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Soutenir Mélenchon ? Entretien avec Frédéric Lordon – Là-bas si j’y suis – Le 27/01/2017

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Pour écouter la vidéo, c’est ici.
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Note de Vincent Christophe Le Roux : Ma camarade Christine Duplaissy, est comme moi, une inconditionnelle de Frédéric Lordon. On peut dire, je crois, que nous sommes comme des élèves du maître… Et à ce titre, nous nous efforçons : 1/ de ne rien louper des écrits et des interventions mediatiques de Frédéric Lordon, 2/ d’en bien comprendre le sens et la portée (je pense que nous ne nous débrouillons pas mal), 3/ d’en proposer les retranscriptions écrites lorsqu’elles n’existent pas, afin que tout le monde puisse prendre connaissance de la pensée de cet intellectuel à nulle autre pareille.

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Tomber dans le piège HAMON ou s’engager dans la révolution MÉLENCHON ? C’est vous qui voyez…

Vous qui envisagez de voter pour HAMON, prenez garde : si vous faîtes les moutons, vous serez tondus ! (Maxime chère à Jean-Luc Mélenchon).
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La candidature de Benoît HAMON est une véritable ARNAQUE ! Du même type que celle de HOLLANDE en 2012 !
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La candidature de Benoît HAMON, une arnaque
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Vous êtes nombreux à avoir cru à la bonhomie et à la sincérité de François HOLLANDE, n’est-ce pas ? Du coup, vous portez une part de la responsabilité de ce pouvoir car c’est grâce à vous qu’il a pu être en situation de gouverner. C’est sans doute un peu abrupt de vous le dire mais c’est la vérité. Votre ignorance ou votre naïveté d’alors nous a coûté très cher à tous ! Or il était assez facile de cerner le loustic pour peu qu’on se soit intéressé à lui, à son passé, à ses “oeuvres” !

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Chacun a le droit, bien sûr, de se tromper, de s’égarer, de se faire avoir, hélas ! Mais comme le dit un proverbe berbère que MÉLENCHON aime citer : “La seconde fois où tu te fais avoir, c’est de ta faute !

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Donc, sauf si, vous avez été plongé, depuis cinq ans, dans un état d’hibernation bien plus long que celui prévu par la nature pour certains mammifères, vous avez pu constater, depuis ce jour glorieux de 2012 où le candidat qui avait décrit la finance comme son “adversaire” a été élu, combien ce combattant s’est opposé à cette finance, et comment il s’y est pris pour la domestiquer !

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Et vous souhaitez pourtant, aujourd’hui, voter pour HAMON ? Vous envisagez donc de réitérer la même bévue que celle qui nous a fait avoir tant de cendres dans la bouche depuis cinq ans ?

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Tout ça pour quoi ?

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Parce que, pour certains d’entre-vous, HAMON, lui, est vraiment de gauche ? Vous y croyez vraiment ? Vous avez perdu la raison ? Ou bien croyez-vous, tel des enfants immatures ou des ados encore innocents, que ses promesses l’engagent aussi peu que ce soit ? Croyez-vous que ses nouvelles propositions les plus à gauche viennent de sa propre volonté ? Croyez-vous que son désir ardent de rester dans l’UE actuelle soit cohérent avec un projet de gauche ? Croyez-vous vraiment que sa proposition de revenu universel soit un mieux alors que c’est une réforme suggérée depuis bien longtemps par le patronat qui se réjouirait de la mise en application d’une telle mesure puisque ce serait faire payer par l’État, et donc par nous tous, ce qui devrait être payé par les entreprises en salaire ? En outre, avez-vous entendu le montant qu’il propose ? On serait très loin du “minimum syndical” d’autant plus que ce revenu universel remplacerait toutes les autres allocations… Et, cerise sur le gâteau, comme il serait universel, les plus aisés le percevraient aussi ! Chapeau bas M’sieur HAMON. Le capital et le MEDEF vont vous adorer vous aussi, même s’ils ne le diront pas publiquement pour ne pas rendre jaloux leur poulain MACRON et son rival FILLON !

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Parmi vous, il y en a d’autres pour qui voter HAMON se justifierait parce que cela nous éviterait LE PEN ou FILLON ou MACRON.

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C’est une blague ! Voilà encore une preuve que vous êtes victime du syndrome de Stockholm, vous savez ce mal qui fait que les victimes finissent par rechercher l’affection ou la reconnaissance de leurs bourreaux… Et encore, je n’ai pas dit le syndrome du larbin bien qu’à étudier certains, ce soit davantage ce mal-là qui les ronge…

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Pensez enfin par vous-mêmes. Ne vous laissez plus affoler par les faux bergers qui crient au loup pour que vous mainteniez au pouvoir les bons pasteurs. N’oubliez pas toutes leurs turpitudes, et toutes les violences qu’ils ont causées eux-mêmes, ou cautionnées en ne se levant pas contre elles et contre ceux qui les organisaient. Ne forgez plus vos opinions en écoutant les marchands du Temple. Heu, je voulais dire les MeRdias !

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Comme le dit encore MÉLENCHON : “Si vous abandonnez vos convictions dans le bureau de vote, ne vous étonnez pas ensuite de ne plus les retrouver à la sortie !” On vote pour ses convictions, pas pour le moindre mal.

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Aux naïfs de gauche qui donneraient la moindre sincérité à HAMON dans son discours de « gôche », je suggère ceci : si vous souffrez des mêmes handicaps que les poissons rouges, si vous avez une tendance à oublier ce qui a été dit – et fait – hier et avant-hier, vous pouvez vous rafraîchir la mémoire en étudiant, non pas seulement ses paroles, mais ses actes depuis des années. Étudiez par exemple ses votes à l’Assemblée Nationale depuis cinq ans, notamment ceux sur les textes les plus odieux, les plus régressif… Voyez qui il a soutenu dans les choix qui ont sali notre pays et dévasté nos acquis sociaux. Observez son courage politique quand il a préféré si souvent s’abstenir ou jouer les “frondeurs” de pacotille. Réalisez que lorsqu’on entre dans un gouvernement comme il l’a fait, c’est qu’on en cautionne la politique, TOUTE la politique et pas seulement celle que le Président et le Premier ministre vous laissent mener vous-même dans votre ministère… C’est un bloc. On ne trie pas et on ne peut dire ensuite : ça j’approuve et ça je rejette. S’il avait été sincère, il aurait démissionné bien avant le jour où il a quitté le gouvernement. Car bien des horreurs avaient déjà étaient accomplies par les gouvernements auxquels il a appartenu. Prenez conscience que quelques miettes de mieux qu’il a pu obtenir dans son secteur ministériel (par exemple la loi sur l’économie sociale et solidaire) ne sauraient compenser les immenses régressions menées par ses collègues du gouvernement et de l’Exécutif !

Sachez que cela aussi est une stratégie des dominants, et pas qu’en France. Pour faire passer une loi inacceptable, nos maîtres se résolvent, assez souvent, à insérer, dans le texte scélérat, quelques menus progrès. Et vous demandent ensuite de vous prononcer en bloc sur le texte en vous faisant miroiter les miettes d’améliorations et en occultant tout le reste. Et si vous rejetez le texte comme violemment régressif, ils vous reprochent de refuser les quelques améliorations qu’ils vous ont concédées.  Ou pour de nombreux textes régressifs adoptés, ils vous concéderont un texte qui l’est moins… C’est ce qu’on peut dire de la “loi HAMON” sur l’économie sociale et solidaire. Qu’a-t-il dû accepter pour pouvoir la faire passer ? Eh bien tout le reste… Tout ce qui a été fait depuis 2012… Quand vous en arrivez au bilan, vous ressentez de fortes douleurs au bas du dos !

Et puis, constatez qu’HAMON affiche le même européisme habituel de ces « élites” qui disent travailler pour notre bien, fut-ce contre notre gré, en voulant l’Europe sociale, ce mantra étant sans cesse repris depuis la première élection du parlement européen en 1979 et qui, JAMAIS, n’eut le moindre début de commencement en pratique ! En fait d’Europe sociale, ces “élites” nous ont ramené au XIXe siècle, elles ont réduit à presque néant ET notre souveraineté populaire ET notre indépendance géopolitique. Et maintenant, elles semblent clairement vouloir franchir une étape supplémentaire : une nouvelle guerre avec la Russie ! NOUS N’EN VOULONS PAS ! CECI NE SE FERA PAS EN NOTRE NOM ! Et tous ceux qui ne s’élèveront pas, on ne peut plus clairement contre ce risque-là, seront violemment rejetés par le peuple français !

HAMON n’a qu’un objectif : mystifier une fois de plus un nombre suffisant d’électeurs de « gauche », faire en sorte que ceux-ci ne votent pas cette fois pour MÉLENCHON. HAMON a exprimé en 2012 son rôle : constituer un pilier gauche pour le PS en vue d’éviter une fuite des électeurs vers MÉLENCHON. “On assure à Hollande le flanc gauche qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon” a-t-il dit au Figaro (voir cet article).

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Vous avez pigé ou ce n’est pas assez clair ? Et ne venez pas me dire que ça c’était avant ! Rien n’indique qu’il ait changé !
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Non ! HAMON n’est pas un « gentil » de l’aile gauche du PS. Il est un outil du système destiné à tromper et à empêcher le basculement de la France dans une forme de résistance mondiale à l’ordre capitaliste. HAMON a été choisi pour jouer le même rôle qu’OBAMA en 2008, quand le peuple américain menaçait d’entrer en révolution après les deux mandats calamiteux de BUSH le petit.
HAMON s‘est vu confier une mission qu’il a acceptée : tout faire pour que MÉLENCHON n’atteigne pas le second tour. HAMON sait très bien que lui perdra. Car il ne peut ignorer le désaveu massif que le PS, et le pouvoir actuel, inspirent dans les têtes de TOUS les Français, quels qu’ils soient, de droite, de gauche, du centre, ou de nulle part ! Le peuple français réserve un châtiment impitoyable à ceux qui se sont joués de lui ! Le PS va connaître l’épuration !
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In fine, c’est l’élection de MACRON ou de FILLON que prépare HAMON ! Peut-être se voit-il comme le principal opposant d’un Président qui serait MACRON ou FILLON pour la période 2017-2022. Ainsi, avec HAMON principal opposant au nouveau pouvoir, on aurait le candidat “naturel” pour l’élection de 2022.

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En votant HAMON au premier tour de cette élection, vous remettriez une pièce de plus dans la machine de la 5e République. Pour faire tourner le manège encore une fois… Sauf qu’avec cinq ans de MACRON ou de FILLON, où en serons-nous en 2022 ? Que restera-t-il au peuple français ? Dans quel état serons-nous plongés ? J’ai froid dans le dos à y penser. Pas vous ?

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Le moment est historique. Sachons en mesurer l’importance

Le moment que nous vivons est historique. Plus qu’aucune élection ne l’a jamais été depuis l’avènement du Conseil National de la Résistance. Si on ne saisit pas cette occasion de commencer à sortir MAINTENANT, TOUT DE SUITE, SANS ATTENDRE CINQ ANS DE PLUS, du système et de la société capitalistes, si on ne commence pas dès le 8 mai prochain (lendemain du second tour de la présidentielle) à mettre en oeuvre la libération de notre pays de l’oligarchie qui le dirige depuis trente ans, si on ne met pas en oeuvre, dès le 8 mai prochain (date symbolique s’il en est !) les mesures pour reprendre notre pleine et entière SOUVERAINETÉ – à la fois populaire et nationale -, si on ne rend pas très vite le pouvoir – TOUT le pouvoir – au peuple souverain, alors nous vivrons collectivement de biens cruels moments ; car tous, autant que nous sommes, et quelles que soient nos vies, nous subirons le pire. En tant qu’individus, en tant que peuple, en tant que nation !

FILLON ou MACRON, ce sera l’accomplissement du grand projet des oligarchies mondiales : la France sera transformée en vulgaire « région » d’une superstructure européenne qui aura encore affermi sa puissance et son autoritarisme, aux ordres et pour le seul intérêt des multinationales ; et à l’intérieur du « pays », le peuple français redeviendra ce Tiers-État qui souffrait tant des caprices des « Grands » et des “Princes”avant la Révolution, sans avoir son mot à dire sur quoi que ce soit, et ce peuple sera toujours plus contraint de se tuer au « travail » pour le plaisir de quelques-uns et pour n’avoir pas le temps ni la force de se rebeller.

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Imaginez une seconde ce que serait la force de frappe de la République française (je ne parle pas ici de la force de dissuasion nucléaire…) si son prochain Président de la République était Jean-Luc MÉLENCHON !

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Imaginez le message que le peuple français, en l’élisant lui, enverrait au monde ! Nous deviendrions un pôle de résistance à l’ordre capitaliste mondial et à son vecteur impérialiste.

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John Fitzgerald KENNEDY, dans son discours inaugural prononcé le 20 janvier 1961, a dit ces mots :   “L’énergie, la confiance, le dévouement que nous allons offrir pour rendre possible cet avenir éclaireront notre pays et tous ceux qui le servent et l’éclat de ce feu est de nature à illuminer le monde.

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Ces paroles lyriques, Jean-Luc MÉLENCHON, j’en suis certain, pourrait les faire siennes. Il les a d’ailleurs déjà dites – autrement – à de multiples reprises ces derniers mois. Et, comme lui, je ne doute pas que son élection réveillerait des millions de gens en France, des millions de gens qui seraient prêts à prendre leur part du combat à mener et des changements à mettre en oeuvre. Je dis cela sans ignorer ni négliger que cette élection éveillerait aussi des sentiments bien peu amicaux à notre encontre, et déclencherait contre lui, contre ses ministres, contre nos ambassadeurs, contre les nouveaux responsables supérieurs des administrations de l’État et contre nous tous, des réactions très violentes de la part du système et de ceux qui le servent. Car les “collabos” ne se déclareront pas vaincus sans avoir lutté pied à pied contre nous. Qui sait ce qui peut nous arriver ! La stratégie du choc est leur stratégie de lutte contre les peuples qui ont des volontés rebelles ! Tenez-vous le pour dit et préparez-vous-y !

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Cela ne doit pas nous faire mettre un genou à terre pour autant. Car je crois aussi qu’aucun pouvoir, aussi despotique soit-il, ne peut rien contre un peuple qui a décidé de prendre – ou de reprendre – son destin en mains ! “Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux” disait LA BOÉTIE qui ajoutait : “ Un tyran n’a de pouvoir de nuire qu’autant que les hommes veulent bien l’endurer”.  “La plus grande force des tyrans est l’inertie des peuples” disait pour sa part Nicolas MACHIAVEL, tandis que Dimitris PAPACHRISTOS a écrit très justement que “Celui qui attend qu’on le libère restera un esclave toute sa vie”. Louise MICHEL avait fait sienne cette maxime : “Le peuple n’obtient que ce qu’il prend” et dans le même esprit :  “Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent” avait reconnu Pierre KROPOTKINE.

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Un autre extrait, célébrissime, du discours inaugural de JFK disait : “Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que VOUS pouvez faire pour votre pays !

Ce que VOUS pouvez faire pour votre pays – et donc pour notre peuple – c’est déjà de ne pas vous tromper le 23 avril et, si MÉLENCHON parvient au second tour, le 7 mai !

Ensuite, quoi qu’il arrive, c’est de rester mobilisé et éveillé. Même si MÉLENCHON est élu Président de la République, NOUS devrons TOUS rester sur le pont car il ne fera pas tout, tout seul. Son gouvernement ne pourra tout faire de ce que nous envisageons de faire si le peuple tout entier n’exerce pas une pression très forte pour, d’une part, pousser au cul les “timides”, et, d’autre part et en même temps, jouer le rôle de “garde prétorienne” du nouveau pouvoir sur lequel les coups ne cesseront de pleuvoir, à verse !

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Il ne s’agit pas – ou il ne s’agit plus – en 2017 de simplement voter pour un Président et lui donner carte blanche. Il faut passer à une autre ère de la démocratie, et cela sans même attendre le temps où sera rédigée collectivement puis mise en oeuvre une nouvelle constitution. Dans notre façon d’appréhender le pouvoir, le principe représentatif et la délégation, nous devons devenir des adultes et donc être instruits de ce qui se fait pour bien “conseiller” et orienter celles et ceux qui décideront pour nous, en notre nom. Nous devons exiger une pratique constante de la démocratie participative en attendant que la future constitution de la 6e République nous rende TOUT “le” pouvoir, TOUS “les” pouvoirs !

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Et le peuple français, s’il se comporte ainsi chez lui, redeviendrait un exemple pour le monde. Bien plus encore : si ce nouveau pouvoir, exercé au sommet par Jean-Luc MÉLENCHON, son gouvernement, l’administration, nos ambassadeurs et leurs services, accomplissaient l’oeuvre  que nous aurions légitimée par l’élection de ce candidat-là, donc si le Président MÉLENCHON et les pouvoirs publics français entamaient, dès le 8 mai, un dialogue nouveau avec ces États européens, africains, asiatiques, sud-américains qui sont nos alliés naturels, bien plus que d’autres avec qui nous sommes actuellement liés, et si la France commençait à parler au monde au nom des peuples insoumis, des peuples opprimés et des nations dont le vocable officiel dit qu’elles n’ont pas encore “émergé”,  peut-être même que la France ne serait plus seulement un “exemple” comme je l’ai dit ci-dessus, mais un véritable “phare”, dans l’esprit kennedyen du premier extrait que j’ai cité plus haut !

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D’autres pays dans le monde ont amorcé cette résistance et cette reconquête. Et même si nous ne nous retrouvons pas entièrement en eux, il serait utile et profitable à tous que nous travaillions de concert avec eux pour vaincre ces oligarchies capitalistes qui ont repris le contrôle du monde, alors qu’au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les peuples étaient entrés, pour certains d’entre-eux, notamment en Europe, dans une ère de progrès, progrès qui a été interrompu dans les années 70 et qui n’a cessé d’être déconstruit, pierre après pierre, les pouvoirs politiques de nos pays se dessaisissant de leurs prérogatives au profit soit des entreprises, soit de structures politiques et juridiques illégitimes, tout ceci bien sûr en violation constante des volontés populaires si souvent exprimées.

Mélenchon n’est pas le candidat idéal ? Faudrait-il qu’il le soit pour que nous le soutenions ?

Alors, il est vrai que certains d’entre vous pensez que MÉLENCHON n’est pas le candidat idéal. Sans doute n’est-il pas parfait. Sans doute défend-il parfois des positions qui ne sont pas les vôtres. Nous sommes un peuple divers et il est donc logique que nous ne pensions pas tous la même chose sur tous les sujets. Moi-même, je ne suis pas le doigt sur la couture du pantalon vis-à-vis de MÉLENCHON quand je le trouve trop timide sur la question européenne ou sur certains thèmes économiques et sociaux.

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Pour autant, et j’insiste sur ce point, quelle alternative avons-nous ? Je n’en vois aucune. TOUS les autres candidats en situation de parvenir au second tour sont détestables, soit par leur projet, soit par leur passif.

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Alors, certains me disent que ce genre de discours, c’est finalement appeler à soutenir « le moindre mal ». Je ne suis pas d’accord ! MÉLENCHON , ce n’est pas le moindre mal ! C’est un bien ! Ce n’est peut-être pas « LE » bien, mais c’est un plus grand bien, comparé à ce que nous vivons depuis le début de la mise en oeuvre de la stratégie du choc. 

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MÉLENCHON – ce n’est pas rien, d’autant qu’il est le seul à le proposer parmi les « grands » candidats – s’engage à organiser une Constituante, c’est-à-dire à rendre au peuple son pouvoir constituant. Via des représentants élus et tirés au sort (selon des conditions et modalités à définir), NOUS, LE PEUPLE FRANÇAIS, réécrirons notre constitution et ainsi nous déciderons du type de régime que nous voulons, des droits nouveaux que nous nous reconnaissons, des obligations que nous acceptons, et de celles que nous imposerons à tous nos représentants et à tous les détenteurs d’une parcelle de pouvoir dans l’État, les collectivités locales, les entreprises… 

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MÉLENCHON est le seul à s’engager à cela et c’est ce qui est le plus fondamental pour moi, au-delà de l’accord que je peux avoir avec lui sur une très large partie de son projet. Aussi longtemps qu’une révolution au sens traditionnel n’éclate pas pour que le peuple reprenne par la force le pouvoir qui lui a été enlevé par la loi, il n’y a que la loi pour défaire la loi et la refaire, à commencer par la loi fondamentale, la constitution ! Et donc les urnes ! Pour que celui qui présidera le régime, et celles et ceux qui seront envoyés dans nos institutions pour faire la loi, soient les bonnes personnes… Au-delà de la question du projet, d’autres paramètres seront à prendre en compte, avec la plus grande attention. Car si, dans les prochaines semaines, se confirme la montée en puissance et en crédibilité du candidat MÉLENCHON, ne doutez pas que se rallieront à lui les amis du dernier jour, ceux qui n’en sont pas, et qui se rapprochent seulement d’une force de nature à sauvegarder leurs propres intérêts ! Ceux-là, nous les repérerons aisément. D’ailleurs, ici ou là, il y en a déjà qui se font remarquer… Il est si facile de les reconnaître…

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Cet engagement de faire la Constituante et tout ce qui a été dit par MÉLENCHON à ce sujet, de même que certaines déclarations, plusieurs fois répétées, quant à ce qu’il envisage de faire lui-même, indiquent – sauf à l’accuser de mensonge – qu’il sera fidèle à l’esprit nouveau qu’il essaie, depuis deux ans au moins, de faire souffler sur le pays. Ce nouvel esprit non pas tant des lois que du pouvoir, est en phase avec son temps. MÉLENCHON, sur ce sujet comme sur bien d’autres, a saisi ce qui fait notre temps et essaie d’y adapter la manière de gouverner et de traiter avec le peuple. Qui d’autre que lui, aujourd’hui, parmi les “grands” candidats susceptibles de parvenir au second tour dans notre inique système électoral de monarchie présidentielle, a choisi d’adopter la même ligne de conduite ? Cherchez bien, vous ne trouverez personne !

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Le système politique que propose MÉLENCHON et la France insoumise dans le projet L’AVENIR EN COMMUN, c’est notamment que chaque citoyen-ne, quelles que soient ses opinions, ses préférences, ses affinités, ou à l’inverse ses aversions… pourra prendre sa part dans le débat politique de la nation ou de son territoire, et participer à la prise de décision juridique. Et sur cette base, les politiques menées seront alors de nouveau le reflet de la volonté populaire et nos lois (comme les délibérations de nos assemblées locales) deviendront vraiment l’expression de la volonté générale dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau.

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En conséquence, sauf si vous êtes partisans du système actuel de confiscation du pouvoir par quelques-uns, je pense que vous devriez appuyer Jean-Luc MÉLENCHON, quel que soit votre sentiment à son sujet, car il vous donnera, à vous aussi, la possibilité concrète de vous exprimer et de prendre votre part, quand bien même vos opinions politiques ne seraient pas les siennes. Vous pourrez, grâce à lui, peser sur la décision après que de larges débats aient été organisés et souvent des votes directs car, il l’a souvent répété, “Nous voterons beaucoup désormais”. Réfléchissez à cela.

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Enfin, pour conclure, je dirais que ses opinions à lui, comme les miennes, et comme celles de toute la France insoumise, opinions qui sont aussi partagées très au-delà de ce mouvement citoyen qu’est la France insoumise, c’est de rendre le peuple français libre, indépendant, souverain, à l’intérieur du pays, comme à l’égard des autres pays du monde. Or redevenir ainsi, libres, indépendants et souverains, nécessite des ruptures géopolitiques et géostratégiques majeures (telles que sortir de l’OTAN et de l’UE mais aussi de la Banque Mondiale, de l’OMC et du FMI par exemple, tout en renforçant l’ONU, contrairement aux velléités du nouveau Président et du Congrès des États-Unis dont il est fait mention dans la presse depuis quelques jours) et aussi des ruptures avec la trame économique, politique et culturelle qui guide notre pays depuis trois décennies, ce qui nous impose de restaurer le plein pouvoir économique et monétaire de nos institutions nationales et le plein pouvoir du peuple dans tous les domaines de la vie publique, sans oublier le plein pouvoir des travailleurs dans l’entreprise, afin que nous puissions mettre en oeuvre notre projet de progrès pour tous, cet “Avenir en commun” que nous proposons comme ferment national et républicain pour les 5 ans à venir.

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Mise à jour du 1er février 2017 : J’ai l’immense fierté d’être aussi publié dans Le Grand Soir. Mon billet est ici.

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Pourquoi votre gauche n’est pas la nôtre – Par Bruno GUIGUE le 24/01/2017

Vous pourrez faire toutes les primaires que vous voudrez, votre gauche ne nous inspirera que du mépris. Charlatans au sourire enjôleur ou matamores au style mussolinien, vous êtes des progressistes de pacotille. Vous voulez un monde plus solidaire, paraît-il, mais vous n’avez cessé d’approuver l’ingérence occidentale dans les affaires des autres. Honte à vous, héritiers de Guy Mollet ! Votre humanisme se métamorphose toujours en arrogance néo-coloniale. La lutte contre la pauvreté, à vos yeux, c’est lorsque les pays riches commandent aux pays pauvres.
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Socialistes, ou gauchistes, vous avez jeté Jaurès aux orties depuis belle lurette. La guerre, vous en redemandez ! Pour répandre la « démocratie », vous comptez sur les vertus pédagogiques des B 52. En guise de publicité pour les « droits de l’homme », vous exigez le bombardement de pays qui ne nous ont rien fait. Ignobles jusqu’au bout, vous réclamez l’embargo, cette arme des riches contre les pauvres. Que vaut votre compassion pour les réfugiés, quand vous privez les Syriens de médicaments pour les punir d’avoir soutenu leur gouvernement ?
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Faux-derches de première, vous livrez des armes, en Syrie, à ces allumés de la charia que vous prétendez combattre en France. Affreux terroristes au Bataclan, rebelles modérés à Idleb, quel tour de passe-passe, vous êtes experts en transformation chimique ! Vous dites que vous détestez ces criminels, et pourtant vous les aimez chez les autres. Vous y tenez, à votre lune de miel avec les coupeurs de têtes ! Votre égérie n’est-elle pas Elisabeth Badinter, féministe milliardaire qui clame son islamophobie tout en assurant à la tête d’Havas la promotion publicitaire du royaume saoudien ?
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Vous êtes très forts pour prononcer des incantations à la gloire de la laïcité, mais vous allez quand même vous aplatir devant le CRIF, cette officine confessionnelle qui sert d’ambassade officieuse à un Etat-voyou. Avec M. Valls, vous roulez des mécaniques face aux musulmans, mais face aux sionistes, vous vous livrez à un concours de lèche-bottes. Le communautarisme vous répugne, paraît-il ? Oui, sauf lorsqu’il est au service d’une puissance étrangère qui spolie les Palestiniens et bombarde la résistance arabe en Syrie avec votre complicité.
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Reniements, trahisons, la liste est longue. Vous prétendez défendre les intérêts du peuple, mais vous lui refusez l’exercice de la souveraineté. Au lieu de lui restituer le pouvoir usurpé par les riches, vous lui imposez le carcan d’une Union européenne qui tue la délibération démocratique, sanctuarise le dogme monétariste et asservit les travailleurs à la loi d’airain du capital. Au nom d’un internationalisme dévoyé, vous êtes les fourriers des multinationales qui ont colonisé l’Europe, vous avez bradé la souveraineté, discrédité l’idée nationale, abandonnée par votre faute aux imposteurs de l’extrême-droite.
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Vous dites, la main sur le cœur, que vous êtes pour la réduction des inégalités, mais vous vous interdisez de toucher aux structures qui les nourrissent. Vous condamnez verbalement les effets sans chercher le moins du monde à agir sur les causes. Vous voulez mieux répartir les richesses, mais sans préjudice pour ceux qui les détiennent. Vous vous proclamez socialistes, mais vous ménagez le capital, vous cajolez la finance, vous montrez patte blanche à ceux qui possèdent l’argent et l’influence.
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Où sont les propositions de gauche, dans vos programmes ? Où est la sortie de l’OTAN et de l’Union européenne ? Où sont la nationalisation des banques, la taxation des activités spéculatives, le plafonnement des revenus, la relocalisation des industries, le développement des services publics, le protectionnisme raisonné, le contrôle des mouvements de capitaux, la refonte de la fiscalité et l’éradication de la fraude, où sont, en un mot, l’abolition des privilèges de l’oligarchie financière et le rétablissement de la souveraineté populaire ?
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Notre gauche n’est pas la vôtre. Pour nous, la gauche, c’est Sahra Wagenknecht, qui réclame au Bundestag la sortie de l’OTAN et le dialogue avec la Russie. C’est Tulsi Gabbard, élue hawaïenne du parti démocrate américain, qui exige la fin de la stratégie du chaos au Moyen-Orient. C’est le parti communiste syrien qui combat, au côté des baasistes, les mercenaires wahhabites. C’est le Front populaire tunisien, qui défend le progrès social et l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est cette gauche française qui se réveille, dans « La France insoumise », au PRCF ou ailleurs, pour tirer un trait sur des décennies d’imposture socialiste.
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Cette gauche, moins connue, c’est aussi celle des communistes indiens du Kérala, qui ont donné à cet Etat de 33 millions d’habitants le meilleur indice de développement humain du sous-continent. C’est celle des communistes cubains qui ont obtenu, dans un pays isolé par le blocus impérialiste, un taux de mortalité infantile inférieur à celui des USA et élu 48% de femmes à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. Ce sont tous ceux, en Bolivie et au Vénézuéla, qui ont fait reculer la pauvreté de masse et redonné leur fierté aux peuples sud-américains.
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Cette gauche, la vraie, contrairement à cette contrefaçon qui se donne en spectacle à la télévision, prend au sérieux le droit des nations à disposer d’elles-mêmes. Elle sait que, sans l’indépendance nationale, la souveraineté populaire n’est qu’un leurre. Son patriotisme ne l’éloigne pas de son internationalisme, car elle revendique pour chaque pays le droit de suivre sa voie dans le respect des autres. Elle ose s’attaquer aux structures de la domination capitaliste, elle en prend le risque, au lieu de fuir lâchement devant l’obstacle, faisant allégeance aux puissants et jouant le rôle de supplétifs dont leurs maîtres se débarrasseront à la première occasion.

Nous ne sommes pas Benoît Hamon ! Par Claire Bouthillon le 22/01/2017

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On n’a jamais autant vu énoncer le nom de Jean-Luc Mélenchon ce soir… troublant. Il émerge vraiment comme un challenger.
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Pour en venir à notre positionnement général, dans cette élection présidentielle quelle que soit son mode d’écriture aujourd’hui surprenante et ouverte, qu’une chose soit bien comprise. Jean-Luc Mélenchon ne maintiendra pas sa candidature parce que son égo compte plus que tout. Mais bien parce que notre programme apporte des différences et une légitimité qui commencent par le fait que nous ne nous sommes pas commis dans le gouvernement actuel. Benoit Hamon si… Qui lui est resté au PS quand Jean-Luc Mélenchon en est sorti pour aborder une autre façon de faire de la politique, et je n’exprime pas ici les errances de son propre parti en politique politicienne.
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Je souris de voir évoquer la « nuit des longs couteaux » des fraudes électorales en 2008 contre Ségolène Royal. J’étais avec celle-ci lors de cette nuit atroce où j’ai compris que mon socialisme avait été assassiné pour empêcher notre rénovation écologique et sociale dans le PS. Rien n’est sans doute joué quand des votes sont contrôlés par ce parti moribond. Il reste qu’Arnaud Montebourg donne ses 17% de voix à Hamon alors que Manuel Valls n’en a plus vraiment sous le pied : d’où son appel désespéré pour un vote massif au second tour. Mais cette fois, la droite ne viendra pas à la rescousse quand son candidat est pourvu.
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Par ailleurs nous avons des différences fondamentales avec Benoit Hamon :
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1. La posture géopolitique : nous sommes pour la Paix et voulons coopérer avec tout le monde quelle que soit la politique intérieure des États. Nous ne nous ingérons pas dans leurs affaires, même si nous ne sommes pas d’accord avec leurs choix de gouvernance. Nous croyons modéliser une influence bénéfique à se démocratiser en encourageant les émancipations quand elles se signalent.
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Nous voyons dans la posture du PS tout entier et Benoit Hamon pas moins, une inconséquence guerrière à diaboliser la Fédération de Russie, la Syrie, la Turquie dans le même panier, en réécrivant les scenarii de la guerre à l’avantage occidental. Les faits sont têtus et ne demandent qu’à sortir sur les réalités des actes sur le terrain, surtout quand il s’agit d’aider des « rebelles modérés » dont le pedigree se révèlera plus vite qu’on ne le pense avec la pacification du territoire. Et en cela, je comprends les doutes de Jean Lassalle d’hier au retour de sa mission en Syrie qui a déclenché l’indignation du Yannou de service à ONPC.
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Il reste à établir la liste des dommages collatéraux de nos guerres dans cette région du Moyen-Orient depuis des décades, pour comprendre l’hémorragie insupportable des génocides, à quoi, la Russie pour ne prendre que cet exemple, ne peut se mesurer. Idem s’agissant de son budget militaire et de son emprise infime sur la question des bases militaires au regard des Yankees. Reparlons-nous de Guantanamo ?
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En tout état de cause, la France insoumise veut le maintien de la paix et entend coopérer avec tout le monde. Elle « casse » ainsi une longue période paternaliste qui entendait, au nom d’une supériorité civilisationnelle aujourd’hui décadente en consumérisme débridé, sous prétexte qu’elle avait expérimenté les Lumières, régenter les choix de gouvernance d’autrui au long des siècles, et pratique une justification des ingérences beaucoup plus intéressées qu’on ne le pense, qui font de nous des colonisateurs et néo colonisateurs. Aujourd’hui, nous ouvrons nos choix en résonance avec une moitié de l’hémisphère Sud, en adhésion pour l’alter mondialisme qui prend pour assise une réforme des Nations-Unies pour l’instant sous emprise hégémonique occidentale et par-dessus tout Yankee à un point insupportable. Les BRICS sont les véritables enjeux à quoi nous raccrocher, qui se trouvent être voulues par la Fédération de Russie et d’autres pays qui également subissent les coups de boutoirs US comme la Chine et le Brésil, qui a déposé Dilma Roussef sans pour autant mettre en cause le maintien de la participation de ce pays à un nouvel ordre mondial. La corruption n’est pas là où on le pense, et les criminels non plus.
Nous sommes des « non-alignés ».
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Benoit Hamon éructe tout autant que les autres dans des revendications bellicistes qui en réalité servent les intérêts néolibéraux dont il voit un allié chez les États-Unis. Est-ce une position progressiste ? Est-ce avoir une dimension de Chef d’État protégeant son peuple ? Aucunement. Jean-Luc Mélenchon oui. Il a cette vision et cette dimension.
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2. L’Union Européenne : dans l’interview que Jean-Luc Mélenchon a donné à Marianne cette semaine avec de multiples intervenants – un modèle du genre – il y a cette question abordée avec beaucoup de confiance sur le poids que nous mettrions dans la négociation imposant la fin des traités. Je ne crois aucunement pour ma part, que le poids de notre PIB fera céder les Pan Germanistes de l’UE qui obéissent à un lobby occulte. Celui-ci n’entend pas céder ses richesses et ses pouvoirs parmi les 1% que nous voulons exploser. Quel que soit notre poids économique et démographique, il ne peut céder d’un pouce à nos négociations car il craint un « effet domino ». C’est en abordant tout de suite l’idée du Frexit que nous amènerons cette négociation en bras de fer, faisant changer la peur de camp, pour une transition destinée à éviter le chaos financier dans un pays qui est certainement dans une situation de banqueroute déguisée par notre actuel gouvernement. Et cela principalement sur la dette publique. L’intelligence serait de contourner l’article 50.
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Benoit Hamon vend une réforme possible irréaliste… En se posant comme un pragmatique. Encore une posture qui l’amènerait à se « ranger des voitures » dans les mêmes conditions que la Grèce de Tsipras au 1er affrontement ? Sa promesse pue la mort.
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3. La Laïcité : dans une analyse, toujours dans le Marianne de cette semaine, est épinglée chez lui un défaussement devant la réalité communautariste qui a pourtant fait de sa ville (Trappes), un territoire de non-droit : le plus grand exportateur de Djihadistes parmi les villes françaises. Plutôt que d’aborder de front la suprématie de la Laïcité sur les droits à la différence quelle qu’elle soit et même minoritaire, qui a la liberté de s’exprimer dans la sphère privée, il victimise le phénomène en pointant l’autre réalité de la faillite des politiques publiques qui ont collectionné les échecs dans ces villes ghettoïsées de « banlieue ». Or il y a du communautarisme infiltré partout, même dans le XVIème arrondissement de Paris par Wahhabites interposés et chez de populations très éduquées. C’est ainsi chez les sectes. Il ignore donc sciemment que, succédant aux réfugiés des combattants contre le FIS, se sont ensuite infiltrés les réfugiés en « fous de Dieu » qui ont infiltré nos quartiers en instaurant une charia par la terreur, pas seulement sur les communautés musulmanes, qui font leur lit sur la faillite éducative et la crise, avant tout morale, très exactement selon les mêmes ressorts que les fascismes de droite. Benoit Hamon est sur la ligne du Choc ces Civilisations en reculant sur nos valeurs républicaines que défend tout à coup Manuel Valls, qui n’a pour autant pas empêché la création d’écoles fondamentalistes contractualisées, par ports du voile interposés. C’est pourtant de lui sur la forme, dont nous sommes les plus proches puisque nous nous apprêtons à mettre fin aux communautarismes, à quoi nous rajoutons que nous mettons fin au Concordat d’Alsace-Moselle. L’a-t-il d’ailleurs mentionné ?
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4. La nature réelle de la VIème République : tout à coup, nos candidats professionnels de la politique de cette Primaire improbable, imposent le cercle vertueux pour les élus. Belle incantation qui, au regard de la nature même des élus qui avec eux portent une déformation de leur rôle, comptent se prolonger sous une nouvelle constitution de façade pour calmer le rejet du peuple envers les politiques.
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La VIème république de la France insoumise, elle, ne simule pas un changement de façade… Aucun élu éprouvé ne pourra se présenter et une vigilance sera menée contre nos propres apparatchiks en soutien, qui ne veulent pas se soumettre au tirage au sort citoyen comme dans ces Législatives. Ceci étant, les citoyens ici s’impliquent, participent, prennent leurs responsabilités pour représenter dignement leurs électeurs en se plaçant à leur service. Benoit Hamon veut-il cela ??? Certainement pas… C’est un des plus aboutis en matière d’apparatchik. Il ne connait rien de la vie civile. Il traîne par ailleurs derrière lui une rumeur insistante en série de casseroles sur ses manipulations politiciennes.
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Alors reste la combat contre l’austérité sur lequel nous serions convergents avec Benoit Hamon. Là encore, je le vois en Tsipras. Car il ne pourra se résoudre que par une redéfinition internationale émancipatrice de la tutelle atlantiste qui commence par l’affranchissement de cette Union Européenne là. Il faut face à cela et dans un contexte en voisinage hostile, avoir une grande résistance, quitte à subir les contrecoups de la disette, et surtout une tactique en technique de frappe fulgurante. En face, ils ont déjà joué les ripostes à tous les scénarii possibles. Nous n’avons pas 48 heures d’embellie devant nous et encore moins la trêve des 100 jours. Les éternelles négociations institutionnelles auxquelles s’apprête Benoit Hamon, n’envisagent absolument pas cette riposte internationale fulgurante. L’abdication est dont son avenir. Mais surtout la nôtre.
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A ce sujet, nous avons dans la France insoumise, nos propres schismes, et ne donnerons carte blanche à personne. Cette campagne législative nous permet de recenser les dérives et les errances actuelles et d’analyser en face les résistances citoyennes au sein des groupes d’appui qui posent question sur le rôle réel du Comité national de jlm2017. Mais passons. Les enjeux pour nous ne sont pas là, mais bien dans la façon de préparer la nouvelle constituante. Nous sommes maintenant prévenus.

Réaction face à l’usage par le gouvernement du vote bloqué sur le projet de loi sur les retraites…

Comme on le sait presque tous désormais, le gouvernement a usé d’une de ses prérogatives constitutionnelles face à l’Assemblée Nationale: le « vote bloqué » et ceci amène bien des réactions.

Pour rappel, le vote bloqué est un procédé prévu par la Constitution de la Ve République, par lequel les députés doivent se prononcer en une seule fois sur tout le texte présenté par le gouvernement sans plus pouvoir l’amender.

Ceci est une de ces particularités du régime, un des procédés qualifiés de « rationalisation du parlementarisme » qui est destiné à tenir les parlementaires, surtout ceux de la majorité décidés à influer sur la vie du texte en débat, en laisse quand, ce qui est fort rare, ces derniers souhaitent user de leurs propres droits constitutionnels à contester une partie du texte, à le modifier par amendements, ou à en rejeter certains articles tout en en adoptant d’autres…

Cette procédure est conçue pour éviter qu’un projet de loi gouvernemental ne soit complètement refondé par le Parlement contre l’avis du gouvernement.

Si nous considérons que le gouvernement doit avoir le dernier mot sur le Parlement, alors cette procédure est justifiée. Et ceci est la logique imparable des institutions de la Ve République et c’est aussi le mode de pensée et d’action récurrent de tous nos gouvernements depuis 1958, même si certains ont fait davantage usage de ce droit que d’autres.

Mais nous autres, au Parti de Gauche, nous autres au Front de Gauche, nous sommes des partisans du parlementarisme et nous souhaitons, par conséquent, que le dernier mot soit donné au Parlement et non au gouvernement. C’est donc bien à la règle inverse de celle prévue par la constitution de la Ve République à laquelle nous sommes attachés. La VIe République établira d’ailleurs cette règle que nous jugeons indispensable pour que nous puissions prétendre être une véritable démocratie.

Le vote bloqué comme l’adoption sans vote moyennant le risque d’une motion de censure, sont deux des nombreuses prérogatives que la constitution de la Ve République a offertes au gouvernement contre le Parlement, pour le domestiquer, pour le tenir en laisse, pour lui mettre une muselière dans les cas, si rares, où il donne de la voix et menace, même de manière très suave, de ne pas voter comme un seul homme le texte que lui soumet le gouvernement.

Notre Assemblée Nationale, depuis 1958, est une chambre de godillots, quels que soient les partis qui la contrôlent ou qui contrôlent le gouvernement. C’est une question de mentalité. Nos député-e-s, le plus souvent hélas, sont suivistes. Ils sont de braves petits chiens dociles qui n’aboient presque jamais, qui ne se rebellent jamais, qui gênent peu et fort rarement le gouvernement. Les lois en France sont votées par le Parlement mais elles sont bien plus souvent fabriquées par le gouvernement et les cabinets ministériels ou la haute fonction publique que par le Parlement. D’une part, en raison de ce fait précité qui donne beaucoup plus de pouvoir au gouvernement qu’aux parlementaires dans l’élaboration des textes. Ensuite parce que les parlementaires sont multi-cartes et la plupart sont engagés dans des collectivités locales. Le mandat ne député ne leur sert pas à légiférer mais à donner un poids accru à leurs fonctions locales. Ce qui est un détournement de l’esprit du mandat voire un détournement de pouvoir au sens politique du terme.

Constitutionnellement tenus en laisse par le gouvernement d’une part, psychologiquement serviles d’autre part, la plupart de nos député-e-s, ne s’intéressent que de loin aux affaires qui se débattent et se votent à l’Assemblée. Et pourtant, quelques-un-e-s s’y intéressent et osent user de leurs droits et prérogatives. Mais aussi peu gênantes que puissent êtres ces vélléités parlementaires face au gouvernement, ce dernier estime toujours qu’elles sont excessives et inacceptables si bien que chaque gouvernement, sur les textes les plus importants, use et abuse des mécanismes de rationalisation du parlementarisme tels que le vote bloqué.

Au final, chacun l’a bien compris depuis longtemps, l’Assemblée Nationale n’est qu’une chambre d’enregistrement. Elle n’est pas une assemblée parlementaire si les mots ont un sens.

Le parlementarisme est, dans l’Histoire, le premier moteur de la démocratie. Quand nos représentants portent haut notre parole et défendent ardemment nos droits et nos intérêts face au gouvernement, et que ce dernier exécute – ce devrait être son rôle car c’est son rôle par essence – les volontés du peuple représenté à l’Assemblée, alors on peut prétendre être en démocratie même si la démocratie nécessite que soient réunies bien d’autres conditions complémentaires. Mais quand cet élément-là, cette caractéristique-là, est déjà absente, le régime n’est qu’une démocratie d’apparence.

La Ve République est une démocratie d’apparence. C’est la raison pour laquelle, au PARTI DE GAUCHE et au FRONT DE GAUCHE, nous ne cessons de porter, depuis des années, le message de l’indispensable refondation républicaine et démocratique de la France. Ceci passera par l’élection d’une assemblée constituante qui élaborera, conjointement avec le peuple français, sa nouvelle loi fondamentale, laquelle initiera le nouveau régime de la 6e République, celle qui fera « PLACE AU PEUPLE ».

Plus que jamais, il nous faut défendre l’idée et hurler le massage « La 6e République vite ! »

Pas en notre nom, Monsieur le Président de la République! La voix du peuple c’est le Front de Gauche

C’est un cri de colère que je publie à propos de la voix de la France portée par le Président HOLLANDE en Israël.

DE GAULLE, en 1966, sortait la France du commandement intégré de l’OTAN et ordonnait aux Nord-Américains de quitter les bases qu’ils avaient installées ou occupées sur notre territoire. HOLLANDE, à la suite de SARKOZY, a, lui, entériné la décision de vassaliser notre pays et de le remettre dans les serres de l’Empire nord-américain. Honte à eux deux! Mais surtout, honte à HOLLANDE qui pouvait inverser les choix de SARKOZY et les a au contraire validés et a même décidé d’aller plus loin encore, en signant l’accord de la France pour le déploiement du bouclier anti-missile Nord-Américain qui ne peut que nous causer du tort.

DE GAULLE parlait d’Israël comme d’un « peuple dominateur » et avait raison de s’en méfier. Lui avait choisi de mettre en oeuvre une véritable politique en faveur du « monde arabe » et du peuple de Palestine. CHIRAC avait suivi ses pas. Lui aussi défendait haut et fort le peuple Palestinien et la « politique arabe » de la France. MITTERRAND, après DE GAULLE et avant CHIRAC, avait été, pour sa part, malgré des choix parfois très ambigüs, un ami fidèle d’ARAFAT et des Palestiniens.

Cela c’est la politique étrangère digne de la France. Il y avait d’ailleurs un consensus à ce sujet. Seuls les Atlantistes, très minoritaires, défendaient une autre politique étrangère. Ces Atlantistes-là, hélas, ont fini par prendre l’ascendant, et le peuple français a laissé faire. C’est dramatique!

Israël n’est pas notre ennemi mais ses gouvernements se conduisent souvent comme des voyous et on doit en tenir compte dans les relations que l’on a avec eux. On doit oser leur parler franchement et défendre ce qui est juste. Ce qui implique, ici, de soutenir la cause palestinienne et de ne pas accepter d’Israël qu’il agisse comme il le fait, ni de défendre ses intérêts tels qu’ils sont étroitement perçus par les faucons.

Le seul moment où les dirigeants israéliens ont mené une politique de progrès, c’est quand le Premier Ministre s’appelait Yitzhak RABIN. Celui-là, après avoir été un homme de guerre, fut un homme de paix…comme DE GAULLE !

RABIN a voulu de bonne foi, et tenté énergiquement d’imposer la paix. Une paix juste, une paix sur des bases honnêtes et viables. On l’a assassiné pour cela.

Donc, si l’on veut défendre le peuple d’Israël, il faut de nouveau dire haut et fort que la seule politique que nous acceptons est celle que mena Yitzhak RABIN et c’est avec elle qu’il faut renouer. Tout ce qui a été fait depuis est catastrophique et ne fait que repousser davantage l’échéance d’une paix durable entre les deux peuples de ce bout de terre.

Depuis le départ de CHIRAC, nous avons, avec SARKOZY d’abord, puis HOLLANDE aujourd’hui, clairement changé de diplomatie sans que jamais le peuple français n’en ait exprimé la volonté. À la politique arabe de la France a été substituée une politique à l' »anglo-saxonne » et nos dirigeants actuels, depuis SARKOZY, se veulent amis des terroristes d’État qui dirigent Israël et qui n’ont jamais voulu de la paix.

Cela est inacceptable. Les gouvernements d’Israël qui se sont succédé depuis RABIN, sont des gouvernements-voyous, qui en menant une politique belliqueuse, provocatrice et cruelle ne font, en retour, que causer des malheurs à son propre peuple qui subit les actes terroristes de ceux qui n’ont pas d’autre moyen pour mener la guerre qu’on leur impose.

Évidemment que le terrorisme est odieux et inacceptable ! Qu’il ne peut être justifié ni toléré. Mais il doit être compris pour que les causes qui l’alimentent disparaissent. Et le terrorisme palestinien ne repose que sur la guerre permanente que mène Israël contre le peuple palestinien.

En d’autres lieux, les terroristes sont des combattants de la liberté, des héros quand bien mêmes ils ne sont que des assassins en série, des criminels monstrueux et des tyrans en puissance.

Pour classer les uns en terroristes et les autres en combattants de la liberté ou en résistants, tout dépend de savoir s’ils sont du « bon » côté et ils ne le sont, selon ceux qui imposent leur loi au monde, que s’ils combattent dasn l’intérêt des États-Unis ou d’Israël ou de leurs alliés. C’est un détournement qui atteste de la duplicité des puissances dont il est ici question.

Je disais que le gouvernement d’Israël, depuis 1995, année de l’assassinat de RABIN, est un gouvernement-voyou. En fait, je pourrais faire remonter cela à bien plus loin dans l’Histoire, car l’époque de Golda MEÏR ou celle de BEGUIN entre autres, abonde d’actes justifiant la même accusation.

L’époque où RABIN fut Premier Ministre dans les années 90, n’est  hélas qu’une parenthèse. J’appuie cette accusation notamment sur les violations répétées, permanentes, depuis les premières anénes de la vie de l’État d’Israël, des résolutions de l’ONU. Je l’appuie sur les actes criminels abjects qu’ils ne cessent de commettre, rendant de plus en plus improbable et aléatoire une paix durable et viable.

Par conséquent, que François HOLLANDE vienne jouer le petit soldat de Benjamin NETANYAHOU, qu’il vienne lui servir la soupe, qu’il appuie sa névrose anti-Iran, qu’il ne parle pas des actes de guerre qu’Israël a récemment commis en Syrie, dans l’indifférence générale, je trouve cela indigne de notre pays. Nous devons dénoncer très fermement ces choix, ces mots, cette politique étrangère qui fait honte à notre pays. Nous devons dire au monde que ce Président que nous avons élu, uniquement pour nous débarrasser de son prédécesseur, ne parle pas plus en notre nom que ne le faisait celui à qui il a succédé.

Non, HOLLANDE ne peut prétendre parler au nom du peuple français parce qu’il usurpe la légitimité que son élection lui a conférée puisqu’il nous a menti sur tout.

Non, HOLLANDE ne peut prétendre parler au nom du peuple français quand il agit dans un sens opposé aux raisons qui l’ont fait élire. Sur TOUS les sujets, intérieurs comme extérieurs, économiques, sociaux, institutionnels, sur les questions de sécurité, sur les questions diplomatiques, sur les questions militaires, sur tout ce qu’il dit et sur tout ce qu’il fait, il est en flagrant délit d’escroquerie politique.

Il est temps que cela cesse!

Le Président a été élu pour cinq ans et son mandat court donc, en toute légitimité constitutionnelle, jusqu’en juin 2017. Mais ce n’est pas parce que notre constitution en décide ainsi, que nous n’avons aucun moyen d’agir.

Nous devons, à chaque nouvelle élection qui sera organisée, à commencer par l’élection municipale, puis à l’élection européenne, toutes deux en 2014, ensuite à l’élection de 2015 où nous désignerons les nouveaux conseillers territoriaux (correspondant aux actuels conseillers régionaux et conseillers généraux des départements) sanctionner politiquement, le plus sévèrement possible, ce pouvoir incarné par HOLLANDE. Car un Président qui, durablement, ne serait plus soutenu que par 20…15…ou 10% de l’opinion ne pourrait rester en place. La crise de légitimité serait trop forte. Des décisions draconiennes seraient obligatoirement prises pour en sortir.

Utilisons donc nos bulletins de vote pour châtier ceux qui nous ont aussi effrontément trompés.

Utilisons des bulletins de vote  FRONT DE GAUCHE à chaque nouvelle élection à venir pour imposer une alternative. Le Front de Gauche est à votre disposition pour remettre la France sur la voie du progrès partagé et pour contribuer, avec d’autres peuples aujourd’hui silencieux mais qui ne manqueront pas alors de se lever, à refonder aussi bien l’Union européenne que la communauté des nations et ce sur les bases saines et humanistes de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, de la laïcité de l’État, de la paix, de la conscience écologique indispensable pour notre survie à tous, de la coopération et du partage.

Le Front de Gauche est disponible. Il a un projet: « L’Humain d’abord » lequel, depuis la campagne pour l’élection présidentielle, a été approfondi, notamment grâce au projet pour les élections municipales et européennes, et sera encore complété dans les mois à venir.

Le Front de Gauche, c’est aussi un Front du Peuple en devenir. Nous avons des équipes prêtes à gouverner le pays, nos villes, nos régions, nos territoires, et ce gouvernement, national ou local, vous impliquera tous et toutes, à chaque étape, car pour nous, au Front de Gauche, la démocratie n’est pas un slogan de tribune, oublié sitôt que nous serions élu-e-s. Nos élu-e-s l’ont déjà souvent montré dans leurs pratiques, ces dernières années. Nous le ferons encore plus demain car c’est notre marque de fabrique.

La démocratie revivifiée que nous défendons sera notamment très largement renouvelée et perfectionnée grâce à la 6ème République que nous contribuerons à installer en lieu et place du régime vermoulu de la 5ème.

La démocratie que nous avons à l’esprit est bien plus qu’une démocratie représentative où le peuple élit des représentants puis est tenu à l’écart pendant toute la durée du mandat.

Elle sera bien plus qu’une démocratie participative qui, jusqu’à présent, n’a consisté qu’à permettre à quelques-un-e-s de s’exprimer, toujours de manière résiduelle, et sans que jamais ne soient données des suites concrètes aux demandes et exigences qui ont pu être alors formulées.

Notre démocratie, c’est une démocratie où les citoyennes et les citoyens se réapproprieront tous les pouvoirs. Pour cela, il sera notamment créé des droits d’initiative et des droits de veto. Les référendums nationaux et locaux seront généralisés et des référendums révocatoires seront également ouverts.

Nos représentants verront leur mission refondée. Ils ne seront plus les seuls et uniques décideurs de notre destin commun. Le peuple se verra reconnaître des droits d’intervention directe, à tous les stades du gouvernement national ou local, mais aussi des droits de censure, afin que nos élu-e-s ne puissent plus jamais, quel que soit leur mandat, user du mensonge et de la duplicité pour accéder au pouvoir et ensuite pour s’y maintenir.

Le Front de Gauche, c’est votre arme de dissuasion massive contre tous les abus.

Avec le Front de Gauche, non seulement chaque voix comptera, mais en outre quand le peuple souverain aura décidé quelque chose, ce sera notre honneur et notre exigence permanente que de lui rester fidèle ou, si l’on constate un désaccord, de lui permettre de trancher lui-même et directement la question.

Le problème, c’est aussi François Hollande – le 14/11/2013 par Lénaïg BRÉDOUX – Copyright Mediapart

Lien: http://www.mediapart.fr/journal/france/141113/le-probleme-c-est-aussi-francois-hollande

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En dix-huit mois, le président de la République n’a pas seulement réussi à coaliser contre lui des fronts très divers et à dérouter des pans entiers de sa majorité. Même sa garde rapprochée est désormais gagnée par l’inquiétude.

A quel moment un quinquennat bascule-t-il ?

Nul ne le sait par avance. Mais quand le doute s’installe, y compris chez les plus proches, c’est sans doute le signe d’un délitement dont nul ne sait non plus ce qu’il produira. En dix-huit mois, François Hollande n’a pas seulement réussi à coaliser contre lui des fronts très divers et à dérouter des pans entiers de sa majorité. Même sa garde rapprochée, ses visiteurs discrets et ses conseillers sont désormais gagnés par l’inquiétude.

Eux qui se gardaient jusque-là de tout commentaire acerbe le disent du bout des lèvres, en espérant se tromper, sous le coup d’une exaspération parfois passagère. Une question les taraude : et si, au bout du bout, c’était lui le problème ? Lui, François Hollande. Et si celui qu’ils ont soutenu avec tant d’ardeur n’était pas à la hauteur ? Une sorte de « syndrome de Peter », qui veut que, dans son ascension, on finisse par atteindre le point de son incompétence et de ses limites personnelles.

Un ministre raconte, embarrassé, qu’il n’y comprend plus rien. Que, bien sûr, il savait que la ligne politique de François Hollande tendait plus vers le centre que vers le Front de gauche. Que son appétit pour la synthèse tactique trouverait ses limites à la tête de l’État. Mais il estimait ses qualités – l’habileté, l’écoute, la capacité d’apaisement, le sens politique. Là, dit-il, il ne reconnaît plus ce François Hollande-là. Ils sont plusieurs au gouvernement, parmi ceux qui l’apprécient, à se demander si un syndrome mystérieux ne s’est pas emparé de lui. « Il a pété un câble », jure l’un de ses proches. « Certains disent qu’il a vrillé », rapporte un conseiller.

En petit comité, même le premier ministre Jean-Marc Ayrault aurait fini par lâcher : « S’il continue comme ça, il va finir à 2 %. »

Depuis plusieurs mois, les témoignages de conseillers (soumis à un devoir d’anonymat par leur fonction) s’accumulent aussi, fatigués de l’organisation du président de la République qui omet de les avertir quand il rend un arbitrage. Quand il participe à l’émission Capital sur M6, en juin dernier, François Hollande annonce un abattement exceptionnel sur les plus-values de cessions immobilières. Mais il n’a prévenu ni son conseiller logement, ni celui de Matignon, ni le ministère concerné, qui découvrent l’annonce faite par le chef de l’État à la télévision. « Hollande considère que son cabinet ne sert à rien », croit savoir un collaborateur, qui jure que le chef de l’État envoie plus de SMS aux ministres qu’à ses propres conseillers.

Claude Bartolone avait subi le même sort, au sortir de l’affaire Cahuzac, et découvert sur le petit écran les propositions du président de la République. Le président de l’Assemblée nationale avait été reçu à Matignon par Jean-Marc Ayrault, il avait plaidé sa cause et croyait avoir été entendu. Alors, quand il a regardé le président de la République imposer la transparence du patrimoine des députés, « (sa) mâchoire a failli se décrocher », raconte-t-il des mois après. « François Hollande est le plus convivial mais aussi le plus solitaire. C’est même le plus grand solitaire de la République. Cela complique les choses », dit encore « Barto ».

Ces derniers temps, même ses partisans ne comprennent plus très bien ce que le président veut faire.

Depuis plusieurs mois, certains ministres comme Bernard Cazeneuve ou Stéphane Le Foll répètent qu’il faut mieux « expliquer » et/ou « assumer » la politique conduite. Mais quand François Hollande promet une « pause fiscale », son budget prévoit une hausse des impôts ; quand il plaide pour un « choc de simplification », qui doit raccourcir les procédures administratives, il demande au même moment d’accélérer le calendrier parlementaire où les lois, les unes après les autres, ajoutent de la norme à la norme. Lors d’une réunion à l’Élysée, en présence de plusieurs ministres, alors que Christiane Taubira présente les mesures de « simplification » que son ministère a préparées, François Hollande lance, laissant coi son auditoire : « Mais ce n’est pas la question… Ce qu’il faut, c’est pouvoir divorcer en 24 heures. » « Il est à l’ouest », dit un conseiller.

Certains visiteurs ont eu la même impression au plus fort de l’affaire Leonarda Dibrani. Ceux-là témoignent d’un « discours confus » du président de la République, ne comprenant pas la colère suscitée par l’expulsion de la collégienne au beau milieu d’une sortie scolaire, justifiant Valls sans l’appuyer sur le fond, évoquant les sondages tout en les remettant en cause. Et quand ses proches à l’Élysée lui ont déconseillé d’intervenir à la télévision, François Hollande n’en a eu que faire. Avec le résultat que l’on sait. « C’est comme si l’appareil d’État se rentrait dedans toute la journée, s’emmêlait les jambes et finissait donc par tomber », dit un conseiller hollando-compatible désabusé.

Le retour des vieux reproches

L’amertume est parfois si grande que ceux qui l’adulaient finissent parfois par décrire un autre homme que celui qu’ils ont “vendu” pendant des années. Celui d’un responsable politique dépassé, coupé de la réalité, voire sous influence des « puissants ». « C’est le plus intelligent de tous. Mais il a son égo et il est complètement obsédé par le fait d’être populaire. Alors il est toujours le copain des gens populaires pour rester dans le sillage des puissants », dit un de ses soutiens de longue date.

Le “Hollande bashing” est contagieux. À tel point que revient dans les discussions le vieux reproche adressé à François Hollande par ses meilleurs ennemis au parti socialiste, selon lequel il « ne travaille pas ». Ou pas assez. À Bruxelles, le président du conseil Herman Van Rompuy s’est parfois étonné des maigres prises de parole du président français devant ses pairs. Des conseillers, français ou européens, ont à plusieurs reprises regretté que François Hollande ne mène pas plus frontalement la bataille face à Angela Merkel, donnant l’impression de s’occuper davantage de sa conférence de presse, devant « ses » journalistes (la presse française), que des dossiers européens. Une accusation que rejettent les plus proches, encore convaincus que c’est le signe de l’incompréhension de la méthode de leur patron et de sa façon de n’avoir jamais l’air d’y toucher.

Bien sûr, tout cela pourrait n’être qu’anecdotes. La politique ne se limite pas aux individus qui l’incarnent et il faut se garder des analyses par trop psychologisantes en ce qu’elles sont dépolitisantes et superficielles. Il n’empêche : la Ve République fait du président de la République, et donc de sa personne, un rouage crucial des institutions. À leur manière, les chefs de l’État qui se sont succédé l’ont parfois démontré, à l’instar d’un Nicolas Sarkozy dont la personnalité a contribué à accentuer l’hystérie de ses discours. Et ce sont surtout les failles profondes de cette architecture institutionnelle que révèlent les doutes des proches du chef de l’État.

Celle d’un président prisonnier de sa superbe solitude, coupé de la réalité de la société, et celle de la dérive personnelle d’un système politique.

Candidat en campagne, François Hollande racontait qu’il se souvenait avec suffisamment d’acuité de ses années de conseiller à l’Élysée puis du traumatisme de 2002 pour ne pas reproduire les erreurs de ses aînés. Plusieurs de ses proches jurent qu’il a récemment pris la mesure de ses failles. Des amis sont venus lui proposer de l’aide, le président a accepté. Un conseiller acerbe dit : « C’est déjà ça. »

La boîte noire

De François Hollande, on a décrit les choix politiques et l’inflexion de son discours vers une politique économique de l’offre ; le refus de la théorisation de son action politique, que d’aucuns jugent responsable de l’illisibilité de son action, et l’habileté tactique au point de sembler réduire parfois ses choix à des calculs d’appareil ; le mode de fonctionnement à l’Élysée, en solitaire. Ce sont des témoignages venus de proches du président de la République qui ont convaincu Mediapart de faire un article centré sur le comportement de François Hollande. Avec l’idée que la donne personnelle, pour un responsable politique, peut justement devenir une question politique.

À l’occasion de notre enquête sur le « hollandisme », j’ai demandé un entretien avec François Hollande. Demande à laquelle il n’a toujours pas été donné suite.