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Et maintenant, on fait quoi en Grèce ?

Puisque les Grecs, de manière frontale et directe, et nous, Français et européens, par ricochet et par anticipation, sommes violemment agressés par le collège de dictateurs de l’Union européenne, il nous revient de ne pas nous laisser faire et de ne pas accepter d’être traités ainsi.

Ils ont eu vraiment très peur cette fois ! Mais au final, et pour l’instant, il semble qu’ils sortent gagnants de ce match.

Oui « Nous avons perdu une bataille mais nous n’avons pas perdu la guerre » comme le disait le général de Gaulle dans son appel du 18 juin 1940. Mais comme il le disait aussi le même jour, « Rien n’est perdu parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné ».

Ces forces sont celles du peuple !

Certes nous avons déjà beaucoup souffert (ce « nous » est un « nous » d’empathie avec les Grecs, les Espagnols, les Portugais, les Italiens, les Français et tous ceux qui souffrent du fait de la mise en oeuvre par les gouvernements en fonction de politiques contraires à l’humanisme). Et nous risquons de souffrir encore davantage dans les semaines, les mois et peut-être les années qui viennent si nous acceptons notre sort comme un troupeau de moutons sur le point d’être tondus. Nous savons bien que lorsqu’on met un doigt dans l’engrenage, on y laisse le bras ! C’est ce que Tsipras vient d’apprendre à ses dépens !

Sauf que nous sommes les 99% comme le disaient les indigné-e-s. Alors le nombre ne suffit pas s’il n’est qu’une masse informe, hébétée et hallucinée, guidée comme un troupeau par les meRdias. Mais des évènements de l’ordre de celui qui vient de se produire sont de nature à provoquer des réactions. C’est sur elle qu’il faut compter. C’est elles qu’il faut encourager. C’est elles qu’il faut affermir. C’est elles qu’il faut développer et multiplier.

Comme en démocratie, le peuple est l’arme la plus puissante, un des premiers remèdes au mal actuel est le recours au peuple. Le Parti de Gauche français, lors de son congrès des 4 et 5 juillet derniers, avait même fait de cette idée-là son slogan, sa marque de fabrique pour le congrès en claironnant : « La solution, c’est le peuple ! »

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Au regard de la situation politique nouvelle découlant de l’accord conclu entre Alexis Tsipras et les criminels €uropéens, le premier étant la victime expiatoire des seconds, je pense que diverses options d’appel au peuple peuvent être envisagées :

1/ Alexis Tsipras démissionne et la majorité au Parlement se reforme avec un nouveau premier ministre. Pourquoi pas Yanis Varoufakis qui semble avoir l’étoffe de la fonction et peut-être davantage de détermination à aller au choc frontal… Sinon, pourquoi pas Zoé Constantopoulou, la présidente du Parlement ? Elle a, depuis cinq mois, montré sa fermeté et sa constance et elle a eu la cohérence intacte ces derniers jours. Certes présider un Parlement et diriger un pays sont deux choses assez différentes mais elle semble avoir, comme Varoufakis, la stature pour ce faire…

2/ Non seulement Alexis Tsipras démissionne mais de nouvelles élections législatives anticipées sont organisées. Syriza fait campagne cette fois sur un projet plus radical et assume l’inéluctable sortie de l’UE. Mieux vaut prendre les coups en étant debout, libres et indépendants, qu’en étant sous tutelle.

3/ le gouvernement actuel organise une nouvelle session référendaire d’ici quelques semaines et interroge le peuple grec sur diverses questions (et pas sur une seule), ceci avant qu’interviennent des élections législatives anticipées, clôturant le processus référendaire. Les questions à poser pourraient être piochées parmi celles-ci :

a/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour ignorer désormais l’ensemble des exigences de la troïka, aussi bien celles déjà émises que celles qui pourraient advenir ?

b/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour refuser l’accord intervenu le 12 juillet 2015 ?

c/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour considérer comme nulle et non avenue la partie illégitime de la dette dont le paiement est réclamé à la Grèce, sur la base du rapport d’audit de la dette qui a été publié récemment par la CADTM ?

d/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour taxer massivement (tranches de 70, 80 et 90%) les plus hauts revenus ?

e/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour imposer fiscalement tous les revenus et capitaux qui bénéficient d’exemptions fiscales (par exemple les armateurs et l’Église) par exemple selon le principe énoncé à l’article 13 de la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789, à savoir une contribution également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés contributives (ce qui signifie un nombre de tranches important et des taux à due proportion des ressources) ?

f/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour retirer notre pays de l’OTAN ?

g/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour préparer activement, notamment avec ceux de nos partenaires européens qui le voudraient, une sortie collective de l’Union européenne et l’instauration de nouvelles solidarités entre nous destinées à se substituer aux institutions de l’Union européenne ?

h/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour entamer les pourparlers diplomatiques nécessaires en vue de faire se lever un puissant mouvement international des peuples libres en faveur de la paix et du désarmement global ?

i/ Donnez-vous mandat impératif au gouvernement de la Grèce pour entamer un processus constituant de nature à restaurer, à perfectionner et à sécuriser pour l’avenir, notre démocratie ?

Pour s’émanciper de la tutelle que les salauds €uropéens lui imposent depuis cinq ans, et pour briser les chaînes que les criminels €uropéens lui ont mises autour du cou et des pieds avec cet accord scélérat, le peuple grec n’hésiterait pas à voter OUI » à ces questions et le prochain gouvernement serait, cette fois, très bien armé pour entamer le choc frontal.

Tant que dans les pays européens, aucun autre gouvernement ne peut soutenir le peuple grec, c’est à nous, citoyen-ne-s européen-ne-s qu’il incombe de faire tout ce que nous pouvons pour aider nos frères et soeurs en humanité subissant le joug €uropéen en Grèce. Je ne sais pas encore, hélas, comment ce soutien pourrait se manifester mais je pense qu’il est urgent que nous, militant-e-s des partis ou hors des partis, organisions rapidement non seulement la résistance, mais  aussi et surtout la reconquête !

Comme on est plus intelligents à plusieurs que tous seuls, le mot d’ordre me semble-t-il pour les semaines à venir, c’est de nous organiser.

Affaire à suivre…