À Jean-Luc Mélenchon – Le 23/09 à 21h05 – À propos des menaces de guerre en Corée du Nord

Quand Vladimir Poutine et Xi Jinping vont faire prendre l’air, eux aussi, à leurs bombardiers et à leurs chasseurs de défense aérienne, pour rappeler gentiment à l’Empire que celui-ci ne fera pas régner sa loi dans leur jardin – car ils ne peuvent rester sans réagir face à de telles provocations – on va rigoler… Peut-être pour la dernière fois…

Je parle des démonstrations de force militaire impériales au ras des moustaches de la Corée du Nord, et donc de la Chine et de la Russie…

Il ne faut pas que notre objectif interne de faire tomber Macron occulte la vie internationale qui ne cesse de s’assombrir. Nous, Insoumis-e-s, devons intervenir aussi sur ce sujet : la paix mondiale, si menacée une nouvelle fois par les fous qui dirigent les États-Unis et dont Trump n’est que le dernier prête-nom…

Jean-Luc Melenchon, toi qui a si souvent appelé à la paix dans des prises de parole et des discours extrêmement bien charpentés, il faudrait que tu le refasses encore ces temps-ci. Les périls grandissent. Si la Syrie semble une affaire classée désormais, un autre foyer s’est ouvert. Et l’Empire qui s’est fait démonter en Syrie a sans doute encore plus la volonté d’entamer une nouvelle guerre ailleurs. Mais en narguant aussi effrontément les deux autres grandes puissances stratégiques mondiales, il pourrait cette fois mettre le feu aux poudres.
Trump n’est pas le Kennedy qui a résisté à son état-major en octobre 1962 lors de la crise des missiles de Cuba. Alors, certes, Poutine ne veut pas plus la guerre que Xi Jinping et on peut compter sur eux deux pour agir en coulisse dans le sens de l’apaisement, mais avec les dingues de Washington en train de jouer les pousse-au-crime, on a de quoi frémir. Il est pour le moins imprudent aujourd’hui de rejouer la crise d’octobre 1962…

Il nous faut des paroles fortes. Le ministre russe des Affaires étrangères Dimitri Lavroff en a donné à l’ONU il y a quelques jours. Ce type-là me semble intelligent, rationnel, sincèrement adepte de paix, comme doit l’être un véritable ministre des Affaires étrangères et un diplomate. Mais aux États-Unis, même les secrétaires d’État et les « diplomates » sont, presque de tout temps, des faucons appelant non pas à la paix mais à la fermeté, ce qui cache mal leur volonté d’en découdre par la guerre !

Jean-Luc, parle-nous encore de paix comme tu sais si bien le faire !

Merci.

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IRMA et après ?

IRMA restera-t-elle dans l’Histoire comme un cyclone de “fin du monde” ?

J’oscille entre effroi, empathie, compassion et colère…

Je suis terrifié de ce que nous allons apprendre dans quelques heures…

Bien que nous ayons été prévenus depuis des années sur la certitude que les phénomènes météorologiques dévastateurs allaient non seulement se multiplier mais aussi gagner en intensité au point d’atteindre des valeurs d’ampleur jamais vue dans l’histoire humaine, on est toujours choqué lorsqu’on assiste en direct à ce phénomène, même si l’on est soi-même à plusieurs milliers de kilomètres de l’évènement.

Et j’ajoute que notre ressentiment contre ce que nous appelons souvent l’Empire est basé sur la nocivité des dirigeants de ce pays, aussi bien pour les Américains eux-mêmes que pour le monde entier. Nous savons le mal qu’ils font depuis deux siècles.

Mais c’est le peuple ici qui est victime car, contrairement aux dirigeants, lui n’a pas à sa disposition tout ce qu’il faut pour affronter sans danger le monstre et pour pouvoir ensuite recommencer à vivre une fois celui-ci évaporé.

Les Américains ordinaires qui vont être violemment touchés par IRMA, ceux qui vont mourir ou être gravement blessés, ceux qui vont tout perdre ou perdre beaucoup de leur vie d’avant, dans ces quelques heures de furie climatique d’ampleur biblique, ne sont pas tous des “salauds” au point que l’on se désintéresse d’eux pour la seule raison que depuis trop longtemps leurs dirigeants, eux, sont de vrais salauds !

Non, même si leurs dirigeants sont un peu là à cause d’eux, nous savons bien, nous, combien les dirigeants savent se hisser au pouvoir y compris contre la volonté générale. Cela est vrai aux États-Unis comme ailleurs mais sans doute encore plus aux États-Unis qu’ailleurs ! Les maîtres de l’Empire ne sont pas là où ils sont par la seule volonté authentique et consciente du peuple américain.

Alors, permettez-moi, sans que ce soit une formidable incohérence, de ressentir aujourd’hui cette peur qui m’assaille de découvrir demain l’ampleur des ravages causés par IRMA en Floride et ailleurs aux États-Unis, et de ressentir un sentiment d’empathie et de compassion sincère face au désastre qui s’annonce, sans que je ne renie rien de ma vision géopolitique quant à ce qu’est le régime états-unien et au caractère maléfique de tant des décisions qu’il met en oeuvre.

Oui, les Américains aussi méritent notre empathie et notre compassion. Pas plus que les autres victimes évidemment, mais pas moins.

La différence entre les Caraïbes qui ont été ciblées par IRMA ces derniers jours et la nouvelle cible aux États-Unis, tient à une question démographique. Dans les îles des Caraïbes, ce sont quelques centaines de milliers de personnes qui ont été au coeur du phénomène puisque les îles les plus peuplées (Haïti, Porto-Rico, St-Domingue) étaient aux lisières d’IRMA et non au coeur. Les États-Unis en revanche, et la Floride en particulier, vont la prendre de plein fouet et dans son point le plus violent. Ce sont cette fois des millions de personnes qui deviennent des cibles. Les chiffres sont éloquents : 6 millions de personnes ont été évacuées et 36 millions sont situées dans la zone où il ne faudrait pas être… Vous avez bien lu : 36 millions de personnes !

Il ne peut que se produire des drames jamais vus auparavant, du moins dans ce pays !

Et je n’oublie pas Cuba, et ses 12 millions de Cubains. Eux aussi ont pris IRMA presque de plein fouet. Et je suis affolé de ce qui va en résulter !

J’ignore quelle sera l’étendue des dévastations à Cuba et en Floride, notamment dans ce chapelet d’îles que l’on appelle les « Keys » dont la hauteur n’est pas supérieure à quelques dizaines de centimètres par rapport au niveau de la mer et qui se trouvent exactement au coeur de la ligne du passage du monstre.

Si la côte Est et notamment la mégapole de Miami n’étaient pas dans la zone la plus dangereuse, en revanche toute la côte Ouest et de nombreuses villes dont certaines très peuplées étaient exactement sur la ligne de passage d’Irma.

Les dommages seront sans aucun doute d’ampleur historique, pour ne pas dire biblique. On a déjà vu les ravages dans les Caraïbes. Il est inespéré que le bilan humain soit si faible comparé à l’aspect cataclysmique du phénomène en cause. Pour autant que ce bilan annoncé soit authentique !

Outre que plus de 6 millions de personnes ont été évacuées, ce sont 36 millions d’Américains qui sont dans la zone directement frappée. Car il n’y a pas que la Floride. Plusieurs autres États vont être touchés de plein fouet.

Avec un tel nombre de personnes cibles, cet ouragan ne peut que semer la mort et la désolation sur son passage et rester dans l’Histoire comme l’un des pires jamais connus.

Au-delà de la force des vents absolument folle, c’est la montée du niveau de la mer qui inquiète le plus les autorités des États-Unis et les services de météo et de sécurité civile. J’ai consulté divers organes de presse (CNN, USA Today, Miami Times, des journaux de Tampa et de Naples) et on parle de niveaux de hauteur d’eau pouvant atteindre 15 pieds soit plus de 4,5 mètres de haut dans les zones les plus proches du littoral. Imaginez ce que cela signifie d’avoir entre 2 et 4,5 mètres d’eau dans les rues, dans son jardin… Toutes les habitations n’ont pas deux étages…

J’ai lu sur le site de CNN un article expliquant que plus de la moitié des victimes des ouragans, cyclones et tempêtes tropicales depuis 50 ans ont perdu la vie en raison non pas des vents mais de cette montrée des eaux. Car comme avec un tsunami l’eau arrive avec une force exceptionnelle et détruit beaucoup de constructions sur son passage et charrie avec elle non seulement les débris de ce qu’elle a détruit mais tout ce qui est sur son passage (voitures, bateaux, panneaux, arbres entiers déracinés…) et propulse tous ces « projectiles » sur les constructions qu’elle frôle ou traverse, ce qui ne fait qu’accentuer le phénomène dévastateur comme on a pu le constater avec le tsunami meurtrier d’Asie du Sud-est il y a quelques années.

Bien évidemment, aux États-Unis, beaucoup de constructions sont plus solides que dans les pays moins développés et en Floride, beaucoup sont conçues pour résister aux cyclones. Mais ce n’est pas le cas de toutes les constructions car bien des habitants pauvres ne disposent pas d’habitations solides. Ce sont eux qui vont perdre le plus, comme toujours !

Une telle situation ne peut donc que laisser imaginer le pire. Heureusement, il semble que beaucoup aient fui ou se soient mis à l’abri. Mais comme avec la tragédie de Katrina à la Nouvelle Orléans, on risque de découvrir après coup que ce sont les plus aisés qui ont pu fuir et que les pauvres ont dû rester.

Espérons malgré tout que ce phénomène, tout à fait exceptionnel dans son intensité comme dans sa taille (IRMA est à peu près de la taille de la France et son oeil est de l’ordre de 40 à 50 km) ne le sera pas aussi par le nombre de victimes.

Mais avec autant de personnes touchées, on peut penser qu’il y aura quelques conséquences politiques majeures. Et plus le bilan (matériel et humain) sera lourd, plus ces conséquences seront significatives.

Ce à quoi nous assistons m’inspire aussi de la colère parce qu’il ne fait aucun doute, selon les scientifiques, que si la nature a toujours connu cyclones, ouragans, inondations et autres phénomènes climatiques destructeurs, l’action de l’homme depuis un siècle a changé l’ampleur de ces phénomènes en les multipliant et surtout en augmentant fortement leur caractère dévastateur.

Comme Mélenchon l’a souvent dit dans ses discours, hier, les ouragans dévastaient quelques cabanes de pêcheurs sur une plage. Désormais, elles frappent de gigantesques métropoles qui ont été construites dans des zones peut-être trop dangereuses. Et ce sont des équipements humains tels que des centrales nucléaires qui se trouvent devenues être des cibles. Avec les immenses dangers pour l’humanité tout entière et pas seulement les gens du coin qui en découlent si un incident majeur (pour ne pas dire “accident”) se produit du fait du passage du phénomène climatique extrême !

C’est donc largement l’homme qui est responsable. Il aurait pu ne pas l’être et depuis des années qu’il est mis en garde, il aurait pu réorienter certaines de ses habitudes. Mais il ne l’a pas fait. Et il ne semble pas vouloir le faire. Ou seulement à la marge.

Les tragédies ne peuvent donc que devenir plus nombreuses et plus meurtrières dans l’avenir.

Les Américains prendront-ils enfin conscience qu’il se passe chose de tout à fait anormal s’agissant du changement climatique ? S’ils sont vraiment meurtris une nouvelle fois, à cause d’IRMA, après l’avoir été de manière exceptionnelle avec KATRINA, contraindront-ils leurs dirigeants à réorienter leur politique ?

J’en doute hélas. Car cette prise de conscience ne suffira pas. Encore faudrait-il non seulement qu’ils prennent conscience de la véritable nature de leur “gouvernement”mais qu’ils décident de faire une nouvelle “révolution” pour reprendre le pouvoir aux oligarchies qui le confisquent et aux forces de “l’appareil de sécurité nationale” qui assure la sauvegarde de ce régime.

 

Radio Volcan – Un message subliminal… Billet décalé et déjanté

C’est incroyable. Un type mort depuis des années vient d’entrer en contact avec moi. C’est Haroun Tazieff…

Haroun Tazieff

Il m’a dit avoir “capté, depuis son lieu de villégiature actuel, des signaux telluriques menaçants”. Il m’a dit aussi que “du fait de sa longue expérience de volcanologue averti”, il avait saisi “immédiatement” ce que ces signaux signifiaient mais que “dans une perspective scientifique”, il tenait quand même à les “analyser scientifiquement avant de diffuser quoi que ce soit à leur sujet”. L’ayant désormais fait, et ayant abouti aux conclusions qu’il avait déjà perçues initialement comme inéluctables, il a choisi de s‘adresser à moi pour me dire ce qu’il en était.

Je lui ai bien sûr posé la question : “Pourquoi moi ?”

Mais il a immédiatement rétorqué: “Ce n’est pas le sujet. J’ai quelque chose d’important, que dis-je, de capital – non, je déteste ce mot-là – alors disons plutôt de fondamental à vous avouer. Et cela importe bien plus que la personne à qui je le dis !”

Subjugué d’entendre parler ce géant que j’admirais durant mes années de prime-jeunesse, j’étais comme tétanisé, incapable de le contredire…

Ce qu’il m’a conté ou plutôt confié devrais-je dire, c’est qu’il est “absolument convaincu” qu’il est en train de se produire une remontée de magma dans le sous-sol situé à l’intérieur du périmètre de la métropole française. Il a ajouté que “d’autres remontées de magma étaient perceptibles ailleurs sur le territoire français”, en Martinique et à la Réunion notamment. Ainsi, il a relevé qu’il était “plus que probable” que la Montagne Pelée ou le Piton de la Fournaise se fassent entendre d’ici peu. Mais il a également pris soin de m’expliquer combien ces éruptions-là seraient “insignifiantes” au-regard de ce qui se prépare sous nos pieds en Europe…

Il m’a ensuite donné des précisions utiles, affirmant que la chambre magmatique située depuis des millénaires à la verticale des monts d’Auvergne était en train de se remplir à vive allure, ce qui ne s’était jamais vu “de mémoire d’homme” dit-il ; que la pression en son sein ne cessait de croître, à tel point d’ailleurs, disait-il, que l’écorce terrestre du sol français commençait à se plisser de manière de plus en plus perceptible pour lui, même si les instruments humains les plus fins étaient encore sourds et aveugles face à ce phénomène. Il reconnut que “de la place où il était”, il avait “un bon – sinon le meilleur – point de vue et de perception”… “La place de Dieu en quelque sorte !” Mais il se reprit aussitôt et se battit la coulpe en se reprochant d’avoir ainsi blasphémé. Puis il reprit sa description: “étant mort depuis des années”, reconnut-il, il était à la fois “présent dans le ciel et sous la terre”… Il avait donc “la hauteur de vue adéquate pour constater le phénomène depuis les cieux” mais était également “à proximité de la source du phénomène”…

Il m’a prévenu qu’une éruption volcanique était sur le point de se produire… Il n’a pas été en mesure d’en fixer la date précise ni d’évaluer l’ampleur du phénomène à venir. Mais il m’a assuré de son caractère “exceptionnel”. D’après lui, bien peu d’éruptions de cette ampleur se sont déjà produites sur Terre. Il a cité comme référence approchante le cas de Santorin qui, au 2ème millénaire avant J.-C. (au XVIe siècle avant notre ère pour être plus précis) a dévasté la Crète, les Cyclades et nombre d’autres territoires de la mer Égée et qui a emporté à jamais la civilisation minoenne. Je lui ai parlé du Vésuve et il m’a ri au nez en me disant que cette histoire-là était “une piqûre de mouche en comparaison de ce qui se tramait”… Bon, j’avoue en être encore tout chamboulé ! Car , alors que l’on a dégagé les vestiges de si nombreuses et merveilleuses cités antiques, je doute que dans 2000 ans (rapport au Vésuve), ou dans 3500 ans (rapport à Santorin), on retrouve trace de notre civilisation capitaliste pourtant si avancée, pourtant si brillante… Si, il restera toujours quelque atome ou molécule à qui nous avons permis de sortir au grand air alors que Dame Nature, elle, les avait consignés à l’abri pour ne pas nuire à l’espèce humaine….

Haroun m’a causé aussi de « super-volcan« , « d’éruption plinienne« , de « nuée ardente » et de « coulée pyroclastique ». Ces termes-là évoquent pour moi de vrais cataclysmes et quiconque les a vécus n’a pas survécu pour nous en causer… Pline l’Ancien lui-même y laissa la vie et c’est son fils, Pline le Jeune, qui écrivit l’histoire de la fin tragique de Pompéi sur la base de ce que son père avait laissé comme messages avant de disparaître dans les flots de la Méditerranée devenus bouillonnants suite au déversement dans les eaux de la coulée pyroclastique (ou nuée ardente) résultant de l’éruption « plinienne » (le nom vient de là !) du Vésuve…

Il a terminé en me disant que “rien ni personne du monde d’avant ne survivrait, à part ceux qui se seront déjà préparés au nouveau monde”…

Il m’a ensuite susurré à l’oreille, avec sa voix chevrotante que je n’ai jamais oubliée depuis mes jeunes années, que les Insoumis pouvaient peut-être faire partie des “rares survivants” à condition que dès aujourd’hui ils fassent “les bons choix”… Et avant que je n’aie le temps de dire quoi que ce soit après cette encourageante remarque, hop, il a disparu après m’avoir fait ce que j’ai interprété comme un amical clin d’oeil…

Je me suis dit que je devais m’être assoupi un instant alors que j’étais en train de surfer sur Facebook et de publier des messages acrimonieux contre le p’tit macron (voir note à la fin) mais en fait pas du tout. Je me suis mis une baffe, puis deux, puis trois, et il n’y avait plus aucun doute. Les ayant bien ressentis, ces coups au visage, j’avais la preuve que j’étais toujours éveillé… Et que c’était donc vrai ce qui venait de se passer… Moi qui ne crois ni à Dieu, ni au diable, ni aux esprits de quelque bord qu’ils se situent, voilà de quoi méditer un moment… Je n’ai pas fini de cogiter !

Alors, camarades et ami-e-s insoumis-es, méditez, vous aussi, ce message d’outre-tombe et de la 4ème dimension que vient de nous adresser ce grand scientifique. C’est à moi qu’il a choisi de parler. J’ignore bien pourquoi. Moi, je ne suis “Rien” si j’en crois le Président de la République actuel. Et moi, je ne suis qu’un “Abruti” si je me fie à ce qu’a dit le grand journaliste Eric Brunet qui doit savoir de quoi il parle. Et puis c’est sans oublier que, déjà, le Président Hollande m’avait averti que dans la mesure où j’étais un “Sans-Dent”, je n’avais rien à dire sur rien. Malgré ces handicaps qui, pour beaucoup de sages, seraient jugés rédhibitoires, c’est bien à moi qu’Haroun Tazieff a choisi de délivrer son oracle. Car je pense bien que c’est de cela qu’il s’agit. Pourtant je ne suis pas à Delphes. J’y serais sans doute mieux qu’à Nantes. Le temps doit y être davantage méditerranéen, l’air plus caressant, le soleil plus ardent, l’ouzo plus frais, les olives noires plus goutues, et les oliviers plus majestueux. C’est un oracle donc qui m’a été délivré. Pourtant je n’ai vu nulle prêtresse, nulle Pythie, nulle Sybille. Pas d’aigles se croisant dans le ciel. Et je ne suis même pas dans un temple. Juste sur mon canapé… Et je vous jure n’avoir avalé aucune boisson ni rien fumé !

Serais-je donc le seul à avoir entendu me parler Haroun Tazieff ? Ou bien l’auriez-vous entendu vous aussi ? Ne s’est-il vraiment adressé qu’à moi ce soir ou aurait-il en fait adressé une communication collective ?

Vous savez, une communication d’un type inédit, d’ordre télépathique, du genre de celle décrite dans le film « Rencontre du troisième type » quand tous ces gens ordinaires qui ne se connaissent pas perçoivent les mêmes choses, qu’eux seuls perçoivent d’ailleurs, ce qui les fait passer pour des dingues aux yeux des gens normaux…

Dîtes-moi tout s’il vous plaît.

Et dîtes-moi surtout si vous avez entendu ce message que je suis certain, moi-même, d’avoir entendu de la bouche de ce grand volcanologue…

Je vous remercie d’avance.

Note : oui, moi qui écris toujours au minimum la première lettre des noms propres en majuscule, voire qui choisis parfois, d’écrire l’ensemble du nom avec de telles lettres, c’est en conscience que j’ai mis ici un « m » minuscule ; la raison en est que je veux coller au profil et à la densité du personnage cité…

 

Message en forme de lettre ouverte à M. le Président de la République et à M. le Premier Ministre à propos des ordonnances de réforme du code du travail – Le 31/08/2017

Je vous invite à lire jusqu’au bout…

Messieurs Macron et Philippe, vous êtes vraiment incorrigibles. Nous sommes si nombreux à attendre de vous que vous changiez la donne dans ce pays. Vous vous étiez engagés à le faire. Vous nous aviez promis de réformer ce pays en profondeur. Et à vous écouter, on a le désagréable sentiment que vous n’êtes pas déterminés à aller aussi loin dans la réforme. Vous allez faire semblant de réformer, sans oser les véritables réformes qui s’imposent et que le pays attend depuis si longtemps !

Non, il est manifeste, au regard des annonces du jour, que vous n’avez pas le courage d’oser. Oser réformer en profondeur ce code du travail sclérosé, qui est un frein si puissant à l’embauche et à la « confiance » des patrons, l’une et l’autre étant pourtant indissolublement liées, la première étant conditionnée par la seconde…

J’en veux pour preuve l’insuffisance de ce que vous avez annoncé aujourd’hui. J’appuie ce jugement sur l’absence, dans votre projet, d’une mesure que vous auriez pourtant pu et dû concevoir et prévoir dans votre réforme or vous ne l’avez manifestement pas fait puisque je ne l’ai pas trouvée dans votre projet. Cette mesure serait pourtant idéale pour inspirer aux « entrepreneurs » ce retour de la « confiance » alors qu’ils en manquent tant, si l’on en juge par ce qu’a encore répété ces tout derniers jours Monsieur Gattaz ! J’ai d’ailleurs le sentiment que le numéro 1 du MEDEF joue en fait le titre de la meilleure pleureuse de la décennie, titre convoité aussi par Gérard Filoche et qu’il sera difficile de vaincre tant son talent est immense dans ce numéro. Nous le savons et nous avons pu le vérifier depuis des années à l’occasion de ses différents tours de piste !

Mais je reviens au sujet. Jugez un peu sur pièces la mesure à laquelle je fais allusion !

Vous avez entendu, comme nous, que pour les patrons, pardon pour les « entrepreneurs », ne pas pouvoir licencier facilement et rapidement est un des plus sérieux handicaps pour qu’ils embauchent. Et vous avez tenté de répondre à cela avec votre projet de réforme du code du travail. Mais vous ne l’avez fait que partiellement avec les mesures annoncées ce jour. Et je suis au regret de devoir dénoncer cette timidité de votre part. Je me dois de vous appeler à faire plus, beaucoup plus !

Vous avez plafonné les indemnités de licenciement. D’accord, c’est sans doute un bon début, mais avant que nous puissions reconnaître que c’est un début prometteur, il va falloir que vous alliez bien plus loin dans la « réforme ». Vos annonces du jour sont vraiment très insuffisantes.

Allez ! Du courage, non de Jupiter ! De l’audace, non d’un pharaon !

Il y a une mesure forte à oser, tout de suite, sans attendre des discussions stériles avec les « forces du conservatisme » que sont les syndicats.

La voici cette mesure qui ferait tant plaisir à Monsieur Pierre Gattaz, nouveau châtelain de Sannes : puisque l’obligation de paiement, à un salarié, d’indemnités de licenciement par l’employeur qui le licencie, est un problème majeur pour les patrons, et qu’il n’est pas jugé opportun de supprimer purement et simplement le principe même de ces indemnités, on peut faire autrement : on peut en effet aménager ce principe et le réorienter, en innovant. Prenez un instant pour m’écouter.

Je vous propose de faire un rêve (de patron) et de le réaliser ! Osez-le ! Après tout, c’est bien vous, Monsieur le Président de la République, qui avez appelé de vos voeux la transformation de la France en une « start-up nation ». Et vous, Monsieur le Premier ministre, vous avez bu ces paroles comme on déguste un Château Pétrus, un Château d’Yquem ou un Château Mouton-Rotschild. Alors, allez-y ! Osez ! Rêvez ! Et faîtes de ce rêve une réalité ! Avec vous, tout est possible si vous ne vous fixez pas des limites !

Alors imaginez que, demain, les salaires que les patrons doivent aujourd’hui payer aux travailleurs soient désormais amputés par l’État d’une cotisation nouvelle, supplémentaire, destinée à financer un fonds national qui paierait lui-même ces indemnités à qui devrait les percevoir…

Ça y est ? Vous commencez à visualiser la situation ? Si cette mesure était adoptée, les patrons, désormais, ne paieraient jamais plus rien en matière d’indemnités de licenciement car il est nécessaire, bien sûr, de réserver cette cotisation aux salariés ; d’une part, pour ne pas imposer une contrainte supplémentaire aux patrons, ce qui, inévitablement empêcherait le retour chez eux de la « confiance », condition absolue pour qu’ils embauchent, nous l’avons bien compris ; mais d’autre part, ce sont les salariés qui bénéficient des indemnités de licenciement et il est donc légitime que ce soit eux qui cotisent, et eux seuls, pour financer un risque qui ne pèse que sur eux !

Et puis, second effet kiss cool de la mesure, pardon second intérêt majeur de cette réforme pour ce qui est de la « confiance » qu’il faut redonner aux patrons, une telle cotisation payée par les salariés serait de nature à les responsabiliser un peu plus ! Après tout, si les patrons licencient un salarié, c’est bien parce que celui-ci n’a pas su gagner sa confiance et dans un monde ouvert, eh bien il est bien légitime que le salarié assume lui-même ce risque !

Alors d’aucuns pourraient faire remarquer que si c’est une cotisation payée automatiquement par le salarié (celle-ci étant prélevée sur le salaire à lui payer par l’employeur), ça ne serait pas de nature à le « responsabiliser » puisque quoi qu’il se passe, le salarié aura déjà payé. Ce qui en irait différemment avec une « pénalité », celle-ci étant payée après coup, lorsque le fait générateur a été constaté. Sauf que vous conviendrez que décider d’une pénalité en l’espèce serait inopportun car, par définition, celle-ci serait payée au moment du fait générateur (le licenciement) donc après et non avant, si bien que les patrons ne pourraient connaître par avance le montant que ces pénalités représenteraient. Cela n’aurait donc pas d’effet sur leur « confiance » or c’est cela qu’il faut absolument rechercher et gagner durablement : le retour de leur « confiance »…

Pour ma part, je réfute ce raisonnement que « d’aucuns » pourraient mettre en avant. Il suffit de considérer le principe de la cotisation… comme un principe justement, dont les modalités concrètes seraient, elles, décidées chaque année dans la loi de finances, comme il en va par nature de tout impôt, cotisation, charge, recette, dépense… Et parmi les modalités concrètes, il y aurait son taux dont la fixation chaque année dépendrait de l’exercice précédent. On pourrait utiliser la logique du « malus » bien connu des assureurs.

Je m’explique : de la même manière que les assureurs réévaluent parfois à la hausse le montant des cotisations d’assurance à payer par les assurés en le faisant sur la base non seulement d’événements qui ne résultent pas du fait des assurés eux-mêmes, mais aussi de ce qui relève de la propre « gestion personnelle du risque » par les assurés, eh bien l’État, conseillé par les entrepreneurs, pourrait réévaluer chaque année le taux des cotisations dont on parle ici. Et si par exemple, sur une année N, la globalité des salariés français accusaient un « malus » par rapport à l’année précédente, ou par rapport à une référence unique permanente que vous définiriez, l’année N+1 verrait le taux des cotisations augmenter de telle manière qu’il y ait compensation parfaite. Et cela, croyez-moi, serait de nature à responsabiliser les salariés. Je renvoie à ce que je disais plus haut sur la confiance des patrons qui, en cas de licenciement, est, de manière évidente, rompue…

Alors il y aura toujours des gens pour faire observer que le licencié n’est pas responsable de son licenciement, que c’est bien plus une victime qui mérite à ce titre d’être dédommagée, indemnisée, par le patron jugé forcément coupable de ce licenciement. Certains iront même jusqu’à affirmer que lors d’un licenciement, le salarié licencié n’est que le bouc émissaire d’un système capitaliste inhumain reposant sur ce qu’ils aiment appeler « l’armée de réserve des travailleurs ».

Mais vous conviendrez sans mal que ce ne peut qu’être là un propos tenu par des gauchistes irresponsables ou inconscients des réalités et il n’est donc pas nécessaire d’en tenir compte, ni, a fortiori, d’y répondre…

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Nota : Ce billet est évidemment écrit au second degré…

 

Macron le 29/08/2017: « Le Venezuela, une dictature ». Ce que cette saillie m’inspire…

Macron qualifie le régime de Maduro au Venezuela de « dictature » et dénonce la « complaisance » de « certains » envers son régime.
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Le problème avec les banquiers qui deviennent des dirigeants politiques, c’est qu’ils sont complètement cons dès qu’ils abordent un autre sujet que l’argent. Quand ils parlent d’argent, ils peuvent encore donner le change mais dès qu’ils sortent de cet étroit périmètre, les voilà perdus, les malheureux ! Les uns nagent dans l’inepte et tiennent des propos incohérents, les autres montrent aux yeux de tous leur inaptitude au rôle qu’ils ont voulu assumer.
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Et puis, bien sûr, il n’y a pas que cela. Car il faut bien reconnaître que le discours politique n’est pas fait que de paroles correspondant vraiment à ce que pense celui qui les profère. Le discours politique est avant tout, pour beaucoup de ceux qui se sont fait vocation d’en user, une oeuvre de pure mystification. C’est bien pour cela que les quelques individus parlant avec sincérité et honnêteté sont perçus et décrits comme des « étrangers » au monde politique. Le cynisme, la muflerie, le mensonge, la manipulation, le conditionnement, l’asservissement de l’esprit, sont des outils du discours et des actes politiques bien plus répandus que la vertu civique, le respect des citoyens et l’idéal humaniste.

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Le problème majeur, cependant, n’est pas tant le fait de ces hommes de pouvoir nuisibles à l’intérêt général comme aux intérêts particuliers de tous. Non, le problème majeur des sociétés humaines, c’est la facilité avec laquelle les dirigeants les mènent jusqu’au pire, l’aisance avec laquelle ils les trompent, les manipulent, les mystifient et les tiennent en respect sans que cela ne provoque de réaction de défense.

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Trois siècles après les révolutions du XVIIIe siècle, Américains et Français pour ne parler que d’eux (mais on pourrait élargir grandement le périmètre du propos) continuent à tolérer les exactions des dominants ; continuent massivement à croire les promesses et les engagements de ceux qui revendiquent la légitimité de les conduire et de les diriger ; continuent à se fier aux explications que ceux-ci donnent de tout ou presque ; continuent, docilement, à leur obéir et même à les servir, d’une manière ou d’une autre ; continuent à les faire rois, princes et chefs petits ou grands.

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Et l’histoire se répète sans cesse, génération après génération, à tel point qu’il semble que rien n’ait été appris d’hier ni d’avant-hier.

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Certains, un peu bigots, attendent le messie pour les sauver. D’autres, l’esprit un peu romanesque, comptent plutôt sur un chevalier solitaire au coeur pur et à l’âme intrépide, et tant qu’à faire avec un peu d’autoritarisme parce que vous savez, ma bonne dame, il faut bien le mater ce peuple ! D’autres encore se disent qu’une nouvelle Jeanne d’Arc (qu’ils croient avoir trouvée en qui vous savez) est la seule chance de la France. Et quel que soit le problème, ELLE saura ce qu’il faut faire pour le régler immédiatement ! Et oui, des millions le croient !

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Et assez loin de tous ces dingues-là que l’on peut classer dans la « droite » sous toutes les formes de ses chapelles et de ses sectes, il y en a d’autres, que l’on classe dans la « gauche » qui continuent à faire ce qu’ils ont toujours fait parce qu’hier – non, pardons, avant-hier – cela avait un peu fonctionné. Refusant de manière résolue de voir que, depuis au moins plusieurs décennies, ça ne marche plus, butés dans leurs certitudes, enfermés et sclérosés dans leur incapacité à penser autrement que dans le cadre étroit qui a été le leur si longtemps, ils rejouent sans cesse la même pièce. Et bien qu’il y ait de moins en moins de spectateurs, il y en a toujours assez pour leur donner le sentiment qu’ils ont encore raison… d’être ce qu’ils sont, de défendre leur pré-carré et de penser que la majorité ne les a éconduits que pour un temps limité, histoire de leur faire passer un message… Ah, les cons !

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« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent » persiflait Albert Einstein.

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Certes, les acteurs du pouvoir institué et ses puissants relais mediatiques, qui sont partout et tout le temps, abrutissent en conscience, et à dessein, les masses populaires. Le pouvoir mediatique a cette capacité effrayante de fabriquer le consentement des masses en plus de créer chez elles, dans leur esprit, tout ce qu’il faut pour les lier indissolublement au système. Et, plus bas dans l’échelle des responsabilités, les serviteurs dociles et zélés jouent leur partie parce que la plupart de ceux-là se disent qu’ils finiront bien par percer, par grimper dans la hiérarchie sociale et par en croquer un peu… Oui, eux rêvent de grosses miettes que leur jetteraient nos maîtres. Pour ces miettes-là, plus roboratives que celles à disposition du plus grand nombre, ils sont prêts à tout : la trahison ne les répugne pas. La dénonciation non plus. Beaucoup sont d’ailleurs coutumiers et de l’une et de l’autre de ces deux pratiques bien françaises… La période noire de l’Occupation est de nature à le rappeler à ceux qui auraient la mémoire courte ou par trop sélective…

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Ce spectacle est désolant et parfois, on se dit que nous n’en sortirons jamais car pour se libérer, encore faut-il le vouloir ! On ne sort de la servitude qu’en conscience et par suite de décisions, suivies d’actes en cohérence avec elles, en ayant la liberté comme seul guide.

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Nous savons que l’oppression est parfois – l’histoire humaine l’a assez souvent démontré – le résultat d’une force irrépressible exercée sur les peuples et les individus par les dominants.

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Mais c’est aussi souvent le résultat de nos propres insuffisances, de nos propres inconséquences. Oui, la servitude volontaire est un puissant frein à la liberté pleine et entière des peuples.

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La Boétie a écrit un magnifique ouvrage sur le sujet, et un autre que lui, un certain Machiavel, a synthétisé à sa façon la démonstration boétienne en une maxime culte : « La meilleure forteresse des tyrans est l’inertie des peuples ».

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Bien sûr, certains tyrans peuvent se révéler redoutablement cruels à l’égard des peuples et des gens ordinaires quand ils sont menacés par eux de choir et qu’ils se trouvent acculés à user de la force la plus bestiale pour sauver leur position. Mais ce n’est pas toujours vrai. Certains tyrans – là aussi l’Histoire nous en a donné des exemples – sont tombés presque tout seuls, comme tombent de l’arbre les fruits trop mûrs que personne n’a daigné cueillir.

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Si nous ne sommes pas tous des héros (et moi pas plus que quiconque), si nous refusons de prime abord la violence (et moi comme vous tous), si nous avons peur, pour nous, pour nos familles, pour celles et ceux qu’on aime (moi comme vous), qu’elle déclenche de grands malheurs dans nos vies, nous devons aussi avoir à l’esprit que son déclenchement n’est pas certain. Tout dépend du rapport de force entre dominants et dominés, et un rapport de force qui semble défavorable un jour peut très bien basculer un jour suivant. Rien n’est jamais acquis, ni dans un sens, ni dans un autre ! C’est parce que nous avons laissé les dominants par nature reprendre le pouvoir qui leur avait été arraché, c’est parce que nos « représentants » (ceux-là même que nous avons élus) ont rendu peu à peu à ces dominants tous les pouvoirs qui leur avaient été retirés, que nous en sommes là où nous en sommes aujourd’hui. « Le prix de la liberté, c’est la vigilance éternelle » avait dit Thomas Jefferson, Président des États-Unis entre 1801 et 1809. Il faudrait méditer cette maxime. Nous n’avons pas été assez vigilants et aujourd’hui, nous en payons le prix.

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Ne nous leurrons pas. La révolution n’éclatera pas demain. Des accès de colère peut-être. De nouvelles émeutes, c’est possible. Mais pas la révolution au sens où l’entendent ceux qui se font ses laudateurs. Eux attendent cette révolution comme d’autres attendaient Godot mais n’en déplaise à certains de nos amis, ce ne sont pas ces gens-là qui nous aident le plus avec leurs appels incessants à faire la révolution. Car il est très rare que des peuples entiers se lèvent ensemble, simultanément. Ce qui est en revanche bien plus envisageable, et bien plus probable, c’est une forme de réaction en chaîne, de « bastions » du système qui tombent les uns après les autres, de « ralliements » à la cause du peuple venant de ceux qui ont normalement vocation à protéger l’ordre public et les institutions du pays.

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Le « pouvoir » ne tient que parce qu’il est protégé par certains des nôtres. Quand je dis des « nôtres », je pense à ces citoyens ordinaires qui ont juré fidélité au pouvoir. Le jour où ils renieront leur serment de fidélité aux dominants pour honorer le peuple dont ils font partie, je ne donne pas cher du « pouvoir » institué.

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Tout est là, selon moi ! Il faut faire basculer dans notre camp ceux qui aujourd’hui encore permettent au système de se maintenir.

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J’ai idée que notre « camp »  n’aspire pas tant à la « révolution » – fut-elle « citoyenne » – qu’à la « libération », une libération pure et simple. Car ceux qui nous gouvernent ne sont finalement que des occupants, au moins aussi détestables que tous ceux qui occupent un pays contre son gré ! Car nos dirigeants, aujourd’hui, se comportent à notre égard, exactement comme les « oligarchies » se sont toujours comportées dans les pays d’Amérique latine, avec la bénédiction et très souvent le soutien actif de leurs homologues états-uniens, lesquels mettaient les moyens de leur « État profond » au service de la cause des dominants de ces pays constitutifs de « l’arrière-cour » des États-Unis comme ils disaient… Maudite « doctrine Monroe » qui, après l’idéologie de la « destinée manifeste » pour ce qui est du territoire nord-américain, a donné à l’impérialisme états-unien ses plus belles fondations pour s’exercer au-delà des frontières de « l’Union »

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Les yeux d’un nombre croissant de naïfs que je me retiens difficilement de désigner sous le vocable moins aimable de « gogos », sont en train de se dessiller semble-t-il. Il ne serait que temps !

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Espérons que cette prise de conscience salutaire se répandra comme une traînée de poudre en France et partout ailleurs dans les prétendues « démocraties » de ce monde, et qu’il en résultera partout de grands chambardements ! Pour le meilleur cette fois et plus jamais pour le pire ! Mais ne nous limitons pas à l’espérer, faisons-le advenir ! Car l’histoire ne s’écrira pour le meilleur que si nous tenons la plume ! Rien n’est écrit. Il n’y a pas de dieu qui décide pour nous. « L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire » rappelait Henri Bergson.

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Or, aussi longtemps que les peuples et les individus de nos sociétés accepteront les lois des puissants, fut-ce en contestant parfois timidement certaines de leurs dispositions, aussi longtemps que les peuples et les individus de nos sociétés serviront les dominants, fut-ce en grognant un peu, aussi longtemps que les peuples et les individus de nos sociétés reconduiront au pouvoir nos bourreaux, fut-ce en couronnant de « nouvelles têtes » qui se présentent en promettant de « tout changer »… pour finalement que rien ne change selon la maxime célèbre de l’auteur italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa, aussi longtemps que les peuples et les individus de nos sociétés ne lutteront contre les acteurs de nos malheurs que par des « marches » ou des grèves ponctuelles, épisodiques et isolées, nous subirons la loi de ces gens que nous disons refuser.

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Il y a un moyen et un seul, à mon avis, de les toucher : c’est de les prendre à la gorge ! Et qu’est ce qui est de nature à les prendre à la gorge : eh bien, qu’à l’instar de la plèbe romaine des temps antiques qui s’était retirée sur cette colline de Rome qu’on appelait l’Aventin et avait, ce faisant, dit « merde » aux patriciens, nous nous organisions pour les priver de tout ce dont ils ont besoin.

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Ils ont certes des milliards mais ils sont peu nombreux comparé aux masses humaines. Et sans nous, ils ne peuvent rien.

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Siéyès avait écrit des lignes exceptionnellement pertinentes à propos du Tiers-État et de la Noblesse et ces mots résonnent encore aujourd’hui. Je vous les rappelle :
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« Qui donc oserait dire que le Tiers-État n’a pas en lui tout ce qu’il faut pour former une nation complète ? Il est l’homme fort et robuste dont un bras est enchaîné. Si l’on ôtait l’ordre privilégié, la Nation ne serait pas quelque chose de moins, mais quelque chose de plus. Ainsi qu’est ce que le Tiers-État ? Tout, mais un tout entravé et opprimé. Que serait-il sans l’ordre privilégié ? Tout. Mais un tout riche et florissant. Rien ne peut aller sans lui, tout irait infiniment mieux sans les autres. »
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Je laisse à Siéyès le dernier mot de ce billet !

Manuel Valls : le coup de force permanent

Valls tricheur

Manuel Valls est un multirécidiviste du coup de force et du viol de la démocratie.

Sa nomination comme Premier ministre était déjà, en elle-même, un cas flagrant de ce mépris de la démocratie qui l’anime. En effet, si, en droit, il pouvait tout à fait être nommé à cette fonction puisque pour cela il suffit que le Président de la République en décide et que la liberté de ce dernier est totale selon la lettre et l’esprit de la constitution, en revanche, sur un plan politique, le Président de la République est sensé tenir compte de la volonté populaire exprimée lors du scrutin législatif ou d’un autre scrutin récent.

Lorsque Hollande a nommé Valls à Matignon, rien ne permettait d’affirmer que le peuple français souhaitait son avènement. Valls avait été largement distancé lors de la primaire organisée par le PS en 2012. Son score avait été réduit à 5%. Plusieurs autres Socialistes avaient fait mieux que lui. Il n’était donc dépositaire d’aucune légitimité au sein même de son parti. Et cette absence de soutien dans son propre camp ne pouvait évidemment être compensée alors par un soutien qui aurait existé ailleurs. Hollande a donc fait, ce jour-là, un gigantesque bras d’honneur au peuple français. Si Valls avait été quelqu’un attaché à la démocratie, c’est lui-même qui aurait décliné l’offre. Il ne l’a pas fait.

Par la suite, en tant que chef du gouvernement, il voulait faire adopter un projet de loi scélérate, la loi Travail ou loi El Khomri que l’on pourrait tout aussi bien appeler Loi Macron puisque c’est bien sous son inspiration qu’elle a été élaborée, mais avait conscience que même sa propre majorité ne la voterait pas et qu’il ne pouvait compter sur le soutien d’une partie de l’opposition pour compenser ce qui lui faisait défaut. Alors il usa du mécanisme de l’article 49-3 de notre constitution qui permet l’adoption d’un texte sans vote du Parlement. Ce procédé est légal et tout à fait constitutionnel puisque c’est la constitution qui le prévoit. Il n’y a donc aucune irrégularité au regard de la loi entendue au sens large (loi et constitution). Le problème se pose au plan politique et philosophique. Ce texte était d’une telle importance qu’il aurait dû être discuté au Parlement comme tout projet de loi et que son adoption n’aurait dû être le résultat que d’un vote selon la procédure législative ordinaire. Étant donné qu’aucune majorité n’était susceptible de l’adopter, à chaque passage de ce texte scélérat devant les assemblées, il fut fait usage du dispositif de l’article 49-3 : trois fois devant l’Assemblée Nationale, trois fois devant le Sénat. Le refus des parlementaires était donc on ne peut plus clair et le jusqu’au-boutisme buté du Premier ministre l’était tout autant.

Manuel Valls s’est fait à cette occasion une belle réputation de dirigeant se moquant ouvertement non seulement des parlementaires et donc de la « représentation nationale », mais aussi plus largement des principes élémentaires de la démocratie.

Cette fois, il se montre sous un jour encore plus hideux, celui d’un vulgaire putschiste de République bananière.

Manuel Valls a en effet extorqué – il n’y a pas d’autre mot plus approprié – son élection au moyen notamment de tricheries dans les bureaux de vote où aucun oeil extérieur n’était présent pour pouvoir constater des irrégularités ou des trucages massifs.

Il a imposé à tous un coup de force. Je dis « à tous » car il l’a imposé de fait à l’État puisque ce dernier, via le ministère de l’Intérieur, a reconnu – entériné en quelque sorte – son élection alors même que les procédures légales n’ont pas été respectées. D’une part, les procès-verbaux n’ont pas été contresignés par les « perdants » ou leurs représentants. D’autre part, c’est Manuel Valls lui-même et non un officiel de a mairie d’Évry qui a annoncé son élection. Pour couronner le tout, l’accès à l’hôtel de ville a été rendu impossible à ses concurrents d’abord, à la presse ensuite, cas a priori jamais vu auparavant. En somme, Manuel Valls s’est comporté comme un despote de pays exotique dans lequel les principes d’une élection démocratiquement acquise ne sont pas encore connus… Et quand on connaît le soutien qu’il a reçu de Serge Dassault, et qu’on se souvient des « indélicatesses » dont ce dernier a été coupable dans un passé récent lors d’élections dans lesquelles il était candidat, les doutes que l’on peut avoir sur la validité du scrutin sont renforcés. Dassault est comme un parrain. Et là je ne parle pas du lien de parenté mais du caractère quasi-mafieux.

Valls, ce malotru doublé d’un escroc, a poursuivi son coup de force le lendemain, en se rendant à l’Assemblée Nationale comme si de rien n’était. Étant donné l’existence  – connue de tous – d’une contestation majeure de son élection, s’il avait été un démocrate de coeur, il se serait mis en retrait et aurait attendu que la question soit définitivement tranchée avant de s’afficher comme s’il était le député incontestable et incontesté. Mais ce n’est pas cette hauteur de vue et une telle conduite personnelle vertueuse qui caractérisent le personnage qui s’apparente bien davantage à un despote méridional qu’à un Républicain épris de démocratie. Le Bureau de l’Assemblée n’a pas compétence pour se prononcer sur la validité de l’élection de Manuel Valls. Ce dernier ayant été déclaré élu par le ministère de l’Intérieur, les représentants de l’administration de l’Assemblée ne pouvaient donc, à leur tour, que le traiter comme le député dûment élu et lui remettre les attributs traditionnels du député. Nul doute que le nouveau député Valls va siéger comme s’il était légitime puisque personne, au sein de l’organisation de l’État, ne s’élève contre cette élection de République bananière. On ne peut qu’attendre que le Conseil constitutionnel se prononce sur le recours intenté par Farida Amrani, la concurrente de ce putschiste.

Sans doute « El Blanco » se dit-il que le Conseil sera bienveillant à son sujet et que personne, au sein de l’État [qui est bien sous contrôle], n’osera le désavouer même s’il faut pour cela couvrir une élection truquée. Imaginez les conséquences si un organisme aussi « respectable » que le Conseil Constitutionnel refusait d’entériner à son tour le résultat et décidait d’annuler l’élection… Manuel Valls n’est pas n’importe quel candidat…

Pour ma part, je n’ai aucune confiance dans le Conseil Constitutionnel en l’état de sa composition et surtout de sa présidence (Laurent Fabius).

Je pense, hélas, que nous ne pouvons rien attendre de lui, ni d’ailleurs de notre système de justice. Et que nous devons donc nous préparer à voir Manuel Valls occuper durablement le siège qu’il a extorqué.

La question est donc pour moi de savoir ce que nous pouvons et ce que nous devons faire collectivement dans un tel contexte où les élections sont à ce point devenus des simulacres.

Après la violation caractérisée de la volonté populaire exprimée clairement en 2005 lors du référendum, après les très nombreuses irrégularités constatées lors du 1er tour de la présidentielle de cette année, dont le nombre (près de 500 000 cas) suffit à changer radicalement le sens des résultats, et maintenant le cas Manuel Valls, il va falloir que les naïfs ouvrent les yeux sur ce qu’est devenue notre « démocratie », et que les légalistes de notre camp affermissent leur discours ; il va falloir aussi et surtout qu’ils adoptent d’autres lignes de conduite et de résistance que les seules complaintes, pétitions et prises à témoins du peuple.

Quand l’État n’assume plus le devoir de justice, le risque est grand que le peuple en prenne l’initiative lui-même.

Et quand le système étatique fait tout pour couvrir les pires irrégularités, il ne faut pas penser que le peuple ainsi floué endure encore et encore sans réagir violemment…

L’article 35 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 (qui, juridiquement parlant, n’existe pas, c’est-à-dire n’est pas un texte applicable mais qui, pour nous les Insoumis-e-s et pour beaucoup d’autres que nous, demeure une référence politique fondamentale) dispose : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.»

Oui, je parle bien d’insurrection ! Pas de pétition…

 

Va-t-on entrer dans une longue nuit ?

Je vous préviens d’entrée de jeu : je suis furieux et je suis écoeuré. Ces quelques lignes reflètent sans doute mon état d’esprit du moment. Et ce moment ne date pas d’aujourd’hui. Il a une ancienneté de quelques semaines. J’ai tu jusqu’au 1er tour des Législatives ce que j’avais à l’esprit et je ne suis pas trop intervenu car je ne partageais pas l’optimisme béat de certains des nôtres. Je sentais le vent mauvais souffler et pas dans notre intérêt. Les résultats de dimanche dernier ont prouvé que mes intuitions étaient fondées. Je suis navré de vous dire que j’ai les mêmes ce dimanche. Je pense même que ce soir sera encore pire pour nous !

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Si nos électrices et électeurs désertent encore les urnes en ce second tour comme il semble bien que ce soit le cas, s’ils ne viennent pas en masse contre-balancer la vague Macron annoncée pour tenter de rectifier le tir et de réduire le raz-de-marée à une simple forte vague, alors ce soir ce sera un tsunami. Nous aurons grosso modo un ratio 70-30 dans la plupart des circos en faveur des candidat-e-s de Macron, quand ce ne sera pas davantage.

Je suis écoeuré. Et désespéré de constater cette irresponsabilité de nos propres électeurs d’il y a un mois.

Ils le veulent donc tant que ça le pouvoir absolu de Macron ?

Eh bien ils l’auront. Les uns semblent subjugués comme les illuminés d’une secte devant leur gourou, les autres sont d’incorrigibles idiots qui ne croient pas qu’il soit possible d’agir d’une quelconque manière contre ce qui s’annonce et ne réalisent donc pas que désertant les urnes, c’est eux, et eux seuls, qui vont être la cause du désastre. Ils sont vraiment à baffer !

Je ne parle pas des abstentionnistes de longue date qui n’ont pas davantage de raison de se prononcer cette fois-ci qu’ils n’en ont eue la fois – les fois – précédentes, au regard de ce qui, à leurs yeux, justifie leur choix d’abstention. Non, je parle de celles et ceux qui ont voté Mélenchon au 1er tour de la présidentielle. Ce sont 7 millions de personnes qui l’ont fait. Or seuls 2 millions ont soutenu des insoumis dimanche dernier. Vous le voyez le gigantesque écart ?

Oui, Mélenchon dans son discours de Marseille, jeudi soir, a eu raison de tancer vertement ces abstentionnistes-là. Car ils portent une immense responsabilité dans le funeste premier tour et s’ils ne changent pas d’avis aujourd’hui, s’ils ne votent pas pour les candidat-e-s France insoumise, alors ils seront complices de tout ce qui adviendra dans les prochains mois et années. Or, en France, le droit pénal punit autant les complices que les auteurs des crimes. Pour ma part je considèrerai que les abstentionnistes des Législatives mériteront la même rigueur dans le jugement à leur égard.

A cause d’eux, c’est nous tous, par millions, par dizaines de millions, qui allons déguster comme jamais !

Quand bien même nous, INSOUMIS-E-S ne pouvions désormais plus prétendre obtenir une majorité fut-elle relative, et donc encore moins diriger le gouvernement, tout cela parce que celles et ceux qui ont mis Mélenchon si haut en avril n’ont pas daigné confirmer leur vote au 1er tour des Législatives, nous pouvions encore amoindrir la force de Macron en lui opposant un groupe constitué de très nombreux députés insoumis et en refusant d’élire systématiquement les candidats Macron, même contre des candidats LR.

Or, je pressens que les résultats de ce soir seront encore plus nets que dimanche dernier. Encore plus violents. Encore plus cruels. Encore plus incompréhensibles. Et peut-être même inattendus pour le nouveau pouvoir. Macron pourrait bien avoir 450 députés, voire plus encore, si les électrices et électeurs français jeunes et populaires qui avaient défendu leurs intérêts et les nôtres en même temps que l’intérêt général en votant Mélenchon au 1er tour de la Présidentielle se désintéressent du scrutin législatif et refusent d’y prendre leur part. S’ils refusent le funeste projet que Macron envisage de mettre en oeuvre, qu’ils soutiennent nos candidats insoumis-e-s partout où il y en a encore qui sont en lice. S’il n’y en a pas, qu’ils votent contre les candidats de Macron, sauf là où l’opposant est encore plus détestable : je pense à Éric Ciotti à Nice par exemple…

Il ne faudra pas venir pleurer demain et les jours d’après, les semaines d’après, les mois et les années d’après si la France entre ce soir dans ce régime du parti unique du Président et d’une armée de député-e-s dont les deux caractéristiques seront d’une part la nullité crasse qu’on a commencé à discerner ces derniers jours pour nombre d’entre eux, et d’autre part – et surtout – la volonté de « finir le travail » pour normaliser complètement la France ; c’est-à-dire en faire un pays totalement soumis aux multinationales, au capitalisme le plus cruel et à l’atlantisme le plus écervelé. Cette normalisation, c’est-à-dire l’effacement complet, définitif de l’oeuvre du CNR a commencé dès les années 70 avec Pompidou et Giscard. Mitterrand a pris sa part du travail, surtout dans son second mandat. Puis Chirac a continué, quoique de façon timide. Puis Sarkozy a accéléré massivement, suivi par Hollande qui a fait une grosse partie du travail restant.

Macron a été désigné par les véritables décideurs pour aller au bout du bout. Et il va s’y employer, quand bien même il se carboniserait en peu de temps. Ne doutez pas que l’oligarchie saura trouver un autre pantin pour lui succéder le jour où Macron sera devenu nuisible à ses intérêts. Ce même pantin, homme ou femme, sera adoubé de la même façon que Macron, et le peuple marchera avec elle ou avec lui comme il le fait aujourd’’hui avec le Jupiter élyséen.

Au terme de son mandat, si celui-ci va à son terme, je doute qu’il demeure un hôpital public, une école publique, des transports publics, des régies publiques de l’eau.

Et il n’y aura sans doute plus non plus de statut de la fonction publique, sinon en droit, du moins en pratique. Celui-ci aura été réduit à peau de chagrin après externalisation et privatisation des derniers services publics et placardisation des “refuzniks” (ceux des fonctionnaires qui n’accepteront pas de passer dans le privé). Il y a déjà eu l’expérience de La Poste et de France Telecom. Ils savent faire. Ils sont rodés. Et ils n’attendent que ça !

Il n’y aura plus de CDI non plus bien évidemment mais seulement des contrats à la tâche, entièrement décidés par les employeurs, lesquels se trouveront sous pression soit de leurs actionnaires, soit de leurs donneurs d’ordres, soit de la concurrence…

Le Pôle Emploi sera remplacé par UBER SAS.

Les loi HARTZ (du nom du ministre du Travail allemand de Gerard Schröder) serviront de modèles pour refaçonner le droit du travail en France. Et comme ces lois ne vont pas assez loin aux yeux des intégristes du capital qui pullulent autour de Macron, eh bien nous innoverons avec des dispositions encore plus ambitieuses… On attend avec impatience les jobs à 1 euro de l’heure…

La politique fiscale sera celle que les mandataires de Macron exigent depuis des décennies : un impôt sur les plus riches (ou sur ceux qui « créent des richesses » comme ils disent) ramené à presque plus rien pour que les employeurs ne soient pas dissuadés d’embaucher…

Mais comme la lutte contre le terrorisme coûtera de plus en plus cher, il faudra bien que des impôts rentrent quand même dans les caisses de l’État. Donc le petit peuple sera mis à contribution – saigné serait plus juste – bien plus encore qu’aujourd’hui. Là encore, ils ont expérimenté le modèle en Grèce. C’est à notre tour d’y passer… Cela va commencer avec l’augmentation de la TVA et de la CSG en attendant d’autres idées « innovantes » pour faire casquer les plus nombreux…

Pour réduire la dette, je ne doute pas qu’ils ont bien des choses à vendre. Et comme ce seront leurs amis qui les achèteront, quand ils nous l’expliqueront, ce sera forcément pour nous montrer quel cercle vertueux ces politiques incarneront… Je serais curieux de découvrir la liste de tout ce qui va être mis en vente dans les prochaines années… Je pense que l’on pourra dire que dans le périmètre de l’État ou de la sphère publique “Tout doit disparaître”…

Vous avez bien saisi également que notre régime politique va aller au bout de ses pires dispositions et tout ce qui, dans la 5e République, ne correspondrait pas aux desiderata de Macron, sera réformé. Ils pourront aisément changer la constitution vu la majorité qu’ils auront et les dispositions de ce peuple qui va lui offrir un triomphe. Et n’escomptez pas qu’il vous organise un référendum. La majorité République en marche sera telle qu’ils pourront prétendre avoir toute légitimité. Après tout, les député-s REM seront bien élu-e-s. Ils ne vont pas faire un putsch ! Voyez-vous, le régime de la 5e République va peut-être évoluer mais pas vraiment dans le sens que nous souhaitons…

Il est amusant de constater qu’alors que l’Allemagne ou nos voisins européens sont si souvent cités comme références, en matière de régime politique, l’Allemagne n’est plus si géniale que cela à leurs yeux… Et oui ! Car si nous avions le système politique qu’a l’Allemagne, jamais il n’y aurait une force de 400 ou 450 députés Macron. En Allemagne, il y a une large influence du scrutin proportionnel. Au Royaume-Uni, même si le mode de scrutin majoritaire à un seul tour est très contestable au plan démocratique, il y a une coutume de longue date qui veut que les exécutifs en exercice qui se sentent contestés anticipent les élections générales et redonnent la parole au peuple pour qu’il décide des nouvelles orientations. Cela vaut aussi à un certain degré en Italie et en Espagne. Il n’y a que la France qui cumule, avec son régime mixte, à la fois les inconvénients du régime présidentiel et du régime parlementaire sans avoir aucun de leurs avantages…

Question diplomatie, la France deviendra le fer de lance de l’impérialisme de l’empire occidental et le principal bras armé de l’OTAN. Et nous verrons sous peu revenir les soldats des États-Unis dans des bases permanentes en France.

Nous irons plus loin encore dans le nucléaire et dans la dévastation de notre écosystème terrestre.

La menace de rébellion ouverte du peuple est néanmoins prégnante depuis des années si bien que l’État a largement équipé d’armes en tout genre sa police, sa gendarmerie et son armée. Ces armes sont clairement destinées à empêcher une révolte massive qui pourrait dériver en insurrection révolutionnaire.

Au delà des armes, il y a l’arsenal juridique. Déjà, depuis des années, le droit s’est enrichi de toute une série de dispositions de nature à protéger le système contre un soulèvement d’ampleur révolutionnaire. Et la prétendue lutte contre le terrorisme sert depuis 2001 de prétexte à ce que sans cesse le droit soit modifié dans le sens de l’ordre et de la sécurité. Nous perdons chaque année des libertés et chaque année, de nouvelles menaces justifient pour le pouvoir de nouvelles restrictions. Les actes terroristes sans cesse renouvelés servent bien évidemment les États qui ensuite réussissent sans difficulté à pousser plus loin le régime policier avec l’assentiment du peuple. Il faut bien lutter contre les terroristes ma bonne dame ! Et puis si l’on n’a rien à se reprocher, on n’a rien à craindre n’est-ce pas ?

Combien de millions d’abrutis ont ce discours-là ?

Combien de millions d’abrutis pensent encore que l’état d’urgence sert vraiment la lutte contre les terroristes qui tuent par dizaines, par centaines, par milliers ?

Combien ignorent – ou refusent de croire – que la plupart des victimes de l’état d’urgence sont des militants politiques et syndicaux ?

Combien ont l’esprit assez vif pour comprendre que demain, avec un état d’urgence devenu loi ordinaire, ce sont les opposants politiques de Macron qui seront ciblés comme ennemis d’État ?

On n’est plus dans un film américain cette fois mais dans la vraie vie ! Au point que la France, cette grande et belle démocratie, si exemplaire, a été pointée du doigt récemment par Amnesty Internationale qui d’habitude dénonce plutôt des dictatures… Pourtant c’est passé comme une information de troisième ordre… Pas de vague !

Il y a quelques années, Henri Amouroux écrivait un livre intitulé « 40 millions de Pétainistes ». Il expliquait pourquoi Pétain avait été si bien accueilli par le peuple français.

Je comprends que les Français de 2017, bien que très différents de ceux de 1940 à certains égards, ont toujours au coeur ce même esprit de Munich.

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Il faudra que certains d’entre nous, citoyen-ne-s Français-e-s, Insoumis-e-s mais pas que…, attaché-e-s à l’oeuvre du Conseil National de la Résistance (c’est-à-dire une France libre, un peuple souverain, un régime politique démocratique, un régime économique et social juste) sans regarder les étiquettes politiques anciennes, oeuvrions de concert pour rendre possible un retour des Jours Heureux.

Il nous faut un nouveau Conseil National de la Résistance. Aussi longtemps que l’on restera dans nos pré-carrés électoraux et politiciens habituels, nous perdrons collectivement.

 

Place au peuple !