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On y croit ! Par Bob Solo le 16/06/2016

Note de Vincent Le Roux : Je suis heureux de relayer sur ce blog un billet de mon camarade Bob Solo qui l’a publié ce jeudi 16 juin sur sa page Facebook. Je reproduis aussi le montage de ces 4 photos qu’il a choisi d’utiliser pour illustrer son billet.
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photo illustrant le billet de Bob Solo du 16-06-2016
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Apparemment, gouverner par la peur ne suffit pas. Pourtant “ils” y mettent les moyens. Quitte à tout essayer, vite, quitte à laisser voir une sorte de panique, quitte à tout piétiner, y compris leurs propres lois. Mais ça ne suffit pas.
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Peur du flic et du juge, de la matraque et de la bombe, de la blessure, de l’arrestation, de la garde à vue et même de la prison, pour forcer le manifestant à se démobiliser, à renoncer et à rester chez lui ; peur de la précarité, du déclassement et du chômage pour forcer le salarié à se taire, à se soumettre et accepter n’importe quoi. Même relayé par une presse complice, partisane jusqu’au grotesque, ça ne marche pas. Alors il leur faut encore monter d’un cran.
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Il leur faut tuer l’espoir.
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Parce que oui, il y a un espoir. Il y a la colère, le ras-le-bol, la souffrance des uns et des autres, la rage, l’écœurement, le sentiment d’injustice, oui, il y a tout ça. Mais aussi l’espoir, c’est indéniable. On ne saurait dire où il est né, ni quand ni comment, mais c’est un vent qui souffle désormais de plus en plus fort. Et c’est une dynamique exponentielle : plus il y a de gens qui reprennent espoir, plus celui-ci se renforce. Et plus il se renforce, plus à son tour il entraîne de gens. C’est quasiment “mécanique”, comme l’eau du bassin coule vers le robinet ouvert. L’espoir et le nombre, à coup sûr une combinaison gagnante.
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Parce que malgré la peur, la fatigue, le découragement, l’impression d’impuissance, dès qu’on sent une issue possible, un horizon, une porte de sortie, un moyen, une éventualité, une victoire à portée de main, l’énergie et le courage reviennent. On relève la tête. Et on voit qu’on est pas seul à le faire. Ce n’est pas l’envie qui manquait, c’était de sentir à nouveau qu’il était possible de faire quelque chose qui puisse aboutir. C’était de pouvoir y croire. Il semble bien que c’est ce qui se passe. Et c’est une excellente nouvelle à une époque où tant d’entre nous ne croient plus à rien.
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On a pu traduire ça autrement : inverser le rapport de forces, un jargon politique et syndical qui peut être vite compris par certains mais pas d’autres, ou faire que la peur change de camp, ce qui est parlant mais pas toujours très concret dans l’esprit de tout le monde. Dans les deux cas, ça renvoie à une action, quelque chose que se décide puis se met en œuvre.
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Il n’en est pas de même avec l’espoir. On ne choisit pas d’espérer. Ce n’est pas une démarche volontaire, si on veut bien mettre de côté l’injonction à la mode et au fond d’inspiration libérale à “positiver”. Non, il s’agit vraiment d’un espoir, qui naît en vous, qui prend corps peu à peu ou qui d’un coup vous habite. Vous avez vu, senti, compris quelque chose ou plusieurs choses qui mises bout à bout font qu’à nouveau vous vous dites : « moi, j’y crois, je pense qu’on peut y arriver. » Et cette pensée vous met en mouvement. Et c’est un mouvement plus sain, plus fort et plus porteur de se battre pour obtenir ce qui vous fait espérer que pour éviter ce qui vous fait peur.
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Frédéric Lordon avait dit quelque chose dans cet ordre d’idées au tout début du mouvement Nuit Debout, en parlant de « recoloniser un imaginaire collectif ». De la convergence des luttes (des gens de milieu social et professionnel différent se rencontrant et s’organisant ensemble), à la solidarité concrète (soutiens des uns aux autres, caisses de grève), une image en effet prend forme qui montre que ça peut marcher. Que ça marche. Ce sera toujours un élément décisif. Si certains parmi les plus téméraires, ou les plus menacés, peuvent se lancer dans la bagarre même sans garantie de réussite, d’autres, sans doute bien plus nombreux, se décideront d’autant plus si des résultats sont déjà visibles. Non par manque de courage mais parce que les risques pour tout un chacun sont réels et se doivent d’être sérieusement pesés. A ce moment précis du choix, l’espoir dans l’autre plateau de la balance peut la faire pencher.
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L’espoir et le nombre. Aussi, il n’est pas étonnant que la stratégie à l’œuvre soit autant de marteler que le mouvement “s’essouffle” que de minimiser les chiffres jusqu’au ridicule. Mais le mur du mensonge devra s’élever bien haut pour contenir la vague qui s’est levée.
On pourrait paraphraser une citation connue en disant : « Ils ont senti que c’était possible alors ils l’ont fait. »

Agir sur les deux tableaux : soutenir Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017 et agir puissamment dans la rue pour mener la lutte sociale !

Citation de Gramsci

Ami-e-s, camarades, combattant-e-s, ce dimanche matin, j’ai envie de vous dire deux ou trois choses…

1/ Une action politique efficace est possible en-dehors des partis politiques…

Je suis un ex du PG : j’en ai démissionné en mai 2015 après plus de 5 ans de militantisme en son sein. Je m’en suis expliqué dans ce billet. Aujourd’hui, je ne suis plus dans aucun parti et ne compte pas en rejoindre un nouveau. Par contre, j’ai rejoint une association politique locale dans mon département de Loire-Atlantique, qui se dénomme «Place au peuple-FdG44» . Elle a une page communautaire sur Facebook, à consulter ici et un blog en création qui lui est consultable .

En son sein, on trouve des gens ayant diverses affinités avec la Gauche philosophique mais des gens plutôt engagés activement dans le monde de l’action politique à gauche (partis et associations). TOUTEFOIS, aucun parti n’est directement impliqué car c’est une association CITOYENNE qui vise à rassembler le peuple de Loire-Atlantique dans un esprit très différent de celui des partis.

En son sein, il n’y a pas de chef, juste des représentants provisoires élus au sein du Bureau.

En son sein, il n’y a pas non plus de «ligne» officielle  dont le prétendu irrespect par tel ou telle de ses membres impliquerait immédiatement l’exclusion par les hautes sphères du mouvement. Il y a seulement des statuts que chacun accepte en adhérant (mais qui pourront être modifiés ultérieurement si les membres le décidaient). Ces statuts collent globalement aux principes du projet «L’Humain d’abord» porté par Jean-Luc Mélenchon à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012. Nous ignorons pour l’instant quel sera le positionnement de notre association vis-à-vis de la campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de l’an prochain, ni même si cette association se positionnera d’une quelconque façon sur le sujet. La question sera sans doute posée et le débat aura sans doute lieu dans un avenir proche. Mais cette association a le mérite d’exister et de constituer u vivier de gens, une force collective que devait être le Front de Gauche mais qui ne l’a jamais vraiment été pour les raisons que l’on sait et sur lesquelles je ne reviendrai pas.

2/ Soutenir Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017 et mener, simultanément, une action de lutte sociale

Que l’on soit membre d’un parti ou que nous ne le soyons pas (ou plus)…

Que l’on soit sorti du PG , comme moi et comme des centaines, voire des milliers d’autres militant-e-s, ou qu’on y soit encore, comme quelques milliers de militant-e-s tenaces dont quelques camarades locaux…

Que l’on soit sorti du PCF comme certain-e-s membres de l’association précitée ou qu’on y soit encore, comme d’autres membres de l’association…

Que l’on soit membre d’Ensemble ou que l’on n’y soit pas (ou plus)…

Que l’on soit engagé – ou pas encore – dans une ou plusieurs autres associations de lutte politique, sociale, syndicale…

On a tous et toutes, chevillée au corps, la conviction qu’il faut agir ensemble sur le terrain de la lutte, indépendamment de nos préférences en termes de candidature à l’élection présidentielle ou même de ce que nous pensons des choix et des positionnements des uns et des autres sur ce sujet !

Et d’ailleurs, l’état actuel des opinions sur la question sera-t-il exactement le même dans quelques semaines, dans quelques mois ? Voyez-vous, je ne prends pas trop de risque à pronostiquer une évolution de certain-e-s… Laissons chacun prendre le temps de faire sa propre conviction… Nous devons informer, relayer et laisser infuser… Nul besoin d’imposer ou de stigmatiser. Je perçois bien que ce que nous avons à l’esprit aujourd’hui, demain, c’est une multitude qui en fera sa propre conviction.

Ainsi, qu’à l’instar de certain-e-s militant-e-s engagé-e-s dont je suis, nous soyons déjà (certain-e-s diront « encore » ou « toujours ») dans un soutien actif à Jean-Luc Mélenchon pour le combat présidentiel qui s’annonce, OU que nous ne le soyons pas encore, pour des raisons diverses, nous nous retrouvons sur la nécessité absolue d’agir pour favoriser la CONVERGENCE DES LUTTES.

Car si certain-e-s d’entre nous pensons que c’est dans notre intérêt qu’il faut soutenir Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, cela n’est EN RIEN antagoniste avec une LUTTE ACHARNÉE, DÉTERMINÉE, COURAGEUSE, DÉVOUÉE et même ENJOUÉE DANS LA RUE, SUR LES PLACES, PARTOUT ET TOUT LE TEMPS !

OUI, NOUS DEVONS REPRENDRE LA RUE ET LES PLACES, COMME EN 2012, POUR APPUYER JEAN-LUC MÉLENCHON MAIS PAS QUE !

NOUS DEVONS AUSSI REPRENDRE LA RUE ET LES PLACES POUR QUE LA FRANCE NOUS ENTENDE ET VOIT QUE NOUS EXISTONS, QUE NOUS NE SOMMES PAS MORTS, QUE LES COUPS QUE NOUS AVONS REÇUS ET ALLONS RECEVOIR NE NOUS FONT PAS COURIR AUX ABRIS ! QUE CE QUI NE NOUS TUE PAS NOUS REND PLUS FORTS ! QUE SI L’UN OU L’UNE D’ENTRE-NOUS TOMBE, NOUS AIDERONS À LE-LA RELEVER OU NOUS PRENDRONS SA PLACE !

J’ai le coeur à Gauche mais cela ne m’empêche pas de vouloir, depuis longtemps, rassembler le peuple français tout entier, et cela implique de dépasser très largement la « Gauche ». Jean-Luc Mélenchon s’y emploie ! C’est une des raisons nombreuses qui explique que je le soutiens !

Mais au-delà de ce soutien, je suis convaincu, comme tant d’autres le disent aussi, que nous ne gagnerons pas l’élection présidentielle si le peuple reste étranger à ce qui se joue. Il faut donc que le peuple se saisisse des questions et s’implique directement, et avant de le faire dans les urnes demain, en avril 2017, il faut l’entraîner dans la rue dès aujourd’hui, sans attendre demain !

Il doit y descendre non plus par milliers, dans des manifs folkloriques du dimanche après-midi, mais par millions, dans une OCCUPATION PERMANENTE, comme le firent les Espagnols il y a quelques années, même si les résultats de ces occupations n’ont pas été à la hauteur des attentes. Aujourd’hui, les évènements s’accélèrent et il ne faut pas que nous soyons à courir après eux. Nous devons les anticiper, voire les provoquer nous-mêmes !

Il ne s’agit plus seulement de RÉSISTER, mais de passer clairement à la RECONQUÊTE !

Nous devons montrer que nous sommes la multitude, le nombre, les 99% et que sans nous, ils ne peuvent rien ; que c’est parce que nous avons trop baissé la tête, courbé l’échine, plié le genoux, ou laissé le système martyriser certain-e-s d’entre-nous, que nous avons perdu tant de terrain depuis des années. Le temps est venu de redresser la tête et le corps tout entier, de nous lever et d’affronter ENSEMBLE tous ceux qui nous martyrisent. Le temps est venu de combattre ! Le temps est venu de faire en sorte que la peur change de camp ! Nous n’avons pas peur d’eux et eux ne semblent ne pas avoir peur de nous, parce que nous leur avons trop concédé. Mais il ne tient qu’à nous, désormais, de trouver le moyen pour qu’ils aient enfin peur de nous !

La vague JLM

La Boétie disait : « Ils ne sont forts que parce que nous sommes à genoux !  » et ajoutait « La force des tyrans tient à l’inertie des peuples.« 

Alors ne restons pas à genoux ! Relevons-nous ! Soyons debout et marchons ! Ne soyons plus inertes, comme des corps qui encaissent les coups mais ne réagissent plus, comme insensibles à la douleur ! Bien sûr que la résilience est une force de l’être humain mais à condition qu’elle ne nous transforme pas en invertébrés… Oui, leurs coups nous font mal – inutile de le dissimuler – mais ils ne nous ont pas tué ! Et donc nous sommes là, plus déterminé-e-s que jamais !

Il y aura l’insurrection civique dans les urnes demain, en avril 2017, et nous allons tout faire pour que cette insurrection se saisisse de l’arme de destruction massive de la 5e République et du système oligarchique de notre pays qui nous impose la violence capitaliste. Cette arme, c’est le bulletin de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon !

Mais cela ne pourra se produise si d’ici là nous, peuple français, c’est-à-dire, nous, les dizaines de millions d’ordinaires (que nous soyons ouvriers, salarié-e-s, fonctionnaires, agriculteurs, professions libérales, artisans, petits commerçants, petits patrons, véritables entrepreneurs, chercheurs, enseignants, gens de lettres, de culture et de spectacle, personnels de santé, de l’action sociale…) nous ne nous levons pas massivement dans les semaines et les mois qui viennent !

La victoire électorale de demain, c’est-à-dire le rassemblement du peuple dans les urnes à l’occasion de la présidentielle, trouvera ses fondations dans la bataille que chaque fraction de ce peuple aura menée dans l’année qui vient. Et plutôt que des actions de guérilla ponctuelles et cloisonnées, c’est une LUTTE GLOBALE ET RASSEMBLEUSE, que nous devons mener et rendre possible.

Si celles et ceux qui animent les syndicats français, dont c’est la mission, ne savent pas faire, OU NE VEULENT PAS FAIRE, alors, à nous , citoyen-ne-s de nous y coller. Personnellement, je le dis humblement, je ne sais pas faire cela. Je ne vois pas d’autre alternative que la grève générale durable pour faire plier nos bourreaux. Mais s’il le faut, j’apprendrai. Et autour de moi, il en sera de même !

C’est pourquoi j’appuie, avec la plus garde force, les mots de Vincent DUSSE, ouvrier PSA à Mulhouse, membre de la direction du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) tels qu’ils ont été publiés sur le blog « Révolution permanente » le 19 février 2016. Le billet est consultable ici mais je le reproduis également ci-dessous :

Le poing en fusion

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Nul ne peut douter à ce stade que nous sommes face à une attaque majeure, une véritable déclaration de guerre contre l’ensemble des travailleurs. Il s’agit d’une déclinaison, sur le plan social, de l’escalade liberticide et autoritaire du gouvernement Hollande. Seule une riposte à la hauteur d’une part du mouvement ouvrier et de ses organisations pourra mettre un coup d’arrêt à cette mise à mort des droits conquis par les travailleurs pendant des décennies.

L’attaque en règle contre la durée légale du travail et les conditions de licenciement, ainsi que la méthode annoncée par la Ministre El-Khomri, qui n’a pas hésité à évoquer, dès l’annonce de son projet de réforme, la possibilité de recours au 49.3, sont sans appel. C’est bel et bien un « tous ensemble », une grève générale à l’appel de tous les syndicats, qu’il faudra pour faire face au rouleau compresseur du gouvernement Hollande.

La journée d’action, qui se discute à l’échelle des directions syndicales, prend ainsi un tout autre contenu. Elle doit se poser d’emblée non pas comme une journée isolée et folklorique, mais comme le point de départ d’un combat dans la durée et doit se préparer largement, dans chaque lieu de travail, par des assemblées générales qui informent les travailleurs de l’ampleur de l’attaque en cours, commencent à organiser la riposte et exigent l’unité syndicale derrière un plan de lutte pour empêcher l’application de la réforme.

Front unique et grève générale jusqu’au retrait de la réforme

Impopulaire pour impopulaire dans le monde ouvrier, Hollande s’apprête à rendre un ultime service au grand patronat, certainement le plus conséquent de son quinquennat. Il parie pour cela sur la stratégie de collaboration ouverte de la CFDT, ainsi que sur les crises internes à la CGT. C’est la faiblesse du mouvement syndical qui donne confiance au gouvernement pour déclencher une telle offensive, malgré sa très basse popularité et la perte d’une dernière partie de sa base sociale avec son tournant lepéniste (état d’urgence, déchéance de nationalité, etc).

C’est pourquoi, en dépit de toutes les divisions internes dans le monde syndical et du poids encore présent de l’échec du mouvement de 2010 contre la réforme des retraites, les travailleurs n’ont pas d’autre choix que de prendre les affaires en main et imposer aux organisations syndicales le front unique et un appel à la grève générale reconductible jusqu’au retrait de la réforme.

Les équipes syndicales de la CGT et de Sud devraient s’adresser sans aucun sectarisme à celles de la CFDT qui pourraient commencer à considérer que la politique de collaboration de Berger « n’a pas payé ». C’est peut-être ce qui explique qu’après avoir avalé toutes les couleuvres (ANI, Loi Rebsammen, etc.), celui-ci se voit obligé d’émettre des réserves sur la question de la réforme du licenciement économique et du plafonnement des indemnités aux Prud’hommes, en même temps qu’il prend ses distances avec ceux qui s’opposent au renforcement de la négociation contenu dans le texte.

Les syndicalistes combatifs en ligne de mire. Une bataille de toute la classe

Pour Hollande, une chose est claire : pour avancer qualitativement sur les acquis de l’ensemble du mouvement ouvrier, il a intérêt à se débarrasser des équipes syndicales combatives. Celles et ceux qui déchirent des chemises, qui séquestrent des patrons, qui refusent la conciliation permanente. Tel est le contenu profond de la condamnation à deux ans de prison (dont neuf mois fermes) de huit syndicalistes de la CGT Goodyear.

En parallèle de cette criminalisation croissante de la résistance ouvrière et syndicale, le nouveau projet de loi cherche à marginaliser de syndicats ou de sections syndicales combatives dans les entreprises. Il redéfinit la notion d’accord majoritaire en la fixant à 50% des suffrages exprimés pour les organisations représentatives (on exclut donc du calcul les suffrages pour les autres organisations), supprime le droit d’opposition et confère au patronat un nouveau droit à la consultation directe des salariés. Le but étant de réduire le rôle des représentants syndicaux dans l’entreprise à la simple validation des accords voulus par les directions et de contourner les organisations plus combatives via des référendums auprès des salariés, présentés comme étant plus démocratiques.

Il s’agit à l’évidence d’un piège. Chaque travailleur ayant vécu une expérience de lutte contre les licenciements sait que sous la pression du chantage de la fermeture et la menace du chômage, l’appel à ce genre de consultation est un outil en faveur du patron. La vraie démocratie dans le mouvement ouvrier est celle des assemblées générales et des comités de grève ou de lutte, réunissant les travailleurs de toutes les organisations syndicales à côté des travailleurs non syndiqués.

La lutte pour le retrait des poursuites contre les huit de Goodyear et l’élan de solidarité qui se cristallise dans la constitution de comités de soutien dans plusieurs villes est ainsi partie intégrante de la lutte plus générale contre l’offensive du gouvernement, ce qui peut constituer un point d’appui pour ce grand combat de classe.

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       Grève générale - La rue

Debout ami-e-s et camarades !

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire. » Henri BERGSON

 

Frédéric Lordon nous parle du film “Merci patron !” de François Ruffin

Retranscription faite par Vincent Christophe Le Roux de l’intervention de Frédéric Lordon lundi 8 février, salle Olympe de Gouges à Paris, pour la diffusion du film “Merci patron !” de François Ruffin.

Je voudrais donner rendez-vous…

Alors, doté, sans doute, d’une perspicacité au-dessus de la moyenne, j’ai perçu quelques indices – extrêmement ténus ! – qui me donnent à croire que le film de Ruffin vous a plu. Enfin, vous avez semblé aimer !

Alors, moi, je voulais savoir ce que ça fait de le voir à 800 ! Parce que, déjà, de le voir à 2, ça nous faisait pousser des hauts cris, à base de « Non, mais c’est dingue ! », « Non, mais c’est pas possible ! », « Non, mais c’est pas croyable ! » et que les yeux nous en dégringolaient des orbites… Donc, voilà, je voulais voir ce que ça fait à 800 ! Bon, ben j’ai vu !

La première idée quand on on voit ça – c’est-à-dire quand on vous voit vous ayant vu ! – c’est de ne pas laisser les gens repartir chez eux comme des piles électriques sans faire quelque chose de toute cette énergie que ça ne soit pas juste un joli coup et rien derrière !

Alors, comment faire pour que ce film soit un phénomène ?

On en était là de nos réflexions – parce qu’on est quelques-uns à touiller cette idée depuis quelques temps – et on s’est dit que cette question-là n’était pas différente d’une autre qui est une question en fait beaucoup plus vaste, la question qu’un petit barbichu posait il y a déjà longtemps – ce n’est pas de Laurent Joffrin que je parle ! – la question de l’action politique en général, de l’action transformatrice en particulier, et – pourquoi ne pas le dire ? – de l’action révolutionnaire, en fait ! La question, c’est que faire ? Que faire dans cette conjoncture qui est sans doute beaucoup plus contrastée qu’on ne croit ? Qui est sans doute incontestablement sombre à de très nombreux égards mais où, sous les écrans radar, je crois que ça commence sérieusement à glouglouter au fond de la marmite.

Alors notre opinion, c’est que, paradoxalement, là où tout semble bouché, il se pourrait, désormais, qu’il y ait quelque chose à faire ! Et voilà où les deux questions se rejoignent pour n’en faire plus qu’une ! Et si le quelque chose à faire dans ce pays, c’était « Merci patron ! » qui en était le détonateur ? Et notre conviction, c’est qu’il faut faire de « Merci patron ! » un phénomène pour qu’enfin il se passe quelque chose… pour que quelque chose de plus grand que lui arrive…

Alors quelque chose mais quoi ? Mais c’est le film lui-même qui nous met sur la piste. Le film sauve les Klur* mais aussitôt il nous donne immanquablement l’envie d’universaliser cet exploit. Alors qu’est-ce que ça veut dire ça ? Est-ce que ça veut dire faire cracher par Bernard Arnault 45 000 euros + un CDI pour tous les co-licencié-e-s de Klur ? Oui, si l’on veut, bien sûr ! Mais non ! Je veux dire la vraie universalisation, ça s’appelle un projet politique.

Alors, ce projet politique, quel pourrait-il être sinon qu’il n’y ait plus jamais un seul cas Klur, un seul cas comme les Klur ? Et cette idée-là, que veut-elle dire à son tour sinon en finir avec l’empire du capital sur la société ? C’est-à-dire en finir avec la tyrannie des propriétaires qui tiennent l’existence matérielle des salarié-e-s – c’est-à-dire leur existence tout court, leur vie-même – dans leurs mains souveraines et sous leur arbitraire.

Bon, alors que faire de cette idée très générale ? Car vous voyez bien, tout ça est parfaitement flou encore… Quelle forme lui donner ? Et surtout quelles conséquences en tirer ? Je veux dire quelles initiatives, quelles actions ? Nous ne savons pas très bien mais nous savons au moins deux choses :

– La première, c’est que ça ne se passera pas à travers je ne sais quelle pantomime de primaire pour toute la gauche qui va de Mélenchon à Macron ! [on entend des applaudissements] Ça se passera donc ailleurs ! Mais ailleurs, où est-ce que ça peut être sinon dans la rue ? Grève générale ? Places occupées ? Autre chose ? On verra bien ! Pour l’instant, en tout cas, nous vous donnons rendez-vous, voilà ! Le 23 février à la Bourse du Travail [de Paris] car on verra d’autant mieux qu’on sera plus nombreux à y penser !

– La deuxième chose que nous savons, c’est que, outre que nous avons envie de faire quelque chose, il se pourrait que quelque chose soit possible ! Et ça, c’est le film qui nous le montre ! C’est que tout craque de partout ! Et qu’en face, ils commencent à avoir peur ! C’est un bon signe, ça ! Vous avez vu le baltringue du Parti Socialiste, l’ex commissaire Machereau comme ça leur fait passer le 38ème parallèle cette histoire ! C’est vraiment très impressionnant.

Alors si j’ai bien compris les premières paroles de la fanfare, ça disait, je crois, quelque chose comme : « Il faut que ça tombe ! Et après Conti, Goodyear, Air France, l’action élémentaire de ce film, c’est que si on relève la tête, ça peut tomber ! »

* Jocelyne et Serge Klur : voir synopsis du film « Merci patron ! » : Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C’est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d’un inspecteur des impôts belge, d’une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d’ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l’assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l’emporter contre un Goliath milliardaire ? Du suspense, de l’émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront-ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l’homme le plus riche de France ?

Jean-Luc Mélenchon 2017 : un candidat pour l’emporter cette fois !

Je vois déjà les titres de la grande presse :

« Le nouveau Mélenchon est sorti ! »

« Mélenchon renie la Gauche ! »

« Le fougueux Mélenchon de 2012 s’est mué en un candidat plus raisonnable »

Voici ce que j’en pense, avec un propos en deux temps…

1/ Mélenchon n’est plus le tribun du « bruit et de la fureur »…

Jean-Luc Mélenchon a su, avec son discours du « bruit et de la fureur » en 2012, rassembler la Gauche radicale. Nous l’avons aimé avec son ton percutant et enflammé. Moi-même, je n’ai jamais été dérangé par la virulence de certaines de ses diatribes. On en avait besoin ! Le peuple de Gauche en avait besoin !

De toute façon, personne n’imaginait alors qu’il accédât à la Présidence de la République. C’était trop tôt et une partie de son discours (notamment sur l’Union européenne) ne collait pas aux attentes du peuple français.

Par ailleurs, que les partis du Front de Gauche – et le PC en premier lieu – soient les principaux artisans de la campagne, garantissait à coup sûr un échec final. Car aussi difficile à accepter que cela puisse l’être pour nos camarades communistes, jamais plus une majorité de notre peuple n’acceptera de voter pour des « communistes » ou pour des gens leur étant directement liés. Plus vite on comprend la réalité dans laquelle on vit, plus vite on se met en situation de la surmonter !

Jean-Luc Mélenchon a enfin choisi de se libérer des partis. Tant mieux ! Désormais, il est libre de parler au peuple tout entier sans être perçu comme chef de clan. Le collectif va prendre une autre tournure. Au lieu d’Assises entre partis, de réunions en comités restreints de militants, ou grandes journées entre VIP, ce collectif sera un dialogue direct entre Jean-Luc Mélenchon et le peuple, d’abord via sa plateforme, ensuite par des rencontres directes entre Jean-Luc Mélenchon et le peuple, et ceux qui luttent au premier chef !

Jean-Luc Mélenchon a enfin choisi de durcir clairement le ton face à l’Union européenne et dit clairement aujourd’hui sa volonté de « sortir des traités » ce qui n’est pas tout à fait la même chose que de défendre l’idée d’y « désobéir » seulement. La désobéissance n’avait aucun sens et elle était ressentie comme une marque de duplicité par beaucoup. La situation étant ce qu’elle est, il ne pouvait y avoir qu’un échappatoire : la libération, la déclaration d’indépendance, la rupture des chaines…

Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon a manifestement bien intégré ces deux exigences-là et c’est la raison pour laquelle le soutien populaire est au rendez-vous. À l’heure où j’écris ces lignes (dimanche 14 février 2016 à 16h06), le compteur sur JLM 2017 indique 36 562 signataires. En moins de trois jours !

Ce chiffre, c’est à peu près 10 fois l’effectif du PG ! Je ne connais pas le nombre de membres du PCF mais le nombre des soutiens à Jean-Luc Mélenchon va très vite dépasser le nombre total des militants de toute la Gauche.

Il n’est pas seul contrairement aux péroraisons meRdiatiques et aux discours de certains concurrents.

Depuis quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a adopté un ton bien plus doux que par le passé. Alors même que j’appréciais le ton incisif et virulent, j’apprécie tout autant le ton plus suave. Et je crois que ça va donner de lui une image plus positive. Des millions de gens qui ne sont pas des enragés apprécieront sans doute bien plus un homme posé, calme, et déterminé, plutôt qu’un tribun brillant dans ses démonstrations mais sans doute un peu trop rugueux à leurs yeux (aux leurs, pas aux miens, j’insiste !). Or ce sont eux, les Français, qui feront de lui le prochain Président de la République, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous les militants enragés !

2/ Mélenchon n’est plus le candidat de la Gauche…

Il est incontestable que Jean-Luc Mélenchon a abandonné les habits du leader de la Gauche, représentant directement les partis de la Gauche, parlant à la Gauche, pour chausser les bottes de celui qui va affronter un torrent impétueux pour aller chercher aussi les électrices et les électeurs de l’autre rive.

Cette situation pose-t-elle un problème ? Ce serait le cas si Jean-Luc Mélenchon se reniait, s’il abandonnait son projet de révolution citoyenne, institutionnelle, économique, géopolitique pour adopter un discours centriste de nature à plaire aux modérés, à nos concurrents ou pire, à nos ennemis de toujours.

Avez-vous perçu cela ? Pas moi ! Tout au contraire !

Certes il ne parle plus de « gauche » à chaque minute et n’est plus le candidat du Parti de Gauche ou du Front de Gauche, mais c’est tant mieux ! Cela, c’était le cloisonnement, la prison dorée, l’encasernement d’un homme qui ne pouvait être entièrement lui-même parce que des soutiens auraient refusé de continuer à le soutenir s’il avait dit telle ou telle chose déplaisante à leurs yeux ou s’il avait eu le malheur de choisir des routes sortant du périmètre bien balisé par eux !

Aux dernières élections européennes, le projet du Front de Gauche était tellement nul que nous avons pris une belle raclée électorale. Elle fut méritée ! Et qui a été le principal boulet ? Non, ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon ! Je ne citerai pas une nouvelle fois le coupable principal mais chacun sait à qui je pense et pourquoi on peut penser cela…

Pour rassembler tout un peuple, il ne faut pas être un candidat des partis mais celui du peuple ! C’est d’autant plus vrai en 5e République !

Jean-Luc Mélenchon, désormais, est libre. Il n’aura pas à demander à qui que ce soit l’autorisation de penser à côté ou de parler comme il veut et n’aura plus à rendre de comptes aux partis et à leurs chefs mais au peuple seul. Question respect de la démocratie, c’est tout de même beaucoup mieux !

Pour notre part, citoyen-ne-s et militant-e-s, nous sommes libres également de soutenir Jean-Luc Mélenchon, de le suivre, de l’appuyer aussi loin que possible et aussi longtemps que nous nous retrouverons en lui, comme nous avons la liberté de le quitter s’il dérivait… Notre loyauté sera maximale mais pas à n’importe quel prix ! Je suis convaincu qu’il le sait et qu’il en tirera les conséquences…

L’avantage de cela, pour lui, comme pour nous, est que nous ferons ce que nous jugeons bon de faire, sans être contraints par des prescriptions ou des interdictions, sans avoir à attendre des consignes ou des autorisations. Ni lui, ni nous ! Chacun, à sa place, restera libre de ses choix. Pas besoin d’imposer une discipline qui d’ailleurs ne saurait être admise par les fortes têtes que nous sommes ! Chacun de nous jugera en conscience ce qu’il est judicieux de faire. Chacun de nous jugera en conscience ce qu’il est opportun d’éviter. Et chacun de nous ne manquera pas de discuter avec les autres pour les principales actions collectives. Mais la liberté règnera pour tous ! C’est ainsi que nous serons nombreux à agir ensemble. Le cartel des partis est valable pour une élection ordinaire (législative, municipale…) mais ne l’est pas pour une présidentielle en 5e République !

Alors  certains accusent déjà Mélenchon de dérive autocratique et d’être pris à son tour par la geste gaullienne. Certains hurlent même déjà au césarisme et au bonapartisme (oui, je l’ai lu !) mais j’estime inutile de répondre à de tels délires. « Il ne faut pas parler aux cons, ça les instruit » recommandait Audiard ! Et on peut vire très bien sans s’entourer de cons, à moins qu’on soit habitué de certains cercles. La première accusation ne mérite d’ailleurs pas de réponse détaillée tant elle est grotesque. Ceux qui la défendent sont ceux qui ne tolèrent pas que Mélenchon ne soit pas la chose des partis, cet objet qu’ils manipuleraient à leur convenance.

S’agissant de la seconde accusation, elle n’est pas infondée car il doit bien y avoir de cela. Je pense en effet que Mélenchon s’inspire du général de Gaulle en ce sens qu’il ne veut plus être l’otage du régime des partis. Mais c’est une excellente chose que cette évolution-là !

La question à se poser est alors celle évoquée plus haut : a-t-il pour autant changé son discours sur le fond ? A-t-il renié ce qu’il est, d’où il vient et là où il veut aller ?

Pas du tout !

Il porte les mêmes idées qu’il a toujours défendues depuis qu’il fait de la politique, celles-là même qui défendent le peuple, son honneur, sa souveraineté, sa démocratie, sa République, ses droits et libertés, son droit au bonheur quotidien, son droit à être traité avec égalité et justice…

Alors cette fois-ci, on tient le bon bout !

Je crois que l’on va rassembler la Gauche mieux qu’on ne l’a fait en 2012. Pas celle des partis et des appareils, c’est évident, mais celle du peuple et c’est bien là l’essentiel !

Et je crois aussi que l’on va rassembler très au-delà car un nombre considérable de Français qui ne se sentent pas « de gauche » viendront nous aider et voteront pour nous. Une partie des gens dits de droite le feront. Je crois que le FN va se dévitaliser au fur et à mesure que Mélenchon avancera ses pions et ses idées. Car le FN a largement grandi sur nos inconséquences à gauche, lesquelles avaient été fustigées par nombre de nos amis (je pense à Aurélien Bernier par exemple).

Oui, pour gagner en 5e République, il faut un leader charismatique, nous l’avions en 2012 mais c’était insuffisant !

Il faut un beau projet, crédible et progressiste, nous l’avions en 2012 mais c’était insuffisant !

Il faut aussi un peuple déterminé à se rassembler parce qu’il se retrouve dans cet homme et dans ce projet et cela nous n’y étions pas en 2012, pour de multiples raisons que j’ai déjà évoquées plusieurs fois. Mais il semble bien que cette fois, pour cette nouvelle séquence électorale présidentielle, notre candidat ait intégré les préalables requis à sa victoire.

Jean-Luc, à toi de poursuivre la route entreprise en sachant ne jamais dévier. Pour notre part, les ordinaires, les Français d’en bas, les gueux, les pauvres, tous ces gens de condition modeste mais d’ambition démesurée pour notre pays, pour notre continent et pour le monde puisque nous voulons rien moins que les transformer tous pour les mettre sur la voie de la paix, de la concorde civile, de l’harmonie et du bonheur, eh bien, nous allons prendre notre part du travail immense à accomplir.

Oui, nous allons « vider la mer » ou « déplacer la montagne » avec nos petites mains et les quelques outils que nous aurons à notre disposition. Parce que nous croyons qu’avec toi, nous vivrons mieux demain.

Nous croyons en ta bonne volonté et ta bonne foi. Mais ne nous déçois pas. Ne nous trahis pas. Ne nous abandonne pas. Parce qu’alors, notre colère ne t’épargnera pas.

Mise à jour du 19/02/2017 à 12h30 : j’ai le plaisir immense et la fierté de voir ce billet publié ce jour dans Le Grand Soir. Il est ici.

Mise à jour du 19/02/2017 à 13h20 : Europe 1 explique le phénomène que j’avais pressenti dans mon billet ci-dessus. Voir ici.

 

La France insoumise JLM 2017

Jean-Luc Mélenchon, candidat devant le peuple pour l’écouter, et pour lui parler…

Pendant que des baltringues vont « primairiser » et donc discuter entre eux pour décider qui aura le ticket d’entrée au bal des prétendantes, nous, désormais, avec Jean-Luc Mélenchon, candidat devant le peuple à l’élection présidentielle, on va aller écouter ce peuple. Et lui parler comme on lui parle trop peu.

Lui parler de ce qu’est l’Union européenne... et de la nécessité absolue de sortir des traités pour créer tout autre chose avec les peuples européens qui voudront s’associer à nous…

Lui parler de ce qu’est devenue notre géopolitique (diplomatie et défense) et de la nécessité absolue de redéfinir un nouvel indépendantisme français qui soit un internationalisme authentique, ce qui impliquera inéluctablement de sortir définitivement et totalement de l’OTAN et de quelques autres organisations internationales qui sont en fait des armes à la discrétion exclusive des États-Unis, et de contribuer avec d’autres puissances grandes ou moyennes mais aussi petites, à la naissance de nouvelles relations internationales reposant sur la loyauté des échanges et la paix.

Lui parler de ce qu’est devenue la 5e République…et de la nécessité absolue de changer de régime…pour fonder une 6e République qui soit aussi et surtout une véritable 1ère démocratie dans laquelle la voix de chaque citoyen sera entendue et aura son effet…

Lui parler de ce que sont devenues la liberté, l’égalité et la fraternité… et de la nécessité absolue de redonner vie à ces trois sublimes concepts politiques…

Lui parler de ce qu’est devenue la laïcité… et de la nécessité absolue de revenir à ce qu’elle implique en termes de relations avec la chose religieuse…

Lui parler de ce qu’est devenu le « contrat social » et de la nécessité absolue de partager la grande richesse que les Françaises et les Français – mais également des étrangers – permettent de créer chaque année en France…

Lui parler de ce qu’est devenu l’État et de la nécessité absolue de le remettre au service de l’intérêt général, ce qui impliquera d’adopter une nouvelle abolition des privilèges et de briser monopoles privés et puissances oligarchiques.

Lui parler de ce qu’est devenu notre système éducatif et de la nécessité absolue de le refonder pour qu’il éveille les consciences et qu’il enseigne ce qui doit l’être en vue de former des citoyens libres et non des travailleurs dociles.

Lui parler de ce qu’est devenue notre politique culturelle et de la nécessité absolue de la repenser jusque dans ses fondations.

Lui parler de ce que sont devenus notre système de santé et notre recherche et de la nécessité absolue de les libérer des contraintes capitalistes.

Voilà déjà une trame de notre campagne.

Voilà de quoi intéresser les citoyens, quels qu’ils soient et quoi qu’ils en pensent.

La France insoumise JLM 2017

Jean-Luc Mélenchon et la primaire de la « Gauche »

Message à Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc,

Moi ça me va bien leur primaire… Oh non, pas pour y participer rassure-toi, mais pour me détendre un peu !

Et puis, vu de notre côté (c’est-à-dire nous qui te soutenons depuis des années malgré parfois quelques critiques que nous pouvons élever et aussi quelques marques d’impatience voire d’exaspération que nous pouvons avouer, et qui allons encore le faire avec détermination si tu nous en donnes l’occasion et que tu dis et fais ce qu’il est indispensable de dire et de faire en ce moment), c’est plutôt une excellente chose que tous les baltringues qui étaient avec « nous » ou avec qui « nous » avons essayé de travailler depuis des mois se rassemblent et se rejoignent pour tenter de te dégommer alors que toi seul a l’étoffe, la carrure, la culture et le talent pour entraîner le peuple comme tu avais commencé de le faire en 2012.

Pierre Laurent, Olivier Dartigolle, André Chassaigne, ces branquignols étaient-ils de loyaux alliés ou n’avaient-ils pas souvent la détestable tendance de te/nous tirer dans le dos ?
Ne pensaient-ils qu’à l’intérêt général du Front de Gauche et du peuple tout entier ou n’étaient-ils pas plutôt intéressés uniquement par les gains à escompter pour leur propre boutique et, en son sein, pour leurs propres rayons ?

Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse, Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili, François de Rugy, les frondeurs du PS que nous sommes allé chercher (je ne me mets pas dans ce « nous » puisque je l’ai dénoncé depuis le premier jour) étaient-ils des généraux combatifs et efficaces capables de nous apporter de nouvelles forces utiles dans la bataille à la cause que nous défendions ou n’étaient-ils pas plutôt un « marais » informe pour ne pas dire un marigot puant de jeux politiciens habituels ?

Oui, décidément, c’est vraiment génial que tous ces baltringues s’associent ensemble contre nous (et surtout contre toi) car, ce faisant, ils nous rendent un double service : d’une part, ils vont alléger notre train qui était ralenti à cause d’eux, d’autre part ils vont faciliter la prise de conscience parmi les citoyens de l’alternative qui s’offre à eux : faire confiance à ces révolutionnaires de salon affolés à l’idée qu’un autre monde puisse naître et déterminés à tout faire pour l’empêcher, ou enfin donner sa chance à celui (et à travers lui à celles et ceux innombrables) qui savent ce qu’il faut faire, comment le faire, et pourquoi le faire…

Les Français auront ainsi à départager un candidat ou une candidate désigné-e par la primaire de la « gauche » (à condition toutefois que ses acteurs arrivent à s’entendre pour obtenir ce résultat, ce qui n’est pas gagné, loin de là tant les egos règnent en maître chez eux dès que les idées sont négligées) et celui qui incarne déjà, depuis des années, la gauche de combat mais qui a aussi vocation à – et qui a la capacité de – parler à toute la France et de convaincre tout un peuple, indépendamment de la question des divisions politiques habituelles entre gauche et droite et de toutes les nuances de cette division binaire.

Jean-Luc, n’attend pas ces guignols de mauvaise comédie de boulevard et n’essaie surtout pas de les ramener vers toi. Ce sont des boulets. Ils taillent leur route ? Grand bien leur fasse… On va enfin pouvoir parler au peuple sans être suspects de ne défendre que notre clan ou d’avoir avec nous des gens dont la proximité même suffit à faire douter le grand nombre de notre sincérité quand ces gens-là ne conduisent pas à poser un problème essentiel de cohérence de notre projet politique….

Adresse-toi plutôt au peuple français comme tu sais si bien le faire parfois, comme tu avais si bien commencé de le faire en 2012… C’est lui qui t’élira, pas le PC, pas le PG, pas EELV, pas les frondeurs…

Et surtout, oui surtout, va à sa rencontre, sans être entouré de la cour des prétendants aux seconds rôles. Tu dois rencontrer les Français ordinaires et les militants ordinaires. Tu dois entendre ce qu’ils ont à te dire – sans filtre – et tu dois les écouter pour que ta campagne à venir soit en phase avec les aspirations, les attentes ET LES EXIGENCES du peuple !

Je suis certain que tu vas le faire…

Bientôt les « boys » de retour sur le sol français ?

Le Président de la République, François Hollande, s’apprête à autoriser les légions de l’Empire états-unien à revenir s’installer dans des bases militaires sur le sol de la République française alors que le général De Gaulle les en avait éjectées en 1966, dans une décision courageuse et géniale qui était en quelque sorte une déclaration d’indépendance.

De l’extrême gauche à la droite “gaulliste” en passant par presque toutes les nuances de la gauche et de la droite, nous savons à quel point les États-Unis sont un empire malfaisant, fauteur de guerres ouvertes et larvées au seul bénéfice de leur caste oligarchique et ce depuis plus de 200 ans qu’ils existent.

L’opinion du peuple français est très largement hostile à cette puissance belliciste. C’est pourquoi la décision de 1966 ne provoqua d’émoi que dans les sphères atlantistes, c’est-à-dire dans ces allées du pouvoir qui n’avaient pas été entièrement épurées après l’épisode de Vichy.

Cette puissance souvent ouvertement malfaisante est aussi, en coulisse, via sa CIA et la galaxie de l’État profond, l’organisateur, le facilitateur et le logisticien de centaines, voire de milliers, de coups d’État et d’assassinats de dirigeants dans le monde entier depuis au moins 70 ans !

Les guerres menées par les États-Unis, depuis les génocidaires “guerres indiennes”, ont causé la mort de dizaines, voire de centaines de millions de personnes depuis que cet État voyou et terroriste existe sur la scène mondiale.

En outre, l’alliance de poids et de longue date entre les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite pour ne citer que ces deux alliés-là, font que ces trois puissances menacent en permanence la paix du monde. Mais ces menaces ne sont pas que des menaces puisque depuis des décennies, la guerre est permanente avec des conflits ouverts en tel ou tel endroit du monde.

De Gaulle savait pourquoi il avait exigé le départ des forces armées américaines de notre sol et le retrait simultané de la France du commandement intégré de l’OTAN. En faisant cela et en ayant doté notre pays d’une force de dissuasion nucléaire autonome, il nous a protégés de toute agression venue de l’Empire, comme il nous a protégés de toute vassalisation. Mais après son départ, dès Pompidou, la politique diplomatique française a recommencé à s’assouplir vis-à-vis des États-Unis et à être beaucoup plus accommodante avec les caprices et les folies guerrières et impériales des État-Unis.

Chirac sut maintenir, pendant sa présidence de 12 ans, une certaine flamme française autonome comme en témoignent deux décisions très mal vécues par les dirigeants états-uniens:

1/ d’une part le refus que Chirac (alors Premier ministre de la première cohabitation) a opposé au Président Reagan en 1986 quand le Président des États-Unis a demandé à la France de pouvoir survoler notre territoire à l’occasion de l’expédition punitive contre la Libye de Kadhafi.

2/ d’autre part, bien sûr, le refus de soutenir la guerre en Irak de Bush fils et le combat diplomatique que la France mena alors pour convaincre nombre de pays, notamment d’Afrique, de refuser de voter à l’ONU la résolution présentée par les États-Unis. On se souvient de la grandeur de notre pays incarné alors par le ministre des Affaires étrangères du moment, Dominique de Villepin.

Pendant ces années où la France disait “Non” aux États-Unis, toute une série de leaders défilaient à l’ambassade des États-Unis à Paris pour dire tout leur mépris de “l’arrogance française” et leur soutien aux positions des États-Unis. Parmi ces gens, il y en avait qui étaient dans des fonctions de pouvoir et cela fait que leurs actes sont donc constitutifs du crime de haute trahison (certes opportunément supprimé de la constitution française par Sarkozy devenu Président de la République en 2007). Lui, justement, fut de ces traîtres à la “patrie républicaine des Français” pour reprendre une expression chère à Jean-Luc Mélenchon. Mais il était un parmi beaucoup, beaucoup d’autres. Ces Atlantistes et ces traîtres pullulaient par exemple au P.S. Un certain Pierre Moscovici en fut avec pas mal d’autres “socialistes”…

Cette flamme française qui brûlait indépendamment des volontés impériales et guerrières états-uniennes, c’est Sarkozy devenu Président qui l’a éteinte.

Et c’est Hollande qui, après avoir fait, à son tour, acte de subordination dès le lendemain de son élection à la Présidence de la République française (on se souvient avec rage et dégoût de son voyage à Washington pour le sommet de l’OTAN), est sur le point d’effacer totalement l’indépendance française, déjà largement entamée tant sont nombreuses et béantes les entailles à notre souveraineté.

Quand on examine aujourd’hui la situation globale, avec ce que nous fait déjà subir l’Union européenne, et avec la menace de plus en plus proche de vivre l’immense régression qu’engendreront le TAFTA et les autres traités du même ordre en cours de discussion, si en plus les forces armées de l’Empire malfaisant reviennent durablement sur le sol français, cette fois, nous serons devenus pour de bon un simple dominion qui n’aura même plus les pouvoirs d’un État fédéré des États-Unis.

Là franchement je commence à avoir la trouille !

C’est le peuple français tout entier – et pas seulement une fraction, un parti ou un clan politique – qui va devoir se lever pour de bon ! L’heure est gravissime !

Il va vraiment falloir refonder un nouveau CONSEIL DE LA RÉSISTANCE ET DE LA RECONQUÊTE !

Post-scriptum: Nous sommes le peuple souverain et seul ce que nous avons adopté par référendum peut être valable. Tout ce que l’on nous impose depuis des années, fusse par des voies “légales”, sera, en son temps, déclaré comme “nul et non avenu” car ce que le peuple a décidé, seul le peuple peut décider de le défaire. Par exemple, bien que la constitution ait été expurgée du crime de “haute trahison”, comme le peuple français n’a pas eu à se prononcer sur ce point, il n’a pas autorisé cette suppression alors qu’en 1958 il avait très largement approuvé la constitution qui le prévoyait. Donc, nous considérons que cette disposition constitutionnelle d’ordre pénal vaut toujours. Je suis juriste et je n’ignore pas le principe fondamental de la légalité des délits et des peines selon lequel une personne ne peut être jugée et condamnée que pour un acte qui, au moment où il a été commis, était puni par la loi. Ce principe s’oppose donc, a priori, à la possibilité qu’aurait le peuple français de juger et de punir un dirigeant pour crime de haute trahison pour des faits commis depuis que cette incrimination a disparu de la constitution. Sauf qu’aucun principe, fut-il fondamental, ne saurait contraindre le peuple. Lui seul est souverain et si le principe en question s’oppose à sa volonté, c’est le principe qui sera écarté ou à tout le moins refondé.

Que les dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain (jusqu’à ce que nous ayons repris entièrement notre pouvoir souverain) sachent que rien ne les mettra à l’abri de notre courroux et du fait qu’ils auront à rendre compte, indépendamment de tous les artifices juridiques qu’ils peuvent mettre en oeuvre pour se protéger.

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Sources documentaires

Article dans RT

Article dans Causeur

Article dans le Figaro

Article dans L’Humanité

Article du PRCF* sur Agoravox (PRCF : Pôle de Renaissance Communiste en France ; leur site ; leur page Facebook)

Article d’Hélène Nouaille sur le blog de Lucien Pons

Article du parti UPR (Union Populaire Républicaine)