Archives du mot-clé 18 mars 2017

Message de Gérard Miller lors de la marche pour la 6e République, place de la République à Paris le 18/03/2017

Retranscription faite par Vincent Christophe Le Roux
*
Pour écouter et voir ce message, c’est ici.
*
*
*
Quand en 1889, on a voulu interdire aux enfants de moins de 12 ans de travailler dans les mines, des voix se sont élevées pour dire : « Vous n’y pensez pas ! On va manquer de charbon ! »
*
Quand en 1936 on a demandé si on ne pouvait pas envisager de passer à la semaine de 40 heures, des voix nombreuses, très nombreuses, se sont élevées pour dire : « Ah non, pas question ! Ou c’est tout notre système économique qui va s’écrouler ! »

*
Et quand en 1982 on a décidé d’instaurer la 5ème semaine de congés payés, des voix, les mêmes, toujours les mêmes, se sont, une nouvelle fois, insurgées : « Ah non, là vraiment, avec cinq semaines de congés payés, la France ne pourra plus être compétitive ! »

*
Et tout ça, tout ça, affirmé, à chaque fois, avec un ton d’évidence. Parce que les réactionnaires sont comme ça ! Ils passent la moitié de leur vie à se tromper et le reste du temps à ne pas corriger leurs erreurs. Mais ils croient, dur comme fer, que le bon sens est de leur côté. Ils sont convaincus d’avoir les pieds sur terre tandis que les autres, les révolutionnaires, les gauchistes, les insoumis auraient la tête dans les étoiles. Et pourtant, et pourtant, il n’y a pas une seule avancée sociale que tout le monde trouve aujourd’hui parfaitement normale. Même Fillon ne souhaite pas que les enfants redescendent dans la mine et d’après ce que j’ai compris, il ne remet pas en cause les congés payés.

*
Il n’y a pas une seule avancée sociale qui n’ait pas été arrachée à tous ceux qui considéraient que le monde dans lequel on vit est le seul possible !

*
L’actuelle campagne électorale ne déroge pas à la règle. Combien de fois n’avons-nous pas entendu, ces dernières semaines, les tenants du libéralisme affirmer :

*
« Ce que propose Mélenchon, c’est bien beau mais ce n’est pas réaliste ! Bien beau la 6e République, ou l’augmentation du SMIC, ou la revalorisation des minima sociaux, ou le retour à la retraite à 60 ans, ou le remboursement à 100% des frais de santé, ou la gratuité progressive de l’eau et de l’énergie, tout ça c’est bien beau mais ça n’est pas réaliste. »

*
Je vous pose la question. Les tenants du libéralisme ont plongé le monde dans une crise économique qu’eux-mêmes reconnaissent comme invraisemblable. Est-ce qu’ils sont vraiment bien placés pour nous expliquer ce qui est réaliste ou pas ?

*
Quant aux électeurs de gauche, sincères, qui aimeraient voter pour Jean-Luc Mélenchon et qui écoutent la voix de ses sirènes en se demandant : est-ce que le programme de la France insoumise n’est pas un peu utopique ? il faut leur rappeler que tout au long de l’histoire de France, la droite n’a pas cessé de dire à la gauche qu’elle n’était pas réaliste. Et heureusement, la gauche ne l’a pas entendue sinon nous n’en serions pas là où nous en sommes aujourd’hui !

*
Ne tombons pas dans le piège du « combien ça coûte ? ». Demandons-nous d’abord ce qui est juste. Demandons-nous d’abord ce qui est souhaitable. Et ensuite seulement, réfléchissons, comme la France insoumise l’a fait, à la façon de financer tout ça ! Parce que l’argent ne manque pas. Il n’a jamais manqué !

*
Pour terminer, je vous dirai un mot de ce qu’on appelle aujourd’hui le vote utile. C’est un piège de même nature.

*
Les Socialistes qui nous exhortent aujourd’hui à voter, dès le premier tour, pour Emmanuel Macron, pour barrer la route au second tour à Marine Le Pen, oublient un petit détail : ils ont eu cinq ans pour détourner de l’extrême droite les électeurs. Cinq ans pour préférer au « vote utile » la politique utile ! Cette politique utile, ils ne l’ont pas faite et ils nous demandent maintenant de réparer les pots qu’ils ont eux-mêmes cassés !

*
Le vote utile, c’est le degré zéro de la politique ! On ne s’intéresse plus aux programmes, on ne s’intéresse plus aux idées, on se s’intéresse plus aux propositions, on considère que la cause est perdue d’avance alors que la seule cause qui est perdue d’avance, c’est quand on décide à l’avance de ne pas se battre !

*
Je termine en vous disant que ce billard à trois bandes – il aurait fallu voter, à la primaire de la droite, Juppé pour battre Sarkozy et maintenant il faudrait voter Macron pour battre Le Pen – ce n’est pas notre conception de la politique !

*
Et je vais vous dire une dernière chose et c’est là un des objectifs de la 5e République : nous dégoûter de la politique, nous faire croire qu’on ne peut pas se battre pour des convictions. Alors c’est simple. Moi, je termine en disant : Vivement la 6e République ! Et en attendant, soyons tous réalistes : votons pour Jean-Luc Mélenchon !
*
*
*
*
*
*
*
Publicités

Message de Sam Karmann (comédien, acteur) lors de la marche pour la 6e République, place de la République à Paris le 18/03/2017

Pour l’écouter, c’est ici
*
Retranscription faite par Vincent Christophe Le Roux
*
*
*
Et voilà, je monte et je regarde. Et je vous assure que c’est quelque chose de voir ces gens, tous ces visages, qui regardent vers cette 6e République, qui regardent vers ce programme que l’on croit possible, le seul possible, c’est-à-dire cette révolution à la fois institutionnelle et écologique. Et je voudrais dire, pour ceux qui doutent que l’on puisse toucher à cette constitution, l’article 28 de cette première constitution de la République, le 24 juin 1793, il est dit : « un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer la constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures. »
*

De la même façon, le spectacle des politiques de droite qui nous mettent la honte, eux ils disent… Ils montent les gens les uns contre les autres, contre les institutions, contre la justice. Leur slogan, c’est : « et alors ? ». Vous vous rendez compte ? La justice, et alors ?

*

[on entend dans la foule : dégagez – dégagez – dégagez…]

*

Savez-vous que dans le programme de Monsieur Fillon la justice c’était la simplicité, indépendance, efficacité ? Il a repris les termes, il a enlevé « indépendance ». Ce n’est plus que la simplicité et l’efficacité. Je vous laisse à comprendre ce que ça signifie de retirer le mot « indépendance de la justice » !

*

Assez des autres ! Je voudrais venir maintenant au point qui me tient le plus à cœur parce que avant toute cette campagne, avant le programme, moi je fais partie de ceux qui ont cru en 2012 au discours du Bourget et qui n’en peuvent plus ! Et quand on voit maintenant que la trahison se passe au PS, il faut accepter que le PS n’est plus un parti de gauche ! Je n’ai pas de leçon à donner à Monsieur Hamon mais Hamon, le PS te lâche, lâche le PS !

*

Je demande au million 100 000 personnes qui ont voté Hamon [à la primaire] de bien réfléchir. Je ne mets pas en cause l’homme, je le respecte infiniment, je le crois sincère mais en tout cas le programme, on le retrouve dans la France insoumise. Réfléchissez bien ! Le PS ne veut pas de cette politique de gauche ! C’est du centre-droit au mieux ! Au mieux ! Et à force de berner les gens, on se retrouve comme le 18 mars 1871, premier jour de la Commune, et là je vous cite le texte de Victor Hugo, qui a écrit pendant cette Commune, un texte admirable, un poème, où il prévient les hommes politiques, ou plutôt il leur donne le constat de leurs actions, et il dit… Ah, attention, c’est Hugo qui parle ! :

*

« Hélas ! Combien de temps faudra-t-il vous redire à vous tous, que c’était à vous de les conduire, qu’il fallait leur donner leur part de la cité, que votre aveuglement produit leur cécité. D’une tutelle avare, on recueille les suites, et le mal qu’ils vous font, c’est VOUS qui le leur fîtes ! Vous ne les avez pas guidés, pris par la main, et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin. Vous les avez laissés en proie au labyrinthe. Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte. »

*

Voilà, merci Victor !

*

Je ne peux pas partir sans cette phrase de Camus qui s’adresse à tous ceux d’en face qui méprisent le peuple, avec leurs arrangements, avec leurs mensonges, leurs parjures, leur déni, leurs reniements. C’est du mépris ! Et Camus disait : « Le fascisme, c’est le mépris ! Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. »

*
Levons-nous contre ce fascisme !
*
*
*
*
*
*
*
*