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Assises du Front de Gauche

Des « Assises » du Front de Gauche du 6 septembre et de ce que Jean-Luc Mélenchon peut en penser…

Des gens s’interrogent sur ce que pense Jean-Luc Mélenchon de la réunion du Front de Gauche du 6 septembre? Je vais vous en dire un mot. Mais, auparavant, je vais exprimer mon désaveu de cette journée qui s’annonce sans intérêt.

Pourquoi un désaveu ? Parce que notamment, « on » ose appeler « Assises » ce qui n’est en fait qu’une nouvelle réunion de quelques personnes des partis cooptées et titulaires de mandat ou de fonctions. Alors que les « Assises » qui ont été réclamées par les uns et par les autres (et j’en fus) n’ont rien à voir avec ce raout de personnes conviées sur invitation. Il s’agissait d’organiser des débats À LA BASE, avec le peuple, pas entre VIP de plus ou moins haut calibre. Les Assises n’avaient pas pour vocation d’être un cénacle des décideurs d’en haut du Front de Gauche. Les Assises n’avaient pas pour vocation à être le « déjeuner du siècle » du Front de Gauche…

Quant à ce que peut penser JLM de cette journée, lui seul peut le dire mais il a déjà donné publiquement quelques éléments de langage à ce sujet il me semble…dans son discours du 24 août en clôture du Remue-Méninges… Voici le paragraphe :

« Si nous nous contentons de faire notre petite soupe et que nous allons d’un colloque à l’autre parmi ceux qui pensent un peu comme nous, qui ne votent pas comme nous dans les assemblées mais quand même, et celui-ci et celle-là, si sympathique – c’est vrai ! – que faisons-nous ? Rien ! Absolument rien. Nous étalons le spectacle de l’impuissance et de l’incapacité à penser le futur. Nous étalons le spectacle de gens qui ne sont bons qu’à parler. La question ce n’est pas de parler, c’est d’agir ! Et si on parle, il faut que la parole soit une action. »

Le Front de Gauche étant mort, quelle stratégie politique adopter désormais ?

Il n’est pas opportun de raisonner en termes d’appareils et de militant-e-s à convaincre parce que pour cela, il faut se couper du peuple et même le défier puisque l’appareil du PC a fait ses choix et que les militant-e-s du PC ne mouftent pas…

On me dit que c’est folie que de soutenir l’idée que le Front de Gauche est mort parce qu’il n’y a rien d’autre. Qu’il n’y a pas de plan B.

Mais si, il existe et il est simplissime.

Il ne s’agit pas de créer un autre parti, une autre orga, mais de parler au peuple, directement, de l’impliquer largement dans le débat, de lui donner la parole, de lui permettre de poser des questions, d’interpeller les cadres des partis qui aspirent à gouverner le pays, les régions, les départements, les communes, les intercommunalités…

Il faut organiser des ASSISES mais cette fois-ci je ne dis plus du Front de Gauche… Plutôt des ASSISES de la révolution citoyenne ! Ou des ÉTATS GÉNÉRAUX de la révolution citoyenne. Et ce, partout en France, sur une durée de plusieurs semaines…

Les partis ne doivent être que des facilitateurs, des organisateurs, des animateurs et des financeurs mais ils doivent laisser le peuple prendre le pouvoir.

Il nous faut débattre de tout : du régime politique, de l’Union européenne, de l’économie, de la bifurcation écosocialiste…

Il faut réélaborer, conjointement avec le peuple, notre projet pour les prochaines échéances qui vont venir très vite et qui pourraient même être anticipées.

Il faut initier la logique « Podemos » en France et le faire par la base, non par le sommet.

Il faut donner enfin envie à tous ceux qui nous fuient depuis si longtemps (syndicalistes, associatifs, citoyen-ne-s non encartés mais  engagé-e-s dans de multiples luttes, causes et combats), ou encore celles et ceux qui nous ont abandonné depuis deux ans, de revenir et de s’impliquer de nouveau et ce, plus fortement encore.

Parmi eux les Communistes auront un rôle à jouer. Contrairement aux élucubrations des un-e-s et aux persiflages des autres, je ne suis pas anticommunistre primaire. Je dénonce seulement les faux communistes, ceux qui font honte à leurs illustres prédécesseurs, qui furent des résistant-e-s à un ordre établi odieux. Mais ces communistes doivent comprendre qu’on ne peut plus attendre. C’est maintenant qu’ils doivent prendre les bonnes décisions. Celles qui contribueront à nous libérer tous du carcan qui nous emprisonne. Ils doivent donc accepter de s’émanciper de leur parti. Sinon rien ne sera possible.

Voilà ce que je crois et comment je vois les choses. Il ne s’agit pas de détruire le FdG car le FdG est déjà mort dans l’esprit du peuple français. Il ne survit que dans la tête de quelques militant-e-s chez qui la naïveté l’emporte sur la lucidité.

Il s’agit bien de reconstruire mais autrement…

 

 

Du Front de Gauche encore. Que faire maintenant ? Deux options devant nous : l’alliance des partis ou l’alliance avec le peuple…

lavenir-bergsonBien que la présentation en ces termes de la question qui se pose soit un peu sommaire, voire un peu caricaturale, j’en conviens, il y a aussi un peu – voire beaucoup – de cela.

Je penche pour la seconde option. Moi aussi, je considère, depuis des années – et un peu plus chaque jour – que JLM est un très grand homme politique. Je vois en lui quelqu’un de portée historique, mêlant, pour faire simple et vite, le meilleur de Jaurès et de De Gaulle. Mais je ne suis pourtant pas un illuminé devant un gourou. Et donc, parce que j’ai ma liberté de pensée et un brin de réflexion, je peux aussi être parfois en désaccord avec lui.

Lui est un leader et nous sommes, à des degrés divers, de simples militant-e-s. Nous ne voyons donc pas les choses du même point de vue. Il est un stratège et pense qu’à chaque instant, il faut utiliser tous les atouts du moment, quitte à en rabattre un peu sur certains aspects, pour avancer. Sans doute que nous sommes plus exigeants, un peu moins patients, et que les questions d’appareil nous semblent moins fondamentales et donc que le caractère indispensable de telle ou telle alliance ou « amitié » au sommet n’est pas aussi indispensable qu’il donne l’impression de le croire. Nous sommes quelques-un-e-s à vouloir taper dans la fourmilière, voire à envoyer balader ceux qui nous pourrissent la vie depuis quelques temps. Nous poussons à une refondation du Front de Gauche, et nous sommes quelques-un-e-s à vouloir le faire depuis la base, en nous reposant sur le « peuple » militant…d’où notre APPEL NATIONAL POUR DES ASSISES DU FRONT DE GAUCHE !

Jean-Luc Mélenchon, lui, et nombre de nos porte-paroles avec lui, veulent conserver à tout prix, en tout cas c’est ce qu’ils disent et semblent vouloir faire, l’outil qu’est le Front de Gauche, quel que soit son état, quelles que soient ses faiblesses. Ils veulent avancer sans rien casser. On peut comprendre ce souci de préserver un outil qui a  permis des avancées. Mais il est vrai qu’il y a bien aujourd’hui deux options sur ce qu’il faut faire.

Malgré tout je ne pense pas que l’on doive opposer radicalement l’une et l’autre. Parce que nous, les militant-e-s de la base, nous ne souhaitons pas détruire le Front de Gauche. En tout cas ce n’est pas mon intention à moi et ce n’est pas celle des camarades qui me sont proches, aussi bien dans la vie militante réelle que dans les échanges sur le réseau social Facebook. Il ne s’agit pas de le casser mais de le faire avancer, de lui donner une autre échelle, de le dépasser largement. Même si parfois nous pouvons utiliser des termes « crus et drus » à son sujet, même si nous le disons « mort » en regardant certaines réalités, cela ne signifie pas que nous nous en réjouissions dans une sorte de perversité morbide. Nous essayons de ne pas nous illusionner et nous voulons éviter de nous accrocher à une planche vermoulue. Nous voulons reconstruire un nouveau vaisseau amiral de la conquête du pouvoir.

De l’autre côté, certains considèrent que le Front de Gauche est au minimum un canot de sauvetage, qui nous a permis de stabiliser nos forces, de ne pas nous éparpiller totalement même si nous sommes en étiage par rapport à la présidentielle. Ceci n’est pas faux non plus.

Au final, je dirais que nous devons éviter de nous déchirer, base contre porte-paroles, porte-paroles contre base, faute de quoi nous irons tous collectivement au désastre. Mais sans aller jusqu’à une telle catastrophe, nous devons, en tant que militant-e-s « ordinaires », continuer à pousser fort pour que nous, la base, le peuple, ne soyons pas QUE de simples petits soldats, dociles, disciplinés, obéissants. Nous ne devons pas rejeter globalement toute vision plus « centralisée ». Mais j’ose espérer que dans le même temps, nos porte-parole, ceux qui ont des responsabilités dans nos partis respectifs, aussi bien au niveau national que local, sauront ne pas être butés dans leurs certitudes et éviter les mots blessants. Or certaines déclarations, je l’ai déjà écrit ces derniers jours, me font froid dans le dos. Réponses méprisantes, ton hautain, condescendance ou esprit buté… Par exemple, il est bien de citer Jaurès qui est une de nos principales références mais encore faut-il choisir les citations que l’on rappelle et avoir un brin de jugeote pour ne pas être à contretemps. Ainsi quand je vois que l’un de nos VIP écrit : « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l’avenir », j’en ai froid dans le dos car cela est au-delà de la naturelle et légitime confiance que l’on a dans les siens. Il me semble à moi qu’user de cette phrase aujourd’hui, alors même que nous sommes dans un temps où des questions doivent être posées et des réponses données, à un moment où le débat doit enfin avoir lieu, c’est hurler à tous « Fermez-là ! ». C’est dire à tous « Il n’y aura aucun débat. Nous continuons. Nous n’entendons rien. Fermez le ban ! » J’y vois un aveuglement porteur de lendemains bien tristes.

Ce n’est pas ainsi que nos « leaders » convaincront la base que nous sommes. J’ai envie de reprendre ici la formule chère à Jean-Luc Mélenchon quand il explique, s’agissant de la direction des grandes entreprises, que l’on peut très bien faire sans ceux qui sont à leur tête, en les remplaçant par d’autres et notamment par certains des étages inférieurs, tandis qu’on ne peut rien sans ceux qui sont à la base, sans ceux qui produisent, sans les salariés des entreprises, sans les militant-e-s dans les partis. Un parti peut changer de responsable – et il est évident que certains sont plus talentueux que d’autres, plus avisés, plus inspirés, plus malins, plus stratèges etc. – mais un parti sans militant-e-s ne survivra pas longtemps, surtout s’il a peu d’élu-e-s…

En conclusion, moi qui suis militant du PG, je dirais, pour ma part, que je ne suis pas hostile aux partis, sinon je n’aurais pas choisi d’en rejoindre un, mais je veux que l’on regarde au-delà de nos partis. Je ne suis pas hostile au Front de Gauche, mais je veux qu’il devienne un mouvement du peuple et pas seulement celui d’une petite partie de la Gauche. Je ne suis pas hostile aux leaders mais je veux qu’ils entendent la base et qu’ils respectent les militants. Et cela passe par l’acceptation du débat, des remises en cause éventuelles, des critiques, car si la base n’a pas toujours raison contre le sommet, j’en conviens, le sommet n’a pas non plus systématiquement raison contre la base. Donc le débat doit avoir lieu. La délibération collective doit être possible et au terme de ces échanges, la décision doit résulter d’une procédure démocratique, le vote.

Vous conviendrez que ce discours n’a rien d’extraordinaire ; c’est le nôtre, il me semble. Nous ne cessons de prêcher pour cela. Jean-Luc Mélenchon ne rate pas une occasion – et il a raison – de rappeler que la conviction doit se faire suite à un débat rationnel, à un échange d’arguments et au final le peuple tranche en votant. La minorité s’incline devant la majorité mais n’en abandonne pas moins sa conviction et continue à avoir le droit – et le devoir – de l’exprimer, et d’essayer de convaincre ceux qui n’ont pas encore été convaincus. Eh bien, c’est ce que nous faisons. Alors il serait judicieux que ceux qui portent ces principes au sommet les appliquent dans leurs propres organisations, sinon la cohérence en souffrira et de là naîtra le désaveu. On a bien des progrès à faire sur ce point…

L’APPEL À DES ASSISES DU FRONT DE GAUCHE, que nous sommes un millier à avoir déjà signé, n’a pas d’autre but que celui-là, exiger le débat, aussi bien sur le type, la nature, la structure de l’organisation que nous souhaitons, que sur le fond des questions. Il est temps de revenir aussi aux questions de fond, sur tous les sujets. Le projet de l’élection présidentielle « L’Humain d’abord » est une base, une très bonne base de travail, mais ce n’est plus que cela. Ce n’est pas une bible qu’il ne faudrait jamais retoucher.

Le passé n’est qu’un prologue….
William SHAKESPEARE

L’avenir ce n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire…
Henri BERGSON

Assises du Front de Gauche… Pourquoi ? Comment ? Je livre ma contribution.

logo place au peuple

Nous, militant-e-s du FRONT DE GAUCHE, que nous soyons – ou pas – membres du Parti de Gauche, du Parti Communiste Français, d’Ensemble, ou d’autres partis et organisations, mais qui sommes attaché-e-s à cet outil politique et voulons lui permettre de se développer, de se démocratiser, et de s’ouvrir, avons lancé, il y a quelques  semaines, un APPEL NATIONAL POUR DES ASSISES DU FRONT DE GAUCHE.

Un millier de personnes environ sont signataires de cet appel. C’est peu au regard du nombre total de militant-e-s des différents partis du Front de Gauche. NOUS AVONS BESOIN DE VOUS. SIGNEZ CET APPEL ET FAÎTES-LE SIGNER AUTOUR DE VOUS.

Il a un but et un seul : obtenir la mise en place d’ASSISES DU FRONT DE GAUCHE qui nous permettront, COLLECTIVEMENT, de nous sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons.

Certain-e-s militant-e-s nous ont rejoints immédiatement, dans les heures et les jours suivant sa publication.

D’autres nous ont fait savoir qu’ils réfléchissaient à la question de leur engagement à nos côtés et nous rejoindraient, peut-être disaient les uns, sans doute affirmaient les autres, mais ultérieurement. Parmi ces derniers, quelques-un-e-s  sont passé-e-s à l’acte depuis. D’autres non.

D’autres encore nous ont fait savoir qu’ils ou elles refusaient de  signer, pour diverses raisons.

  • Les uns ont avancé l’argument que l’appel était « hostile au PCF » ou que c’était une « marque de défiance envers le PG » ou encore que c’était un texte « destiné à gêner Ensemble et à l’empêcher de se développer. » Rien de tout cela ! Ces jugements sont infondés. Ce sont des erreurs d’interprétation. Cet appel n’a ni pour objet, ni pour motifs de cibler spécifiquement un parti, pas plus qu’il ne cible un ou une porte-parole. Quels que soient les avis (et ils sont divers) de chacun des signataires sur tel ou tel parti du Front de Gauche, sur tel ou telle porte-parole, sur tel ou tel comportement des uns et des autres, sur tel ou tel choix stratégique ou tactique des uns et des autres, ou sur le Front de Gauche en tant que tel, nous avons, COLLECTIVEMENT, le désir, l’espoir, le projet, l’ambition de fédérer tous les militants et toutes les militantes qui se reconnaissent dans le FRONT DE GAUCHE… ou qui voudraient pouvoir s’y reconnaître mais sans être contraint-e-s d’entrer dans un des partis le constituant, alors qu’en l’état de la situation, c’est le seul moyen concret de le faire. Et ces « comités » n’ont aucune existence juridique, ils sont donc des forums sans véritable pouvoir, en tout cas sans pouvoir décisionnel. Or, nous  voulons que les militant-e-s décident SOUVERAINEMENT de leur destin collectif.
  • D’autres encore ont refusé de signer l’appel sous prétexte que nous voulions nous « dresser contre les partis ». Ce n’est pas notre intention. Les partis existent et nous ne saurions les ignorer. De même, il nous semble illusoire de vouloir créer une force populaire hostile aux partis qui sont, par essence, des outils de la démocratie et des armes pacifiques, républicaines, démocratiques d’accession au pouvoir. Les partis sont aussi – ou devraient être – des forums et des centres d’éducation populaire. Nous nous inscrivons dans une démarche politique et pas revendicative. Nous sommes nombreux, parmi les signataires de l’appel, je l’ai dit, à être actifs dans les partis du FRONT DE GAUCHE et nous  leur sommes attaché-e-s sans quoi nous ne les aurions pas rejoints. Mais nous pensons que les « appareils » des partis ne peuvent décider de tout sur tout. À notre époque, et dans les circonstances que nous vivons, les partis doivent évoluer, aussi bien dans leurs pratiques que dans leur nature, or ils évoluent trop lentement et il est parfois difficile de faire entendre la voix de la base. Alors nous voulons « secouer le cocotier » et faire bouger les lignes. En  outre, NOUS AVONS CECI DE PARTICULIER QUE NOUS VOYONS AU-DELA DE NOS PARTIS RESPECTIFS. Nous visons le DÉPASSEMENT de nos partis. Nous n’avons pas comme seul objectif de gagner aux dépens des autres mais de GAGNER TOUS ENSEMBLE. Le FRONT DE GAUCHE avait, à l’origine, un destin de mouvement collectif et beaucoup de militant-e-s l’avaient rejoint pour cela, espérant qu’il deviendrait une organisation unitaire. Nous savons pourquoi cela ne fut pas possible. Nous en prenons acte mais nous n’abandonnons pas pour autant cette perspective et nous allons nous battre pour qu’elle soit discutée. Nous avons l’espoir de faire évoluer les esprits sur la question. Nous considérons toujours, ET PLUS QUE JAMAIS AUJOURD’HUI, que le FRONT DE GAUCHE  doit s’unifier.

En effet, il ne peut plus demeurer un cartel de partis car nous constatons, depuis deux ans, quels problèmes cela nous pose à tous. Il nous faut évoluer dans la physionomie du FRONT DE GAUCHE comme dans ses manières d’agir et de  décider.

ENSEMBLE a montré la voie du regroupement. Il faut que nous nous inscrivions dans cette logique de RASSEMBLEMENT et sortir de ce système où les décisions résultent seulement de coordinations au sommet, à Paris, ou en province, sur lesquelles la masse des militant-e-s n’a aucune influence. Nous portons l’objectif d’une fusion des partis constituant le FRONT DE GAUCHE en une seule organisation,  nouvelle, se substituant à toutes celles préexistantes.

Cette nouvelle organisation devra être :

  • suffisamment OUVERTE pour que des militant-e-s qui, aujourd’hui, ne sont pas, statutairement parlant, lié-e-s au FRONT DE GAUCHE, soit parce qu’ils ou elles sont issu-e-s d’autres partis qui lui sont extérieurs, soit parce qu’ils ou elles ne sont membres d’aucun parti, puissent nous rejoindre et ce, sans avoir l’impression désagréable, voire humiliante, « d’aller à Canossa » en devant intégrer l’un des partis existants qu’ils avaient jusqu’ici combattu ou, au minimum, dont ils ou elles s’étaient tenu-e-s à distance. Nous devons nous placer dans la situation de militant-e-s qui ouvrent les bras en toute bonne foi, en toute bonne volonté, à toutes celles et tous ceux qui n’ont d’autre but que d’ouvrir une voie nouvelle puisque, jusqu’à  présent, nous stagnons collectivement…
  •  suffisamment CLAIRE et FERME sur une ligne politique décidée COLLECTIVEMENT et DÉMOCRATIQUEMENT afin de ne plus souffrir de la légitime critique d’être incohérente et donc peu  crédible ce qui récemment nous a conduit à subir une cruelle sanction électorale pour nos candidat-e-s.

Nous pourrions commencer par réfléchir à une CHARTE COMMUNE qui exposerait les conditions minimales à respecter pour être accueilli au sein de ce FRONT DE GAUCHE nouvelle formule. Chaque militant-e qui souhaiterait adhérer à cette organisation signerait cette charte et s’engagerait à en respecter les  principes. Les militant-e-s des partis constitutifs du FRONT DE GAUCHE actuel ne seraient pas membres de droit mais devraient signer eux aussi cette CHARTE s’ils veulent participer de ce FRONT DE GAUCHE nouvelle formule. En accomplissant ce geste volontaire d’adhésion, ils manifesteraient leur désir de passer à une nouvelle étape.

Cette charte serait en quelque sorte notre « constitution » commune et se différencierait de nos « lois », c’est-à-dire de nos choix concrets sur les différents sujets de l’action publique et de la réflexion politique, lesquels seraient définis COLLECTIVEMENT, au moyen de votes démocratiquement organisés, intervenant au terme de débats sérieux et suffisamment étendus dans l’espace et dans le temps pour que chaque militant-e prenne sa part du travail collectif et ne s’en sente pas exclu. Ces propositions concrètes pour chacune des thématiques (économie, affaires sociales, justice, politique étrangère, défense, droits et libertés, culture…) seraient toujours modifiables par la même voie que celle de leur adoption, pour autant que nos principes stratégiques, inscrits  dans la charte, c’est-à-dire en quelque sorte notre socle commun, notre « constitution », soient, eux, toujours honorés.

Tout ce que j’ai développé ci-dessus ne figure pas dans l’APPEL POUR DES ASSISES DU FRONT DE GAUCHE car cet appel a un seul objet : rassembler le maximum de signataires afin de pousser à l’organisation d’ASSISES DU FRONT DE GAUCHE tandis que les développements ci-dessus ne sont que ma propre contribution, ma propre réflexion, sur des éléments un peu plus précis, et ces propos n’engagent  que moi. Les signataires de l’appel ne sauraient être liés par eux de quelque manière que ce soit. Cela va de soi sans le dire mais c’est mieux en le disant… Si j’utilise le « nous » au lieu du « je », ce n’est que pour exprimer l’idée que je n’imagine pas autre chose qu’une délibération collective et je soumets seulement une contribution au débat général. Sans doute qu’à la suite de cette contribution, d’autres signataires  publieront les leurs. C’est déjà un débat qui ne fait que commencer… Alimentez-le par vos propres réflexions, propositions, souhaits, critiques…

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Commencez à réfléchir aux voies et modalités de l’organisation de telles ASSISES.

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Je vais maintenant évoquer, à grands traits, comment je vois les choses pour passer de la théorie à la pratique. Ce qui va suivre n’est qu’une proposition personnelle qui n’engage que moi mais dont j’espère qu’elle sera  une étincelle ouvrant le débat.

Ces ASSISES ne sauraient se limiter à une seule grande réunion parisienne. Des ASSISES DU FRONT DE GAUCHE doivent être organisées dans toutes les régions de France et ces ASSISES se tiendraient sur une période de plusieurs mois, avec des réunions périodiques : certaines de type « assemblées plénières » ou « assemblées générales » destinées à faire adopter les principales décisions, d’autres en comités plus restreints destinés au travail de fond de préparation. Des commissions locales assureraient la préparation et l’organisation du travail et une commission nationale se chargerait de la coordination de toutes les actions régionales.

On pourrait ouvrir des « cahiers de doléances » qui permettraient aux militant-e-s d’exprimer leurs critiques comme leurs satisfecits, d’exposer leurs récriminations comme de faire partager leurs propositions. Des groupes de travail seraient chargés d’étudier ces « cahiers de doléances », de les résumer, de répartir les éléments des contributions militantes dans chacune des grandes thématiques puis de préparer les séances plénières destinées à adopter les décisions  collectives.

Peu à peu, au fur et à mesure de l’avancée de ce travail, par la logique de l’entonnoir, une commission nationale compilerait les résultats des différentes régions en vue d’un congrès fondateur destiné à faire naître cette organisation nouvelle que nous appelons de nos vœux et qui serait alors, sans aucun doute, bien plus armée, après un tel  travail « constituant », que le FRONT DE GAUCHE actuel.

Nous sommes tous, au FRONT DE GAUCHE, hostiles à la 5e République et portons le projet de changer de régime. Notre désir de 6e République, nous l’avons réfléchi et nous avons expliqué qu’il serait le résultat de l’implication populaire au moyen d’une « Assemblée Constituante », élue par tous les électeurs, qui permettrait à tous les citoyens français de  définir ensemble le contenu de cette nouvelle constitution.

Je pense que nous pouvons et devrions transposer cette démarche pour la création de cette organisation nouvelle que pour l’instant – faute de mieux car nous n’avons pas réfléchi à la question – je nomme FRONT DU PEUPLE. Il va sans  dire que le nom sera un des points à décider ensemble.

Je n’imagine pas que le travail auquel j’ai fait allusion ci-dessus puisse être accompli en quelques semaines. Je pense que nous devons prendre le temps nécessaire. Ci-dessous, je propose un calendrier d’action :

Suggestion de calendrier:

– de septembre à décembre 2014 : préparation du travail, élection des délégués à la commission nationale, organisation générale des ASSISES

– de janvier à décembre 2015 : travail de fond dans les départements et les régions

– de janvier à juin 2016 : synthèse des travaux et remontée de ceux-ci à la commission nationale

– de septembre à décembre 2016 : préparation du congrès fondateur

– janvier 2017 : organisation du congrès fondateur

En tout cas, je pense qu’il est urgent de commencer à nous organiser concrètement au niveau local. Des comités du Front de Gauche existent déjà dans plusieurs endroits de France. Il nous faudrait désigner assez vite des responsables de groupes de travail par département ou par circonscription électorale afin de démarrer le travail de fond. Ensuite, une fois les groupes de travail en place et dès lors qu’ils seraient constitués d’un nombre suffisant de membres (ce nombre étant à définir et pouvant bien sûr varier au regard de considérations démographiques ou autres), ces groupes de travail locaux éliraient des délégués pour siéger dans une commission nationale chargée, elle, comme je l’ai dit plus haut, du travail de coordination générale.

Les groupes de travail locaux (au niveau du département ou des circonscriptions électorales) se réuniraient une fois par semaine et une réunion plénière de ces groupes locaux aurait lieu tous les mois. Au niveau de la coordination régionale des réunions seraient organisées avec une fréquence trimestrielle et auraient  pour objet de synthétiser le travail des comités locaux.

Ces plénières régionales transmettraient les résultats de leurs délibérations à la commission nationale qui aurait trois mois pour préparer le congrès fondateur. Ce dernier serait organisé sur deux jours dans une ville choisie par la commission nationale  mais en ayant comme critère que le maximum de militant-e-s puissent s’y rendre aisément  et s’y loger à moindre coût.

L’outil internet nous permetra bien des échanges. Nous trouverons les voies les plus adaptées pour s’en servir au mieux.

Ainsi, après environ 30 mois de travail et après 4 grandes réunions plénières régionales (une par trimestre en 2015), les militant-e-s du FRONT DE GAUCHE et, je n’en doute pas, beaucoup d’autres venu-e-s d’ailleurs, auraient collectivement mis en  place un outil de conquête effective du pouvoir.

Certes c’est un projet ambitieux mais notre peuple a besoin de croire de nouveau qu’un autre monde est possible, un monde où Liberté-Égalité-Fraternité seraient redevenues des principes quotidiennement appliqués, un monde où justice, humanisme, tolérance et partage ne seraient plus des utopies à jamais inaccessibles, un monde où la paix, la concorde et l’harmonie  entre les peuples et les nations seraient recherchées en permanence.

Faut-il qu’une fois de plus nous nous taisions ou n’est-il pas plus judicieux que nous l’ouvrions ?

Depuis dimanche, diverses publications de personnes qui ne sont pas que de simples militant-e-s mais aussi des responsables ou des élu-e-s, donnent la très désagréable impression de vouloir que tout le monde se taise, que personne ne se plaigne de rien, ne soulève aucune question, n’émette aucune critique… Comme ça finit par devenir une mauvaise habitude récurrente, ça commence à devenir aussi très dangereux… Continuons ainsi et nos partis se videront de leur sang militant.

C’est en effet mal connaître les militant-e-s du Front de Gauche que de penser qu’on les fera taire. Chacun de nous sera responsable dans ce qu’il dira, j’en suis certain, mais ce n’est pas manquer à l’esprit de responsabilité que d’exiger un vrai débat.

Au FRONT DE GAUCHE, en général, nous sommes tous épris de DÉ-MO-CRA-TIE. Nous ne cessons de disserter sur ce sujet. Nous mettons l’exigence démocratique au-dessus de tout. C’est ce que j’ai cru comprendre. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous portons le projet de révolution citoyenne et de 6e République.

Il est temps de passer aux actes et de commencer à en faire la preuve au sein de notre FRONT DE GAUCHE.

Nos porte-paroles, locaux ou nationaux, ne peuvent décider de tout entre eux ou dans les seules hautes sphères. La base n’a pas été consultée pour le choix des têtes de listes alors que nous prônons la démocratie. Moi, ça m’a très fortement dérangé et j’ai la faiblesse de penser que je ne suis pas le seul à ressentir ce malaise. Mon propre choix n’aurait sans doute pas été différent de celui qui a été fait par celles et ceux qui en ont décidé mais je juge que c’était mon droit de militant que de pouvoir voter sur ce point. On ne nous l’a pas donné. C’est un mauvais signal. Ce n’est pas la démocratie quand les décisions sont prises par un petit nombre de personnes au sommet.

Pour ce qui concerne mon parti, le Parti de Gauche, les têtes de listes désignées par le Bureau National étaient sans doute de très bons choix. Mon propos ne vise pas à le contester, mais c’est une « proposition » qui aurait dû nous être faite. Nous aurions dû recevoir des « déclarations de candidature » motivées et les militant-e-s auraient décidé eux-mêmes, par un vote, dans chacune des grandes régions. C’est ainsi que nous aurions prouvé notre sincérité de mettre en œuvre la démocratie dont nous ne cessons de prêcher le principe ..

Par ailleurs, il faut s’interroger (j’use ici d’une litote…) sur la pertinence de répéter, comme des mantras, des phrases qui ne passent pas dans le peuple. Ce n’est pas, bien sûr, parce que nous sommes minoritaires que nous devons adopter le discours de ceux que nous combattons. Mais sans avoir à nous transformer en ce que nous abhorrons, nous devons nous remettre en cause quand on n’est pas entendus. Nous connaissons les contraintes et les hostilités nombreuses auxquelles nous avons à faire face, mais nous devons faire avec, et trouver des moyens de passer outre ces obstacles. Nous avons déjà eu quelques bonnes idées en la matière.

Nous devons compter sur d’autres outils que le jeu médiatique. Ce qui n’empêche pas que nous nous plaignions, aussi souvent que possible, de la situation d’inégalité chronique et manifeste dans laquelle nous nous trouvons (comme d’autres), voire que nous intentions toutes les actions en justice nécessaires pour faire reconnaître les violations de nos droits lorsqu’elles sont avérées. Mais nous devons nous battre avec nos forces, sans attendre que l’on nous serve la soupe.

Nous ne devons pas pratiquer le déni, du type de celui auquel nous assistons depuis dimanche, y compris au FRONT DE GAUCHE.

Certains militant-e-s dont je suis, venus de divers horizons, avons lancé, il y a quelques semaines, un appel national pour des ASSISES DU FRONT DE GAUCHE.

C’est un bon moyen de mener le débat et, au terme de celui-ci, de prendre des décisions fortes en vue de notre renaissance.

Rompons enfin vraiment avec le Parti Socialiste – Par Guillaume Étiévant*

Guillaume Étiévant

* C’est le Secrétaire national du Parti de Gauche chargé de l’économie

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Une nouvelle période s’ouvre à nous. Beaucoup d’incertitudes pesaient sur le scrutin de dimanche soir. Après des années d’embourgeoisement de la population parisienne, qu’allait-il rester de l’électorat de gauche ? Dès qu’une famille s’agrandit, elle doit quitter Paris, incapable de survivre à un loyer plus élevé. Et ceux qui restent sont exclus de leur propre quartier. Les commerces où ils avaient leurs habitudes ferment au profit de boutiques et de brasseries hors de prix. Des rues entières sont dévorées par la grande distribution, défigurées par la société de consommation, et des masses de riches s’agglutinent dans nos rues, prêts à payer très chers ce à quoi les habitants n’ont plus droit, faute de moyens.

Dans cet enfer des pauvres, les riches s’épanouissent. L’urbanisme parisien propose des styles de vie, des communautés, des lieux de consommations « ethniques » et « éthiques » qui permettent la jouissance cosmopolite des plus riches. Chacun pense être libre de ses choix et, comme le note le marxiste David Harvey, « l’éthique néolibérale de l’individualisme possessif et son corrélat, la fin du soutien politique à toute forme d’action collective, devient le modèle de socialisation de la personnalité humaine ». L’horizon principal de la bourgeoisie parisienne qui se pense de gauche est son modèle de consommation ludique, désinvolte, et qui lui donne l’impression d’être transgressive. Elle vit son obéissance à l’ordre consumériste et néolibéral comme une modalité exemplaire de son engagement.

Une stratégie à la croisée de deux électorats

Dans le grand divertissement social-démocrate, l’activisme mondain empêche l’activisme politique. Pendant la campagne présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon a toutefois réussi à exister dans cette mondanité. Une partie du vote des Parisiens les plus aisés pour notre candidat était guidé par le besoin de se distinguer. Le personnage médiatique que constituait Jean-Luc Mélenchon a su attirer, comme Arlette Laguiller et Olivier Besancenot avant lui, le vote des pseudo-nantis qui voyaient en lui un moyen d’effectuer un acte subversif qu’ils croyaient sans conséquence. Oui, ça a été cool, pour eux, pendant cette période, de voter pour le Front de Gauche.

Mais cela ne pouvait pas être durable. Car les bourgeois, ou ceux qui se comportent comme tels, ne veulent pas changer le monde, ils veulent le ratifier. Ils souhaitent se donner une conscience justifiant leur condition. Le bourgeois parisien, qu’il se croie bohème ou pas, ne peut pour le moment s’engager dans un processus révolutionnaire de long terme. Une partie de nos sympathisants ont ainsi cessé de nous soutenir quand la situation s’est complexifiée après les présidentielles, quand ils ont compris que Jean-Luc Mélenchon n’était pas qu’un bon client des médias et un tribun lettré, mais aussi et surtout un dirigeant politique d’ampleur historique s’élevant à l’universalité du concept et construisant une force d’opposition au gouvernement. Un jour, une partie de cet électorat nous suivra. Si nous arrivons à construire un mouvement de grande ampleur, nous réussirons à les convaincre que l’intérêt général que nous défendons est aussi le leur.

L’une de nos erreurs dans cette élection parisienne a été à tout prix d’essayer de retrouver cet électorat et donc de ne pas aller au bout de notre stratégie. Les ambitions électorales du Parti de Gauche ont toujours été à la croisée de nos deux électorats : celui que nous visons principalement, c’est-à-dire les classes populaires et l’électorat du péri urbain, mais qui s’abstient considérablement et se tourne de plus en plus vers le FN, et celui qui vote déjà davantage pour nous, c’est-à-dire l’électorat issu principalement des grandes villes, du tertiaire et de la fonction publique.

La campagne parisienne s’est située en plein dans cette contradiction : une campagne résolument orientée dans l’opposition de gauche et assumant ouvertement le maintien au second tour aurait pu nous faire gagner des voix auprès de l’électorat populaire mais risquait de nous en faire perdre auprès notre principal électorat à Paris. Nous avons donc navigué difficilement en affirmant notre opposition, sans toutefois aller au bout de sa logique, c’est-à-dire l’annonce du maintien systématique au deuxième tour. Résultat : nous avons perdu beaucoup de voix chez les électeurs les plus aisés, pour qui nous sommes apparus en trop grande opposition à la mairie PS, et nous n’en avons pas gagné dans l’électorat populaire, qui nous voit encore trop comme des alliés naturels du PS. Contrairement à l’élection présidentielle, nos scores sont faibles dans les grandes villes alors que nous résistons dans le péri urbain, puisque notre moyenne nationale est de plus de 11%.

Logique, dans ces conditions, que le Front de Gauche ne fasse que 5% à Paris. Une bonne partie de la bourgeoisie parisienne de sensibilité de gauche a préféré voter pour EELV, c’est-à-dire pour l’écologisme mondain. Leur campagne dépolitisée uniquement orientée sur les questions de société et ne contestant pas le gouvernement a su rassurer beaucoup de Parisiens aisés, tandis que notre stratégie d’opposition n’a eu de l’écho que chez les classes populaires, qui se sont beaucoup abstenues. Le théâtre d’ombres médiatique a volontairement rendu invisible notre campagne et notre combat s’y est résumé à celui de Jean-Luc Mélenchon traîné dans la boue par le moralisme indigné des médias bourgeois. Impossible dès lors, malgré nos combats locaux, de prendre le dessus sur les deux entrées du néolibéralisme, celle de « gauche » et celle de droite. Nous aurions dû cliver encore plus fortement avec le PS et ne pas avoir peur de perdre ainsi une partie de notre électorat : nous l’avions de toute manière en partie déjà perdu, comme le prouvent désormais nos résultats à Paris.

Le mépris du PS face à la force de notre militantisme

Nous avons vaillamment fait campagne dans notre arrondissement, le 10ème, véritable laboratoire de la décomposition politique parisienne, en multipliant les ballades militantes et les portes à porte pour convaincre chaque personne une par une. Les camarades du 10ème ont fait preuve d’un sens du dévouement remarquable, en premier lieu Paul Vannier, co-secrétaire départemental, Nolwenn Neveu, co-secrétaire du Comité 10ème et co-présidente de la Commission économie du Parti de Gauche et Sarah Legrain, membre du bureau du Conseil national du Parti de Gauche. Notre score de 6,5%, dans les conditions sociologiques de notre arrondissement, est une prouesse due uniquement à la détermination et à l’intelligence collective des camarades. Il est largement supérieur à la moyenne parisienne et se situe dans la moyenne des résultats constatés dans les grandes villes (7% à Marseille, 5% à Toulouse, 5% à Nantes, 4,7% à Bordeaux, 6% à Lille, 7 % à Lyon, etc.). Ce que nous avons construit dans cette campagne dépasse le moment présent. Le Front de Gauche existe désormais pour les citoyens du 10ème arrondissement de Paris, il faut continuer à le structurer. Je garderai toujours en mémoire le courage de mes camarades, sacrifiant la majeure partie de leur temps libre pour l’idéal que nous défendons et n’ayant en tête que l’absolue nécessité d’une politique guidée vers l’intérêt général. Nous nous sommes battus pour quelque chose de plus grand que nous. Nous sommes maintenant sur un chemin qui va se poursuivre.

Après les résultats du premier tour, le PS a fait preuve d’un mépris hallucinant pour nos listes parisiennes. Ils nous ont proposé une réunion de négociation, pour laquelle ils ont reçu notre délégation dans un cagibi rempli de papiers toilettes (je vous renvoie sur ce sujet à la note de mon camarade Alexis Corbière : http://www.alexis-corbiere.com). Rémi Féraud, premier fédéral PS et triste maire du 10ème arrondissement, a refusé de discuter et a laissé le PCF faire ses basses besognes, c’est-à-dire poser des conditions inacceptables : l’engagement à voter tous les budgets, à participer aux exécutifs et à expier nos péchés. On comprend bien la manœuvre de ces professionnels de la politique : souhaitant préserver leur place et leur rémunération, alors que le Front de Gauche a fait 10% des voix de gauche à Paris, il était hors de question pour eux d’aboutir à un accord. Le PCF parisien avait auparavant démontré ses capacités de nuisance en menant une campagne active pour les listes gouvernementales, en arrachant systématiquement nos affiches Front de Gauche, en les dégradant, en y collant des autocollants faisant disparaitre notre logo et les adresses de nos réunions publiques, y compris sur les panneaux officiels électoraux. Dans le 10ème, la section PCF a tout fait pour tuer notre campagne, en utilisant massivement le logo Front de Gauche sur le matériel du PS. Certains militants du PCF ont participé activement à la démolition du Front de Gauche voulue par le gouvernement, créant ainsi une confusion considérable dans l’esprit de nos concitoyens, et que nous avons payée dans les urnes.

Il est temps de rompre

Pour des jeunes militants comme nous, qui faisons de la politique pour défendre des idées, qui n’attendons aucun honneur, qui ne sommes là que pour la grandeur du projet politique que nous portons, qui n’avons pas pour but de vivre de la politique, il a été très dur de subir ces semaines de campagnes face à ces renégats guidés quasi exclusivement par la volonté de maintenir la rente financière que constitue un mandat au Conseil de Paris.

Ce mépris, cette suffisance, de l’appareil socialiste et de ses alliés, témoignent de cette nouvelle phase politique qui s’ouvre devant nous. Notre résultat est la traduction de la séquence historique dans laquelle nous sommes. Il faut en tirer toutes les conclusions. Depuis dimanche soir, l’horizon s’est éclairci. Le comportement du PS-PCF qui méprise notre électorat contribue à clarifier la situation. Nous avons décidé collectivement de refuser d’appeler à voter pour le Parti Socialiste au deuxième tour. C’est une rupture considérable par rapport à la tradition de la gauche. Il faut en finir avec cette confrontation complice entre la droite et la gauche du néolibéralisme et concentrer tout notre engagement vers l’électorat populaire. Au Front de Gauche, nous défendrons jusqu’au bout le peuple, c’est-à-dire ceux qui peinent, qui produisent, qui paient, qui souffrent et qui meurent pour les actionnaires. Pour cela, il faut rompre enfin vraiment avec le Parti Socialiste, c’est-à-dire ne plus envisager le moindre accord avec eux.