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Du débat… La contradiction et la critique sont légitimes ; les agressions ne le sont pas !

Je m’adresse aux deux parties… D’abord à celles et ceux qui sont toujours des acteurs du PG, ensuite à celles et ceux qui, comme moi, l’ont récemment quitté. Halte au feu !

Message de service aux acteurs du PG :

Il est assez malvenu de n’avoir pour seule réponse aux départs massifs enregistrés depuis des mois qu’un discours de fermeture du genre :

« Fermez-la ! Tout va bien au PG ! »

« Vous n’êtes que des aigris ou des orgueilleux déçus de ne pas avoir été distingués. »

« Vous êtes devenus des ennemi-e-s puisque vous donnez des armes à ceux contre qui nous luttons ».

Non, camarades du PG, que vous soyez des « ordinaires » ou des « importants », vous devez vous mettre dans la tête que les militant-e-s qui ont démissionné depuis des mois ne sont pas des salauds. Ils ne « crachent » pas sur le PG ou sur ses acteurs. Ils ne jouissent pas de « brûler aujourd’hui ce qu’ils ont adoré hier ». Et ils ne pensent pas qu’il soit judicieux non plus de « laver le linge sale en famille ».

Parce que nous n’avons pas de « linge sale », juste des divergences politiques et des critiques à opposer à ce que nous jugeons être des erreurs stratégiques plus ou moins graves. Et cela, c’est du débat, c’est digne. Ça ne devrait pas être reçu comme des preuves de je ne sais quelle maligne ambition ou de je ne sais quelle attitude puérile, irresponsable, ou égotique. On doit nous respecter et nous répondre sur le fond, avec des arguments politiques, pas avec des anathèmes ! En tout cas, à nous qui vous respectons au-delà des désaccords stratégiques, tactiques et idéologiques qui peuvent exister.

Il faudra traiter autrement le problème qu’en usant d’anathèmes à notre encontre si vous ne souhaitez pas que la tumeur emporte définitivement le malade… Ce n’est pas en affichant à notre encontre la morgue qu’arborent habituellement nos ennemis, pas plus qu’en nous désignant à la vindicte des militant-e-s encore au PG, que vous réussirez à sauver le parti.

Message de service aux démissionnaires du PG

Il se trouve que j’en suis un mais que je ne me considère pas comme concerné par la mise en garde que je vais faire…

Vous avez le droit (même si on vous le conteste parfois) de vous exprimer sur les raisons qui vous ont fait quitter le parti. Je dirais même que vous en avez le devoir.

Par contre, camarades, ne vous perdez pas dans la haine, dans les attaques ad hominem, dans les insultes, dans le mépris et dans les mots qui sont prononcés ou écrits pour blesser.

Cette histoire de vidéo « Nous sommes le PG » devient complètement dingue. Assiste-t-on à un phénomène de folie collective ou doit-on y voir la politique de la terre brûlée ?

Oui, cette vidéo mérite des critiques (j’en ai fait quelques-unes hier) mais en termes politiques, pas sur un registre personnel, pas avec l’insulte et le discrédit comme seuls arguments… qui d’ailleurs n’en sont pas ! J’ai vu du fiel beaucoup plus que des critiques rationnelles opposées à cette vidéo. Et je suis comme d’autres écoeuré de voir cette haine. Ce genre d’incident sera lourd de conséquences. Alors stop !

J’ai beau être un démissionnaire du PG, j’ai beau être très critique à l’encontre de ce parti, de sa direction (aux deux sens du terme), de certains de ses représentants nationaux ou locaux, je ne peux accepter le déferlement de fiel que je lis ici ou là.

Une de mes plus proche camarades, très récente démissionnaire elle aussi, a eu l’occasion d’écrire qu’il ne fallait pas insulter l’avenir. Elle a raison. Entre nous, actuels et ex militant-e-s du PG nous ne devrions pas lire certaines de ces choses abjectes qui s’écrivent.

Je me permets d’inciter chacun à faire preuve de responsabilité et d’humanité. Celles et ceux qui jugent nécessaire d’émettre des critiques doivent faire en sorte que ces critiques demeurent d’essence politique et reposent sur des éléments rationnels.
Parce que, d’une part, il est détestable, au plan humain, que ces critiques dérivent vers des éléments personnels et irrationnels car c’est l’esprit guerrier, primaire, bestial, qui prend alors le dessus, chaque mot blessant venu d’une des parties en amenant un autre de la part de l’autre partie.

Parce que, d’autre part, cela est suicidaire. On ne peut plus s’entendre dans de telles circonstances. On ne peut éduquer les gens qui nous lisent avec de tels arguments.

Quand on exprime des critiques politiques, on permet aux gens qui nous lisent de prendre connaissance d’arguments différents, voire opposés et cela aide à la réflexion et au jugement de tous. C’est pourquoi, je considère que la critique est indispensable. Ne serait-ce que parce que l’idée ou la proposition qui est ainsi critiquée se trouve des défenseurs qui viendront apporter des arguments en défense et chacun ensuite pourra se forger son opinion qui reposera sur un jugement éclairé. Comme aime à le dire Jean-Luc Mélenchon, le clivage, en participant du débat, aide le jugement et fait vivre la démocratie. Le consensus et la mise à l’écart des dissidents, c’est tout autre chose que la démocratie.

Quand nous disons « Place au peuple » ou « Prenez le pouvoir », nous nous affichons comme démocrates. Assumons-en les conséquences pratiques dans nos comportements quotidiens… Pas de censure devant la critique !

Mais quand nous disons « L’Humain d’abord ! » ou « camarade-s », nous disons que nous nous respectons les un-e-s les autres, par delà nos désaccords politiques… Donc, ici aussi, tirons-en les conséquences pratiques dans nos échanges !

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Du débat public – Réflexions à partir d’un rapport public rédigé par le conseil de développement de Nantes Métropole

Au Parti de Gauche, nous sommes des partisans de la démocratie. Nous voulons instaurer un nouveau régime que nous appelons « Sixième République » parce qu’il prendra la suite de l’actuel, cinquième du nom. Mais nous le voulons radicalement différent de tous ceux qui l’ont précédé, aussi bien dans certains de ses principes, que dans la plupart de ses applications quotidiennes. À nos yeux, bien plus qu’une simple nouvelle République, c’est un nouveau monde que nous voulons contribuer à instaurer. Et sur le plan des institutions politiques et constitutionnelles, c’est bien la « Première véritable démocratie » que nous allons œuvrer à faire naître.

J’ai commencé par évoquer notre espoir, notre détermination, à nous, au Parti de Gauche, parce que je suis un de ses militants, depuis désormais presque 5 ans. Mais je sais très bien que nos espoirs sont partagés très largement par les citoyennes et citoyens de notre pays, à quelque parti ou organisation politique qu’ils appartiennent et quelle que soit la philosophie politique à laquelle qu’ils embrassent. Et beaucoup ont la même détermination à contribuer à changer le monde et à le rendre meilleur, même quand le Parti de Gauche n’est pas leur maison commune.

Pour que la démocratie soit refondée après avoir été restaurée, il faudra que nous ayons mené, tous autant que nous sommes, et quelle que soit notre place dans la société, à la fois individuellement et collectivement, un énorme travail de réflexion, d’analyse et de formation quant aux questions que pose le débat institutionnel et constitutionnel. Mais il faudra aussi et surtout, et ce, dès l’origine, organiser un débat public digne de ce nom et digne de ce que nous voulons faire de notre vie publique collective. Cela implique de repenser le débat public dans ses fondements, dans ses conditions, dans ses modalités, dans ses conséquences.

Il se trouve que je viens de lire un texte particulièrement intéressant sur la question. Ce texte s’inscrit tout à fait, je crois, dans l’esprit démocratique et citoyen que nous voulons incarner. Or, ce n’est ni à proprement parler, ni directement, un texte qui a été conçu dans le cadre du débat institutionnel et constitutionnel de la 6e République. Ce texte auquel je fais ici allusion, et que je vais vous faire partager plus loin, comme ses auteurs, sont étrangers à cette question. Je ne dis pas qu’ils lui soient hostiles, je dis que la rédaction de ce texte ne s’inscrivait pas du tout dans une logique de débat institutionnel et/ou constitutionnel. Par contre, ce texte, en développant des analyses et des propositions relativement au processus du débat public, s’inscrit malgré tout, à mes yeux, dans la réflexion institutionnelle et constitutionnelle que nous avons amorcée au Parti de Gauche et que nous allons faire vivre dans les prochains mois au sein de la société française, notamment – mais pas seulement, loin de là – grâce au Mouvement pour la 6e République.

Ce texte dont je vous parle est un rapport élaboré à la demande d’une collectivité locale en préalable à un grand débat public devant porter sur des questions d’aménagement, d’urbanisme, d’architecture, de transports, de logement, d’aménagement commercial… et de tout ce qui fait le cœur de la gestion publique locale. Il n’est donc pas un texte de nature ou d’essence institutionnelle ou constitutionnelle. Il ne parle pas du pouvoir en tant que tel mais il nous parle indirectement de démocratie. Il peut donc s’incorporer dans le débat qui nous intéresse au premier chef. Ce texte nous dit des choses que l’on trouve rarement dans un document « technicien » et qu’il est assez peu fréquent de lire dans les réflexions et le travail quotidien des décideurs, fussent-ils locaux. Les réflexions et suggestions que les auteurs de ce texte ont mis sur la place publique méritent, selon moi, d’être connues et méditées.

 Ce texte a été rédigé par ce que le jargon technique, relatif au monde des collectivités locales, désigne sous le nom de « conseil de développement ». De très nombreuses intercommunalités françaises en disposent. Alors même que cette institution est d’essence « technicienne » puisqu’elle assiste les décideurs locaux sur les thématiques qu’ils gèrent, elle est aussi d’essence « citoyenne » puisque une partie de ses membres représente les citoyen-ne-s. Cet organe qui est en quelque sorte un « conseil de l’intercommunalité » est aussi un relai entre les structures administratives et politiques de l’intercommunalité et les citoyen-ne-s.

Le conseil de développement dont je vous parle est celui de Nantes Métropole, c’est-à-dire de la communauté urbaine de Nantes. Les élu-e-s de Nantes Métropole ont en effet décidé en juin dernier, de lancer un grand débat dans le territoire métropolitain nantais sur des thématiques liées à la Loire. Peu importe ici le sujet principal car ce n’est pas ce qui nous intéresse dans le débat institutionnel et constitutionnel. En revanche, ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant dans ce rapport, et ce qui m’a donné envie d’en relayer les passages les plus significatifs, c’est cet esprit démocratique que l’on trouve très rarement dans des rapports de ce genre. Si les développements quant au fond de la question, à savoir les aménagements divers projetés et mis en débat, ne nous intéressent pas ici, en revanche, tout ce qui est dit quant au débat public en tant que tel, me semble riche de perspectives enthousiasmantes.

Je ne vous parle pas de cela pour vanter les choix stratégiques d’une collectivité locale. En effet, même si certains liens m’attachent à elle, cela serait hors sujet ici, relativement au message que je veux transmettre. Et si je suis un militant engagé, c’est notamment au Parti de Gauche et ce n’est donc pas au service des élu-e-s locaux qui dirigent et animent cette collectivité locale puisqu’ils incarnent un parti que je combats politiquement au plan national et souvent aussi au plan local. Mais l’honnêteté m’impose de dire que ce qui se passe parfois à Nantes, se rapproche un peu des convictions qui sont les miennes. Et quand le rapport auquel je fais allusion, dont vous pourrez lire plus bas les passages les plus dignes d’intérêt quant à la question de la démocratie et du débat public, d’une part, exprime aussi clairement une ambitieuse vision démocratique, et que, d’autre part, les premières décisions stratégiques adoptées par les instances décisionnelles de la collectivité suivent ses recommandations pour en faire des lignes de force du débat qui va s’ouvrir, je ne peux que me satisfaire de cette bonne volonté apparente des décideurs de la collectivité et de cette proximité avec ma propre vision.

Je précise que le texte en question est public. Si je n’en reproduis que les parties directement intéressantes pour ce qui concerne la démocratie et le débat public, toute personne souhaitant le lire dans son intégralité, et découvrir notamment les éléments d’aménagement sur lesquels il porte, pourra consulter la page internet suivante où il est accessible intégralement : http://www.nanteslaloireetnous.fr/medium/W1siZiIsIjIwMTQvMTAvMTcvdWQxMjF2YWQ3X1RfRG9jU29jbGVfQ29tcGxldC5wZGYiXV0/T-DocSocle-Complet.pdf?sha=c73ee1d6c91eefe9

Nota : si je reproduis le texte en question, j’en ai modifié quelques éléments de telle manière que les passages se rapportant directement à des questions d’ordre urbanistique nantais n’y figurent pas. J’ai aussi réécrit certains passages afin de coller à l’objet du message que je veux faire partager. En effet, le texte, aussi bien dans sa structuration que dans son contenu, se suffit à lui-même, à deux ou trois nuances près. Et s’il a pour objet de défendre des idées démocratiques quant à un débat public en vue d’aménagements locaux, il a aussi, à mes yeux, une portée beaucoup plus large et les phrases qui ont été rédigées par ses auteurs, sont, en elles-mêmes, des messages utilisables tels quels, pour appuyer l’idée que je veux faire partager.

Apparaissent en police de couleur bleue les éléments qui sont de ma propre rédaction et qui sont donc soit des ajouts soit des réécritures partielles du texte source. Vous constaterez que ces passages représentent une infime proportion du total.

Apparaissent en rouge les éléments du texte initial qui avaient été mis en relief par ses auteurs et apparaissent en gras ceux que j’ai moi-même mis en relief.

Ultime précision d’importance : les auteurs de ce texte ne sauraient être engagés, d’une quelconque manière, par l’usage que je fais de leur rapport puisque c’est moi qui ai décidé de faire connaître leur travail mais en l’utilisant à une autre fin que la mission qui leur avait été confiée.

* * * * * * * * * *

Extraits du rapport du conseil de développement de Nantes Métropole à propos du débat public préalable aux aménagements « Franchissements de la Loire – Cœur métropolitain »

Un débat public ouvert à tous

Principes, méthodes, outils

Introduction

 Les conditions de la « participation citoyenne » sont fortement interrogées aujourd’hui dans une période souvent qualifiée de « déprime » ou de « lassitude » démocratique.

Une occasion de dépasser le concept, déjà traditionnel, de «démocratie participative» est ainsi offerte, au moment où de nouvelles générations d’élus arrivent au pouvoir et appréhendent la gestion des affaires publiques avec des repères renouvelés.

Un climat de défiance

La question posée au Conseil de développement intervient dans une période qui voit croître le niveau de défiance des habitants vis-à-vis des institutions.

Le rapport au projet, au grand équipement a complètement changé de nature en même temps que la capacité des finances publiques évolue défavorablement avec la crise économique. Ce climat de défiance est sans doute beaucoup plus grave que ne peut le traduire sa seule expression dans les urnes, si spectaculaire soit-elle. Plus que jamais, les conditions d’élaboration de la décision publique constituent un enjeu démocratique qui transcende la plupart des clivages traditionnels.

1°/ Pouvoir débattre du débat

Le débat public ne devra pas se limiter à un simple choix qui s’apparenterait à un « QCM ». Le débat ne doit pas consister à approuver ou non les propositions déjà présentées ; il doit aussi être l’occasion d’en ajouter, d’en retrancher ou de proposer d’autres options.

Les citoyens doivent pouvoir formuler leurs questions et les confronter à celles de la puissance publique.

La qualité et la réussite d’un débat qui serait repositionné par les citoyen-ne-s sera la condition [pour qu’ensuite ils approuvent largement le projet finalisé en ayant le sentiment qu’il est le résultat de leur intervention directe].

1.1/ L’open data, le vrai

Pour qu’un débat public soit efficace, il faut que les informations soient disponibles, fiables, impartiales et sincères.

[Il est donc indispensable pour les organisateurs du débat de] mettre à disposition [de tous les citoyens] un certain nombre d’études déjà réalisées. Il faut que cette logique continue de s’appliquer et s’élargisse dans une démarche vers un plus large public. Il serait contre-productif de vouloir dissimuler des éléments qui finiraient de toute manière par apparaître au grand jour.

Par ailleurs, la qualité du débat dépend autant de la connaissance des motivations que des seuls argumentaires techniques. Qu’est-ce qui motive le débat ?

Quelle est la vision [des organisateurs du débat] ?

Pour que le débat porte ses fruits, le principe doit être celui de « l’open data total ». Tout doit être mis sur la table. Les [organisateurs du M6R comme la plupart des citoyen-ne-s qui ont commencé à se saisir, d’une manière ou d’une autre, de la question de la 6e République et plus largement de la démocratie à refonder] ont entamé une politique d’ouverture des données publiques vers les [citoyen-ne-s]. C’est une initiative encourageante qui a besoin d’être élargie pour ne pas se limiter au minimum vital. La dissimulation n’est plus forcément une vertu politique du temps présent.

Le temps de la décision « pré-découpée » est d’autant plus révolu que la rétention d’informations deviendra une pratique de management de plus en plus risquée au fil du temps.

 1.2/ Accepter l’initiative venue d’en bas

Dans l’esprit d’un débat ouvert, il faudra éviter que les échanges se construisent seulement sur l’acceptation ou la contestation d’une initiative « descendante ». Dans ce type de débat, ce serait une attitude totalement contreproductive. Il est impératif d’éviter l’attitude, encore souvent répandue dans la sphère technico-politique, fondée sur le mode « voilà ce qu’il faut en penser ». Dans un grand nombre de débats, ceux qui sont en charge de la préparation de la décision conservent une tendance à la “condescendance“ envers des habitants qu’on peut écouter mais sans beaucoup plus…

La question que les décideurs doivent se poser est la suivante : de quoi les [citoyen-ne-s] ont-ils vraiment envie de parler ? Ils n’ont pas toujours simplement envie de réagir à des propositions mais aussi d’en faire eux-mêmes. Ils peuvent donc aborder le sujet du débat d’une autre manière que ceux qui sont en charge de la décision.

Le croisement de l’ascendant et du descendant est aujourd’hui à la fois une condition du bon fonctionnement des sociétés démocratiques et une garantie d’une certaine forme d’équilibre dans la décision. La seule qualité de représentant élu ne confère pas l’infaillibilité, celle de citoyen non plus. Dans une société du savoir répandu et partageable, c’est le mélange, la confrontation et l’échange qui permettent l’acceptation.

Croiser l’ascendant et le descendant et accepter la part venue d’en bas sont aujourd’hui une condition de la bonne qualité de la délibération.

1.3/ La parole aux sans-voix

Le débat ne doit pas s’adresser seulement à ceux qui sont motivés, même s’ils peuvent déjà être nombreux quand on fait appel à l’expression du ressenti.

Être sans-voix ne signifie pas nécessairement être pauvre et habiter un quartier qu’on qualifie, selon le porteur des politiques publiques, de « populaire » ou de « sensible ». Être sans voix c’est souvent avoir beaucoup de choses à dire mais ne pas trouver le canal d’expression ou le porte-parole. La catégorie des « sans voix » ne doit pas être approchée avec des pré-supposés.

En matière de débat public, donner la parole aux sans-voix c’est permettre des expressions variées : celle du chômeur dont la mobilité est réduite par la situation financière comme celle du travailleur qui se plaint de devoir passer plusieurs heures de son temps dans des déplacements ralentis, celle de tous ceux qui se sentent concernés mais qui ne se sentent pas représentés par des groupes organisés, celle de ceux qui ne sont pas « militants » [ou des membres] de tel ou tel [parti, organisation ou association] ou de telle ou telle cause mais qui aiment leur Ville, [leur département, leur région, leur pays] à leur manière et qui sont attentifs à son devenir, celle enfin de ceux qui parlent bas et que les décideurs n’entendent pas.

Donner la parole aux sans-voix semble une évidence, il sera encore mieux d’y mettre les moyens pour la rendre vraiment possible.

Dans un contexte social de plus en plus fragmenté, il faut donc rechercher les moyens de toucher le plus largement les habitants. Cela supposera de multiplier les formules pour obtenir une très large palette de points de vue. Cela suppose aussi une capacité d’adaptation à tous les publics et quelques efforts d’imagination.

Une mauvaise lecture du débat public serait de considérer qu’il s’est bien déroulé s’il n’y a pas eu de grandes contestations repérées. Cela pourrait seulement vouloir dire que la parole ne s’est pas assez largement exprimée. [Ainsi qu’aime à le dire Jean-Luc Mélenchon, la démocratie ce n’est pas le consensus mais le clivage reposant sur un débat argumenté, basé sur la raison, la vérité, l’authenticité  et la sincérité, pour que chacun puisse, en toute liberté, se forger une opinion après avoir été complètement informé des tenants et aboutissants de la question].

1.4/ Capter la subjectivité

 Il existe déjà, sur le territoire [de la République française], une très grande variété de dispositifs de médiation, de connexion, de participation… qu’il faudra utiliser pour capter les ressentis et les attentes des habitants. Les structures participatives de toute nature sont particulièrement nombreuses et certaines ont déjà un acquis important de réflexion sur la thématique [démocratique et institutionnelle].

Cette multiplicité de dispositifs de participation est un excellent moyen de rechercher la variété des approches et les divergences. Dans un débat public, il ne faut pas nécessairement chercher à obtenir des citoyens une position unanime mais au contraire à repérer la variété des attentes et aussi les contradictions, les oppositions, voire les conflits.

La prise de décision ne repose pas que sur le partage de grands objectifs mais aussi sur la capacité à apporter un bouquet de réponses à des demandes variées.

 S’agissant de thématiques telles que la démocratie et toutes les notions gravitant autour (constitution, République, régime parlementaire, présidentialisme…) les réserves de subjectivité sont importantes. Dans cet esprit, peut-être faut-il accepter de dépasser le mythique « intérêt général » qui porterait la solution idéale et dont les représentants élus se sentent investis ? Peut-être faut-il accepter d’examiner des conflits d’intérêts collectifs légitimes ?

À titre d’exemple dans ce débat public, la grande question de la relation entre démocratie et régime représentatif resurgira immanquablement. Elle se traitera mieux en recensant d’abord les conflits d’intérêts et en recherchant une variété de réponses qu’en cherchant à dégager un “intérêt général“ qui continuera d’être vécu comme l’imposition d’un point de vue sur un autre.

1.5/ Renouveler le sens des échanges : décideurs/citoyens mais aussi citoyens/citoyens

L’enjeu du débat public n’est pas seulement d’organiser le dialogue entre des élus décideurs et des citoyens selon la traditionnelle logique « descendante » mais aussi entre les citoyens eux-mêmes.

Dans le cas précis de la question démocratique et des solutions pour la restaurer et la faire progresser, on a vu que des citoyens qui s’organisent peuvent être porteurs de projets d’un niveau technique équivalent à celui des sachants. Il ne s’agit pas seulement d’idées plus ou moins élaborées mais bien parfois de réflexions très avancées avec des articles voire des projets de nouvelles constitutions et déclarations de droits entièrement rédigées, mais aussi de démarches militantes et citoyennes très novatrices. À cet égard, il est assez emblématique de constater que peu à peu l’esprit de Podemos essaime en France et que des initiatives citoyennes se multiplient où l’exigence de repenser et de vivre autrement la démocratie rassemble des citoyen-ne-s qui n’ont pas toujours la même vision sur tous les sujets mais qui jugent utile de travailler ensemble pour rendre possible la plus importante de toutes les refondations politiques, celle de nos institutions.

Ces projets ne doivent pas être soumis seulement à l’appréciation des élus décideurs, dans une logique traditionnelle qui serait inversée, mais aussi à celle des autres citoyens, d’abord par le débat public, ensuite par le biais du référendum d’initiative citoyenne.

Cet échange entre les citoyens eux-mêmes, dont le niveau de compétence technique peut équivaloir à celui des experts, est aujourd’hui un des grands enjeux de la participation et c’est une donnée fondamentale du débat public. Sans ce renouvellement des échanges, se met en oeuvre une opposition de lobbies dont certains peuvent aussi être « citoyens ».

1.6/ Le retour du débat et le suivi des suites…

Les décisions publiques, si collective que soit leur élaboration, ne répondent jamais à toutes les attentes. L’organisation du débat public doit donc prévoir, en amont les modalités qui seront celles du « retour » vers les participants. Ces modalités du « retour » et de l’explication des choix sont fondamentales pour ne pas générer des frustrations susceptibles de remettre en cause les acquis du débat public.

Ce retour pourrait prendre plusieurs formes :

  • la publication d’un état annuel de l’avancement des projets avec l’engagement de mettre sur la table tous les éléments qui font que la décision avance… ou pas
  • l’organisation, selon un rythme à déterminer, d’échanges organisés sur le même mode que ceux du grand débat public, mais avec des moyens plus modestes
  • l’utilisation massive des outils numériques pour mettre à disposition permanente les informations sur les projets.

Par ailleurs, l’ouverture d’un débat sur la constitution, le régime politique, les droits et libertés, débouchera sur des évolutions qui dessineront une nouvelle France pour sans doute plusieurs décennies. Pourtant, il pourra être nécessaire de remettre régulièrement « sur le métier » un certain nombre d’éléments de débat car ce que nous déciderons collectivement, nous ne saurions l’imposer aux générations qui nous suivront. Nous devrons donc faire en sorte qu’il soit possible pour celles et ceux qui vivront après nous de remettre en cause nos choix et d’en faire d’autres.

Par ailleurs, il ne faut pas que ce grand débat soit un moment de mobilisation citoyenne fugace sans lendemain. Il faut que ce soit l’occasion pour les citoyen-ne-s de prendre conscience que c’est eux qui auront désormais le pouvoir souverain et que leur vie dépendra largement de leurs choix collectifs et non plus de décisions prises en leur nom par de prétendus représentants. Dans cet esprit, même quand la nouvelle constitution aura été adoptée et mise en application et un nouveau régime politique institué, nombreuses seront les décisions qui seront largement inspirées, élaborées et adoptées par les citoyen-ne-s eux-mêmes, par un vote qu’ils assumeront eux-mêmes au lieu de le déléguer de manière systématique.

2/ Les outils du débat public

2.1/ Une assemblée de citoyens tirés au sort

Notre éducation civique nous conduit à considérer le tirage au sort comme une idée utopique. Pourtant, cette question est de nouveau à l’ordre du jour et l’histoire de la démocratie ne se clôt pas avec le système représentatif.

Des réflexions sont conduites à ce sujet dans les Think tanks politiques de toutes obédiences politiques et de nombreux chercheurs enrichissent aujourd’hui ce concept avec leurs travaux.6

 Voir notamment sur ce sujet polémique :

– Bernard Manin, « principes du gouvernement représentatif », Flammarion, réédition 2012

– Yves Sintomer, « Petite histoire de l’expérimentation démocratique », La découverte 2011

– David Van Reybrouck « Contre les élections », Actes Sud 2013,

– Intervention de Goulven Boudic au Conseil de développement de Nantes Métropole : http://www.nantes-citoyennete.com/ACTU/131118_Boudic.html

 Méprisée et traitée le plus souvent avec condescendance, la thématique du tirage au sort et de la démocratie prend pourtant tout son sens dans une actualité électorale qui devrait nous conduire à un minimum de réflexion distanciée sur les limites de la délégation de pouvoir. L’introduction de doses de tirage au sort n’est pas la remise en cause de la démocratie représentative ; elle peut au contraire la consolider en lui offrant une nouvelle respiration.

À l’échelle internationale, des expériences existent et sont déjà largement commentées : Colombie britannique, Islande, Irlande… À l’échelle locale, le tirage au sort est d’ores et déjà pratiqué aujourd’hui par les collectivités locales à travers des formules comme celle des « panels » ou des « ateliers » citoyens, des conférences de consensus… C’est une première étape intéressante mais encore limitée. Elle en appelle d’autres. Le niveau « d’encadrement » des dispositifs mis en oeuvre par les collectivités peut encore empêcher une expression totalement libérée.

Notre République marquerait un moment très fort en tentant, à l’échelle locale pour commencer, la constitution d’assemblées de citoyens tirés au sort, dont la mission serait, non pas de décider à la place des élu-e-s et du peuple souverain pris dans sa globalité mais de réinterroger le cadre de départ de tout débat et de toute prise de décision en y incorporant une influence citoyenne et un esprit de collégialité.

Les caractéristiques générales de cette assemblée citoyenne pourraient être les suivantes :

  • un nombre de membres équivalent à celui de l’assemblée délibérative de la collectivité concernée (conseil municipal, communautaire, général, régional, Assemblée Nationale…)
  • un tirage au sort dont les modalités restent à affiner (tirage au sort intégral, part de volontariat ?) mais qui devra respecter quelques principes : parité, diversité, équilibre territorial, ouverture la plus large pour aller au-delà des seules listes électorales (ouverture par exemple aux étrangers et aux jeunes non encore majeurs qui pourraient y participer)
  • un appui technique assuré par des personnalités qualifiées avec le concours éventuel d’experts extérieurs
  • des travaux à caractère public
  • un temps suffisant de délibération.

Cette assemblée citoyenne ne produirait pas seulement le traditionnel et général « avis citoyen » rendu par les dispositifs de type « panel » mais un véritable cahier de préconisations :

Ces « parlements » citoyens redonneraient à la France républicaine une image positive exprimant le message que l’innovation, l’ambition et le progrès sont redevenus des moteurs de la vie de la nation.

Ce renouveau démocratique ouvrirait de la meilleure façon possible la période à venir qui sera probablement celle d’une certaine « mixité » démocratique dans laquelle se développera une nouvelle alchimie de la représentation, de l’expertise et de l’intervention directe des citoyens.

2.2/ Un laboratoire des expériences numériques

Trois grandes raisons plaident pour la mise en œuvre d’outils numériques pour le débat public :

  • le numérique bouleverse non seulement l’information mais la capacité citoyenne à se mobiliser pour une cause. Si l’utilisation des outils numériques n’est pas pensée en amont, des mobilisations spontanées peuvent naître. Dans ce domaine, on gagnerait à analyser finement la « bataille » de communication qui s’est jouée autour de Notre Dame de Landes…
  • La France dispose des ressources nécessaires pour créer un nouveau champ d’expériences pour de nouvelles méthodes d’échanges et de dialogue sur les projets publics. S’appuyer sur des structures locales constituerait une occasion supplémentaire de mobilisation.
  • le numérique offre une capacité de toucher une très large population et de nouvelles catégories d’habitants.

Il ne s’agit pas de faire du « numérique » parce que c’est l’air du temps mais d’abord parce qu’il faut « améliorer » les conditions du débat public, c’est à-dire faire en sorte que les solutions retenues correspondent aux attentes. Sur cette base, il faut élaborer des outils numériques autonomes et déconnectés du reste du débat pour répondre à deux grands objectifs :

  • innerver l’ensemble des démarches d’échanges et de discussions par de nouvelles pratiques
  • développer une expérimentation capable de constituer une référence en matière de combinaison numérique/participation/coproduction.

La mise en oeuvre d’une expérimentation numérique pourrait résulter d’une combinatoire d’outils :

  • L’écoute du Web

On dit déjà beaucoup de choses sur le web… à propos de démocratie et de 6e République, avant même qu’un débat officiel ne soit lancé. Il existe des outils de suivi et d’analyse des conversations web. Cela permet de mesurer la sensibilité spontanée, les éventuelles communautés constituées sur le sujet, d’obtenir des expressions spécifiques et, à l’inverse, d’identifier ceux qui restent à toucher.

Des startups nantaises sont spécialisées dans ce domaine.

  • La mise en oeuvre de dispositifs d’échanges ouverts

Dans ce domaine, les outils sont variés et l’intérêt sera de les multiplier : tchats en ligne, Wiki, labo de concertation, réseaux sociaux…

  • L’utilisation et la valorisation des nouveaux médias en ligne

On peut capitaliser à Nantes sur de nombreuses expériences inventives en matière de nouveaux médias*, quelle que soit leur appellation : contributifs, participatifs… Ces outils touchent de nouveaux publics et ont la capacité de démultiplier les occasions d’échanges et de débats.

* www.medias2030.org

  • La datavisualisation : un Hyblab pour la 6e République ?

La datavisualisation permet de donner « à voir » à partir de la masse des données disponibles sur un sujet. Elle permet de construire des narrations. Dans l’esprit du Hyblab* organisé chaque année par le cluster Ouest Medialab** avec les étudiants en journalisme, une manifestation similaire pourrait voir le jour sur la thématique de la 6e République et de la 1ère véritable démocratie républicaine française.

* www.hyblab.fr

** www.ouestmedialab.fr

  • L’immersion par le numérique

Il existe aujourd’hui des outils permettant l’immersion dans des situations pour les faire évoluer virtuellement. C’est sur ce type d’outil que la capacité d’invention des développeurs nantais peut être sollicitée. Ces outils permettent l’appropriation par les publics jeunes et surtout le repérage des nouvelles représentations de l’urbain par des catégories de population qui se tiennent généralement à l’écart des concertation traditionnelles.

Il y a un principe de créativité à mettre en oeuvre pour éviter que la puissance publique ne fasse que répliquer sur Internet ce qu’elle pratique par ailleurs en matière d’outils de concertation traditionnelle.

Il faut accepter aussi l’existence d’un « débat parallèle » qui ne rentre pas forcément dans la cadre des prescriptions publiques. Il peut y avoir un « festival off » très profitable au « festival officiel ». Les outils numériques sont très efficaces pour le off.

Les grandes réunions publiques, la concertation classique à base de dossiers complexes donnent aujourd’hui des résultats limités et favorisent l’expression des publics déjà bien informés. Il faut donc revisiter ces outils au regard des exigences des citoyens d’aujourd’hui et de la nécessité de toucher un maximum d’habitants.

Dans l’esprit initié à Nantes par « Ma ville demain », il faut faciliter l’appropriation du débat par les citoyens en proposant des objectifs de méthode :

  • des rencontres à faible effectif pour permettre une expression précise des rencontres ne dépassant pas 10-20 personnes
  • des rencontres sur les lieux de vie, de travail, de loisirs
  • des rencontres de type « Tupperware » (les politiques sont capables de se mobiliser plusieurs semaines pour faire du porte-à porte en cas d’élections, pourquoi pas pour une autre cause ?)
  • des rencontres impliquant les dispositifs participatifs existants, notamment les conseils de quartiers mais aussi toute la gamme existante des dispositifs participatifs
  • des rencontres sur la base d’outils qui « donnent à voir ». S’agissant d’échanger sur la manière de vivre sous une 6e République vraiment démocratique, les rencontres de proximité doivent s’appuyer sur l’utilisation de tous les moyens, notamment numériques, qui permettent de visualiser les lieux et leurs aménagements,

Les médias locaux

Dans le rapport à la proximité, les médias locaux (quotidiens, hebdos, radios, télévisions) jouent évidemment un rôle majeur. Au delà du seul suivi de l’actualité du débat, ces médias ont une capacité importante d’innovation et d’intervention pour démultiplier les échanges et enrichir leur qualité. Parmi les initiatives de ces médias, on pourrait imaginer des processus d’auditions, des débats d’acteurs, des rencontres spécifiques…

Cette panoplie d’outils de rencontres, avec les documents qui les accompagnent, doit permettre de donner à la fois une vision globale des enjeux et de traiter les questions techniques, Les citoyens doivent comprendre les grandes données des problèmes posés et en même temps obtenir des réponses sur des questions très précises concernant les différents aspects que porte en elle la révolution de la 6e République.

Ne pas abuser des effets de mode

Les rencontres dites « participatives » ont intégré depuis quelques années les méthodes de la rencontre collective divisée en petits groupes pour obtenir l’expression de ceux qui ne prennent guère la parole dans les séances publiques classiques. Cette méthode plait le plus souvent aux participants puisqu’ils y trouvent une forme de liberté et de convivialité. Le PG a par exemple mis en œuvre, depuis près de trois ans, cette façon de faire en son conseil national. Il organise des « ruches », c’est-à-dire de petits groupes de quelques dizaines de personnes.

Cette méthode a beaucoup d’intérêt puisqu’elle modifie la nature des échanges en créant une forme d’égalité entre les participants. Elle a aussi ses dérives. Une certaine forme de banalisation aboutit qu’on se contente souvent de la « mise en scène » participative, agrémentée de l’utilisation abondante de post-its dont la synthèse peut se révéler hasardeuse, voire un peu « orientée ».

 

Nous n’avons jamais été en Démocratie ! – Par Nicolas Poitier le 11/06/2012

Nicolas Poitier a publié le 11 juin 2012 ce texte qui alimente le débat institutionnel que nous allons faire vivre…
*
Nous n’avons jamais été en Démocratie !

Nous n’avons même jamais su ce qu’est la démocratie.
La Démocratie ne peut être exercée que par un peuple informé.

Regarder les médias suffit pour se persuader que nous ne sommes pas en Démocratie.

La Démocratie ne peut être exercée que par un peuple éduqué.

Regarder ceux qui vous entourent et leur connaissance historique, leur notion de logique et leur compréhension des sondages et des phénomènes de base de sociologie, d’économie ou même de démocratie suffisent pour se persuader que nous ne sommes pas en Démocratie.

La Démocratie ne peut être exercée que par un peuple entier.

Regarder la participation, l’exclusion du peuple des personnes « étrangères » qui vivent sur notre sol et subissent la loi décidée par les « Français » suffit pour se persuader que nous ne sommes pas en Démocratie.

La Démocratie ne peut être exercée que par le peuple.

Regarder nos institutions, les élus inamovibles élus sur leur notoriété, issus de la même classe sociale ou convertissant les rares exceptions de fait par les revenus qu’ils tirent de l’exercice de leur métier suffit pour se persuader que nous ne sommes pas en Démocratie.

La Démocratie ne peut être exercée sans débat démocratique.

Regarder les campagnes électorales, les refus de débattre et les programmes inamovibles issus des réflexions idéologiques des mêmes idéologues sans volonté de débat ni de remise en cause suffit pour se persuader que nous ne sommes pas en Démocratie.

Non, nous ne sommes pas en Démocratie!

Non, ce gouvernement, comme tous ceux du passé, n’est pas démocratique !

Non, cette assemblée, qui ne n’est même pas proportionnelle, donc pas représentative et favorise la dictature de la majorité au détriment du débat et de la recherche de consensus, n’est pas démocratique !

Nous vivons dans une dictature renouvelable dirigée par un bipartisme qui se donne l’illusion d’être une Démocratie sous prétexte qu’elle propose 2 partis et non 1, mais qui en réalité n’a que peu de choses à envier aux pires dictatures….

Attention ! Je ne dis pas tous pourris, je ne dis pas que la majorité des élus n’ont pas la volonté de bien faire, mais je dis simplement qu’aucune des conditions requises pour une Démocratie n’est réellement remplie.

Ps : pour ceux que cet article intrigue, ravit ou indigne, voici un texte incomplet pour mieux comprendre ce que je pense :

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre38523.html

Merci de m’aider par vos critiques et vos participation à le faire avancer.

Où il est question de « débat argumenté »…

Sur un fil Facebook, je lis une personne de mes contacts se plaindre de constater un  « anticommunisme primaire ».

Je lis ses propos et les nombreux commentaires à sa suite.

Je constate alors que celle-là même qui dénonçait un anticommunisme primaire n’est pas loin d’être coupable de la même « inconséquence » (je préfère utiliser un terme moins infamant) dans ses accusations à l’encontre cette fois de Jean-Luc Mélenchon. D’autant que sur son mur apparaissent des publications tendant à prouver que JLM n’est pas celui qu’il prétend être. En publiant des interventions ou des citations de JLM datant de nombreuses années, qu’il a eu maintes fois depuis l’occasion de réformer, cette personne fait oeuvre malhonnête. Elle s’inscrit, comme tant d’autres, dans l’armée de ceux qui n’ont pour objectif que de tuer JLM, en le salissant, en déformant sa pensée, en caricaturant ses propos, en mentant à son sujet. Ce n’est pas un bon point de départ pour que je considère amicalement les personnes qui se comportent ainsi et qui, ensuite, viennent jouer les vierges effarouchées. Quand on donne des coups, il ne faut pas s’étonner d’en recevoir en retour…

Alors, j’ai eu envie de réagir. Et je l’ai fait avec rugosité :

« Eh bien, s’il existe peut-être des anticommunistes primaires (quoique cette accusation soit d’une stupidité sans nom et ne révèle, chez ceux qui la manient, qu’une vacuité intellectuelle), ils ont leurs pendants chez celles et ceux qui sont hostiles à JLM…

Et vous qui dénoncez l’anticommunisme et qui le voyez dans toute critique du PCF, vous ne faîtes pas avancer le débat et finalement vous venez vous aussi, à l’égard de JLM, sur le terrain où les propos les plus crétins et mensongers se substituent au débat rationnel et argumenté… »

Puis, après que j’ai envoyé ces flèches, un commentateur a publié cela : « Moi je suis pour le débat argumenté. Je m’en fiche de la personne de Mélenchon. Je dis juste que demander au gens de se battre pour une sixième république c’est se moquer du monde. Gattaz sera ravi de vous offrir une sixième république!! Et je reproche aussi à JLM son nationalisme profond, sa référence constante à l’idée de Patrie, et son anti germanisme primaire contraire aux valeurs internationalistes du mouvement ouvrier. J’ai des citations sous le coude pour ceux qui doutent. »
Franchement, vous avez le sentiment que ce dernier commentaire repose sur des « arguments » ?
Franchement, vous avez le sentiment que ce commentateur alimente un « débat argumenté » comme il disait vouloir le faire ?

Moi pas vraiment. Alors j’ai répondu ceci :

« Nous n’avons donc pas grand chose en commun et tes « arguments » s’apparentent plus à des accusations injustifiées et infamantes qu’à des éléments de débat rationnels.

Je me fiche que la personne de JLM ne t’importe pas. C’est bien ton droit et cela ne me pose en soit aucun problème.

Par contre, il est complètement idiot de dire de JLM qu’il est « antigermaniste primaire » et puis il serait bon pour le débat « argumenté » justement qu’un désaccord ne donne pas lieu immédiatement à l’accusation infamante de pensée « primaire »… En fait, c’est celui qui porte ce genre d’attaque qui met en évidence son incapacité à « argumenter » justement pour préférer des formules de discrédit. Pour reprendre la formule que, ce matin même, JLM a employée à propos de Hollande, je dirais qu’accuser quelqu’un d’être « anti-ceci primaire » (diverses variations existent sur ce thème) c’est être « un planqué de l’esprit ». JLM dénonce une certaine Allemagne mais apporte bien des arguments à l’appui de sa démonstration. Il a bien des amis en Allemagne. Ces Allemands-là qui pensent comme lui, sont-ils eux aussi des anti-germanistes primaires ?

Proposer la 6e République c’est « se moquer du monde » dis-tu ? Et « même Gattaz la proposerait » selon toi.

Ah bon ? C’est que tu ignores tout de notre projet constitutionnel et à ta place je me sentirais ridicule d’affirmer de telles inepties. Renseignes-toi mieux sur ce que cette 6e République signifie et tu comprendras combien ton propos est grotesque.

JLM est un « nationaliste profond » dis-tu ensuite ? Et tu lui reproches de parler de « patrie » ? Tu oublies de préciser que lorsqu’il utilise ce dernier terme, c’est toujours avec la précision suivante : patrie « républicaine des Français ». Ce qui change un peu le sens du mot… Et tu devrais relire Jaurès qui avait exprimé quelques idées forces sur ce sujet. Par exemple celle-ci, concise : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène » ou encore celle-là plus développée : « C’est dans les nations indépendantes que l’internationale a ses organes les plus puissants et les plus nobles. On pourrait presque dire : un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’Internationale ; beaucoup de patriotisme y ramène. Je veux donc, une fois de plus, préciser ma pensée sur ce grand sujet : je crois que l’existence des patries autonomes est nécessaire à l’humanité. Je crois notamment que la disparition ou la domestication de la France, serve d’une volonté étrangère, serait un désastre pour la race humaine, pour la liberté et pour la justice universelles. »

À moins que tu ne juges aussi Jaurès comme un nationaliste. Ce genre de propos inconséquents semble indiquer que tu dois t’inscrire dans cette mouvance selon laquelle toute prétention à raisonner dans le cadre de la nation, le seul cadre démocratique qui a fait ses preuves, est le signe du nationalisme. Une fois de plus c’est une erreur, voire une accusation infamante de plus. Le nationalisme est étranger à la philosophie de JLM ou des militant-e-s du PG. Romain Gary disait que le patriotisme était l’amour des siens alors que le nationalisme c’était la haine des autres. Nous nous inscrivons dans cet esprit. Nous sommes internationalistes mais comme il n’existe aucun organe de démocratie mondiale, nous ne pouvons faire fi du cadre national, d’autant plus que le cadre européen est devenu une dictature capitaliste et impérialiste et belliciste.

Bref, je constate que sur des sujets fondamentaux, nous divergeons radicalement mais ce qui me désole, ce n’est pas tant ça que de voir que bien que tu prétendes vouloir le débat argumenté, les éléments que tu mets en avant sont malhonnêtes et inexacts.

De la démocratie en général et en particulier…

Voici, reproduites ci-dessous, quelques réflexions qui m’ont été transmises par une camarade relayant elle-même une tierce personne. Il s’agit de propos relatifs à la question de la démocratie telle qu’elle fonctionne ou dysfonctionne aujourd’hui et telle qu’il serait bon qu’elle évolue demain, en France en général et au Parti de Gauche en particulier. Je les relaie car de tels propos me semblent pointer, avec pertinence, les efforts que nous devons accomplir, au PG et dans le pays, pour changer nos habitudes sur la question démocratique. Après avoir reproduit ces propos et mis en évidence ceux que j’estime être les plus importants, j’ajoute ma propre contribution à la question. Le débat doit s’ouvrir car la question de la démocratie que nous voulons instaurer dans le cadre de la 6e République nécessite un débat long, fouillé, contradictoire. Ne sont abordés ici que quelques principes élémentaires.

* * * * *

«  Le PG a un haut niveau de réflexion sociale et politique. Mais les efforts (en termes de qualité d’expression, d’analyse et d’argumentation) sont surtout des efforts d’appareil (discours, meetings, avertissements). Et le grand public et les électeurs ne perçoivent pas tous ces efforts. Les Français ne se sentent pas concernés par le PG.

Le PG propose des solutions pensées par les responsables, des solutions venant d’en-haut, mais pas des solutions dans lesquelles les gens se reconnaissent.

La seule voix perçue par le large public est celle de Jean-Luc Mélenchon.

Le PG est perçu comme une organisation centralisée avec une parole qui vient d’en haut. Il faudrait plus de vrai dialogue entre les gens et le PG.

Sur la 6ème République : où sont les débats publics avec les Français ?

On a l’impression que tout est ficelé à l’avance et que Jean-Luc Mélenchon et le PG attendent des circonstances électorales favorables pour sortir un programme tout fait. Or, à l’avenir, les Français voudront participer, ils voudront que leurs idées soient publiquement évoquées et débattues, ils voudront se sentir entendus et représentés.

Il est peu efficace d’accuser les médias car si les Français se sentaient écoutés et portés par le PG, les médias ne pourraient rien contre lui. Il faut aussi cesser de vouloir que le PG soit entendu par les Français, mais au contraire que les Français soient entendus et accompagnés par le PG. Il y a un changement de relation à établir.

Il faut cesser de penser à la place des Français, même si cela est fait intelligemment. Il faut faire participer les Français, les associer continuellement aux décisions dans lesquelles ils doivent reconnaître leur vie quotidienne. Ces décisions doivent les concerner.

Il faut entendre les Français, les représenter, les aider et cela peut et doit se faire avec un parti qui les renforce et organise la coordination à partir d’eux, un parti qui se mette au service des Français lesquels doivent pouvoir constater que la politique évolue pour de bon au fil du temps grâce à leur implication. Il faut donner plus de pouvoir aux Français. Il faut faciliter leur appropriation de la politique et leur maturation politique. Le PG a les ressources pour faire cela, à condition de le faire dans le bon sens : des Français qui inspirent les choix et le PG qui organise et coordonne.

Il faut faire participer les Français à l’élaboration de la politique, jour après jour, et leur rendre compte régulièrement de l’avancement des dispositions qui évoluent.

Les responsables de l’appareil ne doivent pas agir tous seuls, et laisser le plus grand nombre de gens à côté de l’élaboration.

Il faut les impliquer. Tant pis si la conception des choix à porter est plus rapide entre quelques cadres qu’avec les Français.

Impliquer les Français serait justement possible sur le thème de la 6ème République.

Cette implication pourrait prendre la forme de “cahiers de doléances” ou d’ “états généraux”, portant sur la vie des Français, que le PG piloterait. Mais “piloter”, ça ne veut pas dire écrire les contenus a la place des Français.

C’est tout un changement de conception, une révolution intérieure de parti qu’il faut faire avant les autres. C’est un changement de paradigme qu’il faut entreprendre.

*****

Les analyses, réflexions et suggestions ci-dessus concernent la pratique de la démocratie « participative » au Parti de Gauche.

Il y a quelques propos que je trouve particulièrement intéressants (ceux figurant en gras). Pour le dire avec mes propres mots, l’auteur de ces lignes estime que le PG pense bien mais pense trop tout seul. Le leitmotiv de l’auteur – on le saisit bien tellement c’est répété – est que le PG n’implique pas assez les Français dans ses analyses, ses débats et l’élaboration de ses propositions. Or l’auteur considère qu’il va falloir impérativement évoluer sur ce point et passer de la démocratie que l’on défend dans nos discours à la démocratie appliquée dans nos pratiques quotidiennes.

Cette exigence, exprimée avec d’autres mots que ceux-ci, par l’auteur des lignes ci-dessous, recoupe largement mes propres attentes de militant du Parti de Gauche mais de telles attentes sont très largement partagées. Le Parti de Gauche doit en effet intégrer pleinement cette nouvelle façon de militer et d’agir. Le temps doit être révolu où les « chefs », les leaders, les porte-parole, les cadres nationaux ou locaux savent seuls ce qui est bon pour tous et imposent, d’une manière ou d’une autre, leur vision à tous. Le temps doit être révolu où l’on ne débat et décide ensemble que de l’accessoire et où les principales décisions sont adoptées en petit nombre dans les hautes sphères.

Cela étant dit, et contrairement, me semble-t-il, à la vision de l’auteur, je ne crois pas, bien qu’étant militant du PG moi-même, que le seul PG est chargé de cette immense responsabilité devant le peuple français et devant l’Histoire. Le PG ne peut, à lui seul, parler pour tous. On peut le regretter si on est militant engagé et convaincu par ce parti, mais il est vain de le nier. Les circonstances politiques sont telles que nous devons intégrer pleinement, dans notre façon de penser et d’agir, que d’autres organisations existent et ont, elles aussi, une légitimité à incarner, comme nous, une part de l’avenir. En outre, des forces non organisées institutionnellement ou organisées autrement que sous la forme d’un parti politique (syndicats, associations diverses, comités politiques informels, assemblées citoyennes…) existent dans ce pays et ne demandent qu’à servir mais refusent de le faire en passant sous les fourches caudines d’un parti existant, aussi intéressant soit-il. Nous devons entendre cela et respecter les gens qui ont cela en tête. Nous devons, collectivement, proposer des solutions de rassemblement des énergies et des bonnes volontés venues du peuple et montrer au peuple français que nous avons bien l’intention de faire « Place au peuple » et que notre projet de 6e République, loin d’être un caprice de constitutionnalistes désoeuvrés, est le symbole du changement de régime et de paradigme. il est l’outil (ou l’un des outils) de nature à transformer radicalement les modes de pensée et d’action politique par l’implication directe, constante, durable du peuple dans toutes les décisions qui sont prises en son nom et, préalablement à la prise de la décision, à toutes les étapes antérieures préparatoires à celle-ci, notamment les débats indispensables et l’information complète, honnête, impartiale de tous sur les tenants et aboutissants de la décision concernée.

Je disais donc que le PG ne peut prétendre disposer seul de toute la légitimité du peuple et il ne le fait d’ailleurs pas. Il prend sa part avec d’autres à cette oeuvre citoyenne. Il a toujours essayé de créer le rassemblement de nature à nous rapprocher des objectifs. Nous connaissons l’histoire politique de ces deux dernières années notamment. Le Front de Gauche avait été conçu pour cela. Nous constatons aujourd’hui que pour diverses raisons ce Front de Gauche a échoué. Nous devons en prendre acte et passer à autre chose. Ce n’est pas se comporter en adultes responsables que de passer son temps à pleurer sur le lait renversé. Nous devons accepter la situation telle qu’elle est puisque nous n’y pouvons rien changer et que tout effort en ce sens ne fera que nous retarder dans la haute mission qui nous échoit, nous discréditer vis-à-vis des Français et nous enfermer dans des querelles subalternes. Puisque nous ne pouvons écrire une autre page de l’histoire du Front de Gauche, eh bien, ouvrons un nouveau livre.

Depuis quelques mois, nous constatons que le paysage politique évolue en France et en Europe. En Espagne, le mouvement « Podemos » a crée la surprise et cette surprise semble bien être un évènement de portée tectonique. Loin d’être un simple feu de paille, je suis de ceux qui croient que ce mouvement venu de la base est un des premiers signes puissants que le peuple veut se saisir de la politique et être un acteur désormais déterminant des choix qui sont faits par l’État ou par ses subdivisions territoriales, quel(le) que soit le nom ou la forme que prennent ces entités territoriales (communauté autonome, région, département, province, commune, intercommunalité…). Nous devons donc saisir cette opportunité de commencer la révolution citoyenne et il me semble que créer des cellules du type « Podemos » en France est  indispensable. Les partis de la révolution citoyenne existants y prendraient leur place éminente mais rien que leur place, sans être en situation de tout organiser, de tout décider, de tout régenter.

Au regard des circonstances politiques présentes en France, prenant acte de ce qu’est devenu le Front de Gauche, compte tenu de l’urgence à proposer une ALTERNATIVE qui puisse faire renaître l’espoir et donc remotiver les militant-e-s d’une part et les citoyen-ne-s non encarté-e-s d’autre part, nous sommes quelques-un-e-s, dont le nombre va croissant, à considérer que si les partis existants incarnent bien sûr une partie des espoirs de renouveau et doivent donc prendre leur part à l’oeuvre commune de révolution citoyenne, ils ne peuvent, de fait, parler au nom de tout le peuple français. En conséquence, ils doivent accepter que d’autres regroupements citoyens puissent se former et agir, au côté des partis, pour ratisser plus largement et offrir d’autres formes d’action politique.

Ce n’est pas un hasard si Jean-Luc Mélenchon a récemment commencé à exprimer l’intérêt qu’il discernait dans un mouvement comme « Podemos ». Il a compris ce que nous sommes nombreux à avoir compris et que j’ai exposé ci-dessus. Son interview, le 18 juillet dernier, est à voir ou revoir ici : http://www.youtube.com/watch?v=DUWBBwfbxv4.

Pour conclure, provisoirement car le débat ne fait que commencer, je dirais que le Parti de Gauche est, aujourd’hui, plus indispensable qu’il ne l’a jamais été depuis sa fondation et qu’il va devoir assumer son rôle de portée historique mais qu’il est tout aussi indispensable que d’autres forces, déjà institutionnellement organisées ou restant à organiser, se joignent à lui dans une autre phase de notre révolution citoyenne afin de passer de la seule Résistance que nous manifestons ardemment depuis des années à la riposte et à la reconquête du pouvoir, des consciences et des coeurs.

La création, partout en France, de cercles du type « Podemos » (que l’on pourrait dénommer « Nous on peut ! ») constitue un nouvel outil prometteur. À la rentrée politique, il est de plus en plus évident que de profonds changements du paysage politique français vont intervenir. Quelque chose prendra fin et autre chose naîtra. Qui a déjà commencé à s’initier ça ou là.

Nous, citoyen-ne-s engagé-e-s, nous devons nous saisir de cet outil et, tel-le-s les Espagnol-le-s, entamer le chemin qui nous fera être reconnu-e-s par le peuple français, comme les dignes et valeureux combattants de la première ligne de front, celles et ceux qui ont décidé, après avoir tenu la tranchée et subi le feu nourri de l’ennemi, de partir à l’assaut pour faire taire les armes qui nous déciment, reconquérir le territoire perdu et, une fois la victoire arrachée et la capitulation sans conditions obtenue de l’ennemi, reconstruire une République française ambitieuse en matière de liberté-égalité-fraternité, qui s’inscrive dans une Union européenne fondamentalement ré-inspirée et radicalement refondée sur des principes humanistes, et qui, l’une et l’autre, oeuvrent, avec l’ensemble des nations, des peuples et des gouvernements du monde à établir des relations internationales pacifiques et harmonieuses.