Serment de la Porte de Versailles – Jean-Luc Mélenchon le 19 avril 2012

C’était le 19 avril 2012, à la Porte de Versailles. Jean-Luc Mélenchon délivrait le dernier discours de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, juste avant le premier tour.

« Le Front de Gauche est votre outil. Il est devenu, petit à petit, le Front du peuple lui-même. Il est plus grand que nos drapeaux, plus grand que nos partis, plus grand même que notre programme.

Entendez le bruit fantastique du peuple qui s’est levé et qui s’est mis en mouvement. Si le peuple comprend qu’il est la force, rien ne peut lui résister. Rien ! Personne ! Nulle part !

Voici ce que je peux vous promettre, comme homme et comme militant :

Sur mon honneur, jamais je ne me dédierai du drapeau que vous m’avez confié, du message que vous m’avez demandé de porter, de la grande et noble cause que nous avons fait vivre ensemble.

NI À VENDRE, NI À ACHETER, NI À DOMESTIQUER !

Avec mes camarades du Front de Gauche, nous serons ET POUR TOUJOURS, la force AUTONOME, INDÉPENDANTE, EXIGEANTE, QUI NE SE MARCHANDE PAS, qui ne tripote rien sur les coins de bistrot, qui ne s’arrangera avec PERSONNE D’AUTRE QU’AVEC LE PEUPLE LUI-MÊME ET AVEC SON PROPRE PROGRAMME !

Lien vidéo (aller à 59 minutes et 55 secondes):

http://www.dailymotion.com/video/xq8uaz_jean-luc-melenchon-discours-de-paris-porte-de-versailles-sd_news

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La liberté d’être – Par Baloo

Liberté d’être une femme soumise.
Liberté d’être une femme asservie.
Liberté d’être une femme endoctrinée.
Liberté d’être une femme humiliée.
Liberté d’être une femme harcelée.
Liberté de n’être qu’un jouet.
Liberté de ne plus sourire.
Liberté d’être considérée inutile.
Liberté d’être une femme analphabète.
Liberté d’être une femme rabaissée.
Liberté d’être une femme frappée.
Liberté d’être une femme violée.
Liberté d’être une femme voilée.
Liberté d’être visible ou invisible.
Liberté d’être ce que l’homme décide.
Liberté d’être emprisonnée au foyer.
Liberté d’être une mère pondeuse.
Liberté de n’être qu’un sexe pour l’homme.
Liberté d’être une femme muette.
Liberté d’être une femme mutilée.
Liberté d’être une femme lapidée.
Liberté d’être une femme brûlée vive.
Liberté d’être une femme vouée aux enfers.
Liberté d’être une femme malheureuse
Liberté de n’être rien toute une vie.
Liberté de survivre à tous ces bourreaux.

Liberté, liberté, et puis quoi encore ?
Liberté de vivre libre au 21è siècle.
Seulement de vivre libre.
Est-ce trop demander ?

Entre deux mondes – Par Baloo

Le temps me file entre les doigts, le temps me nargue aussi
Car il sait bien que je ne peux rien contre lui.
Je voudrais pouvoir m’en moquer, prendre tout ça avec légèreté
Mais les signes sont là, présents et accablants.
Je sais que le compte à rebours a commencé
Et j’ai peur de manquer de courage quand viendra le moment.

Du plus profond de mes incertitudes, de mes errances,
Je bafouille mon avenir.
Je le dessine en virtuel en gommant le passé réel
Comme l’usure du temps efface les souvenirs.
Je deviens froid et égoïste, je cherche un paradis artificiel
En laissant derrière moi toutes ces valeurs essentielles
Auxquelles je me raccrochais quand je doutais, que je m’interrogeais
Sur ma vie, mes échecs et qui ne m’apportaient qu’un bonheur partiel
Alors que mon écoute et mon comportement étaient trop imparfaits.

Les épreuves de la vie m’ont ouvert les yeux et l’esprit.
Il m’a fallu du temps pour comprendre l’importance de l’échange dans ma vie
Mais combien de temps me faudra-t-il pour en maîtriser les effets ?
Toutes ces amitiés virtuelles dont je me suis rendu dépendant à souhait
Ont pris le pas sur la réalité, ont débordé mon quotidien
Et appauvri ma communication familiale du jour au lendemain.

Deux mondes indissociables me tiraillent et m’empêchent d’être vraiment libre.
Je suis moi dans l’un et l’autre voudrait que je me sente bien dans le sien.
Incompatible ou improbable association de deux mondes qui sont miens
Et qui pourtant m’apparaissent comme essentiels à mon équilibre.
C’est comme si ce monde parallèle me servait de sas de décompression
Me permettait de gérer, de canaliser tout ce qui en moi me met en ébullition.

Mais il est maintenant temps de réagir et de reprendre le contrôle de ma vie.
De repartir dans la réalité pour affronter les problèmes que j’éludais jusqu’ici.
Le besoin de concret se fait à nouveau sentir et ce temps virtuel va prendre fin
Comme une obligation, un passage imposé vers une nouvelle destinée.
Au fond de moi, je garde le souvenir de belles rencontres, de profondes affinités
Qui font que je suis sûr de garder un oeil sur vous même si je suis loin .

Fin de parcours (mes idées noires) – Par Baloo

Lorsque l’envie de partir devient quotidienne,
Lorsque l’envie de disparaître prend le pas sur tout le reste.
Quand les actes ne sont plus le reflet des paroles,
Que l’on a oublié ses idéaux et ses engagements.

Quand on regarde sa vie avec ses réussites et ses échecs.
Quand le poids de l’inutilité et de l’impuissance
Se fait chaque jour sentir un peu plus.
Quand la lassitude a étouffé l’espoir.

Quand l’avenir n’est plus une perspective
Mais une souffrance programmée.
Quand sa propre image ne renvoie qu’aux errances,
Aux égarements, aux incertitudes.

Lorsque la culpabilité face à ses proches
De ne pas être à la hauteur devient insupportable.
Lorsque la rage, la colère et le dépit ne débouche
Que sur la destruction et l’auto destruction.

Lorsque les plus belles choses de la vie
Ne provoquent plus le déclic émotionnel normal.
Lorsque toutes ces pensées cumulées
Vous amènent à penser « à quoi bon »

Alors oui, à quoi bon lutter face à un adversaire insaisissable
Qui au final gagnera puisque l’on a perdu toute envie de combattre.

A quoi bon puisque je n’atteindrai jamais mon absolu.
A quoi bon puisque j’ai perdu mes repères.
A quoi bon puisque je ne sais plus.
A quoi bon puisque j’ai envie de dessiner la fin de mon parcours.

Nouveau souffle – Par Baloo

Enfin libre !! Libéré de tout ce fardeau que j’ai porté en te voyant partir
En te regardant, impuissant, te détruire et nous fuir.
Libre de pouvoir espérer à nouveau ton avenir à nos côtés.
Oui je suis libéré de ce mal qui m’a rongé pendant des années.

L’inquiétude et la solitude en haut de ma tour d’ivoire
Tu les as connues, on l’a même partagé ensemble ce désespoir,
Sans s’écouter, sans se comprendre, sans se voir, sans y croire.
Dans ces errements que j’ai vécus, pendant ces insomnies, ces trous noirs
J’ai voulu aussi couler avec toi, à tes côtés par bêtise, par lâcheté.
Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas et à quoi bon d’abord
Pourquoi l’instinct de vie a été plus fort que l’instinct de mort.
La peur de me noyer ou tout simplement, encore, la lâcheté.

On n’est jamais tout à fait guéri, on a toujours peur de la rechute.
Mais toi et moi on le sait maintenant, faut s’méfier des mauvaises envies.
Tu peux vite te manger le sol si t’oublies les règles et ton parachute.
Y a pas d’intérêt à risquer la paralysie, souris plutôt à la vie.

Il m’a fallu du temps pour écouter, entendre et comprendre.
Faut pas s’enfermer dans ces putains d’tours, même si elle sont en ivoire.
Rien ne vaut l’échange, tu sais mon fils, l’échange ce n’est pas se vendre.
C’est simplement baisser sa garde, attendre, donner et un peu recevoir.

Je suis passé par toutes ces phases et crois moi le meilleur, c’est le partage.
Tu peux trouver que j’parle comme un livre, voire comme un vieux sage,
Je suis seulement heureux de te retrouver, avec ce mental que j’espérais.
Ces quelques années gâchées, rangeons les au placard, à tout jamais.

Oui je suis libre, libre pour te dire combien je tiens à toi depuis le début
Libre et soulagé de te voir te reconstruire et nous revenir.
Soulagé et fier de ton courage, je sais que tu va rattraper le temps perdu.
On n’ira pas place des Grands Hommes pour se retrouver dans dix ans,
Notre coin à nous, ce sera la place des vivants, des bons vivants.
Regarde mon fils, regarde là-haut, maintenant ils respirent.

Le solitaire – Par Baloo

Tous les matins j’débarque sur Paname, j’viens de Juvisy par la nationale.
J’fais partie de tout ce flot de banlieusards qui se déverse sur la capitale
En train, en voiture ou en moto comme moi sur mon 700 Deauville.

Zombies apathiques ou foule qui file, tout s’mélange dans cette mégaville.
Pour le boulot, pour la balade, ça court dans tous les sens, ça gesticule,
Ca grimpe, ça cavale, ça gueule et ça se bouscule.

C’est dans ce Paris et ses environs que tous les jours je tisse ma toile
A la façon d’un spidermale, d’un coursier solitaire qui a la moelle
Pour livrer des sapes, des logiciels, de la bouffe ou des cadeaux futiles,
Je trace ma route, je slalome, j’me faufile dans ce monde hostile
Où le serial caramboleur se cache aussi bien derrière une meuf banale
Que derrière un déménageur au physique de Chabal.

Le danger vient aussi des vieux , tellement vieux qu’on dirait des fossiles.
Avec eux c’est la loterie , tu joues ta vie à face ou pile,
Et je ne te parle pas de tous ceux qui roulent comme des narvals
Et qui finissent à l’hôpital, coupable de choc frontal et de dégât collatéral.

Y a aussi les condés qui conduisent comme des branques vers les Halles
Pour serrer deux trous d’balles qui déboulent boulevard de Sébastopol.
Tu vois des spectacles étranges sortis tout droit d’la série X Files.
Tu débarques dans un monde parallèle de came et d’alcool
Où se côtoie une faune hétéroclite et marginale
Qui pour un geste, un mot, une cigarette peut partir direct en free style.

Tu découvres toute la solitude dans cette déchéance intégrale
Etalée au grand jour devant des passants passifs et incrédules.
C’est rare de voir de la compassion face à cette population bancale
Qui vit sur le bitume, la galère au quotidien de l’aube au crépuscule.
Errants atypiques ou foule sale qui dérange, qui se saoule, qui coule.
Pour une pièce ou un peu de chaleur humaine, assis sur le sol
Ils attendent sans espoir, ils dérivent et finalement capitulent.

Face à tout ce tumulte, à cette violence et face à ce désespoir actuel,
Je rêve que je suis funambule, je me réfugie dans le ciel sur mon fil
Pour fuir ces agressions perpétuelles, cette misère, ces conflits stériles.
Mon impuissance à réagir me donne la nausée, c’est mortel.

Je déteste ma résignation face à cette société individualiste.
Comment combattre pour faire changer ces mentalités égoïstes ?
Comment combattre le sentiment d’être inutile, impuissant ?
Peut-être oser et devenir enfin vivant,
Lutter sur la scène de la vie et être présent,
Sortir de sa bulle et aller vers les gens.
Oser les mots et les gestes et donner à sa vie un sens.
Se donner le droit à l’erreur et risquer quelques errances.

Ca fait bizarre de se regarder sincèrement dans la glace
De faire le point et d’essayer de trouver enfin sa place.
Alors j’vais reprendre la route et entrer en résistance.
Peu importe si j’me loupe, j’n’ai pas dit que j’allais tout réussir
Mais j’veux plus passer à côtés des gens, j’veux positiver l’avenir,
Et avec mes moyens, lutter contre ce cancer qu’est l’indifférence.

Je fais un rêve – Par Baloo

Peut-on encore être noir, arabe ou jaune aujourd’hui en France et avoir des rêves ?
Verra-t-on un jour, un homme ou une femme scander, comme Martin Luther King
I HAVE A DREAM, oui mes amis, I HAVE A DREAM ?

Moi aussi j’ai fait des rêves mais très souvent ça virait au cauchemar,
Lorsque je regardais à la télévision, le soir, les JT d’Audrey Pulvar
Et que les images des infos étaient comme un appel à l’insurrection.

Cette France n’a pas changé comme l’avait promis un menteur.
Alors, faudra-t-il que le peuple se soulève
Et lui fasse payer chèrement ses trahisons de serviteur ?
Devra-t-il accepter encore longtemps toutes ces humiliations
Que lui imposent des gouvernements obtus et des présidents Bling Bling ?

Je rêve d’une France sans UMP sans PS et sans FN mais est-ce vraiment un crime
Que de vouloir chasser ces chasseurs inhumains qui prennent les Roms
Et les sans-papiers pour du gibier ? Où sont passés les droits de l’homme ?

Je rêve de cette France qui donne plus qu’elle ne reprend.
Je rêve de cette France qui était si belle avant que Sarko et Hollande ne la salissent.
Je n’en peux plus de voir ce pays dériver à droite, je veux une France métis
Qui partage, qui échange, qui se sourit, qui se respecte sincèrement.

Oui, Je fais ce rêve, oui mes amis, je veux croire en ce rêve
Où l’humanité et le respect du plus faible ne sont pas que des chimères.
Je veux croire en la sagesse d’une femme ou d’un homme courageux.
Un abbé Pierre avec le charisme d’un Coluche et la force d’un Teddy Riner
Un mutant quoi, qui serait le mélange de ces trois univers,
Et qui serait prêt à partir au combat et à prendre la relève
Un leader qui redonnerait confiance aux p’tits jeunes et aux p’tits vieux.

J’ai besoin de redécouvrir les vraies valeurs universelles.
J’ai envie de croire encore que l’humain n’est pas que trahison.
Oui c’est vrai, je fais ce rêve d’un monde meilleur, d’un monde en paix
Ne m’en voulez pas d’être à ce point Idéaliste même Utopiste
C’est ce moteur, cette conviction qui me guide, qui m’aide à tenir.
Toutes les luttes et les combats perdus ne m’arrêtent pas
Peu importe les défaites, je sais que la victoire se dessine trait à trait

Une nouvelle France peut exister, elle trace sa route pas à pas
Sereinement, pour refaire la part belle à l’espoir, aux humanistes
Je vous offre mon rêve, c’est plus fort que moi, je veux croire en l’avenir.

Place au peuple !