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À Jean-Luc Mélenchon – Le 23/09 à 21h05 – À propos des menaces de guerre en Corée du Nord

Quand Vladimir Poutine et Xi Jinping vont faire prendre l’air, eux aussi, à leurs bombardiers et à leurs chasseurs de défense aérienne, pour rappeler gentiment à l’Empire que celui-ci ne fera pas régner sa loi dans leur jardin – car ils ne peuvent rester sans réagir face à de telles provocations – on va rigoler… Peut-être pour la dernière fois…

Je parle des démonstrations de force militaire impériales au ras des moustaches de la Corée du Nord, et donc de la Chine et de la Russie…

Il ne faut pas que notre objectif interne de faire tomber Macron occulte la vie internationale qui ne cesse de s’assombrir. Nous, Insoumis-e-s, devons intervenir aussi sur ce sujet : la paix mondiale, si menacée une nouvelle fois par les fous qui dirigent les États-Unis et dont Trump n’est que le dernier prête-nom…

Jean-Luc Melenchon, toi qui a si souvent appelé à la paix dans des prises de parole et des discours extrêmement bien charpentés, il faudrait que tu le refasses encore ces temps-ci. Les périls grandissent. Si la Syrie semble une affaire classée désormais, un autre foyer s’est ouvert. Et l’Empire qui s’est fait démonter en Syrie a sans doute encore plus la volonté d’entamer une nouvelle guerre ailleurs. Mais en narguant aussi effrontément les deux autres grandes puissances stratégiques mondiales, il pourrait cette fois mettre le feu aux poudres.
Trump n’est pas le Kennedy qui a résisté à son état-major en octobre 1962 lors de la crise des missiles de Cuba. Alors, certes, Poutine ne veut pas plus la guerre que Xi Jinping et on peut compter sur eux deux pour agir en coulisse dans le sens de l’apaisement, mais avec les dingues de Washington en train de jouer les pousse-au-crime, on a de quoi frémir. Il est pour le moins imprudent aujourd’hui de rejouer la crise d’octobre 1962…

Il nous faut des paroles fortes. Le ministre russe des Affaires étrangères Dimitri Lavroff en a donné à l’ONU il y a quelques jours. Ce type-là me semble intelligent, rationnel, sincèrement adepte de paix, comme doit l’être un véritable ministre des Affaires étrangères et un diplomate. Mais aux États-Unis, même les secrétaires d’État et les « diplomates » sont, presque de tout temps, des faucons appelant non pas à la paix mais à la fermeté, ce qui cache mal leur volonté d’en découdre par la guerre !

Jean-Luc, parle-nous encore de paix comme tu sais si bien le faire !

Merci.

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Quelques propos de Jean-Luc Mélenchon à « On n’est pas couchés » du 20 février 2016

Propos retranscrits par Vincent Christophe Le Roux

Jean-Luc Mélenchon : Tout ça, c’est un nid de serpents. On n’est pas de braves camarades qui nous tapons dans le dos. C’est pas vrai !

Cette histoire a commencé sans crier gare par le fait que « mes alliés », après qu’on se soit traînés et effondrés dans le ridicule pendant trois élections, avec nos stratégies à la noix auxquelles personne ne comprenait rien pour savoir avec qui on était alliés, vous vous souvenez de cet épisode, on ne savait même plus comment on s’appelait… On se vautre trois fois de suite et arrive à la présidentielle, par quoi on commence ? La carabistouille ! » [La primaire avec Hollande et Cohn-Bendit]

Jean-Luc Mélenchon : Faut que je me taise sur l’Europe, faut que je me taise sur la planification écologique, faut que je me taise sur la 5e République, bref, si je voulais bien cesser d’être Mélenchon, je serais un Mélenchon acceptable. Eh ben non !

Léa Salamé accuse Jean-Luc Mélenchon d’être « égoïste » pour « ne pas avoir fait monter de successeur. Y’a pas de successeur à Mélenchon affirme-t-elle !

Jean-Luc Mélenchon :  Vous avez tort ! Des successeurs, y’en a ! Mais vous m’obligez à dire quelque chose qui relève de l’intime. Autour de moi, il y a une équipe nombreuse (…) et il y avait, parmi eux, un être spécialement brillant (JLM s’étrangle) qui était mon complice dans l’action politique pendant dix ans. Il était plus jeune que moi et il est mort l’année dernière. Cet homme-là, à mes yeux, représentait la suite. C’était une espèce d’incarnation. Il y a toujours une difficulté à citer un nom parce que ça peut être blessant pour les autres camarades. Voilà, c’était ça mon idée Madame Salamé. J’ai eu cette illusion mégalomaniaque de croire qu’on peut tout maîtriser, y compris le temps ! Et je m’apprêtais à consacrer mon énergie, à écrire et à penser, sur un thème qui est celui de la révolution citoyenne, la rénovation du matérialise historique, c’est ça qui me passionnait. Et il a fallu tout d’un coup regarder autour de soi et… Ça va vous paraître prétentieux ce que je vais vous dire mais alors je me suis dit : Mais QUI va continuer ça ? Qui ne soit pas un combinard… Qui ne soit pas quelqu’un qui va tenter de s’arranger… Qui, à la fin, termine comme tous ces misérables, à se traîner pour un siège, à vendre père et mère pour ça !

Jean-Luc Mélenchon : J’ai toujours tout pris en ouvrant les portes à coup de pied !

Léa Salamé : Pourquoi il n’y en a pas un [parmi vos proches] que vous présentez à la présidentielle ? [au lieu d’y aller vous-même]

Jean-Luc Mélenchon : Parce qu’aucun ne s’est senti en état de le faire !

Je vous l’avais déjà dit dans je ne sais plus quelle émission et je vous le redis ce soir : je ne serai jamais un obstacle ! Moi ma personne ! Mais à une condition : il faut tenir bon ! Et tenir bon sur les choses sur lesquelles on s’est engagés ! »

Nos intérêts [à nous les Français] c’est que la guerre [en Syrie] s’arrête. Vite ! Vite ! Vite !

Léa Salamé : « Pourquoi vous dîtes pas qu’il faut laisser Poutine régler le problème [de DAECH], on se retire et on donne la Syrie à Poutine ? »

Jean-Luc Mélenchon : Mais non ! Non ! Non ! Il ne peut pas être question de laisser Poutine régler le problème ! Parce que je ne suis pas non plus d’accord pour que Poutine règle [seul] le problème ! Je suis pour que l’ONU règle le problème ! (…) Je ne soutiens qu’une seule chose : le retour rapide à la paix.

Sur la monnaie :

Jean-Luc Mélenchon : L’euro est une monnaie unique, la monnaie qu’ont proposé les Chinois – mais pas qu’eux d’ailleurs car il y a aussi bien des économistes français – serait une monnaie commune de référence. Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui, la monnaie commune de référence, c’est le dollar. Et les États-Unis d’Amérique impriment des dollars tant qu’ils veulent et personne n’a rien à dire. Et ils ont inondé la planète d’une masse de papelards qui crée des bulles financières qui explosent à intervalles réguliers sur des incidents comme les subprimes. Demain, ça peut être sur la dette étudiante ou je ne sais quoi. Donc les Chinois disent : vous êtes bien gentils mais on a déjà rempli nos coffres avec des titres de dette américains, on a des dollars partout, on voudrait quand même, pas tous les jours, que ça nous explose sous les fesses. Donc ils proposent une monnaie commune* et à nous, les Français, c’est notre intérêt que ce ne soit plus le dollar la monnaie de réserve !

Alors là, vous m’avez dit : Les Américains ne sont pas d’accord. Eh bien justement, c’est un problème qu’on ne puisse faire dans ce monde que ce avec quoi les Américains sont d’accord ! Surtout qu’ils s’attribuent le privilège de battre monnaie pour la terre entière et de ficher la pagaille partout ! Et de défendre leur position qui est intenable économiquement par le fait que c’est la première puissance militaire du monde.

Si vous voulez que cet ordre absurde du monde cesse, il faut y aller doucement. Il y a une méthode qui est violente : vous faîtes sauter le système de l’intérieur ! Nous avons tous les moyens de faire sauter le système. Vous savez ? Il y a cinq banques systémiques en France. Ça veut dire que si une saute, c’est tout le système qui saute ! On a les moyens de faire sauter le système, ça c’est la méthode brutale.

Vous avez la méthode sauvage : la bulle éclate et tout le monde court partout comme des poulets effarouchés pour essayer de rattraper le truc !

Et puis, vous avez la méthode civilisée : on y va mollo, on crée une monnaie commune, on change chaque monnaie dans la valeur de la monnaie commune et petit à petit on a un étalon commun raisonnable. Moi, je préfère les solutions raisonnables à la destruction généralisée. Je n’aime pas le chaos ! Je crois que je ne suis pas le seul sur terre à pas aimer le chaos !

* une nouvelle monnaie commune mondiale qui servirait de référence en lieu et place du dollar qui ne vaut rien en-dehors de la fiction monétaire