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Manifeste du groupe « Quittons l’Union €uropéenne pour reprendre le pouvoir sur nos vies ! »

« L’Union €uropéenne », c’est du capitalisme pur depuis ses origines alors que « l’Europe », c’est tout autre chose.

« L’Europe » est un continent, une entité géographique, historique, culturelle. C’est une donnée à la fois scientifique et culturelle. C’est une idée en même temps qu’une réalité mais une réalité fuyante, évolutive, instable qui a aussi, pourtant, ses permanences sur le temps long. « L’Europe » ne préjuge en soi d’aucun choix politique ou géopolitique.

« L’Union européenne », en revanche, est une réalité institutionnelle, politique et géopolitique, d’essence humaine donc relative, pouvant en soi offrir aux Européens qui la peuplent le meilleur comme le pire.

Durant des années, l’Union européenne était souvent perçue comme plus bénéfique que nuisible, même si, déjà, depuis très longtemps, certains nous mettaient en garde, ayant constaté bien des choses n’entrant pas dans la logique valeureuse et humaniste que ses créateurs ou ses laudateurs mettaient sans cesse en avant.

L’Union européenne, préfigurée par la Communauté économique européenne en 1957, et quelque part aussi par la Communauté européenne du charbon et de l’acier (la « CECA ») mise en place en 1951, s’est construite par avancées régulières, selon la méthode annoncée par la déclaration Schuman du 9 mai 1950 : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. »

La première de ces « réalisations concrètes » est la CECA créée par le traité de Paris du 18 avril 1951. La Communauté européenne du charbon et de l’acier regroupait six pays fondateurs : France, Allemagne de l’Ouest, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Italie. Cette « communauté » était en fait déjà une quasi-fédération puisque un organisme supra-national, la « Haute Autorité » était investie de pouvoirs transférés par les États. Dans cette logique supra-nationale très clairement affirmée, les pères fondateurs et leurs amis et relais tentèrent, en 1954, de fonder la Communauté européenne de défense mais en France, les gaullistes et les communistes refusèrent de voter pour et le projet fut donc enterré.

Trois ans plus tard, ce sont deux nouvelles communautés thématiques qui virent le jour entre les six pays fondateurs de la CECA. Ces deux communautés furent créées par les deux traités de Rome du 20 mars 1957 : d’une part la Communauté européenne pour l’énergie atomique (C.E.E.A., appelée aussi « Euratom ») et d’autre part la Communauté économique européenne (C.E.E.).

L’arrivée du général de Gaulle à la présidence de la République française, l’année suivante, en 1958, va ralentir fortement la construction européenne car il considérait que cette intégration européenne, faite sur le mode de la supra-nationalité en vue de créer une fédération, était un danger majeur pour la survie des nations européennes et que l’on était sûr de voir cette Communauté européenne finir par dériver pour devenir un outil de plus entre les mains des États-Uniens. Il avait raison !

Il fallut attendre le départ du général de Gaulle pour que la construction européenne redémarre. Avec notamment l’entrée de trois nouveaux membres en 1972 (Royaume-Uni, Irlande et Danemark).

L’autre évolution vraiment importante des années 70 est qu’eurent lieu les premières élections européenne, en juin 1979.

Les années 80 furent marquées par l’adhésion de la Grèce en 1981 et de l’Espagne en 1986 et par l’Acte Unique qui relança l’intégration européenne en lui faisant faire un grand pas en avant. Ce traité de 1986 préfigurait et préparait le traité suivant : le traité sur l’Union européenne ou traité de Maastricht en 1992.

Ces deux traités contenaient toute une série de caractéristiques « régressives » s’agissant de la démocratie et de la politique économique et sociale que l’on voit aujourd’hui à l’oeuvre.

Les plus fins des analystes, des politiques et des citoyen-ne-s éveillé-e-s avaient déjà compris alors que, loin de constituer une « union économique », ce que les concepteurs prétendaient faire, ce qui était institué était un système centralisé et autoritaire sous les ordres de technocrates indépendants de tout pouvoir politique démocratiquement pensé et mis en oeuvre. On voyait bien que l’objectif était clairement d’exclure les peuples souverains de la décision. En outre, on était loin de rendre possible cette « union économique » que l‘on prétendait instituer, puisque rien n’était fait pour permettre une véritable convergence des économies nationales. Les seuls principes, les seules règles, les seules exigences normatives avaient une essence financière bien plus qu’économique.

La décennie des années 90, en matière d’intégration européenne, a pris fin avec le traité d’Amsterdam en 1999 tandis que la décennie suivante, celle des années 2000, a commencé avec le traité de Nice en 2001.

Ces deux nouveaux traités adoptés par les Parlements seuls, sans que les peuples ne puissent se prononcer, traduisaient déjà, de manière on ne peut plus claire, les intentions des oligarchies qui dirigeaient les pays membres : extorquer tous les pouvoirs et retirer aux peuples leurs droits souverains de décider de leur avenir par le biais de leurs « représentants » dans les Parlements. L’augmentation très conséquente du nombre de sujets transférés à l’Union, et qui dorénavant pouvaient être tranchés à la majorité et non plus selon la règle de l’unanimité, signifiait que les institutions européennes, et ceux qui ont adopté les modifications en ce sens, ne se souciaient plus que les peuples suivent. Qu’ils le veuillent ou non, les décisions s’imposeraient à eux.

Puisque personne ne s’opposait réellement à leur montée en puissance, les appétits de ces oligarchies ne cessèrent de grandir et avec eux, s’affermirent et s’institutionnalisèrent les principes anti-démocratiques. Et c’est la raison pour laquelle, en 2005, ces oligarchies proposèrent un nouveau traité. Un de plus pourrait-on dire ! Certes, mais ce traité-là portait en lui une caractéristique dangereuse que les précédents n’avaient encore jamais osé défendre : la constitutionalisation de la politique économique et sociale et de diverses autres politiques publiques. Il était donc clair que l’objet de ce traité n’était pas de faire progresser un peu plus la « construction de l’Union européenne », mais bien de quasi-sacraliser des choix politiques souvent rejetés par les peuples et donc de rendre impossible désormais toute alternance politique. Les élections qui, dans nos démocraties étaient sensées définir les choix, n’auraient plus aucun sens et se verraient totalement vidées de leur raison d’être. Elles ne serviraient plus qu’à choisir des exécutants « dociles » et « conformes » de politiques conçues et de décisions prises sans eux. La démocratie était là attaquée frontalement et si ce traité avait été adopté, la mort de la démocratie aurait été actée sur le champ. Car, une autre mesure avait été retenue dans le texte afin que toute modification de cette « constitution de l’Europe » ne soit plus jamais possible : la règle de l’unanimité était indispensable pour la moindre évolution. Or avec l’augmentation du nombre de pays membres et la différenciation de plus en plus nette des attentes et des projets de ces pays par rapport aux pays fondateurs, il était acquis que jamais la moindre modification ne serait possible. Donc le traité serait sans doute en vigueur pour des décennies. C’est d’ailleurs ce que Valéry Giscard d’Estaing, ancien Président de la République française et principal rédacteur de ce traité constitutionnel avait fait remarquer, en étant très fier de ce point précis. Beaucoup de capitalistes qui s’assument comme tels et qui assument le combat avec leurs ennemis de gauche, dirent d’ailleurs, à cette époque, que ce traité serait l’arme de destruction massive de la gauche et des politiques de gauche ! Mais bien peu les entendirent alors !

Nous avons cru éviter le pire puisque le peuple français ayant décidé de rejeter ce traité à une nette majorité, ce traité fut abandonné. Rappelons que le peuple français fut suivi par le peuple néerlandais qui vota dans le même sens la semaine suivante. Aucun autre peuple européen ne put avoir l’opportunité de se prononcer lui-même. Dans tous les autres États-membres, ce sont les parlements qui se sont prononcés au nom de leurs peuples et comme ils ont tous adopté très largement le texte, il est toujours affiché depuis que « les peuples européens sont favorables à l’Union européenne ».

C’est une prétention tout à fait extravagante. Sans que nous ne puissions l’affirmer avec certitude, nous pouvons penser que c’est une présomption crédible, solide, rationnelle, que de dire que bien des peuples n’auraient pas approuvé le texte du traité de 2005 si on le leur avait demandé directement. Il faudra bien un jour que les peuples disent eux-mêmes ce qu’ils en pensent et ce qu’ils veulent. Pas par des sondages mais par des référendums !

Le refus de ces deux peuples aboutit à l’abandon du traité. Pourtant, l’essentiel du texte dudit traité s’est retrouvé dans un nouveau traité élaboré principalement par Nicolas Sarkozy devenu Président de la République française. Et ce traité, signé en décembre 2007, fut largement adopté le 4 février 2008 par le Parlement français qui, ce faisant, commis un acte de haute trahison. Certains parlèrent de « coup d’État simplifié » (Nicolas Dupont-Aignan), d’autres de « forfaiture » (Jean-Luc Mélenchon et bien d’autres à gauche). Oui, quels que soient les termes que l’on préfère pour désigner ce choix, il est radicalement opposé à la volonté générale du peuple français, très clairement exprimée en 2005, et toutes celles et tous ceux, qui ont permis au traité de Lisbonne d’être adopté, sont donc des traitres de la nation française, coupables de « haute trahison ».

Alors je n’ignore pas que le crime constitutionnel de « haute trahison » a été supprimé de la constitution lors de la réforme constitutionnelle adoptée par le Parlement réuni en congrès, sur la demande du président CHIRAC, en février 2007. Et je n’ignore pas non plus qu’il existe un principe fondamental du droit, le principe de la légalité des délits et des peines, qui veut que pour que l’on puisse appliquer une sanction pénale à un acte délictueux ou criminel, il faut qu’au moment où cet acte a été commis, un texte ait prévu ladite sanction pour ledit acte.

Cependant, la suppression de ce crime quelques mois à peine avant que les dirigeants et parlementaires français ne commettent ce crime, constitue elle aussi un crime de haute-trahison puisqu’elle constitue, par anticipation machiavélique, une disculpation de toutes celles et de tous ceux qui s’apprêtaient à se rendre coupables d’un tel crime. En février 2007, nous savions en effet ce qui se tramait. Sarkozy avait annoncé la couleur et son élection ne fait pas disparaître le crime. Ces gens devront tous rendre compte d’un tel choix violant ouvertement la décision souveraine du peuple français. Nous rétablirons dans la constitution le crime de haute trahison et nous nous en servirons pour juger et condamner les coupables.

Le refus du peuple français d’approuver le traité constitutionnel de 2005 laisse clairement présager que le peuple français serait aujourd’hui très clairement en faveur de la sortie de l’Union européenne, contrairement à ce que disent tant de gens. En effet, le traité de 2005 regroupait en son sein tous les traités antérieurs et donc, au plan juridique, rejeter ce traité signifiait rejeter à la fois le nouveau traité et l’ensemble des traités antérieurs du système de l’Union européenne telle qu’elle existait. La légitimité démocratique de la sortie peut reposer sur cette décision référendaire du peuple français qui s’est clairement exprimé alors.

Pour autant, dix ans c’est long et ce qu’un peuple a décidé un jour, il peut décider de le réformer un autre jour. Il ne s’agit donc pas d’exiger aujourd’hui une sortie de l’Union européenne sur la base du référendum de 2005. Il s’agit d’exiger un nouveau référendum qui, cette fois, pose clairement LES deux questions fondamentales qui ouvriront une autre histoire :

« 1°/ Souhaitez-vous que la République française quitte l’Union européenne dans les plus brefs délais ?

2°/ Si vous répondez oui à la question précédente, donnez-vous mandat impératif au Président de la République et au gouvernement français de commencer à mettre en œuvre le plan de sortie et de prendre les contacts nécessaires pour rendre possible la mise en place rapide de nouvelles solidarités entre les peuples européens au lendemain de la prise d’effet de la décision de sortie ? »

Ce plan de sortie ne peut être improvisé en quelques jours ou quelques semaines. Il doit être préparé avec le plus grand sérieux. Nous pouvons – et nous devons – chacun à notre place, participer à ce projet de libération de notre peuple et, autant que possible, tisser, dès aujourd’hui, des liens étroits avec les peuples européens, c’est-à-dire avec les citoyen-ne-s de ces pays, avec leurs partis politiques, leurs syndicats, leurs associations, leurs regroupements quelle qu’en soit la forme.

Dans notre vision, il ne s’agit pas en effet pour le peuple français de sortir de l’Union européenne pour se renfermer entre ses frontières, dans une vision nationaliste. L’objectif est de rendre possible une libération globale, une émancipation universelle de tous les peuples européens qui sont, comme nous le sommes nous-mêmes et parfois bien plus cruellement que nous-mêmes, sous le joug oppresseur des institutions européennes.

Il n’est donc aucunement question de défendre une « renationalisation » définitive de la diplomatie et de la géopolitique comme de la politique économique ou d’autres politiques publiques.

Les membres de ce groupe ont une vision internationaliste et donc ouverte au monde et aux peuples étrangers. Notre rêve et notre raison d’être et de lutter est bel et bien que s’établissent des relations internationales pacifiques et harmonieuses. Notre rêve et notre raison d’être et de lutter est que naisse un monde où les forts n’imposent plus leur loi aux faibles, où la justice est préservée et où le progrès pour tous est une réalité quotidienne.

Nous sommes internationalistes mais l’internationalisme ne saurait signifier la fin des nations qui sont, à ce jour, le seul périmètre où la démocratie peut avoir une chance de renaître et de prospérer. La démocratie au plan européen est pour l’instant inatteignable. Il faut donc commencer par la reconstruire à l’intérieur de notre pays et poursuivre nos efforts pour lui permettre de se développer au-delà.

Après la séquence du traité constitutionnel de 2005, nous sommes entrés dans un cycle de crise économique s’ajoutant à la crise politique et cette crise économique a conduit les oligarchies à exacerber leur pression anti-démocratique pour imposer leur loi économique, une loi à leur seul profit puisque leur politique n’a fait que plonger dans la misère, la précarité, la pauvreté, des dizaines de millions d’Européen-ne-s.

Et il nous faut aussi prendre en compte le fait que non contents de dévaster les économies et les sociétés des pays européens membres de l’Union, les institutions de cette Union mettent en œuvre, en Afrique, des politiques qui rendent inéluctable l’exode massif des populations africaines vers notre territoire européen. Mais cet exode est aussi une histoire immensément tragique puisque des milliers de ces Africain-ne-s sont déjà morts quand ils arrivent sur nos côtes.

Les institutions de l’Union européennes sont donc des machines de mort et celles et ceux qui les incarnent et les font fonctionner, à quelque niveau de responsabilité que ce soit, sont coupables de crimes massifs. Même le plus petit agent public au service de cette Union européenne est coupable comme l’était celui qui, sous le régime nazi, accomplissait son travail en sachant qui étaient ceux qui lui donnaient les ordres.

Quant aux Africain-e-s qui arrivent vivants chez nous, un grand nombre est immédiatement renvoyé dans leur pays après avoir parfois passé des jours ou des semaines en camp de rétention. Ceux qui réussissent à passer à travers les mailles du filet deviennent alors des travailleurs sans droits, exploités et maltraités. Ces politiques européennes désastreuses doivent être stoppées et c’est une véritable coopération qui doit s’initier en faveur du développement du continent africain.

L’Union européenne voyait depuis très longtemps s’agiter quelques opposants à son « empire » mais ceux-ci étaient souvent marginalisés, discrédités, traités avec mépris ou pire relégués parmi un groupe informe de gens détestables à différents égards. Pourtant, malgré le blitzkrieg médiatique permanent à l’encontre des citoyen-ne-s de plus en plus sceptiques vis-à-vis de l’Union européenne, voire ouvertement contestataires, leur nombre n’a cessé de croître. Ces dernières années en général, et ces dernières semaines en particulier, avec le cas des évènements de la Grèce, le taux de détestation a sans doute explosé et le nombre de personnes déterminées à sa libérer de l’Union européenne a sans aucun doute été multiplié par un facteur 2, 3 ou 4.

Il y a fort à parier que depuis quelques semaines – et surtout depuis quelques jours – les choix faits par les institutions de cette Union européenne, et par celles et ceux qui les instrumentent, ont permis à beaucoup d’Européen-ne-s d’ouvrir les yeux sur ce qu’est vraiment cette Union. Non seulement les opposants traditionnels sont désormais plus convaincants puisque chacun peut s’apercevoir que ce qu’ils ne cessaient de dire se révèle désormais au grand jour comme ayant été la vérité, mais en outre ce sont, à coup sûr, des centaines de milliers, voire des millions, d’Européen-ne-s qui sont en train de basculer dans le camp de l’hostilité franche, assumée, radicale, à cette Union.

La folie destructrice, l’avidité prédatrice, la perversité morale des acteurs de l’Union européenne se sont révélées au grand jour avec l’affaire grecque. De même que l’on a pris conscience que cette Union européenne est bien un outil très largement maîtrisé et contrôlé par un seul pays membre, l’Allemagne, tandis que certains pays-membres sont considérés avec mépris et sont ignorés, pendant que d’autres ne se comportent que comme des vassaux d’un puissant suzerain.

La « crise » est en fait une escroquerie. C’est une véritable guerre économique et politique qui est en cours. Et le dogme de l’austérité est un autre nom de la lutte des classes, puisque les politiques mises en œuvre partout en Europe, loin de conduire à la sortie de crise et à la prospérité retrouvée après le sang et les larmes, ne font qu’enfoncer un peu plus davantage chaque jour, les peuples dans la souffrance et les privations quand, dans le même temps, quelques-uns, très peu nombreux, confisquent la quasi-totalité des richesses produites et les mettent à l’abri dans des paradis fiscaux où les gouvernements ne peuvent ou ne veulent aller les reprendre pour s’en servir au profit des peuples.

Ce n’est donc pas d’un appauvrissement généralisé des États européens dont il est question mais d’une gigantesque escroquerie intellectuelle rendant possible un colossal détournement de fonds vers quelques paradis fiscaux gérés dans l’intérêt de ce fameux 1% regroupant les plus riches d’entre les riches.

En conclusion :

Constatant ce que l’Union européenne est aujourd’hui,

N’oubliant pas ce qu’elle a été hier,

Connaissant les conditions dans lesquelles elle a été fondée,

N’ignorant pas que ses pères fondateurs étaient tout sauf des gens humanistes et désintéressés, qui auraient été épris de liberté et désireux d’offrir aux peuples européens un avenir radieux en leur permettant de se gouverner eux-mêmes souverainement,

Comprenant ce à quoi nous nous exposons si nous refusons de briser les chaines qui nous entravent,

NOUS, citoyen-ne-s français-e-s, mais aussi citoyen-ne-s européen-ne-s, et êtres humains égaux en droits à tous les autres êtres humains de cette planète où que nous vivions, avons décidé de lutter par tous moyens – pacifiques et démocratiques – pour que soient rompus les liens entre la République française et l’Union européenne, et que se substituent à ces liens de dépendance, de contrainte et de subjugation, des liens de coopération et de solidarités entre les peuples qui constituent l’Europe.

P.S. : Afin de ne plus contribuer nous-mêmes à la confusion du discours et afin de faire oeuvre de pédagogie, nous devons cessez d’assimiler « Europe » et « Union européenne » dans le vocabulaire que nous utilisons. Dirigeons nos coups contre « l’Union européenne », pas contre « l’Europe » qui a existé avant l’Union européenne et qui lui perdurera.

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Pour mémoire :

Le groupe « Quittons l’Union €uropéenne pour reprendre le contrôle de nos vies ! » a été créé le vendredi 17 juillet 2015 par Vincent Christophe Le Roux. Plusieurs administrateurs et administratrices de diverses tendances politiques ont déjà été désigné-e-s.

I – L’objectif de ce groupe est :

1/ d’informer sur le caractère nuisible de l’Union européenne : elle détruit les nations, elle viole ou ignore totalement la démocratie, elle impose la loi d’airain du capitalisme exacerbé qu’elle tente d’instiller dans tous les rouages de la société,

2/ de convaincre de l’inanité des propositions visant soit à obtenir l’Europe sociale, soit à subvertir les institutions européennes depuis l’intérieur, soit à désobéir aux traités européens,

3/ de nous préparer intellectuellement pour affronter et surmonter avec succès cette rupture géopolitique et géostratégique fondamentale,

4/ de nous organiser matériellement pour, d’une part, augmenter sans cesse la pression populaire en faveur de la réalisation de cette rupture et, d’autre part, contribuer à ce que le nouveau cycle historique qui succèdera à cette rupture soit un nouveau temps de joie pour tous les peuples,

5/ de tisser les liens nécessaires entre nous, en France et en Europe, pour commencer à construire les solidarités européennes de demain qui se substitueront à la tyrannique Union européenne.

II – Ce groupe n’a ni pour essence, ni pour pour vocation à accueillir les partisans du repli sur soi nationaliste. Nous voulons nous libérer de l’Union €uropéenne afin de reprendre le pouvoir sur nos vies, sur notre destin collectif, sur notre avenir, ceci en vue de rendre possible demain des choix politiques de nature à rassembler les peuples autour de la défense de l’intérêt général et de l’amélioration constante des conditions de vie de tous et pour tous.

III – Ce groupe se veut ouvert et rassembleur sur des valeurs fondamentales :

– la première de ces valeurs fondamentale est la démocratie authentique, la démocratie jusqu’au bout, et c’est pour la restaurer d’abord, et la faire progresser chaque jour davantage ensuite, que nous défendons l’idée que nous devons impérativement nous libérer de l’oppression qu’exerce de plus en plus l’Union européenne sur les peuples ; pour nous libérer de cette oppression, nous défendons l’idée de l’inéluctable sortie de l’Union européenne ;

– la seconde valeur fondamentale est une conception humaniste de la vie ce qui signifie qu’au-delà des divergences inévitables de nos visions et de nos attentes sur tel ou tel sujet particulier, nous nous respectons dans le débat, et nous prônons, tous et toutes, des politiques de nature à faire progresser le droit des peuples et des citoyen-ne-s au bonheur et au bien-vivre.

Liens vidéos vers débats, conférences, documentaires et films

Cet article ressource sera régulièrement complété et mis à jour.

Dernière mise à jour : le 26 avril 2015

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Cet article ressource sera régulièrement complété et mis à jour.

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1/ Discours, débats et conférences

« Le capitalisme mérite-t-il une bonne correction ? »

dans Ce soir ou jamais du 17 avril 2015, débat avec Thomas Piketty et Frédéric Lordon

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Discours de la députée allemande Sahra Wagenknecht, vice-présidente de Die Linke, au Bundestag, le 19 mars 2015.

Elle y critique la politique étrangère de Madame Merkel à l’égard de la Russie et son alignement sur les intérêts de l’OTAN et des États-Unis d’Amérique. Sahra Wagenknecht critique également les négociations sur le Grand Marché Transatlantique, contraire à la démocratie, et critique fortement la politique économique de Madame Merkel. Enfin, elle explique que le gouvernement d’Alexis Tsipras ne peut être jugé responsable de la dette grecque. Elle montre enfin que l’oligarchie a profité de la crise grecque pour s’enrichir davantage.

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« De l’économie barbare à l’économie humaine – Penser et agir autrement » avec Jacques Généreux

Conférence a été organisée dans le cadre des Chapiteaux du livre de Béziers le 27 septembre 2014, en partenariat avec la MAIF.

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Conférence »Faut-il faire sauter Bruxelles ? »

Avec François Ruffin, Jacques Généreux et Emmanuel Todd, le 30 avril 2014 à Normale Sup’ (École Normale Supérieure, rue d’Ulm à Paris) : http://www.dailymotion.com/video/x1uf0pk_faut-il-faire-sauter-bruxelles_webcam

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Débat « Faut-il sortir de l’euro ? »

Avec Jean-Luc Mélenchon et Jacques Sapir – Débat animé par Daniel Schneidermann sur Arrêts sur images le 4 juillet 2013

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« Journée Défense » du Parti de Gauche le 1er février 2014 à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques présidé par Pascal Boniface)

Intervention de Jean-Luc Mélenchon (Introduction) :http://www.dailymotion.com/video/x1bjtf0_jean-luc-melenchon-introduction-a-la-journee-defense-du-parti-de-gauche_news

Intervention de Pascal Boniface : http://www.dailymotion.com/video/x1bhpks_pascal-boniface-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Chloé Maurel : http://www.dailymotion.com/video/x1c47fz_chloe-maurel-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Jean-Charles Hourcade : http://www.dailymotion.com/video/x1c48bp_jean-charles-hourcade-objectifs-strategiques-et-moyens_news

Intervention de Benoist Bihan : http://www.dailymotion.com/video/x1bn2fq_benoist-bihan-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention d’Alain Joxe : http://www.dailymotion.com/video/x1c47uh_alain-joxe-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention de Yann Le Pollotoec : http://www.dailymotion.com/video/x1c481l_yann-le-pollotec-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention du général Vincent Desportes :http://www.dailymotion.com/video/x1c4899_general-vincent-desportes-objectifs-strategiques-et-moyens_news

Intervention de l’amiral Jean Dufourcq : http://www.dailymotion.com/video/x1bowuq_amiral-jean-dufourcq-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Djordje Kuzmanovic (Responsable de la commission Défense au PG) :http://www.dailymotion.com/video/x1c486u_djordje-kuzmanovic-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention de Jean-Luc Mélenchon (conclusion) : http://www.dailymotion.com/video/x1ctrir_jean-luc-melenchon-conclusion-a-la-journee-defense-du-parti-de-gauche_news

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« Lutter contre la montée de l’extrême-droite, notamment dans le monde ouvrier » – le 18 mai 2013 au plateau des Glières

Avec Annie LACROIX-RIZ, Alexis CORBIÈRE, Jean-Paul Ravaux et Thierry Leclere

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« Faut-il sortir de l’euro ? » Débat lors du Remue-Méninges du Parti de Gauche de l’été 2011

Intervention de Jacques Généreux (de 19’47 à 1h03) : http://www.dailymotion.com/video/xlm018_rm-faut-il-sortir-de-l-euro_news

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« Gouverner contre les banques » – Conférence du Parti de Gauche le 10 juin 2010

Intervention de Jean-Luc Mélenchon :http://www.dailymotion.com/video/xdq7g0_jean-luc-melenchon-gouverner-face-a_news

Intervention de Jacques Généreux : https://www.youtube.com/watch?v=8oBQ3b-1hn8

Intervention de François Morin : https://www.youtube.com/watch?v=2v4YS3z9UL8

Intervention de Raquel Garrido :http://www.dailymotion.com/video/xdq8iz_raquel-garrido-gouverner-face-aux-b_news

Intervention de Dominique Pilhon : https://www.youtube.com/watch?v=doZrKUcETUY

Intervention de Bernard Cassen :http://www.dailymotion.com/video/xdqb35_bernard-cassen-gouverner-face-aux-b_news

Intervention de Laurent Cordonnier : https://www.youtube.com/watch?v=V1jM2pzhw28

Intervention de Christophe Rameaux :http://www.dailymotion.com/video/xdxr7f_christophe-ramaux-gouverner-face-au_news

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« Mélenchon-Todd compatibles ? »

Débat animé par Daniel Schneidermann sur Arrêts sur images le 15 avril 2011

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Conférences de Naomi Klein

« Tout peut changer » – le 30 mars 2015 à Paris

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« La stratégie du choc »

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Conférences de Annie LACROIX-RIZ

« Partages et repartages du monde à l’époque des Première et Deuxième guerres mondiales »

Intervention dans le cadre de la conférence « Marx au 21e siècle » le 14 février 2015 à l’université Paris Sorbonne

« De la crise des années 30 à la crise d’aujourd’hui » – le 11 octobre 2014 à l’université populaire de Saint-Dizier

https://www.youtube.com/watch?v=0Lf7PrN_LUw

« Aux origines de l’Europe » – Grenoble le 20 mai 2014

« Le Conseil National de la Résistance » – Saint-Maximin (60 – Oise) le 15 novembre 2013

« Le fascisme dans l’Entre deux-guerres » – le 14 mai 2013 à l’université Paris X Nanterre

partie 1/2 : https://www.youtube.com/watch?v=nIjbVOlpcIg

partie 2/2 : https://www.youtube.com/watch?v=yQiFSXKsxd0

« Patronat et financiers français sous l’Occupation » – le 6 avril 2013 à Lyon

« L’Histoire contemporaine toujours sous influence » le 6 octobre 2012 sur Radio Libertaire

« La stratégie du choc » – le 29 juin 2012 à Metz (conférence avec Attac)

« Le choix de la défaite » – le 5 juin 2010 à Paris dans le cadre de l’émission de France Inter « Là-bas si j’y suis »

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« Propagande de guerre, propagande de paix » avec Annie LACROIX-RIZ, Jean BRICQMONT, Anne MORELLI, le général FORGET et la journaliste Diana JOHNSTONE

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Conférences de Noam Chomsky

« La fabrication du consentement »

partie 1/2 : https://www.youtube.com/watch?v=waUIPMXuHV0

partie 2/2 : https://www.youtube.com/watch?v=ri3opfLaQpU

« Les principes du pouvoir : l’Empire le film »

« Contours de l’ordre mondial. Continuités, changements et défis »

Conférence organisée par Le Monde Diplomatique avec Serge Halimi et Daniel Mermet, le 29 mai 2010 à la Mutualité, Paris

partie 1/3 : https://www.youtube.com/watch?v=7y_spxHmBZI&list=PLhVH6hJxBHEF4QoxX5_J4K_d71ha3yNv0

partie 2/3 : https://www.youtube.com/watch?v=Ttl4RNDLnfo

partie 3/3 : https://www.youtube.com/watch?v=Uaj7Tg-pLkU

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Conférences de Serge Halimi (Le Monde Diplomatique)

« Les nouveaux chiens de garde »

Dans le cadre de l’émission « Là-bas si j’y suis » diffusée le 15 décembre 2005 sur France Inter.

« Le grand bond en arrière. Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde »

Dans le cadre de l’émission Là-bas si j’y suis le 2 juillet 2004

« L’ère des restaurations »

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Conférences de Michel Étiévent

« Guy Mocquet » – octobre 2012

« Ambroise Croizat et Marcel Paul – chemins croisés de l’innovation sociale » – octobre 2011

« Ambroise Croizat » – octobre 2011

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Conférence de Jean Ziegler le 26 septembre 2013 à Strasbourg

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« La fabrication du consentement »

Conférence de Hugue Le Paige (journaliste, réalisateur et rédacteur de la revue Politique) le 25 février 2014, Bruxelles (organisée par Attac)

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« Corruption, ça suffit » intervention de Roberto Scarpinato

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« Les pirates du vivant » par Marie-Monique ROBIN

Le 15 janvier 2014, dans le cadre de journées normaliennes du développement durable, ENS Rennes

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2°/ Films politiques et sociétaux

2.1- Films de Yannick Bovy

2.1.1- « Marinaleda, les insoumis » – Mars 2015

Émissionde la FGTB* walonne réalisée et produite par le CEPAG*, avec la collaborationdu GSARA* asbl et le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

FGTB :Fédération Générale du Travail de Belgique (selon Wikipedia : c’est le 2è syndicatbelge par le nombre de ses membres, environ 1,5 million de personnes et ilserait de tendance socialiste)

CEPAG :Centre d’éducation populaire André Genot (mouvement d’éducation permanente prochede la FGTB)

GSARA :« Né avec l’apparition de la vidéo en Belgique en 1976, le Gsara seprésente aujourd’hui comme une plate-forme sur tout ce qui touche àl’audiovisuel » (Auto-présentation sur Twiter)

2.1.2- « Des canaris dans la mine » – Octobre 2013

Voici quelques canaris aux cris stridents. Des canaris de Belgique et de Grèce qui sifflent l’alerte depuis le fond de la mine et s’agitent pour nous prévenir : c’est un terrible coup de grisou qui s’annonce sur nos droits, notre santé, nos vies, l’avenir de nos enfants. Un coup de grisou sur les peuples et la démocratie, et des coups de bâton pour ceux qui osent résister. Regardez ce reportage, prêtez l’oreille aux canaris : vous comprendrez qu’il est temps de sortir de la mine. Et vite.

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2.2- Films de Yannis Youlountas

2.2.1- « Je lutte donc je suis » – À paraître bientôt

2.2.2- « Ne vivons plus comme des esclaves » – Septembre 2013

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2.3- Films de Marie-Monique Robin

2.3.1- « Notre poison quotidien »  par Marie-Monique ROBIN

2.3.2- « Le monde selon Monsanto » par Marie-Monique ROBIN

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3.4- Films divers

2.4.1- « Solutions locales pour un désordre global » – Film de Coline Serreau, avril 2010

2.4.2- « L’île aux fleurs » – Court-métrage du Brésilien Jorge Furtado, 1989

2.4.3- « Le grand bond en arrière »

Que reste-t-il du modèle social français après trente ans de néolibéralisme? Cette question oriente le voyage dans leur pays natal de quatre Français installés depuis plusieurs années au Venezuela. Pour y répondre, le documentaire mêle des données statistiques, journalistiques et des interviews de sociologues, intellectuels, militants, réfugiés politiques, artistes, citoyens, travailleurs sociaux des banlieues, sans-papiers

2.4.4- « La révolution ne sera pas télévisée »
Ce film retrace les événements qui amenèrent au coup d’Etat qui renversa le Président Hugo Chavez, le 11 avril 2002, ainsi que sa remise au pouvoir par le peuple deux jours plus tard, le 13 avril 2002.

2.4.5- « Les nouveaux chiens de garde »

2.4.6- « La guerre contre la démocratie »

Documentaire de John Pilger. Sous-titres français. Titre original: « The War on Democracy ». « La Guerre contre la Démocratie » fut le premier documentaire de John Pilger à être diffusé dans les salles de cinéma. Ce documentaire explore la relation actuelle et passée de Washington avec les pays d’Amérique latine tels que le Venezuela, la Bolivie et le Chili.

https://www.youtube.com/watch?v=mPQkaIHDmXk

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2.4.7- « Les jours heureux » du CNR
Documentaire de Gilles Perret sur la Résistance et sur l’oeuvre du CNR

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3°/ Argumentaires militants

3.1- Les topo-citoyens du Parti de Gauche avec Danielle Simonnet du PG

3.1.1- Topo-citoyen n°1 : La dette est un prétexte

3.1.2- Topo-citoyen n°2 : Gouverner face aux banques

3.1.3- Topo-citoyen n°3 : La planification écologique

3.1.4- Topo-citoyen n°4 : Le traité Sarkozy-Merkel

3.2- On va leur faire un dessin du Parti Communiste Français

3.2.1- La vie chère : http://www.dailymotion.com/video/xkkuta_ep-1-la-vie-chere_news

3.2.2- Le Front de Gauche : http://www.dailymotion.com/video/xlgq8k_ep-2-le-front-de-gauche_news

3.2.3- La crise financière : http://www.dailymotion.com/video/xlxapt_ep-3-la-crise-financiere_news

3.2.4- Justice au pays de l’or noir : http://www.dailymotion.com/video/xmilql_ep-4-justice-au-pays-de-l-or-noir_news

3.2.5- Marine Le Pen amène le pire :  http://www.dailymotion.com/video/xngeur_ep-5-marine-le-pen-amene-le-pire_news

3.2.6- L’austérité ou la vie, il faut choisir : http://www.dailymotion.com/video/xonem9_ep-6-l-austerite-ou-la-vie-il-faut-choisir_news

3.2.7- Le mécanisme infernal européen : http://www.dailymotion.com/video/xpscqk_ep-7-le-mecanisme-infernal-europeen_news

3.2.8- La vie sans Sarkozy : http://www.dailymotion.com/video/xq2vkp_ep-8-la-vie-sans-sarkozy_news

3.2.9- Spécial Législatives : http://www.dailymotion.com/video/xr788u_ep-9-special-legislatives-non-censure_news

3.2.10- Compétitivité ? : http://www.dailymotion.com/video/xtom7p_ep-10-competitivite_news

3.2.11- Bienvenue dans l’austérité ! : http://www.dailymotion.com/video/xua5k0_ep-11-bienvenue-dans-l-austerite_news

3.2.12- La bataille de l’emploi : http://www.dailymotion.com/video/xupjwq_ep-12-la-bataille-de-l-emploi_news

3.2.13- La droite décomplexée : http://www.dailymotion.com/video/xvr08m_ep-13-la-droite-decomplexee_news

3.2.14- À ta santé ! : http://www.dailymotion.com/video/xvwezt_ep-14-a-ta-sante_news

3.2.15- ANI : Devenez souples ! : http://www.dailymotion.com/video/xyb8vc_ep-15-ani-devenez-souples_news

3.2.16- École en danger : http://www.dailymotion.com/video/xz8sw1_ep-16-ecole-en-danger_news

3.2.17- Un an de changement ? : http://www.dailymotion.com/video/xzw226_ep-17-un-an-de-changement_news

3.2.18- La grande évasion : http://www.dailymotion.com/video/x110kao_ep-18-la-grande-evasion_news

3.2.19- Retraitement de choc : http://www.dailymotion.com/video/x129rw3_ep-19-retraitement-de-choc_news

2.2.20- Travail versus Capital : http://www.dailymotion.com/video/x15q71w_ep-20-travail-vs-capital_news

3.2.21- Le coût du capital : http://www.dailymotion.com/video/x173jv1_ep-21-le-cout-du-capital_news

3.2.22- Révolution fiscale : http://www.dailymotion.com/video/x18l6d5_ep-22-revolution-fiscale_news

3.2.23- Pour l’égalité femmes-hommes : http://www.dailymotion.com/video/x18l6d5_ep-22-revolution-fiscale_news

3.2.24- Aux urnes, citoyens ! : http://www.dailymotion.com/video/x1vb7h5_ep-24-europe-aux-urnes-citoyens_news

3.2.25- Le hold-up démocratique : http://www.dailymotion.com/video/x2a077c_ep-25-le-hold-up-democratique_news

3.2.26- En 2015… : http://www.dailymotion.com/video/x2ej8ls_ep-26-en-2015_news

3.3- Petites vidéos courtes sur la dette

3.3.1- La dette, c’est chouette ! : http://www.dailymotion.com/video/xmv5ob_la-dette-c-est-chouette_creation

3.3.2- La dette, c’est quoi ? : https://www.youtube.com/watch?v=V5NMavzVsOA

3.3.3- Le mécanisme de la dette souveraine : https://www.youtube.com/watch?v=-NcDZQhbIbw

3.3.4- La crise de la dette expliquée en 5 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=mrxUUz3TAdk

Du débat Mélenchon-Zemmour, de la référence à Georges Marchais et au général De Gaulle, de la question de l’immigration et de l’économie…

Un de mes contacts sur Facebook a écrit :

« Le problème de MÉLENCHON est qu’il est internationaliste et pas communiste. Il est plus proche des positions libérales d’un COHN-BENDIT que les positions collectivistes de MARCHAIS. Aussi les patriotes communistes mexicains de 1964 grâce à leur positionnement idéologique ont une économie florissante alors que les anarchistes internationalistes ont traité MARCHAIS comme un chien galeux et un pestiféré. Résultat : le libéralisme pro UE. Moi je le dis VIVE MARCHAIS et même VIVE DE GAULLE. »

Et ceci : « Puis le jour où MÉLENCHON dira comme MARCHAIS, qu’il faut arrêter l’immigration on aura fait un grand pas. ZEMMOUR ne dit pas que des conneries, c’est même plutôt le contraire, il est très intelligent. »

Ces deux commentaires m’ont inspiré les réponses suivantes…

Quand tu dis que MÉLENCHON est plus proche des positions libérales d’un COHN-BENDIT que des positions collectivistes de MARCHAIS, c’est que tu ne l’as pas bien lu, écouté et compris car si l’on peut reprocher à MÉLENCHON certaines choses, ce n’est sans doute pas celle-là. Cette accusation est grotesque.

Quand tu dis « Vive MARCHAIS et même vive DE GAULLE », là je te suis. Ces deux personnalités-là, malgré leurs tares et leurs défauts, avaient un discours cohérent et, pour celui des deux qui fut un géant de notre Histoire, une pratique qui avait une dignité qu’aucun de ses successeurs n’a jamais ne serait-ce qu’approchée.

 En tant que partisan de la 6e, je suis logiquement un dénonciateur ardent de la 5e mais je n’ignore rien de la situation réelle qui veut que la 5e, dans sa version originelle, n’était pas la « 5e » actuelle.

 Moi, je considère que la 5e initiale, celle instituée par DE GAULLE, méritait déjà d’être dénoncée et critiquée, à la fois pour son contenu et pour les conditions, totalement scandaleuses, de son avènement (la crise du 13 mai, le quasi coup d’État suivi du coup de force politique, la rédaction de la nouvelle constitution contrôlée par seulement quelques personnes sans recours à ce qui aurait été légitime et démocratique : une Constituante, et bien d’autres raisons). Cela étant dit, le régime initial, même top autoritaire à mes yeux, n’avait pas tous les défauts qu’il a acquis par la suite. Notamment parce que celui qui était la « clé de voûte des institutions », formule chère au Général, exerçait le pouvoir dans un certain respect de la volonté populaire. Le peuple français a pu aller aux urnes tous les ans, pour une raison ou pour une autre, pendant la période où DE GAULLE était Président. Et le jour où le choix qu’il souhaitait voir approuvé fut désavoué, il s’en alla. Quelle dignité ! Aucun Président de la République française n’a jamais plus eu un tel panache. Donc je suis à la fois très critique de son œuvre sur certains sujets, mais aussi assez admiratif de l’homme, de son action comme chef de la France libre puis comme acteur de la restauration de notre grandeur, notamment dans sa lutte contre l’impérialisme de l’Empire états-unien.

Et si DE GAULLE n’était pas anticapitaliste, ce que je suis devenu moi-même et ce que sont mes camarades du PG et du Front de Gauche, en revanche, DE GAULLE avait une vision politique qui voulait que le politique commandait à l’économie et non pas l’inverse, ce qui le rapprochait un peu de MARCHAIS (puisque tu compares les deux, je le fais aussi). Le capitalisme est détestable mais le capitalisme enfermé dans un système d’économie mixte, comme c’était le cas alors, faisait bien moins de dégâts économiques et sociaux que celui, débridé, sans règle, sans principe humaniste, sans aucune décence, sans aucune rationalité économique et financière, que nous connaissons aujourd’hui, et ce, depuis désormais presque 45 ans. Il est facile de voir que c’est dès la fin de la période gaullienne que les choses ont mal tourné, avec POMPIDOU, le banquier de la banque Rothschild, qui était, en quelque sorte, un « ennemi de l’intérieur » en plus d’être un « allié objectif » de l’Empire états-unien. C’est lui qui a fait entrer le Royaume-Uni dans ce qui était alors la CEE. C’est lui qui a suivi la logique nixonienne du recours au marché pour financer l’État. Et peu à peu, tout le reste a suivi.

Quand tu dis que « ZEMMOUR ne dit pas que des conneries », qu’ « il est très intelligent », je suis presque d’accord. Presque car moi je ne dirais pas que ZEMMOUR est « très intelligent ». S’il était vraiment « très intelligent », à mon sens, il aurait choisi un autre chemin philosophique et politique. Mais passons car je ne dirais pas non plus qu’il ne dit « que des conneries ». Sans être « très intelligent », il n’est pas non plus un sot. Ce qu’il dit est en effet pensé, réfléchi. Il ne s’agit pas de propos stupides, de comptoir. Ce qu’il dit reflète une pensée, une idéologie, une vision, une lecture de l’Histoire et de la vie. Ce n’est pas la mienne. Ce n’est pas celle de MÉLENCHON . Ce n’est pas celle du PG ou du FdG. Et je ne crois pas que ce soit celle de la majorité des Français, malgré certaines apparences contraires.

Le problème avec ZEMMOUR, c’est qu’il manie, dans son raisonnement, des faits qui sont incontestables et des déductions qui, elles, ne le sont pas. Il a une vision de l’Histoire qui n’est pas rationnellement fondée. Il idéologise trop l’Histoire. Et nous analysons, nous-mêmes, certaines « vérités » historiques différemment de lui. Je ne vais pas ici disserter sur cela car ce n’est pas le lieu mais si je peux comprendre que certaines personnes, qui pensent à droite, ne se retrouvent pas dans la lecture que MÉLENCHON et nous, à gauche, faisons, il faut comprendre aussi que l’on ne saurait, nous, valider comme l’unique vérité absolue, la vision de ZEMMOUR et de la droite, ou plutôt d’une partie de cette droite. Si les faits peuvent être incontestables quand ils sont avérés, l’interprétation qu’on développe de ces faits, elle, est toujours susceptible d’être critiquée et soumise à des versions contraires.

Quand tu dis que « MÉLENCHON devrait, comme MARCHAIS, défendre l’arrêt de l’immigration », tu as tort, à mes yeux. Je sais que beaucoup de Français-e-s, si l’on écoute les medias mainstream qui ne cessent de le dire, voire si l’on discute avec les gens, ont cette idée-là. Nous n’ignorons pas, autour de MÉLENCHON et à gauche, qu’une partie des Français-e-s, souhaiteraient que l’on arrête d’accueillir chez nous des étrangers, voire qu’on en renvoie un certain nombre chez eux.

Nous n’avons pas cette vision. Quand on est à gauche, on a le sens de l’accueil et de la tolérance. Nous voulons une France ouverte aux autres, notamment à celles et ceux qui sont menacé-e-s dans leur pays, menacé-e-s dans leur vie, leur sécurité, leur liberté, leurs droits fondamentaux. Inutile de me ressortir la saillie célèbre de Michel ROCARD sur le sujet. Nous, nous refusons ce discours-là. Nous défendons un discours inverse. C’est ainsi. La démocratie impose que l’on puisse avoir une autre vision que la nôtre et que cette vision-là soit défendue, mais, à l’inverse, notre propre vision est tout aussi légitime.

Si, pour débattre sereinement de ce sujet hautement passionné, on écarte l’idée que celles et ceux qui refusent notre vision seraient simplement des racistes et des xénophobes, bien que ce soit aussi souvent le cas, mais qu’on leur reconnaît la dignité de fonder leur vision, non pas sur de tels ressentiments détestables, mais sur une logique économique, il y a alors matière à discuter.

L’idée qui est mise en avant, et qui n’est pas contraire à la vérité selon certains angles d’analyse, c’est que les immigrés conduisent à une régression du niveau des salaires de l’ensemble des Français, parce que cette population est moins exigeante que nous et qu’elle accepte donc de travailler à des conditions salariales et générales inférieures à celles que nous acceptons nous-mêmes et que nos lois garantissent encore quelque fois. Je dirais que :

1°/ Cela est vrai pour les immigrés clandestins beaucoup plus que pour les immigrés entrés légalement en France.

2°/ Il existe des moyens d’agir contre ce problème.

Sur le premier point, le problème est que des clandestins, pour pouvoir survivre, doivent à tout prix travailler et acceptent donc n’importe quel travail, dans n’importe quelles conditions. Comme ils sont clandestins, ils ne bénéficient pas des droits élémentaires des salarié-e-s et les employeurs indélicats (pour utiliser un terme poli car en fait ce sont de vrais salopards, exploiteurs, esclavagistes) font leur beurre sur leur misère. Il est possible et nécessaire de sanctionner pénalement et lourdement les patrons qui emploieraient ainsi illégalement et inhumainement des immigrés illégaux. Les sanctions devraient être suffisamment lourdes pour être dissuasives.

Au-delà, il y a la solution que NOUS préconisons depuis longtemps : la régularisation pour que ces immigrés, qui ont eu le courage de quitter leur pays pour trouver du travail et des moyens de vivre – et de faire vivre leur famille – décemment, puissent être armés légalement pour ne plus accepter de telles exploitations.

Alors on nous dit que de telles décisions seraient un appel à une immigration massive. Tous les exemples que nous connaissons disent le contraire. Là encore, je ne veux pas disserter des heures mais l’immigration ne dépend pas de la générosité ou de l’avarice du pays qui se trouve être le pays d’accueil. Ce qui amène les gens à immigrer, y compris clandestinement, repose sur d’autres fondations. Nous ne risquons pas d’être envahis mais par contre nous aurions la garantie de ne plus connaître l’exploitation honteuse des immigrés clandestins. Ceux-ci auraient les mêmes droits que nous.

Sur le second point, qui recoupe en partie la problématique du premier, le problème serait que les immigrés légaux viennent manger le pain des Français… Outre l’inanité d’une telle affirmation, il est utile de rappeler que si les patrons encouragent l’immigration, c’est justement parce qu’ils savent que les immigrés feront le travail aux conditions qu’eux, les employeurs, définissent. Mais il suffirait que la loi décide que les immigrés seront traités comme tout Français, qu’ils auront exactement les mêmes droits face à leurs patrons que tout Français, pour que les patrons n’aient plus envie de remplacer la main d’œuvre française par une main d’œuvre immigrée.

On entend souvent, chez les exploiteurs ou chez les réacs, ou chez les ignorants, ou chez les salopards, ou chez es crétins, que si par exemple le bâtiment ou la restauration recrutent autant d’étrangers, c’est que les Français, sont paresseux, tire-au-flanc, qu’ils ne veulent pas travailler, qu’ils refusent les emplois un peu pénibles, qu’ils préfèrent être payés par les assurances chômage… Ce discours-là, en plus d’être clairement idéologisé de manière détestable, est stupide et ne repose sur rien d’autres que sur quelques abus montés en épingle depuis des années, alors même que bien d’autres abus, dans d’autres domaines, d’ampleur sans commune mesure avec les précédents, ne sont pas, eux, pris en considération. Si les Français refusent en effet parfois de prendre les emplois disponibles, c’est parce qu’il est inacceptable, dans la situation économique de richesse de notre pays, que l’on doive travailler dans la peine, sur des amplitudes de durée trop longues, ou dans des conditions de travail inacceptables, pour des salaires ridicules. La solution n’est pas d’aller chercher des esclaves plus dociles et moins exigeants, mais d’élever les exigences que les employeurs doivent respecter quand ils salarient des gens. Nous pouvons le faire. C’est le rôle de la loi. Et s’agissant du coût économique de cela, il peut être couvert par une refondation totale de notre système de pensée économique et fiscal. On en vient alors à la question essentielle, fondamentale entre toutes, d’un autre partage des richesses, que nous défendons, nous, autour de Jean-Luc MÉLENCHON, nous au Parti de Gauche, nous au Front de Gauche, et je sais qu’il y a des Français, qui ne se définissent pourtant pas comme étant de gauche, qui pensent exactement comme nous, sur ce point.

L’économie est florissante quand les richesses créées par tous circulent. Elle dépérit quand une petite caste oligarchique confisque l’essentiel à son seul profit. Une économie est en développement stable et se trouve viable et saine quand les entreprises qui font des bénéfices réinvestissent largement leurs gains pour se développer et pour mieux payer leurs salariés, tous et pas les quelques personnes autour du N°1 de l’entreprise. Inutile d’expliquer longtemps que si les petits salariés voient leur rémunération croître, ils l’utiliseront, soit en consommant, soit en épargnant. Dans les deux cas, les gains seront remis immédiatement en circulation. Tandis que lorsque les plus gros gagnent encore davantage, non seulement ils ne réinvestissent pas ces gains dans l’économie réelle, mais en outre ils placent leurs fortunes dans des paradis fiscaux étrangers à la France. Ils volent donc purement et simplement le fruit du travail de tous et détournent la richesse collective du pays. Il s’agit là ni plus ni moins que de vol, d’escroquerie, de détournement de fonds. Ce pourrait être pénalement sanctionné en plus d’être politiquement discrédité.

C’est le système qui permet cela qui doit impérativement être revu et radicalement transformé. Ce sera à la loi de fixer en conséquence des salaires minimum beaucoup plus hauts qu’aujourd’hui, à l’inverse des salaires maximum beaucoup plus bas. Ensuite, par le biais de l’impôt, nous devrons tendre à une plus juste répartition des richesses. Devant ces engagements que nous prenons, certains hurlent comme des vierges qu’on effaroucherait ou des porcs qu’on violenterait. Mais il ne s’agit pas pour nous de mettre tout le monde au même niveau. Il demeurera des différences entre les uns et les autres. Les patrons et les salariés ne seront pas payés le même salaire. Les « grands » patrons gagneront toujours plus que les « petits ». Mais les écarts scandaleux que nous connaissons seront fortement réduits. Et nous reviendrons sans doute à des logiques plus raisonnables et plus humanistes. Il n’y aura plus, avec nous, de compétition pour gagner toujours plus, surtout si c’est au détriment des autres… Peut-être que le patron qui prendrait de véritables risques, non pas des risques contestables du genre de ceux qui jouent en bourse, mais des risques résultant de la tentative d’ouvrir de nouveaux chemins pour le développement de son entreprise et donc pour l’intérêt général à la fois de son entreprise, de ses salariés et de l’économie du pays tout entier, serait gratifié d’une « prime ». Mais les retraites-chapeaux, les stocks-options et autres exemples de confiscation insolente ne seront plus possibles, surtout quand ils sont au bénéfice de gens qui n’ont plus rien à voir ni avec des employeurs, ni avec des chefs d’entreprise, mais qui ne sont plus que des financiers traitant les êtres humains comme des choses.

La fiscalité française sera revue de fond en comble, aussi bien la fiscalité nationale que la fiscalité locale. Le principe qui la gouvernera sera l’égalité. Dans l’esprit de l’article 13 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, la contribution de chacun sera « également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés ». Je rappelle que le président états-unien Franklin Delano ROOSEVELT, qui n’était pas un communiste, même s’il était sans doute plus à gauche que beaucoup de ceux qui l’avaient précédé et qui lui ont succédé, avait, pendant les années trente, élevé l’impôt de la tranche supérieure à 90%. Oui, 90% pour les plus riches. Aux États-Unis. Dans la vie réelle… Même en France, avant que François MITTERRAND ne soit élu en 1981, le taux d’impôt pour les plus riches était de l’ordre de 70% je crois. Or, nous étions sous la présidence de Valéry Giscard d’ESTAING qui n’était pas précisément un bolchévique…

Oui, nous reviendrons à cette logique qui veut que les très riches paient beaucoup car lorsqu’on ponctionne un petit salaire de 5 à 10%, c’est bien plus cruel et injuste que lorsqu’on ponctionne un multimillionnaire à 50/60/70/80 ou même 90 %. Et il lui en restera toujours beaucoup plus qu’au premier. Oui, nous estimons qu’il y a une décence humaniste qui impose que l’on décide d’un seuil maximal de rémunération. La vie ne se résume pas au fric. Le but d’une vie terrestre n’est pas seulement d’amasser des millions, des milliards dont on ne sait que faire ensuite et dont on prive, tous les autres. Alors même que des milliards de gens souffrent de pénurie, de misère, de faim, de mal-logement, de mal-nutrition, d’absence de soins…

Cette répartition nouvelles des richesses permettra de financer non seulement le coût de l’immigration mais bien d’autres politiques de progrès pour tous. Et cette nouvelle fiscalité empêchera aussi, ce qui est de salubrité publique, que des familles ne deviennent des dynasties qui, génération après génération, maintiennent des milliardaires oisifs, parasites, qui pèsent sur la vie publique du pays et tendent à l’influer fortement sans avoir la dignité ou les titres pour cela.

En République, il doit être possible de gagner plus demain qu’aujourd’hui. Il n’est pas antagoniste avec la République que l’on cherche à avoir une meilleure rémunération et il est assez noble que des personnes cherchent à offrir à leurs descendants les moyens de subsister en cas de coup dur ou un petit coup de pouce pour débuter. Mais ce petit pécule ou ce petit coup de pouce ne doit pas être une montagne d’or. Nous refusons qu’existe dans notre République une « noblesse d’argent » qui, sauf accident, se perpétuerait toujours, génération après génération, sans que les successeurs de ceux qui l’ont initiée, n’aient de mérites particuliers. Certes, il y a parmi les milliardaires, des gens dignes et nobles de cœur qui profitent de leur situation personnelle avantageuse pour être utiles à la collectivité mais c’est moins d’être une règle générale et même quand ils le font, ils ne le font pas assez. Nous, à gauche, ne tolérons pas que le monde soit constitué de personnes vivant dans de tels écarts de richesse. Nous corrigerons cela. Plutôt qu’un bouclier fiscal empêchant que l’on conteste aux uns le « droit » d’amasser des fortunes qui manquent ensuite à l’intérêt de tous, nous instituerons un « bouclier social ». Il y a divers procédés pour y parvenir. On y reviendra.

Nous entendons que l’on puisse ne pas être d’accord avec nous. Nous sommes démocrates et nous n’imposerons rien par la force. Nous débattrons. Nous convaincrons. Ce sera la loi, expression de la volonté générale qui imposera ce que le peuple français, dûment informé, après en avoir longuement débattu, aura décidé collectivement. Sur ce point comme sur tous les autres…

Parlons d’Europe… Extrait savoureux du film « Le Président », d’Henri Verneuil avec Jean Gabin (1961)

Lien: http://www.youtube.com/watch?v=Dq8CyzMJNWY

« Ce projet, je peux d’ores et déjà vous en dénoncer le principe : la constitution de trusts horizontaux et verticaux et de groupes de pression qui maintiendront sous leur contrôle non seulement les produits du travail mais les travailleurs eux-mêmes. On ne vous demandera plus, Messieurs, de soutenir un ministère mais d’appuyer un gigantesque conseil d’administration. Si cette Assemblée avait conscience de son rôle, elle repousserait cette Europe des maîtres de forge et des compagnies pétrolières. Cette Europe qui a l’étrange particularité de vouloir se trouver au-delà des mers, c’est-à-dire partout sauf en Europe ! (…) Je comprends très bien que le passif de ces entreprises n’effraie pas une assemblée où les partis ne sont plus que des syndicats d’intérêt ! »

Donner de l’air à la démocratie – Réflexions et suggestions après le vote des eurodéputés sur le chalutage en eaux profondes

Résultat général: 687 votants

Pour: 342 – Contre: 326 – Abstention: 19

Au sein du groupe qui nous est le plus proche, la GUE/NGL (Gauche Unie Européenne / Gauche Verte Nordique), qui comporte 35 membres, voici les résultats:

Pour: 17 – Contre: 12 – Abstention: 1 – Absents : 5

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On constate que la différence entre le nombre de députés européens qui ont voté POUR et le nombre de ceux qui ont voté CONTRE est de 16. Seize voix auraient suffi à inverser le sens du vote. Or, au sein de notre groupe, 17 députés ont voté POUR. Ce sont donc eux qui ont permis l’adoption du texte… Chacun appréciera…

Il n’y a pas qu’en France que pullulent les « sociaux-traîtres », les « écolo-traîtres », les « gauchos-traîtres », les « radicaux-traîtres »… Ils ont l’étiquette radicale mais ils n’en ont pas le contenu… L’effet Canada dry en quelque sorte…

***

Ce suffrage de nos « représentants » qui ont rendu possible l’adoption du texte me donne la nausée et alimente ma colère. Ce n’est pas la première fois.

Nos députés à l’Assemblée Nationale aussi ont eu l’occasion de ne pas nous représenter comme nous l’aurions voulu et ont parfois voté dans un sens différent de ce que nous aurions voulu.

Ceci m’amène à quelques réflexions et me renforce, une fois de plus, dans des améliorations de notre démocratie, améliorations qui, je ne m’en cache pas, consistent en des innovations radicales!

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Il faudra repenser le mandat  de nos représentants et trouver un nouvel équilibre entre ses deux formes envisageables : d’une part, le mandat impératif et d’autre part le mandat représentatif.

Le mandat impératif n’est pas souhaitable à mes yeux parce qu’il transformerait les députés en robots de leurs électeurs. Ce n’est pas ma conception de la démocratie que de faire de nos élu-e-s, des machines aux ordres. Nos représentant-e-s doivent garder une capacité de libre-arbitre et doivent pouvoir juger en conscience du sens des votes. Notre constitution actuelle, celle de la Ve République, détestable par bien des égards, critiquable en gros et en détails, aussi bien pour sa logique, son essence, ses défauts et les abus de pouvoir qu’elle rend possibles, constitution que nous remplacerons intégralement par une autre fondant une 6e République radicalement alternative, interdit d’ailleurs le mandat impératif et le fait à juste titre. C’est un des rares mérites de notre loi fondamentale.

Toutefois, ce premier aspect de la question étant posé, je ne peux me satisfaire du mandat représentatif tel qu’il est aujourd’hui. Car il n’est pas respectueux des exigences démocratiques honnêtement entendues puisqu’il laisse les députés entièrement libres de voter dans le sens qu’ils souhaitent, quelles que puissent être les attentes, les souhaits, les exigences du peuple or le peuple est seul souverain ! Les représentants ont reçu mandat pour décider en son nom et pas contre lui ! Or, il arrive parfois, pardon souvent, beaucoup trop souvent, que nos représentants ne nous représentent pas mais représentent soit leur propre intérêt, soit ceux d’autres mandants… Cela est inacceptable et comme cette pratique à la fâcheuse tendance de se généraliser, il est temps de trouver des outils démocratiques pour la contrer. Un député ne peut ni ne doit se trouver dans une situation où sa conscience, son libre-arbitre que je défens par ailleurs comme je l’ai dit plus haut, aboutissent à ce qu’il vote dans un sens contraire aux attentes des électeurs et même parfois, voire beaucoup trop souvent, de ses propres engagements…

S’il a un doute sur ce que peuvent penser ses électeurs, eh bien c’est à lui de les interroger, préalablement au vote. En démocratie, si la démocratie n’est pas un vain mot, nous élisons des représentants, pas des monarques. Ils ne sauraient donc avoir une liberté absolue entre leur élection et le terme du mandat que cette élection leur a confié.

Le référendum révocatoire est l’arme de dissuasion massive pour contraindre le représentant à se soucier des avis de ses électeurs et à les suivre le plus souvent, faute de quoi  il sera probablement révoqué à mi mandat.

Mais il existe d’autres procédés moins coercitifs. Ce sont des procédés de démocratie directe.

–          Par exemple, le droit d’initiative législative (ou constitutionnelle) qui donne au peuple la possibilité de contraindre les députés à mettre en débat, ou à soumettre au vote, un texte législatif ou constitutionnel ; ou encore, l’initiative référendaire, qui contraindrait les élus à organiser un référendum.

–          Par exemple, le droit de veto législatif ou constitutionnel qui permettrait au peuple d’empêcher l’entrée vigueur d’un texte qui aurait pourtant été adopté par les députés.

Je pense aussi à une réforme de notre code électoral ou même de notre code pénal intégrant le parjure comme un acte qui, dès qu’il est établi, serait sanctionné politiquement et, en outre, le cas échéant, pénalement, selon la gravité du mensonge.

La profession de foi des candidats à une élection, qui n’est qu’une déclaration d’intention, un texte politique sans valeur juridique, pourrait être élevé à une autorité supérieure et devenir, en quelque sorte, un texte contraignant comme chaque salarié est obligé de respecter les clauses de son contrat de travail. La profession de fois du candidat est certes un acte unilatéral au sens où le candidat annonce ce qu’il va faire et qu’à ce jour ce texte est dépourvu de toute force obligatoire, mais on peut aussi considérer que l’élection d’un candidat à un mandat est un contrat certes informel mais un contrat tout de même conclu entre le candidat et ses électeurs qui l’ont choisi, lui plutôt qu’un autre, sur la base de ce qu’il a proposé. Et qu’il est assez raisonnable de penser que ce contrat devrait lier les parties. Donc, si le candidat venait à se défier de ses propres engagements et propositions, il perdrait toute légitimité à se maintenir à ses fonctions et il me semble qu’il serait assez sain qu’il soit contraint de revenir devant ses électeurs.

Et au-delà des procédés juridiques ci-dessus évoqués, il y a des mécanismes d’essence plus politique mais qui soient dotés d’une autorité juridique, qui pourraient consister à exiger des candidats à une élection qu’ils s’engagent aussi, formellement, d’une part, à rendre compte régulièrement, et par un écrit rendu public, de leur action, de leurs votes, de leurs réflexions sur les grandes thématiques liées à l’exercice de leur mandat, et, d’autre part, à travailler collectivement avec leurs électeurs, les militants de leur parti et tout citoyen de bonne volonté désirant participer à l’action et à la décision publique.

Un tel engagement, formel et signé, doté d’une force obligatoire, pourrait être une pièce à conviction utile à l’appui d’une demande populaire ultérieure d’organisation d’un référendum révocatoire.

La démocratie représentative était sans doute le seul système praticable lorsque nous sommes passés de la monarchie à la République. Pendant longtemps, il ne semblait pas possible de faire autrement. Pourtant, bien des expériences disent le contraire !

Aujourd’hui, tenant compte des leçons du passé, bonnes ou mauvaises, désireux de changer nos pratiques et de tendre à une démocratie authentique, à une démocratie ambitieuse, ç à une démocratie jusqu’au bout, nous devons proposer des alternatives radicales au système actuel et aux modes de pensée traditionnels.

La démocratie représentative reposant exclusivement sur l’élection, ne se suffit plus à elle-même. Il faut l’irriguer par des innovations à la fois techniques et philosophiques. Conscient de cela, certains, depuis quelques années, ont évoqué et parfois mis en ouvre une forme de démocratie renouvelée, dite participative. Celle-ci a fait naître de grands espoirs mais elle a vite été perçue pour ce qu’elle était, un gadget des décideurs qui font semblant de s’intéresser à ce que pense le peuple, une quasi-escroquerie la plupart du temps des détenteurs du pouvoirs qui feignent de condescendre à donner la parole au peuple, quelques minutes en fin de réunion, mais qui n’organisent pas vraiment des débats ouverts et surtout qui ne tiennent jamais aucun compte de ce qui a été débattu.

La notion de démocratie participative a donc vite perdu l’éclat de sa prime jeunesse. Elle est, hélas, par la faute de certains, connotée très négativement aujourd’hui. Il faut inventer un autre concept qui portera en lui d’autres pratiques.

Je n’ai pas encore trouvé ce terme novateur pour ma part mais l’essentiel est de toute façon bien plus dans le contenu qu’on lui accolera que dans l’ingénuité d’un mot ou d’une expression.

***

Post-scriptum:

J’ai déjà eu l’occasion d’écrire sur ce sujet et de faire ces propositions. Mais dans notre réflexion en vue de construire une Sixième République, il faudra toujours y revenir.

Évidemment, elles ne feront sans doute pas l’unanimité et j’accepte par principe et par avance les critiques…à la condition qu’elles soient argumentée et courtoises!

Réaction face à l’usage par le gouvernement du vote bloqué sur le projet de loi sur les retraites…

Comme on le sait presque tous désormais, le gouvernement a usé d’une de ses prérogatives constitutionnelles face à l’Assemblée Nationale: le « vote bloqué » et ceci amène bien des réactions.

Pour rappel, le vote bloqué est un procédé prévu par la Constitution de la Ve République, par lequel les députés doivent se prononcer en une seule fois sur tout le texte présenté par le gouvernement sans plus pouvoir l’amender.

Ceci est une de ces particularités du régime, un des procédés qualifiés de « rationalisation du parlementarisme » qui est destiné à tenir les parlementaires, surtout ceux de la majorité décidés à influer sur la vie du texte en débat, en laisse quand, ce qui est fort rare, ces derniers souhaitent user de leurs propres droits constitutionnels à contester une partie du texte, à le modifier par amendements, ou à en rejeter certains articles tout en en adoptant d’autres…

Cette procédure est conçue pour éviter qu’un projet de loi gouvernemental ne soit complètement refondé par le Parlement contre l’avis du gouvernement.

Si nous considérons que le gouvernement doit avoir le dernier mot sur le Parlement, alors cette procédure est justifiée. Et ceci est la logique imparable des institutions de la Ve République et c’est aussi le mode de pensée et d’action récurrent de tous nos gouvernements depuis 1958, même si certains ont fait davantage usage de ce droit que d’autres.

Mais nous autres, au Parti de Gauche, nous autres au Front de Gauche, nous sommes des partisans du parlementarisme et nous souhaitons, par conséquent, que le dernier mot soit donné au Parlement et non au gouvernement. C’est donc bien à la règle inverse de celle prévue par la constitution de la Ve République à laquelle nous sommes attachés. La VIe République établira d’ailleurs cette règle que nous jugeons indispensable pour que nous puissions prétendre être une véritable démocratie.

Le vote bloqué comme l’adoption sans vote moyennant le risque d’une motion de censure, sont deux des nombreuses prérogatives que la constitution de la Ve République a offertes au gouvernement contre le Parlement, pour le domestiquer, pour le tenir en laisse, pour lui mettre une muselière dans les cas, si rares, où il donne de la voix et menace, même de manière très suave, de ne pas voter comme un seul homme le texte que lui soumet le gouvernement.

Notre Assemblée Nationale, depuis 1958, est une chambre de godillots, quels que soient les partis qui la contrôlent ou qui contrôlent le gouvernement. C’est une question de mentalité. Nos député-e-s, le plus souvent hélas, sont suivistes. Ils sont de braves petits chiens dociles qui n’aboient presque jamais, qui ne se rebellent jamais, qui gênent peu et fort rarement le gouvernement. Les lois en France sont votées par le Parlement mais elles sont bien plus souvent fabriquées par le gouvernement et les cabinets ministériels ou la haute fonction publique que par le Parlement. D’une part, en raison de ce fait précité qui donne beaucoup plus de pouvoir au gouvernement qu’aux parlementaires dans l’élaboration des textes. Ensuite parce que les parlementaires sont multi-cartes et la plupart sont engagés dans des collectivités locales. Le mandat ne député ne leur sert pas à légiférer mais à donner un poids accru à leurs fonctions locales. Ce qui est un détournement de l’esprit du mandat voire un détournement de pouvoir au sens politique du terme.

Constitutionnellement tenus en laisse par le gouvernement d’une part, psychologiquement serviles d’autre part, la plupart de nos député-e-s, ne s’intéressent que de loin aux affaires qui se débattent et se votent à l’Assemblée. Et pourtant, quelques-un-e-s s’y intéressent et osent user de leurs droits et prérogatives. Mais aussi peu gênantes que puissent êtres ces vélléités parlementaires face au gouvernement, ce dernier estime toujours qu’elles sont excessives et inacceptables si bien que chaque gouvernement, sur les textes les plus importants, use et abuse des mécanismes de rationalisation du parlementarisme tels que le vote bloqué.

Au final, chacun l’a bien compris depuis longtemps, l’Assemblée Nationale n’est qu’une chambre d’enregistrement. Elle n’est pas une assemblée parlementaire si les mots ont un sens.

Le parlementarisme est, dans l’Histoire, le premier moteur de la démocratie. Quand nos représentants portent haut notre parole et défendent ardemment nos droits et nos intérêts face au gouvernement, et que ce dernier exécute – ce devrait être son rôle car c’est son rôle par essence – les volontés du peuple représenté à l’Assemblée, alors on peut prétendre être en démocratie même si la démocratie nécessite que soient réunies bien d’autres conditions complémentaires. Mais quand cet élément-là, cette caractéristique-là, est déjà absente, le régime n’est qu’une démocratie d’apparence.

La Ve République est une démocratie d’apparence. C’est la raison pour laquelle, au PARTI DE GAUCHE et au FRONT DE GAUCHE, nous ne cessons de porter, depuis des années, le message de l’indispensable refondation républicaine et démocratique de la France. Ceci passera par l’élection d’une assemblée constituante qui élaborera, conjointement avec le peuple français, sa nouvelle loi fondamentale, laquelle initiera le nouveau régime de la 6e République, celle qui fera « PLACE AU PEUPLE ».

Plus que jamais, il nous faut défendre l’idée et hurler le massage « La 6e République vite ! »

Interview de Jacques GÉNÉREUX à Rue 89: « la priorité, c’est de sauver l’Europe, pas l’euro » le 16/11/2013

Rue 89

LE GRAND ENTRETIEN

16/11/2013 à 12h05

Dans ces interviews au long cours avec des intellectuels, des artistes, des politiques ou des journalistes, Rue89 prend le temps de réfléchir à froid sur les évènements qui ont marqué l’actualité, les évolutions de la société, les crises…

Topic piloté par Pascal Riché

Jacques Généreux : la priorité, c’est de sauver l’Europe, pas l’euro

« Hollande va à la catastrophe », dit l’économiste du Parti de Gauche qui raconte à Rue89 ce qui se passerait « si Mélenchon était Président », et lui Premier ministre.

1/ « La gauche a tué l’Europe »

Rue89 : Certains parlent d’un « suicide » de la gauche européenne qui aurait, en acceptant un « carcan » européen, renoncé à politique de redistribution, de régulation, de relance…

Jacques Généreux : Ce n’est pas l’Europe qui a tué la gauche, mais l’inverse : la gauche a tué l’Europe. Elle n’a pas « accepté un carcan », elle l’a mis en place. En 1997, lors de la discussion du traité d’Amsterdam, treize pays sur quinze sont gouvernés par des social-démocrates ou des socialistes. Il existait alors un rapport de force politique qui aurait pu permettre de réorienter le projet européen vers plus de coopération, de solidarité…

La coopération, la solidarité, c’était justement l’argument principal des partisans de la monnaie unique en 1992 – dont j’étais. A l’époque, il s’agissait de mettre fin à la spéculation sur les taux de change. Et on pensait que la monnaie unique forcerait les pays membres à aller vers plus d’harmonisation fiscale et sociale et plus de solidarité budgétaire. Le pari des progressistes était que la gauche, lorsqu’elle disposerait d’un rapport de force favorable, pourrait engager l’Europe vers cette nouvelle étape.

Mais la réalité a été différente. Parce que dans le même temps, la nature de la gauche dans les grands partis socialistes et sociaux-démocrates s’est radicalement transformée. Le Labour en Grande-Bretagne est devenu libéral, le SPD [Parti social-démocrate d’Allemagne, ndlr] aussi, le PS en France s’est mué en parti centriste.

Dès lors, quand la gauche se retrouve au pouvoir en 1997, il ne se passe rien : elle accepte la logique de la concurrence fiscale et sociale, la logique de la compétitivité, seule à pouvoir, selon ces partis, créer de la croissance et permettre de résister à la mondialisation.

Ils valident la logique de Maastricht, le pacte de stabilité et le processus d’élargissement sans approfondissement préalable du fonctionnement européen – c’est-à-dire la création d’une grande zone de concurrence sauvage.

En faisant entrer des pays avec des salaires trois ou quatre fois inférieurs, on créait un espace de compétition très dur. C’est la gauche qui a fait cela, au nom de ce qu’elle appelait « l’impératif de compétitivité ».

Rue89 : Les difficultés économiques et sociales actuelles sont-elles la résultante directe de ce choix européen ?

Jacques Généreux : Oui, mais c’est un choix assumé par ce gouvernement. Quel est le grand sujet de réflexion qu’il a ouvert à son arrivée ? Le renforcement des services publics ? La lutte contre les inégalités ? Non, il a mis en place une grande commission sur la compétitivité des entreprises ! Tout est dit.

On a là un gouvernement qui considère que dans le contexte difficile où on est, la seule marge de manœuvre fondamentale est la restauration des marges de compétitivité. C’est une approche d’une stupidité crasse : si tout le monde est compétitif, on est bien avancés.

Rue89 : Ce n’est pas une stratégie coopérative, mais elle peut fonctionner si votre pays est l’un des seuls à la suivre…

Jacques Généreux : Il faut aussi être convaincu que vous allez prendre de vitesse les Brésiliens, les Indiens et les Chinois, ce qui n’est guère réaliste.

Rue89 : Cela a réussi à l’Allemagne...

Jacques Généreux : Oui, mais comment a-t-elle fait ? La France ne peut pas sous-traiter une partie de sa production en Europe centrale… L’Allemagne profite à la fois de sa technologie et de leurs bas coûts de production.

Croire qu’avec cette politique de compétitivité l’on va, en quelques mois, regagner des parts de marchés et que cela va permettre de créer des emplois est une illusion. Et si vous pensez que cela va mettre plus de temps, que faites-vous pendant ce temps-là ? Laissez-vous les boîtes fermer et les gens devenir chômeurs ? Vous enfoncez-vous dans la dépression ?

Rue89 : L’autre choix du gouvernement, c’est le « sérieux budgétaire »…

Jacques Généreux : La politique de François Hollande est conforme à ses choix européens : il était en 2005 favorable au traité constitutionnel européen et farouchement opposé à ceux qui pensaient alors qu’il était temps de réorienter l’Union européenne. Il avait promis pendant sa campagne d’ajouter un volet croissance au Pacte budgétaire européen, cette couche supplémentaire de discipline européenne décidée contre la souveraineté nationale. On sait bien ce qu’il est advenu : on a ajouté le mot « croissance », validé quelques éléments de relance qui étaient déjà dans les tuyaux. Et on a ratifié un traité qui interdit de mener une politique de croissance de long terme.

En effet, ce traité, en imposant l’équilibre structurel des finances publiques, interdit le recours à la dette pour investir. C’est à la fois une atteinte à la démocratie et une aberration économique. François Hollande pouvait refuser ce traité, mais il l’a fait ratifier.

A partir du moment où on se place dans ce cadre-là, eh bien, c’est foutu. François Hollande ne peut pas recourir au déficit budgétaire à court terme, comme l’ont fait les Chinois, les Américains et bien d’autres, pour soutenir l’activité dans un premier temps, en attendant de faire des réformes structurelles à plus long terme. Pas question pour lui non plus de désobéir aux règles économiques en faisant financer la dette publique par des banques publiques. Il ne peut ni régler le problème de la croissance et de l’emploi, ni régler le problème des finances publiques [voir schéma, ndlr] : il va à la catastrophe.

Economistes, FMI, OCDE, tout le monde le dit : si des pays formant un ensemble sont plongés dans un ralentissement économique et sont victimes d’un excès de dette publique, ils n’ont pas intérêt à utiliser tous l’assomoir de l’austérité, sauf à prendre le risque d’entrer dans un processus de dépression.

2/ Il faut changer les traités européens

Rue89 : Comment proposez-vous de changer la donne ?

Jacques Généreux : On ne peut pas changer la donne sans changer les traités européens. Le seul moyen de sortir de cette situation est de se débarrasser du fardeau de la dette excessive, mais sans sacrifier les dépenses publiques (car il faut aussi soutenir l’activité et l’emploi). L’équation a l’air compliquée, elle ne l’est pas.

D’abord, il faut dépenser plus, mais sans aggraver les déficits. Comment ? En trouvant des ressources inutilisées. Il en existe : on peut ainsi récupérer l’argent oisif accumulé dans des patrimoines et autres biens de luxe, qui sont alimentés par les niches fiscales. Selon l’Inspection générale des finances, sur les 150 milliards d’euros de niches fiscales, 70 milliards n’ont pas d’effet réel positif sur l’économie…

Pour les récupérer, il suffit de restaurer la norme fiscale. Plus globalement, au lieu de créer des impôts ici et là, d’une semaine à l’autre, il aurait fallu faire une grande réforme fiscale, claire, débattue. Si l’on appliquait déjà simplement le barême de l’impôt sur les revenus du début des années 90, cela rapporterait 17 milliards d’euros…

La lutte contre la fraude fiscale est également un gisement possible. Il suffit de s’en donner les moyens : les Italiens ont récupéré 10 milliards en traquant les fraudeurs. En France, l’exploitation d’une seule liste, celle des clients de HSBC, a permis de récupérer 1,5 milliard. Des dizaines de milliards d’euros peuvent être récupérés en créant un service fiscal sérieux.

Rue89 : Il est très possible de faire tout cela dans le cadre de la zone euro.

Jacques Généreux : Ce cadre rend impossible une politique de relance, qui commence toujours par grever les déficits publics. Les Américains nous en donnent l’exemple régulièrement. On se fiche, quand il s’agit de sortir un pays de l’ornière, que le déficit monte à 6 ou à 7% du PIB. La seule question valable est de savoir de quel déficit il s’agit : si c’est un déficit qui est là parce qu’on se porte mal depuis des années, qu’on fait trop de cadeaux fiscaux aux plus hauts revenus, qu’on mène une politique d’austérité contreproductive, il n’est pas souhaitable.

Mais un déficit que vous créez pour investir et générer de la croissance future, n’est pas un mauvais déficit. Croyez-vous que la génération suivante vous reprochera de vous être endetté à court terme pour rendre l’habitat écologique, doter le pays d’énergies renouvelables ? Elle trouvera qu’on a été intelligent.

Rue89 : Le problème, c’est que la classe politique ne croit plus au raisonnement keynésien selon lequel une relance budgétaire crée les conditions de son propre financement… Cela fait vingt ans qu’on creuse des déficits sans résultat.

Jacques Généreux : Non, cela fait vingt ans qu’on a abandonné ! On baisse les impôts pour ceux qui sont censés créer les richesses, au nom d’une politique de l’offre : les soi-disant investisseurs. Le résultat, c’est que la part des dividendes augmente, mais l’investissement productif lui, stagne.

La classe politique n’y « croit » plus, dites-vous, et c’est vrai : elle est dans le registre de la « croyance », pas de l’analyse. Ce sont des incompétents, qui écoutent l’air du temps, la doctrine dominante : le néolibéralisme, l’économie de l’offre, etc.

Les Américains sont de vrais libéraux, mais lorsque l’intérêt supérieur de la nation est en jeu, ils n’hésitent pas à mobiliser la puissance de l’Etat pour défendre l’économie et soutenir l’emploi. Cela fait partie du contrat social de ce pays : les gens acceptent d’être soumis à la dureté du marché parce que l’Etat fait en sorte que l’économie fonctionne. Quand elle ne marche pas, il intervient massivement pour qu’il y ait du boulot pour les Américains.

En Europe, nos élites n’ont compris que la moitié de la formule : ils ont adopté la culture néolibérale anglosaxonne, mais ils ont oublié l’autre volet, la nécessité d’avoir un pays qui soutient ses intérêts.

Rue89 : La différence, c’est que l’Union européenne n’est pas un pays…

Jacques Généreux : Eh bien voilà ! En Europe, on a détruit les capacités d’action des pays. Pour être bien sûrs que la loi du marché fonctionne, et que les Etats n’aient plus les moyens de contrecarrer la logique de ce marché ! Les vrais néolibéraux ne sont pas américains, ils sont européens.

3/ La monnaie contre la dette

Jacques Généreux : L’autre piste, totalement fermée, c’est la piste monétaire. Les Américains l’ont utilisée en achetant immédiatement, en créant de la monnaie, de la dette publique. On a vu le temps qu’il a fallu pour qu’on bouge, en Europe, sur ce plan-là.

Rue89 : A la décharge de la Banque centrale européenne (BCE), les Américains étaient entrés en crise avant nous…

Jacques Généreux : Ils étaient en crise en 2008, nous en 2009. Mais on n’a pas utilisé l’instrument monétaire, cela nous était interdit. Qu’a-t-on fait ? Après des petits plans de relance, on est passés à la rigueur dans toute l’Europe en clamant tout d’un coup que le principal danger, c’était la dette publique.

On aurait pu acheter une partie de la dette grecque et des pays surendettés, qu’on aurait mise à la poubelle. On en aurait annulé une autre partie, et on jugulait ainsi immédiatement cette crise. On aurait alors été dans un cadre sain pour réfléchir à la suite.

Rue89 : Le niveau des dettes dans les pays du Sud ou en France est-il devenu incontrôlable ?

Jacques Généreux : En France, ce n’est pas le cas. Un grand psychodrame qui a été monté en sauce par le gouvernement précédent autour de la dette publique française. Il s’agissait de mettre dans la tête des Français qu’on vivait au-dessus de nos moyens et qu’il faudrait réduire les dépenses publiques. On a instrumentalisé la crise pour faire croire que la dette de l’Etat était une catastrophe. Mais l’histoire nous apprend que, pour ce qui est des dettes publiques, ce n’est jamais une catastrophe pour une raison simple : quand on ne peut plus les payer, on ne les paye pas. On finit toujours par s’en sortir en arrêtant d’en payer une partie et en en transformant une autre partie en monnaie-papier.

Rue89 : Ce qui crée du même coup de l’inflation…

Jacques Généreux : On serait bien content qu’il y ait de l’inflation en Europe : même la Banque centrale s’inquiète du fait qu’il n’y en ait plus. Elle craint plutôt la déflation. Elle n’exclut pas d’avoir des taux d’intérêts négatifs : elle donnerait alors de l’argent aux banques pour qu’elles empruntent auprès d’elle ! C’est dire la trouille qui l’a prise face au processus de dépression potentielle. Un processus a été causé à la fois par son refus initial de financer de la dette publique et par les politiques d’austérité suivies par les pays européens.

Rue89 : Dans les pays du Sud, comment régler le problème de la dette ?

Jacques Généreux : Des Etats comme la Grèce, le Portugal, l’Italie ne sont pas sortis d’affaire, l’austérité les ayant maintenus dans le marasme économique. Si on ne les autorise pas à « monétiser » leur dette [la financer par création monétaire, ndlr], la seule issue qu’ils auront, lors de la prochaine vague de spéculation, ce sera de le faire de manière unilatérale, ce qui, selon les traités actuels, les obligeraient à sortir du Système européen de banques centrales. Le système éclaterait alors sous la pression.

 4/ Ne pas faire de l’euro un bouc émissaire

Rue89 : Ne faut-il pas, en France, remettre en cause ouvertement ce système de l’euro, que vous considérez comme une source de blocage ?

Jacques Généreux : La crise actuelle ne vient pas de l’euro. Elle a deux détonateurs :

  • la dérèglementation de la finance, qui a conduit à une débauche de spéculation et produits toxiques ;
  • un mauvais partage des richesses depuis plus 30 ans : on n’a cessé de comprimer la rémunération du travail, au profit des hautes rémunérations et revenus financiers (qui nourrissent eux-même la spéculation). Comme nos systèmes reposent sur la consommation de masse, on s’en est sortis par l’endettement : surendettement des ménages aux Etats-Unis, très fort endettement public dans d’autres pays.

Si vous ne remettez pas la finance au service de l’économie réelle, si vous ne ramenez pas le taux de rémunération du capital au strict nécessaire pour le fonctionnement des entreprises et que vous continuez d’accepter que les détenteurs du capital prélèvent 12 à 15% de la valeur créée, vous n’avez rien réglé. Que vous ayiez comme monnaie l’euro, la livre sterling, ou des coquillages phéniciens ne change rien à l’affaire : les Anglais, qui n’ont pas l’euro, ont été frappés par la même crise que nous.

De même, les politiques d’austérité ne sont pas imposées par l’euro. Si collectivement les gouvernements européens avaient décidé, au nom des circonstances exceptionnelles (et du bon sens économique) de mettre entre parenthèses nos normes budgétaires, on ne serait pas dans cette situation. Il ne faut pas faire de l’euro un bouc émissaire.

5/ « Si tout le monde dévalue, le gain est où ? »

Rue89 : L’euro, par définition, prive les pays en difficulté d’un outil, la dévaluation…

Jacques Généreux : Oui. Les pays en proie d’une crise de la dette s’en sont souvent tirés par la dévaluation, qui permet de booster les économies ouvertes aux échanges. Si vous retournez aux monnaies nationales, vous retrouvez cette marge de manœuvre.

Rue89 : Une sortie de l’euro et de ses règles ne permettrait-elle pas à un pays de retrouver aussi des marges de manœuvre budgétaires et de gestion de la dette ?

Jacques Généreux : Pour un petit pays, qui n’a pas le poids politique et économique de la France et qui est acculé à une situation de crise, la réponse est probablement oui. Si on ne trouve pas de solution collective pour des pays comme la Grèce, c’est ce qui va finir par arriver, sous la pression populaire. Cela n’est pas ma voie préférée, mais c’est celle vers laquelle on risque fort de s’engager.

On risque alors d’assister à des sorties en cascade : Grèce, puis Portugal, Espagne, Italie, et même France : celle-ci ne pourra pas faire face à la fois à la compétitivité allemande et à la compétitivité retrouvée – par la dévaluation – des pays du Sud. Ce serait alors l’éclatement dans le désordre de la zone euro. Et si tout le monde dévalue, le gain est où ? On entre alors dans une logique de guerre économique.

Rue89 : Est-ce qu’il faut sauver l’euro ?

Jacques Généreux : La question doit être posée sereinement. On peut se dire, après tout : pourquoi s’enquiquiner avec un truc qui fonctionne mal, qui crée des contraintes ? Si sa suppression nous donne des marges de manœuvre supplémentaires, pourquoi s’en priver ?

Je ne fais donc pas partie de ceux qui veulent absolument garder l’euro. Mais il faut bien évaluer les avantages et les inconvénients d’un tel choix.

L’euro a quelques avantages résiduels. Sur le long terme, l’euro est un facteur de rapprochement et d’unité politique qui certes est symbolique, mais les relations fondamentales entre les êtres humains sont symboliques avant d’être matérielles. C’est un des éléments, parmi d’autres, qui font qu’il ne peut plus y avoir de guerre en Europe.

Par ailleurs, si on évite par la réglementation les débordements financiers dont nous avons parlé, l’euro peut être un des éléments de maîtrise du marché. Multiplier les taux de change, c’est multiplier les occasions de spéculation.

Ce qui faudrait donc, idéalement, c’est compléter l’euro, en apportant à cette zone monétaire ce qui lui manque pour devenir une zone de progrès. Nous avons besoin d’une vraie négociation sur l’arrêt de la compétition sociale et fiscale dans cette zone. La monnaie unique ne doit servir à mener, comme l’a fait l’Allemagne, des politiques commerciales agressives tout en étant protégé par l’absence de possibilité de dévaluation de ses voisins. Face à de telles politique agressives, le seul moyen de résister est de faire baisser les salaires, de renoncer à respecter de normes écologiques, etc.

6/ Sortir de la crise, mode d’emploi

Rue89 : Dans le contexte européen actuel, comment espérez-vous pouvoir compléter l’euro par des normes fiscales, sociales et écologiques ?

Jacques Généreux : Un pays comme la France peut y contribuer. Parce qu’elle est un des pays fondateur de l’Union européenne et parce qu’elle est la deuxième puissance économique d’Europe, elle peut tenter un coup de force. Un nouveau gouvernement – dirigé par exemple par Jean-Luc Mélenchon – proposerait un deal à ses partenaires européens : nous ne pouvons plus mener en Europe ces politiques qui mènent à la catastrophe sociale et financière ; nous ne pouvons pas agir parce que des traités nous empêchent toute atteinte à la liberté de mouvements de capitaux ; nous ne pouvons pas sortir de la crise sans changer le statut de la Banque centrale européenne et sans pouvoir utiliser la création monétaire dans des règles à définir ensemble ; la zone euro ne sera durable que si l’on s’entend sur des règles empêchant le dumping social et fiscal.

Ou bien vous acceptez immédiatement d’ouvrir ce chantier, ou bien nous prendrons, en désobéissance aux traités, des mesures unilatérales de contrôle des mouvements de capitaux et d’intervention monétaire. Nous réquisitionnons la Banque de France et nous lui donnons, moyennant changement de la Constitution et de la loi française, la possibilité de créer des euros.

Rue89 : C’est une façon de sortir de l’euro…

Jacques Généreux : Non, justement : nous affirmons que nous restons dans l’euro. Notre message n’est pas de faire voler l’euro en éclat. Nous pouvons être éjectés, bien sûr, mais ce n’est pas nous qui prenons l’initiative d’un départ. Ce qu’on revendique, c’est une exception permettant à la Banque de France de participer au financement des déficits publics.

Rue89 : Vous savez que cela déclencherait une crise majeure, ce qui revient au même que de claquer la porte.

Jacques Généreux : Le but est bien de créer un choc majeur. Il peut conduire à une crise si en face, vous rencontrez un blocage. Mais qu’est-ce qui se passe, dans ce cas de figure ?

Techniquement, ce sont les banques centrales nationales qui font fonctionner le système monétaire : ce n’est pas la Banque à Francfort qui définit la politique et contrôle. La Banque de France peut donc créer des euros.

Si, sur ordre du législateur national, elle sort du cadre des directives fixées par la BCE, cette dernière peut l’exclure du système d’échange entre banques centrales. La Banque de France ne pouvant plus échanger de liquidités avec les autres banques centrales européennes, la France serait alors exclue, de fait, de l’euro. Et si la France continue à créer des euros, ils deviennent des « eurofrancs » distincts de l’euro. Un marché euro-eurofrancs serait créé…

Rue89 : On imagine mal la BCE prendre seule la décision d’exclure la France…

Jacques Généreux : Effectivement, on voit mal Mario Draghi [président de la BCE, ndlr] prendre seul la décision de foutre en l’air l’union monétaire. Car si la France est poussée dehors et s’affranchit des contraintes, les autres pays, Italie, Espagne, Portugal ne resteraient pas une seconde dans une zone où ils sont déjà contraints de partout…

Mais cette approche du coup de force préserve le message pro-européen : l’idée n’est pas de détruire l’Europe ou de prôner un repli national – ça c’est l’approche nationaliste du FN. On reconnaîtrait les acquis de la construction européenne, on en déplorerait les travers accumulés depuis vingt ans. Mais on proposerait de sauver ce projet européen et de le réorienter à l’occasion de ce moment de crise.

Rue89 : Cela ne revient-il pas au même ? Je désobéis aux règles, en sachant que cela fera tout exploser…

Jacques Généreux : Non, le but c’est de rester dans l’euro et de négocier. Et si cela finit par éclater quand même, la France, en gardant un discours pro-européen, reste un pilier de reconstruction d’autre chose.

Rue89 : Autre chose ?

Jacques Généreux : Par exemple, un système de coopération monétaire entre les pays qui le veulent, avec des monnaies nationales et, pour les échanges avec les pays hors de cette zone, une monnaie commune… Elle pourrait s’appeler la zone « eurosol », comme « euro solidaire », pour marquer la volonté de donner la priorité non pas à la compétition, mais à la coopération…

Rue89 : Sans l’Allemagne ?

Jacques Généreux : On peut imaginer que dans, un premier temps, le reste de l’ancienne zone euro continue à exister.

Rue89 : Un euro entre l’Allemagne et les Pays-Bas, cela n’a pas grand sens…

Jacques Généreux : Je ne vois pas trop quel serait l’intérêt de l’Allemagne, en effet.

Rue89 : C’est de la politique fiction.

Jacques Généreux : Si c’était Jean-Luc Mélenchon le président de la République et Jacques Généreux le Premier ministre, cela n’en serait pas : c’est ce qui se passerait.

Dans le pire des cas, la France serait exclue par les autres : où est le drame ? Tant pis pour l’Allemagne. Notre eurofranc est dévalué, les entreprises françaises exportatrices se frottent les mains et on reconstruit quelque chose avec d’autres pays. Dans le meilleur des cas, l’Allemagne et les autres pays n’oseraient pas exclure la France et, craignant la contagion, ouvriraient le chantier de la refondation du projet européen sur de nouvelles bases.

7/ Une autre politique au risque de sortir de l’euro

Rue89 : Il y a un petit côté « saut sans parachute » dans votre scénario. Le risque étant une crise majeure qui enfonce encore plus l’ensemble des économies dans la dépression… Si les marchés anticipaient un retour de l’inflation, les taux d’intérêts s’envoleraient.

Jacques Généreux : On verra bien : ma conviction, c’est qu’il n’y aura pas d’inflation car on est plutôt en situation de déflation. Je pense que la réaction des marchés sera plutôt positive. Voir des pays se débarrasser à la fois de leur crise d’endettement et de l’austérité sera une excellente nouvelle. Les marchés sauront que la France n’aura plus aucun problème pour financer ses biens publics et pour rembourser ses créanciers en monnaie sonnante et trébuchante, puisque la banque centrale aura le pouvoir de financer ces remboursements en dernier ressort.

Le problème, c’est que ce scénario ne va pas arriver.

Il est sérieux et crédible, mais il n’y a pas de majorité pour le porter. Pendant que cela ne se produit pas, ce sont les mouvements néoconservateurs, nationalistes (comme le FN en France) voire néonazis (comme Aube dorée en Grèce), qui récupèrent le mécontentement en Europe et prônent le repli.

L’autre gauche existe en Europe – Syriza en Grèce, Die Linke en Allemagne, le Front de Gauche en France, etc. – mais elle ne progresse pas. Cette gauche progressiste n’a pas été en mesure d’assumer pleinement une position suffisamment claire par rapport à l’euro.

Avant la crise, on pouvait dire aux électeurs : « Nous sommes des proeuropéens, nous voulons refonder l’Europe, créer un rapport de force »… C’était audible. Mais plus maintenant. Pendant quatre années, les Européens ont eu le spectacle d’une Europe du chacun pour soi, une Europe qui a attendu trois ans avant d’admettre qu’il fallait annuler une partie de la dette grecque, avec une Allemagne égoïste, qui fait du dumping social et fiscal et freine des quatre fers dès qu’il s’agit de solidarité avec les pays qui ont « fauté ».

Les Européens ont subi directement, pour certains d’entre eux, des politiques d’austérité imposées. Cette violence est directement imputée à l’Europe et dans le même temps, rien n’a été fait contre la spéculation financière, sinon des colloques. La plupart des produits toxiques qui ont servi à la spéculation lors de la crise grecque sont toujours en service. L’UE n’a engagé aucune action contre les principaux fauteurs de la crise : son urgence a été de baisser les salaires et les pensions…

Aujourd’hui, il est donc compliqué de se présenter comme proeuropéen : les gens vous rigolent au nez et vous disent : « Soit vous voulez sortir de ce truc, ce système épouvantable, et on vous écoute, y compris vos idées de refondation ; sinon, on ne vous écoute pas : le violon de l’Europe, on le connaît, on l’a entendu depuis vingt ans. »

Les nationalistes, comme le FN en France, ont un discours beaucoup plus simple et compréhensible : « Cette Europe est inutile et vous fait souffrir, retrouvons notre souveraineté nationale. Il y a un problème, supprimons-le. »

Rue89 : N’est-il pas possible à cette gauche de retrouver un discours simple ?

Jacques Généreux : C’est la difficulté. Il faut assumer clairement le fait qu’au bout de notre scénario du coup de force politique, si les autres pays le refusent, il y aura une sortie de l’euro. On sera dehors. Ce n’est pas jusque-là le programme du Front de Gauche, car le Parti communiste n’était pas prêt à aller jusque-là dans la désobéissance aux règles européennes.

C’est pourtant la condition de la crédibilité de ce propos. Il faut sortir de l’ambiguïté : la priorité, ce doit être la mise en place d’une autre politique. Il vaut mieux sortir de l’euro pour mener une autre politique que renoncer à une autre politique pour sauver l’euro. Car au final, nous ne voulons pas sauver l’euro, mais l’Europe.