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L’évangile selon Gattaz – Par Bob Solo le 15/03/2016

Séparation du Medef et de l'État
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Séparation du MEDEF et de l’État !
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Particulièrement bien trouvé, le slogan fait mouche et illustre au poil la situation. C’est évidemment un clin d’œil au combat mené contre l’influence et le pouvoir des Églises, qui aboutit à la loi de 1905, proclamant et garantissant notamment “la liberté de conscience” : le droit d’être croyant, et surtout de ne pas l’être.
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Mais la référence va bien au-delà du mot d’ordre un peu goguenard visant à dénoncer la soumission criante et pitoyable du pouvoir politique hexagonal actuel à un patronat actionnarial multinational qui dicte ses conditions. Parce qu’en y regardant de plus près, ce capitalisme financier tend en effet à s’imposer comme une religion, d’un nouveau genre, certes, mais utilisant les mêmes ressorts et recettes que les autres. Et pour le même but : une hégémonie. On ne vous demande pas de réfléchir, on vous demande de croire. Or, une classe n’est dirigeante que si ceux qu’elle domine adhèrent à son récit du réel.
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Ainsi est fabriquée et diffusée une doxa, un système de significations, de représentations, cherchant à s’imposer comme seule vérité (il n’y a pas d’alternative). On ne prend plus la peine de l’expliquer ou la démontrer : c’est un dogme, incontestable. Et parce qu’il est incontestable, il faut neutraliser toute contestation qui subsiste.
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Les économistes sont désormais classés en deux catégories opposées : orthodoxes et hétérodoxes. Vocabulaire directement puisé dans le lexique religieux : l’orthodoxe seul « est dans la foi droite” et « pense dans la bonne voie ». Les tenants d’un ordre économique différent se planteraient, seraient des « archaïques », ou pire : des agents masqués d’une idéologie, l’ultime accusation, celle qui vous vaut l’excommunication des temples télévisuels. Comme si le capitalisme lui n’était en rien une idéologie. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage, mais bien plus, on réfute tout soupçon de contamination pour soi-même.
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L’économiste et sociologue Bernard Friot expose plus clairement le phénomène : le pouvoir politique en place s’appuie sur des croyances pour maintenir sa domination et empêcher la souveraineté populaire. Ces croyances d’essence religieuse assurent le maintien du capitalisme. Religieuses parce que dépourvues de fondements réels, parce que présentées comme des vérités absolues, parce que matraquées comme un catéchisme.
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Un exemple ? On sait maintenant d’où vient la bien plus fumeuse que fameuse « règle des 3% » (de déficit public par rapport au PIB). Le 28 septembre 2012, l’économiste Guy Abeille en révèle la genèse au quotidien Le Parisien : « On a imaginé ce chiffre de 3 % en moins d’une heure, sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique. En 81 Mitterrand voulait qu’on lui fournisse rapidement une règle facile, qui sonne économiste et puisse être opposée aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui réclamer de l’argent. On allait vers les 100 milliards de francs de déficit, soit plus de 2 %. Alors, 1 % ? Impossible à atteindre. 2 % ? Ça mettait trop la pression. 3 % ? C’est un bon chiffre, qui a traversé les époques, ça fait penser à la Sainte Trinité. Plus tard, cette référence sera théorisée par des économistes et reprise dans le traité de Maastricht, devenant un des critères pour pouvoir intégrer la zone euro. A l’époque, c’était quelque chose d’anodin. Mais la bête est sortie de sa boîte et ça nous a échappé. »
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Cette règle balancée ex nihilo devenue dogmatique ne repose donc sur aucun critère économique sérieux, aucune étude, aucune preuve de quoi que ce soit. Elle a pourtant traversé les décennies et justifie depuis les pires politiques d’austérité imposées à toute l’UE. Or les preuves de son inefficacité vis à vis des buts qu’elle prétend poursuivre sont maintenant flagrantes, démontrées par les faits objectifs, “grandeur nature”. Mais elles sont niées, escamotées, décrédibilisées, pour empêcher leur diffusion. C’est la définition de l’obscurantisme. La pente moyenâgeuse semble t-il inhérente à toute religion. Et celle du Capital n’y échappe pas. Avec son lot de superstitions bien débiles : allez toucher les grosses couilles dorées du taureau de Wall Street, ça vous apportera la fortune.
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Seul antidote, nous dit Friot, la laïcité comme outil d’émancipation sociale, économique et intellectuelle : « Nous exerçons une violence inouïe sur nos enfants pour qu’ils se conforment « aux exigences du marché du travail ». Qu’est-ce que cela si ce n’est un Dieu ? Nos sociétés sont soi-disant laïques quand il s’agit d’interdire le voile, mais contre les vraies divinités qui nous emmerdent et nous gouvernent, aucune contestation. »
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Pour lui, il faut en finir avec les évêques fanatisés du MEDEF, les prélats extrémistes du CAC40, les curés radicalisés du 6/9 radiophonique qui nous rabâchent quotidiennement le sermon néo-libéral. Et évidemment, avec les cardinaux tout-puissants de la Commission (ou Congrégation?) Européenne, non seulement premiers prêcheurs de la Sainte Parole, mais aussi désormais Grands Inquisiteurs : on sait quels bûchers purificateurs ils ont allumés, à Chypre d’abord puis en Grèce, pour châtier les infidèles et chasser les hérétiques.
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Un des Papes de ce clergé du fric l’a déclaré à cette occasion : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » Amen. Ce pontife non élu, arborant pas moins de quinze distinctions internationales de Chevalier de Ceci, Commandeur de Cela et Grand Croix de Mes Deux, est par ailleurs mouillé jusqu’à l’os dans un système d’évasion fiscale à grande échelle. Mais toujours en poste et en réalité aux manettes de l’Union. Il est issu d’un parti « démocrate-chrétien ». Traduisons : qui pense que Dieu a crée le Ciel et la Terre en sept jours chrono, qui pense que son Dieu à lui est le seul authentique, mais qui s’abstient désormais de brûler vif pour de vrai les gens qui pensent autrement – sauf en cas de bombardements massifs pour la victoire du Camp de la Liberté. Quant à la raison de la présence de l’adjectif « démocrate » dans l’intitulé, on cherche encore.
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Le titre de cet article fait bien sûr référence à l’actualité franco-française, mais on sait que Les Évangiles du Saint Profit s’écrivent aussi ailleurs. Des places boursières à Davos en passant par le FMI, l’OMC, le système bancaire et les agences de notations, les missionnaires de la Nouvelle Bible sont nombreux. On pourra largement s’approprier la citation de Jomo Kenyatta, président de la République kényane de 64 à 78 : « Quand les blancs sont venus, nous avions la terre et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier avec nos yeux fermés. Quand nous les avons ouverts, ils avaient nos terres et nous avions leur Bible ». Il suffira de remplacer « blancs » par « capitalistes », bien qu’ils soient eux aussi blancs en majorité, dominants historiques rêvant désormais à une domination absolue. Tout ça sur la base d’une fumisterie. Alléluia.
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Pour aller plus loin :
Promoteur du salaire à vie, Bernard Friot développe les principales croyances capitalistes, devenues des institutions tant nous les avons acceptées comme vérités.
Lien 1: Le salaire à vie (partie 1/2)
Lien 2 : Religion capitaliste et laïcité
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L’unitééééé est-elle l’unique solution à appliquer pour empêcher le désastre ?

La Gauche menacée en Ile de France, en Nord-Pas de Calais et ailleurs…

Déjà on entend la petite musique lancinante de la nécessaire « unitéééééééé de la gauche » pour empêcher que les régions ne basculent à droite.

C’est curieux mais moi j’ai le sentiment – très prégnant et très désagréable – que la « droite » gouverne déjà presque toutes les régions, même si elle le fait sous diverses étiquettes et avec différents prête-noms…

Il n’y a qu’à voir ce que font les régions dites de « gauche »…. Les mêmes solutions, les mêmes remèdes, les mêmes mesures qui nous enferment dans un capitalisme dévastateur des équilibres naturels et nous éloigne chaque jour davantage de relations humanistes entre les êtres humains.

Le fascisme menace nous dit-on. Il est à nos portes. En France et ailleurs dans le monde. Déjà, certains territoires ont basculé. D’autres menacent de basculer à leur tour. La guerre est encore larvée mais pourrait éclater pour de bon car les causes de celle de 1914-1918 sont bien présentes en 2015.

Alors on nous serine la réaction nécessaire : taisons nos différences. Entendons-nous. Faisons front commun. Nous nous entendons à gauche sur l’essentiel nous dit-on…

Je veux bien tolérer une « unitééééééé » de la Gauche mais à une condition, une seule : que l’on s’accorde sur ce que l’on va faire dans cette « unitéééééééé ». Et là, voyez-vous, j’ai quelques doutes sur la possibilité d’un tel accord sur le fond !

D’autres nous appellent à une union nationale qui ne tienne aucun compte des aspirations contraires des un-e-s et des autres.

Beaucoup confondent l’unité populaire nécessaire et qui, aussi étrange que cela puisse paraître, serait assez facile à obtenir si l’on sortait des schémas politiciens traditionnels, et l’union nationale qui est une forme de dictature du système avec une prétendue onction ou caution populaire.

Moi, je suis partisan de l’unité populaire (ce n’est pas pour rien que je soutiens Laïki Enotita en Grèce) qui suppose seulement que le peuple approuve un projet commun.

Je pense que quiconque proposerait en France un tel projet serait largement soutenu… pour peu qu’il n’ait pas trempé auparavant dans des combines politiciennes ou ne se soit pas rendu coupable d’avoir pris des décisions contraires à l’intérêt général…

Or c’est là que le bas blesse. C’est là notre grande difficulté du moment. Celles et ceux qui semblent proposer une alternative intéressante sont loin d’être des néophytes (à la limite tant mieux !) mais ils sont loin aussi d’être exempts de critiques.

Personne n’est parfait me répondra-t-on ! En effet ! Ce n’est pas tant que tel ou tel défaut puisse être constaté chez tel leader, tel parti, telle organisation, qui soit rédhibitoire à mes yeux, précisément parce que je suis assez tolérant pour admettre que l’on peut se tromper, s’égarer et revenir du bon côté du combat. Le problème, c’est une question de crédibilité…

Quand on dit des choses intéressantes, quand on défend un projet qui semble vraiment alternatif, mais qu’on reste uni à des gens qui, de près ou de loin, directement ou indirectement, de manière assumée ou dissimulée, restent malgré tout alliés à celles et ceux qu’on combat, on n’est pas crédible !

Quand on prétend faire autre chose mais que si on échoue à convaincre, on rejoindra celles et ceux qui font depuis toujours ce qu’on conteste, on n’est pas crédible !

Quand pour combattre un mal, on choisit d’appuyer un autre mal, on n’est pas crédible !

Quand on prétend vouloir rendre le peuple souverain sans vouloir briser les liens de la servitude, on n’est pas crédible !

Quand on prétend rassembler le peuple mais qu’on reste enfermé dans la cuisine politicienne de la Gauche, on n’est pas crédible !

Dans notre système électoral, pour l’emporter, il faut obtenir une majorité absolue au premier tour, ou une majorité relative au second et pour obtenir cela, il faut se rassembler et faire l’unitéééé de son camp.

Si vous faîtes cette unité dans la clarté, la cohérence et la fidélité aux valeurs de ce camp, vous réussissez assez bien à convaincre même celles et ceux qui n’y croyaient plus depuis longtemps car il y a un effet dynamique. On l’a vu aux présidentielles de 2012 pour le camp du Front de Gauche qui a fait le plein de ses voix et en a même sans doute gagnées ailleurs, très au-delà de son camp…

À l’inverse, quand on revient aux jeux politiciens, on se prend des vestes. La raclée s’annonce mémorable pour la gauche en général aux Régionales de décembre. Mais feu le Front de Gauche va également ramasser de violents coups dans la gueule ! Ce sera mérité quand on voit le spectacle affligeant qu’a donné, depuis juin 2012, le Front de Gauche ou plutôt celles et ceux qui l’animaient..

L’unité n’est donc source de succès que lorsqu’elle reflète un accord réel et sincère sur un projet et que les intérêts personnels s’effacent ou sont domptés et tenus en respect au profit de la promotion de l’intérêt général.

Mais faire l’unitééééééé juste pour peser plus lourdement que les autres concurrents ne peut aboutir qu’à un échec si cette unité ne repose pas sur un projet clair et enthousiasmant pour le peuple – et pas seulement pour les militant-e-s ou les cadres des organisations qui l’ont bâtie…

Si l’on accepte tous un projet clairement d’intérêt général, donc un projet qui mettra en oeuvre des décisions tout à fait différentes de celles que la droite officielle, ou le PS et ses bagages accompagnés, ont mis en oeuvre ces dernières décennies, alors oui, allons ensemble. Mais si cette condition n’est pas remplie, une large « unitéééééé » est hors de question.

La condition que je pose est évidemment une clause de style car celles et ceux que l’on combat ne sauraient renier ce qui les a toujours fait agir…

Fanchement…

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet du style  « L’Humain d’abord » ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet déterminé à renverser la 5e République pour rendre possible un régime où le peuple aura vraiment pleine souveraineté ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet radicalement anticapitaliste ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet qui nous libère de la servitude que nous impose l’Union européenne ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un projet qui tourne le dos à nos modes de vie consuméristes et dévastateurs des équilibres naturels pour rendre possible un autre monde sain et juste ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver une géopolitique anti-impérialiste et internationaliste ?

Voyez-vous la droite ou le PS et ses bagages accompagnés approuver un véritable partage des richesses produites par tous destiné à faire disparaître pauvreté et précarité alimentaire, sanitaire, intellectuelle ?

Je pourrais poursuivre longtemps ce genre de questions…

L’unitéééé avec le PS et ses bagages accompagnés est IMPOSSIBLE désormais !

L’unitéééé avec les « modérés » de la droite et du centre est IMPOSSIBLE désormais !

JAMAIS PLUS – vous entendez ? JAMAIS PLUS – je ne voterai pour un-e candidat-e du PS, quelles que soient les circonstances ! Le FN a grossi – et nous menace – largement À CAUSE de l’action du PS depuis des décennies. Alors PLUS JAMAIS je ne serai ce citoyen affolé, halluciné, qui choisit le cancer pour ne pas subir la peste…

Et PAS QUESTION non plus pour moi d’appuyer in fine un Alain JUPPÉ parce qu’il serait moins détestable qu’un HOLLANDE, qu’un SARKOZY, qu’une LE PEN ou que je ne sais qui d’autre…

Soit il y a en lice, au premier tour, un, une ou des candidat-e-s qui portent nos espoirs et notre détermination pour rebâtir un monde de liberté, d’égalité et de fraternité donc de partage, de justice et de paix, et qui gardent une crédibilité, et je voterai encore pour eux. Soit il n’y a que des arrivistes, des carriéristes, des politicien-ne-s madré-e-s, aussi détestables que ceux ou celles qu’ils disent affronter, qui se sont employés depuis des mois à fabriquer des alliances parfois indignes (indignes parce que ne reposant pas sur autre chose que des intérêts personnels, très éloignés d’un projet de reconstruction politique au sens noble du terme), et alors je ne me déplacerai même pas.

Comme je n’ai aucune illusion et que je crois être assez conscient de la réalité que nous vivons, en décembre pour les Régionales, j’agirai comme je l’ai déjà fait en 2014 pour les Départementales. Au second tour, je serai un abstentionniste puisque le vote blanc ne sert à rien.

Inutile de venir me faire la leçon. J’ai toujours voté à toutes les élections sans exception depuis que j’ai l’âge de le faire. J’ai 40 ans. J’avais souvent à l’esprit moi-même les arguments qu’on oppose aux abstentionnistes et cela me motivait parfois pour préférer voter « blanc ». Mais aux Départementales, pour la première fois, j’ai préféré m’abstenir au second tour. S’abstenir est aussi un choix et porte un message. Parmi les abstentionnistes, il y a bien sûr celles et ceux qui se contrefoutent de la politique depuis toujours mais leur nombre est résiduel. L’immense majorité des abstentionnistes sont des citoyen-ne-s éveillé-e-s mais très contrarié-e-s et qui hurlent ainsi un message très clair.

Cette fois, aux Régionales, c’est dès le premier tour que je m’abstiendrai car ce que je vois, ce que je lis et ce que j’entends est très loin de correspondre aux idées que je me fais de l’avenir dont nous avons besoin. Alors faute de pouvoir influer moi-même sur les évènements, je me retire sur l’Aventin… avec une cohorte de citoyen-ne-s désabusé-e-s, écoeuré-e-s, extrêmement contrarié-e-s MAIS PAS DÉSESPÉRÉ-E-S !

Nous ne sommes pas seulement des victimes de forces contre lesquelles nous ne pouvons rien. Nous sommes aussi des victimes de notre refus de nous libérer. Le principe de la servitude volontaire….

C’est à nous de prendre désormais notre vie en mains, malgré le système qui tend à nous dissuader de le faire, malgré les contraintes qu’on nous impose et les coups de fouet qu’on nous inflige.

Des milliers de gens ont abandonné la politique qui se fait sur la « scène » politique mais n’ont pas abandonné la politique pour autant, la politique au sens noble. Ils en font aussi en repensant le monde et en menant des alternatives radicales et concrètes chaque jour, dans leur vie, dans leur entourage.

Je l’ai déjà dit, je le répète. Ce n’est pas au niveau macro-politique que nous inverserons la course fatale. C’est au niveau le plus local, quand nous serons des millions à avoir compris et à avoir commencé à changer nos modes de vie, notre façon d’habiter la terre et réussi à faire en sorte que nos pratiques quotidiennes soient en résonance avec le diagnostic que nous avons fait et que nous aurons essaimé.

Ce n’est pas le PG, le PCF, le Front de Gauche qui changeront le monde.
Ce n’est pas davantage l’UPR, le M’PEP, le PRCF, le NPA ou je ne sais qui d’autre dans la galaxie institutionnelle des partis.

C’est NOUS !

L’Alternative ! Y croire et agir soi-même pour la rendre possible… La leçon de l’effet papillon

Avant-propos : Bien que publié sur mon blog intitulé « Vive la Sixième République et la première véritable démocratie », ce billet n’a rien à voir avec la thématique évoquée par le titre de ce blog.

« La » politique, tout comme celles et ceux qui la font dans l’Union €uropéenne, dans les États et les collectivités locales, me fatiguent, m’écœurent, me désespèrent. Après 22 ans d’engagement, je suis près de la saturation et je frise vraiment  l’overdose.

J’ai déjà laissé entendre que j’allais quitter cette scène-là (bien que je n’ai jamais été autre chose qu’un simple militant). Oui, ça ne saurait tarder car ça devient vraiment indispensable. C’est une question de santé psychique et d’équilibre personnel mais pas que…

Ce n’est pas de l’égoïsme. Il ne s’agit pas, pour moi, de me recroqueviller sur moi, sur ma vie, sur mon entourage, et de ne plus penser qu’à moi. NON !

Il s’agit  d’une révolte qui atteint son point d’explosion. La politique étant ce qu’elle est et celles et ceux qui la font étant ce qu’ils sont, je vire ANARCHISTE ! Et moi qui, il y a quelques années, regardait avec une certaine distanciation les adeptes de ce que l’on appelle « l’autogestion », je commence sérieusement à les comprendre aujourd’hui… J’ai mis le temps mais il y a des gens plus lents que d’autres…

Et il s’agit aussi de clairvoyance. Car le monde dans lequel on vit, ce monde détestable que nous subissons et que, hélas, nous contribuons à maintenir, fut-ce à nos dépens et à notre insu, n’est pas un monde durable. En plus d’être cruel, barbare, injuste, irrationnel, il est à durée déterminée car il ne perdurera pas encore très longtemps. L’humanité, si elle ne change pas radicalement son mode d’habiter la terre, et son mode de vivre ensemble, court à l’extinction à bref délai (au sens des temps historiques).

Or il existe des alternatives. D’ailleurs, depuis des années, une telle prise de conscience de cela grandit dans les têtes et il en résulte des alternatives concrètes, des ruptures radicales, des « radicalités concrètes » comme disent certains de mes camarades du parti que j’ai quitté il y a quelques semaines… Celles auxquelles je pense ne sont pas seulement les leurs…

Une idée nouvelle a souvent besoin d’infuser dans nos têtes avant d’avoir des effets concrets. De même qu’une graine plantée ne commencer à germer que plusieurs semaines plus tard et la plante en résultant mettra encore des semaines, voire des mois ou même des années à éclore…

Nous sommes pris entre le marteau et l’enclume. Aucune alternative profitable et durable ne saurait être mise en œuvre dans l’affolement et la précipitation. Il faut y réfléchir, il faut étudier les risques et les bénéfices à en tirer. Il faut préparer sérieusement la sortie du monde actuel et l’entrée dans un autre. Ça prend nécessairement du temps.

Or, du temps, nous en avons de moins en moins… Le sablier se vide. Les aiguilles tournent et se rapprochent inexorablement du terme. Certain-e-s ont déjà écrit qu’il était « minuit moins cinq »… Et ce ne sont pas, hélas, que des Cassandre. Des faits objectifs fondent rationnellement leurs craintes. Nous pouvons nous sauver nous-mêmes si nous prenons la mesure de ce qui se joue, si nous cessons enfin de tergiverser, de remettre à demain des décisions radicales que nous devrons de toute façon prendre mais qui, demain, seront plus difficiles qu’elles ne le seraient aujourd’hui.

Je suis de plus en plus convaincu, ainsi que des milliers d’autres que moi, des millions même, que la ou les solution(s) ne viendront pas d’en haut. Dans les sphères dirigeantes, on ne veut pas, on nous mystifie, on nous abuse, on nous ment, on nous trompe, on nous spolie, on nous violente, on nous dresse les uns contre les autres et on nous refuse le droit de décider librement de notre destin.

Il nous faut comprendre et prendre conscience que nous ne ferons rien au plan « macro » car tout est sous contrôle des oligarchies qui disposent de tous les moyens de renseignement et de réaction pour nous dompter et nous maintenir dans cette forme de « servitude volontaire » pour reprendre les termes de La Boétie ou dans ce « consentement » qui nous est extorqué après avoir été « fabriqué » (cf. ce qu’en dit Noam Chomsky).

Non, ce n’est pas au plan « macro » que nous réussirons à inverser la course folle. Non, ce n’est pas au niveau général de l’État, de l’Union européenne ou de quelque union alternative que ce soit, et encore moins au niveau global mondial, que nous changerons le monde.

Nous ne pourrons le faire, à mon sens, qu’au niveau « micro », localement, dans notre foyer, dans notre famille, dans notre entourage immédiat, dans notre quartier, dans notre ville et peu à peu, en remontant la « hiérarchie » des institutions, en les pervertissant par l’essaimage et la généralisation par capillarité des alternatives concrètes. Quand les gens qui vivent à côté de nous sans nous connaitre forcément, sans nous comprendre a priori, et même peut-être sans nous approuver, verront ce que nous réussissons à obtenir par nos alternatives de vie, et quand ils verront combien cela nous épanouit et nous illumine sans que ça ne les desserve eux-mêmes ou que ça ne leur nuise d’une quelconque façon, ils s’intéresseront à nous et à nos choix. Ils chercheront à nous comprendre en nous questionnant et en tentant, à leur tour, la grande Alternative. Et les résultats venus, ils seront alors eux aussi de bons pédagogues et d’efficaces abeilles pollinisant à leur tour de nouvelles contrées…

Ami-e-s et camarades, concitoyen-ne-s, émancipez-vous ! Décolonisez vos imaginaires ! Brisez les chaînes de la servitude volontaire ! Osez cheminer dans l’inconnu et naviguer vers d’autres rives…

« L’homme ne peut découvrir de nouveaux océans tant qu’il n’a pas le courage de perdre de vue la côte. » André GIDE

« Un autre monde existe, il est dans celui-ci. Soyons courageux. Allons le chercher. » Paul ÉLUARD

« On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. On le fait en inventant un autre modèle qui rend, de fait, l’ancien obsolète. » Busckminster FULLER (architecte, designer inventeur et auteur états-unien 1895-1983)

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire. » Henri BERGSON

Vous qui aspirez à succéder au Président de la République actuel, surtout si vous êtes de gauche…

Si vous voulez que le peuple vous fasse confiance de nouveau, il y a, me semble-t-il, quelques préalables absolus :

1/ Annoncer avec la plus grande fermeté et avec la solennité la plus éloquente, que le peuple français sera appelé à décider, lui-même, par référendum, s’il veut que la République française reste membre de l’Union européenne ou s’en retire, et que ce référendum sera organisé dans les 100 jours de l’arrivée au pouvoir de celui ou de celle qui serait élu-e à la Présidence de la République. En plus de la réponse « OUI » ou « NON » à cette première question, seraient proposés divers scénarii pour l’organisation concrète de la sortie entre lesquels le peuple aurait à trancher. Nous avons déjà des personnalités sérieuses du monde économique et politique qui ont réfléchi à la question de la sortie de la France de l’euro et/ou de l’UE et ont des propositions crédibles. On ne part pas de zéro. Il n’y a pas que ceux qui limitent leurs propositions à vouloir désobéir aux traités qui ont travaillé le sujet…

2/ Annoncer, avec la même fermeté et la même solennité, que le peuple français sera également appelé à décider, par référendum, s’il veut entamer un processus constituant de nature à transformer radicalement le régime politique de la République française pour améliorer fortement son caractère démocratique et républicain. En plus de la réponse « OUI » ou « NON » à cette première question, seraient proposés divers scénarii pour l’organisation concrète de ce processus constituant entre lesquels le peuple aurait à trancher. Par exemple, un premier choix serait d’élire une Assemblée Constituante unique au niveau national qui aurait alors une compétence exclusive ; un deuxième choix possible serait de décomposer territorialement le processus constituant, avec élection d’assemblées constituantes locales, qui auraient la mission d’élaborer, par étapes successives, les propositions de révolution constitutionnelle qui remonteraient ensuite à une Assemblée Constituante nationale chargée de finaliser le projet de nouvelle constitution ainsi que d’autres textes annexes éventuels (déclarations de droits, chartes…) ; on pourrait aussi envisager d’autres options que les deux ci-dessus.

3/ Annoncer, avec la même fermeté et la même solennité, que le peuple français sera également appelé à décider, par référendum, si la République française doit demeurer dans l’OTAN ainsi que dans diverses autres organisations internationales d’essence atlantiste. Je pense évidemment en premier lieu à l’O.M.C. et au F.M.I. mais il y en a d’autres. Pour chacune de ces organisations, le peuple choisirait « OUI » ou « NON » afin de ne pas faire un paquet imposant un choix unique pour toutes. Là encore, en plus de la réponse « OUI » ou « NON » à ces questions, seraient proposés divers scénarii pour que le peuple français se prononce, en répondant par exemple, aux questions suivantes :

– Souhaitez-vous que la République française se rapproche des BRICS en vue d’une prochaine adhésion à cette alliance alternative : OUI ou NON ?

– Souhaitez-vous que la République française agisse au plan international pour que soient mises en place d’autres alliances inédites : OUI ou NON ?

– Souhaitez-vous que la République française agisse au plan international en faveur d’une réorganisation profonde de l’ONU : OUI ou NON ? On pourrait aussi, sur ce sujet précis, proposer divers scénarii de réforme de l’ONU…

Si le peuple français donnait ainsi de la voix, pour dire sa volonté que des valeurs authentiquement humanistes, et que des principes reposant sur la démocratie, la loyauté des échanges, l’équité et l’harmonie des relations internationales, gouvernent le monde, nos dirigeants seraient dotés de puissantes armes politiques pour agir sur la scène internationale.

Voici trois domaines éminemment fondamentaux. Certes, ils ne peuvent résumer toute la politique d’une nation, d’un État, d’un gouvernement et d’un peuple. Bien d’autres questions sont importantes : l’économie, la culture, l’écologie et d’autres encore. Mais mon avis est que ces trois domaines conditionnent le succès de tous les autres d’une part. D’autre part, si déjà ces trois engagements géopolitiques étaient pris publiquement par une personnalité de la Gauche de combat aspirant à devenir demain candidat-e à l’élection présidentielle pour y être élu-e et non pas seulement pour y faire un tour de piste de figuration pour la gloire d’avoir combattu, et enfin appeler au gouvernement de notre pays une équipe de combat contre le capitalisme et l’impérialisme états-uniens, organisés et relayés par ses différents exécutants européens, eh bien sans doute que le peuple tendrait l’oreille dans un premier temps… et serait séduit dans un second !

Partons du projet collectif et non des personnalités et nous aurons remis la lutte en ordre de « bataille » !

Texte de ma camarade Christine DUPLAISSY

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Suite à un débat sur André Chassaigne et sur sa jalouse vindicte contre Jean-Luc Mélenchon…

Et si les PC ont continué leurs alliances contre nature partout en province et de plus belle pour les Départementales, ça doit être aussi « la faute à Simonnet » (Paris) ou « à Mélenchon » (moi je dirais plutôt la faute à Coquerel, mais moi je fustige aussi ces histoires de personnes !

Non, les gens ! Ça n’est pas un problème de personnes, mais de CONVICTIONS politiques et de PROGRAMME ! Je m’explique.

De toutes façons, tant que le PC, comme « Ensemble », comme le PG, n’auront pas rompu définitivement, localement comme nationalement, avec le « social-néo-libéralisme » et ne seront pas revenus au programme alternatif fondamental « L’Humain d’Abord » (à creuser et travailler encore, on est d’accord !) programme COLLECTIF, à l’origine, et qui est une vraie avancée vers la rupture anti-capitaliste, la population, soit se résignera, soit cherchera une « alternative » ailleurs et gare à tout le monde si c’est l’alternative de la Haine !!!

Mais personne ne va donc se poser la question de POURQUOI la droite et son extrême font le plein de leurs voix (qui plafonnent et n’augmentent guère si l’on y regarde de près !) & de POURQUOI, NOUS, feu le FDG, qui aurions dû représenter L’ALTERNATIVE, nous n’avons réussi à « convaincre » 50% d’électeurs/trices qu’à RESTER CHEZ eux et elles (ou voter blanc/nul dans le « meilleur » des cas !!!) ?

Cette abstention massive n’est PAS de droite et se refuse farouchement à l’extrême-droite ! Ces gens-là (dont je fais partie !) n’attendent qu’une chose : qu’on leur propose de construire une alternative clairement affranchie des vieilles « alliances » traditionnelles rances et mortifères ! Et surtout clairement affranchie des deux partis de « gouvernement » P$ et €€LV qui ne savent qu’acheter un semblant de paix sociale en organisant méthodiquement le turn-over de la misère afin de maintenir à flot le système capitaliste qui ne sait que se régénérer de crises en crises ! Deux partis également pro-système U€, dont il faut sortir au plus viiiiite !!!

Ça n’est pas un problème de « personnes », on n’en est plus là : y’a le feu au lac, là ! Et ça n’est même plus une image : c’est l’effrayante réalité « gaz de schiste » / et-ou nucléaire, et ZAD à « détruire » de leur point de vue, que P$ et €€LV soutiennent, tout comme UMP-FN/UDI-MODEM !

C’est un problème de choix de société !!! Décidons nous-mêmes de QUELLE SOCIÉTÉ nous voulons demain pour nos mômes (& pour ce qu’il nous reste de temps à vivre !), de QUELLE constitution nous voulons pour ne plus reproduire les aberrations d’un Monarque républicain et de son « staff » (qui ne peut même plus s’appeler un « État » vu qu’il est entièrement à la botte et au service de la finance et de l’impérialisme US !

Reprenons NOTRE SOUVERAINETÉ ET NOTRE INDÉPENDANCE ! Et ensuite, nous devrons décider, puisque la 5ème ripoux-blique nous y oblige une dernière fois, de quelle personne mérite notre confiance, suffisamment pour porter notre programme vers son succès. Et dès que celle-ci ou celui-ci aura accompli son mandat, nous lui demanderons de nous rendre les clés. Gentiment d’abord… Mais s’il faut montrer les dents et le/la révoquer, la nouvelle Constitution nous en donnera le droit et nous n’hésiterons pas !

Voilà, à mon sens, rien ne vaut la rupture franche, publique et totale d’avec P$, €€LV et toutes celles et ceux qui nous jouent les « grandes orgues » du « sentimentalisme de gôgôche » pour mieux nous museler, ce qui, perso, désormais, me laisse de marbre !!!

Partons du projet collectif et non des personnalités et nous aurons remis la lutte en ordre de « bataille » !

P$… J moins 2 avant la fin d’une époque. On va enfin changer de siècle !

Dimanche soir, nous vivrons une grande tristesse de voir la peste brune gagner du terrain et les réacs de l’UMP reprendre des positions perdues.
Mais nous aurons aussi une immense joie, celle de voir le Parti Sournois s’éteindre définitivement.

Les adeptes du Parti Salopard ne seront plus dimanche que les combattants d’une armée en déroute. Et ils le savent. Ils ont compris ce qui se trame.

Allez-y, élu-e-s socialistes, chougnez, pleurez, trépignez, suppliez. Quoi que vous fassiez et quoi que vous disiez, vous vivez vos derniers jours. Le peuple a compris qui vous êtes et ce que vous voulez. Le peuple a vu l’océan qui sépare vos engagements de campagne de la politique que vous décidez toujours une fois que vous avez accédé au pouvoir. Alors jamais plus le peuple ne vous fera confiance. Jamais plus il ne votera pour vous. Il n’y aura plus que vos obligés qui le feront. Et encore plus très longtemps car les obligés ne le sont que le temps que vous leur bénéficiez…

Nous connaissons vos menaces. Elles ne pèsent plus sur notre décision. Quel que soit le danger que nous aurons à affronter après votre décrépitude, nous avons compris qu’user à votre encontre du droit de grâce, c’est nous garantir de nouvelles souffrances. C’est nous assurer de nouvelles déceptions. C’est vous offrir de nouveau le pouvoir de nous nuire. Alors basta !

Vous nous avez trop trompés. Vous nous avez trop menti. Vous nous avez trop méprisé. Vous nous avez trop trahis. Vous nous avez trop violentés. Alors vous allez connaître le prix de la vengeance populaire. Dans deux jours, vous serez morts.

Nous aurons à affronter d’autres obstacles et d’autres dangers mais après votre trépas, le paysage politique sera plus lisible, surtout à gauche.

Nous, peuple français, n’avons pas peur ! À vous autres, adeptes et acteurs du choc des civilisations, d’avoir peur !

Manuel Valls, tel un sous-produit de George « W » BUSH, disait, au lendemain de la tuerie à laquelle nous avons assisté, pétrifiés, qu’ « il y aurait un avant et un après 7 janvier ». Facile ! Même pas un propos inédit ! Aucune création originale ! Notre médiocre Premier ministre, caudillo en devenir, n’a montré là qu’une capacité à reproduire, sans talent, ce qui a été initié par d’autres, bien avant lui. Le Premier ministre s’est montré tel qu’il est : incapable d’innover, d’inventer, de dépasser ses prédécesseurs ou ses homologues et congénères de France ou d’ailleurs, d’aujourd’hui ou d’hier. Il a montré ses limites, bien vite atteintes. Loin d’être un chef de gouvernement à la hauteur de sa responsabilité, il n’a pu que se parer des atours élimés du plus mauvais plagiaire, celui qui ne fait même pas illusion, nulle part.

Du moment que je considère que la tuerie n’est pas un acte de fondamentalisme religieux, ou, à tout le moins, qu’elle n’est pas que ça, je considère qu’elle avait, pour ceux qui l’ont commanditée, le même but que le 11 Septembre : saisir l’opinion, la prostrer dans la stupeur, l’effroi, l’abattement. Pour l’empêcher de penser, de réfléchir, d’analyser et d’avoir une chance de comprendre ce qui se passe, et faire en sorte que les autorités en place puissent :
1°/ imposer leur camelote liberticide sans contestation aucune,
2°/ « dans l’intérêt de la France », participer plus activement à la « guerre contre le terrorisme » et officialiser enfin un rattachement, bien plus net encore qu’il n’existe aujourd’hui, aux États-Unis d’Amérique, puissance qui donne le tempo au monde depuis des décennies mais qui a du mal à s’imposer pour de bon chez nous,
3°/ adopter puis ratifier sans opposition le TAFTA, avant le TISA qui suivra et sans doute d’autres « accords » du même genre.

Là où je suis satisfait, et un peu rassuré, c’est qu’il semble que le peuple français ne soit pas jumeau du peuple américain. Je veux dire par là qu’au lendemain du 11 Septembre, le peuple états-unien a marché, comme un seul homme, derrière son Président et son armée, totalement abruti qu’il a été par tous les medias et tous les pouvoirs, sans qu’aucun des célèbres contrepouvoirs n’assume aucune de ses responsabilités. Je dis ça parce que les manifestations de ces derniers jours semblent indiquer, au contraire des Etats-Uniens, que le peuple français n’est ni prostré, ni abattu. Choqué, écoeuré, fou de colère et de douleur, inquiet, il l’est sans aucun doute. Mais au moins, lui, est debout et pas couché devant son gouvernement.

Cela dit, les deux drames sont d’ampleur tellement incomparable que l’on ne peut tirer de leçon absolue et définitive sur ce point. Imaginez si la France subissait un attentat qui soit identique au 11 Septembre, proportionnellement à sa population. Il y avait près de 281 422 000 habitants aux États-Unis en 2001 et il y eut près de 3000 morts dans les attaques du 11 Septembre. Rapporté à la population actuelle de la France, 66 millions d’habitants, cela veut dire que nous assisterions à la mort violente de près de 700 personnes en une seule journée. Je crains fort qu’une telle horreur, si elle devait se produire un jour, aurait des effets de « choc et de stupeur » bien plus profonds que la disparition d’une vingtaine de personnes, fussent-elles déifiées aujourd’hui.

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit refuser les vérités officielles et médiatiques et être attentif à ce qui se dit autour de lui, sans jeter le discrédit et l’opprobre sur les sceptiques qui ne croient pas aux explications trop simples des autorités ou des medias qui, rappelez-vous, ne sont que l’outil de propagande du pouvoir, c’est-à-dire de ceux qui détiennent le pouvoir réel dans la société.

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit rester sur ses gardes vis-à-vis du gouvernement (autant par rapport à celui-ci que par rapport aux prochains qui lui succèderont).

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit se rassembler, pas dans une « unité nationale » politicienne et qui ne servirait que les intérêts des maîtres et des oligarques, mais dans un rassemblement du peuple de l’essence du « Conseil national de la résistance » qui fut une forme puissante de lutte des classes. Le CNR, en étant une résistance à l’occupant puis au « capitalisme du désastre » qui avait mené à la guerre, est la force politique et citoyenne qui renversa la table et fit bouger le curseur du rapport de force en redonnant la primauté au peuple à travers ses représentants tandis que les oligarques et les capitalistes étaient bien tenus en respect. Certes, on peut toujours considérer que son oeuvre fut inachevée, qu’il aurait dû faire plus et mieux. Mais ce qu’il fit fut déjà immense, surtout lorsqu’on le compare à ce que nous avons aujourd’hui. Beaucoup de cette oeuvre fut détruit depuis des années, méthodiquement. Il s’agit pour nous aujourd’hui de commencer par reconstruire ce qui a été abattu avant d’aller plus loin que ne l’avaient fait les acteurs du CNR. C’est toujours une forme de lutte des classes. Pas au sens où une moitié du pays imposerait sa loi à l’autre. Mais au sens où l’immense majorité du peuple de ce pays imposera sa loi à cette toute petite minorité qui se comporte comme une nuée de criquets, dévastant tout sur son passage puis, une fois que plus rien ne reste, s’en allant dévaster un autre lieu.

Je lis souvent une opposition entre tenants du « rassemblement » et tenants de la « lutte des classes », les deux étant incompatibles aux yeux des deux « factions… Quelle gigantesque connerie !

La « lutte des classes », c’est le « rassemblement » du peuple contre les voleurs et les escrocs des sommets du pouvoir économique, social et politique. Le peuple, c’est 99% de la population et les intérêts de ces 99% sont très proches. Et ces intérêts-là n’ont rien à voir avec ceux du 1% restant. Certes, toutes les minorités méritent de vivre et d’être respectées, ont des droits,  et ne sauraient, pour la seule raison qu’elles sont « minorités », être maintenues dans l’asservissement. Ce n’est pas l’humaniste et l’homme de gauche que je suis qui dira le contraire. Mais aucune minorité ne saurait imposer sa loi contre l’intérêt général. Or, c’est exactement à cela que nous assistons depuis les années 70. C’est exactement cela que nous subissons depuis les années 70. Cette minorité du 1% du peuple Français, la plus nantie, impose sa loi d’airain à tous, avec le consentement plus ou moins bien accepté des 99%.

Quand je disais, plus haut, que nous devons, collectivement, être « attentifs » et « rester sur nos gardes », j’ai ajouté immédiatement « vis-à-vis du gouvernement » car ça ne veut certainement pas dire que la population doit se méfier de tout et de tout le monde en général, de quelques-uns d’entre nous en particulier, si vous voyez ce que je veux dire… Il n’est pas question que soient ciblés et inquiétés ceux qui n’auraient pas la « bonne » couleur (la France n’est pas une population d’une couleur prédéterminée), pas le « bon » patronyme (la France n’est pas une population dont les noms de famille ou les prénoms ne devraient être qu’issus d’un almanach datant de plusieurs siècles), qui ne pratiqueraient pas la « bonne » religion (il n’y a aucune « bonne » religion en République laïque), qui ne vivraient pas à la « bonne » adresse (le lieu de vie ne fait pas partie des éléments discriminants que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen admet implicitement quand elle stipule que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune »), ou qui feraient des choix de vie différents de tel ou tel autre Français se croyant en droit d’imposer ses vues aux autres. Cet esprit de division et de discrimination -là nous est insufflé depuis trop longtemps et, hélas, je crains que nous le ressentions de plus en plus fortement maintenant. Mais nous le refusons.

Ce n’est pas en raison des actes criminels de quelques assassins que nous devons nous méfier et considérer comme suspecte, voire ennemie de l’intérieur, toute une population qui leur serait assimilée pour des motifs de proximité prétendue alors que seuls des racistes, des xénophobes, des ratatinés du bulbe ou des salopards intéressés à de noirs desseins contre notre contrat social et notre vivre-ensemble décrivent comme telle. Jamais la foule des chrétiens n’a été mise en cause pour les actes criminels de quelques-uns d’entre eux. Jamais la foule des blancs n’a été incriminée pour les actes criminels de quelques blancs. Jamais la foule des policiers n’a été incriminée pour les bavures de tel ou tel policier. Jamais une armée entière n’a été incriminée pour les actes criminels de tel ou tel soldat. On peut continuer ce genre de propos avec d’autres exemples. Ils abondent. Il va sans dire que la mise à l’index, ouvertement ou de manière détournée, que ce soit en l’assumant ou en faisant, malhonnêtement, semblant de dire le contraire du message subliminal que l’on diffuse, d’une certaine population s’inscrit clairement à la fois dans le racisme intemporel et dans le très contemporain choc des civilisations.

Nous, peuple français, refusons et l’un et l’autre !

Nous, peuple français, ne sommes pas racistes mais ouverts aux autres, tolérants devant la diversité et convaincus que l’altérité est une chance pour nous tous.

Nous, peuple français, refusons le choc des civilisations que quelques esprits tordus, sous l’influence spirituelle des néoconservateurs états-uniens, veulent importer en France.

Nous, peuple français, allons, collectivement, donner une suite à ces tragiques évènements du 7 janvier 2015. Mais loin de donner une suite antidémocratique, liberticide et belliqueuse à ces évènements, et loin de satisfaire aux rêves malfaisants des fascistes en herbe et de leurs nervis d’un côté, aux intérêts des gouvernants et de leurs mandants (oligarques, capitalistes et puissances impériales étrangères) de l’autre, nous allons reprendre notre destin en mains.

Nous allons remettre notre pays sur la voie du progrès pour tous et oeuvrer, avec d’autres, en Europe et dans le monde, pour que l’humanité chemine vers une harmonie des civilisations plutôt que vers la guerre des civilisations.

La peur ne passera pas par nous pour paraphraser un vieux slogan. Les pouvoirs publics, partout et en tout temps, jouent sur la peur ressentie par les peuples pour asseoir leur pouvoir et celui de ceux pour qui ils agissent, lesquels sont étrangers au peuple. La peur est destinée à nous empêcher de penser, à nous dissuader d’agir, et à nous défier les uns des autres. Nous n’entrerons pas dans cette folie civilisationnelle-là. Le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, lors de son 1er discours d’investiture en mars 1933, en une époque où son pays était au coeur de la « Grande Dépression » succédant au krach de 1929, adressait une supplique à son peuple :

« La seule chose que nous devions redouter, est la peur elle-même !« 

Eh bien nous, citoyens et citoyennes de la République française, nous n’avons pas peur. Ni des illuminés fanatiques, ni des terroristes authentiques ou maquillés, ni des gouvernants, ni de personne.

Vous qui décidez pour nous, depuis l’Élysée, Matignon, le Palais-Bourbon, ou l’hôtel Crillon, le dîner du siècle, Londres, Berlin,  Bruxelles, Washington ou ailleurs, entendez ce cri montant du peuple français, peuple des révoltes et des révolutions :

NOUS N’AVONS PAS PEUR !

Et plus encore, écoutez ce cri du coeur d’un peuple qui va reprendre son destin en mains : NOUS N’AVONS PLUS À VOUS TOLÉRER ET NOUS N’ALLONS PLUS VOUS TOLÉRER.

VOUS, Président de la République,
VOUS, Premier Ministre,
VOUS, Membres du Gouvernement,
VOUS, députés et sénateurs,
VOUS, élus locaux,
VOUS, commissaires européens,
VOUS, députés au Parlement européen,
VOUS, PDG, directeurs, adjoints, membres des conseils d’administration et actionnaires des grandes entreprises,
VOUS, qui que vous soyez, qui agissez contre l’intérêt général, pour vos seuls intérêts ou dans les seuls intérêts très particuliers de vos mandants,

Entendez ce cri : C’EST VOUS, TRÈS BIENTÔT, QUI AUREZ PEUR !