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Le vice-président de Bolivie donne une leçon magistrale aux dirigeants de la gauche européenne

Dans l’intérêt général des non hispanophones, je viens de procéder à la traduction en français de l’article en espagnol qui peut être lu ici :

http://www.publico.es/internacional/489157/el-vicepresidente-de-bolivia-imparte-una-leccion-magistral-a-los-dirigentes-de-la-izquierda-europea

N’étant pas un traducteur assermenté et ma connaissance de l’espagnol n’étant pas certifiée, je signale que j’ai peut-être fait quelques erreurs. Merci aux éventuels hispanophones de me corriger le cas échéant!

La vidéo de la prestation de ce dirigeant bolivien a été mise en ligne ce samedi après-midi. La voici: http://www.youtube.com/watch?v=e25Arsu2TlU&feature=share

* * * * *

Álvaro García Linera est devenue l’étoile incontestable de la première journée du Congrès. En cinq clés, il a dessiné le chemin que devaient suivre les forces alternatives en vue de retrouver la démocratie.

L’ovation debout que la séance plénière du  IVe Congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) a offert ce vendredi à Álvaro García Linera sonne comme une reconnaissance. Reconnaissance pour la leçon magistrale que le vice-président de Bolivie vient de délivrer devant les délégations de 33 partis du PGE qui se sont déplacés jusqu’à Madrid et qui se résuma à une réflexion finale de haute volée: « Nous souhaitons de vous, et nous exigeons de vous que vous luttiez, que vous luttiez, que vous luttiez. Ne nous laissez pas seuls, nous avons besoin de vous, d’une Europe qui regarde pas seulement à distance ce qui se passe dans le reste du monde, mais d’une Europa qui rallume les lumières sur le destin du continent  et du monde« .

Une demi-heure plus tôt, au début de son intervention, García Linera avait expliqué comment l’Amérique Latine voyait l’Europe d’aujourd’hui. Une vision qui n’était pas précisément favorable: « Nous voyons une Europe qui se languit, une Europe abattue, une Europe refermée sur elle-même et satisfaite d’elle-même, jusqu’à un tel point qu’elle apparaît comme apathique et fatiguée. J’ai conscience que ce sont des paroles très cruelles et très dures mais c’est ainsi que nous la voyons. Autrefois, l’Europe a été la terre des luttes, des révoltes, des révolutions.  Si l’on remonte plus loin encore dans le temps, l’Europe a été le lieu des grands universalismes qui firent évoluer le monde et qui l’enrichirent puis qui encouragèrent les peuples de diverses parties du monde ».  Linera baissa un peu le ton expliquant que l’Europe dont il parlait n’était pas celle des peuples, ni celle des Européens, c’est du concept même d’Europe dont il parlait.

« Ce n’est pas le peuple européen qui a perdu sa valeur ou la capacité d’espérance, parce que l’Europe à laquelle je me réfère n’est pas celle des peuples », dit-il. Celle-là, selon García Linera, « est silencieuse, asphyxiée » et « l’unique Europe que nous voyons dans le monde est celle des grands consortiums, l’Europe néolibérale, celle des marchands et pas celle des dtravailleurs ». « En l’absence de grands débats et controverses, d’horizons et d’espérances, la seule chose que l’on entende, pour paraphraser Montesquieu, c’est le lamentable bruit des petites ambitions et des grands appétits ».

La démocratie s’est fossilisée 

Le discours de García Linera était en train de prendre forme et passa de la pure théorie politique à une réflexion personnelle sur la société actuelle.  Le vice-président bolivien mit en garde : « une démocratie sans espérance et sans foi est une démocratie vaincue. Une démocratie fossilisée. Dans un sens pratique strict, ce n’est plus une démocratie affirma-t-il.  Et comment en sommes-nous arrives à ce point ? Parce que le capitalisme a évolué et s’est transformée en un capitalisme prédateur » qui accumule « par expropriation ». « Il exproprie quand il occupe les espaces publics, la biodiversité, l’eau, les savoirs ancestraux, les forêts, les ressources naturelles, c’est une accumulation par expropriation qui fait que les richesses communes deviennent des richesses privées. Et ceci est la logique néolibérale expliqua-t-il.

Face à ce nouveau capitalisme, García Linera proposa une clé supplémentaire : la naissance d’un nouvelle classe de travailleurs, les « cols blancs ». Le dirigeant latino-américain évoquait les professeurs, les chercheurs, les scientifiques, les analystes », qui composent un prolétariat  diffus et qui font que les formes d’organisation auxquelles la gauche s’était accoutumée n’existent plus en tant que telles. Et face à cela, nous n’avons pour le moment ni réponse, ni solutions. « Les réponses que nous avons données auparavant sont devenues insuffisantes, sinon ce ne serait pas la droite qui gouvernerait l’Europe. Il y a quelque chose qui manque dans nos réponses et dans nos propositions, nous met-il en garde.

García Linera évoqua à ce stade la lénifiante question du « Que faire » puis passa en revue les différentes solutions qui, d’après lui, seraient envisageables. Au minimum, il s’agissait de conseils. Mais de conseils d’un grand frère qui lui était déjà passé par les stades de l’indécision et de la paralysie qui touchent aujourd’hui les forces de l’aleternative en Europe. « La gauche européenne ne peut pas se contenter de faire un diagnostic et de dénoncer. Cela est utile pour générer de l’indignation morale, et c’est important de faire croître l’indignation, mais ceci n’exprime pas le message que nous voulons accéder au pouvoir. La dénonciation n’exprime pas le message que nous voulons accéder au pouvoir. Ça peut en être l’antichambre mais ça n’exprime pas, en tant que tel, le message que nous voulons accéder au pouvoir. La gauche européenne, face à cette voracité prédatrice et destructrice que porte le capitalisme, doit apparaître avec des propositions. La gauche européenne doit construire un nouveau sens commun au cœur de la lutte politique. La gauche européenne doit lutter pour un nouveau sens commun progressiste, révolutionnaire et  universaliste ».

Les institutions ne sont pas tout

La première question éclaircie, García Linera passa à la seconde: la démocratie. « Nous devons récupérer le concept de démocratie. La gauche en a toujours revendiqué le bandeau, c’est notre emblème, celui de la justice, de l’égalité, de la participation.  Mais pour cela, nous devons nous détacher de la conception instituitionnelle [de la démocratie]. La démocratie est bien plus que l’ensemble des institutions. C’est bien davantage que le droit de voter et d’élire le Parlement. La démocratie, ce sont des valeurs, des principes d’organisation et de compréhension du monde : tolérance, pluralité, liberté d’opinion. La démocratie est une chose concrète, c’est de l’action  collective, c’est une participation consciente à l’administration des biens communs. Il y a démocratie si nous participons en commun. Si l’eau constitue un patrimoine commun, donc la démocratie c’est participer à la gestion de l’eau« .

« Il ne faut pas tomber dans la logique de l’économie verte, qui est une forme hypocrite d’écologie ». 

Mais ceci demeure insuffisant. La gauche, selon le dirigeant bolivien, doit refaire sienne aussi « la revendication de l’universel, la politique comme bien commun, la participation dans la gestion des biens communs, car le retour des biens communs [dans la sphère publique] est un droit fondamental : la santé, le travail, le droit à un environnement sain, la protection de la terre mère, de la nature… Ce sont des droits universels, ce sont des biens communs universels face auxquels la gauche doit élaborer des remèdes outils concrets » et surtout « revendiquer une nouvelle relation metabolique entre l’être humain et la nature. Il ne faut pas tomber dans la logique de l’économie verte qui est une forme hypocrite d’écologie, nous avertit-il. « Il y a des entreprises qui se présentent devant nous comme protectrices de la nature mais ces mêmes entreprises nous amènent, en Amazonie, tous les déchets et rebuts qui sont générés ici [en Europe]. Ici il y a des défenseurs et là-bas des prédateurs. Ils ont transformée la nature en un nouveau marché« .

À travers l’écologie, « il n’y a aucun doute que nous avons besoin de revendiquer la dimension héroïque de la politique », dit García Linera annonçant le point suivant de sa recette. « Gramsci disait que dans les sociétés modernes, la philosophie et un nouvel horizon de vie doivent se transformer en foi dans la société. La gauche se doit d’être la structure d’organisation flexible et unifiée capable de désespérer la désespérance. Une nouvelle foi, pas dans le sens religieux, mais une foi qui rende possible de se libérer de cadres étanches« .

Les points en commun 

« La gauche est si faible aujourd’hui qu’elle ne peut s’offrir le luxe de se diviser « , a-t-il mit en garde, mettant en évidence qu’il allait évoquer l’un des objectifs principaux de ce congrès: l’unité. « Il y aura [entre nous] des différences sur 20 points mais nous serons en accord sur 100. Gardons les 20 sujets d’achoppement pour plus tard. Nous sommes trop faibles pour continuer nos querelles de chapelles pour nous distinguer des autres ».

« La gauche est si faible aujourd’hui qu’elle ne peut s’offrir le luxe de se diviser« 

Avant d’achever, il nous offrit encore du  Gramsci. « Il faut assumer une autre logique gramscienne », dit García Linera. « Articuler, promouvoir, il faut prendre le pouvoir dans l’Etat, il faut lutter pour l’État. Mais l’État est fondamentalement une idée  de croissance d’un ordre commun, d’un sentiment de communauté. La lutte pour l’État est une lutte en faveur d’un nouveau mode de rassemblement. Et cela nécessite d’avoir préalablement gagné la conviction : d’avoir vaincu idéologiquement les adversaires, de les avoir vaincus dans l’opinion commune, dans les conceptions dominantes exprimées dans les discours, dans les perceptions du monde et dans les opinions morales ».

Cela, nous avertit-il, « requiert un travail très ardu ». Parce que « la politique est fondamentalement une œuvre de conviction ». Et c’est cette conviction que nous exigeons de vous pour que vous « luttiez, que vous luttiez, que vous luttiez » et « que vous ne nous laissiez pas seuls, nous avons besoin de vous, d’une Europe qui ne regarde pas seulement à distance ce qui se passe dans le reste du monde, mais d’une Europa qui rallume les lumières sur le destin du continent  et du monde ». Les plus de 300 délégués ainsi que le bureau du Congrès se mirent debout et applaudirent. Ils applaudirent en étant conscients que l’Amérique Latine et son refus des politiques que la gauche fait régner en Europe est le modèle à suivre.

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Réflexions et analyses à partir notamment du discours d’Hugo CHAVEZ à la tribune de l’AG de l’ONU le 27 septembre 2009

J’ai passé mon dimanche à retranscrire par écrit le discours de CHAVEZ prononcé à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU le 27 septembre 2009. Voir ici :

https://vivelasixiemerepublique.wordpress.com/2009/09/27/discours-du-president-du-venezuela-hugo-chavez-a-la-tribune-de-lassemblee-generale-des-nations-unies-le-27-septembre-2009/

J’ai pris une sacrée claque dans le museau. Je n’étais pourtant plus très naïf devant l’information prémachée… Depuis 15 ans que j’étudie sur les assassinats des KENNEDY, sur les attentats de 2001, sur l’Histoire américaine, je sais à quoi m’attendre de la part des États-Unis et je ne crois plus à leurs fariboles. Etant au-delà du scepticisme, je suis parfois perçu comme un partisan de la théorie du complot. Sauf que ce n’est pas moi qui théorise le complot. Ce n’est pas ceux qui come moi pensent que bien des tragédies de notre monde résultent de plans préconçus. Le monde est souvent le terrain de jeu et de la mise en pratique des théories du complot pensées ailleurs que chez le peuple, dans les allées du pouvoir des puissances occidentales, et de la première d’entre elles en particulier.

Donc, il y a longtemps qu’on ne me la fait plus s’agissant des États-Unis, de leur arrière-cour ou de leurs terrains de jeu militaires et barbouzards.

Par contre, par paresse, ou parce que l’on ne peut pas tout étudier, je me contentais de certaines analyses et présentations s’agissant de quelques-uns de ceux que l’Empire, ses vassaux et ses zélateurs nous présentaient comme des ennemis de l’humanité… Je vais pratiquer dorénavant un doute plus acéré et une curiosité plus poussée. Cela ne signifie pas que je vais subitement les voir comme des héros de l’humanité mais au minimum, je chercherais à me documenter avant de penser que ce sont les ignobles tyrans que les Etats-Unis nous présentent. La déclaration du N°1 iranien depuis le palais présidentiel vénézuélien lors de sa visite officielle dans le pays de CHAVEZ, ne colle pas du tout – et ceci est un bel euphémisme ! – avec ce qu’on nous dit de lui. Peut-être est-il un brillant manipulateur lui aussi. Mais au minimum, cela mérite de creuser la question.   Et si CHAVEZ en a fait un ami, ce n’est sans doute pas par seul intérêt stratégique. Je ne crois pas qu’un humaniste tel que CHAVEZ puisse fermer les yeux sur les actes d’un monstre si AHMADINEJAD était vraiment ce que l’on dit de lui… Idem pour KADHAFI. Ce dernier a été l’objet d’un éloge de la part de CHAVEZ. C’est sans doute fondé sur des bases plus profondes que leur seul « antiaméricanisme ».

Quant à CHAVEZ lui-même, par ce que je suis militant du PG, je ne découvre pas aujourd’hui que ce n’était pas un ennemi de l’humanité, de la démocratie, des droits de l’Homme etc. Cela, je le savais depuis des années. Mais jamais non plus je ne m’étais vraiment intéressé à la question, ne serait-ce qu’en écoutant ou lisant ses discours. Depuis quelques jours, je comble mon retard même s’il y a encore quelques dizaines d’heures de travail en perspective… Mais ce que je peux dire en ce dimanche soir, après avoir dégrossi la question, après avoir écouté, entre autres mais en particulier le discours de CHAVEZ prononcé lors de la dernière visite du N°1 iranien à Caracas dont je parlais plus haut, et ce discours à l’AG de l’ONU, c’est que je suis sur le cul, scotché, saisi d’une forme de vertige puissant. Il y avait une certaine distance entre le respect, la bienveillance et la gratitude que j’éprouvais pour CHAVEZ jusqu’ici et le sentiment qui m’anime ce soir. L’homme, le dirigeant, le chef d’État qui s’est exprimé à ces deux occasions, n’est en rien le simple contestataire de l’ordre impérial et capitaliste. Cet homme venu du Venezuela qui a prononcé le discours précité devant l’Assemblée Générale des Nations-Unies le 27 septembre 2009, n’est pas seulement un opposant radical à l’ignominie de la politique des États-Unis et de leurs forces alliées. Il avait une intelligence politique et géostratégique peu commune. Il avait une faculté à la diplomatie assez inattendue pour celui qui était une des cibles privilégiées  de l’Empire. Il a cru, comme des dizaines, des centaines de millions de gens de par le monde que le Président OBAMA pouvait commencer à changer la donne. Il lui en a donné acte. Il l’a encouragé. Il lui a tendu la main. Ce n’est pas un despote qui se comporte ainsi.

Les références livresques qu’il a données, les auteurs et Présidents qu’il a cités, beaucoup, précisément, étant des États-Unis, le contenu concret de ce qu’il a dit et proposé, tout cela montre à quel point il n’était pas un ennemi rédhibitoire de l’Occident et des États-Unis mais seulement de ce qui est malfaisant en Occident et aux États-Unis.

Je ne peux pas imaginer que le Président qui a fait un tel discours, quand les actes concrets viennent en outre donner à ces paroles une force incomparable, puisse être perçu, fut-ce aux États-Unis, comme l’ennemi à abbatre. Et ce fut pourtant le cas. Pourquoi ?

Tout simplement parce que les gens qui sont allés juger sur pièces furent très minoritaires au plan mondial. Ce discours n’a sans doute pas eu une grande audience ailleurs que chez les inconditionnels de CHAVEZ. Parmi les Américains et les Occidentaux, combien ont cherché à connaître le personnage ? Combien se sont contentés de juger sur la foi des médias officiels ? Combien, y  compris parmi les amis de CHAVEZ, ceux qui, comme moi, comme nous, au PG et au Front de Gauche, ne le jugeaient pas malfaisant, combien savent vraiment qui il était. Combien savent, au-delà de quelques généralités, ce qui a vraiment été fait dans son pays et en Amérique Latine ?  Combien sont informés du contenu de la révolution en cours et des nouvelles formes de coopération inter-américaine ?

Mis à part les membres des oligarchies et de cette « bourgeoisie » que dénonçait CHAVEZ, mis à part les fascistes qui existent dans ces zones comme ailleurs dans le monde, mis à part les gros intérêts qui ont beaucoup à perdre de ces révolutions citoyennes, chaque homme, chaque femme, chaque famille, chaque citoyen, a intérêt à connaître cet homme, à savoir ce qu’il a rendu possible, à s’intéresser à ce qu’il a commencé à faire et à déclencher…

Pourquoi ne sont-ils pas bien plus nombreux, en-dehors du Venezuela, de l’Amérique Latine et des « ami-e-s » de la révolution, à vouloir défendre quelqu’un qui était de ceux qui font avancer l’humanité d’un pas de géant ? Pourquoi les gens ne sont-ils pas bien plus nombreux à vouloir savoir ? En raison de la chape de plomb médiatique, le « bombardement médiatique, idéologique » selon les termes de CHAVEZ lui-même, qui caractérise l’information. Alors il faut s’en libérer, s’émanciper, s’en désintoxiquer. Mais pour cela il faut avoir des ami-e-s qui vous y poussent, un intérêt qui vous y contraint ou une curiosité qui vous y appelle… Il faut aussi avoir une ouverture d’esprit de nature à ne pas refuser de voir, de lire ou d’écouter les adversaires… C’est sans doute là que le bas blesse… A ce sujet deux citations me viennent à l’esprit. Deux pensées que j’aime beaucoup et que j’ai inscrites dans mes références intellectuelles.

Une de Martin LUTHER-KING : « Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons »

Une autre de Malcolm X : « Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment. »

Je pourrais aussi, en citer une troisième dans le même esprit quoique moins fulgurante à mes yeux. Elle est de Martin NIEMÖLLER : « Plus dangereux que le bruit des bottes, le silence des pantoufles ».

Enfin, dans la logique de celle de MALCOLM X, il y a une réplique très illustrative de la façon américaine de présenter les choses et de détruire l’image de leurs ennemis, fussent-ils des héros de l’humanité. Ce film est « Ennemi d’État » de Tony SCOTT, sorti en 2002n avec Will SMITH et Gene HACKMAN. Vous vous souvenez sans doute de cette histoire. Un avocat se retrouve malgré lui et à son insu en possession d’une vidéo montrant le meurtre politique d’un sénateur perpétré par des barbouzes au service d’un haut responsable de la NSA (National Security Agency ou Agence Nationale de Sécurité, qui est, dans la vraie vie comme une super CIA). Ceux-ci l’ayant découvert, une chasse à l’homme s’engage avec des moyens techniques de très haute technologie. Le commanditaire de ce meurtre explique à un moment donné que puisque ses hommes échouent à remettre la main rapidement sur la vidéo, le risque existe qu’elle soit rendue publique. Il faut, dit-il, qu’à cet instant, personne ne puisse croire à son authenticité et pour cela, celui qui risque de la rendre publique doit, à défaut d’avoir été mis à l’écart, être ridiculisé, discrédité aux yeux de tous.

Voici l’extrait en question :

Vous savez ce que j’ai vu ? J’ai vu des assassins être remis en liberté parce que le témoin à charge était alcoolique. J’ai vu des violeurs intouchables parce que la victime était une call-girl. La crédibilité, c’est la seule chose qui compte dans ce genre de partie. Il a la vidéo et il va la rendre publique. Quand il le fera, je veux que sa crédibilité soit réduite à néant. Je veux que les gens soient convaincus qu’il ment avant même qu’ils n’aient entendu ce qu’il a à dire. Mettez son téléphone sur écoute. Etudiez les principaux appels qu’il passe. Passons sa vie au peigne fin. Je veux tout savoir de sa vie. Je veux tout savoir de sa femme, je veux tout savoir de ses parents, je veux tout savoir de son addiction aux jeux, des ses tests d’urine, des films pornographiques qu’il loue. Je veux utiliser tous les moyens possibles pour obtenir les informations dont nous avons besoin.  Parce que ce fils de pute ne sera pas le dernier chapitre de ma vie.

C’est du cinéma me direz-vous. Oui, en effet ! Mais je ne vous ferai pas l’offense de devoir vous expliquer combien certains aspects du cinéma américain reflètent la vérité, voire la précèdent ou l’anticipent…

L’immense majorité de l’humanité ignore tout du vrai CHAVEZ. Elle ne sait que ce qu’en disent les médias et nous savons quelle distance il y a entre leurs présentations et la vérité. Parce qu’ils sont les soldats de l’oligarchie. C’est une véritable guerre culturelle qui est menée. Ils ont, depuis des décennies, des moyens dont nous ne disposons pas nous-mêmes. Leur force de frappe est stratégique quand la nôtre, jusqu’à présent, est demeurée tactique pour filer la métaphore militaire opposant l’ampleur de la potentialité destructrice du nucléaire au regard des capacités réduites des armes conventionnelles. Mais les choses évoluent. Presque tout un continent a basculé : l’Amérique Latine, quelques pays résistant encore, la Colombie, le Chili, le Honduras… Un autre est en train de basculer, l’Afrique. Le troisième est sur le point de basculer à son tour, l’Europe. Alors nous avons de nouvelles armes, de nouveaux outils pour lutter et marquer des points.

« On peut tromper tout le monde pendant quelque temps, on peut tromper une partie des gens tout le temps, mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps » disait Abraham LINCOLN… Certains feraient bien de méditer cette pensée.

Je terminerais avec une citation d’un des personnages historiques qui m’inspirent le plus et que le président CHAVEZ a cité plusieurs fois dans ses discours. Il s’agit d’un autre Président américain, assassiné lui aussi comme Abraham LINCOLN évoqué ci-dessus. Il s’agit bien sûr de JFK. Cette autre victime du complexe militaro-industriel des États-Unis et donc de l’impérialisme criminel de l’Empire, disait à propos des révolutions, CHAVEZ a repris cette citation plusieurs fois dans ses interventions, et beaucoup d’entre vous vous la connaissez sans doute : « Ceux qui ferment la voie aux révolutions pacifiques ouvrent en même temps la voie aux révolutions violentes ».

Et pourtant, notre révolution, celle que nous appelons de nos vœux, cette révolution citoyenne, comme l’a dit CHAVEZ est « une révolution des masses mais elle est pacifique. Et elle souhaite continuer à être pacifique. »

Notre arme ultime, c’est la démocratie, uniquement la démocratie mais toute la démocratie. Les seuls en ayant peur, les seuls la refusant, les seuls qui la prêchent comme des mantras dans leurs discours sans jamais en respecter la lettre ni l’esprit, le contenu ni les principes et les contraintes, ce sont les oligarchies, les classes dominantes, les bourgeoisies inféodées à l’Empire et qui ne pensent et n’agissent qu’au vu de leurs seuls intérêts égoïstes et qui ne reculent devant rien pour que leurs intérêts soient sauvegardés ou restaurés. Ils ne tremblent, ne doutent, ne palissent ni ne cèdent devant aucune ignominie, aucune cruauté, aucune haute trahison pour empêcher la « libération » et la souveraineté des peuples.

Mais un homme peut tomber au combat, immédiatement un autre se lève pour le remplacer. Parce que nous sommes le peuple, parce que nous sommes les « 99% », parce que nous sommes partout, rien ni personne ne nous fera plus céder. Tel ou tel d’entre nous pourra trébucher ou s’effondrer mais notre force dépasse chacun de nous.

Nous allons « rallumer les étoiles », comme le disait Jean JAURÈS, expression reprise en 2007 par la candidate Ségolène ROYAL et plus récemment par nos camarades du Parti Communiste Français.

Nous allons aussi continuer « à mettre de l’amour dans la révolution » comme le dit CHAVEZ sans fléchir pour autant face à la mitraille, sans trembler face à nos ennemis, sans en rabattre sur nos espérances et nos exigences. Mais les partisans de « l’Humain d’abord », aussi combatifs et résolus qu’ils puissent être et croyez bien que nous le sommes, plus que jamais, plus qu’hier et encore moins que demain, ces partisans de l’humanisme que nous sommes, disais-je, ne peuvent être de simples soldats. Nous devons aussi être des « hommes ».

Oui je donne raison au ministre français des Outre-mers, Victorin LUREL, quand il déclare que CHAVEZ c’était éon BLUM + DE GAULLE. Quand bien même cela défrise nos élites, quand bien même ces propos hérissent le poil des primates de la droite et de la hyène PARISOT, il y a du vrai dans cette présentation du Président vénézuélien défunt.

Je suis fier d’être membre d’un parti politique qui a su voir clair sur cet homme, qui l’a soutenu et qui s’en inspire largement.

L’arme secrète du cancer? Le cas Chavez et quelques autres…

Je propose ici une traduction en français d’un article de presse paru dans un quotidien anglophone paraissant dans les îles caraïbes de Trinidad et Tobaggo. Cette traduction ne repose pas sur les outils de traduction automatique mais sur ma propre connaissance de la langue…

L’arme secrète du cancer ?

Au cœur de la question

Publié : Lundi 27 février 2012 dans le Guardian de Trinidad et Tobaggo (îles situées à quelques encablures au larde du Venezuela)

Auteur : Charles Kong Soo

Ce sujet était une affaire pour les amateurs de X-Files comme pour les théoriciens du complot jusqu’à ce que le président vénézuélien Hugo Chavez envisage que les États-Unis pouvaient avoir développé un moyen de transmettre le cancer par le biais d’une arme. Cette déclaration survint après qu’il ait été diagnostiqué que plusieurs leaders d’Amérique Latine souffraient d’une telle maladie. La liste comprend l’ancien Président argentin Nestor Kirchner (cancer du colon), la Présidente du Brésil Dilma Rousseff (cancer du système lymphatique), son prédécesseur Luis Inazio Lula da Silva (cancer de la gorge), Chavez (cancer de nature inconnue), l’ancien président cubain Fidel Castro (cancer de l’estomac), le président bolivien Evo Morales (cancer du nez) et le président paraguayen Fernando Lugo (cancer du système lymphatique). Qu’ont-ils tous en commun à part un cancer ? Tous sont des leaders d’extrême gauche. Est-ce une simple coïncidence ? Dans son allocution du 28 décembre 2011 à l’armée du Venezuela, Chavez a suggéré que les États-Unis avaient trouvé le moyen d’inoculer le cancer aux leaders d’Amérique Latine.

« Serait-il si étrange qu’ils aient inventé la technologie pour répandre le cancer et que nous n’en sachions rien depuis 50 ans ? » a demandé Chavez. « Il est très difficile d’expliquer, y compris avec la loi des statistiques, tout ce qui est en train d’arriver à certains chefs d’État d’Amérique Latine. Au strict minimum, c’est très étrange » a-t-il affirmé. Chavez ajouta qu’il avait reçu des mises en garde de la part du leader de Cuba Fidel Castro qui, lui, a survécu à plusieurs centaines de tentatives d’assassinat, toutes ayant échoué. « Fidel m’a toujours dit : Chavez, méfie-toi. Ces gens ont développé une technologie. Tu es très peu protégé. Prends garde à ce que tu manges et à ce que l’on te donne à manger…une petite aiguille et ils t’injectent je ne sais quoi ».

Des mystères non résolus

Ces affirmations sont-elles farfelues ?

Wikileaks a rapporté en 2008 que la CIA avait demandé à son ambassade au Paraguay de recueillir toutes les données biométriques y compris l’ADN de chacun des quatre candidats à la Présidentielle. Par ici, dans les Caraïbes, les théoriciens de la conspiration croient que la CIA a également joué un rôle dans les morts des propres activistes des droits civils de Trinidad et Tobaggo et de Kwame Turu le Panafricaniste, comme de la légendaire icône jamaïcaine du reggae Bob Marley et du Premier ministre de la République dominicaine Rosie Douglas. Pendant l’enquête du Comité du Sénat américain sur les complots d’assassinats à l’encontre de leaders étrangers en 1975, il a été révélé que l’agence avait développé un pistolet à fléchettes empoisonnées qui provoquaient des cancers et des crises cardiaques. Le pistolet tirait une fléchette dont la pointe était revêtue d’un poison constitué d’un liquide congelé de l’épaisseur d’un cheveu et long de 0.6 cm qui pouvait pénétrer les vêtements et qui était surtout indétectable, ne laissant aucune trace dans le corps de la victime. Kwame Ture ou Stockly Carmichael, le leader du mouvement radical des Panthères noires qui inaugura le Mouvement « Pouvoir Noir » des années 60 affirma, avant de mourir, que la CIA l’avait empoisonné en lui inoculant le cancer. Ture est mort à la suite d’un cancer de la prostate en 1998, à l’âge de 57 ans. Son ami, l’activiste Wayne Rafiki Morris, artiste multimédiatique, affirma que Ture lui avait dit sans aucune équivoque que c’était la CIA qui lui avait inoculé le cancer. « Je connaissais Kwame depuis 1976 et tout le temps où nous nous sommes cotoyés, il n’a jamais bu ni fumé une cigarette » dit Morris. Il était un excellent nageur et pratiquait du sport régulièrement. Il n’avait aucun problème médical et était très lucide sur son état de santé ».

Des chaussures mortelles…

Bob Marley est mort en 1981 d’un mélanome cancéreux. Il avait 36 ans. Selon le rapport officiel, il avait contracté le cancer après s’être blessé le gros orteil, qui n’a jamais guéri, pendant un match de football en 1977. Les théoriciens de la conspiration font état du fait que Carl Colby, le fils de celui qui allait devenir plus tard directeur de la CIA, William Colby, avait donné à Marley une paire de bottes contenant à l’intérieur un morceau de fil de cuivre revêtu d’une substance cancérigène laquelle avait contaminé Marley. Il y a une similitude étrange entre Marley et Castro à propos de chaussures empoisonnées. L’ambassadeur cubain à Trinidad et Tobaggo, Humberto Rivero, affirma que la CIA et les exilés cubains avaient tenté, plus de 600 fois, d’assassiner Castro en usant de cigares explosifs, en essayant de lui inoculer le cancer ou de lui faire porter un costume contaminé au poison. Dans le cas de Marley, la CIA fut accusée d’avoir contaminé ses chaussures avec le cancer ; dans le cas de Castro, c’est du sel de thallium, un poison hautement toxique, que la CIA a fait placer dans ses chaussures. Après seulement huit mois d’exercice du pouvoir, le Premier ministre de la République dominicaine Rosie Douglas fut trouvé mort sur le plancher de sa résidence en 2000. La cause de la mort fut décrite comme le résultat d’une violente crise cardiaque. Son cœur avait doublé de volume. A l’instar de Ture et de Marley, il faisait du sport très régulièrement. Son fils aîné, Cabral, insista sur le fait que son père avait été assassiné et fit allusion à l’implication de la CIA. Moshood Abiola, l’homme sensé avoir largement remporté les élections au Nigeria en 1993, mourut à la suite d’une crise cardiaque qui survint après qu’on lui ait donné un cocktail qui a fait doubler la taille de son cœur par rapport à 1998. Jack Ruby, le meurtrier de l’assassin présumé du président Kennedy Lee Harvey Oswald, mourut d’un cancer des poumons en 1967. Ce qui est étrange, c’est que les cellules cancéreuses n’étaient pas du type de celles que l’on retrouve normalement sur le système respiratoire quand celui-ci est atteint d’un cancer. Il a dit à sa famille qu’on lui avait injecté ces cellules cancéreuses alors qu’il était en prison quand il fut traité par injections pour un simple rhume. Il mourut juste avant de témoigner devant le Congrès.

Le terroriste ayant mis la bombe dans l’avion de Lockerbie, Abdelbaset al-Megrahi, a développé un cancer qui est toute suite passé en phase terminale. Le chef du parti canadien d’opposition de gauche, le Nouveau Parti Démocratique, Jack Layton, est mort en 2011 d’une forme de cancer qui n’avait pas été diagnostiqué auparavant. Il apparaît que défendre des positions de gauche est un choix dangereux pour sa santé. Depuis 1953, les Russes utilisaient les micro-ondes pour attaquer les équipes des ambassades américaines à Moscou. Un tiers du personnel de ces équipes est finalement mort de ces irradiations aux micro-ondes. Imaginez à quel point aujourd’hui la technologie des assassinats a dû évoluer dans le sens de la sophistication et du perfectionnement.

Discours du Président du Venezuela Hugo CHAVEZ à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations-Unies le 27 septembre 2009

Monsieur le Président, Ami-e-s estimé-e-s, chefs d’État, chefs de gouvernement, ministres, ambassadeurs, ambassadrices, et aussi ami-e-s citoyen-ne-s du monde, qui se réunissent ici comme chaque année, à cette réunion si importante pour le monde…

Cela me fait très plaisir de revenir à New York, revenir aux Nations-Unies après plusieurs années. Et je remercie sincèrement pour toute la coopération, pour la manière dont a été reçue notre délégation. Nous étions hier soir au théâtre LINCOLN où nous regardions un film. Un film réalisé par Oliver STONE durant ces derniers mois, tout au long de cette année. Un film dont le titre lui-même incite à réfléchir, à penser. Ce film s’intitule : « Au Sud de la frontière ».

Vous pourrez y voir le président Evo MORALES mastiquant de la coca avec STONE et, comme le dit le président MORALES, la coca ce n’est pas de la cocaïne !

Vous pourrez y voir Christina [KIRCHNER], la présidente de l’Argentine et ses réflexions sur ce qui se passe aujourd’hui en Amérique du Sud, en Amérique Latine.

Vous pourrez y voir LULA, le président du Brésil dans la Guajira vénézuélienne, qui inspecte avec nous des noyaux productifs que l’on met en place parmi les peuples indigènes de la Guajira qui ont été exploités pendant des siècles.

Vous pourrez y voir également le président Fernando LUGO, évêque, théologien de la libération et, comme il le dit lui-même, vivant dans la maison qu’a occupée, durant de nombreuses années, STROESSNER [le dictateur paraguayen]. Et c’est en tant qu’évêque qu’il est devenu Président.

Vous pourrez y voir Rafael CORREA, le président équatorien à La Havane avec le président Raul CASTRO.

Vous pourrez voir Fidel et même OBAMA, à Trinidad, conversant avec quelques-uns d’entre nous, les mains tendues et tout sourire.

Je pense que c’est un film intéressant, avec tous ceux qu’a réalisés ce grand cinéaste des États-Unis qu’est Oliver STONE, qui en avait déjà réalisé un sur Fidel, non deux sur Fidel : « Looking for Fidel » et « El Commandante ».

Dans ce film, Monsieur le Président, il y a beaucoup de clés beaucoup de clés qui pourraient nous aider à déchiffrer les énigmes des temps que nous vivons. Hier soir, après le film, nous sommes restés un moment, pour discuter avec un groupe de personnes, des États-Unis et d’autres endroits du monde. Et ce contact a été très instructif, très symptomatique de l’importance que revêt ce que Fidel CASTRO appelle « la bataille des idées ». Une femme s’est approchée de moi, une femme d’environ 50 ans, et m’a dit : « je suis très contente ». Elle parlait à peine l’espagnol, elle était nord-américaine, très blanche, la citoyenne typique née sur ces terres. Et elle me dit : « je suis très heureuse ». Je lui demande : « pourquoi ? ». « Car je me rends compte, après avoir vu ce film, je pensais que vous étiez malfaisant, très malfaisant ». Cette personne est une victime du bombardement médiatique, du bombardement idéologique qui s’abat, de façon irréductible, sur les États-Unis et sur le monde, essayant d’inverser la réalité et de « mettre le monde à l’envers » comme le dit Eduardo GALEANO.

Au Sud de la frontière, c’est le nom de ce film. Je profite de cette occasion et de ce titre « Au Sud de la frontière » pour dire que là-bas, au Sud de la frontière, il y a une révolution ! Il y a une révolution en Amérique du Sud. Il y a une révolution en Amérique Latine ! Il y a une révolution dans les Caraïbes ! Il est nécessaire que le monde la voie, l’assume, l’accepte car c’est une réalité qui ne changera pas !

De plus, il faut dire, Monsieur le Président, que c’est une révolution qui transcende l’idéologie. C’est une révolution qui est même géographique, géopolitique. C’est une révolution des temps historiques. Elle a des racines très profondes. C’est une révolution morale, spirituelle, totale. C’est la révolution nécessaire, nous le croyons. Cette révolution est grande ! C’est une grande révolution ! Et elle va continuer de grandir à mesure que vont passer les jours, les mois, les années. Elle est grande ! Pourquoi est-elle grande ?

Elle est grande de par le temps qu’elle porte en elle : ce sont des siècles ! Ce sont des siècles qui se sont résumés en un moment unique.

Elle est grande de par l’espoir qu’elle porte en elle.

Je ne vais pas parler plus longtemps que KADHAFI. KADHAFI a parlé pour nous tous ! Cet applaudissement est pour KADHAFI et son discours. Mais je ne parlerai pas moins qu’OBAMA, ni que LULA.

Cette révolution est grande de par le temps disais-je, le temps accumulé, ce sont des siècles ! Des siècles accumulés de batailles, d’histoires, de luttes, d’espoirs, de souffrances, de millions d’êtres humains de l’Amérique Latine et de la Caraïbe. C’est une révolution qui est grande de par l’espace qu’elle occupe. Cette révolution est grande de par la profondeur de laquelle elle émerge. Cette révolution est grande de par la masse du peuple qui s’associe à elle. Personne ne sera en mesure de la freiner. Personne ! Personne ne pourra la ralentir. Le président MORALES l’a dit ici hier.  Ce grand compagnon, ce grand leader indigène, Aymara Evo MORALES, et il le dit également dans le film, ne le ratez surtout pas : « Au Sud de la frontière ». D’ores et déjà Oliver STONE m’a indiqué que l’on faisait pression pour que le peuple des États-Unis ne le voie pas. La liberté d’expression, où est-elle alors ? Ce n’est qu’un film. Auraient-ils peur d’un film ?

Les monopoles font déjà pression. Ceux qui gèrent le cinéma, les salles de cinéma, ce sont des monopoles, ils font pression. Mais le film fera son chemin. Heureusement nous sommes à l’ère de l’informatique, des télécommunications. Cela ne dépend plus des salles de cinéma que gèrent les monopoles.  Evo le dit, là, dans le film, alors qu’il parle avec Oliver STONE. Il rappelle la phrase qu’a lancé un grand leader Aymara, son arrière-arrière-arrière grand- père, qui a été assassiné comme l’ont été des millions lors de l’invasion espagnole, portugaise, anglaise, européenne en fait sur ce continent. Vous le savez, je sais que vous le savez que lorsqu’ils sont arrivés sur ces terres d’Amérique, les navires européens, 90 millions d’aborigènes vivaient ici. Deux cents ans plus tard, il en restait quatre millions, quatre ! Un des plus grands génocides qu’il y ait eu dans l’Histoire ! Le génocide du continent de « l’Abya Yala » comme l’appelaient et continuent de l’appeler nos aborigènes.

Donc Evo rappelle cette phrase de ce leader Aymara qui a été écartelé. Et l’Indien était en train de mourir lorsqu’il lança cette prophétie : « Aujourd’hui je meurs » dit Tupak CATARI, « aujourd’hui je meurs mais un jour, je reviendrai par millions ! » Tupak CATARI est de retour ! Nous sommes des millions ! Nous sommes des millions ! Et rien, ni personne ne pourra nous retenir ! Rien ni personne ne pourra retenir la grande révolution Sud-Américaine, Latino-Américaine et Caribéenne !

Je pense que le monde devrait la soutenir. Les États-Unis devraient soutenir cette révolution, l’Europe devrait soutenir cette révolution, car cette révolution – certains ne s’en sont pas rendus compte, frères et sœurs – cette révolution est le début du chemin menant au salut de cette planète, au salut de l’espèce humaine menacée par le capitalisme, par l’impérialisme, par la guerre, par la faim. C’est la révolution nécessaire. Le « nouveau-monde », c’est ainsi qu’on nous appelait il y a des siècles. oui ! Le monde nouveau pourrait-on l’appeler en inversant les termes. Le monde nouveau est en train de naître.

Il y a des années de cela, nous nous le remémorions hier soir, lors d’une conversation à laquelle j’ai été convié, par un groupe de leaders, plus que grand, important, grand grâce à chacun d’eux, des leaders syndicalistes états-uniens, des groupes syndicaux dont quelques travailleurs d’une usine de biscuits, qui se plaignent qu’on ne les paie pas et font la grève. L’un d’eux me dit : pourquoi n’achèteriez-vous pas cette entreprise ? Je lui ai dit : bon je vais voir. On la changerait en entreprise socialiste si OBAMA m’y autorise, cette entreprise pourrait être achetée et donnée aux travailleurs pour qu’ils reproduisent eux-mêmes les biscuits, qu’ils distribuent les biscuits, que les deux ou trois capitalistes arrêtent de les exploiter hein ? C’est ça le socialisme. C’est ça le chemin menant au salut de cette planète : le socialisme ! Hier un journaliste me demandait : bon et vous défendez le socialisme ? Mais pourquoi puisque l’Union Soviétique s’est effondrée ? La réponse est très simple : l’Union soviétique s’est détournée très tôt du socialisme ! Il n’y a jamais eu de socialisme en Union soviétique en vérité !  Il n’y a jamais eu de socialisme en Union soviétique. Ce 21ème siècle sera celui du socialisme ! Le socialisme et l’espèce humaine.

Bon, Einstein – vous avez certainement lu Albert EINSTEIN ! – c’est lui qui a, en effet, convaincu ce Président de fabriquer la bombe atomique, de commencer les recherches avant que les Nazis ne le fassent. Ensuite EINSTEIN l’a regretté lorsqu’il a vu le désastre d’Hiroshima, le désastre de Nagasaki. Mais Albert EINSTEIN, bien des années plus tard, immense scientifique, l’un des pus grands scientifiques qui ait vécu sur cette planète, a conclu – c’est écrit de sa propre main ! – pourquoi le socialisme… EINSTEIN a conclu que l’unique chemin pour que l’espèce humaine puisse vivre sur cette planète, c’est le socialisme. Le capitalisme, c’est le chemin de l’extinction de l’espèce humaine.

Nous, en tant qu’espèce, avons à peine, quoi, quelque chose comme 1,5 millions d’années. La vie est apparue sur cette planète il y a seulement – notez-le quelque part et réfléchissons-y, pensons-y – il y a plus de trois milliards d’années mais nous, l’espèce humaine, sommes apparus il y a moins de trois millions d’années. Même pas le 0,01% du temps depuis lequel il y a la vie sur cette planète ! Et maintenant quoi ? On arrive ici pour anéantir cette planète ? On va l’anéantir ?  Nous entendons ici, depuis hier, OBAMA en passant par LULA, SARKOZY, KADHAFI et Christina [KIRCHNER], tous ! Tous clament pour un changement ! Quel changement ?

Avec le capitalisme, il n’y a pas de changement possible ! Ne croyons pas à ce mensonge. C’est seulement avec le socialisme que nous réussirons les vrais changements. Et la révolution qu’il y a en Amérique Latine comporte de tout et elle porte une profonde charge socialiste. Socialiste comme le disait MARIATEGUI, le grand penseur péruvien, c’est un socialisme indo-américain. C’est un socialisme qui nous est propre à nous, Américains. C’est un socialisme  façon José MARTI. C’est un socialisme bolivarien. C’est un socialisme neuf. Ce n’est pas un calque, ni une copie. Il n’y a pas de catalogue pour construire le socialisme. Il faut l’inventer. C’est une création héroïque, comme l’a dit MARIATEGUI.

Mais nous nous remémorions hier le fait qu’un président nord-américain, c’est-à-dire états-unien, avant qu’on ne l’assassine, avait dit – et c’est écrit, c’était un discours devant le Congrès des États-Unis – John KENNEDY a dit : « là-bas, au Sud, il y a une révolution et sa cause principale, c’est la faim ». Quelques jours après, ils l’ont assassiné. Ce n’était pas un révolutionnaire John KENNEDY ! Mais il était intelligent. Il était intelligent. Comme je pense qu’est également intelligent le Président OBAMA. Espérons qu’il puisse… Dieu préserve OBAMA des balles qui ont tué KENNEDY. Espérons qu’OBAMA réussisse à virer de bord, virer de bord, virer de bord, pour de vrai ! Réussir un virage. Il a parlé ici hier. Ca ne sent plus le souffre ici ! Non, ça ne sent plus, ça ne sent plus… Non, ça sent plutôt autre chose. Ca sent l’espoir ! Il faut remplir notre cœur d’espoir ! Il faut remplir notre cœur d’espoir !

 * * * fin de la vidéo 1/3 * * *

Pas nous ! Non, nous ne pouvons pas en finir avec cette planète, mon frère ! Et nos enfants ? Et les générations futures, hein ? Relevons le défi disait LULA hier. LULA disait hier : « Il n’y a pas de volonté politique ! ». Une charge de LULA, une charge. Je connais la volonté de LULA, l’humanisme de LULA. Je le connais à fond. C’est mon frère, profondément. Je ne dirais pas exactement que c’est qu’il n’y a pas de volonté politique. Je dirais plutôt, LULA, qu’il y a un manque de volonté politique ! Parce que LULA en a, nous en avons mais il faut l’accroître, augmenter la volonté politique. Elle doit continuer de croître. Parmi les leaders. Dans la société. Chez les peuples. Dans la jeunesse. Surtout dans la jeunesse. Chez les travailleurs. Dans le monde entier.

Bon, KENNEDY l’avait dit : « Il y a une révolution au Sud ». Et il ajouta : « Ceux qui ferment la voie aux révolutions pacifiques ouvrent en même temps la voie aux révolutions violentes ». C’est John KENNEDY qui a dit cela ! Vous pourrez le trouver sur internet, maintenant qu’on trouve tout sur internet ! Ceux qui ferment, ou qui prétendent fermer, la voie…

[CHAVEZ interrompt son propos pour saluer l’ambassadrice de l’Équateur]

María Fernández ESPINOZA, un baisser Ambassadrice, Équatorienne, ma sœur, cela faisait des jours que je ne te voyais pas. Depuis ici, nous saluons CORREA, le président CORREA. Elle était ministre en Équateur alors que débutait la révolution citoyenne. Là-bas, la révolution citoyenne est en marche ! Avec CORREA à la tête du peuple équatorien, le peuple de Manuela SÁENZ ! Également celui de Bolivie, celui d’Eloy ALFARO. Peuple noble et grand ! Et en Bolivie et sur toute cette terre.

Bon, certains prétendent fermer la voie à notre révolution pacifique ?

[CHAVEZ interrompt de nouveau son propos pour saluer une nouvelle personne arrivée dans la salle]

Une autre femme vaillante arrive, Patricia RODAS, la ministre des Affaires Étrangères du Honduras. Je demande un autre applaudissement pour cette femme vaillante. Femme centraméricaine, du peuple de MORAZÁN. Vive le Honduras ! Vive MORAZÁN ! Que vive la dignité des peuples !

J’ai commencé à rédiger ces notes exactement à une heure de l’après-midi, je ne serai plus long Monsieur le Président, n’allez pas me lancer une chaussure ! Le ministre cubain a retiré sa chaussure pour me la lancer. Hier soir Dany GLOVER portait une sorte de chaussures en caoutchouc. Si tu veux m’en lancer, lance-moi une de celles de Dany GLOVER. J’ai parlé avec Manuel ZELAYA exactement à 13h00. Je me souviens qu’il était exactement 13h00 et qu’on a terminé à 13h13.

Bon, il est là-bas. Pendant que nous sommes ici, compagnons, compagnes du monde. Il y a là-bas un Président déterminé, digne, qui a réussi accompagné d’un petit groupe de « quasi-martyres » à tromper la vigilance des putschistes, la répression et ils sont arrivés sur la place MORAZÁN à Tegucigalpa, au plus près des putschistes qui ont pris le contrôle de toutes les rues, toutes. Ils ont une armée complète. C’est-à-dire que c’est comme s’ils avaient envahi le Honduras mais avec leur propre armée. Quelle indignité !

Depuis ici, je lance un appel, moi qui suis soldat, mais un soldat révolutionnaire, aux soldats du Honduras, aux fils de MORAZÁN, qu’ils arrêtent d’opprimer ce peuple innocent. Bon, alors que nous sommes ici, Manuel ZELAYA, le président du Honduras, est à l’ambassade du Brésil qui lui a donné refuge. L’ambassade est encerclée selon ce que m’a dit le Président lui-même, par plus de deux cent soldats. Ils l’ont délogé en faisant feu, en faisant feu, de la manière la plus brutale. C’est l’âge des cavernes qui prétend revenir. Il ne reviendra pas. Ces putschistes seront balayés par le vent de l’Histoire nouvelle ! Soyez sûrs de cela ! Ne pourront s’imposer ni le coup d’État, ni les forces réactionnaires, ni au Honduras, ni dans aucun autre pays de cette Amérique ! Là-bas, il y a un peuple qui résiste dans les rues depuis 90 jours. Il résiste, il résiste !

Bon, il y a là-bas un Président déterminé avec un groupe de compatriotes, avec son épouse, la première dame. Ils ne leur laissent pas passer de nourriture. Ils leur coupent l’eau à chaque instant.  Ils ont une citerne que quelqu’un a amenée. Ce matin, ils ont trouvé, dans une maison voisine, sur le toit d’une maison voisine, des équipements d’interception téléphonique, de marque israélienne m’a dit le Président, de dernière génération. Israël a reconnu ce gouvernement putschiste. Je crois que c’est le seul gouvernement au monde à l’avoir reconnu ! Ils ont des équipements de perturbation dirigés contre le cerveau, destinés à provoquer la panique chez les quelques personnes qui se trouvent dans l’ambassade du Brésil. Ils menacent de s’introduire dans l’ambassade du Brésil. Vous vous rendez compte du caractère barbare. Je crois que c’est l’ère de Trucutrú, Gusigú [personnages de B.D.]. C’est l’âge des cavernes qui veut revenir ici. Non, il ne reviendra pas ! Il ne reviendra pas !

Il y a un peuple dans la rue, réprimé. Bon, ils ont fermé les aéroports. C’est un peuple pris en otage. Maintenant, qui sont les putschistes ? C’est la bourgeoisie hondurienne ! L’État putschiste ! L’État putschiste ! L’État accaparé par la bourgeoisie, par les riches, quatre, cinq familles très riches qui sont les propriétaires de l’État. Il faudrait lire de nouveau LÉNINE !  L’État et la révolution. L’État bourgeois. Ils contrôlent tout. Tout ! Le congrès national, le pouvoir judiciaire, les forces militaires, l’État.

Et il y a un peuple dans la rue qui est massacré. Le président me disait hier qu’il y a eu, à ce qu’il sait, trois morts de plus dans l’environnement immédiat de l’ambassade du Brésil. Et le président qui appelle au dialogue, qui appelle au dialogue pour retrouver le chemin de la démocratie. Depuis ici nous transmettons notre plus grande solidarité au peuple du Honduras et au président ZELAYA. Et nous demandons l’application de la résolution des Nations-Unies, la résolution de l’Organisation des États Américains.

Maintenant le gouvernement des États-Unis, chose étrange, n’a pas reconnu qu’il y a eu un coup d’État militaire. Le président ZELAYA m’a expliqué cela aujourd’hui. Il y a un conflit entre le Département d’État et le Pentagone, le Pentagone ! Je lisais hier un livre de Juan BOSCH, cet éminent et grand Dominicain renversé par l’Empire. Ce bon livre s’appelle « Le pentagonisme ». Je recommande ce livre ! Le Pentagone, c’est là qu’est la grotte impériale ! Le Pentagone n’aime pas OBAMA. Il ne l’aime pas ! Il ne veut pas de changement. Ils veulent dominer le monde avec leurs bases militaires, leurs menaces, leurs bombes, leurs soldats envahisseurs. Le Pentagone est derrière le coup d’État au Honduras. Ils ont sorti le président ZELAYA de sa maison, de son lit un matin, le 28 juin. Ils l’ont mené à un avion. Ils l’ont fait monter dans un avion, des soldats honduriens, commandés depuis la base militaire que les États-Unis ont à Palmerola. L’avion a décollé de Tegucigalpa et a atterri sur la base de Palmerola. Là, ils ont retenu le président prisonnier un certain temps. Et de là, ils ont décidé de l’emmener au Costa Rica. Les militaires nord-américains qui sont au Honduras savaient pour le coup d’État et ils le soutiennent. Et ils soutiennent les militaires du Honduras. D’où les contradictions entre OBAMA et au-delà d’OBAMA…

Parfois on se demande : y-a-t-il deux OBAMA ? Celui qui parlait ici hier Et un autre, un double ? Qui appuie le coup d’État au Honduras ? Qui permet à ses militaires d’appuyer le coup d’État au Honduras ? Je laisse ces questions en suspens pour y réfléchir. Y-a-t-il deux OBAMA ou un seul OBAMA ? Espérons que celui qui s’imposera sera celui qu’on a vu hier ici. Espérons-le ! Le monde en a besoin. Le monde implore cela !

Maintenant, quelle est la raison profonde du coup d’État au Honduras ?

Cela a un rapport avec ce dont nous parlons ici : la révolution au Sud. C’est une révolution qui n’est plus désormais celle des colonnes de guérilleros héroïques de la sierra Maestra [les Cubains de Fidel CASTRO en 1959], héroïques de là-haut, sur les hautes montagnes de Bolivie, où marchait Ernesto GEVARA, le « Che ». Non ! Ce n’est plus ce type de révolution. La révolution est différente. Elle n’émerge plus des montagnes dans des foyers de guérilla. Non, elle provient des villes, des masses. C’est une révolution des masses mais elle est pacifique. Et elle souhaite continuer à être pacifique. Elle est démocratique, profondément démocratique. N’ayez pas peur de la démocratie !

Et je paraphrase Noam CHOMSKY dans un autre merveilleux ouvrage que je ne connaissais pas. J’ai trouvé ce livre à Madrid il y a peu. J’étais allé visiter mon ami, le roi d’Espagne, surtout parce qu’arrive le sommet ibéro-américain au Portugal. Je lui ai dit : « bon je vais y aller si tu ne me fais pas taire ». Il m’a répondu : « Non, non, je ne te ferai pas taire ». « Bon, alors j’y irai ! ». Nous sommes de grands amis avec le roi Juan Carlos. Bon, donc ensuite, je suis allé à une librairie : « la maison du livre à Madrid », je vous la recommande, c’est là que j’ai trouvé le livre de CHOMSKY : « La peur de la démocratie ». Nous devons lire ce livre : « La peur de la démocratie, hein ? »

Les élites ont peur des peuples ! Ils ont peur de la véritable démocratie ! Celle que Abraham LINCOLN, cet autre martyre a défini très clairement grâce à trois concepts. Démocratie : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ! Ce n’est pas le gouvernement de la bourgeoisie, le gouvernement de l’élite qui lâche les gorilles lorsque les peuples se réveillent.

C’est ce qui s’est passé au Honduras ! Et c’est ce qui s’est passé au Venezuela en 2002 ! Et c’est ce qui s’est passé au Brésil avec Ioao GOULART ! C’est ce qui s’est passé en République Dominicaine.

Pourquoi n’ont-ils pas permis, au cours du XXe siècle, aux peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes de construire leur propre destin ? Ils ne nous l’ont pas permis.

Ce siècle, c’est notre siècle ! Ce siècle c’est le nôtre ! Au cours de ce siècle, en Amérique Latine et dans les Caraïbes, nous construirons notre propre chemin et personne ne pourra l’empêcher ! Personne ne pourra l’empêcher ! L’impérialisme, l’impérialisme, l’impérialisme doit s’achever ! L’impérialisme.

On se demande parfois, une fois j’ai demandé à LULA : « LULA, où en serait aujourd’hui l’Amérique Latine, la nôtre, si les États-Unis, les gouvernements des États-Unis, n’avaient pas planté leurs griffes dans notre Amérique pour imposer un modèle, mettant à feu et à sang la lutte de nombreux peuples et réduisant à néant leurs espérances, éteignant les lueurs de l’aube.

 1954 : je naissais et Fidel était déjà en prison pendant qu’au Guatemala tombaient les bombes. Ils ont envahi le Guatemala : Jacobo Árbenz Guzmán. Et ainsi de suite. La baie des Cochons, mais ils ont échoué ! Et Cuba est révolutionnaire. Cuba est digne mais elle est soumise à la contrainte.

OBAMA, lève le blocus sur Cuba, qu’attends-tu ? Sois conséquent avec ce que tu dis ! Ou bien y aurait-il deux OBAMA ? OBAMA a dit hier, je l’ai noté ici [il montre un carnet], OBAMA a dit hier, j’ai noté ici ce que LULA a dit, il a parlé avant OBAMA, et ensuite j’ai noté ce qu’a dit OBAMA [CHAVEZ feuillette son carnet] « ne peut être imposé à aucun peuple un quelconque système politique. Il faut respecter chaque peuple et sa souveraineté ». Bon, très bien, et alors OBAMA Président, qu’attendez-vous pour ordonner la fin du blocus sauvage et criminel de Cuba ? Quelqu’un a des doutes sur ça ? Quelqu’un croit que c’est quelque chose d’abstrait ? Non ! Il y a une persécution frappant les entreprises partout dans le monde qui livrent, ne serait-ce que des aliments à Cuba ! Et maintenant au Venezuela également !

Il y a peu de temps, Fidel CASTRO l’a dénoncé dans une de ses réflexions. Une entreprise établie partout dans le monde qui fabrique et livre des équipements médicaux n’a pas tenu cette année et l’année dernière les engagements pris avec les gouvernements de Cuba et du Venezuela. Ils ne fournissent plus les pièces de rechange des centaines d’équipements médicaux que nous avons acquis nos deux gouvernements pour apporter des soins gratuits et de qualité à nos peuples. Ce sont des tomographes de 64 coupes, des électrocardiogrammes qui sont maintenant dans les quartiers pauvres de Caracas. Là-bas où il y a des Indiens, il y a des installations médicales. Là-bas, nous avons 30 000 médecins cubains. Un système de santé pour le peuple, gratuit et de qualité. Bon l’entreprise, comment s’appelle l’entreprise ?, Philips… Nous nous sommes tus essayant de trouver des solutions. Mais non, l’entreprise n’envoie pas les pièces de rechange de ces équipements de haute technologie. Pourquoi ? Les pressions viennent de qui ? Du gouvernement des États-Unis !

OBAMA, c’est toi ou est-ce « another »* OBAMA? [* en anglais dans le texte]

« OBAMA One » ou « OBAMA Two » ? Who are You OBAMA ? Who are You ? [à nouveau en anglais dans le texte]

Je veux croire en celui d’hier, celui que j’ai vu ici ! Mais ces choses continuent de se produire ! Et cela affecte la vie de millions d’êtres humains ! Au nom de quoi ? Au nom de qui ? Qui ? Pourquoi les États-Unis continuent-ils de faire cela, hein ? Bon, ce n’est pas pour la démocratie. Car c’est tel quel ce qui s’est passé au Honduras. C’est la peur de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne qui émerge comme mécanisme d’intégration nouveau, novateur, solidaire, et qui a pris la forme d’une alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique. Les gouvernements et pays de Cuba, Nicaragua, Honduras, Venezuela, Équateur et Bolivie, Antigua et Barbuda, la Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Ils nous attaquent, prétendent nous retenir mais ils ne pourront atteindre leur but. Le MERCOSUR, l’UNASUR, tout cela est en train de naître et fait partie de la révolution géographique, géopolitique, historique : la grande révolution latino-américaine.

 * * * fin de la vidéo 2/3 * * *

Bien, dans le même ordre d’idées, Monsieur le Président, il y a les sept bases militaires que les États-Unis vont installer en Colombie. OBAMA a dit hier, je l’ai noté ici, OBAMA a parlé de quatre piliers. Vous vous en souvenez. Bon, accomplissons cela, je le prends au mot. Nous prenons au mot le Président des États-Unis. « Pas de prolifération nucléaire ». D’accord ! Commencez en détruisant toutes les armes nucléaires que vous avez ! Allez-y ! Détruisez-les ! Faîtes-le !

Le second pilier d’OBAMA, c’est – le premier c’était : pas de prolifération – le second : promouvoir la paix. Bon, Président OBAMA, cherchons la paix en Colombie. Dans notre chère sœur Colombie, il y a une guerre civile. Ah ! Que certains ne veuillent pas le reconnaître, ça c’est autre chose ! Il y a un conflit historique très ancien en Colombie. Les Nations-Unies doivent le reconnaître, le voir. Et nous devrions tous tendre les mains vers la Colombie pour l’aider à s’en sortir, tout en respectant bien sûr sa souveraineté, mais en l’aidant à sortir de cette tragédie que vit ce peuple frère. La paix, je me rappelle l’avoir évoquée devant LULA à OBAMA, là-bas à Trinidad et Tobago lors du sommet des Amériques. Recherchons la paix en Colombie.

Si la paix a pu s’imposer en Amérique centrale, si la paix a pu s’imposer au Guatemala… Moi quand j’étais militaire actif j’étais au Guatemala, c’était la guerre là-bas ! La guerre ! Des milliers et des milliers de morts et de disparus. Le Salvador, le Nicaragua. Et il y a là-bas Daniel ORTEGA de nouveau au gouvernement. Après presque vingt ans, le peuple sandiniste l’a rappelé à nouveau. Le parti Farabundo Martí est là, et le peuple du Salvador, qui menèrent le Président FUNES à la tête de cette République sœur. Si la paix a pu s’imposer en Amérique centrale, pourquoi la paix, mon Dieu, ne pourrait-elle pas s’imposer en Colombie ? C’est l’une des choses que je veux et désire le plus dans ma vie car je suis Vénézuélien mais je me sens Colombien : la Colombie de BOLIVAR ! La Colombie de MIRANDA ! Notre Colombie !

Ah ! Et donc le président OBAMA pense-t-il pouvoir trouver la paix, son second pilier avec sept bases militaires de plus en Colombie ? Ces sept bases militaires sont une menace non seulement pour la paix possible en Colombie mais aussi pour la paix en Amérique du Sud. Nous avons raison, les gouvernements d’Amérique du Sud, d’exprimer, chacun avec son style et son intensité, notre grande préoccupation devant de ces sept bases militaires des Gringos en Colombie. Je le dénonce et le rapporte ici et je demande à OBAMA, le Président OBAMA, qu’il réfléchisse et qu’il impose ses piliers. Promouvons la paix ! Les Nations-Unies pourraient désigner une commission de paix pour la Colombie. Le Venezuela est à son service pour coopérer, comme, j’en suis sûr, tous les pays qui, comme nous, veulent la paix et ne veulent plus de guerre entre nous.

Il y a un autre thème que Fidel aborde dans ses réflexions du 21 septembre et qui est en lien avec le changement climatique. Je vais prendre deux minutes, Président, pour insister sur ce point. Il existe des gens qui pensent que non, que c’est une préoccupation métaphysique de quelques intellectuels. Non, non, non, nous sommes en train de tuer la planète ! Nous achevons comme le dit un bon journaliste vénézuélien, cette navette spatiale dans laquelle nous voyageons. C’est comme une navette spatiale. Et nous sommes en train de la détruire.

Écoutez ce que dit Fidel sur ce sujet. Fidel dit dans la réflexion appelée « Une espèce en danger d’extinction » du 21 septembre dernier, je vais le lire ici : « Lors de la conférence internationale sur l’environnement, convoquée par l’ONU à Rio de Janeiro – c’était en 1992, j’étais en prison, je m’en souviens très bien – j’ai affirmé, étant alors le chef d’État cubain, la chose suivante : une espèce est en danger d’extinction : l’homme ! » Fidel poursuit : « Lorsque j’ai prononcé et argumenté ces paroles, bien accueillies et applaudies par les chefs d’État présents, y compris par le Président des États-Unis, un BUSH moins ténébreux que son fils Georges W., ces derniers croyaient disposer encore de plusieurs siècles pour affronter le problème. Moi-même, Fidel, je voyais cela à une date plus éloignée, comme 60 ou 80 ans. Aujourd’hui, il s’agit d’un danger réellement imminent poursuit Fidel CASTRO et ses effets sont déjà visibles. La température moyenne a augmenté de 0,8 degrés centigrades depuis 1980 – ce sont des résultats scientifiques  selon l’institut des études spatiales de la NASA – 0,8 degrés ces vingt dernières années, ces trente dernières années plutôt. Je poursuis avec la lecture de ce que dit Fidel : «  les deux dernières décennies du 21è siècle ont été les plus chaudes depuis des siècles. Les températures de l’Alaska, de l’Ouest canadien et de l’Ouest de la Russie ont augmenté à un rythme qui a eu pour effet de doubler la moyenne mondiale ». Je continue de citer Fidel : « Les glaces de l’Arctique disparaissent rapidement et la région pourrait connaître son premier été sans aucune glace à une date proche de l’an 2040 ». Je continue de lire Fidel : « Les effets sont visibles dans les masses de glace de plus de deux kilomètres d’épaisseur qui fondent au Groënland, les glaciers d’Amérique du Sud, de l’Équateur au Cap Horn, sources essentielles d’eau et la gigantesque couche de glace qui couvre les étendues de l’Antarctique. Les actuelles concentrations de dioxyde de carbone ont atteint l’équivalent de 380 parties par millions, chiffre supérieur à celui, naturel, des derniers 650 000 ans.

On est en train d’achever cette planète. Rendons-nous compte de cela. Prenons-en conscience et agissons comme le réclamait hier le président LULA. « Pour le changement climatique, il n’y a pas de volonté » Les pays développés ne veulent pas prendre de décision. OBAMA a dit que oui, qu’à partir de maintenant, les États-Unis vont prendre des décisions. Fais-le Président ! Fais-le. Mais passe de la parole aux actes ! Sauvons la planète, sauvons l’espèce humaine ! Espérons que du prochain sommet qui se déroulera au Danemark, en décembre, émanent des décisions qui tranchent réellement. Le Venezuela est disposé à se joindre à ces décisions. Et il lance un appel, nous lançons un appel depuis le Venezuela pour prendre des décisions, chacun en fonction de son degré de responsabilité.

Maintenant, quelle est la cause essentielle de la pollution ? L’hyperconsommation, l’hyperconsommation. Nous sommes en train de consommer les réserves de pétrole, de gaz et d’hydrocarbures qui se sont accumulées durant des milliers d’années. Nous les consommons en un siècle ou moins d’un siècle. Bon, donc cela est en lien avec l’économie. Je ne vais pas lire cela, non, Président, seulement m’y référer : le rapport STIGLITZ, j’invite à l’analyser [il le montre à l’assemblée]. J’invite à l’analyser. Nous entendions hier s’exprimer le président français. Grâce à lui, ce rapport et cette commission existent. Mais prêtez attention à cela, rien qu’à cela. Le rapport contient douze recommandations de la commission STIGLITZ. Évaluons-les car je crois qu’elles portent sur le fond bien qu’elles ne remettent pas en question le modèle capitaliste. Nous, les Socialistes le remettons en question. Mais bon, discutons, cherchons des solutions de consensus pour la conjoncture et ensuite pour le moyen et le long terme. Il est dit ici, dans le rapport, par exemple, dans ses recommandations :

Premièrement, se référer aux revenus et à la consommation pour évaluer le bien-être matériel. Pour évaluer le bien-être matériel, se référer aux revenus et à la consommation.

 Deuxièmement : privilégier le point de vue de la famille.

Troisièmement : prendre en compte le patrimoine.

Quatrièmement : accorder plus d’importance à la distribution des revenus au-delà des moyennes.

Cinquièmement : élargir les indicateurs aux activités non commerciales. Il est dit ici par exemple : certains services comme la garde d’enfants, le ménage, les travaux de maçonnerie, de plomberie, charpenterie etc. figurent seulement dans la comptabilité nationale si ils sont effectués par un salarié. Vous savez que cela se réfère à la façon de calculer le PIB qui est un mécanismes purement capitalistes. Le rapport dit ici, et c’est vrai, que le PIB augmente avec le trafic routier alors qu’augmente le stress de la population alors que la contrariété des automobilistes et de leurs passagers augmente, alors qu’un temps précieux est perdu dans la circulation. Ah ! Le PIB augmente. Pourquoi augmente-t-il ? Parce que plus d’essence est consommée. Et en plus la pollution augmente. Regardez la façon dont le monde capitaliste  a construit  des mécanismes de mesure de l’économie qui sont destructifs. C’est en cela que je pense que le rapport STIGLITZ apporte des réflexions importantes. Le point douze indique : établir une batterie d’indicateurs en accord avec l’environnement, le changement climatique.

En parlant d’économie, ce rapport sort au bon moment. Maintenant prenons-le, et surtout les gouvernements et avant tout les gouvernements des pays les plus développés, je crois qu’ils sont réunis aujourd’hui à Pittsburgh. Pas les pirates de Pittsburgh sinon… Espérons que non, que ce ne soient pas les pirates, ce sont les présidents des pays du G20 qui discutent. Demain, je demanderai à LULA et à Christina [KIRCHNER] quelles sont les conclusions de la réunion car demain ils vont à Caracas, à Margarita, au sommet Afrique-Amérique du Sud.

L’économie, l’économie, l’économie. Nous, nous disons : « socialisme » mais discutons. Discutons des indicateurs, discutons des modalités, discutons des modes de production. Comme le disait hier le président OBAMA dans son 4ème pilier : « on a besoin d’une économie au service de l’être humain ». Bon, OBAMA, cela s’appelle le socialisme ! OBAMA, rejoins le socialisme ! Nous t’invitons dans l’axe du mal. Viens avec nous, dans l’axe du mal, construire une économie vraiment au service de l’être humain. Cela n’est pas dans la nature du capitalisme. Dans le capitalisme, c’est impossible ! Le capitalisme bénéficie à une minorité et exclue la majorité et de plus détruit l’environnement, détruit la vie. C’est ça le capitalisme !

Bon, je crois que je suis arrivé aux dix minutes ! [rires dans l’assemblée]

LULA. LULA. Je crois que je vais conclure avec LULA. Avec une phrase de LULA. Hier LULA a dit, le premier orateur de cette assemblée générale, « il n’y a pas de volonté politique » comme je l’ai déjà rappelé. J’ajouterais, car je connais LULA et je sais exactement ce qu’il a voulu nous dire. Il nous appelle tous à faire grandir notre volonté politique. Nous, à la différence d’autres espaces, d’autres gouvernements qui doutent, qui ne veulent pas de changement malgré la terrible crise que nous vivons, nous autres, au Sud de l’Amérique, nous avons une grande volonté politique. Je parle au nom du Venezuela mais également pour l’Amérique du Sud, l’Amérique Latine, une immense volonté politique pour le changement véritable.

Je recommande ce livre d’István MÉSZARÓS, un grand philosophe et penseur hongrois, professeur à Londres depuis de nombreuses années dans plusieurs universités : Au-delà du Capital : pour une théorie de la transition ». Je pense que c’est un des plus grands écrits du XXe siècle ! Une rénovation de la théorie socialiste. MÉSZARÓS dit ici, dans l’une de ses pages intéressantes, cette phrase qui est empruntée à cet autre grand auteur qui s’appelait Karl MARX. N’ayons pas peur de Karl MARX. Karl MARX, c’était l’EINSTEIN de la politique ! Ah on l’a diabolisé ! Mais sur combien de points Karl MARX a-t-il raison ? Reprenant MARX, MÉSZARÓS dit dans ce livre la chose suivante : « Les crises sont donc la combinaison générale – la combinaison générale – qui, au-delà de la présupposition et de l’urgence, conduisent à l’adoption d’une forme historique nouvelle ». Nous avons besoin de cela : une forme historique nouvelle. Cela fait des années qu’il est question d’un nouvel ordre et ce que l’on a c’est l’ordre ancien moribond, moribond. Nous avons besoin que naisse l’ordre nouveau, la forme historique nouvelle, la forme politique nouvelle, une forme mondiale nouvelle. Hier, KADHAFI l’a dit ici : « de nouvelles institutions, une nouvelle économie, une nouvelle société. Mais réellement nouvelle ! Un monde nouveau en fait !

Maintenant je crois que LULA l’a également dit hier,  « nous devons être les accoucheurs de l’Histoire ». D’accord ! Et j’ajouterais à ce qu’a dit le compagnon LULA : l’accouchement a déjà commencé ! Ce n’est pas un accouchement futur, il est là ! Soyons, comme l’a dit le compagnon LULA, les accoucheurs et accoucheuses de l’Histoire nouvelle. Au-delà des fossoyeurs de l’Histoire. Luttons sur cette planète pour que naisse cette Histoire nouvelle, ces temps nouveaux, ce monde multipolaire libre et nouveau, cette économie au service des humains et non des minorités, ce monde de paix finalement.

Moi qui suis Chrétien, le Christ a dit un jour lorsqu’il a dit « mon règne n’est pas de ce monde, il sera du monde futur », le règne de l’amour entre nous où réellement nous vivrons comme des frères et sœurs. Rendez-vous compte que dimanche dernier, il y a eu à La Havane, sur la place de la Révolution, s’est déroulé un grand concert : le concert pour la paix. Et sont allés là-bas Miguel Rosé, JUANES, Olga TAÑON, des chanteurs cubains, Silvio RODRIGUEZ était là, le grand Silvio, ils chantèrent pour le monde. Certains sont devenus fous, ici, à Miami et sont partis mettre en pièces les disques de JUANES, ce grand Colombien, seulement parce qu’il est allé chanter place de la Révolution ! Jusqu’où va la folie de certains ? Heureusement, c’est une minorité ! Bon, là, Silvio, avec sa guitare, l’a certainement chanté : « Cette ère est en train de mettre au monde un cœur » et dans sa chanson « Rendez-vous avec un ange » il termina en chantant [CHAVEZ se met à chanter] : « Soyons un brin meilleurs et un peu moins égoïstes [CHAVEZ adresse un baiser à toute l’Assemblée]. Salut à tous. Merci beaucoup Monsieur le Président ».

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Ce discours m’a inspiré quelques réflexions, à voir ici :

https://vivelasixiemerepublique.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=264&action=edit&message=6&postpost=v2