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Le PS est En Marche. Objectif Fusion – Objectif Tune – Par Baloo Kâa le 28/04/2017

Objectif Tune

Il m’arrive très souvent de me dire que les hommes politiques se foutent vraiment de nous et pensent que, comme nous n’avons aucun pouvoir d’analyse et de discernement, ils peuvent se permettre les plus gros enfumages en toute tranquillité. C’est un peu le cas, une nouvelle fois avec Cambadélis qui a été nettement plus prompt à prendre la décision de tout mettre en œuvre pour soutenir Macron qu’à mettre en place une procédure d’exclusion de certains élus socialistes qui ne respectaient pas la charte de la Belle Alliance Populaire et même les statuts du parti. En effet, deux jours après la qualification de Macron pour le second tour de la présidentielle, le PS annonce qu’il va éditer quatre millions de tracts, plus des milliers d’affiches, payés par le PS, pour faire barrage au FN . En réalité, les tracts estampillés PS-Social Ecologie appellent à voter Macron pour se la jouer défenseur de la République en danger face au péril FN. Ca sent vraiment le réchauffé cette histoire. Le PS nous sert la même soupe depuis Mitterrand et le pire, c’est que ça marche pratiquement à tous les coups.

Ne doit-on pas considérer, dès lors, que le laxisme de Cambadélis envers les déserteurs et sa promptitude à soutenir la nouvelle sociale- démocratie libérale incarnée par Macron ne sont, en fin de compte, que la deuxième phase d’une habile manœuvre préparée de longue date par un fin stratège ?

La manœuvre n’avait-elle pas pour but premier d’empêcher le PS de se faire déborder sur sa gauche par la France Insoumise et comme but second de mettre en orbite le jeune Macron censé incarner le renouveau en politique, et tant pis si le PS devait pour cela être sacrifié ?

Si c’était le cas, et cela semble l’être, la manœuvre a réussi ; le PS est grillé. Que dis-je grillé ? Il est carbonisé.

La suite de cette stratégie consistait donc à trouver une parade pour que les sociaux-démocrates et les sociaux-libéraux qui avaient réussi à gangrener le parti puissent partir en toute sérénité une fois qu’ils auraient réussi leur mission de créer un PS bis de droite mais qui ne s’appellerait surtout pas PS puisque la vocation première des gens comme Valls et Hollande était de tuer le Parti qui les nourrit depuis toujours. Nous assistons donc clairement à la mise à feu du troisième étage de la fusée qui devrait permettre au mouvement En Marche, de devenir le grand mouvement de centre droit où les anciens socialos et les anciens chiraquiens pourront se refaire une santé tout en continuant à mener une vie paisible en espérant obtenir de nouveaux mandats.

Voilà, ces gens là, qui se prétendent de gauche pour tromper les citoyens n’ont aucune reconnaissance, aucune moralité non plus. C’est la loi du marché qui prime depuis longtemps sur l’idéologie au sein de ce parti qui n’a plus rien de socialiste. Seuls quelques milliers de militants, voire quelques milliers de sympathisants veulent encore croire que leur parti aspire à défendre le peuple, comme tout bon parti de gauche doit normalement le faire. Ils refusent obstinément de voir la réalité en face et se rangent docilement derrière la ligne du parti en n’ayant pas la lucidité pour comprendre que les dirigeants qui tiennent la baraque socialiste les amènent vers l’abime électoral et idéologique qui scellera la mort de leur parti.

A cet égard, L’image des trois singes se cachant les yeux, les oreilles et la bouche pour ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire leur correspond parfaitement. Par naïveté, par bêtise, par manque de courage ou tout simplement par militantisme aveugle et jusqu’au-boutiste, ils sont les complices passifs de tout ce qui se passe de moche au PS et se dirigent comme leur animal totem, le mouton, vers le précipice.

Sur la forme et sur le fond, demandez-vous aussi, pourquoi la CFDT, (syndicat collabo par excellence, toujours prêt à se coucher devant le Medef) est toujours si proche du PS, toujours si proche de ceux qui, au gouvernement, se sont proclamés réformistes socialistes ou socialistes progressistes. Qui se ressemble s’assemble, la formule est bien connue et ils en apportent la meilleure preuve. Leurs réformes n’ont de cesse d’aider, par tous les moyens possibles et imaginables, le grand patronat sans jamais rien exiger de lui en retour et d’ailleurs, le patronat ne donne rien en retour, bien au contraire. Voyant que le chantage à l’emploi et à la compétitivité a fonctionné plus qu’il ne l’aurait espéré, le Medef en demande toujours plus.

Son discours est simple et totalement décomplexé, il exige de l’état que ce dernier libéralise à outrance le marché du travail à base de Loi Macron, de loi El Khomri et de toutes les autres qui sont déjà dans les tiroirs, pour leur permettre de prospérer tranquillement avec comme effet directement lié, de faire porter aux contribuables, toutes ces aides que les patrons perçoivent et aux salariés, tous les efforts et les sacrifices à consentir. En gros, c’est tout bénef pour le grand patronat mais pas pour les petits patrons et encore moins pour les salariés.

Pour être le plus synthétique possible, voilà comment on peut présenter ce que sont réellement les réformistes, progressistes socialistes. Ils prétendaient apporter le progrès et le mieux vivre à la population avec leurs réformes mais après cinq années de gestion de la France, ils affichent un bilan tellement désastreux que Hollande, leur chef emblématique, n’a même pas eu le courage de venir le défendre, de peur de se retrouver laminé par le peuple. C’est donc Hamon qui est venu endossé l’habit du «socialiste de gauche» pour promettre un futur désirable et un revenu universel à tous ceux qui ne comprennent pas que ces formules ne sont que des éléments de langage destinés à séduire quelques brebis égarées ou à rassurer des socialistes désemparés.

Ces gens là ont en réalité, une façon très spéciale de considérer le progrès social. Neuf millions de pauvres et de précaires dont des millions de chômeurs, des riches encore plus riches, des classes moyennes qui peuvent du jour au lendemain venir grossir le rang des classes modestes, c’est donc ça le revers de ce qu’ils osent appeler, avec d’autres dans le camp des «Républicains (je parle ici du parti de droite), le progrès social.

A ce niveau là, on devrait plutôt parler de désespoir social. Quelle réussite cette société ! L’injustice sociale rime avec progrès social pour les ultra-libéraux et pour les sociaux-démocrates mais ça ne les gêne pas vraiment puisque les électeurs continuent malgré tout à réclamer ce rapport sado masochiste qu’ils doivent apprécier au final.

Pendant des années, sournoisement, discrètement, ils ont donc avancé leurs pions en jouant de postures et de déclarations quand ils étaient dans l’opposition sous Chirac et sous Sarkozy. Ils se présentaient comme le solide rempart qui empêcherait les dérives et les excès du libéralisme et du capitalisme mondialisé, allant même jusqu’à tenir des discours enflammés où la finance était désignée comme l’ennemi invisible. Cet ennemi contre lequel il faudrait lutter sans relâche, eux, les valeureux socialos, ils étaient prêts à le combattre. Cet ennemi, c’était l’Hydre, pas le monstre à neuf têtes de la mythologie grecque, mais le monstre à neuf têtes des plus puissants milliardaires qui tiennent la France sous leur coupe au niveau médiatique, économique et financier. Rien ne peut se faire sans eux, ils sont le pouvoir réel. Ils sont le pouvoir qui décide et choisit quel candidat sera chargé de défendre au mieux leurs intérêts et de les servir sans aucun scrupule. Ils avaient déjà soutenu Hollande en 2012 car ils avaient bien compris qu’avec lui président, ils n’auraient qu’à claquer des doigts pour obtenir tout ce qu’ils demanderaient. Et quand on regarde le bilan, ils ont beaucoup demandé et ont tout obtenu. Tellement obtenu qu’ils en ont grillé leur fusible serviteur.

Il fallait donc en trouver un autre. Pouvaient-ils espérer meilleur prétendant que ce jeune loup aux dents longues qui pilotait à l’Elysée le programme économique de Hollande comme conseiller puis au ministère de l’Economie ensuite? Assurément, c’était le meilleur choix pour eux et en plus il était adoubé par tonton Rotschild. Un tonton comme ça dans sa manche, c’est toujours utile sur un CV et ça ouvre bien des portes surtout quand on vise l’Elysée.

L’ambitieux Macron a-t-il donc délibérément trahi celui qui lui a ouvert les portes du palais pour devenir Calife à la place du Calife ou bien est-ce une stratégie machiavélique organisée par un cabinet noir, des éminences grises élyséennes ou un Hollande grand amateur de coups tordus ? Nous ne le saurons sûrement jamais.

Ce que l’on a par contre pu constater avec le grand manitou de Solférino, pendant la campagne électorale, c’est que toutes les désertions des élus socialistes vers le mouvement de Macron n’ont été suivies d’aucune sanction. Pendant que les rats et les éléphants, quittaient le navire, Cambadélis jouait tranquillement avec sa marionnette, le petit Benoit, qui était bien content d’avoir enfin un rôle important au sein du Parti Socialiste. Le rôle de l’idiot utile un peu écolo et gauchiste sur les bords lui allait comme un gant. Il faut quand même lui reconnaître ce talent. Ce talent qui était apparu lors du casting réussi d’une Belle Alliance Populaire et qui lui avait en effet donné au final le premier rôle d’une farce à laquelle il allait se prêter à merveille. Il était tellement investi dans son rôle qu’il en est presque arrivé à nous faire oublier que ce n’était qu’une farce.

Cette triste farce, à laquelle la France Insoumise est aujourd’hui sommée de venir participer sous peine d’être frappée du sceau de l’infamie par les organisateurs de cette manipulation grossière.

Qui sont-ils pour exiger quoi que ce soit sur ce sujet quand ils ne sont même pas capables de réclamer une action en justice pour faire condamner Marine LePen suite à ces propos révisionnistes sur le Vel D’Hiv ? Qui sont-ils pour exiger de Jean Luc Mélenchon qu’il se positionne contre le Front National alors que depuis 2002, les médias laissent pratiquement libre antenne à ce parti qui est un jour démocratique et un autre jour, un danger pour la république ? Quelle crédibilité et quelle légitimité ont-ils tous pour exiger quoi que ce soit alors que ce sont eux qui depuis des années jouent aux apprentis sorciers avec le FN ? Ils n’en ont aucune, que ce soit dit. Que tous ces donneurs de leçons du PS et alliés du PS qui ont, par leurs stratégies ridicules, permis ce second tour entre Macron et LePen ne viennent pas essayer, en plus, de se donner le beau rôle de la responsabilité et de l’honneur en accusant les leaders et les militants de la France Insoumise, qui combattent partout et tout le temps le FN, d’être des irresponsables qui seraient les coupables tout désignés d’une éventuelle victoire du FN s’ils ne votent pas pour Macron le 7 mai. Dans sa déclaration du 23 avril au soir, Benoit Hamon endossait la responsabilité de la défaite de son parti, c’était bien la moindre des choses au vu du résultat sanction que venait de lui infliger le peuple. Par contre, il ne s’est pas attribué, même en partie, la responsabilité d’une stratégie qui impose à tout le monde ce second tour qui apparemment leur fait si peur aujourd’hui. Pourtant sa responsabilité et celle de son parti sont entières. Ils savaient tous au PS, que le combat était perdu et qu’il fallait absolument sauver le candidat qui était le plus proche de leurs idées. Ce candidat, c’était Macron et devant la «menace» Mélenchon, ils ont décidé, en conscience, de se maintenir pour faire barrage à celui que Hollande osait même dépeindre comme un dictateur. Qu’ils assument donc seuls, leurs choix, leurs erreurs ou leurs stratégies.

La survie du PS passant maintenant par une alliance ou une fusion avec le mouvement de Macron, tout le monde s’active pour que cette alliance soit une alliance de gouvernement, d’où l’importance pour eux de cette victoire contre LePen. Tous ces politiciens malfaisants et ces serviteurs médiatiques de l’oligarchie doivent donc comprendre que leurs menaces et leurs pressions ne servent à rien et n’impressionnent pas ceux qui, au sein du mouvement insoumis ne veulent pas participer à cette mascarade. En conscience, Benoit Hamon et le PS ont décidé de se maintenir et ont de fait éliminé la France Insoumise. En conscience, les insoumis voteront comme bon leur semblent puisque c’est l’esprit même de cette démocratie participative pratiquée dans ce mouvement.

Contrairement à beaucoup de femmes et d’hommes, qui, dans d’autres partis, parlent un peu partout de démocratie participative sans jamais la mettre en pratique dans leurs actes politiques quotidiens, dans cette France Insoumise, elle est de mise et le leader porte parole de ce mouvement laisse libre choix à tous les militants de décider de leur vote.

C’est vraiment un drôle de dictateur ce Mélenchon !

Le mouvement France Insoumise et ses militants pour une très grande majorité ne se soumettront jamais à un quelconque diktat d’une pensée portée par des gens qui se vendent au plus offrant pour un mandat ou une bonne place.

Il faudra dorénavant, que tous ces dominants qui dirigent le pays, comprennent qu’ils ne pourront plus faire abstraction de cette nouvelle donne politique car leur logiciel est aujourd’hui obsolète. Des millions de français se sont regroupés dans un mouvement populaire de grande ampleur qui veut proposer un autre modèle de société. Et cette alternative crédible à l’ultra libéralisme mondialisé qui accroit chaque jour un peu plus des inégalités, ils sont bien décidés à batailler ferme pour y arriver.

La contestation nationaliste faisait déjà trembler une partie de la classe politique mais maintenant qu’un peuple insoumis se dresse et vient lui aussi contester la légitimité des sociaux-démocrates et du parti des républicains de droite à gouverner, tout le monde craint LE tsunami qui pourrait bouleverser complètement la vie des français et redessiner le paysage politique.

Alors, fusion, alliance de circonstances, désintégration du PS ? Encore quelques jours de patience, le dénouement est imminent.

 

Benoît Hamon, la « gauche » et nous – Par Simon Férelloc le 09/04/2017

Ce billet est accessible ici sur le blog de Simon Férelloc.

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BH

Dans ONPC, le candidat socialiste Benoît Hamon explique qu’il appellera à voter Jean-Luc Mélenchon s’il n’est pas au second tour. Cette phrase du vainqueur de la primaire du PS est vraiment un atout de poids pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon car en la prononçant, Hamon vient de reconnaître implicitement 3 choses :

La première est que même lui estime qu’il n’a plus aucune chance de se qualifier pour le second tour. Ce faisant, il porte un rude coup à ses camarades socialistes habitués à miser sur le chantage du « vote utile » pour empêcher l’avènement d’une vraie gauche de rupture. La seconde est qu’il considère lui aussi, la qualification de Mélenchon possible pour le second tour. Ce qui a pour effet de crédibiliser un peu plus cette hypothèse. La troisième est qu’il entérine la primauté de Jean-Luc Mélenchon, et surtout de la France Insoumise « à gauche ». Ce qui nous permet de nous affirmer très clairement comme une force politique bien plus puissante désormais que le PS moribond.

Ce passage de Benoît Hamon dans ONPC est donc une véritable aubaine pour nous les insoumis. Cependant, il faut à tour prix éviter de retomber dans le piège du clivage gauche-droite dans lequel ce genre d’interview pourraient nous remettre.

Il faut continuer à clamer haut et fort que nous sommes bien au dessus de ça et que nous n’aspirons non pas à rassembler une pseudo-gauche dans laquelle il faudrait trier qui a voté quoi lors du quinquennat. Bien au contraire, nous voulons fédérer le peuple français, y compris ceux qui ne s’identifient pas spontanément à la « gauche » autour d’un programme basé sur la transition globale vers une société où la première règle serait celle de l’intérêt général humain !

Nous voulons rassembler les français avec la mise en place d’une 6ème République dans laquelle les citoyens auront davantage de contrôle sur leurs représentants et pourront vraiment participer à la vie politique !

Nous voulons rassembler les français autour de la planification écologique, pour dire qu’enfin nous ne prendrons plus jamais davantage à la nature que ce qu’elle peut produire !

Nous voulons rassembler les français avec le partage des richesses pour répartir celles-ci entre tous ceux qui les produisent !

Nous voulons rassembler les français pour retrouver notre souveraineté populaire en sortant des traités européens avec les plans A (négociation) et B (retrait progressif de l’UE) !

Nous voulons rassembler les français autour d’un objectif planétaire commun : la paix dans le monde et la souveraineté des peuples, en sortant de l’OTAN et en renforçant le rôle de l’ONU !

Nous voulons rassembler les français pour engager le progrès social et réaliser de grands projets innovants créateurs d’emplois et aux frontières de l’humanité !

Et si Jean-Luc Mélenchon est élu le 7 mai prochain, alors j’espère vraiment que toutes les bonnes volontés seront les bienvenues pour construire l’Avenir en Commun ! #JLM2017 👊👊

 

Comment l’élection présidentielle peut-elle bouleverser la politique française ? 1/2 – Par Simon FÉRELLOC

Ceux qui suivent attentivement la politique depuis plusieurs mois le savent : cette campagne présidentielle est totalement inédite ! Et elle l’est tout simplement parce qu’elle semble échapper à tout contrôle, à toute analyse mainstream, à tout scénario écrit à l’avance par d’obscurs « experts »… Or depuis quelques semaines, ces derniers répètent en boucle que l’élection est déjà jouée et qu’elle nous conduira à un second tour Macron-Le Pen, avec à l’arrivée une large victoire de l’ex-ministre de l’Économie.

Et c’est précisément cette certitude que le prochain président ne peut être que Macron qui me donne envie d’envisager un scénario différent, qui n’est évidemment pas certain, mais pas impossible non plus. Un scénario que j’avais envie de vous faire partager avec ce billet qui sera divisé en deux parties : une première portant sur le vainqueur possible de la présidentielle et une seconde sur l’inévitable recomposition politique qui suivra cette élection.

Quel président pour la France ?

Commençons d’abord avec les candidats issus des deux partis institutionnels : François Fillon et Benoît Hamon. Il y a quelques mois, nombreux étaient les analystes à vanter les vertus des primaires et à clamer que leurs vainqueurs y gagneraient non seulement leur légitimité, mais également de sérieuses chances de remporter cette course à l’Élysée.

Or, le seul bilan que l’on peut à présent tirer de ces « consultations citoyennes » est que non seulement la dynamique qu’elles créent n’est que temporaire, mais qu’en plus, loin d’unifier les différentes sensibilités derrière un candidat, elles ne font qu’exacerber les divisions en mettant en scène l’affrontement frontal entre les orientations des partis. Pire encore ! Elles ont obligé les candidats à se caricaturer, eux et leur programme afin de se différencier les uns des autres. C’est ce phénomène qui entraîne aujourd’hui la trahison de Hamon par l’aile droite du PS, et l’abandon de Fillon par les centristes. Ajoutez à cela les déboires judiciaires de ce dernier et la concurrence de Mélenchon à gauche, et vous obtiendrez 2 candidats incapables de convaincre au-delà de leur « noyau dur ». Soit entre 6 et 8% pour Hamon et autour de 15% pour Fillon.

Les primaires de chaque camp, en libérant un grand espace au centre, ont également permis à un autre candidat d’émerger : il s’agit d’Emmanuel Macron. La désignation des 2 candidats les plus « radicaux » de chaque camp a en effet permis au leader d’En Marche ! de ratisser large au centre-gauche comme au centre-droit, sur la base d’un programme flou mais à l’orientation « progressiste ». Ce qui lui permet de culminer aujourd’hui à 25% dans les sondages. Cependant si Macron suscite un relatif enthousiasme par sa volonté de rassembler les « progressistes » de la gauche, de la droite et du centre, il faut garder à l’esprit que ceci est également sa principale faiblesse. Effectivement, le fait d’engranger chaque semaine de nouveaux soutiens aussi hétéroclites qu’Alain Minc, Manuel Valls et Pierre Bergé risque non seulement, de mettre en lumière le manque de fond de son programme, mais aussi de le faire apparaître comme la dernière carte d’un système que les français sont si nombreux à rejeter. Résultat probablement autour de 20% au premier tour.

Parmi les 10 autres candidats, nombreux sont ceux qui critiquent régulièrement le candidat Macron pour cette forme de « compromis permanent » entre la droite et le PS. Parmi eux, on trouve notamment la candidate d’extrême-droite Marine Le Pen, qui occupe elle aussi une belle place dans les enquêtes d’opinion.

La présidente du Front National est incontestablement portée par une belle dynamique dont Emmanuel Macron est sans doute le premier responsable. En effet, sa campagne « et de gauche et de droite » permet à Marine Le Pen de ressortir son vieil « UMPS » et de se présenter à nouveau comme la candidate « antisystème » de cette élection, dans laquelle elle semble pouvoir réaliser son meilleur score.

Néanmoins, il y a quand même un phénomène capable d’enrayer la progression de l’eurodéputé : il s’agit de l’entre-soi. On le constate partout, Le Pen possède une solide base électorale (autour de 20% de l’électorat) mais a aussi de grandes difficultés à convaincre au-delà de ce cercle. Or, comme le confirme sa prestation lors du grand débat de TF1, sa campagne est axée sur ce fameux entre-soi qui consiste à rassurer sa base au lieu de convaincre les indécis. Et cette stratégie aura sans doute comme principale conséquence de renforcer le plafond de verre qui la tient éloignée du pouvoir ,et qui la bloquera probablement autour de 25% au premier tour, tout en l’empêchant de l’emporter au second.

Or, s’il y a bien un candidat qui a fait le choix de convaincre « les gens » et de ne pas rester dans « la tambouille des partis », c’est bien Jean-Luc Mélenchon. Fort de ses 350 000 soutiens en ligne, du succès de ses meetings, et de son excellente dynamique dans les sondages, le candidat de la France Insoumise pourrait très bien devenir la surprise de cette élection. D’autant plus que l’arme habituelle des socialistes, à savoir le vote utile, se retrouvera cette fois-ci, de son côté face à Benoît Hamon, et lui permettra peut être même de mobiliser une partie des électeurs de Macron venus de la gauche, jusque là tentés par le fameux « vote stratégique » contre l’épouvantail du Front National.

Il faut également tenir compte du fait que le statut de Mélenchon a changé depuis plusieurs mois. Au milieu des trahisons et de la bouillie qui caractérisent le paysage politique, le candidat de la France Insoumise incarne une certaine stabilité de candidat « droit dans ses bottes » assumant la rupture avec l’appareil socialiste. Enfin, par sa capacité à dépasser le simple « rassemblement de la gauche », le tribun dispose d’une sérieuse opportunité de séduire de nombreux abstentionnistes, qui constituent sans aucun doute la clé de la victoire lors de cette élection présidentielle qui le verra probablement dépasser la barre des 20% au premier tour.

À l’issue de cette analyse, on semble donc se diriger vers un second tour Mélenchon-Le Pen, qui devrait tourner à la victoire in extremis du premier, tant le rejet du FN est encore puissant dans la majorité de l’électorat. Cette victoire constituerait un séisme politique sans précédent et pourrait entraîner de nombreux pays européens à opter pour une nouvelle voie anti-austéritaire et ayant à coeur de rassembler le peuple d’en bas pour changer les règles du jeu démocratiques, sociales et écologiques.

De 1995 à 2017… L’histoire serait-elle sur le point de rejouer une pièce similaire ? Sans doute en partie, mais en partie seulement j’espère…

Je crois depuis longtemps que ce que personne n’attend (à part NOUS les insoumis) va se produire…

Je me rappelle très bien de l’année 1995 où Chirac a devancé le candidat dont tous les medias disaient qu’il pouvait « être élu dès le 1er tour » et que Chirac devait « se retirer » pour rendre cette victoire possible, parce que Chirac « n’avait aucune chance de figurer au second tour ».

Chirac, comme Mélenchon jusqu’à janvier dernier, était donné à plus ou moins 10% jusqu’en janvier 1995 (il s’était déclaré candidat le 4 novembre 1994 via une interview dans La Voix du Nord).

Selon les medias, qui étaient alors en pâmoison devant Jacques Delors (avant que celui-ci ne décide finalement de ne pas être candidat et le dise lors de l’émission 7/7 d’Anne Sinclair le 11 décembre 1994, provoquant le désarroi, la détresse, la déprime de presque tous les mediacrates) «Chirac n’avait aucune chance ». Tout se jouerait forcément, selon eux, entre Delors et Balladur, deux candidats « responsables », « réalistes », « raisonnables », « modérés »… Vous connaissez leur vocabulaire, n’est-ce pas ! 😉 Tous les sondages disaient la même chose…

Selon ces medias, Chirac « allait faire perdre la droite » incarnée, naturellement selon eux, par Balladur. Et il ne cherchait là qu’à « se mettre en valeur » et à « perturber » le jeu électoral normal. À les entendre, Chirac aurait eu un « ego » surdimensionné et ce n’est que par « malveillance » envers son « ami de trente ans » qu’il agissait, pour ne pas rendre possible qu’un autre que lui l’emportât… N’avez-vous pas le sentiment d’avoir entendu à peu près le même genre d’arguments ces derniers mois à l’encontre de Mélenchon ? 😉

Pour le « cercle de la raison » de l’époque, Balladur était le dirigeant qu’il fallait à la France. Et Alain Minc, qui parla le premier de ce « cercle de la raison », était d’ailleurs un de ses principaux soutiens. Comme c’est curieux !

Or, pour Chirac, pour les chiraquiens, et pour beaucoup d’autres au-delà, Balladur incarnait, jusqu’à la caricature, la droite libérale et atlantiste, le système oligarchique, la caste, le grand patronat, et tout ce qui était détestable aux yeux des Français.

Vous avez peut-être oublié – ou les plus jeunes l’ignorent car c’est de l’histoire ancienne (et pas le genre de trucs qui font la grande histoire…) – mais Sarkozy, déjà, était son principal soutien… Et, déjà, il était tel que celui qu’on aura à subir une décennie plus tard ! Même aux yeux d’une partie de la droite, il était une tête à claques ! Et même dans le camp Balladur, il y avait beaucoup de gens qui ne pouvaient pas le voir en peinture ! Pourtant, ils ont dû se le fader !

Le candidat Chirac d’alors, comme son projet (lequel était largement inspiré par Philippe Séguin et par Emmanuel Todd) était de nature « gaullisme social » et « indépendantisme ». Ce qu’il avait défendu dans sa campagne n’avait pas grand-chose à voir avec l’action de Balladur comme Premier ministre et le projet que ce dernier portait pour l’avenir. Il incarnait une autre droite, beaucoup moins détestable que celle rangée derrière Balladur. Je trouve, sur ce point, matière à comparaison en ce sens que Mélenchon incarne, depuis des années, une autre gauche que celle qui a été au pouvoir, une gauche moins détestable précisément, une gauche moins atlantiste, moins libérale…

Nous connaissons la fin de cette histoire : Balladur finit 3ème et ne fut donc même pas présent au second tour ! Les medias avaient eu raison sur un point mais un seul : Chirac avait bien empêché Balladur d’accéder au pouvoir suprême ! Mais ils avaient eu tort de penser et de répéter, sur tous les tons, y compris les plus insultants et les plus odieux, que Chirac n’avait qu’une seule chose à faire : se retirer, se soumettre, se rallier. 😉

Or Chirac avait eu raison de tenir tête, de ne pas plier, de ne pas se rallier, de défendre ce en quoi il croyait (qui était d’ailleurs très différent de ce que portait Balladur, aussi bien sur l’économie, la société que la géopolitique…). 😉

Les seuls combats que l’on est sûr de perdre sont ceux qu’on ne mène pas.

Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.

Chirac commença à grimper dans les sondages en janvier 1995, à la suite de ses discours qui attiraient de plus en plus de monde… Tiens, tiens… 😉

Dès qu’il se déclara officiellement candidat, en janvier 1995, Balladur commença, lui, à dégringoler de son piédestal. Dans une séquence télé absolument inimaginable tellement elle incarnait l’esprit monarchique (il faut revoir cette vidéo où Balladur, Premier ministre, parle, assis à son bureau de Matignon, l’air grave, comme un dauphin qui considère que devenir Président de la République est naturel pour lui, que c’est même un dû, et que faire campagne ne sert à rien vu qu’il est déjà élu, à écouter les medias et les sondages). Tiens, tiens… 😉

C’est pourtant lui qui fut désavoué par le peuple et c’est Chirac, que tout le monde ou presque voyait et décrivait comme le « nul » qui ne pouvait gagner, qui lui passa devant, avant de l’emporter au 2nd tour…

J’ai bien le sentiment que cette histoire est sur le point de se répéter. D’ailleurs, le phénomène a déjà commencé. Tout le monde le voit… Sauf que, cette fois, en lieu et place de Balladur, on a Macron, et que Chirac est à trouver en Mélenchon… Tandis que Hamon joue un peu – mais un peu seulement – le rôle de Jospin en 1995. Oui, un peu seulement car Jospin finit en tête au 1er tour de 1995 et ne perdit qu’au second tour, ce que Hamon ne réitèrera pas.

Les guignols de l’info en faisaient des tonnes alors sur la montée de Chirac dès le début de 1995 et le tassement – puis la descente – de Balladur, jusqu’au jour de février où l’on assista au croisement des courbes entre les deux candidats de la droite… Ceci se produisit d’ailleurs très peu de temps après la déclaration de candidature de Sa Courtoise Suffisance (surnom qui était donné à Balladur par le Canard enchaîné) comme quoi les Français avaient bien saisi qui était Balladur, ce qu’il voulait, ce (et ceux) qu’il représentait…

Je me souviens notamment de cette « discussion » entre les marionnettes de Philippe Alexandre et de Serge July, tous deux hallucinés par pareille situation politique, totalement inattendue, totalement anachronique à leurs yeux… On était dix ans avant 2005 et déjà ils affûtaient leurs arguments contre les « populistes » et les « démagogues » menaçant de détrôner les seuls candidats « acceptables » à leurs yeux !

Je me souviens aussi de certains commentaires du genre : « l’hypothèse d’un Chirac se hissant au second tour cesse d’être jugée ridicule et impossible pour devenir envisageable et crédible ».

Et oui ! Comme pour Mélenchon aujourd’hui, finalement ! 😉

Et, comme en 1995, je pense que la fin de l’Histoire en 2017 sera favorable à celui qui ne pouvait que « perdre » et « empêcher son camp de gagner »…

Certes, en 1995, le FN n’exerçait pas la même pression qu’aujourd’hui. Mais tout de même, il finit 4ème à 15% des voix (4 571 000 suffrages). Beaucoup de commentateurs expliquèrent alors  que c’est grâce à la candidature de Philippe de Villiers (qui obtint presque 1,5 million de voix soit 4,74% des suffrages exprimés) que Le Pen fut privé du 2nd tour. Il est délicat de l’affirmer avec certitude car on ne peut dire exactement comment se seraient répartis les électeurs de De Villiers s’il n’avait pas été candidat. Un certain nombre auraient sans doute choisi Le Pen mais pas tous. Certains seraient allés avec Chirac, d’autres avec Balladur ou un autre candidat, et d’autres encore se seraient réfugiés dans l’abstention ou le vote blanc et nul.

Mais cette force du FN en 2017, bien que supérieure aujourd’hui à celle qu’elle était alors en 1995, ne me semble pas de nature à empêcher le surgissement de Mélenchon au second tour.

Je pense même, de plus en plus, que le second tour fera s’affronter Le Pen et Mélenchon. Parce que les deux candidats que sont Macron et Fillon qui, aujourd’hui, dépassent Mélenchon dans les sondages, vont s’effondrer ou en tout cas s’effriter suffisamment pour que Mélenchon crée la surprise. Macron parce que c’est une bulle mediatique sans aucune assise populaire comme on commence à s’en rendre compte, y compris en haut lieu, et Fillon parce que ses affaires le plombent aux yeux des siens et que son projet ultra-réactionnaire a bien été perçu comme tel par les Français. Fillon, le croque-mort ne peut susciter l’adhésion.

En outre, je crois vraiment, et de plus en plus, que cette partie de l’électorat du FN qui choisissait Le Pen à défaut de trouver à gauche une vraie parole de rébellion, et de vraies propositions de révolution citoyenne, vont désormais se tourner vers Mélenchon, ce qui réduira d’autant l’assise de Le Pen. Parce que l’essentiel de l’électorat de Le Pen est composé de gens qui votent avec leurs pieds, et qui expriment un message de colère. Or il semble que ces temps-ci, Mélenchon incarne mieux que personne, et surtout bien mieux que Le Pen, la volonté irréductible de pratiquer le dégagisme !

Le positionnement de Mélenchon, désormais hors parti, parlant à tous, ne représentant plus seulement la gauche, ne se souciant plus des étiquettes ou des affinités mais des idées, et le fond de son projet (l’intérêt général humain) comme son esprit (l’insoumission et l’indépendantisme) parlent de plus en plus – et de mieux en mieux – à certains Français plutôt classés à droite et à beaucoup de ces gaullistes sociaux dont nous nous rapprochons sur bien des sujets. Cela a déjà commencé. Nous le constatons.

Enfin, je crois aussi que Mélenchon va attirer à lui des millions de nouveaux électeurs venus de nulle part sinon de l’abstention de longue durée. Cela a déjà commencé. Nous le voyons. Nous rejoignent déjà, ou nous disent qu’ils voteront pour Mélenchon, de plus en plus de citoyens écoeurés par la politique mise en œuvre depuis des années et par ceux qui la font.

Une fois que Mélenchon aura été élu, à la surprise de beaucoup, je tiens par contre à ce que la suite de l’histoire de 1995 ne se répète pas… Et que le nouveau Président de la République tienne ses engagements, contrairement à celui élu en 1995.

Je tiens à ce que le Président Mélenchon ne nomme pas à Matignon une personne qui le conduira – et le convaincra – à changer de discours et à remettre en cause ses engagements de campagne parce que « maintenant qu’on est au pouvoir, on ne peut plus ni parler, ni agir comme avant », parce que « il faut du temps pour que les choses se fassent », parce que « nous ne pouvons brusquer nos partenaires européens » etc. etc. etc. bref tous ces arguments bidons que l’on nous sert toujours pour justifier une reddition sans jamais la reconnaître…

C’est bien ce qui s’est produit en 1995 avec un Premier ministre Juppé qui a décidé que sa politique ne respecterait pas l’esprit – et encore moins la lettre – du projet chiraquien, parce que « le déficit du budget était calamiteux », parce qu’il fallait « d’abord réduire la dette », parce qu’il fallait d’abord « créer des richesses avant de les partager » etc. etc. etc. tous ces arguments que l’on connait si bien mais qui étaient précisément ceux que le candidat Chirac avait violemment dénoncés pendant sa campagne quand c’est Balladur qui les utilisait…

Ah ! Si Chirac, au lieu de nommer Juppé – le fils prodigue qui n’avait rien apporté en termes d’idées à la campagne – avait choisi Séguin – qui lui en était un pilier – tout aurait été différent !

Mais embarqué sur le navire piloté par Juppé, et manifestement sous l’emprise affective ou intellectuelle de celui que certains appelaient « Amstrad » (du nom de très anciens ordinateurs…), Chirac ne pouvait qu’aller à l’écueil !

Le navire sombra en 1997. Juppé voulut la dissolution de l’Assemblée Nationale, il l’a eue ! Chirac lui fit ce plaisir. Mais en fait de dissolution de l’Assemblée Nationale, c’est le gouvernement Juppé, et Juppé lui-même, qui furent dissous… Je me suis souvent amusé à dire que Chirac avait dissous Juppé en 1997. Beaucoup pensent qu’il ne vit rien venir… Si ce « il » est Juppé, c’est évident ! Par contre, je ne m’aventurerais pas à affirmer que Chirac était inconscient de ce qui se tramait… Je pense même que l’animal politique qu’était Chirac (ce que n’était pas Juppé) a eu conscience que le peuple rejetait massivement la politique de Juppé et que, ne pouvant peut-être pas, pour nombre de raisons, se défaire de lui de sa propre volonté, il remit aux Français le soin de l’y contraindre… Comme en plus Juppé la voulait sa dissolution, ça tombait à pic !

Bref, j’espère que nous ne rééditerons pas ce genre « d’expérience hasardeuse » pour reprendre les termes ironiques de Jospin au sujet de la dissolution ! Le prochain Premier ministre devra impérativement être une personne du premier cercle de Mélenchon, et une personne qui aura une volonté politique en tous points égale à la sienne. La moindre différence entre eux sera évidemment utilisée contre nous tous. Nous savons d’expérience que tous les binômes de l’Exécutif de la 5e République (je parle hors périodes de cohabitation) ont fini par se contredire, se concurrencer, se défier ou s’opposer.

C’est dans les gênes mêmes de ce régime qui était bancal dès le 1er jour puisque le Président était désigné comme un simple arbitre alors que celui qui l’était alors était un personnage exceptionnel ne pouvant évidemment pas se contenter d’un tel rôle secondaire… Et la constitution répartissant les pouvoirs entre les deux têtes de l’Exécutif n’avait pas séparé clairement les choses, donnant par exemple au président la qualité de chef des armées mais au Premier ministre la responsabilité de diriger la politique de défense de la nation. Et qui était le chef du gouvernement ? Le Premier ministre bien sûr. C’est ce que dit le texte de la constitution qui ajoute que c’est lui (et donc pas le Président de la République) qui fixe la politique de la nation. Mais le chef du gouvernement, n’est-ce pas d’abord le Président de la République puisque c’est lui qui nomme le Premier ministre et les ministres, que c’est lui qui donne les grandes orientations, que c’est lui qui peut dissoudre l’Assemblée, que c’est lui qui peut recourir au référendum ?

Bref, en raison du contexte dans lequel ce texte a été élaboré, et en raison aussi et surtout des contradictions entre les rédacteurs, eh bien il fut choisi un compromis. De Gaulle se disait qu’il ne prendrait pas grand risque à concéder certains pouvoirs au Premier ministre puisque tant que lui serait à la tête de l’État, n’importe quel Premier ministre devrait être à ses ordres, sinon en droit, du moins dans les faits. Et c’est bien ce qui s’est passé…

Et pas que sous De Gaulle d’ailleurs ! En effet, ce principe fut valable sous tous les Présidents de la République, à tel point que la relation entre les deux têtes de l’Exécutif fut parfois des plus orageuses… Doit-on rappeler la relation entre le président Pompidou et le Premier ministre Chaban-Delmas ? Ou celle entre le président Giscard et son Premier ministre Chirac ? Ou encore celle entre le Président Mitterrand et son Premier ministre Rocard ?

Et même quand l’orage n’était pas là, on peut dire au minimum que le système mediatique ou politique a tout fait, parfois avec succès, pour saboter la confiance qui pouvait exister à l’origine entre le Président et son Premier ministre. Cela s’est produit entre De Gaulle et Michel Debré, puis entre De Gaulle et Pompidou, puis entre Giscard et Barre, puis entre Mitterrand et Fabius, puis entre Chirac et Juppé. Inutile que je cause ici de la relation entre Sarkozy et Fillon… Même Hollande et Valls ont alimenté cette histoire éternelle…

On ne peut avoir deux têtes à l’Exécutif. Soit on en a une seule, soit on a une collégialité, mais mettre deux personnes au sommet du pouvoir et leur conférer des pouvoirs « croisés » voire contradictoires, c’est mettre d’entrée de jeu la discorde dans la maison commune. Or, ainsi que l’a dit le président Lincoln, certes en d’autres circonstances (à savoir celles qui précédaient la guerre de Sécession) « une maison dans laquelle règne la discorde ne peut pas tenir debout ».

J’ai pleine confiance en Mélenchon pour choisir la bonne personne pour Matignon. Mais j’ai aussi quelques inquiétudes quand je suis depuis des années tel ou telle de son entourage direct… Je crains fort qu’il n’y ait, dans cet entourage, quelques Yannis Varoufakis,  ou autres du genre de ceux qui, à Syriza, ont amené Tsipras à renier ses engagements pour rester dans l’UE…

Puisque Hamon creuse lui-même la tombe du PS, laissons-le faire ! Par Vincent Christophe LE ROUX

Le PS au cimetière

Ce dimanche, Benoît Hamon a rompu le “code de bonne conduite” conclu avec Jean-Luc Mélenchon. Il a dit des saloperies sur notre candidat. Jean-Luc Mélenchon, lui, en homme d’État, ne s’abaisse plus à lui répliquer car il porte déjà les habits du chef d’État qu’il sera bientôt et a donc raison de ne plus s’abaisser à une vulgaire dispute politicienne…

Mais nous, non seulement nous ne sommes liés par aucun accord de bonnes relations avec Hamon, mais en outre, nous ne sommes pas candidats à l’élection présidentielle. Nous pouvons donc lui répondre. Et précisément, après avoir entendu quelques-uns de ses propos du jour, je m’étais dit que j’allais reprendre le clavier pour écrire un nouveau billet au vitriol contre lui. Et puis, je me suis finalement ravisé. Ces quelques lignes suffiront bien car Hamon ne mérite pas qu’on perde notre temps à échanger avec lui. Ni même à lui répondre. À quoi bon ? Qui l’écoute encore ? Qui se fie encore à ce qu’il dit pour penser et décider en conscience de ce qu’il convient de faire dans la séquence électorale à venir ?

PS - Non à l'acharnement thérapeutique

Mes ami-e-s, mieux vaut donc oublier ce type. Ne faîtes plus attention à ce qu’il dit. Méprisez-le. Puisqu’il a choisi de se comporter en minable politicien, en candidat de troisième division, ne nous abaissons pas à son niveau… Nous, nous aspirons à grimper le sommet, pas à rester à discutailler au bas de la pente.

De toute façon, quel mal peut-il bien nous faire ? Plus personne ne l’écoute. Même pas les socialistes qui préfèrent s’en aller chez Macron…

Le PS Titanic

Le destin à court terme de Hamon est plutôt sombre…

D’ailleurs, s’il attaque ainsi Mélenchon avec des arguments qui n’en sont pas, c’est parce qu’il sent bien que sa campagne n’a jamais pris, et que sa candidature, loin d’avoir jamais pu espérer tutoyer les sommets, a commencé par stagner sur une colline bien peu élevée, puis a décroché, si bien que lui a commencé à dévisser. Il a conscience d’avoir déjà perdu, et n’ignore pas que sa candidature ne va plus cesser de s’effriter, irrémédiablement jusqu’au 23 avril, nassé qu’il est entre la bulle Macron et le raz-de-marée Mélenchon qui s’annonce…

JLM la vague du siècle

Hamon doit s’efforcer maintenant d’éviter le pire dont le spectre, pourtant, se rapproche de plus en plus… Le pire auquel il ne veut sans doute pas songer, c’est qu’il puisse exploser le record de la raclée subie par le PS à une élection : 14%, score obtenu par Michel Rocard aux Européennes de 1994, ce dernier étant alors concurrencé par un certain Bernard Tapie…

Un adversaire, ça se combat. Un traître ça s'élimine. 2017 0 député PS

Mais ce n’est pas le seul danger pour Hamon. Il se pourrait bien que Benoît Hamon aille beaucoup plus loin que Rocard, qu’il atteigne voire dépasse (dans le mauvais sens) l’autre record – absolu cette fois – à savoir le score plancher obtenu par un “socialiste” à une élection nationale : il s’agit du score calamiteux de 5,1% obtenu par Gaston Defferre pour la SFIO au 1er tour de l’élection présidentielle de 1969 (celle succédant à la démission du général De Gaulle après le référendum raté sur la régionalisation et la réforme du Sénat).

Oui, pour Hamon, ce seuil dangereux de 5% des voix est en vue ! Or, s’il le franchit, ce sera dans le sens descendant, et cela aboutira donc à ce que le candidat de ce qui restera du PS ne sera même pas remboursé de ses frais de campagne… La ruine pour le PS ! L’humiliation absolue pour Hamon !

Or ce spectre-là, se fait de plus en plus menaçant… Alors comme les cochons qu’on amène à l’abattoir, forcément il couine, Hamon ! Mais il peut hurler à la mort, ça ne nous fera pas dévier de la route qu’on a décidé de suivre, à l’écoute non pas des Socialistes enfermés dans leur bulle, mais du peuple tout entier dans sa diversité.

Plus jamais PS

L’Histoire, désormais, va s’écrire sans le PS, et même contre lui ! Cela a déjà commencé. Pour preuve le nombre comparé de personnes venant aux meetings de l’un et de l’autre des deux candidats, le nombre de personnes les suivant sur les réseaux, le nombre de personnes engagées sur le terrain, et tant d’autres indices qui traduisent bien que la bascule entre le candidat du PS et celui de la France insoumise est déjà derrière nous. Le dominant va connaître à son tour la position du dominé, de celui qu’on n’écoute plus, de celui qui parle dans le vide et dont les paroles et les actes n’influent plus sur rien…

On ne pourra pas nous reprocher de les avoir pris par surprise. On les aura amplement mis en garde, et prévenus à de multiples reprises. PLUS JAMAIS PS, leur avions-nous dit pourtant depuis un certain temps. Ils ne nous croyaient pas déterminés à mettre notre menace à exécution ? Eh bien, ils vont nous voir à l’oeuvre.

Pour eux aussi, la fête est presque finie !

Nous savons ce que nous avons à faire et nous allons le faire…

JLM - La force du peuple - Affiche officielle

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Pourquoi Mélenchon a toutes ses chances de gagner l’élection présidentielle ? Par Filip Mediapart le 21/03/2017

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On entend régulièrement des voix, peu importe leur camp politique, s’exclamer de l’impossibilité du candidat de la France Insoumise de remporter l’élection présidentielle. La tendance est au défaitisme, au déclinisme. Pourtant, bon nombre de camarades, citoyens et moi-même sommes dans une logique victorieuse car nous croyons cette campagne unique en son genre, oui, victorieuse.

La « sondocratie » a prouvé qu’elle perdait de son influence sur le choix de vote des électeurs, en témoigne le vote américain aussi bien pour Trump que pour Bernie Sanders, ou encore la primaire de la droite ou du PS dans notre pays. Des résultats totalement contraires aux « prévisions » des instituts de sondages bienveillants montrent enfin les limites d’un système qui ne sait plus comment se préserver de la colère populaire qui semble se déchaîner crescendo contre lui.

Dans cette perspective, contrairement à l’idée communément admise par la plupart des médias ou voir même par certains intellectuels progressistes, il est possible d’admettre que le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon est tout à fait capable d’être en mesure de se qualifier pour le second tour et remporter l’élection présidentielle.

Alors avant de développer, je précise ici la prudence avec laquelle j’écris ces lignes puisque nous sommes dans une campagne électorale extrêmement changeante et instable. Je dirais même que comme prévu, rien ne s’est passé et rien ne se passera comme prévu. Qui aurait pu prédire la situation dans laquelle on est il y a de cela un an ? Personne.

Ou alors qu’on me montre celui qui avait fait un pronostic avec Fillon vainqueur de la primaire de la droite (empêtré dans des scandales jusqu’au cou), Macron candidat hors-parti (soutenu par des protagonistes de la droite comme du PS), Hamon vainqueur de la primaire du PS avec Jadot de EELV qui se désiste pour lui en échange de sièges, et Le Pen qui n’a pas une si grande dynamique que ça derrière elle (sauf dans les médias) puisque elle aussi a des problèmes avec la justice et fait une campagne assez molle. (Attention : je sais pertinemment que Le Pen a un potentiel électoral très fort et que son niveau électoral est légitimement inquiétant, je ne le nie pas, mais sa campagne ce n’est pas la folie attendue, je m’en explique plus loin)

I. L’imposture d’une alliance gagnante à gauche qui n’est en vérité qu’une alliance perdante

L’atmosphère qui règne majoritairement dans le paysage mediatico-politique aujourd’hui est celui d’une défaite quasiment certaine de « la gauche » le 23 avril prochain. C’est vrai, pourquoi faire campagne si l’on est assuré de notre défaite ? Je me le demande bien. Après tout, ce ne sont pas les 10 milliardaires possédant 90% des médias dans ce pays qui vont tout faire pour encourager le progressisme afin qu’il arrive au pouvoir.

Alors quelle est la raison de cette défaite selon eux ? La division. Mon dieu, la division ! Si Mélenchon et Hamon ne s’allient pas (même si leur programme ne sont pas compatibles sur la question fondamentale de la construction européenne, et d’autres aspects encore), la gauche va perdre à coup sûr. Et c’est malheureusement un discours que l’on retrouve également chez bon nombre de responsables politiques de gauche allant du PS au PCF. Pourquoi cette théorie de la « division destructrice » n’est-elle en réalité que son contraire, la « cohérence fédératrice »?

Ce que je nomme « cohérence fédératrice » est le moteur de la campagne de la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Ce qui fait de cette campagne, une campagne unique et porteuse d’espoir, c’est sa cohérence.

Le programme de la France Insoumise est un programme qui ne s’adresse pas qu’aux gens « de gauche » mais à l’ensemble de la population de ce pays. Il en appelle à la raison de chacun, par-delà le clivage idéologique classique. Peut-on continuer avec le nucléaire ? avec la 5ème République ? le changement climatique ? etc. etc. Le programme pose des questions rationnelles et y répond de façon rationnelle, c’est ce qui donne cette cohérence à la campagne. Peut-on rester sur le modèle européen actuel pour répondre aux urgences écologiques, sociales et démocratiques ? Non. Que doit-on faire ? Renégocier les traités pour permettre de répondre à ces urgences.

Je ne prends pas cet exemple au hasard puisque justement la question européenne est le sujet FONDAMENTAL de la discorde entre Hamon et Mélenchon. L’un pense pouvoir faire quelque chose avec l’Europe actuelle (comme Hollande et on a vu ce que ça a donné), l’autre pense le contraire et souhaite en changer. Je respecte le point de vue de M. Hamon mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est juste un détail du programme, non ! L’Avenir en Commun n’est pas réalisable sans revenir sur la construction européenne. Point final.

Alors que doit-on faire ? 130 000 personnes étaient réunies pour la 6ème République samedi dernier, presque 300 000 personnes appuient la candidature de Jean-Luc Mélenchon, des millions d’autres sont prêts à voter pour celui-ci, et tous sont convaincus par cette cohérence. Le programme a fédéré et fédère encore énormément de monde autour de problématiques et de solutions rationnelles. Donc voici que M. Hamon a gagné la primaire du PS (dont les réels résultats sont encore attendus à ce jour) et que nous devons absolument nous allier avec lui sous peine…de mourir et de laisser champ libre à l’extrême-droite. S’allier avec M. Hamon fera peut-être plaisir aux quelques électeurs socialistes qui restent dans ce pays, mais enlèvera toute cette cohérence programmatique autour de laquelle des millions de personnes (dont des électeurs socialistes déçus) se sont retrouvés jusqu’à aujourd’hui. Mélenchon, l’insoumis qui veut réellement changer les choses se retrouve allié à Hamon, l’ancien ministre de Hollande qui veut abroger la loi El Kohmri avec…Myriam El Kohmri comme députée ! Non ce n’est pas sérieux. Les gens ne sont plus dupes, quiconque est, ne serait-ce qu’un peu sur le terrain, constatera que le mot d’ordre général c’est : « Plus jamais PS ! »

Enfin bon, tout ça se résume en une phrase. Aucun candidat n’est propriétaire de son électorat et une élection ne marche donc pas en additionnant deux pourcentages du genre « 15%+15%=30%, génial on a gagné les élections ! »

Tout ça n’est pas sérieux et on le sait. Je finis sur cette alliance miraculeuse sans parler de Jadot qui s’est désisté pour Hamon en échange de sièges par-ci par-là. Bizarre que personne ne leur demande quels ont été les accords effectués sur le programme…

II. Un ras-le-bol général de la caste représentée par Fillon et Macron (et Hamon, héritier de Hollande bien sûr)

Bien, maintenant que nous sommes débarrassés de cette question de « l’alliance de gauche » qui est pour moi tranchée catégoriquement, voyons dans quelle ambiance politique se trouvent nos concitoyens.

Nous sommes aujourd’hui dans une ère politique que beaucoup d’entre nous s’accordent à qualifier de « dégagiste », c’est-à-dire qu’il y a un mouvement populaire très fort qui ne se nomme pas lui-même et qui consiste à vouloir faire dégager tous ceux qui sont responsables de la situation actuelle et qui ont tous gouverné pendant des années sans rien changer et même en empirant les choses. De Sarkozy à Hollande, tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la mascarade du « changement » dans ces deux gouvernements respectifs sont disqualifiés aux yeux du plus grand nombre. Il ne faut pas avoir peur de les citer :

– Emmanuel Macron, ministre de l’économie sous Hollande, ex-banquier chez Rothschild qui a sous-évalué son patrimoine, auteur de la Loi Macron et défenseur de la loi El Kohmri

– Benoît Hamon, ministre de Hollande pendant plus d’un an, n’a pas voté contre les budgets d’austérité, a déclaré qu’il « assure à Hollande le flanc gauche [du PS] qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon »

– François Fillon, premier ministre sous l’ère Sarkozy, dont je passe les détails que vous connaissez déjà

Pour ce qui est de Benoît Hamon et François Fillon, je n’ai pas à revenir dessus. En revanche j’y vais peut-être un peu fort en déclarant que Macron est disqualifié c’est vrai. Les sondages n’étant pas fiables, nul ne sait si les gens tomberont dans le panneau du candidat « en marche ». Beaucoup ne seront pas dupes j’en suis persuadé, espérons-le…

III. Une Le Pen qui fait une campagne molle et qui permet à certains de se tourner vers nous plutôt qu’elle

Le troisième et dernier point sur lequel je vais venir va peut-être en étonner certains mais je trouve que l’on n’attire pas assez l’attention sur celle qui est unanimement déclarée qualifiée d’office pour le second tour. Madame Le Pen.

Je le répète encore une fois, le FN n’a jamais été aussi haut électoralement, jamais aussi proche du pouvoir, je veux le préciser et qu’on ne vienne pas dire que je sous-estime la menace, j’en suis conscient. Pourtant je constate que la campagne électorale frontiste n’est pas très dynamique. On le constate d’abord dans les meetings, qui ne font pas très sensation, le dernier ayant réuni 3000 personnes. Mais je ne vais pas accentuer ce point puisque l’on sait que l’électorat frontiste est un électorat qui n’aime pas à se montrer et se cache, j’en suis d’accord. Mais on constate cette faible dynamique sur les réseaux sociaux avant tout, haut lieu de l’anonymat qui permet aux électeurs favorables à Le Pen de se montrer sans gêne.

La campagne de la France Insoumise a incontestablement surclassé celle du FN ce qui est nouveau dans le paysage numérique. Tandis que Philippot et Le Pen se ridiculisent eux-mêmes sur leur chaîne YouTube, Jean-Luc Mélenchon fait un carton incontestable sur Facebook, Twitter et YouTube avec des vidéos pouvant atteindre plusieurs millions de vues. Un bon nombre de jeunes ou moins jeunes considérant jusqu’ici le FN comme le seul parti soi-disant antisystème se rendent compte de la supercherie et découvrent une autre véritable force antisystème qu’est la France Insoumise avec Jean-Luc Mélenchon.

Je vois deux raisons à cette campagne que je qualifie de « molle » du Front National. La première étant le sentiment chez eux qu’ils ont gagné d’avance et que leur victoire est assurée, en témoignent les médias qui relaient leurs sujets et thématiques en quasi-permanence. La seconde étant évidemment le profil bas de certains alors que des affaires judiciaires éclaboussent également le Front National. Alors quoi que l’on puisse penser, force est de constater que le FN ne domine pas partout et cela aussi joue en notre faveur.

En résumé, la cohérence fédératrice, la vague « dégagiste » et la supercherie en partie démasquée du FN me semblent un climat politique plus que favorable à l’élection du dernier président de la Vème République. Quoi que l’on pense de cette analyse, le mot d’ordre de la fin de cet article est clair :

AUX URNES CITOYENS !

Lettre ouverte à Benoît HAMON – «Hamon, le PS te lâche, lâche le PS !» Par Vincent Christophe LE ROUX

« Hamon, le PS te lâche, lâche le PS ! » disait Sam Karmann samedi dernier place de la République, dans sa prise de parole en clôture de la marche pour la 6e.

Il t’a ainsi interpellé parce que la situation est historique.

Benoît, tu peux être, par les décisions que tu vas prendre, un grand responsable politique qui pourrait, demain, servir le pays et notre peuple, ou être ce candidat d’un parti moribond que l’élection présidentielle de 2017 aura fait expirer, un candidat qui aura été personnellement humilié par la raclée historique qui lui aura été infligée.

Oui, Benoît, depuis des semaines, on voit bien que tu ne décolles pas. Et depuis quelques jours, on voit même que tu as commencé à dévisser. Voilà que les premiers sondages te mettent désormais derrière Mélenchon. Dis-toi bien que tu ne vas plus cesser de t’effriter, comme nous sommes des milliers à l’avoir prédit. Parce que tu incarnes le PS, quoi que tu dises et quoi que tu fasses. Ce PS qui est le parti qui gouverne depuis 5 ans et qui nous a mis tant de cendres dans la bouche par sa politique de la terre brûlée. Ce parti qui ne peut que disparaître.

Benoît, l’aile droite du PS, tu l’as bien compris, ne veut pas de toi. Elle te désavoue. Elle te quitte et le fait savoir.  Jamais plus, elle ne sera avec toi sauf si, tel un Tsipras, tu vas à Canossa et renies tout ce que tu as dit et tout ce en quoi tu crois. Or, il semble précisément que tu aies commencé à cheminer sur la voie du renoncement et du parjure.

Benoît, malgré cela, malgré les premiers reniements que tu leur as concédés, une partie du PS t’a déjà quitté, et les autres vont suivre. Quant aux socialistes les plus à gauche, ils commencent, eux aussi, à rompre les rangs car ils perçoivent assez bien, aujourd’hui, la nasse dans laquelle tu es, et dans laquelle tu les mets tous.

Benoît, le vote utile auquel le PS était si attaché, eh bien il n’est plus à votre avantage. La roue a tourné depuis 2012. Et le PS en porte seul la responsabilité.

Benoît, tu es donc coincé entre Macron et Mélenchon et tu ne pourras pas changer l’Histoire en train de s’écrire. Tu ne pourrais que la gêner et, en gelant les voix qui viendront sur ta candidature, rendre possible la victoire de Fillon ou de Macron.

Benoît, tu ne seras pas le prochain Président de la République, et j’imagine que tu le sais.

Si tu te maintiens envers et contre tout, tu vas connaître une humiliation dont tu n’as pas idée. Or tu ne mérites pas un tel châtiment. Certes, tu n’es pas innocent de tout ce que le peuple français reproche, à juste titre, au PS, mais tu n’es pas non plus le principal responsable de nos malheurs. Alors pourquoi devrais-tu subir sur ton propre nom la punition impitoyable qui va s’abattre sur le PS que tu représentes ?

Benoît, tu ne veux pas te retirer parce que, si tu le faisais, tu signerais immédiatement l’acte de décès et non plus seulement l’arrêt de mort du PS ?

Sans doute. Mais si tu ne le fais pas, le PS ne survivra pas pour autant. Parce que tu seras battu d’une façon qui s’apparentera à ce qu’a subi Gaston Defferre en 1969. Et le score qu’il obtint – 5,1% – emporta la SFIO. Tu le sais, j’imagine… C’est cela le spectre qui te guette.

Je le pressens depuis des années : le score du PS dépassera largement celui, pourtant déjà historiquement bas, de Rocard aux Européennes de 1994 (presque 14%) pour s’approcher dangereusement de celui de Defferre en 1969 (5,1%). À moins que le peuple français ne soit encore plus cruel et fasse que tu ne sois même pas remboursé des frais de campagne… Devras-tu alors quémander quelques sous auprès du pantin des banques et de la finance pour ne pas être ruiné ? Quel funeste destin !

Benoît, tu sais, sans aucun doute, que ta victoire est impossible. Je suis convaincu aussi que tu as même conscience que tu ne seras pas au second tour et que tu crains le score qui peut être le tien au soir du 23 avril. Mais tu agis pour l’après 7 mai penses-tu. Tu t’efforces de maintenir en vie le PS pour qu’après le 7 mai il y ait un outil de reconquête à gauche ?

Benoît, nous l’avons, cet outil. Il est neuf. Il est moderne dans sa conception et dans les modalités de son fonctionnement. Il a déjà une force de 320 000 membres venant de tous horizons mais ayant une volonté inébranlable de permettre le progrès en France, en Europe et dans le monde. Cet outil, bien sûr, c’est le mouvement citoyen « La France insoumise ». La France insoumise, c’est ce front du peuple que nous avons, avec Jean-Luc Mélenchon, tenté de bâtir avec le Front de Gauche. Nous avons échoué à atteindre l’objectif mais grâce à ce que nous avons fait alors, nous avons malgré tout construit des bases qui ont servi pour la France insoumise. Ces milliers, ces dizaines de milliers de militant-e-s, pas forcément engagé-e-s dans des partis, qui se désespéraient depuis des années, de ne pouvoir rejoindre le Front de Gauche qui n’était qu’un cartel de partis, ont massivement investi la France insoumise et ce sont eux qui font d’elle ce qu’elle est.

Nous ne nous battons pas QUE pour un homme ; nous nous battons avant tout pour des idées et un projet de renouveau, pour le pays et au-delà.

Mélenchon n’est qu’un de nous. Certes, il marche devant nous. Mais nous sommes juste derrière lui. Certains disent même qu’ils sont à côté de lui.

Mélenchon est notre représentant le plus éminent, le plus prestigieux, le plus talentueux, le plus enthousiasmant. Mais il n’est que le premier d’entre nous. Car nous tous, nous toutes, INSOUMIS-E-S que nous sommes, nous avons bien l’intention, ferme, déterminée, résolue, d’agir pour le bien de tous, et de prendre nos responsabilités, aujourd’hui comme hier et comme demain.

320 000 personnes engagées dans la France insoumise, c’est déjà exceptionnel ! Mais ce chiffre énorme n’est rien en comparaison de ce que le peuple français peut offrir. Il n’attend que cela d’ailleurs, mais il est vrai qu’en son sein, beaucoup hésitent, car beaucoup craignent d’être déçus et trompés. Sauf que le projet de notre candidat repose sur un point essentiel et lui seul le propose de manière aussi aboutie : le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Donc, c’est chacun de nous qui est appelé à prendre sa part de l’œuvre collective, pas seulement aujourd’hui dans la campagne, mais aussi et surtout demain dans la reconquête du progrès.

Et nous ne le ferons pas seuls ! Nous avons besoin de toutes les bonnes volontés.

Benoît, le PS doit disparaître du paysage politique français et il disparaîtra, quoi que tu dises, quoi que tu fasses pour t’y opposer ! Tiens cela pour acquis ! Ce n’est pas une vérité révélée, ni une vision mais une intime conviction basée sur l’histoire et sur une certaine conscience politique…

Mais toi, Benoît, tu peux encore avoir une utilité pour le pays plutôt que te te perdre dans une élection qui ne peut être pour toi qu’un Waterloo.

Benoît, si tu as, au fond de ton coeur, et de ton âme de combattant politique, la grandeur que doivent avoir les « hommes d’État »,

Si tu veux t’élever de ta position actuelle de candidat destiné à mordre la poussière à celle d’un grand responsable politique conscient de l’Histoire en train de s’écrire et préférant aller dans son sens que de freiner son avènement,

Si tu perçois le danger immense que courent notre pays et notre peuple, mais aussi notre continent et notre monde si, au second tour de la prochaine élection présidentielle, il nous faut choisir entre deux de ces trois-là : Fillon, Macron ou Le Pen,

Si tu as encore le sens de la réalité, et si tu as encore un minimum de dignité,

Alors, Benoît, prend rapidement la décision qui s’impose.

Épargne-toi le pire et épargne-nous le pire.

Benoît, ne te laisse pas manœuvrer ou embrigader par des logiques d’appareil quand nous avons à faire face, tous ensemble, à de tels dangers. Ne sois pas le jouet de ceux qui n’ont d’autre but que de faire échouer Mélenchon, le seul qui puisse aujourd’hui être le primus inter pares qui agira pour sauver la République en faisant chuter la 5e et en permettant que soit instaurée la 6e,

qui restaurera les droits et libertés en même temps que l’égalité des Français-e-s,

qui contribuera très activement à sauver la paix de l’Europe et du monde en nous retirant des organisations bellicistes et dangereuses, en construisant de nouvelles solidarités européennes et mondiales,

qui oeuvrera avec beaucoup d’autres, en France, en Europe et dans le monde, pour que l’humanité puisse non seulement survivre longtemps encore, ce qui est loin d’être acquis au regard des dangers qui planent sur l’écosystème global, mais pour qu’elle vive mieux demain qu’hier.

Benoît, pour que les jours heureux reviennent, nous avons besoin que Jean-Luc Mélenchon soit élu Président de la République. Et nous avons besoin de nous y mettre tous, pour le faire élire d’abord, pour mener l’action de reconquête ensuite. L’un ne va pas sans l’autre.

Benoît, toi aussi tu peux être utile à ton pays et nous aider dans l’œuvre colossale à accomplir.

Et les citoyen-ne-s socialistes aussi ont leur rôle à jouer dans cette entreprise révolutionnaire.

Certes, TOUS les dirigeants socialistes, petits ou grands, nationaux ou locaux, qui portent la responsabilité de la situation calamiteuse que nous vivons, ne peuvent que dégager, de gré ou de force.

Mais au-delà de ces quelques centaines ou milliers de dirigeants qui doivent tomber avec le système, il y a des dizaines de millions de Français, et parmi eux beaucoup de Socialistes, qui peuvent agir de concert avec nous, nationalement et localement, pour le bien public, pour l’intérêt général, pour l’indépendance de notre pays, et pour la souveraineté de notre peuple.

Chacun doit prendre sa part dans cette reconstruction. Toi aussi ! Les Socialistes sincèrement socialistes aussi !

Benoît, ne maintiens pas ta candidature au premier tour.  Retire-la. Fais-le vite ! Et viens mettre ta bonne volonté et ton énergie au service de la grande et noble cause que nous servons avec Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. Avec toi, ce sont des dizaines de milliers, des centaines de milliers de personnes qui ajouteront leurs forces aux nôtres.

Benoît, plutôt qu’une défaite humiliante que tu ne mérites pas mais dont l’occurrence est garantie, tu auras pris ta part dans notre  victoire collective. Ce ne sera pas seulement celle de Jean-Luc Mélenchon, ni même celle de la France insoumise. Ce sera la nôtre à tous, qui que nous soyons ! Ce sera celle de la France. Ce sera celle du peuple français tout entier qui pourra de nouveau espérer en des jours meilleurs, puis les voir advenir avant cinq ans.

Et pour toi ou « les tiens », ce serait autrement plus glorieux que de rester dans l’Histoire comme les derniers des Mohicans, ces « malgré-nous » qui auront incarné, à leur corps défendant, l’éradication électorale du Parti Socialiste…

« Le PS te lâche, lâche le PS », Benoît !