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Il serait peut-être temps…

Cela fait des années qu’on prétend « résister » or l’ennemi ne cesse de nous faire reculer, un peu plus chaque jour, davantage année après année !

Il serait peut-être temps que nous passions de l’enfance et de ses confondantes naïvetés à l’âge adulte et à son esprit de responsabilité.

Il serait peut-être temps que nous prenions le maquis pour de bon, et les armes qui vont avec…

Ou que nous fassions sécession comme vient de le suggérer Pierrick Tillet (lire ici son billet du jour) !

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Macron le 29/08/2017: « Le Venezuela, une dictature ». Ce que cette saillie m’inspire…

Macron qualifie le régime de Maduro au Venezuela de « dictature » et dénonce la « complaisance » de « certains » envers son régime.

Le problème avec les banquiers qui deviennent des dirigeants politiques, c’est qu’ils sont complètement cons dès qu’ils abordent un autre sujet que l’argent. Quand ils parlent d’argent, ils peuvent encore donner le change mais dès qu’ils sortent de cet étroit périmètre, les voilà perdus, les malheureux ! Les uns nagent dans l’inepte et tiennent des propos incohérents, les autres montrent aux yeux de tous leur inaptitude au rôle qu’ils ont voulu assumer.

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Entre peur, raison et détermination

1/ Mon billet écrit ce 28 avril, avant l’intervention de Jean-Luc Mélenchon dans le numéro 26 de la Revue de la semaine

Je suis de plus en plus inquiet. J’ai peur. Oui, je vous l’avoue : j’ai peur. Mais je ne suis pas gouverné par elle. Je réfléchis, j’analyse et je m’interroge. Et surtout, je me prépare à résister ; et surtout – oui surtout – à contre-attaquer. La France insoumise est notre plus précieux outil de reconquête.

En attendant d’aller plus avant dans cette reconquête que nous avons déjà bien entamée, je vais vous dire ce qui me fait si peur aujourd’hui.

D’un côté on a, avec Macron, le symbole, la caricature, le summum, le point paroxystique de tout ce que les Insoumis abhorrent, de tout ce contre quoi nous ne cessons de lutter depuis des décennies, voire depuis des siècles. Certains parlent de lutte des classes, d’autres de lutte du peuple contre les oligarchies.

De l’autre, on a, avec Le Pen, la représentante d’idées parfois nauséabondes faites de racisme, d’égoïsme, de xénophobie et de préférence exacerbée pour les Français, surtout s’ils sont blancs et catholiques. Elle attise la haine des Français contre d’autres Français et contre les étrangers présents sur notre sol ou pouvant y arriver. Tout ceci, à nos yeux, fait d’elle non pas une adversaire mais une ennemie. C’est le discours officiel de notre camp et nous y adhérons.

Mais pour autant, depuis que Marine Le Pen a pris la responsabilité de son parti, elle l’a fait quelque peu évoluer. Le FN de Marine n’est plus le FN de Jean-Marie. En tout cas pour la vitrine. Et c’est tout le problème. Nous, nous savons ce qu’il y a derrière. Nous savons que le FN officiel dissimule dans ses arrière-boutiques le pire de la France : les milices armées qui n’attendent que le jour J pour défiler dans nos villes et y faire “leur” nettoyage (depuis le temps qu’ils attendent ce jour…), les gros cons lobotomisés qui n’ont aucun esprit et aucun coeur, qui ne voient l’autre (que celui-ci soit noir, arabe, chinois, musulman ou je ne sais quoi) que comme un ennemi de l’intérieur contre lequel il faudrait mettre en oeuvre une attaque préventive afin d’éviter qu’il ne “détruise” la France, la “civilisation occidentale”, “nos valeurs”… Tout cela, nous le savons et nous le craignons.

De même, nous savons aussi, parce que le FN a dirigé des communes dans les années 90 et 2000 et qu’il en dirige aujourd’hui, qu’il n’y a pas que les étrangers ou les Français non blancs et non catholiques qui sont leurs cibles. Tout ce qui concourt à la culture, à l’éducation, au vivre-ensemble est suspect à leurs yeux. Et ils adoptent donc toujours des décisions réactionnaires car ils ne tolèrent pas l’évolution de la civilisation au plan des moeurs comme ils ne tolèrent pas non plus l’avènement de droits nouveaux pour les citoyens. Quant au respect des droits de l’homme (au sens d’être humain), ils méprisent cette philosophie qu’ils désignent comme droit-de-l’hommisme signifiant que pour eux ce n’est pas quelque chose qui mérite d’être pris en considération. Le féminisme est absent de leur idéologie. De même que la conscience environnementale ou celle du respect que l’on devrait aux animaux.

Tout cela étant dit, il y a bien d’autres sujets – fondamentaux – sur lesquels le discours de Marine Le Pen et de certains de ses proches paraît bien plus républicain qu’on ne le dit. J’ai bien dit “paraît”. Ne venez pas me faire un mauvais procès… Je ne fais pas la propagande du FN. Mais je dis ma peur que son discours porte bien plus loin qu’on ne le croit, surtout quand il faut choisir entre lui et celui de Macron et de son monde…

Dans cette vidéo, Marine Le Pen joue sur le rassemblement du peuple contre l’oligarchie et ce discours étayé, truffé d’exemples concrets, est un discours qui ne peut que porter, hélas !

Les sondeurs nous assurent d’une victoire écrasante de Macron. Et pourtant, dans le même temps, on nous presse de toutes parts de ne pas faire un autre choix que celui de voter pour Macron. N’y aurait-il pas comme une incohérence ? Si Macron est en situation de gagner à coup sûr, à quoi bon voter pour lui ? Ne serait-ce pas parce que sa victoire ne peut être acquise que si l’immense majorité des électrices et électeurs de Mélenchon se reportent sur lui ?

Cruelle question, n’est-ce pas pour nos ennemis ? Parce que oui, je considère Macron et son monde comme nos ennemis… de classe mais pas que. Par leur action atlantiste et européiste à outrance, lui et son monde pourraient être dénoncés comme une “anti-France” mais fort heureusement cette expression n’est pas des nôtres donc je ne l’utiliserai pas. Mais d’autres que moi ont pu évoquer certaines décisions de Macron qui seraient de nature à être regardées comme des actes de haute trahison… si l’incrimination de ce crime suprême contre l’État et contre le peuple français n’avait pas été supprimée par Sarkozy il y a quelques années…

Et ce crime pourrait aussi être établi par d’autres décisions stratégiques du Président Hollande, de ses deux Premiers ministres Ayrault et Valls, et de pas mal de ses ministres ou conseillers…

Jusqu’à preuve du contraire, Marine Le Pen n’est pas coupable de crimes de ce genre. On dit, depuis deux décennies, que son parti est anti-Républicain et qu’il est un danger majeur pour la République. On le dit aussi “fasciste” mais alors pourquoi ne l’a-t-on jamais interdit et dissout comme on a dissout les ligues fascistes dans les années 30 ? Soit parce qu’on n’a aucune preuve concrète d’une telle accusation, soit parce que ce parti sert l’oligarchie comme épouvantail. Sauf que les moineaux ont de moins en moins peur. Ils se sont tellement habitués à sa présence que certains y ont fait leur nid…

Comme ceux qui hurlent au danger FN depuis des années non seulement l‘ont laissé en vie mais en outre ont nourri la bête avec leurs politiques anti-sociales d’une part, et leurs calomnies contre les alternatives populaires républicaines d’autre part, ils n’ont plus aucune crédibilité aujourd’hui pour crier une nouvelle fois “au feu”. Si la maison brûle, c’est à cause d’eux, et d’eux seuls !

Je me range au côté de celles et ceux qui refusent de voir dans le FN un parti “fasciste”. les mots ont un sens et tous ceux qui utilisent ce terme à contre-temps ou à mauvais escient devraient retourner étudier l’Histoire des fascismes…

Sans doute le FN est-il un parti détestable mais je ne crois plus qu’il menace la République. Il existe depuis des décennies et jamais il n’a intenté quoi que ce soit contre elle. Quand il a accédé au pouvoir, ce fut par les urnes. Et chaque fois qu’il fut battu, il se plia à la démocratie.

Quant à certaines de ses propositions politiques les plus détestables, ce sont des Républicains du RPR ou de l’UMP puis des “Socialistes” qui les ont mises en oeuvre. Jamais on ne les a pour autant définis eux comme des fascistes ou comme des menaces contre la République.

Je ne défends pas le FN mais une certaine raison qui semble s’être égarée dans quelques esprits fébriles ces derniers jours.

Si l’on ne voulait pas se retrouver dans la situation qui est celle où le FN est aux portes du pouvoir, il fallait agir pour améliorer la vie des Français ordinaires, faire progresser leurs salaires, améliorer leurs conditions de vie, perfectionner la démocratie, défendre la souveraineté nationale et populaire, refuser d’être le nouveau caniche des États-Unis, refuser l’hostilité ouverte à la Russie, défendre la voix de la France dans le monde.

Au lieu de tout cela, nos gouvernants, depuis 2002, n’ont eu de cesse de libéraliser l’économie et la société, et donc de jeter de plus en plus de Français dans la pauvreté ou la précarité, tout en laissant un tout petit nombre s’enrichir chaque jour davantage. Les politiques mises en place ont contribué à ce que des gens déjà fragilisés affrontent d’autres gens encore plus malheureux. Si les idées d’extrême droite font s’opposer les nationaux aux étrangers et les nationaux entre eux quel que soit le pays en cause, les politiques libérales ont exactement le même effet. Comment peut-on aujourd’hui convaincre que Le Pen serait pire que Macron ? C’est impossible. Personne ne peut plus gober les éternelles mises en garde.

En outre, aujourd’hui, je regrette de constater que c’est Macron qui nous menace d’une guerre civile et d’une guerre générale bien plus que Marine Le Pen.

Et nous qui soutenons Mélenchon et la France insoumise avons été très sensibles en particulier à son discours sur la paix. Nous sommes tous effrayés de la menace de guerre généralisée que l’OTAN fait peser sur l’Europe et sur le monde.

Plus encore que les questions économiques qui nous divisent, la question géopolitique est la plus fondamentale entre toutes car si la guerre éclate pour de bon en Europe, à cause de nouvelles provocations contre la Russie, ou parce que la Russie finirait par réagir une bonne fois pour toutes aux menaces de plus en plus ouvertes que l’OTAN fait peser sur elle, plus rien d’autre ne compterait et nous serions tous décimés par milliers, par dizaines de milliers, peut-être même dans des proportions bien plus grandes encore. Personne n’ignore les dévastations des conflits mondiaux précédents.

Or Marine Le Pen, depuis des années, s’est engagée à nous sortir de l’OTAN. Et elle ne cesse de dénoncer le bellicisme états-unien et otanien. On peut lui reprocher, et nous l’avons fait à juste titre, d’être allée rencontrer Poutine mais cela a une signification puissante en termes de géopolitique. Elle a fait passer un message : elle ne sera pas le larbin, le caniche, des États-Unis et de l’OTAN. Et elle apaisera la relation entre la France et la Russie. Quelles que puissent être nos convictions personnelles, aussi bien quant au FN, que quant à ce qu’il faut faire en France, ou encore quant à notre diplomatie, nous tous avons intérêt à la paix et à une relation apaisée avec la Russie. Mélenchon n’a cessé de le dire lui-même !

Enfin, quand elle parle de souveraineté, elle vient au coeur du problème politique, celui-là même qui, selon de nombreux intellectuels, explique pour l’essentiel les raisons de la montée du FN depuis des années et son maintien à un très haut niveau.

Le FN a, pour une large part, endossé à lui seul, le discours “souverainiste”. Il ne fut, pendant de longues années, contesté par personne. Tout le monde, de gauche à droite, était pro-européen et donc pro-Union européenne. Alors même que le peuple ne cessait de subir, chaque jour davantage, les ravages de l’action de l’UE. Les politiques mises en oeuvre dans le cadre de l’UE ont détruit nos emplois, démantelé notre industrie, sinistré notre démocratie, instillé la haine entre les peuples et voilà maintenant qu’elles menacent même la paix.

Il est plus que temps – il y a urgence – à en sortir. Jean-Luc Mélenchon, très vite après avoir déclaré sa candidature début 2016, a décidé de faire évoluer son discours sur le sujet et plutôt que de “changer l’Europe”, sempiternel slogan devenu complètement creux et perçu comme une véritable escroquerie, il a choisi d’abord de prôner la “désobéissance” aux traités puis carrément la “sortie” de ceux-ci.

C’est dès lors qu’il a commencé à être entendu par le peuple français. Ce n’est pas seulement à cause de l’intérêt de ses propositions économiques et sociales, ou des nouvelles idées révolutionnaires en termes d’écologie, qu’il a gagné le plus de soutiens selon moi. C’est parce qu’il a changé le discours que nous portions sur l’UE. Nous avons enfin osé assumer de dire que l’UE était devenue néfaste. Qu’elle nous opprimait en plus de nous martyriser. Évidemment les expériences chypriote d’abord, grecque ensuite, ont aidé à ce que le discours soit compris. Et puis 2005 résonnait de plus en plus fortement dans toutes nos têtes, surtout depuis que 2005 avait été “effacé” par le scélérat Traité de Lisbonne puis par la duperie de Hollande. Après le scélérat Traité de Lisbonne, plusieurs autres accords tout aussi scélérats furent adoptés. Et le président de la Commission européenne, ancien Chancelier du paradis fiscal Luxembourgeois, avec sa fameuse saillie [« Il ne saurait y avoir de démocratie en-dehors des traités« ], a ouvertement dit au monde ce que c’était que cette construction européenne. Dès lors, l’immense majorité des yeux se sont dessillés. Il n’y a plus que quelques naïfs indécrottables (j’aurais pu dire “idiots”) pour croire encore que l’UE est bienfaitrice.

Jean-Luc Mélenchon a adopté un discours sans doute habile pour gérer la contradiction qui demeurait entre ceux qui voulaient se libérer de l’UE et ceux qui craignaient encore les conséquences d’une sortie. En outre, ce discours basé sur une stratégie en deux temps, permettait de discuter avec nos partenaires, et plusieurs sommets du plan B nous ont permis de faire se rapprocher les uns et les autres parmi les mouvements de gauche européens.

Certains auraient préféré un discours assumé de sortie. J’en étais et pourtant j’ai adhéré aussi au discours de Mélenchon. Car il avait notamment le mérite de nous faire gagner du temps et de ne pas dévoiler tout notre jeu. Je suis convaincu que Mélenchon avait des cartes à jouer et certaines stratégies à mettre en oeuvre qu’il n’avait pas rendues publiques.

Et puis les partisans acharnés de la sortie avaient un candidat en la personne d’Asselineau. Ils ont pu le choisir. Hélas pour lui, en plus de tout ce qu’on peut lui reprocher, sa stratégie de sortie par l’article 50 était peu convaincante.

Jean-Luc Mélenchon, avec le plan B, avait annoncé la couleur. Soit on nous entend, soit nous sortons de l’UE. Et si nous sortons, nous ne sortirons sans doute pas seuls !

Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon est un des non qualifiés pour le second tour. On a manqué de peu de réussir ce défi. Mais l’Histoire ne s’arrête pas au 23 avril, ni au 7 mai, quel que soit le résultat final. Je m’en suis déjà expliqué dans plusieurs billets publiés depuis lundi auxquels je renvoie.

Aujourd’hui, je voulais vous parler de ma crainte quant au résultat final du 7 mai. Oui, j’ai un puissant pressentiment que le candidat donné gagnant de longue date risque, au final, de subir le même rejet massif que Clinton il y a quelques mois.

Nous savons ce que représente Le Pen. Nous savons combien elle dissimule sans doute ses véritables intentions. Mais avec un discours tel que celui que l’on entend dans le message qu’elle a diffusé à l’intention des Insoumis, et son habileté à se présenter du côté du peuple et des salariés, quand l’autre a choisi son camp (les banques, le CAC40, les membres de la caste oligarchique), qu’il a derrière lui tout le musée des horreurs du PS, des medias, du show-bizz, sans oublier que c’est le favori de Merkel, de Juncker et de tous les pouvoirs extérieurs à notre pays qui nous subjuguent depuis tant d’années, à le voir et à l’entendre multiplier les provocations, convaincu qu’il est de sa victoire certaine, je pense de plus en plus que Marine Le Pen peut tout à fait finir par lui passer devant, sinon dans les sondages, du moins dans les urnes.

Si j’avais envie de voter pour elle – ce qui n’est pas le cas puisque je choisis l’abstention – je ne le dirais à personne pour que les sondeurs et les medias ne voient pas venir la chose, mais je mettrais son bulletin à elle dans l’urne le 7 mai. Je crois bien que c’est ce qui nous guette. Que la même surprise qui a joué aux États-Unis joue cette fois en France, parce que les mêmes causes ont toutes les chances de produire les mêmes effets.

Macron est trop détesté par le peuple pour qu’il puisse être élu. Sauf à truquer massivement les opérations électorales !

Le “front républicain” a trop l’apparence d’un sauve-qui-peut du système pour que la majorité du peuple joue encore ce jeu-là. Sauf à truquer massivement les opérations électorales !

Entre l’abstention qui sera forcément massive, sans aucun doute record pour une présidentielle, le nombre de bulletins blancs et nuls qui va exploser, et le vote pour Le Pen qui va inévitablement progresser nettement, je commence à discerner que dimanche 7 mai au soir les résultats ne seront pas ceux que l’on dit aujourd’hui.

Je crois cela d’autant plus que les discours de ces derniers jours ne peuvent que donner la rage à un nombre inestimable d’électrices et d’électeurs tout à fait Républicains, et démocrates, tout à fait humanistes, tout à fait étrangers au racisme, mais qui perçoivent bien que Macron est celui qui nous infligera sans doute les pires souffrances en plus de nous menacer comme jamais de nous entraîner dans la ou les prochaines guerres de l’OTAN et des États-Unis. Il a été très clair aussi bien sur les questions économiques et sociales, que sur la question démocratique ou sur la géopolitique. La seule différence avec la “blitzkrieg” que promettait Fillon, c’est que Macron a dissimulé ses véritables intentions. Mais il fera ni plus ni moins ce que Gattaz, Parisot, tout le CAC40, les lobbys de Bruxelles lui commanderont de faire. Et contrairement à Fillon qui semblait vouloir desserrer l’étau atlantiste (j’ai bien dit encore “semblait”), Macron, lui, assume d’avoir un projet qui s’inscrit totalement dans l’UE, dans l’OTAN et dans “l’amitié avec les États-Unis” comme ils disent. On a bien compris ! Là aussi, Macron fera exactement ce que les puissances impérialistes « occidentales », USA en tête, lui commanderont de faire. Ce ne sera plus le Président de la République mais le “gouverneur” d’une nouvelle province des États-Unis.

C’est ça que vous voulez ?

Alors, Macron, bien moins pire que Le Pen ? Bien plus démocrate ? Bien plus Républicain ?

Permettez-moi d’avoir les plus gros doutes sur le sujet.

On sait d’où il vient. On sait qui il est. On sait qui il représente. On sait quels intérêts il sert.

“Le Pen est notre ennemi” disait-on tandis que Macron n’est qu’un adversaire. Là aussi j’ai de gros doutes. Et je crains fort qu’à vouloir nous donner à Macron, pour éviter Le Pen à coup sûr, on ne précipite, voyez-vous, sa victoire à elle !

Alors que faire ? Je l’ignore hélas. Notre choix entre deux destins aussi sombres ne peut être un choix. Comment choisir entre deux bourreaux ?

Je ne changerai donc pas mon vote. Ce sera l’abstention. Car je refuse d’avoir participé si peu que ce soit à l’avènement de Macron en me soumettant au prétendu “barrage” au FN qui risque de prendre l’eau de toutes parts.

Et je ne peux me résoudre à soutenir Marine Le Pen, même si je pourrais considérer que certaines de ses propositions sont bien plus proches de ma philosophie que celles de Macron. Alors on me reproche de faire le jeu du FN en refusant de prendre part au vote.

Ainsi pour éviter Le Pen, il faudrait donner le maximum de légitimité à Macron ? Celui qui ne va pas manquer de nous renvoyer au XIXe siècle ?

Non, désolé. Je ne peux pas. Ni l’une, ni l’autre.

Ce système constitutionnel est pourri, vérolé, honteusement confiscatoire. Car quelle que soit la personne qui sortira des urnes le 7 mai, l’élu-e ne le sera qu’avec au maximum 24% des suffrages exprimés au 1er tour et 18,19% des électeurs inscrits. Il / Elle n’aura donc aucune légitimité pour présider la France. Celle que lui offrira le second tour sera purement fictive.

Quand on subit un système électoral aussi inique, on ne peut le cautionner d’une quelconque manière en votant au second tour. On le rejette violemment et pour cela, seule l’abstention est admissible à mes yeux. Car même le bulletin blanc n’a pas l’effet escompté de délégitimation. D’une part, parce que il n’est pas un suffrage exprimé et n’a donc aucun effet ni juridique, ni politique ; d’autre part, parce que voter, quel que soit le contenu de l’enveloppe, c’est participer au processus électoral et donc le légitimer.

Pour moi, la 5e République n’est plus légitime. L’élection présidentielle n’est plus légitime. Le mode de scrutin n’est plus légitime. Donc j’en tire la conséquence en refusant de m’impliquer dans ce système inique.

Que ce soit Le Pen ou Macron qui sorte des urnes le 7 mai, de toute façon, on est certain d’en prendre plein la tronche. À ceci près que Macron a une petite chance d’avoir une majorité en juin alors que je ne vois pas la possibilité que Le Pen en obtienne une car, à cette date, chacun retournera dans son camp, et soutiendra les candidats de son parti préféré. Et qui sait ce que seront devenus mi juin le PS et Les Républicains…

Et en ce qui nous concerne à la France insoumise, pèse sur nos épaules la mission historique de sauver la République et la paix. C’est un défi gigantesque. Mais si on échoue…

2/ Mise à jour de 18h00 suite à l’intervention de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon est intervenu dans le cadre du numéro 26 de la revue de la semaine. Il a dit pratiquement tout ce que je voulais entendre. Je ne vais pas commenter autrement que par un remerciement et une gratitude très appuyés.

J’ai particulièrement vibré à la conclusion :

« Ça va bien. Ma santé est bonne. Je ne me retire pas de la vie politique. Je ne pars pas en retraite. Je ne suis pas dépressif. Je suis au combat et j’y reste. Et je crois que je vais encore diriger la manoeuvre pour les élections législatives qui arrivent parce qu’il faut encore transformer tout ça en une force conquérante. Je compte sur vous. À bientôt.« 

Il sera donc des nôtres (ce dont je ne doutais pas) mais surtout il sera à la tête de la campagne et candidat lui-même (ce dont je n’étais pas certain).

Il nous regonfle d’espoir et de motivation. Notre détermination n’a jamais été aussi forte.

J’en reparlerai prochainement…

3/ Mise à jour de 20h35 suite à l’intervention de Nicolas Dupont-Aignan

Ce soir, Nicolas Dupont-Aignan, ancien Président de Debout la République qu’il a transformé en Debout la France il y a quelques années, a annoncé officiellement, au JT de 20h sur France 2 avoir conclu un accord de gouvernement avec Marine Le Pen. Il n’en a pas donné les détails mais il s’est engagé à la soutenir et à faire campagne avec elle pour ce second tour de la présidentielle. Il annonce que, pour lui, elle n’est pas d’extrême-droite et que, grâce à lui, elle va faire évoluer son projet et y intégrer certaines idées de son propre projet à lui. Il a, par la même occasion, appelé la droite et donc les électrices et électeurs des “Républicains” à voter pour cette “nouvelle alliance” (selon ses propres termes).

Cette situation nouvelle pourrait bien, selon moi, faire basculer le scrutin. Certes le score de Nicolas Dupont-Aignan est faible mais les presque deux millions de personnes qui l’ont choisi ne peuvent se trouver surpris par le choix annoncé ce soir. Quiconque a suivi NDA depuis des années, et quiconque a suivi notamment la transformation de son parti Debout la République en Debout la France n’a pu manquer de constater la droitisation de son discours et de ses propositions. De la même manière, le rapprochement entre DLF et le FN était de plus en plus évident. Ce soir, il est confirmé officiellement et solennellement. Les instances dirigeantes de DLF ont, dit-il, validé cet accord entre Marine Le Pen et lui.

À noter : NDA a cité nommément “Marine Le Pen” avec qui il s’était entendu et avec qui il a conclu cet accord de gouvernement et n’a jamais, dans son intervention de ce soir, évoqué le “Front national”. Il semble vouloir faire la distinction. Sans doute s’imagine-t-il le Premier ministre naturel de Marine Le Pen si elle est élue le 7 mai. Et sans aucun doute, si cette élection intervenait, Marine Le Pen la devrait pour beaucoup à NDA et serait donc contrainte de nommer NDA à Matignon en vue de préparer les élections législatives.

Ce qui semble incohérent, c’est qu’à la question de Laurent Delahousse pour savoir si aux Législatives il y aurait des candidatures communes entre le FN et DLF, NDA a clairement dit non et a expliqué que les Français auraient alors à choisir entre les deux projets.

Il est clair que tout cela n’est pas clair… Il faudra suivre de près ce qui va être rendu public dans les prochains jours. Notamment le contenu précis de l’accord de gouvernement.

Mais il me semble que cette situation, inattendue pour les uns mais prévisible pour les autres, pourrait être de nature à convaincre de nombreux “Républicains” (je parle du parti LR) de basculer dans le camp Le Pen – Dupont-Aignan.

Cela donne encore plus de chances à Marine Le Pen de l’emporter le 7 mai.

Macron va avoir de plus en plus de mal à s’en sortir…

Je ne peux que m’en réjouir. Mais si vous avez bien compris tout ce que j’ai dit dans ce billet, je ne peux en conséquence que voir mes craintes renforcées que Le Pen réussisse son coup cette fois-ci !

Je ne me résoudrai pas à voter Macron pour autant.

Ce second tour est vraiment la pire des saloperies de l’histoire de la 5e République.

 

La souveraineté, fantôme de l’élection présidentielle ? – Par Bruno GUIGUE

Ce billet a été publié par son auteur, Bruno GUIGUE, sur sa page Facebook. On le trouve ici.

*

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la campagne électorale relègue à l’arrière-boutique les questions essentielles. Quel rôle jouera la France dans le monde de demain ? Va-t-elle rendre le pouvoir au peuple, ou le laisser entre les mains de l’oligarchie ? Va-t-elle restaurer sa souveraineté, ou se résigner à sa disparition ? Que ces questions soient quasiment absentes du débat est révélateur. A leur place, des politiciens drogués à la “com” et des médias serviles nous servent une soupe insipide où surnagent quelques grumeaux faits d’histoires de pognon, de mises en examen, de costumes à 3 000 euros, sans oublier les postures ridicules et les tirades alambiquées du candidat dont il faudrait être frappé d’une profonde cécité pour ne pas voir qu’il a été adoubé par la caste dominante.

 

La souveraineté est une question que la plupart des candidats, manifestement, mettent un soin particulier à éluder. En dépit de leurs différences, Emmanuel Macron, François Fillon et Benoît Hamon, pour ne citer qu’eux, s’accommodent fort bien de cette chape de plomb qui étouffe la délibération démocratique et tétanise l’action publique dans notre pays. Il n’y a qu’à les écouter ! Que ce soit au plan économique, diplomatique ou stratégique, ce vieux pays qu’est la France serait condamné à suivre les vents dominants. Il n’aurait qu’à descendre la pente de cette merveilleuse mondialisation qui rapproche les peuples et répand ses bienfaits, notre nation se laissant glisser dans l’indifférenciation à laquelle la convie le modèle européen, comme si cette libéralisation à marche forcée était une nécessité historique.

 

Pour la caste nourrie au lait maastrichtien, l’appartenance à l’Union européenne est à la fois providentielle et irréversible. M. Hamon est sans doute plus fédéraliste que M. Fillon, et M. Macron davantage encore, mais cette différence est négligeable. Dans une belle unanimité, les trois larrons de l’eurobéatitude chantent les louanges de la supranationalité et communient dans le dogme de la libre concurrence. L’euro est responsable du déclin industriel français, mais peu importe. Ils s’obstinent à y voir un atout dans la compétition économique mondiale. Jamais à court d’une idée saugrenue, M. Hamon croit tellement à ses vertus qu’il veut doter l’Europe d’un nouveau machin qu’il a baptisé “parlement de la zone euro”. Comme la supranationalité est un fiasco, on vous la ressert au carré en guise de remède ! Une chose est sûre : pièce maîtresse de la mondialisation capitaliste, “l’union économique et monétaire” instituée par le funeste traité de Maastricht continuera de sévir si l’un de ces trois candidats l’emporte le 7 mai.

 

Rien d’étonnant, donc, si pour nos pieds nickelés l’appartenance de la France à l’OTAN est aussi un article de foi qu’ils ne songent même pas à interroger. Le dogme atlantiste est si profondément enraciné, du PS aux « Républicains », que la pérennité de cette alliance militaire va de soi, comme s’il était vital pour la France de servir les ambitions de Washington. Les velléités d’indépendance de M. Fillon, sur ce plan, furent de courte durée. D’abord favorable au dialogue avec Moscou, il a mis de l’eau dans son vin au moment où l’administration Trump a viré de bord dans la foulée de la démission de Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale contraint de quitter ses fonctions en raison de ses accointances moscovites. On croyait que pour M. Fillon, il fallait dialoguer avec la Russie pour rééquilibrer notre diplomatie, mais il vient de déclarer que la Russie est un “pays dangereux”. Même revirement sur la Syrie. Après avoir condamné le soutien apporté par la France aux islamistes armés, il dénonce en Bachar Al-Assad un menteur invétéré et un dictateur abominable. Comprenne qui pourra. Plus atlantiste que l’alliance atlantique elle-même, M. Macron, lui, n’a pas cette subtilité. Adorateur d’une Amérique imaginaire, il s’est payé le luxe de faire la leçon au nouveau président américain, lui reprochant de brader les valeurs libérales (entendez, le libre-échangisme cher à l’oligarchie) qui constitueraient le patrimoine commun de la France et des Etats-Unis depuis La Fayette.

 

Ce sera donc du côté des autres candidats, et non de cette troïka, que l’on pourra entendre un discours sur la souveraineté qui ne se résume pas à son abandon en rase campagne.

 

C’est notamment le cas avec Marine Le Pen, dont la présence au second tour est prophétisée par des instituts de sondage dont nous ne doutons pas qu’ils sauront capter avec finesse le moindre frémissement de l’opinion avec leur efficacité coutumière. Si jamais elle est élue, Mme Le Pen entend renégocier les traités européens. En cas d’échec de ces négociations (ce qui est plus que probable), la nouvelle présidente organisera dans les six mois un référendum sur la sortie de l’UE. De même, en politique étrangère, la candidate du FN a toujours dénoncé l’alignement de Paris sur l’agenda américain, que ce soit en Syrie ou en Ukraine, et elle plaide avec ferveur, à juste titre, pour une reprise du dialogue avec Moscou.

 

La classe politique euro-boboïsée ayant laissé au FN le monopole du discours sur la souveraineté, il n’est pas surprenant que ce parti ait occupé l’espace qu’on lui abandonnait si généreusement. Mais de quelle souveraineté s’agit-il ? Contrairement à ce que croient certains, Marine Le Pen ne veut pas rompre avec l’alliance atlantique. A la différence de MM. Mélenchon et Asselineau, elle prévoit le retrait de la France du commandement intégré, et non la sortie pure et simple de l’OTAN. A ses yeux, la France fait partie d’un monde occidental dont il faut préserver à tout prix l’identité menacée. Peut-être l’élection de Donald Trump a-t-elle convaincu Mme Le Pen, en outre, que la France devait rester l’alliée des Etats-Unis. Renouant avec la tradition atlantiste de l’extrême-droite européenne, le FN demeure prisonnier de son occidentalisme.

 

Son attitude pro-israélienne en fournit aussi l’illustration. Lorsque la résistance palestinienne réplique à l’envahisseur sioniste, le FN ne se prive jamais de dénoncer le “terrorisme”. Dans une interview accordée à “Haaretz” en avril 2002, Jean-Marie Le Pen avait exprimé son admiration pour Ariel Sharon, louant son efficacité dans la lutte contre les organisations palestiniennes. Répondant en expert israélien à cet expert français des guerres coloniales, Ariel Sharon avait déclaré à son tour que si on lui avait confié, à lui, la direction de l’armée française, il aurait “gagné la guerre d’Algérie”. Bref, si le FN était sincèrement attaché à l’auto-détermination des nations, il soutiendrait le peuple palestinien. Manifestement, ce n’est pas le cas.

 

De même, son islamophobie (qui n’a rien à voir avec la lutte, parfaitement légitime, contre l’islamisme radical) vise à désigner un bouc-émissaire. Mais elle sert aussi la thèse du “choc des civilisations”. Elle érige la différence culturelle en frontière infranchissable, comme si la souveraineté était celle d’un peuple français dont le FN détiendrait le code génétique. C’est la limite du discours identitaire, qui suppose la définition a priori d’une identité nationale dont on a envie de demander : qui a déposé le brevet ? C’est pourquoi le nationalisme identitaire divise au lieu de rassembler. La souveraineté n’appartient à personne, elle est construite et non reçue. “Est Français celui qui le veut”, disait de Gaulle. Le malheur de l’extrême-droite, c’est qu’elle a une longue histoire et que tout le monde n’est pas amnésique. Ce parti fut le seul à défendre obstinément le régime d’apartheid sud-africain, ne l’oublions pas. Il a peut-être changé, mais son héritage colonialiste lui colle aux semelles.

 

Loin de ces confusions délétères, le programme de la “France insoumise” se réclame, lui, d’un “indépendantisme français” qui renoue avec les meilleures traditions de la gauche populaire, celle de 93, de la Commune et de la Résistance. “L’Europe, on la change ou on la quitte”, a déclaré M. Mélenchon. Il veut renégocier les traités européens (plan A). En cas d’échec, la France “désobéira aux traités” et refondera l’Europe avec les pays qui partagent ses priorités (plan B). Ce scénario alternatif, on l’a dit, présente un avantage et un inconvénient. L’avantage, c’est qu’il signifie clairement le refus de l’Europe des banquiers. L’inconvénient, c’est qu’il élude la question de la sortie de l’UE. Ce n’est pas pour rien que les dogmes libéraux sont inscrits dans le marbre des traités européens. Ils sont la raison d’être de l’Union, et pour les jeter aux orties, il faudra sortir de l’UE. On ne peut restaurer la souveraineté qu’en rompant avec une institution dont la fonction est de soustraire l’économie à la délibération démocratique. Si M. Mélenchon est élu, de toutes façons, la “force des choses”, comme disait Saint-Just, imposera cette rupture malgré la frilosité de ses amis.

 

Pour restaurer la souveraineté nationale, le candidat propose aussi aux Français de dire adieu à l’OTAN, cette machine de guerre mise au service d’une Amérique d’autant plus agressive que plane sur sa tête l’ombre menaçante de son déclin. Pour la “France insoumise”, le choix est clair. Quitter l’OTAN, ce n’est pas seulement quitter le commandement intégré, mais l’alliance atlantique elle-même. Consommer cette rupture, c’est mettre fin à l’alignement de la France, se donner les moyens d’une diplomatie planétaire, faire entendre une voix indépendante sur la scène mondiale. Le dialogue avec la Russie, la refonte de nos relations avec l’Afrique, la reconnaissance de la Palestine, la révision de notre politique en Syrie, enfin, seront à l’ordre du jour. Aucune force politique n’est exempte d’insuffisances, mais l’ambition dont témoigne “l’indépendantisme français” est de bon augure.

 

La question de la souveraineté n’est pas une question accessoire. C’est la question essentielle. Lorsqu’une nation n’est pas souveraine, le peuple qui l’incarne ne l’est pas, et un peuple qui n’est pas souverain est à la merci des puissants. Restaurer cette souveraineté et rendre la parole au peuple, c’est la même chose. Il reste vingt jours, désormais, pour remettre cette question au centre des débats, vingt jours pour faire de la souveraineté autre chose qu’un fantôme, vingt jours pour mettre en lumière la différence entre ceux qui s’accommodent de la dépossession du peuple français, ceux qui se croient patriotes parce qu’ils désignent des bouc-émissaires, et ceux qui veulent faire de la souveraineté restaurée la cinglante défaite de l’oligarchie.

 

(Ce texte est la version modifiée d’une chronique parue dans le numéro d’avril 2017 d’ « Afrique-Asie »)

 

La vague du siècle qui va tout emporter du régime de la 5e République et de ses acteurs – Décompte des signataires sur www.jlm2017.fr

 

JLM la vague du siècle

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On était à un peu plus de 280 000 avant samedi 18 mars…

On a franchi le seuil de 300 000 entre dimanche soir  19 mars et lundi 20…

On était à un peu moins de 300 400 mardi matin 21…

On a atteint 308 251 mardi 21 à 17h57…

4 heures plus tard, mardi 21 à 22h06, on était à 309 776…

310 016 mardi 21 à 22h30…

311 650 signataires mercredi 22 mars à 05h00…

313 056 signataires mercredi 22 mars à 14h00…

314 896 signataires mercredi 22 mars à 18h31…

317 648 signataires jeudi 23 mars à 07h29

319 356 signataires jeudi 23 mars  à 20h36

320 541 signataires à jeudi 23 mars à 23h51

Ce fichier sera mis à jour régulièrement…

Je parie que ça va encore grimper de plusieurs milliers dans les prochains jours…
J’en connais qui vont faire des syncopes, des crises de nerfs et des dépressions violentes…

#JLM2017 #FranceInsoumise #AvenirEnCommun #ReprenonsLePouvoir#6eRépublique #PourUne6République
#ViveLa6eRépublique #ViteLa6eRépublique
#MélenchonCeNestPasUneFinMaisUnCommencement

Avec JLM la France insoumise

 

L’évangile selon Gattaz – Par Bob Solo le 15/03/2016

Séparation du Medef et de l'État
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Séparation du MEDEF et de l’État !
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Particulièrement bien trouvé, le slogan fait mouche et illustre au poil la situation. C’est évidemment un clin d’œil au combat mené contre l’influence et le pouvoir des Églises, qui aboutit à la loi de 1905, proclamant et garantissant notamment “la liberté de conscience” : le droit d’être croyant, et surtout de ne pas l’être.
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Mais la référence va bien au-delà du mot d’ordre un peu goguenard visant à dénoncer la soumission criante et pitoyable du pouvoir politique hexagonal actuel à un patronat actionnarial multinational qui dicte ses conditions. Parce qu’en y regardant de plus près, ce capitalisme financier tend en effet à s’imposer comme une religion, d’un nouveau genre, certes, mais utilisant les mêmes ressorts et recettes que les autres. Et pour le même but : une hégémonie. On ne vous demande pas de réfléchir, on vous demande de croire. Or, une classe n’est dirigeante que si ceux qu’elle domine adhèrent à son récit du réel.
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Ainsi est fabriquée et diffusée une doxa, un système de significations, de représentations, cherchant à s’imposer comme seule vérité (il n’y a pas d’alternative). On ne prend plus la peine de l’expliquer ou la démontrer : c’est un dogme, incontestable. Et parce qu’il est incontestable, il faut neutraliser toute contestation qui subsiste.
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Les économistes sont désormais classés en deux catégories opposées : orthodoxes et hétérodoxes. Vocabulaire directement puisé dans le lexique religieux : l’orthodoxe seul « est dans la foi droite” et « pense dans la bonne voie ». Les tenants d’un ordre économique différent se planteraient, seraient des « archaïques », ou pire : des agents masqués d’une idéologie, l’ultime accusation, celle qui vous vaut l’excommunication des temples télévisuels. Comme si le capitalisme lui n’était en rien une idéologie. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage, mais bien plus, on réfute tout soupçon de contamination pour soi-même.
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L’économiste et sociologue Bernard Friot expose plus clairement le phénomène : le pouvoir politique en place s’appuie sur des croyances pour maintenir sa domination et empêcher la souveraineté populaire. Ces croyances d’essence religieuse assurent le maintien du capitalisme. Religieuses parce que dépourvues de fondements réels, parce que présentées comme des vérités absolues, parce que matraquées comme un catéchisme.
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Un exemple ? On sait maintenant d’où vient la bien plus fumeuse que fameuse « règle des 3% » (de déficit public par rapport au PIB). Le 28 septembre 2012, l’économiste Guy Abeille en révèle la genèse au quotidien Le Parisien : « On a imaginé ce chiffre de 3 % en moins d’une heure, sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique. En 81 Mitterrand voulait qu’on lui fournisse rapidement une règle facile, qui sonne économiste et puisse être opposée aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui réclamer de l’argent. On allait vers les 100 milliards de francs de déficit, soit plus de 2 %. Alors, 1 % ? Impossible à atteindre. 2 % ? Ça mettait trop la pression. 3 % ? C’est un bon chiffre, qui a traversé les époques, ça fait penser à la Sainte Trinité. Plus tard, cette référence sera théorisée par des économistes et reprise dans le traité de Maastricht, devenant un des critères pour pouvoir intégrer la zone euro. A l’époque, c’était quelque chose d’anodin. Mais la bête est sortie de sa boîte et ça nous a échappé. »
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Cette règle balancée ex nihilo devenue dogmatique ne repose donc sur aucun critère économique sérieux, aucune étude, aucune preuve de quoi que ce soit. Elle a pourtant traversé les décennies et justifie depuis les pires politiques d’austérité imposées à toute l’UE. Or les preuves de son inefficacité vis à vis des buts qu’elle prétend poursuivre sont maintenant flagrantes, démontrées par les faits objectifs, “grandeur nature”. Mais elles sont niées, escamotées, décrédibilisées, pour empêcher leur diffusion. C’est la définition de l’obscurantisme. La pente moyenâgeuse semble t-il inhérente à toute religion. Et celle du Capital n’y échappe pas. Avec son lot de superstitions bien débiles : allez toucher les grosses couilles dorées du taureau de Wall Street, ça vous apportera la fortune.
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Seul antidote, nous dit Friot, la laïcité comme outil d’émancipation sociale, économique et intellectuelle : « Nous exerçons une violence inouïe sur nos enfants pour qu’ils se conforment « aux exigences du marché du travail ». Qu’est-ce que cela si ce n’est un Dieu ? Nos sociétés sont soi-disant laïques quand il s’agit d’interdire le voile, mais contre les vraies divinités qui nous emmerdent et nous gouvernent, aucune contestation. »
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Pour lui, il faut en finir avec les évêques fanatisés du MEDEF, les prélats extrémistes du CAC40, les curés radicalisés du 6/9 radiophonique qui nous rabâchent quotidiennement le sermon néo-libéral. Et évidemment, avec les cardinaux tout-puissants de la Commission (ou Congrégation?) Européenne, non seulement premiers prêcheurs de la Sainte Parole, mais aussi désormais Grands Inquisiteurs : on sait quels bûchers purificateurs ils ont allumés, à Chypre d’abord puis en Grèce, pour châtier les infidèles et chasser les hérétiques.
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Un des Papes de ce clergé du fric l’a déclaré à cette occasion : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » Amen. Ce pontife non élu, arborant pas moins de quinze distinctions internationales de Chevalier de Ceci, Commandeur de Cela et Grand Croix de Mes Deux, est par ailleurs mouillé jusqu’à l’os dans un système d’évasion fiscale à grande échelle. Mais toujours en poste et en réalité aux manettes de l’Union. Il est issu d’un parti « démocrate-chrétien ». Traduisons : qui pense que Dieu a crée le Ciel et la Terre en sept jours chrono, qui pense que son Dieu à lui est le seul authentique, mais qui s’abstient désormais de brûler vif pour de vrai les gens qui pensent autrement – sauf en cas de bombardements massifs pour la victoire du Camp de la Liberté. Quant à la raison de la présence de l’adjectif « démocrate » dans l’intitulé, on cherche encore.
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Le titre de cet article fait bien sûr référence à l’actualité franco-française, mais on sait que Les Évangiles du Saint Profit s’écrivent aussi ailleurs. Des places boursières à Davos en passant par le FMI, l’OMC, le système bancaire et les agences de notations, les missionnaires de la Nouvelle Bible sont nombreux. On pourra largement s’approprier la citation de Jomo Kenyatta, président de la République kényane de 64 à 78 : « Quand les blancs sont venus, nous avions la terre et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier avec nos yeux fermés. Quand nous les avons ouverts, ils avaient nos terres et nous avions leur Bible ». Il suffira de remplacer « blancs » par « capitalistes », bien qu’ils soient eux aussi blancs en majorité, dominants historiques rêvant désormais à une domination absolue. Tout ça sur la base d’une fumisterie. Alléluia.
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Pour aller plus loin :
Promoteur du salaire à vie, Bernard Friot développe les principales croyances capitalistes, devenues des institutions tant nous les avons acceptées comme vérités.
Lien 1: Le salaire à vie (partie 1/2)
Lien 2 : Religion capitaliste et laïcité