Archives pour la catégorie 24- On nous cache tout, on nous dit rien…

Textes, analyses et critiques à propos d’évènements et de situations dont il est manifeste qu’on ne nous dit pas la vérité.

Rester debout et éveillé après la tragédie

Afficher partout nos trois couleurs, c’est exactement du même ressort que d’avoir affiché partout « Je suis Charlie ».

C’est obéir à une pulsion irrationnelle en plus d’être totalement à côté de la plaque au regard de ce qui nous arrive.

Je n’étais pas Charlie et je ne verserai pas davantage aujourd’hui dans cette folie collective qui frise le nationalisme tellement ce pavoisement est général et quasi agressif. Même pour moi qui suis pourtant bien loin d’être quelqu’un allergique au drapeau, à la nation et aux symboles de notre pays. Mais parfois, même pour le radical que je suis, un peu de mesure et de modération est préférable à un déluge de feu. Il faut savoir viser juste et ne pas se tromper d’ennemi, ni d’ailleurs d’ami-e-s… Il faut savoir faire marcher ce truc qui se trouve dans notre boite crânienne et qu’on appelle cerveau, sans se laisser aller à suivre la masse de celles et ceux qui au lieu de penser et de réfléchir se ruent à faire comme tous les autres, dans un réflexe grégaire.

Cette nouvelle mode est d’autant plus insupportable que de même que ce fut le cas pour « « Je suis Charlie », ce mouvement, au premier abord spontané, est lui aussi désormais totalement sous contrôle du gouvernement ou manipulé par lui… C’est une des cartes que joue le gouvernement. Pour rendre possible l’unité nationale que les attentats de Charlie Hebdo ont échoué à faire advenir. Cette fois, elle est bien là, si on en suit les sondages d’une part et si l’on a les yeux ouverts. Ailleurs que sur ce réseau, je vois et j’entends des choses qui me laissent pantois. Des gens de mon entourage proche (famille, ami-e-s, collègues de travail) affichent des slogans et/ou ont des discours qui me laissent des nausées, si ce n’est des cendres dans la bouche.

On a le sentiment que le peuple français se ligue contre l’ennemi sauf que l’ennemi véritable n’est pas clairement identifié. Celui qu’on nous désigne est encore un pantin ou un faire-valoir. Et pendant que le peuple français, hurlant sa fierté d’être français, croit faire un pied-de-nez aux terroristes, il accepte sans mot dire une régression de ses droits absolument inimaginable.

Les terroristes se contrefoutent de cette réaction de masse, comme de quelques réactions de fierté ou de dérision, qui ressemblent, une fois de plus, tellement elles deviennent stéréotypées et reproduites à l’infini, à ces courses folles de moutons se précipitant vers la falaise parce qu’un des leurs à cru voir un loup.

Et quand on commence à percevoir, d’une part qui est derrière les attentats et pourquoi ils ont été commis, et d’autre part ce que le pouvoir en France fait depuis ce jour tragique, NON, on ne peut cautionner cela en affichant ainsi de manière aussi ostentatoire nos couleurs, surtout depuis que le gouvernement communique abondement pour que nous le fassions.

Nous sommes aussi ridicules, aux yeux du monde, et aussi détestables, que le furent les États-Uniens dans les semaines qui suivirent le 11 Septembre.

Je croyais pourtant le peuple français un peu plus éveillé, un peu moins moutonnier, un peu plus méfiant, que le peuple des États-Unis. Manifestement, je me suis trompé. Manifestement, je me suis pris à espérer en une maturité qui n’existait pas. Manifestement, le peuple français en 2015 est aussi influençable et manipulable que l’était le peuple américain. Je suis abasourdi. Et très inquiet pour notre avenir commun. Ce ne sont pas les « terroristes » qui me font peur. Quand bien même, ils réitèreraient leurs crimes d’une façon encore plus cruelle, encore plus massive, ils ne me terroriseraient pas davantage.

Ce qui me terrorise en revanche, c’est l’apathie de nos concitoyens face à la réaction du pouvoir ; c’est le soutien massif que le peuple semble donner aux dirigeants de notre pays.

La galaxie des medias a bien fait son travail de lavage de cerveaux. « Le peuple des rébellions et des révolutions » comme disait Mélenchon dans un de ses discours, a laissé place à un peuple avachi. Me reviennent les termes prêtés à un certain général de Gaulle… Des « veaux » disait-il.

« Veaux », « moutons », « ânes », « autruches », « bourricots», « bourrins » je ne sais quelle image est la plus parlante, ni quelle espèce animale est la plus proche de cette espèce humaine en cours de décérébration que me semble être le peuple français.

Pour en arriver là, les sphères de pouvoir se sont donné les moyens. Il y a plusieurs lignes de front . La première est constituée des gouvernements qui, quels qu’aient été leurs programmes et leurs engagements de campagne électorale, mettent systématiquement en oeuvre, une fois arrivés au pouvoir, « la seule politique possible », la seule admise par ces pouvoirs invisibles mais qui existent bel et bien, dans l’ombre, la seule qui défend leurs seuls intérêts très particuliers, la seule qui détruit méthodiquement, un à un, tous les progrès qui avaient été enregistrés depuis des décennies. Et c’est là qu’il est utile de rappeler la leçon de l’histoire. Rien, jamais, ne nous a été donné gratuitement, généreusement. Toujours, il a fallu que nous combattions, que nous souffrions, que nous endurions et souvent que nous mourrions. Car les périodes les plus glorieuses furent celles qui suivirent des troubles intenses ou des violences terribles.

Pour reprendre la plus emblématique, l’oeuvre du CNR n’est pas tombée du ciel. Elle est intervenue après la seconde guerre mondiale. Ce n’est que du fait des circonstances résultant de ce conflit que les puissants ont mis un genou à terre, en attendant de redevenir les puissants qu’ils avaient été. Ça leur aura pris environ 25 ans. Et puis, ils ont réussi à mettre un pied dans la porte avant de pénétrer dans la pièce d’où ils étaient « persona non grata » et finalement d’envahir toute la maison, ses dépendances, le quartier environnant, la ville tout entière… Ils ont entamé leur retour en imposant à De Gaulle un certain Pompidou, un des leurs… Celui-là fut le premier des dirigeants français à rétablir la finance dans ses droits. Giscard poussera plus loin cette politique que ne le fit le successeur immédiat du général. Mais moins quand même que le président « de gauche » François Mitterrand. Je sais, ce dernier point est très contesté mais il y a pourtant matière à dresser un bien beau réquisitoire, alimenté de faits précis et concordants, qui convaincrait bien des juges… Ensuite, Chirac continua, bien qu’avec quelques hésitations. Hésitations que Sarkozy, lui, n’eut pas. Le petit agité accéléra le rythme de la « normalisation » de la France, notamment via la forfaiture du Traité de Lisbonne et la réintégration pleine et entière dans l’OTAN qui refaisait e notre pays, un dominion de l’Empire, ce qu’il n’était plus depuis que, en 1966, De Gaulle en avait extrait la France du commandement intégré. À cette époque-là, nous avions un dirigeant qui, malgré toutes les critiques légitimes qu’on peut lui faire par ailleurs, respectait la souveraineté de notre pays et agissait en conséquence. Sauf que lui était le produit d’une histoire exceptionnelle. Tandis que ses successeurs étaient, eux, chacun à sa façon, des « liquidateurs », terme utilisé en titre d’un de ses livres par un certain MOSCOVICI pour dézinguer SARKOZY mais peut-être finalement encore plus adapté pour décrire l’action de Hollande via Valls et Macron interposés. Car ce nouveau président « de gauche » est en train de mener à son terme la mission qui lui a été confiée par ces gens contre qui nous ne pouvons rien semble-t-il, et que nous connaissons bien mal alors que ce sont eux qui sont au sommet de la pyramide. On me rétorquera que grâce à Mitterrand, on a « gagné » pas mal de nouveaux « acquis sociaux » et de mesures de progrès. C’est exact sauf que ces débuts très prometteurs furent vite enrayés et les années suivantes, tout fut fait, y compris sous et par Mitterrand, pour que de tels progrès ne soient plus possibles. Cette arme de destruction massive du « système français » issu du CNR, c’est la « construction européenne ». Dans la déclaration Schuman du 9 mai 1950, il était dit ainsi : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. » Eh bien, il en est allé de même pour la destruction de l’oeuvre du CNR. Un gouvernement qui aurait tout détruit tout de suite aurait été immédiatement renversé et ses membres châtiés. Alors, ils ont été assez avisés pour y aller par étape. Vous connaissez l’histoire de la grenouille dans un bocal dont on chaufferait l’eau… ? Pour plagier la phrase précitée de la déclaration Schuman, cette destruction ne s’est pas faite d’un coup mais par des réalisations concrètes créant d’abord un asservissement de fait. Vous comprenez ? Et Mitterrand n’est pas pour rien dans cela. Désolé, Jean-Luc Mélenchon, mais je ne crois pas à l’argument que vous évoquez pour excuser Mitterrand et vous-mêmes. Je ne crois pas que Mitterrand était si naïf pour penser que l’on pouvait « clouer sur la table les mains de l’Allemagne ». L’animal politique qu’était ce Président ne peut pas avoir fait une telle erreur stratégique. Je crois plutôt qu’il savait très bien où il allait. Sans doute que certains autour de lui, vous peut-être, étaient de bonne foi mais vous vous êtes trompés et vous avez été trompés. Et ce faisant, vous nous avez tous trompés ! Vu les dégâts, peu importe que c’ait été de bonne foi. L’erreur est humaine et il faut savoir pardonner mais à ce niveau-là, il est légitime, pour nous, de devenir procureurs et pour vous, les dirigeants d’hier et d’aujourd’hui, de rendre des comptes.

Le mal est fait hélas. Il sera très long et très pénible de rétablir d’abord, puis de dépasser ensuite le progrès qu’avait été l’oeuvre du CNR. Car maintenant que la France a été quasiment normalisée, que peut faire notre peuple ?

Oui, que peut bien faire CE peuple ? Ce peuple qui donne carte blanche au gouvernement actuel, lequel s’apparente pourtant de plus en plus – et en se dissimulant de moins en moins – à un gouvernement de guerre contre lui ?

La seconde ligne de front est la guerre, non plus seulement économique et sociale, mais policière et militaire, que nous mènent nos dirigeants.

« Choc et stupeur » sont les deux outils de guerre que les pouvoirs utilisent toujours pour dompter des peuples qui grondent quand les mesures « ordinaires » ne suffisent plus à les tenir en respect. Et ça marche toujours ! Les exemples historiques abondent de peuples en rébellion qui ont connu des coups d’État, des actes de terrorisme ou des violences diverses destinées à les faire rentrer dans le rang, destinées à les faire avoir peur de tout et de tout le monde, destinés à les faire se rassembler sans autre raison de le faire que le nationalisme…

Avez-vous déjà vu comment sont traités les poulpes que les pêcheurs viennent de prendre dans leurs filets ? Pour les « attendrir » comme ils disent, on les violente en les projetant avec une grande force sur le sol. Je trouve que cette image est assez proche de ce qu’on nous inflige. Pour nous attendrir, on nous met de grands coups dans la tronche, puis on nous met sous les yeux avec force détails, témoignages larmoyants, photos et vidéos choc qui ont pour effet de « troubler le regard et d’empêcher la réflexion » (extrait de la plaidoirie de Jim Garrison, procureur de La Nouvelle Orléans, dans le procès qu’il intenta à l’un des acteurs présumés du complot dans l’assassinat de John Kennedy). Ceci a par contre pour effet d’attiser la haine et d’alimenter la volonté de vengeance contre des ennemis qu’on nous désignera rapidement…

Roger Gicquel serait encore là, il pourrait reprendre l’antenne des JT et venir nous dire que « La France a peur ».

Certains peuples sont plus héroïques et plus endurants que d’autres dans les violences à leur encontre et il faut parfois, contre eux, user de moyens de grande coercition. D’autres sont plus facilement contrôlables une fois qu’on leur a infligé les premières options de la stratégie du « choc et effroi ».

Ainsi, pour que les États-Uniens « ordinaires » (je veux dire les Américains d’en bas) soient décidés à entrer en guerre d’abord, puis à la faire ensuite (car c’est eux qui la font toujours – ce n’est évidemment pas ceux qui l’ont provoquée qui vont mourir et souffrir au front ou constater l’horreur qu’ils ont déclenchée), il faut souvent y aller à la grosse Bertha. En effet, les Américains ordinaires ne sont pas si épris de guerre que cela et sont mêmes plutôt adeptes de ce qu’on appelle l’isolationnisme. Sauf qu’ils se mettent au garde-à-vous avec une réactivité saisissante chaque fois qu’on leur présente un ennemi à aller tuer. Deux exemples : Pearl Harbor et le 11 Septembre. La veille du 7 décembre 1941, seuls quelques personnages troubles autour du président ROOSEVELT voulaient dézinguer le Japon et entrer dans la Seconde guerre mondiale. Le choix de ROOSEVELT lui-même reste ambigu. Même phénomène le 10 septembre 2001 où il n’y avait que les néoconservateurs autour de W. BUSH pour souhaiter aller faire la guerre à l’Afghanistan. Mais dans les deux ca, après de telles agressions, tout a changé. Les Américains se sont tous serrés en rang derrière leur commandant en chef et leurs armées. Des grandes villes aux fins fonds de campagnes, ce fut un déluge de patriotisme affiché et de bellicisme assumé. Et pendant des années, ils acceptèrent tout de leurs boys et de ceux qui les dirigeaient. Comme ce fut le cas dans toutes les guerres précédentes… Oui tout ! Jusques et y compris les crimes de guerre, les tortures, les « dommages collatéraux » comme ils disent… Les Américains tolérèrent la guerre à outrance contre les civils, ils tolérèrent même l’usage par leurs armées de gaz ou d’armes chimiques (car l’agent Orange en est une, le napalm en est une autre…). Ils ne se rebellèrent pas contre l’emploi d’uranium appauvri qui provoque pourtant des dizaines des milliers de morts au sein même de leurs propres armées. Eux qui sont si fiers de la Déclaration d’indépendance, ils ne bronchèrent pas quand le Président, quand les « hommes du Président » ou quand leurs « représentants » à la Chambre des Représentants ou au Congrès validèrent, eux aussi au garde-à-vous, les décisions liberticides prises par le pouvoir exécutif, notamment les lois PATRIOT. Il fallut attendre, comme chaque fois, plusieurs années pour que le Congrès se réveille et que le peuple sorte de son hibernation et exige des commissions pour faire la lumière sur certaines tragédies. C’est alors que l’on voit des acteurs de la dite tragédie « se mettre à table » et dévoiler que ce que certains avaient dit depuis le premier jour était bel et bien la réalité alors que les pouvoirs, aidés par les medias, avaient opportunément discrédités ceux-ci en les présentant comme de sales complotistes ou même comme des « anti-Américains », ce qui ne manque pas de sel parce que c’étaient surtout des Américains qui étaient accusés d’être des « anti-Américains »… La délation de masse fut pratiquée à cette époque-là, comme c’est le cas dans tout système totalitaire… Sauf que dire la vérité plusieurs années après les faits, et surtout bien après que ces faits aient eu leurs effets recherchés, c’est toujours trop tard. Le mal a été déjà fait et mêmes si les raisons cachées des violences et des guerres sont mises à jour, les principaux responsables ne sont pas inquiétés et les buts atteints ne sont pas remis en cause.

Oui, « les » pouvoirs (qui ont « le » pouvoir) ont les moyens de nous faire taire et de nous forcer à courber l’échine.

J’imagine quand même que parfois ils doivent s’étonner de la facilité avec laquelle ils réussissent à mystifier les masses. J’incline à penser que voir dans certaines de leurs expériences, les réactions uniformes des peuples meurtris qui se mettent en rang serré derrière leurs chefs, aussi pitoyables, dangereux et détestables qu’ils puissent être, vont au-delà sans doute de ce qu’ils espéraient…

Ces puissants malfaisants devaient se dire qu’avec les Français, ça ne serait pas aussi aisé qu’avec les États-Uniens. Parce que les Français sont un peu plus et un peu mieux éduqués, éveillés et expérimentés en termes de rébellion et de révolutions… Eh bien en fait, les Français se sont distingués… en ne se distinguant pas justement des Américains ! Nos réactions, nos discours martiaux, nos comportements, ces derniers jours, sont exactement du même ordre que ce à quoi on avait assisté en septembre 2001.

Et, comme en 2001, où une guerre (en fait plusieurs successives, voire simultanées) furent menées avec l’assentiment de tout un peuple, prétendument contre l’ennemi qui avait frappé, nous voyons, avec effroi, le peuple français répondre à l’appel de son « commandant en chef » et de son gouvernement pour entrer en guerre contre un ennemi impossible à détruire car il ne s’agit pas d’un État dans ses frontières qu’on peut amadouer ou dissuader ou contre qui on peut exercer des représailles. Le terrorisme est par essence diffus et sans frontières. Faire la guerre au terrorisme, c’est, comme le disait Gore Vidal, commencer une guerre perpétuelle qui n’aura jamais de fin puisque ce qui alimente le terrorisme n’est pas traité et que ceux qui alimentent les terroristes ne sont jamais inquiétés…

Nous allons donc guerroyer à notre tour. Comme l’ont fait les Américains. Nous avons donc nous aussi un état (avec un « e » minuscule) quasi martial, comme ce fut le cas aux États-Unis au lendemain du 11 Septembre. Pour l’instant, ce n’est que « l’état d’urgence », pas encore « la loi martiale » mais si l’état d’urgence était quelque chose que nous connaissions en France puisque nous l’avions expérimenté quelques fois, la version 2 de cet état d’urgence, résultant de l’adoption récente de la loi par les deux assemblées du Parlement, est très proche d’un état policier en bonne et due forme. Il y a danger ! Ce n’est pas une simple mesure de protection du peuple qui est en vigueur, mais bien un arsenal juridique pour dompter un peuple qui commençait à gronder.

Avant le 13 novembre, le peuple de France, à l’unisson des autres peuples, grondait. Oh certes, à bas bruit comme on dit dans certaines sphères… Car ce bruit était assourdi par les medias de masse. Et il n’y avait pas encore eu de véritable coup d’éclat resplendissant de résistance, sinon quelques cas isolés de batailles le plus souvent perdues ou en voie de l’être. Mais on sentait bien que l’ambiance était mauvaise, que la colère sourde pouvait à tout moment éclater et renverser le système. Ici, en France, mais aussi ailleurs en Europe, en Afrique, en Asie et même en Amérique…

Or, il est des gens puissants qui vivent de ce système et qui ne peuvent tolérer que ce système soit renversé, parce qu’ils perdraient tout, et même jusqu’à leur vie pour certains. Alors quand l’heure est venue pour eux de faire ce qu’il faut pour assurer leur survie, ces gens-là savent ce qu’il faut faire et ils le font. Peu importe le nombre des victimes, peu importe ce que cela coûte, ils le font. Ou plutôt le font faire. Car ils ne se salissent pas les mains eux-mêmes. Ils ne portent pas les armes eux-mêmes. Ils ne signent aucun document pouvant les impliquer et les confondre mais ils donnent les ordres adéquats. Et leur « système » est assez bien organisé pour que les buts soient atteints sans que jamais on ne puisse vraiment remonter les pistes des commanditaires. On ne touchera que les exécuteurs et des boucs émissaires qu’on livrera en pâture aux peuples assoiffés de vengeance. Dans le monde du renseignement et de l’action criminelle des services secrets, on parle de « jungle des miroirs ». Personne ne sait vraiment qui est qui, ni qui travaille vraiment pour qui, d’autant que les acteurs agissent souvent à plusieurs niveaux, et pour différents commanditaires qui n’ont pas toujours d’ailleurs des intérêts identiques, et qui peuvent même parfois se livrer à des guerres de clans. Comme dans la mafia en fait ! Et comme dans la mafia, comme dans toute entreprise criminelle un tant soit peu sérieuse, tout est étroitement cloisonné, afin qu’aucun acteur de la dite entreprise ne puisse vraiment menacer l’édifice général, ni surtout confondre les principaux donneurs d’ordres. Et les acteurs, qu’ils soient doubles, triples ou multicartes, ne connaissent eux-mêmes que le strict nécessaire à l’accomplissement de la mission qui leur a été confiée, par des gens qui leur sont inconnus bien sûr. S’ils parlent, ils ne menaceront pas le système criminel global et ceux qui pourraient gêner, ils disparaissent rapidement, soit comme ennemis publics abattus par les autorités, soit après avoir été assassinés par d’autres « acteurs » après que leur mission ait été accomplie.

Le peuple mettra des années à sortir de sa torpeur et hélas, le plus souvent ce sera après avoir beaucoup souffert.

Les lanceurs d’alertes qui nous mettent en garde aujourd’hui ne sont pas de grotesques Cassandre. Ce sont des consciences éveillées qui ne participent pas de la folie collective à laquelle on assiste.

La guerre n’a jamais réglé aucun problème de « terrorisme ». Et le terrorisme que certains disent être l’arme du pauvre n’est en fait qu’une action géopolitique de nature criminelle menée par personnes interposées. Les exécuteurs sur le terrain sont de deux ordres :

1- il y a ceux qui ont décidé de devenir des « martyres » pour deux raisons :

a/ parce que leur cœur et leur esprit sont noircis de haine à force d’avoir été lobotomisés et qui, parce qu’ils ont été ainsi décervelés, sont prêts à se supprimer eux-mêmes dans un acte qu’ils croient « héroïque »,

b/ parce que les violences qu’ils ont vécues eux-mêmes les ont fait dévier d’une vie « normale » et leur instinct de vengeance a pris le pas sur leur raison.

2- Il y a ceux qui n’ont pas du tout l’intention d’y rester mais qui font ça par appât du gain. Des mercenaires. D’anciens soldats. Des criminels sous « contrat » qu’on paie pour un crime donné comme on paie certains journalistes à la pige ! Car les commanditaires paient sans doute un très bon prix pour la réalisation des crimes qu’ils souhaitent voir commis. Ce deuxième type de « terroristes » regroupe cette fois des professionnels, rien à voir avec des esprits embrumés ou des kamikazes. Et ceux-là, il est pratiquement impossible de les retrouver. Car ils ont toutes les complicités utiles partout où il le faut, pour pouvoir filer et ne jamais être retrouvés. Et soyez certains que s’ils déviaient un tant soit peu du plan, pour quelque raison que ce soit, d’autres assassins professionnels viendraient nettoyer la place… Le cas d’école est celui de Lee Harvey Oswald, assassin présumé du président Kennedy et bouc émissaire exemplaire, assassiné par un mafioso notoire Jack Ruby, lui-même opportunément décédé d’un cancer foudroyant qui l’emporta en quelques semaines à peine, après qu’il ait assassiné l’assassin présumé…

Ce que je dis là sera inéluctablement décrit par certains comme une énième théorie du complot. Mais des complots, il y en a toujours eu dans les sphères du pouvoir depuis que le monde existe. Le monde de la Rome ancienne en était spécialiste et avait bien appris de civilisations qui l’avaient précédé.

Pourtant, le monde du pouvoir n’est pas fait que de complots. Toute décision d’un gouvernement ne résulte pas d’un complot. Et il existe bel et bien parfois des tragédies qui ne sont pas le fait de complots ou de volontés criminelles. Il serait absurde de tout expliquer toujours par la théorie du complot.

Mais il est tout aussi stupide, irrationnel et éloigné de la vérité de soutenir systématiquement qu’aucun complot n’existe jamais que dans la tête de personnes dérangées. Un complot n’est qu’un accord de volontés en vue de mener une entreprise criminelle. Cette entreprise peut être banale, ordinaire, de petite intensité. Une association de malfaiteurs (que le code pénal français prévoit et réprime) est un complot. Mais il est clair que la notion de complot implique souvent que l’entreprise criminelle est de très haute envergure, soit par la cible qu’elle vise, soit par le nombre de victimes ciblées.

Et de même qu’il était grotesque (et mensonger) de présenter Oussama Ben Laden et sa bande d’Al Qaida comme des gens capables de mener l’action qu’ils ont menée sans des appuis – et pas seulement financiers – en très hauts lieux et des complicités actives ou passives dans bien des rouages de l’appareil d’État, il est extrêmement malhonnête et complètement stupide de décrire les attentats de Charlie Hebdo ou ceux du 13 novembre comme les actes isolés, bien que coordonnés, de quelques fous, épris de haine contre la France, mais sans appui nulle part…

Le peu que les medias délivrent suffirait à déclencher de grandes enquêtes si nous étions un peuple libre et souverain. Comme plusieurs fois dans le passé récent, quand des « terroristes » ou des « criminels » sont connus des services de police et des services de renseignement, qu’ils sont suivis de près, et que parfois il y a même des contacts étroits entre eux et les dits services, on ne peut gober que ces personnes si dangereuses puissent préparer leurs actes dans l’ignorance de ceux qui les surveillent.

Chaque fois, on nous ressort la thèse de l’erreur d’appréciation par les pouvoirs publics, ou celle de l’incompétence de tel ou tel de ses acteurs. Souvent on fait tomber quelques têtes de lampistes ou d’acteurs de second rôle parmi ceux qui devaient assurer le pays que ce genre de tragédies ne se produise pas. Car si l’incompétence est toujours pénible à porter, elle l’est moins que la forfaiture… Or à ce niveau-là, ce n’est plus de l’incompétence. À ce niveau-là, ce n’est plus une erreur d’appréciation. C’est une volonté délibérée que la tragédie se produise. Pour qu’ensuite, le pouvoir puisse dire : « Vous voyez, on vous avait mis en garde. Nous voulions renforcer notre arsenal de protection et vous ne le jugiez pas nécessaire. Maintenant, j’imagine que vous allez l’accepter… ».

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que l’on ne savait presque rien avant et que l’on sait tant de choses depuis quelques jours ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que certains des terroristes étaient repérés et fichés et que malgré tout « on ne savait presque rien » ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que plusieurs services de renseignement étrangers avaient mis la France en garde en lui communiquant de très précieux et précis renseignements ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que l’on a retrouvé un ou des passeports désignant certains terroristes ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que le jour même des faits, des exercices pour des attentats de haute envergure étaient en cours ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que l’on savait dans les heures qui ont suivi les faits, qui étaient les auteurs de la tragédie alors que la veille, nous dit-on, on ne savait presque rien sur eux ? Affirmation totalement démentie par ailleurs par la bonne connaissance de ces personnes par nos services de renseignement…

N’avez-vous pas le sentiment extrêmement désagréable d’être pris pour de très gros cons comme furent pris pour de très gros cons les Américains après le 11 Septembre, quand leur Président et sa bande expliquaient qu’on ne pouvait imaginer ce qui s’est passé ce jour-là alors que justement, on a appris depuis que tout avait été précisément imaginé depuis des années, par Tom Clancy, auteur à succès, par le cinéma et surtout par la haute hiérarchie de l’armée ?

Il y a des questions à se poser et à poser au gouvernement, au Président de la République, aux services de l’État… En premier lieu au ministre de l’Intérieur, au chef des services de renseignement et à quelques galonnés de haut rang de nos armées…

Il ne suffit pas de faire tomber quelques têtes. Il faut exiger une commission d’enquête qui ne soit pas une occasion de clore l’affaire avec des explications bidonnées. Il ne faut pas une nouvelle commission Warren (JFK) ou une nouvelle commission du type de celle sur le 11 Septembre. Ces commissions-là disent bien quelques vérités car elles y sont contraintes mais épargnent les principaux coupables et sauvegardent le système.

Seul un peuple éveillé et courageux pourra obtenir la vérité et en tirer les conséquences, toutes les conséquences.

Dans une scène du film « JFK » d’Oliver Stone, quand on lui demandait si faire la lumière sur l’assassinat de Kennedy ne risquait pas de provoquer une crise gravissime pour le pays et même le discréditer aux yeux du monde, le procureur de La Nouvelle-Orléans Jim Garrison (joué par Kevin Costner dans le film) rétorquait « Est-ce qu’un gouvernement qui ment à son peuple vaut la peine d’être préservé ? » et ajoutait « Il faut que justice soit faite, même si le ciel s’écroule ! ».

Alors ce sont des extraits d’un film. Je ne suis pas certain que de tels propos soient authentiquement ceux du vrai procureur Garrison mais ce dernier aurait très bien pu les prononcer quand on sait ce qu’il a fait et ce qu’il a dit publiquement, notamment dans sa plaidoirie au terme du célèbre procès d’un des hommes qu’il suspectait d’avoir participé au complot.

Aujourd’hui, je reprends cette interpellation et je pose moi-même la question. Est-ce qu’un gouvernement qui ment à son peuple vaut la peine d’être préservé ?

Et par le mot de « gouvernement », je n’entends pas seulement l’ensemble des ministres, au sens du « gouvernement » institutionnel. Par ce terme, je désigne l’ensemble des pouvoirs publics qui ne jouent pas leur rôle au service du peuple mais qui, comme aux États-Unis après le 11 Septembre notamment, se rangent derrière le Président de la République et son gouvernement, au sens institutionnel cette fois sans poser les questions qui fâchent parce que ce n’est pas le moment d’être désunis…

Le Jim Garrison du film JFK disait aussi : « Un pays devient très dangereux quand on ne peut plus dire la vérité et que tout le monde a peur ».

Il y a matière à méditer ces quelques mots, vous ne trouvez pas ?

Dernière citation du Jim Garrisson du film JFK, qui elle, par contre, est authentiquement celle du vrai procureur Garrison : « Le fascisme viendra en Amérique sous le nom de sécurité nationale ». En France, nous n’étions pas accoutumés à parler de cette notion de « sécurité nationale ». C’est Sarkozy qui a initié la chose, bien inspiré par ses inspirateurs… Et pour cela comme pour beaucoup d’autres choses, le pouvoir actuel – qui, rappelons-le, à toutes fins utiles parce que parfois on en vient à en douter sérieusement, n’est plus celui de Sarkozy – enfonce le clou. Et nous ne réagissons même pas… Souvent Hollande reste en retrait et c’est son Premier ministre qui fait le sale boulot ; et il y prend un certain plaisir manifestement. Savant partage des rôles. Hollande, le Président falot choisi pour ça – comme « W » l’avait été en son temps ! – et Valls, le Premier ministre qui est celui qui dirige vraiment le pays, comme le faisait Dick Cheney aux États-Unis au temps où le crétin du Texas résidait à la Maison-Blanche…

Décidément, je ne suis plus très loin d’avoir honte de mon pays !

Edward Paul Abbe a dit : « Un patriote doit toujours être prêt à défendre son pays contre son gouvernement. »

Je veux bien être patriote, pas au sens où je défendrais l’entrée en guerre contre un ennemi impossible à éradiquer par la guerre, mais au sens où je reste debout face à un pouvoir qui devient très dangereux…

 

Justifier la guerre et conduire son opinion à l’accepter. Les cas d’école des États-Unis.

Les dirigeants américains ont toujours fait la guerre sous de faux prétextes. Le peuple américain a toujours accepté d’entrer en guerre seulement après avoir été convaincu qu’une puissance malfaisante les avait agressés. La plupart du temps, les agressions étaient inexistantes ou fabriquées. On appelle cela des « false flag » ou opérations sous fausse bannière. Ou si elles n’étaient pas fabriquées, les autorités qui connaissaient les menaces et étaient en situation d’empêcher qu’elles ne se concrétisent, ont laissé faire car cela servait leurs desseins. Depuis 1776, ce sont une série de telles manipulations du peuple qui ont justifié les guerres de l’Empire. Les plus révélatrices furent bien sûr l’affaire du USS Maine au XIXe siècle justifiant la guerre contre l’Espagne, Pearl Harbor en 1941 et le 11 Septembre. Soyez surs que les docteurs Folamour s’agitent depuis quelques années en coulisses et préparent un « Big One » à côté duquel le 11/9 ne sera qu’un incident négligeable. Et les tensions croissantes avec la Russie indiquent clairement de quel côté « l’agresseur » sera cette fois.

Je ne voudrais pas vous assommer de mes intuitions terrifiantes mais attendez-vous à l’inimaginable. Genre un missile à tête nucléaire, chimique ou bactériologique forcément tiré de Russie et par des Russes qui tomberait sur une ville américaine. Les Américains n’ont eu aucun scrupule à laisser tuer 3000 marins le 7 décembre 1941 ni à laisser massacrer 3000 civils le 11 Septembre (ils ont peut-être même activement participé à cette diabolique opération de terrorisme). On a alors franchi un seuil dans l’horreur et dans l’indicible. La prochaine fois, ce sera une autre échelle…

Stratégiquement parlant, les forces américaines n’ont pas été amoindries le 7 décembre 1941 et elles ne l’ont pas été davantage le 11 Septembre. Par contre, elles ont été en revanche très largement renforcées ensuite…

Qu’une ville américaine (ou plusieurs) subisse(nt) prochainement le feu nucléaire ou une attaque chimique ou bactériologique ne nuira pas aux forces américaines mais provoquera, UNE FOIS DE PLUS, un tel état de stupeur et d’hébètement dans l’opinion que celle-ci justifiera TOUT, fut-ce même l’indicible.

Comprenez bien que les dirigeants américains ne font pas la guerre contre leur opinion. Ils ne l’ont jamais fait. Ils ont toujours agi APRÈS que celle-ci les ait poussé à la guerre suite à un « jour d »infamie ». Un attentat d’ampleur jamais vue ni imaginée autrement que dans les têtes des montres qui s’agitent à Washington, une attaque d’une perversité et d’une « efficacité » meurtrière inégalée amenant le peuple américain à se liguer derrière ses chefs et à faire la guerre, voilà ce qui va se produire si nous ne faisons rien pour court-circuiter d’urgence ce jeu d’échecs mortel.

L’Histoire nous enseigne très souvent l’avenir. « Le passé n’est qu’un prologue » disait SHAKESPEARE.

THUCYDIDE, le grand historien de la Grèce antique, rappelait : « Celui qui ignore son histoire est condamné à la revivre. »

 

7 techniques de mensonge du FN – Par Thomas Guénolé (politologue) – Copyright Le Huffington Post

Technique de mensonge n°1: manipuler les chiffres

C’est en particulier sur l’immigration que le FN argumente en présentant des chiffres faux, des constats que les chiffres avérés contredisent, ou des chiffres objectivement manipulés. Par exemple, Marine Le Pen a dit en mars 2013 sur France 3 que « l’immigration coûte 70 milliards d’euros par an ». Elle a omis de mentionner que l’immigration rapporte également de l’argent à la France. Or, en faisant le solde entre ce que l’immigration coûte et rapporte à la France, il est positif de près de 4 milliards d’euros pour la France.

Technique de mensonge n°2: confondre une corrélation avec une causalité

C’est en particulier sur la criminalité et la délinquance que le FN argumente en confondant une corrélation (« A s’accompagne de B ») avec une causalité (« A est la cause de B »). Par exemple, Marine Le Pen a recommandé à ses sympathisants la lecture de La France orange mécanique de Laurent Obertone. Ce livre recense des actes criminels barbares commis en France par des personnes par ailleurs issues de telle ou telle culture (« A s’accompagne de B »). Il déduit de ces origines culturelles que leur barbarie provient de leur culture (« A est la cause de B »): d’où sa théorie de « l’ensauvagement ». Cette technique permet au FN de soutenir que l’immigration est une source d’insécurité. Or, le raisonnement est absurde : appliqué au fait que 97% des détenus de France sont des hommes, il aboutirait à la conclusion qu’un grand plan national d’opérations massives de changement de sexe réduirait la criminalité.

Technique de mensonge n°3: l’amalgame

C’est probablement la technique la plus couramment employée par le FN pour mentir aux électeurs. Que des élus de gauche ou de droite soient condamnés pour corruption, et le FN parle de « tous pourris ». Qu’un islamiste commette des attentats, et l’islam n’est pas compatible avec la République. Que des immigrés commettent des délits, et l’immigration est une cause d’insécurité. Sur tous ces points, l’amalgame est statistiquement indéfendable: par exemple, sur l’insécurité, même si l’on supposait que la totalité des détenus de France sont des immigrés maghrébins (ce qui est faux), cela représenterait alors un taux minuscule de 0,44% de la population totale d’immigrés maghrébins en France.

Technique de mensonge n°4: le sous-entendu

Encore lors des débats des élections européennes, Marine Le Pen a déclaré que les gens voient bien qu’il y a trop d’immigrés. Affirmer qu’ils le voient, c’est un sous-entendu raciste. En effet, il est évidemment impossible de distinguer à l’œil nu un immigré d’une personne née en France. Donc, en réalité, dire que les gens voient qu’il y a trop d’immigrés, c’est sous-entendre qu’ils voient qu’il y a trop de personnes qui n’ont pas la peau blanche. Cela permet d’envoyer un message raciste à l’électorat, tout en préservant la possibilité de nier ce racisme. Au demeurant, dans son programme de 2012, le FN prend explicitement la défense des « hommes blancs ».

Technique de mensonge n°5: l’usurpation de la rhétorique républicaine

C’est en particulier une méthode très courante de la part de Florian Philippot, soldat perdu du chevènementisme devenu bras droit de Marine Le Pen. La technique consiste à employer la sémantique républicaine pour recouvrir un argumentaire qui, sur le fond, reste d’extrême droite. Par exemple, le FN prétend être grand défenseur de la laïcité, valeur républicaine par excellence. Cependant, sur le fond, lorsqu’il parle de laïcité, c’est généralement pour s’attaquer à l’islam. Autre exemple: le FN revendique d’être opposé au communautarisme, par essence incompatible avec l’individualisme républicain. Cependant, sur le fond, lorsqu’il parle de communautarisme, c’est en réalité pour être lui-même défenseur d’un communautarisme blanc. Corollairement, le FN est sélectif lorsqu’il prétend défendre les « racines » de la France. Typiquement, il met en avant les « racines chrétiennes » mais jamais ses racines gréco-romaines. Or, en se fondant sur les racines gréco-romaines, tous les pays méditerranéens ont les mêmes racines que nous…

Technique de mensonge n°6: prétendre ne plus être d’extrême droite

Le FN alterne sur ce point entre deux lignes contradictoires. Tantôt il prétend n’avoir jamais été d’extrême droite, tantôt il élude mais précise que ses idées ont changé avec le temps. Pourtant, non seulement le FN est toujours d’extrême droite, mais plus précisément, il est pétainiste. De fait, comme le régime pétainiste, il préconise notamment une hiérarchie sociale fondée sur le sang français, un Etat fort protecteur des artisans et petits commerçants, une politique nataliste et anti-IVG, et la liberté de faire de la propagande antisémite. Par ailleurs, comme le régime pétainiste, il s’est choisi Jeanne d’Arc pour icône. En outre, il compte parmi ses fondateurs des anciens collabos: par exemple, son tout premier trésorier, Pierre Bousquet, est un ancien caporal SS, et François Brigneau, ancien vice-président du FN, servit dans la Milice du régime de Vichy.

Technique de mensonge n°7: la frappe ciblée

C’est une ligne de défense quasiment systématique du FN lorsqu’une de ses idées est identifiée comme étant d’extrême droite. Il riposte en citant une personne qui défend la même idée, ou un gouvernement étranger qui l’a appliquée, et qui n’est pas d’extrême droite. Par exemple, lorsque dans un débat sur France 2, en octobre 2013, Martine Billard a identifié comme pétainiste l’expression « redressement national » employée par Florian Philippot, ce dernier a répliqué qu’Arnaud Montebourg était ministre du « redressement » productif sans être pour autant pétainiste. En réalité, à l’échelle de la planète, presque aucune des propositions du FN n’est une position uniquement défendue par l’extrême droite française. C’est la combinaison spécifique de propositions qui est caractéristique de l’extrême droite française, et plus précisément, du pétainisme.

Conférences d’Annie Lacroix-Riz

La montée de l’extrême droite (18 et 19/05/2013) : http://www.youtube.com/watch?v=rR5P2qeqgtk

*

Le choix de la défaite (05/06/2010) : http://www.youtube.com/watch?v=IU3FZlKmTQA

*

La stratégie du choc (29/06/2012) : http://www.youtube.com/watch?v=58OmGN0PWmc

*

Le Conseil National de la Résistance (15/11/2013): http://www.youtube.com/watch?v=wlPNOq5gkp4

Le FN est CONTRE le peuple et ses intérêts. Pour preuve…

Article d’après  » Rappel salutaire, publié sur le blog « Pensée Libre. Liberté, Egalité, Fraternité, Solidarité « 

Les députés FN à l’Assemblée Nationale, de 1986 à 1988 : rappel de leurs votes antisociaux

L’héritière Le Pen prétend envoyer à l’Assemblée Nationale des députés FN qui, nous assure-t-elle, se feront les  « avocats des oubliés « . (comprenez  avocats des « français de souche », les vrais français, victimes des faux français et de tous les autres, les étrangers). Le pseudo-virage social du FN, on l’a déjà vu à l’oeuvre.

Les votes des députés du Front National à l’Assemblée Nationale de 1986 à 1988

Le Front National a eu 35 députés aux législatives du 16 mars 1986 ( à la faveur de scrutin proportionnel ) jusqu’à la réélection de Mitterrand qui a dissous l’Assemblée, le vote des 5 et 12 juin 1988 n’en n’ayant réélu aucun. Il est intéressant de savoir comment ces députés ont voté, et pour quelles lois, Marine Le Pen et ses amis disant qu’elle veut le bien des Français, ne précisant jamais de quels Français elle parle. En examinant les votes ont comprend mieux :

    – L’institution d’une cotisation sociale au taux de 12,6 % sur les revenus du capital : CONTRE

    – Prélèvement sur les revenus du capital pour le financement de la Sécurité sociale : CONTRE

    – Rétablissement de l’impôt sur les grandes fortunes : CONTRE

    – Fixation à 50 % du taux de l’impôt sur le bénéfice des sociétés : CONTRE

    – Suppression du forfait hospitalier : CONTRE

    – Privatisations : POUR

Donc, Marine Le Pen veut donner du travail, augmenter les salaires, rendre au peuple sa dignité perdue ? Tout cela en refusant de s’en prendre aux capitalistes qui défendent farouchement les centaines de milliards accumulés. C’est pourquoi le FN soutient et a toujours soutenu les puissances de l’argent comme celles du CAC 40, tout en ayant l’air de les combattre.

En 2009 il proposait une solution à la crise :  « conserver le modèle du capitalisme » en utilisant « de manière équilibrée le capital humain et le capital financier » !

En 2010, en pleine action pour la défense des retraites, le FN préconisait la liberté de choix du départ à la retraite (en clair plus de date limite), la constitution d’une épargne retraite personnelle ( une étape marquante vers la disparition du système collectif de retraite actuel ).

Et, naturellement, pas un seul mot sur la nécessité de faire payer les employeurs ! Il ne s’agit là que d’un aperçu mais combien éloquent de ce qu’est le FN : un parti au service du capitalisme.

Syrie-Ukraine, la méthode Poutine – par Samir Saul * pour Le Devoir*

* SamirSaul – Professeur d’histoire, Université de Montréal — CERIUM

* Le Devoir. Montréal, Canada, le 20 mars 2014.

 C’est une parade à la technique d’expansion occidentale bien rodée. Le style est le même : fermeté sans agressivité ; déploiement de moyens militaires afin de témoigner de sa résolution.

 La situation en Ukraine est un défi (ou une provocation) majeur à la sécurité de la Russie, encore plus que la guerre en Syrie. Vladimir Poutine ne peut être qu’inflexible.

 Vladimir Poutine est désormais intronisé dans la géhenne des méchants (« bad guys ») qui peuplent la démonologie usaméricaine. Les néocons ne savent pas trop qui de Poutine ou d’Obama les énerve davantage. Le président russe rejoint les Saddam, Milosevic, Kadhafi, Ahmadinejad et Bachar. Il est assurément le moins commode, comme l’est, par sa taille, l’État qu’il dirige. Coupable de contrarier l’Occident en Syrie, il est voué aux gémonies au sujet de l’Ukraine.

 Objectif Russie

 Du conflit syrien à la crise ukrainienne, il y a une ligne droite, menant toujours à la Russie. La guerre en Syrie vise aussi ses alliés, l’Iran et le Hezbollah. La neutralisation ou le démantèlement de ce trio feraient perdre à la Russie un glacis nécessaire à sa sécurité. Que des djihadistes et al-Qaïda s’emparent de la Syrie, et le pays devient un tremplin pour la déstabilisation de la région, y compris la Russie. Ce n’est donc pas un hasard que Moscou soutienne la Syrie. À cela s’ajoute le souci d’une éviction possible de Tartous, l’unique base navale russe en Méditerranée.

 Quant à l’Ukraine, l’installation à la frontière de la Russie d’un pouvoir hostile ne laisse rien à l’imagination. Intégrée à l’OTAN ou pas, une Ukraine anti russe générerait des incidents bilatéraux et des crises internationales consécutives à des appels à l’aide des alliés occidentaux. L’affrontement avec la Russie serait direct. Ce scénario était évoqué sotto voce depuis longtemps. Les tenants des guerres classiques, frustrés par les insuccès de la guerre par procuration en Syrie, y trouveraient leur compte. Pourquoi faire un détour parla Syrie ?

Pourquoi s’échiner pour la base secondaire à Tartous quand la plus importante est à Sébastopol ? La stratégie frontale remplacerait la stratégie périphérique. Que le point de départ soit Damas ou Kiev, le point d’arrivée est Moscou.

 Syrie et Ukraine : liées par la conjoncture et les méthodes

 En plus des facteurs stratégiques, les événements relient les situations syrienne et ukrainienne. Au lendemain de la conférence de Genève II, Washington laisse entendre que, la diplomatie ayant déçu, on accentuerait le volet militaire. Aussitôt filtrent des nouvelles sur des forces saoudiennes qui se lanceraient à l’assaut de Damas en partant de la Jordanie.

Parallèlement, la Russie est critiquée pour son refus de pressurer Bachar al-Assad à se retirer de la présidence. Elle serait, dit-on, la responsable de l’échec de Genève II. Des attentats en Russie semblent présager le lâchage de terroristes contre les Jeux de Sotchi.

 Or, l’offensive ne cible ni Damas ni Sotchi. Elle vise plus grand : l’Ukraine et, à travers elle, la Russie elle-même. Les événements à Maïdan, en cours depuis novembre, accélèrent soudain en février et prennent un tour violent avec le déploiement de bataillons en tenue de combat et l’usage d’armes à feu. Tout à coup, les extrémistes donnent le ton.

 Cette tournure de événements met en lumière les ressemblances dans le déroulement des conflits en Syrie et en Ukraine. Un modèle d’escalade se vérifie. Dans les deux cas, des protestataires (et des gendarmes) sont abattus par de mystérieux snipers,on passe à l’appel au changement de régime (la « révolution ») et apparaissent les combattants armés, aidés par des pays voisins. En Syrie, on voit le Qatar, la Turquie, l’Arabie saoudite, et d’autres, se charger de financer et d’équiper les milices djihadistes. En Ukraine, ce sont la Pologne et la Lituanie qui entraînent les néonazis antirusses qui forment les troupes de choc de Maïdan. Les méthodes de « regime change » [en anglais]élaborées pour la Syrie sont importées en Europe.

 Poutine et le barrage russe

En vogue depuis la fin de l’URSS, les « regime change », puis les« révolutions de couleur », ont mis la Russie sur la défensive. Ses anciens alliés ont basculé dans l’OTAN, et certains abritent des prisons secrètes de la CIA. La Yougoslavie a été démembrée et le Kosovo, arraché à la Serbie, abrite une base militaire usaméricaine. L’OTAN s’étend jusqu’aux frontières russes. La Russie compte stopper le rouleau compresseur, menaçant pour elle. Elle a déjà connu dans son histoire des « poussées vers l’est » de la part de ses « partenaires » occidentaux.

La méthode Poutine est une parade à la technique d’expansion occidentale bien rodée. Elle apparaît en Syrie et se consolide en Ukraine. Le style est le même :fermeté sans agressivité ; déploiement de moyens militaires afin de témoigner de sa résolution ; primauté de l’action sur le discours, lui-même mesuré et succinct. En septembre 2013, la marine russe est en position, en cas de guerre, mais Poutine trouve une porte de sortie à Obama. En2014, la situation en Ukraine est un défi (ou une provocation) majeur à la sécurité de la Russie, encore plus que la guerre en Syrie. Poutine ne peut être qu’inflexible. La réponse en Crimée est limitée, mais la froide détermination ne se dément pas. La politique d’expansion vers l’est se heurte maintenant à un pays capable de se défendre, disposé à le faire et muni d’une méthode.

Un KENNEDY rend hommage à CHAVEZ… Cela m’inspire quelques réflexions !

Juger les KENNEDY est toujours des plus difficiles… Face à eux, on trouve des soutiens inconditionnels et des ennemis résolus, prêts à les faire disparaître… Il y a tellement à dire sur eux, en bien comme en mal !

Oui, à écouter les anti-KENNEDY mais aussi les analystes plus neutres, il y a de très légitimes critiques à adresser à la famille KENNEDY. Au père des KENNEDY, Joe, très lié à la mafia, qui a fait sa richesse lors de la prohibition, qui a su s’allier, via son mariage avec Rose FITZGERALD, à une des plus puissantes familles de Boston dont le maire n’était autre que le père de Rose (on l’appelait « Honey Fitz »), qui fut très critiqué pour ses positions assez peu hostiles aux Allemands en 1939 et 1940 (parce que il était hostile à l’entrée en guerre de son pays). Au Président KENNEDY lui-même, pour sa vie privée comme pour bien de ses décisions politiques. Au frère du Président, Robert KENNEDY qui était en quelque sorte comme Docteur Jekkyl et Mister Hyde, à la fois très « humaniste » et enclin à œuvrer en gouvernant déterminé dans le cadre de la raison d’État, quelles que soient les activités criminelles que cela impliquait.   Au sénateur Edward « Ted », notamment pour sa conduite plus que suspecte lors du drame de Chappaquiddick. Pour bien des frasques d’autres membres du clan. Tout cela a été évoqué en détails maintes fois depuis des décennies. Inutile d’y revenir. D’autant que ce n’est pas mon propos.

Cela dit, il y a, malgré tout également dans cette famille, comme une flamme d’humanisme qui ne s’éteint jamais. Après la mort du « Lion du Sénat » en 2008, Edward Moore KENNEDY, dernier frère de JFK et de Bobby, beaucoup espéraient voir un nouveau KENNEDY émerger sans savoir lequel ou laquelle des enfants, des neveux, des cousins de trois illustres KENNEDY sortirait du lot ou du bois…

Caroline, la fille de JFK, a tenté sa chance mais ce fut une cuisante déception pour elle qui semble-t-il ne s’y attendait pas, comme pour ses soutiens. Elle n’a pas su gagner la confiance des décideurs démocrates qui devaient réattribuer le siège de sénatrice laissé vacant par l’entrée d’Hillary CLINTON dans l’administration OBAMA en 2008. Il faut dire que Caroline KENNEDY n’était pas vraiment une « politique ». Ca s’est vu et elle n’a rien fait, dit-on, pour se rendre agréable… Peut-être sont-ce de mauvaises langues qui disent cela. Je me méfie toujours des ennemis éternels des KENNEDY car le plus souvent, ces gens-là sont des ennemis du peuple, de la démocratie, de la paix, de la justice, de l’égalité, de l’humanisme.

Ce sont donc deux des membres du clan qui furent présentés alors comme susceptibles de reprendre le flambeau après la mort de Ted et l’échec de Caroline. L’un d’eux est un des fils de Bobby KENNEDY : Robert Francis KENNEDY II ou Bobby Junior pour les intimes, très impliqué dans les questions environnementales, qui a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet (notamment en 2005, aux éditions Harper, « Crimes Against Nature. How George W. Bush And His Corporate Pals Are Plundering the Country And Hijacking Our Democracy » que l’on traduit par « La nature assassinée. Comment George W. Bush et sa clique pillent le pays et abîment notre démocratie » L’autre « joker » des KENNEDY d’aujourd’hui est précisément Joseph Patrick KENNEDY II dont on parle dans cet article qui me sert d’élément déclencheur pour écrire ce billet… Il se fit remarquer notamment à la mort de Ted KENNEDY, en 2008, en prononçant un grand discours à la Bibliothèque présidentielle KENNEDY (à Boston). Il n’y a pas eu de suite…pour l’instant.

L’hommage que ce KENNEDY rend aujourd’hui à Hugo CHAVEZ est une preuve que, même aux Etats-Unis, on peut être quelqu’un de bienveillant pour le peuple alors qu’on est membre d’une famille immensément riche. On peut se soucier de la pauvreté, on peut vouloir lutter contre elle, on peut accepter de s’exposer à la critique la plus virulente et la plus odieuse de la part de ses propres concitoyens, on peut même donner envie à certains de vous faire disparaître, alors qu’on fait partie de l’élite, de la classe établie et dirigeante. Le Président KENNEDY, et plus encore son frère Bobby, voulaient changer leur pays. On ne les a pas laissé faire… Les États-Unis de John KENNEDY avaient commencé à changer. Si JFK avait vécu, sans aucun doute, les États-Unis n’auraient pas suivi la même voie que celle qu’on leur connaît. Un auteur français, Frédéric LECOMTE, a écrit « John et Robert KENNEDY, l’autre destin de l’Amérique » (publié en octobre 2003 aux éditions Équinoxe), livre qui explique très bien cela et qui éclaircit notamment  la situation entre ceux qui considèrent, sans doute de manière exagérément optimiste, que KENNEDY était forcément celui qui allait tout changer radicalement, et ceux qui, à l’inverse, ennemis héréditaires ou nouveaux ennemis de ces Démocrates irlandais et catholiques, les jugeaient comme des usurpateurs de « leur » pouvoir à eux. Au final, en écartant les plus ardents défenseurs des KENNEDY comme leurs ennemis les plus radicaux, il paraît raisonnable de penser que sans aller jusqu’à faire la révolution, John KENNEDY et Bobby KENNEDY étaient bien décidés à faire évoluer leur pays sur la bonne voie. Ils l’avaient écrit. Ils avaient fait des discours en ce sens. Ils avaient aussi pris des décisions semblant indiquer clairement que l’on s’était engagé sur cette voie. On peut d’ailleurs raisonner a contrario. S’ils étaient si peu décidés à changer la donne, s’ils étaient si peu nuisibles à certains gros intérêts, si leur action, leurs décisions, leurs discours, leurs paroles étaient insignifiants, ils n’auraient pas été assassinés. Leur mort violente à tous les deux est la preuve qu’ils portaient atteinte à certains intérêts.

Le 3ème frère des KENNEDY, Edward ou « Ted » pour les intimes, a lui, faute d’avoir pu accéder à la Présidence (à cause d’une tragique affaire d’homicide involontaire enveloppée de bien des mystères, survenue le 18 juillet 1969 dans l’île de Chappaquidick, au large du Massachusetts, près de l’île de Martha’s Vineyard) a œuvré au Sénat, 46 ans durant (bonjour le cumul des mandats pour le coup !) pour améliorer la vie des pauvres, des petits, des obscurs, des anonymes… Il est de presque toutes les avancées sociales de ces 40 dernières années.

John (Jack pour les intimes), Robert (Bobby pour les intimes), Edward (Ted pour les intimes), les trois fils survivants de Joe après la disparition du fils aîné Joseph Patrick KENNEDY Junior lors d’une mission de guerre au-dessus de l’Allemagne, ont, de manière plus ou moins évidente, fait avancer l’Amérique. Et il est donc désormais acquis que « les KENNEDY » sont un ferment de progrès pour les États-Unis. C’est pour cela que leur nom suscite encore aujourd’hui admiration, respect et espoir. Ce qui revient, il faut hélas en convenir, à une forme de soutien aux dynasties alors même que la dynastie ne saurait être admise en démocratie. Encore que si le peuple est vraiment libre de choisir ses dirigeants, est-il choquant que des KENNEDY se présentent à ses suffrages ? Pas forcément ! Sans doute davantage si c’est un BUSH qui aspire à succéder aux deux calamités que nous avons connu…

Joseph Patrick KENNEDY II, sujet de l’article à la base de ce billet, ne craint pas de s’afficher politiquement proche de quelqu’un, Hugo CHAVEZ, qui est pourtant considéré par le gouvernement de son pays comme un ennemi résolu, un dictateur, un dirigeant qu’il était nécessaire de faire disparaître…en le rendant malade jusqu’à le faire trépasser. Même l’agence de presse de la Russie, même le N°1 du parti communiste russe s’interroge et demande une enquête internationale suite au très grand nombre de cancers développés par les dirigeants révolutionnaires d’Amérique Latine quand les « amis » de l’Empire, qu’il s’agisse du chef d’État mexicain Felipe CALDERON, du Président du Pérou, Alberto FUJIMORI, ou de la Présidente très modérément de gauche du Chili Michelle BACHELET, par exemple, n’ont pas connu ce genre de désagrément…

L’Amérique doit encore faire sa révolution, la vraie, la « grande », celle qui fera de ce pays une République laïque, non impériale, démocratique et sociale. Ca viendra un jour, peut-être plus vite qu’on ne l’imagine… Celle de 1776 les a libérés du joug de l’Angleterre mais n’a pas changé quoi que ce soit aux droits et à la condition de la majorité du peuple, ces 99% dont on parle depuis quelques années… Il faut lire à ce sujet les formidables écrits du très grand historien américain Howard ZINN, hélas décédé en janvier 2010, un historien « non-aligné », un historien qui n’est pas du sérail, un historien parmi ceux qui n’acceptent pas les mythes de l’Amérique et qui se battent pour une autre Amérique, sociale, démocratique, républicaine, laïque, paisible, responsable… Il faut lire aussi Michel BUGNON-MORDANT et tant d’autres… Le Français Jacques MISTRAL a publié en août 2008, quelques mois après l’élection d’OBAMA (aux éditions Perrin) un ouvrage intitulé « La troisième révolution américaine », la 1ère étant, d’après l’auteur, celle du New Deal de Roosevelt et la deuxième la contre-révolution reaganienne. Avec cette grille de lecture que l’on peut accepter, c’est alors une 4ème révolution qui reste à faire aux États-Unis, la vraie, la « grande », celle qui rendra au peuple sa souveraineté pleine et entière et qui fera de la belle maxime politique chère à Abraham LINCOLN, une réalité, « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Des KENNEDY à OBAMA, on a dévissé ! OBAMA fut, en 2008, soutenu largement par les KENNEDY, notamment par Caroline (la fille de JFK) et par Ted (son frère cadet). Mais il s’est révélé être une escroquerie. Le seul intérêt de l’avoir eu, jusqu’à présent, est de ne pas avoir subi BUSH pour quatre années supplémentaires qui auraient été sans aucun doute CA-TAS-TRO-PHI-QUES pour les États-Unis et pour le monde entier. C’est aussi, une avancée s’agissant des relations entre les races. Un Noir à la Maison-Blanche, quarante ans après la situation de discrimination persistante, de violences inimaginables subies par les « gens de couleur » et de non-citoyenneté de fait sinon de droit des Noirs  dans les années 60, situation honteuse pour l’Amérique qui pourtant, dans sa Déclaration d’Indépendance, évoque, dans ses tout premiers mots, que « les hommes sont créés égaux », situation mise en lumière par Martin LUTHER-KING, notamment dans ce sublime et lyrique discours de l’été 1963 « I Have A Dream » prononcé à Washington au terme de la longue « Marche », ça reste un évènement d’une portée gigantesque. Quelle que soit la sévérité de notre jugement par ailleurs.

Et c’est vrai que nous sommes sévères dans notre jugement parce que rien n’a été fait ou si peu ! Or il y avait tant à faire ! Lui-même avait tant promis ! J’en sais quelque chose puisque j’ai fait campagne pour lui en 2008 après avoir suivi de près sa carrière et ses discours depuis 2004. En effet, très au faite de l’histoire des KENNEDY, j’ai tout de suite perçu, en 2004, avec la convention démocrate et le discours prononcé par OBAMA à cette occasion, que ce Noir venu de la même ville que le Président LINCOLN et qui le citait et s’en inspirait si largement, aurait un grand destin. Ce fut évident à peu de gens à ce moment-là, surtout en France, sauf à ceux qui, comme moi, s’intéressaient à l’Amérique sans se contenter de s’instruire via la présentation officielle. Il ne fallait pas être grand clerc pour voir ce qui allait se passer. Il n’était pas nécessaire d’être un aigle pour pressentir, au vu de la situation de désaveu de BUSH, comme des circonstances propres des États-Unis d’alors, que Barack OBAMA irait loin, très loin. Pourtant je ne pensais pas qu’il irait « au bout », parce que j’étais convaincu qu’il en serait empêché d’une manière ou d’une autre…  J’ai donc été bien inspiré de lui pressentir un grand destin mais je n’ai pas été complètement lucide et j’ai manqué d’optimisme pour penser que l’Amérique avait changé au point de voter pour un homme comme lui, Noir, quasi-révolutionnaire quand on le lisait… Le rêve s’est réalisé mais à quoi bon peut-on se demander aujourd’hui. Disons qu’une étape a été franchie. Pas plus mais pas moins ! Il faut avancer dorénavant. Adelante ! Hasta la victoria ! Oh bien sûr, la route est infiniment plus longue et plus escarpée que celle empruntée par les Latino-Américains car ces derniers ont déjà fait une belle partie du chemin. Les Américains partent de si loin ! Mais il faut bien commencer un jour…

Pour en revenir à l’Histoire et aux passerelles qu’on peut tisser entre les époques. Disons que, comme c’est le cas souvent, l’histoire se répète et elle s’est en effet répétée. À la convention démocrate de 1956 qui désigna le candidat Adlai STEVENSON, lequel allait perdre face au président sortant EISENHOWER, KENNEDY prononça le « Keynote Address », c’est-à-dire le principal discours de soutien au candidat désigné, 4 ans avant d’accéder lui-même à la Présidence. Lors de la convention démocrate de 2004, c’est Barack OBAMA qui prononça le discours principal en faveur de John KERRY, le candidat investi par les Démocrates pour affronter le Président sortant et se représentant W. BUSH. Comme en 1956, où le candidat des Démocrates adoubé par KENNEDY, Adlai STEVENSON, allait perdre face au Président sortant se représentant, EISENHOWER, le candidat de Barack OBAMA en 2004, John KERRY, allait perdre face au Président sortant se représentant W. BUSH. Mais comme dans l’histoire de JFK, Barack OBAMA allait être lui-même le candidat 4 ans plus tard et l’emporter.

Toutefois l’Histoire s’arrête là. Même si j’ai du mal à ne pas garder un peu d’estime pour OBAMA, je considère qu’il s’est révélé une escroquerie, une « méprise » comme le dit cruellement le titre d’un bouquin publié en décembre 2008 par le Belge Guy Spitaels. Certes, le Président des États-Unis n’a pas tous les pouvoirs, contrairement à ce que racontent certains. Et ses pouvoirs sont même fortement limités, voire presque réduits à néant, quand le Congrès lui est hostile. En effet, dans le cas d’OBAMA, on est bien dans ce genre d’hostilité. Les deux premières années de sa présidence, de 2008 à 2010, la Chambre des Représentants et le Sénat étaient à majorité démocrate. Donc ça aurait du rouler pensent beaucoup. C’est plus compliqué. Les « Démocrates » élus ou réélus en 2008 étaient très conservateurs. Les plus progressistes à l’image de Nancy PELOSI, élue de Californie qui fut désignée « Speaker », c’est-à-dire Présidente de la Chambre, étaient très minoritaires. Ils ne furent pas assez nombreux pour contrebalancer la majorité très large que constituaient de fait ensemble les Républicains et la plupart des Démocrates. Et en 2010, deux ans après l’élection d’OBAMA (rappelons qu’aux États-Unis, les Représentants, équivalents de nos députés, reviennent tous les deux ans devant les électeurs), la Chambre bascula dans le camp Républicain. Certes le Sénat reste « démocrate » mais les progressistes ne sont qu’une poignée ou deux. OBAMA na donc pas le soutien nécessaire pour faire passer ses propositions de lois. On l’a vu s’agissant de la réforme de la santé et de la protection sociale. Les Républicains s’opposaient radicalement à cette avancée majeure pour le peuple américain. C’est « normal », c’est leur rôle de défendre les dominants. Mais le scandale vient de ce que les Démocrates ont empêché une véritable réforme. Comme nos socialistes, ils ont vidé le projet d’OBAMA de son contenu, de son esprit. La loi votée est indigente dans ce qu’elle apporte. OBAMA est-il responsable ? Uniquement en ce sens qu’il n’a pas assez mouillé la chemise. Il ne s’est pas assez engagé. Il a laissé faire ses troupes. A rechercher toujours le consensus, il s’est fait limer les ongles, rogner les ailes et a dû en rabattre sur ses ambitions initialement affichées.

Là où en tant que Président et chef des armées, il aurait pu prendre des décisions très symboliques, il s’y était d’ailleurs engagé maintes fois et très clairement dans sa campagne électorale de 2008, c’est dans le domaine de la politique étrangère et de la sécurité nationale. Il pouvait fermer le camp de torture de Guantanamo comme il l’avait promis. Il n’avait pas à recevoir l’aval du Congrès. C’était de sa seule compétence présidentielle. Il ne l’a toujours pas fait. Il pouvait – et s’était engagé à le faire – interdire la torture autorisée par BUSH. Il ne l’a toujours pas fait.  Il pouvait revenir en partie sur les plus graves aspects des lois PATRIOT et peser pour que le Congrès vote leur abolition ou au moins leur assouplissement. Il ne l’a toujours pas fait. Il pouvait commencer à mener une politique étrangère différente. Alors certes il a désengagé les troupes d’Iraq et d’Afghanistan et a un discours moins impérialiste, moins prétentieux, moins belliqueux, moins odieux que son prédécesseur mais quels sont les vrais changements concrets à part qu’il ne mène pas de guerres nouvelles, en tout cas avouées? Les forces de l’ombre agissent toujours. Les services de la sécurité nationale mènent toujours leurs activités criminelles. Il ne peut pas l’ignorer. Je suis convaincu qu’il ne sait pas tout de ce qui est fait, au nom des Etats-Unis, par ces forces de l’ombre. Mais il pourrait, en tant que Président, prendre des décisions qui changent peu à peu les choses. Sauf à considérer que les États-Unis sont ingouvernables contre les intérêts de ceux qui les tiennent. OBAMA n’ignore sans doute pas les vraies raisons de la mort des deux KENNEDY. Il ne doit pas non plus, au fond de lui, croire à la vérité officielle sur l’ignominie du 11 Septembre. Mais que peut-il faire vraiment sans risquer de disparaître ?  Il y a quelque chose qu’il pourrait faire mais cela impliquerait un courage démesuré. C’est de prendre à témoin le peuple américain, lui dire la vérité sur bien des drames de son histoire comme sur la réalité de son régime politique. Mais face à un tel chantier, un homme ne suffira pas, aussi courageux soit-il. Il faudra bien des années d’évolution, bien des prises de conscience au sein du peuple, bien des souffrances, pour que les malfaisants soient expulsés du gouvernement de l’ombre et que leur pouvoir soit réduit à néant. OBAMA est jeune, marié à une sublime femme, il a beaucoup d’avantages à être là où il est. Il a les honneurs. D’une certaine manière, il fait l’Histoire par sa seule position. Et il est père de deux jeunes filles. Ca ne doit pas l’inciter au courage. Car les monstres qui tiennent les États-Unis, on le sait, ne reculent devant absolument aucune abomination pour maintenir leur pouvoir, leur domination. Si Barack OBAMA avait quelque velléité que ce soit de jouer à JFK et de rentrer dans le chou de ces puissances occultes et maléfiques-là, nul doute qu’il serait vite en situation de devoir plier devant elles. Quand on a une femme et deux jeunes enfants, hélas, on n’est pas en situation d’imposer quoi que ce soit à ces gens-là ! On peut être courageux pour soi-même. On ne peut pas l’être pour les autres. On peut accepter les souffrances et la mort pour soi-même, pas pour les autres, pas pour sa femme et surtout pas pour ses filles. C’est en partie un des messages du film « Air Force One » mais c’est aussi la vraie vie.

Finalement, mieux vaudrait peut-être un vieux Président, sans épouse, sans enfants, sans famille, courageux, et qui ne soit plus en situation de subir les « pressions » évoquées ci-dessus pour agir dans un sens particulier.

Au final, je pense – non, je suis convaincu – que  c’est dans le peuple que réside l’avenir des États-Unis. Un homme ou quelques hommes à la tête du pays ne peuvent hélas rien contre les forces occultes si le peuple ne les soutient pas, si le peuple ne comprend pas ce qui se trame, si le peuple croit naïvement ce que si souvent on lui fait avaler.

C’est au peuple américain de se soulever, de faire sa révolution citoyenne, de reprendre le pouvoir. Mais pour cela, il est sans doute illusoire de croire que ces choses se feront sans quelques leaders d’importance qui inspirent le peuple, qui marchent devant sous la mitraille de l’adversaire et sous l’épée de Damoclès de l’assassinat ou de la mort « accidentelle », quelques leaders d’importance qui montrent le chemin à suivre et qui, tels les plus grands chefs d’État de l’Histoire, ont accompagné leurs peuples vers le progrès. Les États-Unis peuvent considérer qu’Abraham LINCOLN, Franklin ROOSEVELT et John KENNEDY ont joué ce rôle, à des degrés divers, dans des circonstances très différentes et même si chacun des ces trois illustres Présidents mérite également de vives critiques pour certaines décisions prises ou pour la carence à prendre certaines décisions.

C’est pour cette raison que, bien que rêvant de voir le peuple américain se lever, renverser son régime au profit d’une République nouvelle, laïque, sociale, démocratique, humaniste, pacifique, où liberté, égalité et fraternité sont de mise, dans les textes comme dans la pratique quotidienne, je pense aussi que nous devons défendre celles et ceux des leaders qui sont les plus à mêmes de jouer ce rôle de « passeur » ou de « réformateur ». Il est difficile, voire impossible, de connaître et encore moins de soutenir et d’agir de concert avec des militants américains qui nous soient proches idéologiquement, politiquement, philosophiquement parlant. Il existe bien un Parti Vert aux États-Unis mais assez éloigné de notre vision politique. Il a existé et existe encore un Parti communiste et un Parti socialiste aux États-Unis mais ce sont des organisations groupusculaires tellement elles ont été et sont encore discréditées voire criminalisées par le système. Alors, je ne vois pas d’autre alternative, pour le moment, lorsque émerge une personnalité si profondément « alternative » par rapport au système américain comme l’est ce  Joseph Patrick KENNEDY II, de le soutenir.

Et, pour élargir mon propos, je dirais que je trouve indispensable, les États-Unis étant ce qu’ils sont, le pouvoir de ce pays étant ce qu’il est, leur présence partout dans le monde, militaire, politique, culturelle, étant ce qu’elle est, que nous cherchions à tisser des liens avec celles et ceux qui sont les plus proches de nous, comme nous le faisons avec nos frères d’armes d’Amérique Latine, d’Europe du Sud et d’ailleurs et d’Afrique du Nord. Cette « internationale » des Fronts de Gauche qui existe même si elle n’en a pas le nom, doit – c’est INDISPENSABLE à mes yeux – s’élargir pour intégrer des forces qui pourraient changer un jour la face des États-Unis, du Canada, d’Israël…dans le sens de l’Humain d’abord. Peut-être est-ce une utopie de ma part. Peut-être que le jour n’est pas venu. Peut-être que c’est trop tôt. Peut-être que ces pays ne sont pas prêts à basculer. Mais sans rêve, sans utopie, je pense que le monde n’avancerait pas vers le progrès. Et à toujours attendre demain ou un jour meilleur ou d’autres circonstances plus propices, on ne fait rien. Or, c’est aujourd’hui qu’il faut le faire. C’est aujourd’hui qu’il faut commencer à construire, mettre la première pierre. D’autres suivront. Souvent, ce n’est que progressivement que les masses se mettent en mouvement. Ce n’est pas toujours une étincelle, une décision de trop, un acte malfaisant de trop, qui fait sortir de sa torpeur un peuple opprimé et le transforme en peuple révolutionnaire. C’est une prise de conscience qui se fait peu à peu, devant des manifestations qui se renouvellent, devant des discours qui font réfléchir, qui contribuent à se désintoxiquer, à s’émanciper des vérités et des évidences jusque là acceptées « naturellement ».

CHAVEZ et les autres chefs d’État et de gouvernement latino-américains qui mènent la révolution citoyenne dans leurs pays montrent la voie aux autres nations. Mais n’oublions pas les États-Unis ! Le monde vivra bien mieux quand les États-Unis seront devenus cette République démocratique, sociale, laïque, pacifique, humaniste que j’évoque dans ce billet. Ca regarde bien sûr, en premier lieu, le peuple américain mais ça regarde aussi le monde entier car ce pays a une influence, positive parfois, néfaste bien plus souvent, très au-delà de ses frontières. C’est au peuple américain de prendre son destin en mains mais nous pouvons l’aider, le soutenir, l’encourager, l’informer… Le peuple américain, ce n’est pas que cette population de décérébrés, va-t-en-guerre, intégristes, arriérés, qu’on nous présente souvent dans les médias lesquels se réjouissent à nous montrer les pires abrutis et nous les présentant comme les Américains moyens. Le peuple américain est très divers, sans doute plus que la plupart des autres peuples. Il y a souvent plus de différence entre certains Américains entre eux qu’entre des Américains et des étrangers. Et plus de la moitié des personnes en âge de voter ne le font jamais. Ce sont ces dizaines de millions d’électeurs que l’on peut classer « à gauche » en ce sens qu’ils sont des États-Unis d’en bas et que, naturellement, ils sont  ceux pour quoi nous devons nous battre. Ils ne votent pas. Beaucoup n’ont jamais voté. Se désintéressent-ils de la vie en société ? Non. Mais à quoi bon voter. L’immense majorité des candidats ne les représentent pas et ceux qui les représentent font des scores négligeables, quelle que soit l’élection en cause. Ce sont les gens du « petit peuple », qui sont niés, méprisés, violentés, asservis, exploités par le système politique, administratif, économique, pénal… Ils méritent d’être entendus, écoutés, représentés, défendus. Qui, mieux que des gens ayant notre vision, peuvent le faire ? Je suis convaincu que des Américains, par milliers, pensent comme nous, encore plus aujourd’hui qu’hier vu que le libéralisme a montré sa nature et ses effets inéluctables, généralisés et de plus en plus destructeurs de la civilisation. Mais ces millions de citoyens « n’existent » pas car il va sans dire que le système ne les montre pas, ne parle pas d’eux, n’évoque jamais leur vie, leurs difficultés, leurs espoirs, voire les décrit comme des « assistés » improductifs, nuisant à « l’esprit américain » et récoltant les « fruits » de leur nocivité sociale, quand ils ne sont pas carrément présentés comme anti-américains quand ils ont eu le malheur de contester le bellicisme criminel et impérialiste ainsi que les régressions des droits et libertés.

Mais « l’esprit américain », ce n’est pas que cela. Dans son discours d’investiture de janvier dernier, comme dans plusieurs de ses discours de campagne, Barack OBAMA a tenté de faire passer dans les consciences un autre message, très différent, bien plus social, bien plus humaniste. Je disais plus haut combien il m’avait déçu. Nous savons tous à quel point il a déçu des centaines de millions de gens de par le monde en plus d’avoir déçu des dizaines de millions d’Américains. Ces derniers lui ont néanmoins offert une seconde chance. Puisse-t-il la saisir ! Sinon, il ne sera pour l’Histoire qu’une promesse qui ne s’est pas confirmée, une illusion. Au minimum, il aura peut-être été un passeur. Son discours fera son œuvre, peu à peu, je veux le croire. Le progrès humain est toujours long à advenir. L’Histoire montre que les avancées ne se font pas rapidement. Parfois même, des retours en arrière qui nous font régresser fortement ralentissent encore davantage la marche du progrès.  Et les consciences sont, elles aussi, longues à éveiller et à faire évoluer, surtout avec le système politique, médiatique, culturel et d’enseignement américain. Mais les temps changent. Je veux, après tout ce que j’ai écrit ce soir, finir sur une touche d’optimisme. La « sagesse », « l’humanisme social » du discours d’OBAMA aura sans doute plus d’effet sur le progrès que connaîtra dans l’avenir le peuple américain que les réformes non réalisées, non tentées, non osées ou avortées de ce Président.