nos États, ce qui n’empêche pas que nos “représentants” discutent entre eux pour préparer demain. Mais la démocratie, déjà très amoindrie, existe dans nos pays alors qu’elle est absente de l’UE.

Imaginez que Mélenchon dise cela lui-même, en termes on ne peut plus clairs et solennels !

Imaginez que Mélenchon prenne le peuple à témoin de toutes les immondes décisions de l’UE dans tous les domaines, en France et ailleurs en Europe, pour décider que cette fois nous ne jouons plus le jeu parce que ce jeu est pipé. Parce que ce n’est pas un jeu mais un traquenard !

Imaginez que Mélenchon, plutôt que de s’en prendre à l’énième commis de l’UE et de la Finance qui la contrôle, au lieu de tambouriner en défendant un “référendum anti-Macron” contre celui qu’il appelle le “petit copiste”, décide de mener un combat frontal contre l’UE et, prenant acte du verrouillage de l’UE dans l’esprit indiqué ci-dessus, décide qu’il n’y aura finalement pas de liste “Maintenant le peuple” à l’élection européenne, ou plutôt qu’il soumette au vote de tous les Insoumis, cette proposition.

Imaginez qu’il la défende comme il sait faire quand il veut être écouté et entendu !

Imaginez qu’il appelle les millions de Français à la révolte ouverte par le biais d’une abstention de masse, vraiment de masse ! Non par défaut mais bien par volonté consciente de s’abstenir ! Cela ne signifierait pas qu’on se désintéresse de l’élection et qu’on aille tous à la pêche pour reprendre l’expression commune. Cela ne signifierait pas qu’on abandonne le terrain aux autres. Nous y serions, sur le terrain, mais avec un tout autre discours que celui de faire comme si, ou d’être carrément hors sujet !

Nous pourrions dire que ne pouvant rien faire au plan européen tant que l’UE contrôle le continent, nous refusons de participer au piège électoral mais par contre nous menons campagne sur nos idées, notre projet, nos espérances pour demain, et nous expliquons précisément que c’est demain que nous pourrons renverser la table, si et seulement si le peuple français se rassemble en masse derrière un projet de libération, à la fois de l’UE, bras armé du capital en Europe, mais plus largement de tout le carcan capitaliste mondialisé, ce qui implique beaucoup d’autres ruptures qu’avec la seule UE !

Mais pour que le peuple ait envie de se rassembler ainsi avec nous, avec Mélenchon, il faut lui donner des gages sérieux de notre détermination inébranlable de mener le combat qu’il faut mener.

Avec ce genre de discours, qui trancherait avec les “pudeurs de gazelle” de ces dernières années, qui doute que le peuple français rejoindrait en masse la vague en formation ? Comme en 2005 ! Nous avions de belles et solides bases en avril 2017. Nous avions toutes les raisons rationnelles d’espérer grandir.

Or, nous avons perdu du crédit dans l’opinion depuis des mois.

Il ne tient qu’à nous, il ne tient qu’à Mélenchon et à celles et ceux qui l’entourent, de prendre la mesure du moment que nous avons vécu l’an dernier, et de celui que nous vivons aujourd’hui, si nous voulons avoir la moindre chance d’influer sur demain, et de faire que demain ressemble à l’idée que nous nous en faisons collectivement, par delà nos divergences.

* * * * *

Supplément ajouté le 10/09/2018 – Suite à la publication de ce billet, un camarade m’a interpellé en exprimant son souhait que je réponde à ses questions. Je l’ai fait dans ce billet.

Mes billets précédents :

Ce que m’a inspiré le débat sur l’UE – Dans la gueule du loup – Le Media – 25/06/2018

Retour brutal dans le réel ! De la “nouvelle nouvelle” stratégie politique de la France Insoumise et de Mélenchon – 15/07/2018

Après l’écoeurement – 25/08/2018

Après la critique… Suggestions pour fédérer le peuple… – 26/08/2018

2ème salve ! Je reviens encore sur la problématique que pose la “nouvelle” stratégie de la France insoumise… – 28/08/2018

Mélenchon, France Insoumise & UE : La maison brûle ! 04/09/2018

*

Et ci-dessous des écrits d’autres que moi que je soutiens totalement :

Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon et aux militants de la France insoumise – Par le PRCF le 10/08/2018

À propos du discours de Jean-Luc Mélenchon à Marseille – Par le PRCF le 26/08/2018

Des raccourcis comme des impasses – Par François Cocq le 27/08/2018

Une réflexion sur « Supplique à Mélenchon et aux Insoumis – Réveillez-vous et redressez la barre avant qu’il ne soit trop tard ! »

  1. Ça détonne.

    Finalement (mais pas de manière exhaustive) ce plaidoyer démontre, via la colère, la volonté politique, et la personnalisation des « écueils » (je n’ai rien contre la désignation des personnes car nous oublions que trop souvent ce sont des hommes et des femmes qui incarnent la politique), le chaos que le capital a parfaitement réussi à installer.

    Ce pays, jusque dans les années 80-81, a eu la chance de connaître l’existence d’un parti révolutionnaire puissant (le vrai au sens systémique). Le PCF.

    Sa chute (pour des raisons géopolitiques mais aussi après l’arrivée du « stratège » F. Mitterrand) a été pour les travailleurs une catastrophe idéologique et sociale.

    Une magnifique aubaine pour le MEDEF, les capitalistes, et leurs servants successifs de Mitterrand à Macron.

    C’est un fait que l’on soit ou non communiste.

    Beaucoup de ces « philosophes » qui, aujourd’hui ne cessent de s’étriper sur les nécessités de la lutte étaient d’ailleurs de farouches opposants au PCF.
    Ils ont d’ailleurs donné un sacré coup de main politique à cette bourgeoisie qu’ils condamnent à présent.

    La CGT, syndicat de masse et de classe, très attachée au PCF (certains s’en plaindront mais que d’acquis arrachés durant cette période….). 4 millions d’adhérents. Aujourd’hui entre 400 et 600 000.

    Donc ce syndicat a été entrainé dans la tourmente capitaliste et a bien du mal à « joindre les 2 bouts ».
    M’est d’avis que les écoles de la CGT ont hélas abandonné leurs formations révolutionnaires (de classe).

    CES et « syndicalisme rassemblé » formatent les individus vers un affadissement du fondement des luttes sociales.
    En clair, les rendent, via les « directions », très uniformes, très fadasses, un peu comme le sont des syndicats tels la CFDT par exemple (cela dit, sans généraliser non plus).

    F.Mitterrand et sa bande (dont JLM faisait partie, c’est un fait) nous ont conduit là où nous sommes. Les travailleurs, les chômeurs, les retraités, dans la nasse ultracapitaliste.

    Bon, la France insoumise « a été » un regain d’enthousiasme.

    Je dois dire qu’au début la présence de JLM à sa tête n’a pas soulevé le mien.
    Que voulez-vous. Un type qui durant 30 ans a participé à la défense du capital (en tant que PS) ça rend méfiant. Même le parti de gauche (des ex PS), grande méfiance.

    Puis j’ai écouté et lu. Il fallait un processus pour reconstruire un « semblant » d’espoir révolutionnaire.

    La FI, surtout dans ses composantes sociales de base, était (ou est) ce processus possible.

    Ce n’est pas un programme « revolutionnaire ». Loin de là. Mais comme tout processus, et au point où nous en sommes, l’affaire est jouable.

    Jouable à condition qu’ hommes et femmes abandonnent égos et volontés absolues de reconnaissance aux vestiaires (vestiaires d’un passé pas très reluisant en matière de puissance révolutionnaire pour certains).

    Un cap. Il faut donc se fixer un cap politique.

    Pas d’autre issue qu’un combat de classe à la hauteur (au moins) de celui qu’opposent aujourd’hui Macron et sa clique. Qu’opposent les capitalistes qui l’ont porté au pouvoir.

    La clarté. L’UE. oui ou non. Plan B avec sortie en cas d’échec. L’UE (et pas l’Europe) est la clé de la réussite ou de l’échec.

    Soit dit en passant, les élections européennes sont du pipeau politique.
    Une espèce de sollicitation de la commission européenne à participer à ce qui ne peut déboucher que sur la continuité capitaliste.

    Bref des positions de classe qui ont été trop longtemps absentes des actes (je ne parle pas des mots qui restent mots sans les actes).

    Reste les hommes.

    JLM a un talent oratoire notable et notoire.
    Cependant cela ne suffit pas toujours sans « l’adhésion de classe » qu’il nécessite.

    Des comportements peuvent choquer (la crainte permanente de l’agression verbale, la propension à succomber à la flatterie, la propension à se laisser enfermer dans les us et coutumes républicains imposés par les capitalistes, la propension à la nostalgie d’un passé politique souvent détesté).

    Et bien entendu la capacité à recevoir la critique (argumentée).

    Il est indispensable de ne pas recréer une cour à la Mitterrand qui certes a fait des carrières, mais surtout a plongé des millions de gens dans la détresse générée par leur abandon total sur l’autel du capital.

    Il serait donc de bon aloi politique de se tourner vers les forces sociales combatives telles que le front social par exemple.
    Combatives au sens du combat de classe. Ils sont encore nombreux à la CGT.

    De bon aloi politique de se montrer avec tout ce que ce pays compte de volontés révolutionnaires dignes de ce nom.

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