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« La France insoumise : son succès, son programme et son avenir » – Publié dans le journal « Révolution » le 13/09/2017

L’article publié dans le journal Révolution est accessible ici.

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : Je vous invite à lire, à méditer et à relayer largement cet article du journal « Révolution » qui est d’une densité rare.

Oui il est long. Oui, il est dense. Il vous faudra une bonne demi-heure pour aller à son terme. Mais ça en vaut la peine !

C’est un texte qui vous fouette le sang !

C’est un texte qui vous fait réfléchir, qui vous appelle à remettre en question ce qui pouvait vous paraître évident jusqu’ici. Ou à l’inverse, vous fait imaginer ce que demain pourrait être à condition que nous ne reproduisions pas les erreurs d’hier, celles qui ont empêché nos pères de réussir hier en France, celles qui ont empêché nos semblables de réussir hier ailleurs dans le monde, celles qui empêchent aujourd’hui nos frères et soeurs de parvenir d’atteindre le rêve que nous caressons tous et toutes.

C’est un texte qui peut aussi vous renforcer dans certaines de vos certitudes.

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Exigeons la démission du Président Macron et l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle

Pour signer cette pétition, c’est ici.

Ce texte a également été publié sur Le Grand Soir. Voir ici.

Nous invitons tous les citoyens français à signer cette pétition qui exige la démission du Président Macron et l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle.

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Message à Jean-Luc Mélenchon et Mickaël Wamen – Pour un appel commun à mener le combat

Relativement éveillé sur la situation que nous vivons,

Étant moi-même un Insoumis,

Attentif depuis des semaines aux communications du Front Social que je soutiens,

Considérant que tes propos publics et tes prises de position, Mickaël, vont dans le bon sens et sont une bouffée d’oxygène et une source d’espoir pour nous, les travailleurs,

Ayant écouté ton discours d’hier, Jean-Luc, et ayant vu ce matin la courte vidéo de ce petit échange entre Philippe Poutou et toi intervenu hier à l’occasion de la manifestation,

Je me suis dit que le temps était venu, pour moi, d’oser exprimer clairement ce que je crois nécessaire dans l’intérêt de nous tous.

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On y croit ! Par Bob Solo le 16/06/2016

Note de Vincent Le Roux : Je suis heureux de relayer sur ce blog un billet de mon camarade Bob Solo qui l’a publié ce jeudi 16 juin sur sa page Facebook. Je reproduis aussi le montage de ces 4 photos qu’il a choisi d’utiliser pour illustrer son billet.
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photo illustrant le billet de Bob Solo du 16-06-2016
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Apparemment, gouverner par la peur ne suffit pas. Pourtant “ils” y mettent les moyens. Quitte à tout essayer, vite, quitte à laisser voir une sorte de panique, quitte à tout piétiner, y compris leurs propres lois. Mais ça ne suffit pas.
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Peur du flic et du juge, de la matraque et de la bombe, de la blessure, de l’arrestation, de la garde à vue et même de la prison, pour forcer le manifestant à se démobiliser, à renoncer et à rester chez lui ; peur de la précarité, du déclassement et du chômage pour forcer le salarié à se taire, à se soumettre et accepter n’importe quoi. Même relayé par une presse complice, partisane jusqu’au grotesque, ça ne marche pas. Alors il leur faut encore monter d’un cran.
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Il leur faut tuer l’espoir.
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Parce que oui, il y a un espoir. Il y a la colère, le ras-le-bol, la souffrance des uns et des autres, la rage, l’écœurement, le sentiment d’injustice, oui, il y a tout ça. Mais aussi l’espoir, c’est indéniable. On ne saurait dire où il est né, ni quand ni comment, mais c’est un vent qui souffle désormais de plus en plus fort. Et c’est une dynamique exponentielle : plus il y a de gens qui reprennent espoir, plus celui-ci se renforce. Et plus il se renforce, plus à son tour il entraîne de gens. C’est quasiment “mécanique”, comme l’eau du bassin coule vers le robinet ouvert. L’espoir et le nombre, à coup sûr une combinaison gagnante.
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Parce que malgré la peur, la fatigue, le découragement, l’impression d’impuissance, dès qu’on sent une issue possible, un horizon, une porte de sortie, un moyen, une éventualité, une victoire à portée de main, l’énergie et le courage reviennent. On relève la tête. Et on voit qu’on est pas seul à le faire. Ce n’est pas l’envie qui manquait, c’était de sentir à nouveau qu’il était possible de faire quelque chose qui puisse aboutir. C’était de pouvoir y croire. Il semble bien que c’est ce qui se passe. Et c’est une excellente nouvelle à une époque où tant d’entre nous ne croient plus à rien.
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On a pu traduire ça autrement : inverser le rapport de forces, un jargon politique et syndical qui peut être vite compris par certains mais pas d’autres, ou faire que la peur change de camp, ce qui est parlant mais pas toujours très concret dans l’esprit de tout le monde. Dans les deux cas, ça renvoie à une action, quelque chose que se décide puis se met en œuvre.
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Il n’en est pas de même avec l’espoir. On ne choisit pas d’espérer. Ce n’est pas une démarche volontaire, si on veut bien mettre de côté l’injonction à la mode et au fond d’inspiration libérale à “positiver”. Non, il s’agit vraiment d’un espoir, qui naît en vous, qui prend corps peu à peu ou qui d’un coup vous habite. Vous avez vu, senti, compris quelque chose ou plusieurs choses qui mises bout à bout font qu’à nouveau vous vous dites : « moi, j’y crois, je pense qu’on peut y arriver. » Et cette pensée vous met en mouvement. Et c’est un mouvement plus sain, plus fort et plus porteur de se battre pour obtenir ce qui vous fait espérer que pour éviter ce qui vous fait peur.
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Frédéric Lordon avait dit quelque chose dans cet ordre d’idées au tout début du mouvement Nuit Debout, en parlant de « recoloniser un imaginaire collectif ». De la convergence des luttes (des gens de milieu social et professionnel différent se rencontrant et s’organisant ensemble), à la solidarité concrète (soutiens des uns aux autres, caisses de grève), une image en effet prend forme qui montre que ça peut marcher. Que ça marche. Ce sera toujours un élément décisif. Si certains parmi les plus téméraires, ou les plus menacés, peuvent se lancer dans la bagarre même sans garantie de réussite, d’autres, sans doute bien plus nombreux, se décideront d’autant plus si des résultats sont déjà visibles. Non par manque de courage mais parce que les risques pour tout un chacun sont réels et se doivent d’être sérieusement pesés. A ce moment précis du choix, l’espoir dans l’autre plateau de la balance peut la faire pencher.
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L’espoir et le nombre. Aussi, il n’est pas étonnant que la stratégie à l’œuvre soit autant de marteler que le mouvement “s’essouffle” que de minimiser les chiffres jusqu’au ridicule. Mais le mur du mensonge devra s’élever bien haut pour contenir la vague qui s’est levée.
On pourrait paraphraser une citation connue en disant : « Ils ont senti que c’était possible alors ils l’ont fait. »

Agir sur les deux tableaux : soutenir Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017 et agir puissamment dans la rue pour mener la lutte sociale !

Citation de Gramsci

Ami-e-s, camarades, combattant-e-s, ce dimanche matin, j’ai envie de vous dire deux ou trois choses…

1/ Une action politique efficace est possible en-dehors des partis politiques…

Je suis un ex du PG : j’en ai démissionné en mai 2015 après plus de 5 ans de militantisme en son sein. Je m’en suis expliqué dans ce billet. Aujourd’hui, je ne suis plus dans aucun parti et ne compte pas en rejoindre un nouveau. Par contre, j’ai rejoint une association politique locale dans mon département de Loire-Atlantique, qui se dénomme «Place au peuple-FdG44» . Elle a une page communautaire sur Facebook, à consulter ici et un blog en création qui lui est consultable .

En son sein, on trouve des gens ayant diverses affinités avec la Gauche philosophique mais des gens plutôt engagés activement dans le monde de l’action politique à gauche (partis et associations). TOUTEFOIS, aucun parti n’est directement impliqué car c’est une association CITOYENNE qui vise à rassembler le peuple de Loire-Atlantique dans un esprit très différent de celui des partis.

En son sein, il n’y a pas de chef, juste des représentants provisoires élus au sein du Bureau.

En son sein, il n’y a pas non plus de «ligne» officielle  dont le prétendu irrespect par tel ou telle de ses membres impliquerait immédiatement l’exclusion par les hautes sphères du mouvement. Il y a seulement des statuts que chacun accepte en adhérant (mais qui pourront être modifiés ultérieurement si les membres le décidaient). Ces statuts collent globalement aux principes du projet «L’Humain d’abord» porté par Jean-Luc Mélenchon à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012. Nous ignorons pour l’instant quel sera le positionnement de notre association vis-à-vis de la campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de l’an prochain, ni même si cette association se positionnera d’une quelconque façon sur le sujet. La question sera sans doute posée et le débat aura sans doute lieu dans un avenir proche. Mais cette association a le mérite d’exister et de constituer u vivier de gens, une force collective que devait être le Front de Gauche mais qui ne l’a jamais vraiment été pour les raisons que l’on sait et sur lesquelles je ne reviendrai pas.

2/ Soutenir Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2017 et mener, simultanément, une action de lutte sociale

Que l’on soit membre d’un parti ou que nous ne le soyons pas (ou plus)…

Que l’on soit sorti du PG , comme moi et comme des centaines, voire des milliers d’autres militant-e-s, ou qu’on y soit encore, comme quelques milliers de militant-e-s tenaces dont quelques camarades locaux…

Que l’on soit sorti du PCF comme certain-e-s membres de l’association précitée ou qu’on y soit encore, comme d’autres membres de l’association…

Que l’on soit membre d’Ensemble ou que l’on n’y soit pas (ou plus)…

Que l’on soit engagé – ou pas encore – dans une ou plusieurs autres associations de lutte politique, sociale, syndicale…

On a tous et toutes, chevillée au corps, la conviction qu’il faut agir ensemble sur le terrain de la lutte, indépendamment de nos préférences en termes de candidature à l’élection présidentielle ou même de ce que nous pensons des choix et des positionnements des uns et des autres sur ce sujet !

Et d’ailleurs, l’état actuel des opinions sur la question sera-t-il exactement le même dans quelques semaines, dans quelques mois ? Voyez-vous, je ne prends pas trop de risque à pronostiquer une évolution de certain-e-s… Laissons chacun prendre le temps de faire sa propre conviction… Nous devons informer, relayer et laisser infuser… Nul besoin d’imposer ou de stigmatiser. Je perçois bien que ce que nous avons à l’esprit aujourd’hui, demain, c’est une multitude qui en fera sa propre conviction.

Ainsi, qu’à l’instar de certain-e-s militant-e-s engagé-e-s dont je suis, nous soyons déjà (certain-e-s diront « encore » ou « toujours ») dans un soutien actif à Jean-Luc Mélenchon pour le combat présidentiel qui s’annonce, OU que nous ne le soyons pas encore, pour des raisons diverses, nous nous retrouvons sur la nécessité absolue d’agir pour favoriser la CONVERGENCE DES LUTTES.

Car si certain-e-s d’entre nous pensons que c’est dans notre intérêt qu’il faut soutenir Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, cela n’est EN RIEN antagoniste avec une LUTTE ACHARNÉE, DÉTERMINÉE, COURAGEUSE, DÉVOUÉE et même ENJOUÉE DANS LA RUE, SUR LES PLACES, PARTOUT ET TOUT LE TEMPS !

OUI, NOUS DEVONS REPRENDRE LA RUE ET LES PLACES, COMME EN 2012, POUR APPUYER JEAN-LUC MÉLENCHON MAIS PAS QUE !

NOUS DEVONS AUSSI REPRENDRE LA RUE ET LES PLACES POUR QUE LA FRANCE NOUS ENTENDE ET VOIT QUE NOUS EXISTONS, QUE NOUS NE SOMMES PAS MORTS, QUE LES COUPS QUE NOUS AVONS REÇUS ET ALLONS RECEVOIR NE NOUS FONT PAS COURIR AUX ABRIS ! QUE CE QUI NE NOUS TUE PAS NOUS REND PLUS FORTS ! QUE SI L’UN OU L’UNE D’ENTRE-NOUS TOMBE, NOUS AIDERONS À LE-LA RELEVER OU NOUS PRENDRONS SA PLACE !

J’ai le coeur à Gauche mais cela ne m’empêche pas de vouloir, depuis longtemps, rassembler le peuple français tout entier, et cela implique de dépasser très largement la « Gauche ». Jean-Luc Mélenchon s’y emploie ! C’est une des raisons nombreuses qui explique que je le soutiens !

Mais au-delà de ce soutien, je suis convaincu, comme tant d’autres le disent aussi, que nous ne gagnerons pas l’élection présidentielle si le peuple reste étranger à ce qui se joue. Il faut donc que le peuple se saisisse des questions et s’implique directement, et avant de le faire dans les urnes demain, en avril 2017, il faut l’entraîner dans la rue dès aujourd’hui, sans attendre demain !

Il doit y descendre non plus par milliers, dans des manifs folkloriques du dimanche après-midi, mais par millions, dans une OCCUPATION PERMANENTE, comme le firent les Espagnols il y a quelques années, même si les résultats de ces occupations n’ont pas été à la hauteur des attentes. Aujourd’hui, les évènements s’accélèrent et il ne faut pas que nous soyons à courir après eux. Nous devons les anticiper, voire les provoquer nous-mêmes !

Il ne s’agit plus seulement de RÉSISTER, mais de passer clairement à la RECONQUÊTE !

Nous devons montrer que nous sommes la multitude, le nombre, les 99% et que sans nous, ils ne peuvent rien ; que c’est parce que nous avons trop baissé la tête, courbé l’échine, plié le genoux, ou laissé le système martyriser certain-e-s d’entre-nous, que nous avons perdu tant de terrain depuis des années. Le temps est venu de redresser la tête et le corps tout entier, de nous lever et d’affronter ENSEMBLE tous ceux qui nous martyrisent. Le temps est venu de combattre ! Le temps est venu de faire en sorte que la peur change de camp ! Nous n’avons pas peur d’eux et eux ne semblent ne pas avoir peur de nous, parce que nous leur avons trop concédé. Mais il ne tient qu’à nous, désormais, de trouver le moyen pour qu’ils aient enfin peur de nous !

La vague JLM

La Boétie disait : « Ils ne sont forts que parce que nous sommes à genoux !  » et ajoutait « La force des tyrans tient à l’inertie des peuples.« 

Alors ne restons pas à genoux ! Relevons-nous ! Soyons debout et marchons ! Ne soyons plus inertes, comme des corps qui encaissent les coups mais ne réagissent plus, comme insensibles à la douleur ! Bien sûr que la résilience est une force de l’être humain mais à condition qu’elle ne nous transforme pas en invertébrés… Oui, leurs coups nous font mal – inutile de le dissimuler – mais ils ne nous ont pas tué ! Et donc nous sommes là, plus déterminé-e-s que jamais !

Il y aura l’insurrection civique dans les urnes demain, en avril 2017, et nous allons tout faire pour que cette insurrection se saisisse de l’arme de destruction massive de la 5e République et du système oligarchique de notre pays qui nous impose la violence capitaliste. Cette arme, c’est le bulletin de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon !

Mais cela ne pourra se produise si d’ici là nous, peuple français, c’est-à-dire, nous, les dizaines de millions d’ordinaires (que nous soyons ouvriers, salarié-e-s, fonctionnaires, agriculteurs, professions libérales, artisans, petits commerçants, petits patrons, véritables entrepreneurs, chercheurs, enseignants, gens de lettres, de culture et de spectacle, personnels de santé, de l’action sociale…) nous ne nous levons pas massivement dans les semaines et les mois qui viennent !

La victoire électorale de demain, c’est-à-dire le rassemblement du peuple dans les urnes à l’occasion de la présidentielle, trouvera ses fondations dans la bataille que chaque fraction de ce peuple aura menée dans l’année qui vient. Et plutôt que des actions de guérilla ponctuelles et cloisonnées, c’est une LUTTE GLOBALE ET RASSEMBLEUSE, que nous devons mener et rendre possible.

Si celles et ceux qui animent les syndicats français, dont c’est la mission, ne savent pas faire, OU NE VEULENT PAS FAIRE, alors, à nous , citoyen-ne-s de nous y coller. Personnellement, je le dis humblement, je ne sais pas faire cela. Je ne vois pas d’autre alternative que la grève générale durable pour faire plier nos bourreaux. Mais s’il le faut, j’apprendrai. Et autour de moi, il en sera de même !

C’est pourquoi j’appuie, avec la plus garde force, les mots de Vincent DUSSE, ouvrier PSA à Mulhouse, membre de la direction du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) tels qu’ils ont été publiés sur le blog « Révolution permanente » le 19 février 2016. Le billet est consultable ici mais je le reproduis également ci-dessous :

Le poing en fusion

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Nul ne peut douter à ce stade que nous sommes face à une attaque majeure, une véritable déclaration de guerre contre l’ensemble des travailleurs. Il s’agit d’une déclinaison, sur le plan social, de l’escalade liberticide et autoritaire du gouvernement Hollande. Seule une riposte à la hauteur d’une part du mouvement ouvrier et de ses organisations pourra mettre un coup d’arrêt à cette mise à mort des droits conquis par les travailleurs pendant des décennies.

L’attaque en règle contre la durée légale du travail et les conditions de licenciement, ainsi que la méthode annoncée par la Ministre El-Khomri, qui n’a pas hésité à évoquer, dès l’annonce de son projet de réforme, la possibilité de recours au 49.3, sont sans appel. C’est bel et bien un « tous ensemble », une grève générale à l’appel de tous les syndicats, qu’il faudra pour faire face au rouleau compresseur du gouvernement Hollande.

La journée d’action, qui se discute à l’échelle des directions syndicales, prend ainsi un tout autre contenu. Elle doit se poser d’emblée non pas comme une journée isolée et folklorique, mais comme le point de départ d’un combat dans la durée et doit se préparer largement, dans chaque lieu de travail, par des assemblées générales qui informent les travailleurs de l’ampleur de l’attaque en cours, commencent à organiser la riposte et exigent l’unité syndicale derrière un plan de lutte pour empêcher l’application de la réforme.

Front unique et grève générale jusqu’au retrait de la réforme

Impopulaire pour impopulaire dans le monde ouvrier, Hollande s’apprête à rendre un ultime service au grand patronat, certainement le plus conséquent de son quinquennat. Il parie pour cela sur la stratégie de collaboration ouverte de la CFDT, ainsi que sur les crises internes à la CGT. C’est la faiblesse du mouvement syndical qui donne confiance au gouvernement pour déclencher une telle offensive, malgré sa très basse popularité et la perte d’une dernière partie de sa base sociale avec son tournant lepéniste (état d’urgence, déchéance de nationalité, etc).

C’est pourquoi, en dépit de toutes les divisions internes dans le monde syndical et du poids encore présent de l’échec du mouvement de 2010 contre la réforme des retraites, les travailleurs n’ont pas d’autre choix que de prendre les affaires en main et imposer aux organisations syndicales le front unique et un appel à la grève générale reconductible jusqu’au retrait de la réforme.

Les équipes syndicales de la CGT et de Sud devraient s’adresser sans aucun sectarisme à celles de la CFDT qui pourraient commencer à considérer que la politique de collaboration de Berger « n’a pas payé ». C’est peut-être ce qui explique qu’après avoir avalé toutes les couleuvres (ANI, Loi Rebsammen, etc.), celui-ci se voit obligé d’émettre des réserves sur la question de la réforme du licenciement économique et du plafonnement des indemnités aux Prud’hommes, en même temps qu’il prend ses distances avec ceux qui s’opposent au renforcement de la négociation contenu dans le texte.

Les syndicalistes combatifs en ligne de mire. Une bataille de toute la classe

Pour Hollande, une chose est claire : pour avancer qualitativement sur les acquis de l’ensemble du mouvement ouvrier, il a intérêt à se débarrasser des équipes syndicales combatives. Celles et ceux qui déchirent des chemises, qui séquestrent des patrons, qui refusent la conciliation permanente. Tel est le contenu profond de la condamnation à deux ans de prison (dont neuf mois fermes) de huit syndicalistes de la CGT Goodyear.

En parallèle de cette criminalisation croissante de la résistance ouvrière et syndicale, le nouveau projet de loi cherche à marginaliser de syndicats ou de sections syndicales combatives dans les entreprises. Il redéfinit la notion d’accord majoritaire en la fixant à 50% des suffrages exprimés pour les organisations représentatives (on exclut donc du calcul les suffrages pour les autres organisations), supprime le droit d’opposition et confère au patronat un nouveau droit à la consultation directe des salariés. Le but étant de réduire le rôle des représentants syndicaux dans l’entreprise à la simple validation des accords voulus par les directions et de contourner les organisations plus combatives via des référendums auprès des salariés, présentés comme étant plus démocratiques.

Il s’agit à l’évidence d’un piège. Chaque travailleur ayant vécu une expérience de lutte contre les licenciements sait que sous la pression du chantage de la fermeture et la menace du chômage, l’appel à ce genre de consultation est un outil en faveur du patron. La vraie démocratie dans le mouvement ouvrier est celle des assemblées générales et des comités de grève ou de lutte, réunissant les travailleurs de toutes les organisations syndicales à côté des travailleurs non syndiqués.

La lutte pour le retrait des poursuites contre les huit de Goodyear et l’élan de solidarité qui se cristallise dans la constitution de comités de soutien dans plusieurs villes est ainsi partie intégrante de la lutte plus générale contre l’offensive du gouvernement, ce qui peut constituer un point d’appui pour ce grand combat de classe.

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       Grève générale - La rue

Debout ami-e-s et camarades !

« L’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire. » Henri BERGSON

 

Frédéric Lordon nous parle du film “Merci patron !” de François Ruffin

Retranscription faite par Vincent Christophe Le Roux de l’intervention de Frédéric Lordon lundi 8 février, salle Olympe de Gouges à Paris, pour la diffusion du film “Merci patron !” de François Ruffin.

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Jean-Luc Mélenchon 2017 : un candidat pour l’emporter cette fois !

Je vois déjà les titres de la grande presse :

« Le nouveau Mélenchon est sorti ! »

« Mélenchon renie la Gauche ! »

« Le fougueux Mélenchon de 2012 s’est mué en un candidat plus raisonnable »

Voici ce que j’en pense, avec un propos en deux temps…

1/ Mélenchon n’est plus le tribun du « bruit et de la fureur »…

Jean-Luc Mélenchon a su, avec son discours du « bruit et de la fureur » en 2012, rassembler la Gauche radicale. Nous l’avons aimé avec son ton percutant et enflammé. Moi-même, je n’ai jamais été dérangé par la virulence de certaines de ses diatribes. On en avait besoin ! Le peuple de Gauche en avait besoin !

De toute façon, personne n’imaginait alors qu’il accédât à la Présidence de la République. C’était trop tôt et une partie de son discours (notamment sur l’Union européenne) ne collait pas aux attentes du peuple français.

Par ailleurs, que les partis du Front de Gauche – et le PC en premier lieu – soient les principaux artisans de la campagne, garantissait à coup sûr un échec final. Car aussi difficile à accepter que cela puisse l’être pour nos camarades communistes, jamais plus une majorité de notre peuple n’acceptera de voter pour des « communistes » ou pour des gens leur étant directement liés. Plus vite on comprend la réalité dans laquelle on vit, plus vite on se met en situation de la surmonter !

Jean-Luc Mélenchon a enfin choisi de se libérer des partis. Tant mieux ! Désormais, il est libre de parler au peuple tout entier sans être perçu comme chef de clan. Le collectif va prendre une autre tournure. Au lieu d’Assises entre partis, de réunions en comités restreints de militants, ou grandes journées entre VIP, ce collectif sera un dialogue direct entre Jean-Luc Mélenchon et le peuple, d’abord via sa plateforme, ensuite par des rencontres directes entre Jean-Luc Mélenchon et le peuple, et ceux qui luttent au premier chef !

Jean-Luc Mélenchon a enfin choisi de durcir clairement le ton face à l’Union européenne et dit clairement aujourd’hui sa volonté de « sortir des traités » ce qui n’est pas tout à fait la même chose que de défendre l’idée d’y « désobéir » seulement. La désobéissance n’avait aucun sens et elle était ressentie comme une marque de duplicité par beaucoup. La situation étant ce qu’elle est, il ne pouvait y avoir qu’un échappatoire : la libération, la déclaration d’indépendance, la rupture des chaines…

Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon a manifestement bien intégré ces deux exigences-là et c’est la raison pour laquelle le soutien populaire est au rendez-vous. À l’heure où j’écris ces lignes (dimanche 14 février 2016 à 16h06), le compteur sur JLM 2017 indique 36 562 signataires. En moins de trois jours !

Ce chiffre, c’est à peu près 10 fois l’effectif du PG ! Je ne connais pas le nombre de membres du PCF mais le nombre des soutiens à Jean-Luc Mélenchon va très vite dépasser le nombre total des militants de toute la Gauche.

Il n’est pas seul contrairement aux péroraisons meRdiatiques et aux discours de certains concurrents.

Depuis quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a adopté un ton bien plus doux que par le passé. Alors même que j’appréciais le ton incisif et virulent, j’apprécie tout autant le ton plus suave. Et je crois que ça va donner de lui une image plus positive. Des millions de gens qui ne sont pas des enragés apprécieront sans doute bien plus un homme posé, calme, et déterminé, plutôt qu’un tribun brillant dans ses démonstrations mais sans doute un peu trop rugueux à leurs yeux (aux leurs, pas aux miens, j’insiste !). Or ce sont eux, les Français, qui feront de lui le prochain Président de la République, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous les militants enragés !

2/ Mélenchon n’est plus le candidat de la Gauche…

Il est incontestable que Jean-Luc Mélenchon a abandonné les habits du leader de la Gauche, représentant directement les partis de la Gauche, parlant à la Gauche, pour chausser les bottes de celui qui va affronter un torrent impétueux pour aller chercher aussi les électrices et les électeurs de l’autre rive.

Cette situation pose-t-elle un problème ? Ce serait le cas si Jean-Luc Mélenchon se reniait, s’il abandonnait son projet de révolution citoyenne, institutionnelle, économique, géopolitique pour adopter un discours centriste de nature à plaire aux modérés, à nos concurrents ou pire, à nos ennemis de toujours.

Avez-vous perçu cela ? Pas moi ! Tout au contraire !

Certes il ne parle plus de « gauche » à chaque minute et n’est plus le candidat du Parti de Gauche ou du Front de Gauche, mais c’est tant mieux ! Cela, c’était le cloisonnement, la prison dorée, l’encasernement d’un homme qui ne pouvait être entièrement lui-même parce que des soutiens auraient refusé de continuer à le soutenir s’il avait dit telle ou telle chose déplaisante à leurs yeux ou s’il avait eu le malheur de choisir des routes sortant du périmètre bien balisé par eux !

Aux dernières élections européennes, le projet du Front de Gauche était tellement nul que nous avons pris une belle raclée électorale. Elle fut méritée ! Et qui a été le principal boulet ? Non, ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon ! Je ne citerai pas une nouvelle fois le coupable principal mais chacun sait à qui je pense et pourquoi on peut penser cela…

Pour rassembler tout un peuple, il ne faut pas être un candidat des partis mais celui du peuple ! C’est d’autant plus vrai en 5e République !

Jean-Luc Mélenchon, désormais, est libre. Il n’aura pas à demander à qui que ce soit l’autorisation de penser à côté ou de parler comme il veut et n’aura plus à rendre de comptes aux partis et à leurs chefs mais au peuple seul. Question respect de la démocratie, c’est tout de même beaucoup mieux !

Pour notre part, citoyen-ne-s et militant-e-s, nous sommes libres également de soutenir Jean-Luc Mélenchon, de le suivre, de l’appuyer aussi loin que possible et aussi longtemps que nous nous retrouverons en lui, comme nous avons la liberté de le quitter s’il dérivait… Notre loyauté sera maximale mais pas à n’importe quel prix ! Je suis convaincu qu’il le sait et qu’il en tirera les conséquences…

L’avantage de cela, pour lui, comme pour nous, est que nous ferons ce que nous jugeons bon de faire, sans être contraints par des prescriptions ou des interdictions, sans avoir à attendre des consignes ou des autorisations. Ni lui, ni nous ! Chacun, à sa place, restera libre de ses choix. Pas besoin d’imposer une discipline qui d’ailleurs ne saurait être admise par les fortes têtes que nous sommes ! Chacun de nous jugera en conscience ce qu’il est judicieux de faire. Chacun de nous jugera en conscience ce qu’il est opportun d’éviter. Et chacun de nous ne manquera pas de discuter avec les autres pour les principales actions collectives. Mais la liberté règnera pour tous ! C’est ainsi que nous serons nombreux à agir ensemble. Le cartel des partis est valable pour une élection ordinaire (législative, municipale…) mais ne l’est pas pour une présidentielle en 5e République !

Alors  certains accusent déjà Mélenchon de dérive autocratique et d’être pris à son tour par la geste gaullienne. Certains hurlent même déjà au césarisme et au bonapartisme (oui, je l’ai lu !) mais j’estime inutile de répondre à de tels délires. « Il ne faut pas parler aux cons, ça les instruit » recommandait Audiard ! Et on peut vire très bien sans s’entourer de cons, à moins qu’on soit habitué de certains cercles. La première accusation ne mérite d’ailleurs pas de réponse détaillée tant elle est grotesque. Ceux qui la défendent sont ceux qui ne tolèrent pas que Mélenchon ne soit pas la chose des partis, cet objet qu’ils manipuleraient à leur convenance.

S’agissant de la seconde accusation, elle n’est pas infondée car il doit bien y avoir de cela. Je pense en effet que Mélenchon s’inspire du général de Gaulle en ce sens qu’il ne veut plus être l’otage du régime des partis. Mais c’est une excellente chose que cette évolution-là !

La question à se poser est alors celle évoquée plus haut : a-t-il pour autant changé son discours sur le fond ? A-t-il renié ce qu’il est, d’où il vient et là où il veut aller ?

Pas du tout !

Il porte les mêmes idées qu’il a toujours défendues depuis qu’il fait de la politique, celles-là même qui défendent le peuple, son honneur, sa souveraineté, sa démocratie, sa République, ses droits et libertés, son droit au bonheur quotidien, son droit à être traité avec égalité et justice…

Alors cette fois-ci, on tient le bon bout !

Je crois que l’on va rassembler la Gauche mieux qu’on ne l’a fait en 2012. Pas celle des partis et des appareils, c’est évident, mais celle du peuple et c’est bien là l’essentiel !

Et je crois aussi que l’on va rassembler très au-delà car un nombre considérable de Français qui ne se sentent pas « de gauche » viendront nous aider et voteront pour nous. Une partie des gens dits de droite le feront. Je crois que le FN va se dévitaliser au fur et à mesure que Mélenchon avancera ses pions et ses idées. Car le FN a largement grandi sur nos inconséquences à gauche, lesquelles avaient été fustigées par nombre de nos amis (je pense à Aurélien Bernier par exemple).

Oui, pour gagner en 5e République, il faut un leader charismatique, nous l’avions en 2012 mais c’était insuffisant !

Il faut un beau projet, crédible et progressiste, nous l’avions en 2012 mais c’était insuffisant !

Il faut aussi un peuple déterminé à se rassembler parce qu’il se retrouve dans cet homme et dans ce projet et cela nous n’y étions pas en 2012, pour de multiples raisons que j’ai déjà évoquées plusieurs fois. Mais il semble bien que cette fois, pour cette nouvelle séquence électorale présidentielle, notre candidat ait intégré les préalables requis à sa victoire.

Jean-Luc, à toi de poursuivre la route entreprise en sachant ne jamais dévier. Pour notre part, les ordinaires, les Français d’en bas, les gueux, les pauvres, tous ces gens de condition modeste mais d’ambition démesurée pour notre pays, pour notre continent et pour le monde puisque nous voulons rien moins que les transformer tous pour les mettre sur la voie de la paix, de la concorde civile, de l’harmonie et du bonheur, eh bien, nous allons prendre notre part du travail immense à accomplir.

Oui, nous allons « vider la mer » ou « déplacer la montagne » avec nos petites mains et les quelques outils que nous aurons à notre disposition. Parce que nous croyons qu’avec toi, nous vivrons mieux demain.

Nous croyons en ta bonne volonté et ta bonne foi. Mais ne nous déçois pas. Ne nous trahis pas. Ne nous abandonne pas. Parce qu’alors, notre colère ne t’épargnera pas.

Mise à jour du 19/02/2017 à 12h30 : j’ai le plaisir immense et la fierté de voir ce billet publié ce jour dans Le Grand Soir. Il est ici.

Mise à jour du 19/02/2017 à 13h20 : Europe 1 explique le phénomène que j’avais pressenti dans mon billet ci-dessus. Voir ici.

 

La France insoumise JLM 2017