Archives du mot-clé C.N.R. 2.0

Bientôt les « boys » de retour sur le sol français ?

Le Président de la République, François Hollande, s’apprête à autoriser les légions de l’Empire états-unien à revenir s’installer dans des bases militaires sur le sol de la République française alors que le général De Gaulle les en avait éjectées en 1966, dans une décision courageuse et géniale qui était en quelque sorte une déclaration d’indépendance.

De l’extrême gauche à la droite “gaulliste” en passant par presque toutes les nuances de la gauche et de la droite, nous savons à quel point les États-Unis sont un empire malfaisant, fauteur de guerres ouvertes et larvées au seul bénéfice de leur caste oligarchique et ce depuis plus de 200 ans qu’ils existent.

L’opinion du peuple français est très largement hostile à cette puissance belliciste. C’est pourquoi la décision de 1966 ne provoqua d’émoi que dans les sphères atlantistes, c’est-à-dire dans ces allées du pouvoir qui n’avaient pas été entièrement épurées après l’épisode de Vichy.

Cette puissance souvent ouvertement malfaisante est aussi, en coulisse, via sa CIA et la galaxie de l’État profond, l’organisateur, le facilitateur et le logisticien de centaines, voire de milliers, de coups d’État et d’assassinats de dirigeants dans le monde entier depuis au moins 70 ans !

Les guerres menées par les États-Unis, depuis les génocidaires “guerres indiennes”, ont causé la mort de dizaines, voire de centaines de millions de personnes depuis que cet État voyou et terroriste existe sur la scène mondiale.

En outre, l’alliance de poids et de longue date entre les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite pour ne citer que ces deux alliés-là, font que ces trois puissances menacent en permanence la paix du monde. Mais ces menaces ne sont pas que des menaces puisque depuis des décennies, la guerre est permanente avec des conflits ouverts en tel ou tel endroit du monde.

De Gaulle savait pourquoi il avait exigé le départ des forces armées américaines de notre sol et le retrait simultané de la France du commandement intégré de l’OTAN. En faisant cela et en ayant doté notre pays d’une force de dissuasion nucléaire autonome, il nous a protégés de toute agression venue de l’Empire, comme il nous a protégés de toute vassalisation. Mais après son départ, dès Pompidou, la politique diplomatique française a recommencé à s’assouplir vis-à-vis des États-Unis et à être beaucoup plus accommodante avec les caprices et les folies guerrières et impériales des État-Unis.

Chirac sut maintenir, pendant sa présidence de 12 ans, une certaine flamme française autonome comme en témoignent deux décisions très mal vécues par les dirigeants états-uniens:

1/ d’une part le refus que Chirac (alors Premier ministre de la première cohabitation) a opposé au Président Reagan en 1986 quand le Président des États-Unis a demandé à la France de pouvoir survoler notre territoire à l’occasion de l’expédition punitive contre la Libye de Kadhafi.

2/ d’autre part, bien sûr, le refus de soutenir la guerre en Irak de Bush fils et le combat diplomatique que la France mena alors pour convaincre nombre de pays, notamment d’Afrique, de refuser de voter à l’ONU la résolution présentée par les États-Unis. On se souvient de la grandeur de notre pays incarné alors par le ministre des Affaires étrangères du moment, Dominique de Villepin.

Pendant ces années où la France disait “Non” aux États-Unis, toute une série de leaders défilaient à l’ambassade des États-Unis à Paris pour dire tout leur mépris de “l’arrogance française” et leur soutien aux positions des États-Unis. Parmi ces gens, il y en avait qui étaient dans des fonctions de pouvoir et cela fait que leurs actes sont donc constitutifs du crime de haute trahison (certes opportunément supprimé de la constitution française par Sarkozy devenu Président de la République en 2007). Lui, justement, fut de ces traîtres à la “patrie républicaine des Français” pour reprendre une expression chère à Jean-Luc Mélenchon. Mais il était un parmi beaucoup, beaucoup d’autres. Ces Atlantistes et ces traîtres pullulaient par exemple au P.S. Un certain Pierre Moscovici en fut avec pas mal d’autres “socialistes”…

Cette flamme française qui brûlait indépendamment des volontés impériales et guerrières états-uniennes, c’est Sarkozy devenu Président qui l’a éteinte.

Et c’est Hollande qui, après avoir fait, à son tour, acte de subordination dès le lendemain de son élection à la Présidence de la République française (on se souvient avec rage et dégoût de son voyage à Washington pour le sommet de l’OTAN), est sur le point d’effacer totalement l’indépendance française, déjà largement entamée tant sont nombreuses et béantes les entailles à notre souveraineté.

Quand on examine aujourd’hui la situation globale, avec ce que nous fait déjà subir l’Union européenne, et avec la menace de plus en plus proche de vivre l’immense régression qu’engendreront le TAFTA et les autres traités du même ordre en cours de discussion, si en plus les forces armées de l’Empire malfaisant reviennent durablement sur le sol français, cette fois, nous serons devenus pour de bon un simple dominion qui n’aura même plus les pouvoirs d’un État fédéré des États-Unis.

Là franchement je commence à avoir la trouille !

C’est le peuple français tout entier – et pas seulement une fraction, un parti ou un clan politique – qui va devoir se lever pour de bon ! L’heure est gravissime !

Il va vraiment falloir refonder un nouveau CONSEIL DE LA RÉSISTANCE ET DE LA RECONQUÊTE !

Post-scriptum: Nous sommes le peuple souverain et seul ce que nous avons adopté par référendum peut être valable. Tout ce que l’on nous impose depuis des années, fusse par des voies “légales”, sera, en son temps, déclaré comme “nul et non avenu” car ce que le peuple a décidé, seul le peuple peut décider de le défaire. Par exemple, bien que la constitution ait été expurgée du crime de “haute trahison”, comme le peuple français n’a pas eu à se prononcer sur ce point, il n’a pas autorisé cette suppression alors qu’en 1958 il avait très largement approuvé la constitution qui le prévoyait. Donc, nous considérons que cette disposition constitutionnelle d’ordre pénal vaut toujours. Je suis juriste et je n’ignore pas le principe fondamental de la légalité des délits et des peines selon lequel une personne ne peut être jugée et condamnée que pour un acte qui, au moment où il a été commis, était puni par la loi. Ce principe s’oppose donc, a priori, à la possibilité qu’aurait le peuple français de juger et de punir un dirigeant pour crime de haute trahison pour des faits commis depuis que cette incrimination a disparu de la constitution. Sauf qu’aucun principe, fut-il fondamental, ne saurait contraindre le peuple. Lui seul est souverain et si le principe en question s’oppose à sa volonté, c’est le principe qui sera écarté ou à tout le moins refondé.

Que les dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain (jusqu’à ce que nous ayons repris entièrement notre pouvoir souverain) sachent que rien ne les mettra à l’abri de notre courroux et du fait qu’ils auront à rendre compte, indépendamment de tous les artifices juridiques qu’ils peuvent mettre en oeuvre pour se protéger.

*

Sources documentaires

Article dans RT

Article dans Causeur

Article dans le Figaro

Article dans L’Humanité

Article du PRCF* sur Agoravox (PRCF : Pôle de Renaissance Communiste en France ; leur site ; leur page Facebook)

Article d’Hélène Nouaille sur le blog de Lucien Pons

Article du parti UPR (Union Populaire Républicaine)

Publicités

Demain nous attend ! Hissez la grand-voile et hardi camarades !

Je suis fier d’avoir choisi l’abstention et de ne pas avoir cédé aux sirènes ou aux diktats des donneurs de leçons en tout genre.

Ayant écouté  et réécouté Jean-Luc Mélenchon ce soir, je trouve qu’il a eu les mots justes et le ton ferme, déterminé, qu’il fallait. On connaît mon sentiment sur les alliances à géométrie variable que j’ai dénoncées, sur le Front de Gauche que je juge moribond depuis un an, sur Petit Larbin que je conchie. On connaît mes exigences d’inflexibilité sur le principes mais aussi de volonté de rassemblement sur un projet politique.

Alors, ce soir si je suis contrarié de voir l’UMP reprendre ses positions perdues et annoncer la couleur de la réaction pour demain, si je suis enragé de voir le gnome se prendre pour un général triomphant, si j’ai mal à la France d’entendre e voir grandir le nombre d’élu-e-s FN et d’entendre Marine Le Pen se présenter comme celle qui défend le mieux la République et la justice sociale, je sais aussi que la chute de la Maison PS va rendre certaines reconstructions plus faciles désormais.

Et je ne doute plus que bientôt prendra fin l’ère de Pierre Laurent. Je ne doute plus que ce qui reste du P$ va se déchirer jusqu’à la fin ultime. Nous ne sommes pas encore dominants avec nos résultats mais le PS et EELV ne sont plus en situation, non plus, de jouer les leaders. Tout est à reconstruire mais nous avons déjà des bases.

J’espère et je crois que dans les prochains jours, nous saurons, nous, les militant-e-s du Parti de Gauche​, prendre la mesure des évènements et avoir pleine conscience de la gravité de l’heure. Certains signes me paraissent encourageants, nationalement et localement, malgré aussi des signes contraires.

J’ai envie de dire que nous ne devons plus attendre que d’autres disent ou fassent les choses à notre place. Nous ne sommes pas des oisillons attendant la becquée. Alors prenons notre vie, notre destin, notre Histoire en mains et avançons.

Hardi camarades ! Demain nous attend ! Demain ne se fera pas sans nous si nous surgissons sur la scène et que nous prenons notre place. N’attendons pas que l’on nous donne la parole. Prenons-là ! N’attendons pas que le pouvoir nous tombe dans les mains. Allons le chercher ! En nouant avec le peuple français une nouvelle alliance et en trouvant les voies d’un nouveau Conseil National de la Résistance et de la Reconquête !

Sept mois après la première, deuxième lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon

Le 21 juin 2014, il y a donc sept mois, je publiais une amicale lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon dans laquelle, après avoir dit beaucoup d’autres choses, je l’appelais à devenir le rassembleur du peuple et non pas à demeurer le chef d’un parti. Sept mois plus tard, je pourrais réécrire presque tout ce que j’avais écrit alors ! Je vous invite à lire ou relire cette première lettre avant d’attaquer celle-ci.

*

Quelques semaines à peine après la publication de cette lettre ouverte, vous annonciez, lors du Remue-Méninges de septembre 2014, votre décision de quitter la co-présidence du PG. Martine Billard, l’autre titulaire de la fonction, faisait de même.

Je me suis alors réjoui ayant eu le sentiment d’avoir été entendu même si je n’ai pas la forfanterie de croire que l’expression de mes espérances, dans la lettre ouverte de juin, y soit pour quoi que ce soit…

Dans la foulée, vous avez créé le M6R qui est parti très fort. Depuis il a tendance à stagner. Ce n’est pas mon propos ici que d’en examiner les raisons. On le fera ailleurs et en d’autres temps.

Non, ce soir, je veux donner une suite à cette première lettre ouverte. Car depuis quelques mois, j’ai la désagréable impression que vous vous êtes remis dans la peau d’un chef de parti. Or ce n’est pas cela que les militants du PG, à mon sens, attendent de vous. Et ce n’est pas cela non plus, je crois, que le peuple français attend de vous. Vous aviez été très bien inspiré en septembre dernier. Vous vous devez, à mon sens, de revenir à cette inspiration-là.

*

Je me plains, ces derniers temps, que vous ne cessiez de parler de votre « ami » Pierre Laurent en qui vous dîtes trouver du « talent ». Pas une seule parole désobligeante à son encontre ne sort de votre bouche. Jamais. Alors que lui ne rate pas une occasion, et depuis déjà bien longtemps, d’être au mieux désagréable… au pire de faire preuve de muflerie, sinon dans les mots qu’il emploie, du moins dans le sens du message qu’il diffuse à votre encontre.

Jean-Luc, arrêtez donc les mots aimables envers ce fourbe qui n’a pas tout à fait le même projet que vous – quel euphémisme ! – qui a déjà trahi le FdG il n’y a pas si longtemps, et le retrahira… Pire, il prend un plaisir sadique à vous défier ou à vous désavouer immédiatement après que vous ayez parlé. Ce n’est pas une saine concurrence, ça ressemble davantage à l’élève qui veut surpasser le maître mais qui n’en a pas les talents et qui, le sachant, se montre sous les traits détestables du frustré, du jaloux, de l’envieux.

Quand je vois cette lutte à fleurets mouchetés entre vous et lui, il me revient en mémoire un autre duel politique que j’ai bien connu : celui qui opposa entre 1993 et 1995, Jacques Chirac et Édouard Balladur.

Le premier était, a priori, le « gentil » de l’histoire, celui qui était abusé  par le second, censé être pourtant son « ami de trente ans », lequel « ami » remplissait à merveille son rôle de traître, cornaqué qu’il était par tous les requins et apprentis salopards de sa cour des miracles, notamment « les deux Nicolas », Bazire et Sarkozy, l’éminence grise du Cardinal et le nain hydrocéphale.

Il serait préférable que vous ne soyez pas le Chirac de l’histoire et que Pierre Laurent ne soit pas le Balladur…  Encore que, à bien y réfléchir, vu comment l’histoire a fini pour ces deux-là, vous auriez peut-être intérêt finalement à être ce « Chirac » envoyant « Balladur » mordre la poussière…

Savez-vous que certains disent que Chirac a en fait manipulé Balladur ? Ceux qui avancent cette thèse – que je fais mienne – prétendent que Chirac, connaissant bien son « ami », l’ayant vu à l’oeuvre dans différentes responsabilités depuis les années 60, avait eu la prescience que Balladur, ce grand bourgeois attiré irrésistiblement, comme tant d’autres, par le prestige et l’autorité que vous confère le pouvoir institutionnel, ne résisterait pas à l’appel de ce pouvoir en mars 1993. Les mêmes ajoutent que Chirac ayant été candidat deux fois à l’élection présidentielle et ayant échoué deux fois à cette élection après avoir gouverné, avait compris que l’on ne peut rassembler le peuple à une telle élection après avoir forcément déplu à une partie importante de ce peuple au cours des années de gouvernement. Selon eux, Chirac avait donc intégré la leçon et savait qu’ayant gouverné deux ans pour les seuls intérêts de la classe privilégiée, Balladur ne pourrait que perdre l’élection présidentielle deux ans plus tard… Chirac a été présenté partout comme le gars qui fut « trahi » par tous ses « amis » et y compris par ceux qui lui devaient tout. Et il n’y avait pas que Balladur qui devait sa carrière à Chirac ! Chirac a effectivement été « trahi » ! Mais ce qui est intéressant, c’est que la probabilité est grande que cet animal politique qu’était Chirac ait joué une partie d’échecs avec son « ami de trente ans » et qu’il réussit l’échec et mat ! En lui « laissant » Matignon après qu’il ait mené lui-même, bien plus que Balladur, la campagne victorieuse des élections législatives de mars 1993, il permit au stratagème de se réaliser. Balladur sauta à pieds joints dans le piège machiavélique que Chirac lui avait préparé. Trop heureux et trop fier de redevenir un gouvernant de premier plan, convaincu que lui serait bien meilleur et plus aimé par les Français que Chirac, étant sans cesse adulé par sa cour et par les medias (rappelez-vous cette époque de « Balladuromania » médiatique), il s’imaginait pouvoir passer sans difficulté de Matignon à l’Élysée… Raté ! Pendant ce temps, le prétendu « naïf », le prétendu « trahi » par les siens, le prétendu « abandonné de tous », le prétendu « candidat pour l’éternité », réputé « seul » dans son hôtel de ville, ne rongeait peut-être pas son frein tant que ça. Il n’est pas si irréaliste de penser que bien au contraire, Chirac se fendait la gueule ! Ravi de voir le piège se refermer sur « Sa Courtoise Suffisance », surnom que Le Canard Enchaîné avait donné au Premier ministre rival de Chirac !

Bref, cette histoire a un peu de sel aujourd’hui, vous ne trouvez pas ?

Pourquoi ai-je rappelé cet épisode de notre histoire politique ? Parce que je vois en vous un animal politique sans doute aussi malin, rusé et intrépide que pouvait l’être Chirac. Que cette analogie ne vous soit pas désobligeante car j’ai pour vous bien plus d’estime que je n’en ai pour Chirac. Mais je veux dire par là, en comparant la concurrence entre Chirac et Balladur à celle qui transparaît de votre relation avec Pierre Laurent, que vous êtes, sans aucun doute, bien plus malin que votre « ami » qui, lui, n’est pas « de trente ans »…

J’ai donc idée que vous saurez gérer cette concurrence. Voyez, j’ai usé du verbe « gérer », qui est neutre et ne contient aucune connotation agressive ou méprisante envers votre « ami »… En fait, j’aurais tout aussi bien pu dire « désamorcer » ou « court-circuiter », ou même, pourquoi pas, « liquider » si j’avais voulu me faire plus piquant !

Pierre Laurent, en effet, me fait penser à la grenouille de la fable de La Fontaine, celle qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf et qui en creva. Par contre, l’analogie s’arrête là car je n’aurai pas l’indélicatesse de vous comparer à un boeuf…

Pierre Laurent ne sera JAMAIS élu Président de la République. Il pourrait peut-être être nommé à Matignon si le capitaine de pédalo devenait un Machiavel en herbe. Car un tel coup de Jarnac, sans aucun doute, déstabiliserait toute l’Autre Gauche qui deviendrait un champ de bataille, tant Pierre Laurent inspire, au gré de ses interventions et goujateries, le dégoût, le mépris, le désaveu, la colère, l’exaspération, la défiance…

Lui et d’autres vous reprochent d’être trop « clivant » et pour cette raison, il se croit plus à même de rassembler le peuple que vous. Mais veut-il vraiment rassembler le peuple ou ne cherche-t-il pas seulement à rassembler la Gauche ? La question mérite d’être posée car voilà une autre différence entre vous et lui, me semble-t-il !

Quant au clivage dont il vous accuse, c’est assez amusant car lui aussi clive… N’en a-t-il pas conscience ? Il a, comme vous, ses amis mais il a aussi, comme vous, ses adversaires et ses ennemis résolus. Et puis, malgré ce trait de votre personnalité qu’il dénonce une nouvelle fois, vous avez su rassembler presque quatre millions de suffrages il y a deux ans, vous ! Pierre Laurent aurait-il fait mieux en clivant moins ? Voilà une autre question qui mérite d’être posée puisqu’il y revient… Je crains fort pour lui que la réponse ne lui soit pas très favorable…

Non ! Pas plus que Pierre Laurent, aucun communiste ne sera jamais élu Président de la République car jamais il ne franchirait le premier tour. Les Français ne voteront jamais majoritairement pour un ou une candidat-e de ce parti. Plus vite, nous aurons intégré cette réalité et mieux armés nous serons pour l’affronter.

Et il en va de même des seconds couteaux et des troisièmes larrons qui s’y voient déjà… Je ne citerai aucun nom pour ne blesser personne…

Il ne s’agit pas d’élire un représentant falot ou un simple mandataire des volontés du peuple, mais un combattant, un guerrier, car c’est bien une guerre qu’il faudra mener contre la finance, contre les oligarchies coaliséées, contre l’Empire, ses suppôts, ses vassaux et ses porte-flingues. Pour assumer cette responsabilité, il est préférable d’être solidement expérimenté, pour ne pas être pris de court le jour venu. Il est indispensable aussi d’être suffisamment intelligent, malin, rusé pour savoir s’opposer à tous ceux, très puissants, qui se mettront en travers de notre chemin. Il est également utile d’avoir le talent pour faire passer les idées. Et il est plus adapté à la situation d’avoir quelqu’un qui se dit, depuis des années, déterminé à déplacer les montagnes et qui a montré des preuves de sa vaillance et de sa témérité, plutôt qu’un autre qui, au contraire, a prouvé qu’il avait d’autres exigences, d’autres références, d’autres valeurs que celles de servir l’intérêt général. Quand on préfère défendre ses intérêts particuliers, on n’est pas crédible ensuite quand on prétend vouloir défendre l’intérêt général. Et quand on n’a pas su dire non au PS, on ne saura pas dire non à l’Empire… On transigera. On négociera. On capitulera pourvu qu’on sauve quelques élus et le parti…

Et imaginez-vous le peuple français supporter plus que quelques secondes les discours de cet homme ?

« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » disait Camus. Moi j’assume de dire que Pierre Laurent est un boulet. Peut-être serait-il excellent pour une responsabilité secondaire mais en aucun cas pour celle de chef de l’État.

Il nous faut un caractère bien trempé, comme le vôtre ! Pour cela, il nous faut quelqu’un qui a su rompre les rangs, à temps, avec les Solfériniens. Il nous faut quelqu’un qui n’a pas, à son passif récent, d’avoir préféré sauver ses élus au prix d’alliances avec ceux que nous combattions, plutôt que de se battre à nos côtés.

Pierre Laurent peut dire ce qu’il veut mais non seulement c’est un nain à côté de vous, mais en outre c’est un handicap pour nous tous, pas un talent. Puisqu’il ne le sait pas, ou qu’il feint de l’ignorer, il faut le lui rappeler, chaque jour qui passe…

Je ne vous demande pas de vous déchirer publiquement avec lui, car ce serait du plus mauvais effet, et totalement contre-productif. Mais quand il vous gifle, il faut que des militants qui vous soutiennent lui rendent coup pour coup. Vous serez vous-même, et resterez, au-dessus de la mêlée. Nous, en revanche, nous pouvons assumer cette sale besogne. Vous paraîtrez ainsi tel « le roi de France ignorant les querelles du duc d’Orléans »… pour reprendre une autre formule célèbre.

Par contre, s’il est plus intelligent de ne pas répliquer vous-même et de laisser d’autres s’en charger pour vous, j’insiste pour que vous cessiez les mots doux à son sujet. Je pense que la bonne conduite à tenir est de l’ignorer, de vous libérer de lui et du PCF, de tailler la route en suivant VOTRE intuition et en écoutant VOS amis les plus sincères, qui ne sont pas forcément ceux qui vous cajolent le plus ou vous dressent des couronnes chaque jour…

Les Français ne sont pas tous ignares, idiots ou irréfléchis et vous le savez. D’ailleurs, c’est ce que vous commencez à dire ces derniers temps dans vos passages médiatiques. Ils voient le spectacle politique. Ils savent qui est digne des hautes responsabilités et qui ne l’est pas. Certes, on a le sentiment, aujourd’hui, qu’ils ont davantage au coeur la rage et la défiance généralisée que la confiance et la bienveillance. Mais peut-on les en blâmer ?

Les Français hurlent, différemment certes, mais de manière répétée depuis trente ans au moins, leur soif de progrès et ne le voient jamais venir. Quant à celles et ceux qui le leur proposent, ils ne sont pas jugés crédibles. Nous avons de bonnes raisons de comprendre pourquoi. Nous-mêmes, le PG, n’avons pas géré au mieux les évènements de ces deux dernières années. Et je ne dirai rien du Front de Gauche…

Si nous végétons à un étiage oscillant entre un score à moins de 5% (cf les résultats de la toute récente élection législative partielle dans le Doubs hier dimanche 1er février 2015) à plus ou moins 10% quand il s’agit d’évaluer les intentions de vote en votre faveur,  ce n’est sans doute pas du fait de l’insuffisance ou de l’inopportunité de notre projet, mais beaucoup plus en raison de l’indigestion que notre alliance avec le PCF, parti de l’establishment,  engendre chez les Français.

On pourrait aussi causer de l’attitude et de certains votes des députés du Front de Gauche, tous communistes…

Jean-Luc, je suis de  ceux qui pensent – et je suis loin d’être le seul ! – que votre destin est de dépasser le PG et le Front de Gauche, fut-il élargi prochainement à une partie d’EELV et de la gauche du PS. Votre rôle, quand bien même certains le refusent, est de demeurer celui qui marche devant. C’est d’être la locomotive qui tire le train.

Que des journalistes ou de faux amis, du PCF ou d’ailleurs, tentent de vous discréditer, de vous tenir en laisse, de vous empêcher d’exister à la hauteur du rôle que l’Histoire pourrait vous confier, cela ne doit pas vous intimider et vous amener à rentrer dans le rang. Or, quand vous affirmez que « votre personne ne sera jamais un obstacle« , c’est ce que vous donnez le sentiment de faire… Accepter de ne pas être celui que vous êtes pourtant bel et bien depuis 2012 aux yeux de la majorité, à savoir notre représentant naturel pour l’élection présidentielle à venir, c’est « désespérer Billancourt », pour user à nouveau d’une formule célèbre…

Ce n’est pas parce que je suis au PG et que vous en avez été le co-président que je dis ça. Si j’avais été dans un autre parti, j’aurais dit exactement la même chose dans les mêmes circonstances. Et si une personnalité de « mon » parti n’était pas à la hauteur mais tentait de concurrencer une autre personnalité d’ailleurs que j’aurais jugé plus apte, j’aurais, sans le moindre doute, sans la moindre hésitation, soutenu la seconde plutôt que la première… La fidélité doit être offerte à des idées plus qu’à des personnes. Les personnes en bénéficieront aussi longtemps qu’elles-mêmes seront fidèles à ces idées…

Aujourd’hui, en 2015, comme c’était déjà le cas en 2012, aucune autre personnalité ne peut rivaliser avec vous. Si elle existe, elle ne s’est pas encore fait connaître du public, ni des militants…

Donc c’est vous ! Certes, ce n’est peut-être pas votre souhait de repartir au feu car je veux bien croire que s’il y a des joies et des satisfactions à être le candidat du peuple, et peut-être demain le Président de la République, il y a aussi bien des contraintes à souffrir, bien des souffrances à endurer, bien des risques à courir, bien des privations à accepter, et donc bien des raisons de refuser d’y retourner. Mais quand on a la possibilité de faire l’Histoire, on ne le refuse pas !

C’est votre devoir de combattant politique d’assumer ce rôle. Vous nous avez fait espérer en 2012 et vous ne pouvez plus nous abandonner en chemin. D’ailleurs, je ne crois pas vraiment que vous soyez dans cet état d’esprit. Je ne crois pas que vous vous battiez comme vous le faîtes, comme un lion pourrait-on dire, pour ensuite céder la place à un « zèbre », aussi gracieux que soit cet animal… Après avoir fait le plus gros travail depuis des années, vous laisseriez la place à un second couteau ? M’enfin ! Ce ne serait pas conforme à la volonté populaire. Car si vous êtes loin devant dans les sondages de bonnes opinions, ce n’est pas du seul fait de votre volonté. C’est aussi le résultat de la nôtre… C’est parce que c’est vous que l’on veut, parce que il n’y a que vous qui nous paraissez suffisamment déterminé, suffisamment informé, suffisamment « rugueux » pour défier toutes les puissances internes et extérieures, et en même temps, j’en suis convaincu, capable de devenir le rassembleur du peuple sur un projet ambitieux qui pourrait être une adaptation à notre époque du programme du Conseil National de la Résistance. Le mouvement qui vous portera à la Présidence de la République devra, de toute façon, rassembler très au-delà de la Gauche. Ce devra être un « CNR 2.0 » pour parler le langage contemporain tout en ayant à l’esprit cette maxime « les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ».

Car le peuple français jugera aussi, le jour J, les capacités à gouverner, à résister, à répliquer et, pour paraphraser une citation de Marcel Sembat (en en changeant juste quelques termes), à « introduire l’idée de progrès par effraction dans le cerveau de ceux qui ne savent pas le concevoir ».

Notre projet est, sinon le meilleur dans l’absolu (il mérite, selon les cas, d’être précisé, réorienté, réaffirmé) mais au moins la base la plus solide et la plus crédible à partir de laquelle nos pourrons passer de la résistance à la reconquête.

Alors, je vous en conjure, plutôt que de discuter dans des arrières-cours, ou dans les bureaux feutrés des sièges des partis politiques, d’alliances électorales avec tel ou tel parti, telle ou telle organisation politique, syndicale, associative, reprenez votre rôle qui n’est pas d’être le chef d’un parti, d’un clan, pas même d’une coalition.

Votre rôle n’est pas d’incarner la Gauche mais de représenter le peuple. Je ne doute pas que vous en ayez et l’étoffe et les épaules… Vous en avez déjà le talent. Reste à en avoir l’envie et à le montrer, donc à l’assumer publiquement ! Dès maintenant. Sans attendre 2017 ou 2016 ! Plus de fausse pudeur vis-à-vis de ces autres « talents » que vous dîtes voir autour de vous. Certes, il en existe mais pour des seconds rôles, pas pour l’auguste responsabilité qui vous échoit à nos yeux de militants de la Sixième République et de la révolution citoyenne.

« L’ennemi n’est pas celui qui te fait face, l’épée à la main, ça c’est l’adversaire. L’ennemi c’est celui qui est derrière toi, un couteau dans le dos ». Thomas Sankara

Cher Jean-Luc, je vous adresse un chaleureux salut militant et plein d’encouragements pour la suite…