Archives pour la catégorie 40.F- Publications de mon amie Claire Bouthillon

Nous ne sommes pas Benoît Hamon ! Par Claire Bouthillon le 22/01/2017

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On n’a jamais autant vu énoncer le nom de Jean-Luc Mélenchon ce soir… troublant. Il émerge vraiment comme un challenger.
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Pour en venir à notre positionnement général, dans cette élection présidentielle quelle que soit son mode d’écriture aujourd’hui surprenante et ouverte, qu’une chose soit bien comprise. Jean-Luc Mélenchon ne maintiendra pas sa candidature parce que son égo compte plus que tout. Mais bien parce que notre programme apporte des différences et une légitimité qui commencent par le fait que nous ne nous sommes pas commis dans le gouvernement actuel. Benoit Hamon si… Qui lui est resté au PS quand Jean-Luc Mélenchon en est sorti pour aborder une autre façon de faire de la politique, et je n’exprime pas ici les errances de son propre parti en politique politicienne.
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Je souris de voir évoquer la « nuit des longs couteaux » des fraudes électorales en 2008 contre Ségolène Royal. J’étais avec celle-ci lors de cette nuit atroce où j’ai compris que mon socialisme avait été assassiné pour empêcher notre rénovation écologique et sociale dans le PS. Rien n’est sans doute joué quand des votes sont contrôlés par ce parti moribond. Il reste qu’Arnaud Montebourg donne ses 17% de voix à Hamon alors que Manuel Valls n’en a plus vraiment sous le pied : d’où son appel désespéré pour un vote massif au second tour. Mais cette fois, la droite ne viendra pas à la rescousse quand son candidat est pourvu.
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Par ailleurs nous avons des différences fondamentales avec Benoit Hamon :
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1. La posture géopolitique : nous sommes pour la Paix et voulons coopérer avec tout le monde quelle que soit la politique intérieure des États. Nous ne nous ingérons pas dans leurs affaires, même si nous ne sommes pas d’accord avec leurs choix de gouvernance. Nous croyons modéliser une influence bénéfique à se démocratiser en encourageant les émancipations quand elles se signalent.
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Nous voyons dans la posture du PS tout entier et Benoit Hamon pas moins, une inconséquence guerrière à diaboliser la Fédération de Russie, la Syrie, la Turquie dans le même panier, en réécrivant les scenarii de la guerre à l’avantage occidental. Les faits sont têtus et ne demandent qu’à sortir sur les réalités des actes sur le terrain, surtout quand il s’agit d’aider des « rebelles modérés » dont le pedigree se révèlera plus vite qu’on ne le pense avec la pacification du territoire. Et en cela, je comprends les doutes de Jean Lassalle d’hier au retour de sa mission en Syrie qui a déclenché l’indignation du Yannou de service à ONPC.
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Il reste à établir la liste des dommages collatéraux de nos guerres dans cette région du Moyen-Orient depuis des décades, pour comprendre l’hémorragie insupportable des génocides, à quoi, la Russie pour ne prendre que cet exemple, ne peut se mesurer. Idem s’agissant de son budget militaire et de son emprise infime sur la question des bases militaires au regard des Yankees. Reparlons-nous de Guantanamo ?
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En tout état de cause, la France insoumise veut le maintien de la paix et entend coopérer avec tout le monde. Elle « casse » ainsi une longue période paternaliste qui entendait, au nom d’une supériorité civilisationnelle aujourd’hui décadente en consumérisme débridé, sous prétexte qu’elle avait expérimenté les Lumières, régenter les choix de gouvernance d’autrui au long des siècles, et pratique une justification des ingérences beaucoup plus intéressées qu’on ne le pense, qui font de nous des colonisateurs et néo colonisateurs. Aujourd’hui, nous ouvrons nos choix en résonance avec une moitié de l’hémisphère Sud, en adhésion pour l’alter mondialisme qui prend pour assise une réforme des Nations-Unies pour l’instant sous emprise hégémonique occidentale et par-dessus tout Yankee à un point insupportable. Les BRICS sont les véritables enjeux à quoi nous raccrocher, qui se trouvent être voulues par la Fédération de Russie et d’autres pays qui également subissent les coups de boutoirs US comme la Chine et le Brésil, qui a déposé Dilma Roussef sans pour autant mettre en cause le maintien de la participation de ce pays à un nouvel ordre mondial. La corruption n’est pas là où on le pense, et les criminels non plus.
Nous sommes des « non-alignés ».
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Benoit Hamon éructe tout autant que les autres dans des revendications bellicistes qui en réalité servent les intérêts néolibéraux dont il voit un allié chez les États-Unis. Est-ce une position progressiste ? Est-ce avoir une dimension de Chef d’État protégeant son peuple ? Aucunement. Jean-Luc Mélenchon oui. Il a cette vision et cette dimension.
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2. L’Union Européenne : dans l’interview que Jean-Luc Mélenchon a donné à Marianne cette semaine avec de multiples intervenants – un modèle du genre – il y a cette question abordée avec beaucoup de confiance sur le poids que nous mettrions dans la négociation imposant la fin des traités. Je ne crois aucunement pour ma part, que le poids de notre PIB fera céder les Pan Germanistes de l’UE qui obéissent à un lobby occulte. Celui-ci n’entend pas céder ses richesses et ses pouvoirs parmi les 1% que nous voulons exploser. Quel que soit notre poids économique et démographique, il ne peut céder d’un pouce à nos négociations car il craint un « effet domino ». C’est en abordant tout de suite l’idée du Frexit que nous amènerons cette négociation en bras de fer, faisant changer la peur de camp, pour une transition destinée à éviter le chaos financier dans un pays qui est certainement dans une situation de banqueroute déguisée par notre actuel gouvernement. Et cela principalement sur la dette publique. L’intelligence serait de contourner l’article 50.
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Benoit Hamon vend une réforme possible irréaliste… En se posant comme un pragmatique. Encore une posture qui l’amènerait à se « ranger des voitures » dans les mêmes conditions que la Grèce de Tsipras au 1er affrontement ? Sa promesse pue la mort.
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3. La Laïcité : dans une analyse, toujours dans le Marianne de cette semaine, est épinglée chez lui un défaussement devant la réalité communautariste qui a pourtant fait de sa ville (Trappes), un territoire de non-droit : le plus grand exportateur de Djihadistes parmi les villes françaises. Plutôt que d’aborder de front la suprématie de la Laïcité sur les droits à la différence quelle qu’elle soit et même minoritaire, qui a la liberté de s’exprimer dans la sphère privée, il victimise le phénomène en pointant l’autre réalité de la faillite des politiques publiques qui ont collectionné les échecs dans ces villes ghettoïsées de « banlieue ». Or il y a du communautarisme infiltré partout, même dans le XVIème arrondissement de Paris par Wahhabites interposés et chez de populations très éduquées. C’est ainsi chez les sectes. Il ignore donc sciemment que, succédant aux réfugiés des combattants contre le FIS, se sont ensuite infiltrés les réfugiés en « fous de Dieu » qui ont infiltré nos quartiers en instaurant une charia par la terreur, pas seulement sur les communautés musulmanes, qui font leur lit sur la faillite éducative et la crise, avant tout morale, très exactement selon les mêmes ressorts que les fascismes de droite. Benoit Hamon est sur la ligne du Choc ces Civilisations en reculant sur nos valeurs républicaines que défend tout à coup Manuel Valls, qui n’a pour autant pas empêché la création d’écoles fondamentalistes contractualisées, par ports du voile interposés. C’est pourtant de lui sur la forme, dont nous sommes les plus proches puisque nous nous apprêtons à mettre fin aux communautarismes, à quoi nous rajoutons que nous mettons fin au Concordat d’Alsace-Moselle. L’a-t-il d’ailleurs mentionné ?
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4. La nature réelle de la VIème République : tout à coup, nos candidats professionnels de la politique de cette Primaire improbable, imposent le cercle vertueux pour les élus. Belle incantation qui, au regard de la nature même des élus qui avec eux portent une déformation de leur rôle, comptent se prolonger sous une nouvelle constitution de façade pour calmer le rejet du peuple envers les politiques.
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La VIème république de la France insoumise, elle, ne simule pas un changement de façade… Aucun élu éprouvé ne pourra se présenter et une vigilance sera menée contre nos propres apparatchiks en soutien, qui ne veulent pas se soumettre au tirage au sort citoyen comme dans ces Législatives. Ceci étant, les citoyens ici s’impliquent, participent, prennent leurs responsabilités pour représenter dignement leurs électeurs en se plaçant à leur service. Benoit Hamon veut-il cela ??? Certainement pas… C’est un des plus aboutis en matière d’apparatchik. Il ne connait rien de la vie civile. Il traîne par ailleurs derrière lui une rumeur insistante en série de casseroles sur ses manipulations politiciennes.
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Alors reste la combat contre l’austérité sur lequel nous serions convergents avec Benoit Hamon. Là encore, je le vois en Tsipras. Car il ne pourra se résoudre que par une redéfinition internationale émancipatrice de la tutelle atlantiste qui commence par l’affranchissement de cette Union Européenne là. Il faut face à cela et dans un contexte en voisinage hostile, avoir une grande résistance, quitte à subir les contrecoups de la disette, et surtout une tactique en technique de frappe fulgurante. En face, ils ont déjà joué les ripostes à tous les scénarii possibles. Nous n’avons pas 48 heures d’embellie devant nous et encore moins la trêve des 100 jours. Les éternelles négociations institutionnelles auxquelles s’apprête Benoit Hamon, n’envisagent absolument pas cette riposte internationale fulgurante. L’abdication est dont son avenir. Mais surtout la nôtre.
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A ce sujet, nous avons dans la France insoumise, nos propres schismes, et ne donnerons carte blanche à personne. Cette campagne législative nous permet de recenser les dérives et les errances actuelles et d’analyser en face les résistances citoyennes au sein des groupes d’appui qui posent question sur le rôle réel du Comité national de jlm2017. Mais passons. Les enjeux pour nous ne sont pas là, mais bien dans la façon de préparer la nouvelle constituante. Nous sommes maintenant prévenus.

Sauter le pas car le doute fait avancer – Par Claire BOUTHILLON le 20/01/2017

Par ma camarade et “soeur d’armes” Claire Bouthillon
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Il faut considérer le cadre très contraignant qui pèse sur les conditions de la campagne des Insoumis. A quel point la souveraineté citoyenne est contestée par les élites et l’establishment jusque dans les chapelles de l’extrême gauche, laquelle fait son beurre pourtant de la condition ouvrière et des plus vulnérables… Nous quittons les logiques d’appareil, dont nous subissons pourtant en ce moment les dernières tentatives de contrôle, y compris parmi les soutiens partidaires du candidat Mélenchon. Nous voyons des Législatives en politique des places qui tentent encore de nous soumettre à des professionnels de la politique. Et pourtant nous sommes en résistance pour nous organiser en une immense assemblée citoyenne au service de notre projet commun.
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Jean-Luc Mélenchon s’engage à faire la transition jusqu’à ce que la constituante soit établie et prête à diriger en pleine stabilité malgré un contexte international très dirigiste. Rien, absolument rien n’est figé dans le programme, fut-il coulé dans le bronze ! Nous sommes soumis à des changements constants dans une vision positive de ce qui jusqu’ici se préparait dans une révolution silencieuse, mais se destine à construire notre avenir désormais en 1ère ligne et à faire en sorte que la nouvelle constitution soit au service du Peuple. Nous sommes en lâcher prise dans les méthodes et nous tâtonnons. Tout est à inventer.
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LA PAIX AVANT TOUT
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Enfin le plus important et qui motive par-dessus tout nos votes, est que nous sommes les seul-e-s à refuser les ingérences et à tout faire pour la Paix. Nous sommes les seul-e-s…
Partout dans cette Primaire PS en réalité, on défend l’escalade de la guerre en diabolisant autrui, en contestant son indépendance, parce qu’un nouvel ordre mondial est en train de naître qui refuse de nourrir les appétits des puissants qui ont besoin des guerres pour s’enrichir et se maintenir. Il faut donc arrêter d’affirmer des certitudes quand tout est incertain et que nous sommes avant tout une convergence citoyenne qui se place en face d’un système, pour tout simplement se développer sur des valeurs d’intérêt général, de laïcité et de sauvegarde de notre planète. Nous comptons avant tout mettre en pratique les valeurs héritées des Lumières, dans les faits, et non pour légitimer l’envie d’aller s’ingérer dans d’autres pays, alors que la liste des génocides nous revient en majorité absolue. Nous restons ce faisant des pragmatiques en tenant compte des réalités pour bâtir nos rêves.
Donc nous devons voter pour cette aspiration citoyenne à gouverner. Rien n’est jamais parfait, mais nous sommes pour la première fois en capacité de transformer et de créer un nouvel ordre mondial. Si ce n’est pour nous, pour nos jeunes d’avenir.

Mea culpa, Jean-Luc ! Par Claire BOUTHILLON le 05/03/2016

Avant-propos par l’auteur de ce blog (Vincent Christophe Le Roux)

Je reproduis ci-dessous un texte intitulé « Mea culpa, Jean-Luc ! » que ma camarade Claire BOUTHILLON a rédigé et publié sur Facebook le 05/03/2016.

Claire a, comme moi, milité des années au Parti de Gauche et, comme moi, a décidé de le quitter ; elle lui a dit « au-revoir » il y a quelques mois; pour ma part, le départ fut en mai 2015. Il se trouve que sans nous connaître alors, nous avions tous deux été sensibles au mouvement et aux idées exprimées en son temps par Ségolène ROYAL quand elle menait la campagne en vue de se faire élire Présidente de la République en 2007. Claire avait, comme moi, rejoint « Désirs d’avenir ». Claire venait du PS, je venais d’ailleurs. Nous croyions naïvement que Ségolène incarnait vraiment une alternative, et pas seulement à cause ou grâce à sa féminité. Claire et moi, et des milliers, voire des dizaines de milliers d’autres, avons été déçus, c’est un euphémisme. Pour ma part, je dirais même que je me suis senti floué car la chose était bien plus grave qu’une simple déception. Mais ce n’est pas le propos ici que de développer cela.

Nous avons donc choisi de militer au PG et nous l’avons fait des années durant, avant de rompre les rangs, et nous nous en sommes expliqués alors.

Puis nous avons, avec enthousiasme, décidé de soutenir Jean-Luc Mélenchon dans la mère de toutes les batailles électorales, la campagne pour l’élection présidentielle. Nous l’avons fait avec une détermination à nous engager aussi intensément que nous le pouvons mais aussi avec une vigilance et beaucoup d’exigence. Je veux dire par là que nous sommes très attentifs à ce qu’on ne nous la refasse pas ! Et nous sommes excessivement exigeants sur ce que nous attendons de notre candidat, en termes aussi bien de contenu programmatique, que de discours public, de comportement et de choix stratégiques. Claire comme moi, et comme beaucoup, beaucoup d’autres militant-e-s et citoyen-ne-s, exerçons une pression forte sur Jean-Luc Mélenchon pour qu’il corresponde à celui que nous voulons. Certes, il restera libre de ses choix et n’obéira à personne. C’est bien ainsi ! S’il nous déçoit, s’il ne correspond plus à nos exigences, nous en tirerons les conséquences car nous sommes des insoumis. Celles et ceux qui nous voient comme des groupies ne sont que des andouilles. Fortes têtes, avec un caractère bien trempé, sachant ce que nous voulons – et aussi ce que nous ne voulons pas, ce que nous ne voulons plus – nous continuerons à exercer ce « lobbying » politique pour tenter, non pas de contraindre Jean-Luc à faire ce que NOUS jugeons nécessaire, mais à le convaincre. Lui aussi est un insoumis et il fera ce qu’il jugera utile de faire.

Ce qui est très réjouissant ces dernières semaines, depuis qu’il a rendu publique sa candidature à l’élection présidentielle de 2017, et ces derniers jours notamment, au fur et à mesure qu’il distille son message et exprime les changements qui sont en train d’infuser en lui, c’est que, ainsi que je l’ai déjà dit ici, ou que ma camarade Claire l’exprime dans le billet ci-dessous, Jean-Luc est vraiment en train de s’autonomiser de tout  ce qui le limitait, de tout ce qui le restreignait à une petite case de géographie politique, de tout ce qui l’empêchait de parler au peuple tout entier et d’être entendu par lui ! Claire, dans les lignes ci-dessous, décrit, avec emphase et poésie, ce phénomène auquel nous assistons. Oui, Jean-Luc Mélenchon est en train de devenir un autre car on voit de mieux en mieux que tout en conservant ce qui faisait sa force, son talent et son intérêt jusqu’ici, il remplace certains vieux oripeaux par d’autres, autrement plus beaux à nos yeux. Et il semble même ne plus s’appartenir, comme s’il était habité par cet intérêt général humain qu’il tente de conjuguer.

Alors il y en a toujours, parmi les éternels ronchons, parmi  les éternels sceptiques, parmi les éternels moqueurs, parmi les éternels insatisfaits, parmi les éternels « peine-à-jouïr » qui diront que tout cela n’est qu’une image qu’il se donne, qu’il n’y a rien de sérieux, rien d’authentique, rien d’honnête dans cette conversion.Peut-être auront-ils raison en fin de course. Car ni Claire, ni moi, ni aucun de celles et ceux, anonymes ou illustres, qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon, ne peuvent lire dans sa tête et dans son coeur. Et comme il est vrai qu’il est doté d’un immense talent oratoire, il n’est pas impossible que nous soyons, une nouvelle fois, en train de nous faire mystifier. Oui, je conçois que ça puisse être une issue possible. Mais il est souvent facile de jouer les Cassandre car on reste ainsi sur son aventin, on ne s’engage pas, on critique sans agir et s’il s’avère qu’on avait raison, on pourra toujours dire : « vous voyez, je vous l’avais dit ! ». Mais cette position du Cassandre fait-elle avancer la cause commune que nous défendons par-delà la personne de tel ou tel candidat ? Je ne le crois pas. Et c’est pourquoi, je préfère m’engager auprès de Jean-Luc Mélenchon, en conservant, chaque jour, ma liberté absolue de faire un autre choix si ce candidat devait dévier du mauvais côté de la barricade, plutôt que de grogner sur mon aventin.

Maintenant, si l’on considère le cas de celles et ceux qui furent si souvent déçu-e-s, trompé-e-s, ou floué-e-s dans le passé, on peut comprendre qu’il y ait de la méfiance et du scepticisme et qu’il faille bien plus de temps pour que la confiance et l’enthousiasme reviennent. On peut comprendre qu’il faudra bien plus que quelques mots, aussi pertinents soient-ils, ou quelques inflexions stratégiques, aussi opportunes soient-elles, pour que ces derniers s’engagent de nouveau. Je ne les blâmerai pas. Je leur demanderai seulement, comme le dit une maxime populaire : « Ceux qui ne croient pas à l’impossible sont priés de ne pas décourager ceux qui sont en train de le faire. »


Mea culpa, Jean-Luc ! Par Claire BOUTHILLON

J’ai honte et je vais dire pourquoi. Un reste judéo-chrétien sans doute, inscrit dans mon éducation.

Je viens de boucler le visionnage de la conférence de Jean-Luc Mélenchon à l’école de commerce Audencia de Nantes qui s’est déroulée devant la valeur de deux salles d’étudiants en business… Qui sont aussi nos jeunes d’avenir.

Mettons de côté le profond respect que j’ai pour l’ intelligence de l’homme, pour la force puissante de sa pensée si transparente, si visionnaire. Qui se lit sur plusieurs niveaux à la fois. D’autant qu’il n’habille pas sa diatribe d’artifices. On pourrait dire qu’il a surtout une énorme capacité d’assimilation et de mémoire de synthèse, d’abord à l’écoute des multiples experts qu’il consulte. Il a certainement un don mémo technique effarant. Reste le fait qu’il se met spontanément à la portée de tout un chacun. En tant que com, c’est pour moi la première des qualités après l’écoute. Une négociation avec autrui, c’est d’abord cela avant tout : l’écoute. Puis s’adapter à la compréhension de l’autre et l’emmener dans sa vision du projet. Je partage ce pouvoir de concentration et de conviction avec l’intéressé, pas sa mémoire ni sa fulgurance.

Je mesure avoir beaucoup douté de sa sincérité et le regrette profondément. La raison en est d’abord, comme il le dit lui-même en quelque sorte, qu’il est le produit d’un monde politique révolu qui a profité d’une Constitution aujourd’hui corrompue et très corruptible à ses semblables. Le fait ensuite d’avoir souffert de ce monde politique cruel, jusqu’à voir la déchéance d’une femme qui s’est couchée devant le pouvoir actuel, que j’aie suivie et admirée quelques années dans son projet de l’écologie sociale… Mais ce n’est pas une circonstance atténuante à mon injustice envers celui pour qui je m’engage aujourd’hui. D’autant que j’ai toujours dit dans la découverte de l’autre, l’empathie venue, que je ne lui ferais jamais payer mes trahisons précédentes. J’en ai une galerie nécrologique énorme jusque dans ma famille, jusque dans mes ascendants, sans espoir de pardon car la chose est entendue. Et j’ai toujours su me protéger des coups du sort. Pourtant, je pose toujours l’à priori de confiance à mes nouvelles rencontres, sous réserve de contrôle, en bonne journaliste par ailleurs formée à recouper les informations. Je me rends compte que les réflexes traumatiques vécus dans une vie politique antérieure, ou dans mes rencontres humaines tout simplement, ont mis sur lui, sur cet homme pas mal accablé, mais Ségolène Royal l’a été aussi par ses pairs, une peur irraisonnée de me tromper à nouveau. Je l’ai crue arrivée, cette terrible erreur, au moment de ses choix de soutiens aux Régionales. A tel point que j’ai continué à douter de la sincérité de son revirement ensuite dans le lâcher prise. J’ai dû établir à son avantage qu’il vivait un deuil profond de mille choses pas seulement intimement humaines, également de ses amitiés politiques déçues et irrécupérables et je pense maintenant qu’il se rend à l’évidence qu’elles le sont, irrécupérables – pour moi, elles sont impardonnables – dont il a émergé à l’image d’un papillon qui déchire la dernière peau de sa chrysalide à coups de larmes de douleur et de dents contre sa propre chair. Ce moment où ivre à trop d’extrêmes éprouvés, on est en même temps lavé par ses larmes et son propre sang pour libérer le mauvais fluide. On se retrouve tout à coup purifié. Hébété par cette seconde renaissance. On vit plusieurs morts dans sa vie qui deviennent des époques, sans pour autant forcément s’améliorer. Lui si, c’est même une résurrection.

Ce miracle de mise en cause de soi unique, comme on le dit de certaines conversions, est arrivé à cet homme. A se demander s’il n’a pas eu une révélation finalement de l’au-delà, bien après l’adieu terrestre. J’ai observé la métamorphose. Mais j’ai gardé mes réflexes traumatiques cependant jusqu’à aujourd’hui.

Et pourtant. Là, ce soir, dans le silence de la nuit, avec toute l’objectivité à laquelle je me contrains à part de mes émotions énormes d’entendre ce que j’ai toujours rêvé, répété devant des oreilles neufs, à peine celles-ci révélées à la vie et à l’ordre du monde ici très bousculée dans ses idées reçues ; je constate à l’issue de cette conférence et de deux réponses terriblement sincères au débat, où affleurait encore cette accusation de bonapartisme : que cet homme a réussi à se déconditionner de tout cela, à l’âge qu’il a où on commence à se détacher des contingences matérielles du monde, à réaliser l’extrême relativité de ce qui faisait son univers alors qu’on est face à l’ultime vérité de soi,et que l’on s’engage dans une croisade en connaissance de cause, dans ce qui est un vrai don à la multitude des autres à qui l’on se propose. Et c’est vrai que finalement l’âge ne fait rien à l’affaire, à ne retenir en soi-même que l’épure nécessaire pour lancer la course vers la victoire au détriment de son propre confort, de sa vie privée, et ensuite passer le témoin, de préférence à des personnes qui n’ont jamais été élues… Intention que je lui ai découverte ce soir dans la dernière inconnue de mes questions.

Il y a du Gandhi en cet homme. Plus que du Che Guevarra. Pour cela, il va être incommensurablement haï, car il ramène ses pairs à leur propre petitesse.

Il a levé le dernier doute que j’avais des conditions que je voyais pour réussir cette souveraineté. En même temps, par rapport à la dureté des forces qui nous entourent, vu comment il s’est construit, lui qui se fiche d’avoir à flatter son égo dans Le pouvoir de plus à sa main qu’il se propose de relever, je me dis maintenant : qui d’autre peut ensuite consolider la stabilité de cette souveraineté à l’œuvre, face à ces forces qu’il connait si bien et qui légitiment sa mise en candidature ? Dans les balbutiements d’une gouvernance qui a pris Syriza de court, avec des dirigeants ignorants des ficelles du pouvoir aussi naïfs que des bébés face au cynisme le plus absolu, écrasés sans pitié par un rouleau compresseur financier des plus définitifs : doit-il partir tout de suite dès la nouvelle Constituante assurée ? Puis-je négocier qu’il reste le temps d’un rodage à préparer sa suite avant sa transmission de témoin ?

Car tout à coup j’ai presque là, à l’avoir entendu enseigner l’irrémédiable lâcher prise à tous les superflus que notre planète ne peut plus supporter de donner, j’ai presque oui, eu peur pour sa vie… Alors les débutants du pouvoir de la Nouvelle Constituante, je ne leur donne pas les six mois de Tsipras avant de s’effondrer. Mais je ne sais sans doute pas tout de ce qui se prévoit !

Respect en tout cas Monsieur Mélenchon, car j’ai maintenant honte d’avoir douté,

Franche accolade à mon camarade de lutte Jean-Luc,

Grosse tendresse à l’homme pluriel sur le visage duquel, dans le regard indulgent qu’il porte à toute cette jeunesse, dans la tristesse fugace qu’il laisse encore passer de l’héritier perdu, je vois tout l’amour qu’il porte à son prochain.

Comment pourrais-je douter qu’il se met face à ma conscience, à nu ?

Car en définitive, c’est le moteur qui nous engage en politique que lui a toujours gardé en gardant le fil… de sa liberté de conscience. Et j’ai vu ce soir, devant la vidéo, qu’elle est bien là : intacte.

Vous n’êtes pas de gauche ? Dîtes-vous tout simplement humains et pour une société globale éthique et équitable – Par Claire BOUTHILLON le 25/02/2016

Vous dites : « scandaleux, je ne suis pas de gauche, mais je suis contre le massacre des acquis sociaux ».

Vous dites : « Je ne suis pas de gauche du tout. Mais certaines choses sont importantes. »

POUR UN PACTE SOCIAL :

De gauche, surtout celle-là, ne veut plus rien dire, mais nous croyons au progrès. Nous avons avant tout un gros problème démocratique d’une emprise États-unienne (atlantiste) parasite sur nos vies, notre budget, nos normes de sécurité ; qui s’acharne dans la déconstruction de ce que le Conseil national de la Résistance avait édifié après-guerre dans un principe mutualiste.

Le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) impose à l’Union Européenne comme aux autres blocs géopolitiques du monde, de mettre fin aux protections diverses liées à l’hygiène, l’écologie, l’indépendance des entreprises, conteste notre autodétermination à décider de notre existence dans le quotidien, à nous nourrir et à cultiver nos sols comme nous le voulons qui hypothèque nos terres remembrées et de plus en plus impossible à entretenir en les polluant, gérées de plus en plus par des autorités financières étrangères. L’OTAN s’installe sur notre sol avec ses bases militaires. Nous sommes pris en otage.

Les USA, par leur puissance militaire devenue le secteur d’économie le plus vital pour eux, par la puissance d’un dollar dématérialisé dans les transactions, mettent en danger l’équilibre du monde en s’érigeant en monnaie virtuelle commune de référence, désorganisent les démocraties des pays du Sud en créant artificiellement des instabilités sociales, des régimes autocrates (Amérique latine, Moyen-Orient) à leur solde. Ils terrorisent les zones de l’hémisphère Sud en imposant leurs produits, en s’appropriant les ressources, qui provoquent les grandes migrations de la misère et des guerres que nous connaissons actuellement et qui mettront en danger notre propre équilibre. Ils soutiennent les régimes néo fascistes théocratiques et sectaires qui ont été à l’origine de l’État Islamique comme l’Arabie Saoudite et le Qatar. Défont la laïcité pour créer des divisions dangereuses en encourageant un prosélytisme communautariste dans l’espace public, pour nous « occuper » et empêcher de nous unir contre leur dictat économique. Ils entretiennent la déstabilisation des pays du Sud avec des trafics en tous genres dont et surtout les armes par-dessus le transfert abusif des ressources énergétiques et minières qui empêche leur développement. Ils se nourrissent et s’enrichissent sur l’horreur des génocides et des guerres civiles en finançant l’État Islamique. Notre diplomatie française et européenne sont complices et salissent ici en France notre réputation de « patrie des droits de l’Homme ».

Ils nous imposent une diplomatie aux ordres qui porte en elle une inconséquence belliqueuse et humiliante, dans des risques de guerres terribles contre l’URSS par le biais de l’Ukraine et du Moyen-Orient. Heureusement, la Fédération russe résiste en demandant un renforcement altermondialiste d’une réforme des Nations-Unies que nous soutenons et qui doit donner à son Conseil de Sécurité, toute latitude pour permettre à l’hémisphère Sud de prendre part aux décisions internationales.

COMMENT NOUS INVESTIR ?

Il s’agit d’une part dans notre « insoumission » de recouvrer notre propre indépendance étatique aux uns et aux autres, en finir avec la dette publique odieuse créée par les banques d’affaires internationales, en pesant de tout le poids de notre seconde puissance sur l’Union Européenne actuelle, qui ne sert qu’à les maintenir en vie. Nous priorisons notre souveraineté à notre appartenance européenne. Nos gouvernances sont par trop soumises, sans plus de liberté de manœuvres. Rendons les commandes aux populations associées aux grandes décisions en nous tournant vers des compétences de terrain par métiers, secteurs de production ré industrialisés, recherche, conditions sociales etc.., et rendons à l’État sa force d’intervention quand, avec une démographie aussi dynamique, nous avons ici des besoins structurels et d’équipements importants pour nos jeunes d’avenir.

Nous sommes des « insoumis » lucides, concrets, qui portons des solutions auxquelles nous contribuons librement individuellement ou en tant que collectifs divers, qui associons les entreprises qui nous emploient et qui souffrent d’une assistance financière et fiscale éhontée en faveur de très grandes entreprises transnationales, la plupart des jeunes étant formé(e)s par des PME PMI qu’elles engagent ensuite à leur dépend pour leur propre profit ; entreprises petites et moyennes tenues à la gorge par les charges, la rigidité des banques devant leurs besoins de trésorerie, mais aussi par les exigences terribles de ces clients qui pour être de grandes puissances financières honteusement défiscalisées sans contrepartie d’engagements, les prennent en otage au travers de leurs carnets de commandes : car ces entreprises petites et moyennes sont leurs principaux sous-traitants. A elles tous les risques liés aux Ressources Humaines, aux engagements sociaux, à la qualité-produit. Les entreprises transnationales qui sont leurs mandants, engrangent les profits liés à la qualité de production des plus petites qui abondent leurs bénéfices, lesquels, au lieu d’être réinvestis dans les outils de travail, la recherche, la formation des salariés pour plus de qualification etc… dans une redistribution harmonieuse en faveur de la société, sont donnés très majoritairement aux actionnaires, notamment à des fonds de pension internationaux, le plus souvent Nord-américains, qui régissent entre autres les retraites des électeurs d’Angela Merkel qui a une population très vieillissante. Ces actionnaires provoquent des délocalisations d’entreprises bénéficiaires et s’approprient nos brevets, qui sont notre patrimoine commun à côté de notre patrimoine historique vendu aussi à la découpe… pour rembourser cette dette publique artificielle.

Il y a en outre un problème parasite de tentatives d’appropriation des populations de l’Est et du Sud de l’Europe pour pourvoir aux besoins de production en Allemagne qui se retrouvent en servage à bas coût, employables dans des modalités de « souplesse extrême » à l’avantage de ces entreprises esclavagistes, qui créent une précarité générale, une paupérisation, une régression de l’espérance de vie pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. La France est entrée dans ce schéma lugubre qui touchera tout le monde.

D’autres qualifiés s’exilent aux États-Unis pour subir les mêmes critères de servage dont nous voyons en Grande Bretagne une déstructuration totale des conditions de travail. Macron nous y amène, ainsi que la mise à plat du Code du Travail. Ce sont des jeunes hautement qualifiés que notre Éducation a formés.

ON NE PEUT PLUS CONTINUER COMME AVANT

Si vous voulez vous en sortir et ménager l’avenir de vos enfants, même si actuellement vous vous sentez privilégiés et sécurisés, faites abstraction de la question corruptible des politiques actuelles. Nous avons décidé de nous affranchir de leurs appareils qui se sont rendus complices directement ou indirectement des logiques de pouvoirs d’une politique des places. Nous ne sommes pas pour le nivellement par le bas, mais pour nous tirer ensemble vers le haut dans des limites décentes de répartition de la richesse.

Un très proche de ma famille, qui ne s’est jamais considéré de gauche, ni de droite, vient de sauter le pas en lisant les différents projets sur jlm17.fr. Il n’a aucun idéal à défendre. Il n’aime pas particulièrement Jean-Luc Mélenchon mais il pense qu’il résistera aux pressions nécessaires. Ce proche est un pragmatique. C’est un électeur et un citoyen responsable, profondément républicain.

Il a considéré que le projet géopolitique, Défense, économique, social, auquel les « insoumis » adhèrent derrière Jean-Luc Mélenchon, surtout dans la transition écologique, grande pourvoyeuse d’emplois : était réalisable. Et par-dessus tout, il a considéré que pour recouvrer une France éthique et équitable, qui fait monter tout le monde ensemble dans un développement raisonné, qui puisse retrouver sa force diplomatique reconnue et universelle ; il convient comme nous le pensons, de restituer de manière souveraine, un cercle vertueux du fonctionnement de l’État qui repose sur un contrôle référendaire allant jusqu’à la révocation des élu(e)s, mettant fin au cumul des mandats, qui associe toutes les forces vives en démocratie participative, avec un contrat social et économique donnant-donnant avec les forces de production et financières, actuellement les 1% qui exploitent les 99%. C’est là que s’est déplacée la Lutte des Classes. Nous devons compter et peser dans l’interdépendance des peuples du monde. Nous devons empêcher les finances toxiques incontrôlables qui menacent de faire éclater encore la bulle financière mondiale. Alors que nous n’avons pas résorbé celle de 2008, liée aux subprimes, que nous remboursons à la place des banques responsables.
D’abord et avant tout, ce proche qui pense comme vous qu’il n’est pas de gauche, ni de droite, qui est un homme debout, s’engage parce que la planète est à la limite de ce qu’elle peut supporter de nos saccages. Nous sommes au bord de l’effondrement. Vous pouvez avec nous stopper cela. Et contribuer avec vos idées, même si vous n’êtes pas d’accord sur www.jlm2017.fr.

VOTEZ VOTRE PROPRE GOUVERNANCE !

Il n’y a plus ni droite ni gauche : il y a des exploiteurs et des profiteurs en Républiques bananières généralisées dans le monde et qui se tiennent ensemble, avec lesquelles il faut en finir ! A bas les oligarques, élaborons ensemble une nouvelle constitution et remplissons nos institutions de nos métiers, de notre savoir-faire et de notre force citoyenne de propositions, en créant une véritable alternance. Nous ne voulons plus être dépendants de l’Économie. L’Économie est à notre service car l’Homme est au centre de nos préoccupations. Donnons sens à notre vie, dans le bonheur d’être solidaires.

La première expertise est celle de la vie. C’est notre pertinence pour décider de la façon de nous en sortir.

La tambouille des intellectuels, une vraie sinécure ! Par Claire BOUTHILLON, le 23/02/2016

Paul Jorion avait publié sur son blog, le 11 février dernier, un billet intitulé « Jean-Luc Mélenchon saborde officiellement l’initiative de primaire pour la gauche » pour dire pourquoi il ne croyait pas en l’avenir d’une candidature de Jean-Luc Mélenchon et pourquoi il préférait soutenir un Thomas Piketty.

Hier, lundi 22 février, Paul Jorion a publié cette fois, sur son blog, un billet « invité » écrit par François Fièvre. Cet auteur, lui, n’est pas d’accord avec ce choix de Jorion. Il défend, au contraire, la pertinence de la candidature de Mélenchon. Ce dernier billet a été inspiré notamment par le passage de Jean-Luc Mélenchon dans l’émission « On n’est pas couchés » de Laurent Ruquier, ce samedi 20 février 2016. Il est intitulé « Mélenchon, Piketty et l’Europe« . La lecture de ce billet et de celui antérieur de Jorion a fait réagir ma camarade Claire Bouthillon…

Et oui, passer ainsi à côté d’une tactique foudroyante pour rassembler à sa façon, c’est ce qui a fait dire à certain que Jean-Luc Mélenchon est « un Pôv’ con » !

On en est encore aux arrangements de l’entre soi…

Je constate une fois de plus que le chemin est difficile pour atteindre la lucidité de l’évidence souveraine en prémices des temps nouveaux.

N’est pas stratège qui veut mais cela se permet de juger et de préjuger façon « Corée du Nord » pour conjurer le vide, dans le sarcasme facile et la caricature…, ou l’insulte. J’espère seulement que cela soulage leurs auteurs, sinon laissons-les à leur macération.

Venons-en à l’usine à gaz :

« Enfin, la perspective d’une candidature de Piketty à côté des candidatures de Mélenchon et de Hollande est celle d’une défaite assurée, par simple éparpillement des voix au premier tour qui empêchera la gauche d’être au second tour. Sans compter bien sûr le fait qu’il y aura très certainement une candidature du PCF, voire d’EELV et du NPA, pour contribuer à diviser l’électorat. En clair : maintenant que Mélenchon a proposé sa candidature, il n’existe qu’une seule solution d’éventuellement arriver à passer au second tour devant les socio-démocrates (au mieux Hollande – argh ! –, au pire Valls ou Macron) : lui apporter son soutien, sans quoi les voix s’éparpilleront nécessairement, et on risque bien d’avoir droit à un second tour Les Républicains / Front national. »

Et revoilà la menace Lepen que Pierre Laurent en bon factotum, continue à porter en bandoulière. Outre le fait que je ne vois pas de candidature Piketty parce qu’il n’est pas assez fou pour s’engager en outsider inconnu du grand public, qu’il n’y aura que des votes symboliques à la marge pour EELV, le NPA et le PCF pour ne pas dire insignifiants quand leurs bases militantes nous rejoignent déjà. Ces appareils ne veulent pas aller au pouvoir. Ils se contentent des miettes de la table et ne considèrent pas la prise de risque. Le grand public sait qu’ils ne veulent pas aller au pouvoir mais en récolter les miettes qui tombent de sa table, même pour ceux et celles qui participent à la Primaire de Gôche du bout des lèvres. Mélenchon n’aura en face de lui de toutes façons que Hollande.

Il est effectivement plus probable que Piketty se rapproche de Mélenchon quoique… Piketty fait un peu comme Hulot, qui pourrait aussi se présenter et qui est bien plus charismatique que lui, mais tous deux picorent là où le vent les portent à se faire voir, un peu comme Varoufakis en ce moment dans un bougisme dérisoire, de ce qui est la gauche molle, plutôt d’ailleurs du côté réformiste, histoire de bien s’éparpiller dans l’espoir d’une vaine reconnaissance publique. Il est plus pertinent d’édifier une dynamique citoyenne qui trace sa propre voie sur l’objectif, claire, identifiable, sans attaches. Là est essentiellement sa force, nourrie de son bon sens populaire en connexion avec un peuple qui sait très exactement ce qu’il veut. Qui en a d’ailleurs certainement plus que marre des hypothèse vaseuses et masturbatoires qui les « envoient au mur ». Il veut du concret.

« Donc oui, Paul Jorion, au risque de vous déplaire, je ne crois pas que Mélenchon soit incapable de gagner. Ou plutôt, je ne pense pas, comme vous en effet, qu’il puisse gagner, à moins que bien des gens, dont Piketty, ne le rejoignent. « 

Pfffft ! Il y a déjà une cohorte d’économistes qui l’ont rejoint qui font un beau bouquet, plus un « maison » avec Jacques généreux qui je l’espère se radicalisera à un moment donné en admettant le Plan B, car je le trouve assez timoré. Il passe à côté des multiples association, collectifs et mouvements qui labourent le terrain et apportent leurs solutions concrètes. Autrement plus efficaces. L’ingénierie me parait plus probable à l’épreuve des faits.

Par ailleurs, on en est maintenant à environ 60.000 adhésions à une proposition de candidature, adhésions qui composent, somme toute, un ratio incroyable à quelques jours du lancement de la campagne virtuelle d’une projection de masse, socle grandissant sur lequel se démultiplieront nos forces jusqu’au moindre village, au moindre quartier, au travers de multiples comités décentralisés en Province en train de se monter. Je ne comprends pas que l’on ne considère que les « experts » et les partis, pour transformer le tir jusqu’aux 500 signatures ? L’effet de levier des syndicalistes qui ont déjà rejoint la marche populaire des insoumis, me parait par ailleurs 100 fois plus mobilisateur qu’une poignée de spécialistes de l’entre soi.

Là encore, n’a pas l’esprit bolivarien qui veut !

Qui en appelle à ces élites de l’intelligence que révolution faite, pour servir ensuite les besoins d’éducation populaire et idéologique et si possible des prospectives inédites ? Car il n’est plus question de reproduire les échecs institutionnelles antérieures, entretenues par les anciennes oligarchies.

Beaucoup de mal à admettre a, ce François Fièvre, parmi ces intellectuels patentés ou autoproclamés, que les élites ne font pas la France, qu’elles se trompent par trop souvent, dépendant d’un système que nous voulons faire sauter. Pas un seul pour rattraper l’autre, même dans la gauche radicale quand on sait qu’elle n’ira jamais au pouvoir, comme le NPA. Dans la liste du « Bal des Faux-culs », il oublie en outre Nouvelle Donne et Ensemble. Il ne voit surtout pas que tout repose sur l’influence et la force de proposition par la bouche de Jean-Luc Mélenchon, qui lui, est parfaitement identifié. Car je viens de remarquer qu’il a acquis une parfaite maitrise comportementale qui ne correspond pas aux adjectifs qui servent à le faire passer pour un excité. Il est devenu imperméable aux provocations (ONPC). Il a « fait son cuir » dans le temps et les douleurs répétées, c’est évident, et il gagnera tout simplement parce que son propre camp n’ayant pas réussi à le tuer, il en est ressorti plus fort ; qu’en portant le deuil de « lui » et des alliances au plus profond de lui, je vois qu’il y a puisé, comme lavé par ses souffrances, une faculté de transcendance réelle, plus émaciée voire dépouillée de ses envies terrestres, plus essentielle, plus idéalement projetée, qui emmène nos consciences dans une vision positiviste, avec tout l’héritage commun qu’il a reçu et qu’il s’apprête à transmettre. Il est devenu… Zen.

C’est dans l’épure que l’on touche à la vérité… Il y est.