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Exigeons la démission du Président Macron et l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle

Pour signer cette pétition, c’est ici.

Ce texte a également été publié sur Le Grand Soir. Voir ici.

Nous invitons tous les citoyens français à signer cette pétition qui exige la démission du Président Macron et l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle.

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La victoire de Benoît Hamon à la primaire socialiste ne change rien pour nous ! Par Ramzi Kebaïli- Le 30/01/2017

Pour nous citoyens insoumis de la 1ère heure, le nom du candidat PS ne change rien. Si nous soutenons Jean-Luc Mélenchon, en y dépensant toute notre énergie militante, c’est pour construire ce pôle de radicalité citoyenne et souveraine qui est le seul à même de sauver la France du système PS-LR-FN.

Nous revendiquons notamment la sécurité sociale intégrale, la constituante, la règle verte, et en préalable la sortie de l’OTAN et des traités européens qui est la condition indispensable pour mener toute politique alternative.

Nous avons fait le deuil du PS depuis bien longtemps car nous savons que le PS est un parti de menteurs qui une fois au pouvoir mène la politique dictée par l’UE, point barre.

Si il y a un « problème Hamon », ce n’est donc pas le nôtre, nous les insoumis de base. C’est uniquement un problème pour tous ces apparatchiks qui croyaient acquise l’implosion du PS et qui n’ont rejoint Mélenchon que pour obtenir des postes. Et ce, en bafouant systématiquement les règles de la France insoumise, y compris au plus haut niveau, et en tentant d’infléchir la ligne de notre mouvement pour en faire une « nouvelle gauche socialiste » promettant une « Europe sociale » qui n’a jamais existé et n’existera jamais. Ces tristes sires vont à présent quitter le navire, et chercher des postes chez Hamon. Bon débarras ! Nous allons pouvoir reprendre notre campagne pour la souveraineté nationale, populaire et citoyenne incarnée uniquement par Jean-Luc Mélenchon. En avant !

Soutenir Mélenchon ? Entretien avec Frédéric Lordon – Là-bas si j’y suis – Le 27/01/2017

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Pour écouter la vidéo, c’est ici.
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Note de Vincent Christophe Le Roux : Ma camarade Christine Duplaissy, est comme moi, une inconditionnelle de Frédéric Lordon. On peut dire, je crois, que nous sommes comme des élèves du maître… Et à ce titre, nous nous efforçons : 1/ de ne rien louper des écrits et des interventions mediatiques de Frédéric Lordon, 2/ d’en bien comprendre le sens et la portée (je pense que nous ne nous débrouillons pas mal), 3/ d’en proposer les retranscriptions écrites lorsqu’elles n’existent pas, afin que tout le monde puisse prendre connaissance de la pensée de cet intellectuel à nulle autre pareille.

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Tomber dans le piège HAMON ou s’engager dans la révolution MÉLENCHON ? C’est vous qui voyez…

Vous qui envisagez de voter pour HAMON, prenez garde : si vous faîtes les moutons, vous serez tondus ! (Maxime chère à Jean-Luc Mélenchon).
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La candidature de Benoît HAMON est une véritable ARNAQUE ! Du même type que celle de HOLLANDE en 2012 !
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La candidature de Benoît HAMON, une arnaque
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Vous êtes nombreux à avoir cru à la bonhomie et à la sincérité de François HOLLANDE, n’est-ce pas ? Du coup, vous portez une part de la responsabilité de ce pouvoir car c’est grâce à vous qu’il a pu être en situation de gouverner. C’est sans doute un peu abrupt de vous le dire mais c’est la vérité. Votre ignorance ou votre naïveté d’alors nous a coûté très cher à tous ! Or il était assez facile de cerner le loustic pour peu qu’on se soit intéressé à lui, à son passé, à ses “oeuvres” !

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Chacun a le droit, bien sûr, de se tromper, de s’égarer, de se faire avoir, hélas ! Mais comme le dit un proverbe berbère que MÉLENCHON aime citer : “La seconde fois où tu te fais avoir, c’est de ta faute !

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Donc, sauf si, vous avez été plongé, depuis cinq ans, dans un état d’hibernation bien plus long que celui prévu par la nature pour certains mammifères, vous avez pu constater, depuis ce jour glorieux de 2012 où le candidat qui avait décrit la finance comme son “adversaire” a été élu, combien ce combattant s’est opposé à cette finance, et comment il s’y est pris pour la domestiquer !

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Et vous souhaitez pourtant, aujourd’hui, voter pour HAMON ? Vous envisagez donc de réitérer la même bévue que celle qui nous a fait avoir tant de cendres dans la bouche depuis cinq ans ?

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Tout ça pour quoi ?

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Parce que, pour certains d’entre-vous, HAMON, lui, est vraiment de gauche ? Vous y croyez vraiment ? Vous avez perdu la raison ? Ou bien croyez-vous, tel des enfants immatures ou des ados encore innocents, que ses promesses l’engagent aussi peu que ce soit ? Croyez-vous que ses nouvelles propositions les plus à gauche viennent de sa propre volonté ? Croyez-vous que son désir ardent de rester dans l’UE actuelle soit cohérent avec un projet de gauche ? Croyez-vous vraiment que sa proposition de revenu universel soit un mieux alors que c’est une réforme suggérée depuis bien longtemps par le patronat qui se réjouirait de la mise en application d’une telle mesure puisque ce serait faire payer par l’État, et donc par nous tous, ce qui devrait être payé par les entreprises en salaire ? En outre, avez-vous entendu le montant qu’il propose ? On serait très loin du “minimum syndical” d’autant plus que ce revenu universel remplacerait toutes les autres allocations… Et, cerise sur le gâteau, comme il serait universel, les plus aisés le percevraient aussi ! Chapeau bas M’sieur HAMON. Le capital et le MEDEF vont vous adorer vous aussi, même s’ils ne le diront pas publiquement pour ne pas rendre jaloux leur poulain MACRON et son rival FILLON !

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Parmi vous, il y en a d’autres pour qui voter HAMON se justifierait parce que cela nous éviterait LE PEN ou FILLON ou MACRON.

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C’est une blague ! Voilà encore une preuve que vous êtes victime du syndrome de Stockholm, vous savez ce mal qui fait que les victimes finissent par rechercher l’affection ou la reconnaissance de leurs bourreaux… Et encore, je n’ai pas dit le syndrome du larbin bien qu’à étudier certains, ce soit davantage ce mal-là qui les ronge…

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Pensez enfin par vous-mêmes. Ne vous laissez plus affoler par les faux bergers qui crient au loup pour que vous mainteniez au pouvoir les bons pasteurs. N’oubliez pas toutes leurs turpitudes, et toutes les violences qu’ils ont causées eux-mêmes, ou cautionnées en ne se levant pas contre elles et contre ceux qui les organisaient. Ne forgez plus vos opinions en écoutant les marchands du Temple. Heu, je voulais dire les MeRdias !

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Comme le dit encore MÉLENCHON : “Si vous abandonnez vos convictions dans le bureau de vote, ne vous étonnez pas ensuite de ne plus les retrouver à la sortie !” On vote pour ses convictions, pas pour le moindre mal.

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Aux naïfs de gauche qui donneraient la moindre sincérité à HAMON dans son discours de « gôche », je suggère ceci : si vous souffrez des mêmes handicaps que les poissons rouges, si vous avez une tendance à oublier ce qui a été dit – et fait – hier et avant-hier, vous pouvez vous rafraîchir la mémoire en étudiant, non pas seulement ses paroles, mais ses actes depuis des années. Étudiez par exemple ses votes à l’Assemblée Nationale depuis cinq ans, notamment ceux sur les textes les plus odieux, les plus régressif… Voyez qui il a soutenu dans les choix qui ont sali notre pays et dévasté nos acquis sociaux. Observez son courage politique quand il a préféré si souvent s’abstenir ou jouer les “frondeurs” de pacotille. Réalisez que lorsqu’on entre dans un gouvernement comme il l’a fait, c’est qu’on en cautionne la politique, TOUTE la politique et pas seulement celle que le Président et le Premier ministre vous laissent mener vous-même dans votre ministère… C’est un bloc. On ne trie pas et on ne peut dire ensuite : ça j’approuve et ça je rejette. S’il avait été sincère, il aurait démissionné bien avant le jour où il a quitté le gouvernement. Car bien des horreurs avaient déjà étaient accomplies par les gouvernements auxquels il a appartenu. Prenez conscience que quelques miettes de mieux qu’il a pu obtenir dans son secteur ministériel (par exemple la loi sur l’économie sociale et solidaire) ne sauraient compenser les immenses régressions menées par ses collègues du gouvernement et de l’Exécutif !

Sachez que cela aussi est une stratégie des dominants, et pas qu’en France. Pour faire passer une loi inacceptable, nos maîtres se résolvent, assez souvent, à insérer, dans le texte scélérat, quelques menus progrès. Et vous demandent ensuite de vous prononcer en bloc sur le texte en vous faisant miroiter les miettes d’améliorations et en occultant tout le reste. Et si vous rejetez le texte comme violemment régressif, ils vous reprochent de refuser les quelques améliorations qu’ils vous ont concédées.  Ou pour de nombreux textes régressifs adoptés, ils vous concéderont un texte qui l’est moins… C’est ce qu’on peut dire de la “loi HAMON” sur l’économie sociale et solidaire. Qu’a-t-il dû accepter pour pouvoir la faire passer ? Eh bien tout le reste… Tout ce qui a été fait depuis 2012… Quand vous en arrivez au bilan, vous ressentez de fortes douleurs au bas du dos !

Et puis, constatez qu’HAMON affiche le même européisme habituel de ces « élites” qui disent travailler pour notre bien, fut-ce contre notre gré, en voulant l’Europe sociale, ce mantra étant sans cesse repris depuis la première élection du parlement européen en 1979 et qui, JAMAIS, n’eut le moindre début de commencement en pratique ! En fait d’Europe sociale, ces “élites” nous ont ramené au XIXe siècle, elles ont réduit à presque néant ET notre souveraineté populaire ET notre indépendance géopolitique. Et maintenant, elles semblent clairement vouloir franchir une étape supplémentaire : une nouvelle guerre avec la Russie ! NOUS N’EN VOULONS PAS ! CECI NE SE FERA PAS EN NOTRE NOM ! Et tous ceux qui ne s’élèveront pas, on ne peut plus clairement contre ce risque-là, seront violemment rejetés par le peuple français !

HAMON n’a qu’un objectif : mystifier une fois de plus un nombre suffisant d’électeurs de « gauche », faire en sorte que ceux-ci ne votent pas cette fois pour MÉLENCHON. HAMON a exprimé en 2012 son rôle : constituer un pilier gauche pour le PS en vue d’éviter une fuite des électeurs vers MÉLENCHON. “On assure à Hollande le flanc gauche qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon” a-t-il dit au Figaro (voir cet article).

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Vous avez pigé ou ce n’est pas assez clair ? Et ne venez pas me dire que ça c’était avant ! Rien n’indique qu’il ait changé !
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Non ! HAMON n’est pas un « gentil » de l’aile gauche du PS. Il est un outil du système destiné à tromper et à empêcher le basculement de la France dans une forme de résistance mondiale à l’ordre capitaliste. HAMON a été choisi pour jouer le même rôle qu’OBAMA en 2008, quand le peuple américain menaçait d’entrer en révolution après les deux mandats calamiteux de BUSH le petit.
HAMON s‘est vu confier une mission qu’il a acceptée : tout faire pour que MÉLENCHON n’atteigne pas le second tour. HAMON sait très bien que lui perdra. Car il ne peut ignorer le désaveu massif que le PS, et le pouvoir actuel, inspirent dans les têtes de TOUS les Français, quels qu’ils soient, de droite, de gauche, du centre, ou de nulle part ! Le peuple français réserve un châtiment impitoyable à ceux qui se sont joués de lui ! Le PS va connaître l’épuration !
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In fine, c’est l’élection de MACRON ou de FILLON que prépare HAMON ! Peut-être se voit-il comme le principal opposant d’un Président qui serait MACRON ou FILLON pour la période 2017-2022. Ainsi, avec HAMON principal opposant au nouveau pouvoir, on aurait le candidat “naturel” pour l’élection de 2022.

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En votant HAMON au premier tour de cette élection, vous remettriez une pièce de plus dans la machine de la 5e République. Pour faire tourner le manège encore une fois… Sauf qu’avec cinq ans de MACRON ou de FILLON, où en serons-nous en 2022 ? Que restera-t-il au peuple français ? Dans quel état serons-nous plongés ? J’ai froid dans le dos à y penser. Pas vous ?

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Le moment est historique. Sachons en mesurer l’importance

Le moment que nous vivons est historique. Plus qu’aucune élection ne l’a jamais été depuis l’avènement du Conseil National de la Résistance. Si on ne saisit pas cette occasion de commencer à sortir MAINTENANT, TOUT DE SUITE, SANS ATTENDRE CINQ ANS DE PLUS, du système et de la société capitalistes, si on ne commence pas dès le 8 mai prochain (lendemain du second tour de la présidentielle) à mettre en oeuvre la libération de notre pays de l’oligarchie qui le dirige depuis trente ans, si on ne met pas en oeuvre, dès le 8 mai prochain (date symbolique s’il en est !) les mesures pour reprendre notre pleine et entière SOUVERAINETÉ – à la fois populaire et nationale -, si on ne rend pas très vite le pouvoir – TOUT le pouvoir – au peuple souverain, alors nous vivrons collectivement de biens cruels moments ; car tous, autant que nous sommes, et quelles que soient nos vies, nous subirons le pire. En tant qu’individus, en tant que peuple, en tant que nation !

FILLON ou MACRON, ce sera l’accomplissement du grand projet des oligarchies mondiales : la France sera transformée en vulgaire « région » d’une superstructure européenne qui aura encore affermi sa puissance et son autoritarisme, aux ordres et pour le seul intérêt des multinationales ; et à l’intérieur du « pays », le peuple français redeviendra ce Tiers-État qui souffrait tant des caprices des « Grands » et des “Princes”avant la Révolution, sans avoir son mot à dire sur quoi que ce soit, et ce peuple sera toujours plus contraint de se tuer au « travail » pour le plaisir de quelques-uns et pour n’avoir pas le temps ni la force de se rebeller.

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Imaginez une seconde ce que serait la force de frappe de la République française (je ne parle pas ici de la force de dissuasion nucléaire…) si son prochain Président de la République était Jean-Luc MÉLENCHON !

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Imaginez le message que le peuple français, en l’élisant lui, enverrait au monde ! Nous deviendrions un pôle de résistance à l’ordre capitaliste mondial et à son vecteur impérialiste.

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John Fitzgerald KENNEDY, dans son discours inaugural prononcé le 20 janvier 1961, a dit ces mots :   “L’énergie, la confiance, le dévouement que nous allons offrir pour rendre possible cet avenir éclaireront notre pays et tous ceux qui le servent et l’éclat de ce feu est de nature à illuminer le monde.

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Ces paroles lyriques, Jean-Luc MÉLENCHON, j’en suis certain, pourrait les faire siennes. Il les a d’ailleurs déjà dites – autrement – à de multiples reprises ces derniers mois. Et, comme lui, je ne doute pas que son élection réveillerait des millions de gens en France, des millions de gens qui seraient prêts à prendre leur part du combat à mener et des changements à mettre en oeuvre. Je dis cela sans ignorer ni négliger que cette élection éveillerait aussi des sentiments bien peu amicaux à notre encontre, et déclencherait contre lui, contre ses ministres, contre nos ambassadeurs, contre les nouveaux responsables supérieurs des administrations de l’État et contre nous tous, des réactions très violentes de la part du système et de ceux qui le servent. Car les “collabos” ne se déclareront pas vaincus sans avoir lutté pied à pied contre nous. Qui sait ce qui peut nous arriver ! La stratégie du choc est leur stratégie de lutte contre les peuples qui ont des volontés rebelles ! Tenez-vous le pour dit et préparez-vous-y !

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Cela ne doit pas nous faire mettre un genou à terre pour autant. Car je crois aussi qu’aucun pouvoir, aussi despotique soit-il, ne peut rien contre un peuple qui a décidé de prendre – ou de reprendre – son destin en mains ! “Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux” disait LA BOÉTIE qui ajoutait : “ Un tyran n’a de pouvoir de nuire qu’autant que les hommes veulent bien l’endurer”.  “La plus grande force des tyrans est l’inertie des peuples” disait pour sa part Nicolas MACHIAVEL, tandis que Dimitris PAPACHRISTOS a écrit très justement que “Celui qui attend qu’on le libère restera un esclave toute sa vie”. Louise MICHEL avait fait sienne cette maxime : “Le peuple n’obtient que ce qu’il prend” et dans le même esprit :  “Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent” avait reconnu Pierre KROPOTKINE.

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Un autre extrait, célébrissime, du discours inaugural de JFK disait : “Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que VOUS pouvez faire pour votre pays !

Ce que VOUS pouvez faire pour votre pays – et donc pour notre peuple – c’est déjà de ne pas vous tromper le 23 avril et, si MÉLENCHON parvient au second tour, le 7 mai !

Ensuite, quoi qu’il arrive, c’est de rester mobilisé et éveillé. Même si MÉLENCHON est élu Président de la République, NOUS devrons TOUS rester sur le pont car il ne fera pas tout, tout seul. Son gouvernement ne pourra tout faire de ce que nous envisageons de faire si le peuple tout entier n’exerce pas une pression très forte pour, d’une part, pousser au cul les “timides”, et, d’autre part et en même temps, jouer le rôle de “garde prétorienne” du nouveau pouvoir sur lequel les coups ne cesseront de pleuvoir, à verse !

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Il ne s’agit pas – ou il ne s’agit plus – en 2017 de simplement voter pour un Président et lui donner carte blanche. Il faut passer à une autre ère de la démocratie, et cela sans même attendre le temps où sera rédigée collectivement puis mise en oeuvre une nouvelle constitution. Dans notre façon d’appréhender le pouvoir, le principe représentatif et la délégation, nous devons devenir des adultes et donc être instruits de ce qui se fait pour bien “conseiller” et orienter celles et ceux qui décideront pour nous, en notre nom. Nous devons exiger une pratique constante de la démocratie participative en attendant que la future constitution de la 6e République nous rende TOUT “le” pouvoir, TOUS “les” pouvoirs !

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Et le peuple français, s’il se comporte ainsi chez lui, redeviendrait un exemple pour le monde. Bien plus encore : si ce nouveau pouvoir, exercé au sommet par Jean-Luc MÉLENCHON, son gouvernement, l’administration, nos ambassadeurs et leurs services, accomplissaient l’oeuvre  que nous aurions légitimée par l’élection de ce candidat-là, donc si le Président MÉLENCHON et les pouvoirs publics français entamaient, dès le 8 mai, un dialogue nouveau avec ces États européens, africains, asiatiques, sud-américains qui sont nos alliés naturels, bien plus que d’autres avec qui nous sommes actuellement liés, et si la France commençait à parler au monde au nom des peuples insoumis, des peuples opprimés et des nations dont le vocable officiel dit qu’elles n’ont pas encore “émergé”,  peut-être même que la France ne serait plus seulement un “exemple” comme je l’ai dit ci-dessus, mais un véritable “phare”, dans l’esprit kennedyen du premier extrait que j’ai cité plus haut !

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D’autres pays dans le monde ont amorcé cette résistance et cette reconquête. Et même si nous ne nous retrouvons pas entièrement en eux, il serait utile et profitable à tous que nous travaillions de concert avec eux pour vaincre ces oligarchies capitalistes qui ont repris le contrôle du monde, alors qu’au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les peuples étaient entrés, pour certains d’entre-eux, notamment en Europe, dans une ère de progrès, progrès qui a été interrompu dans les années 70 et qui n’a cessé d’être déconstruit, pierre après pierre, les pouvoirs politiques de nos pays se dessaisissant de leurs prérogatives au profit soit des entreprises, soit de structures politiques et juridiques illégitimes, tout ceci bien sûr en violation constante des volontés populaires si souvent exprimées.

Mélenchon n’est pas le candidat idéal ? Faudrait-il qu’il le soit pour que nous le soutenions ?

Alors, il est vrai que certains d’entre vous pensez que MÉLENCHON n’est pas le candidat idéal. Sans doute n’est-il pas parfait. Sans doute défend-il parfois des positions qui ne sont pas les vôtres. Nous sommes un peuple divers et il est donc logique que nous ne pensions pas tous la même chose sur tous les sujets. Moi-même, je ne suis pas le doigt sur la couture du pantalon vis-à-vis de MÉLENCHON quand je le trouve trop timide sur la question européenne ou sur certains thèmes économiques et sociaux.

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Pour autant, et j’insiste sur ce point, quelle alternative avons-nous ? Je n’en vois aucune. TOUS les autres candidats en situation de parvenir au second tour sont détestables, soit par leur projet, soit par leur passif.

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Alors, certains me disent que ce genre de discours, c’est finalement appeler à soutenir « le moindre mal ». Je ne suis pas d’accord ! MÉLENCHON , ce n’est pas le moindre mal ! C’est un bien ! Ce n’est peut-être pas « LE » bien, mais c’est un plus grand bien, comparé à ce que nous vivons depuis le début de la mise en oeuvre de la stratégie du choc. 

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MÉLENCHON – ce n’est pas rien, d’autant qu’il est le seul à le proposer parmi les « grands » candidats – s’engage à organiser une Constituante, c’est-à-dire à rendre au peuple son pouvoir constituant. Via des représentants élus et tirés au sort (selon des conditions et modalités à définir), NOUS, LE PEUPLE FRANÇAIS, réécrirons notre constitution et ainsi nous déciderons du type de régime que nous voulons, des droits nouveaux que nous nous reconnaissons, des obligations que nous acceptons, et de celles que nous imposerons à tous nos représentants et à tous les détenteurs d’une parcelle de pouvoir dans l’État, les collectivités locales, les entreprises… 

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MÉLENCHON est le seul à s’engager à cela et c’est ce qui est le plus fondamental pour moi, au-delà de l’accord que je peux avoir avec lui sur une très large partie de son projet. Aussi longtemps qu’une révolution au sens traditionnel n’éclate pas pour que le peuple reprenne par la force le pouvoir qui lui a été enlevé par la loi, il n’y a que la loi pour défaire la loi et la refaire, à commencer par la loi fondamentale, la constitution ! Et donc les urnes ! Pour que celui qui présidera le régime, et celles et ceux qui seront envoyés dans nos institutions pour faire la loi, soient les bonnes personnes… Au-delà de la question du projet, d’autres paramètres seront à prendre en compte, avec la plus grande attention. Car si, dans les prochaines semaines, se confirme la montée en puissance et en crédibilité du candidat MÉLENCHON, ne doutez pas que se rallieront à lui les amis du dernier jour, ceux qui n’en sont pas, et qui se rapprochent seulement d’une force de nature à sauvegarder leurs propres intérêts ! Ceux-là, nous les repérerons aisément. D’ailleurs, ici ou là, il y en a déjà qui se font remarquer… Il est si facile de les reconnaître…

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Cet engagement de faire la Constituante et tout ce qui a été dit par MÉLENCHON à ce sujet, de même que certaines déclarations, plusieurs fois répétées, quant à ce qu’il envisage de faire lui-même, indiquent – sauf à l’accuser de mensonge – qu’il sera fidèle à l’esprit nouveau qu’il essaie, depuis deux ans au moins, de faire souffler sur le pays. Ce nouvel esprit non pas tant des lois que du pouvoir, est en phase avec son temps. MÉLENCHON, sur ce sujet comme sur bien d’autres, a saisi ce qui fait notre temps et essaie d’y adapter la manière de gouverner et de traiter avec le peuple. Qui d’autre que lui, aujourd’hui, parmi les “grands” candidats susceptibles de parvenir au second tour dans notre inique système électoral de monarchie présidentielle, a choisi d’adopter la même ligne de conduite ? Cherchez bien, vous ne trouverez personne !

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Le système politique que propose MÉLENCHON et la France insoumise dans le projet L’AVENIR EN COMMUN, c’est notamment que chaque citoyen-ne, quelles que soient ses opinions, ses préférences, ses affinités, ou à l’inverse ses aversions… pourra prendre sa part dans le débat politique de la nation ou de son territoire, et participer à la prise de décision juridique. Et sur cette base, les politiques menées seront alors de nouveau le reflet de la volonté populaire et nos lois (comme les délibérations de nos assemblées locales) deviendront vraiment l’expression de la volonté générale dans l’esprit de Jean-Jacques Rousseau.

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En conséquence, sauf si vous êtes partisans du système actuel de confiscation du pouvoir par quelques-uns, je pense que vous devriez appuyer Jean-Luc MÉLENCHON, quel que soit votre sentiment à son sujet, car il vous donnera, à vous aussi, la possibilité concrète de vous exprimer et de prendre votre part, quand bien même vos opinions politiques ne seraient pas les siennes. Vous pourrez, grâce à lui, peser sur la décision après que de larges débats aient été organisés et souvent des votes directs car, il l’a souvent répété, “Nous voterons beaucoup désormais”. Réfléchissez à cela.

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Enfin, pour conclure, je dirais que ses opinions à lui, comme les miennes, et comme celles de toute la France insoumise, opinions qui sont aussi partagées très au-delà de ce mouvement citoyen qu’est la France insoumise, c’est de rendre le peuple français libre, indépendant, souverain, à l’intérieur du pays, comme à l’égard des autres pays du monde. Or redevenir ainsi, libres, indépendants et souverains, nécessite des ruptures géopolitiques et géostratégiques majeures (telles que sortir de l’OTAN et de l’UE mais aussi de la Banque Mondiale, de l’OMC et du FMI par exemple, tout en renforçant l’ONU, contrairement aux velléités du nouveau Président et du Congrès des États-Unis dont il est fait mention dans la presse depuis quelques jours) et aussi des ruptures avec la trame économique, politique et culturelle qui guide notre pays depuis trois décennies, ce qui nous impose de restaurer le plein pouvoir économique et monétaire de nos institutions nationales et le plein pouvoir du peuple dans tous les domaines de la vie publique, sans oublier le plein pouvoir des travailleurs dans l’entreprise, afin que nous puissions mettre en oeuvre notre projet de progrès pour tous, cet “Avenir en commun” que nous proposons comme ferment national et républicain pour les 5 ans à venir.

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Mise à jour du 1er février 2017 : J’ai l’immense fierté d’être aussi publié dans Le Grand Soir. Mon billet est ici.

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Mea culpa, Jean-Luc ! Par Claire BOUTHILLON le 05/03/2016

Avant-propos par l’auteur de ce blog (Vincent Christophe Le Roux)

Je reproduis ci-dessous un texte intitulé « Mea culpa, Jean-Luc ! » que ma camarade Claire BOUTHILLON a rédigé et publié sur Facebook le 05/03/2016.

Claire a, comme moi, milité des années au Parti de Gauche et, comme moi, a décidé de le quitter ; elle lui a dit « au-revoir » il y a quelques mois; pour ma part, le départ fut en mai 2015. Il se trouve que sans nous connaître alors, nous avions tous deux été sensibles au mouvement et aux idées exprimées en son temps par Ségolène ROYAL quand elle menait la campagne en vue de se faire élire Présidente de la République en 2007. Claire avait, comme moi, rejoint « Désirs d’avenir ». Claire venait du PS, je venais d’ailleurs. Nous croyions naïvement que Ségolène incarnait vraiment une alternative, et pas seulement à cause ou grâce à sa féminité. Claire et moi, et des milliers, voire des dizaines de milliers d’autres, avons été déçus, c’est un euphémisme. Pour ma part, je dirais même que je me suis senti floué car la chose était bien plus grave qu’une simple déception. Mais ce n’est pas le propos ici que de développer cela.

Nous avons donc choisi de militer au PG et nous l’avons fait des années durant, avant de rompre les rangs, et nous nous en sommes expliqués alors.

Puis nous avons, avec enthousiasme, décidé de soutenir Jean-Luc Mélenchon dans la mère de toutes les batailles électorales, la campagne pour l’élection présidentielle. Nous l’avons fait avec une détermination à nous engager aussi intensément que nous le pouvons mais aussi avec une vigilance et beaucoup d’exigence. Je veux dire par là que nous sommes très attentifs à ce qu’on ne nous la refasse pas ! Et nous sommes excessivement exigeants sur ce que nous attendons de notre candidat, en termes aussi bien de contenu programmatique, que de discours public, de comportement et de choix stratégiques. Claire comme moi, et comme beaucoup, beaucoup d’autres militant-e-s et citoyen-ne-s, exerçons une pression forte sur Jean-Luc Mélenchon pour qu’il corresponde à celui que nous voulons. Certes, il restera libre de ses choix et n’obéira à personne. C’est bien ainsi ! S’il nous déçoit, s’il ne correspond plus à nos exigences, nous en tirerons les conséquences car nous sommes des insoumis. Celles et ceux qui nous voient comme des groupies ne sont que des andouilles. Fortes têtes, avec un caractère bien trempé, sachant ce que nous voulons – et aussi ce que nous ne voulons pas, ce que nous ne voulons plus – nous continuerons à exercer ce « lobbying » politique pour tenter, non pas de contraindre Jean-Luc à faire ce que NOUS jugeons nécessaire, mais à le convaincre. Lui aussi est un insoumis et il fera ce qu’il jugera utile de faire.

Ce qui est très réjouissant ces dernières semaines, depuis qu’il a rendu publique sa candidature à l’élection présidentielle de 2017, et ces derniers jours notamment, au fur et à mesure qu’il distille son message et exprime les changements qui sont en train d’infuser en lui, c’est que, ainsi que je l’ai déjà dit ici, ou que ma camarade Claire l’exprime dans le billet ci-dessous, Jean-Luc est vraiment en train de s’autonomiser de tout  ce qui le limitait, de tout ce qui le restreignait à une petite case de géographie politique, de tout ce qui l’empêchait de parler au peuple tout entier et d’être entendu par lui ! Claire, dans les lignes ci-dessous, décrit, avec emphase et poésie, ce phénomène auquel nous assistons. Oui, Jean-Luc Mélenchon est en train de devenir un autre car on voit de mieux en mieux que tout en conservant ce qui faisait sa force, son talent et son intérêt jusqu’ici, il remplace certains vieux oripeaux par d’autres, autrement plus beaux à nos yeux. Et il semble même ne plus s’appartenir, comme s’il était habité par cet intérêt général humain qu’il tente de conjuguer.

Alors il y en a toujours, parmi les éternels ronchons, parmi  les éternels sceptiques, parmi les éternels moqueurs, parmi les éternels insatisfaits, parmi les éternels « peine-à-jouïr » qui diront que tout cela n’est qu’une image qu’il se donne, qu’il n’y a rien de sérieux, rien d’authentique, rien d’honnête dans cette conversion.Peut-être auront-ils raison en fin de course. Car ni Claire, ni moi, ni aucun de celles et ceux, anonymes ou illustres, qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon, ne peuvent lire dans sa tête et dans son coeur. Et comme il est vrai qu’il est doté d’un immense talent oratoire, il n’est pas impossible que nous soyons, une nouvelle fois, en train de nous faire mystifier. Oui, je conçois que ça puisse être une issue possible. Mais il est souvent facile de jouer les Cassandre car on reste ainsi sur son aventin, on ne s’engage pas, on critique sans agir et s’il s’avère qu’on avait raison, on pourra toujours dire : « vous voyez, je vous l’avais dit ! ». Mais cette position du Cassandre fait-elle avancer la cause commune que nous défendons par-delà la personne de tel ou tel candidat ? Je ne le crois pas. Et c’est pourquoi, je préfère m’engager auprès de Jean-Luc Mélenchon, en conservant, chaque jour, ma liberté absolue de faire un autre choix si ce candidat devait dévier du mauvais côté de la barricade, plutôt que de grogner sur mon aventin.

Maintenant, si l’on considère le cas de celles et ceux qui furent si souvent déçu-e-s, trompé-e-s, ou floué-e-s dans le passé, on peut comprendre qu’il y ait de la méfiance et du scepticisme et qu’il faille bien plus de temps pour que la confiance et l’enthousiasme reviennent. On peut comprendre qu’il faudra bien plus que quelques mots, aussi pertinents soient-ils, ou quelques inflexions stratégiques, aussi opportunes soient-elles, pour que ces derniers s’engagent de nouveau. Je ne les blâmerai pas. Je leur demanderai seulement, comme le dit une maxime populaire : « Ceux qui ne croient pas à l’impossible sont priés de ne pas décourager ceux qui sont en train de le faire. »


Mea culpa, Jean-Luc ! Par Claire BOUTHILLON

J’ai honte et je vais dire pourquoi. Un reste judéo-chrétien sans doute, inscrit dans mon éducation.

Je viens de boucler le visionnage de la conférence de Jean-Luc Mélenchon à l’école de commerce Audencia de Nantes qui s’est déroulée devant la valeur de deux salles d’étudiants en business… Qui sont aussi nos jeunes d’avenir.

Mettons de côté le profond respect que j’ai pour l’ intelligence de l’homme, pour la force puissante de sa pensée si transparente, si visionnaire. Qui se lit sur plusieurs niveaux à la fois. D’autant qu’il n’habille pas sa diatribe d’artifices. On pourrait dire qu’il a surtout une énorme capacité d’assimilation et de mémoire de synthèse, d’abord à l’écoute des multiples experts qu’il consulte. Il a certainement un don mémo technique effarant. Reste le fait qu’il se met spontanément à la portée de tout un chacun. En tant que com, c’est pour moi la première des qualités après l’écoute. Une négociation avec autrui, c’est d’abord cela avant tout : l’écoute. Puis s’adapter à la compréhension de l’autre et l’emmener dans sa vision du projet. Je partage ce pouvoir de concentration et de conviction avec l’intéressé, pas sa mémoire ni sa fulgurance.

Je mesure avoir beaucoup douté de sa sincérité et le regrette profondément. La raison en est d’abord, comme il le dit lui-même en quelque sorte, qu’il est le produit d’un monde politique révolu qui a profité d’une Constitution aujourd’hui corrompue et très corruptible à ses semblables. Le fait ensuite d’avoir souffert de ce monde politique cruel, jusqu’à voir la déchéance d’une femme qui s’est couchée devant le pouvoir actuel, que j’aie suivie et admirée quelques années dans son projet de l’écologie sociale… Mais ce n’est pas une circonstance atténuante à mon injustice envers celui pour qui je m’engage aujourd’hui. D’autant que j’ai toujours dit dans la découverte de l’autre, l’empathie venue, que je ne lui ferais jamais payer mes trahisons précédentes. J’en ai une galerie nécrologique énorme jusque dans ma famille, jusque dans mes ascendants, sans espoir de pardon car la chose est entendue. Et j’ai toujours su me protéger des coups du sort. Pourtant, je pose toujours l’à priori de confiance à mes nouvelles rencontres, sous réserve de contrôle, en bonne journaliste par ailleurs formée à recouper les informations. Je me rends compte que les réflexes traumatiques vécus dans une vie politique antérieure, ou dans mes rencontres humaines tout simplement, ont mis sur lui, sur cet homme pas mal accablé, mais Ségolène Royal l’a été aussi par ses pairs, une peur irraisonnée de me tromper à nouveau. Je l’ai crue arrivée, cette terrible erreur, au moment de ses choix de soutiens aux Régionales. A tel point que j’ai continué à douter de la sincérité de son revirement ensuite dans le lâcher prise. J’ai dû établir à son avantage qu’il vivait un deuil profond de mille choses pas seulement intimement humaines, également de ses amitiés politiques déçues et irrécupérables et je pense maintenant qu’il se rend à l’évidence qu’elles le sont, irrécupérables – pour moi, elles sont impardonnables – dont il a émergé à l’image d’un papillon qui déchire la dernière peau de sa chrysalide à coups de larmes de douleur et de dents contre sa propre chair. Ce moment où ivre à trop d’extrêmes éprouvés, on est en même temps lavé par ses larmes et son propre sang pour libérer le mauvais fluide. On se retrouve tout à coup purifié. Hébété par cette seconde renaissance. On vit plusieurs morts dans sa vie qui deviennent des époques, sans pour autant forcément s’améliorer. Lui si, c’est même une résurrection.

Ce miracle de mise en cause de soi unique, comme on le dit de certaines conversions, est arrivé à cet homme. A se demander s’il n’a pas eu une révélation finalement de l’au-delà, bien après l’adieu terrestre. J’ai observé la métamorphose. Mais j’ai gardé mes réflexes traumatiques cependant jusqu’à aujourd’hui.

Et pourtant. Là, ce soir, dans le silence de la nuit, avec toute l’objectivité à laquelle je me contrains à part de mes émotions énormes d’entendre ce que j’ai toujours rêvé, répété devant des oreilles neufs, à peine celles-ci révélées à la vie et à l’ordre du monde ici très bousculée dans ses idées reçues ; je constate à l’issue de cette conférence et de deux réponses terriblement sincères au débat, où affleurait encore cette accusation de bonapartisme : que cet homme a réussi à se déconditionner de tout cela, à l’âge qu’il a où on commence à se détacher des contingences matérielles du monde, à réaliser l’extrême relativité de ce qui faisait son univers alors qu’on est face à l’ultime vérité de soi,et que l’on s’engage dans une croisade en connaissance de cause, dans ce qui est un vrai don à la multitude des autres à qui l’on se propose. Et c’est vrai que finalement l’âge ne fait rien à l’affaire, à ne retenir en soi-même que l’épure nécessaire pour lancer la course vers la victoire au détriment de son propre confort, de sa vie privée, et ensuite passer le témoin, de préférence à des personnes qui n’ont jamais été élues… Intention que je lui ai découverte ce soir dans la dernière inconnue de mes questions.

Il y a du Gandhi en cet homme. Plus que du Che Guevarra. Pour cela, il va être incommensurablement haï, car il ramène ses pairs à leur propre petitesse.

Il a levé le dernier doute que j’avais des conditions que je voyais pour réussir cette souveraineté. En même temps, par rapport à la dureté des forces qui nous entourent, vu comment il s’est construit, lui qui se fiche d’avoir à flatter son égo dans Le pouvoir de plus à sa main qu’il se propose de relever, je me dis maintenant : qui d’autre peut ensuite consolider la stabilité de cette souveraineté à l’œuvre, face à ces forces qu’il connait si bien et qui légitiment sa mise en candidature ? Dans les balbutiements d’une gouvernance qui a pris Syriza de court, avec des dirigeants ignorants des ficelles du pouvoir aussi naïfs que des bébés face au cynisme le plus absolu, écrasés sans pitié par un rouleau compresseur financier des plus définitifs : doit-il partir tout de suite dès la nouvelle Constituante assurée ? Puis-je négocier qu’il reste le temps d’un rodage à préparer sa suite avant sa transmission de témoin ?

Car tout à coup j’ai presque là, à l’avoir entendu enseigner l’irrémédiable lâcher prise à tous les superflus que notre planète ne peut plus supporter de donner, j’ai presque oui, eu peur pour sa vie… Alors les débutants du pouvoir de la Nouvelle Constituante, je ne leur donne pas les six mois de Tsipras avant de s’effondrer. Mais je ne sais sans doute pas tout de ce qui se prévoit !

Respect en tout cas Monsieur Mélenchon, car j’ai maintenant honte d’avoir douté,

Franche accolade à mon camarade de lutte Jean-Luc,

Grosse tendresse à l’homme pluriel sur le visage duquel, dans le regard indulgent qu’il porte à toute cette jeunesse, dans la tristesse fugace qu’il laisse encore passer de l’héritier perdu, je vois tout l’amour qu’il porte à son prochain.

Comment pourrais-je douter qu’il se met face à ma conscience, à nu ?

Car en définitive, c’est le moteur qui nous engage en politique que lui a toujours gardé en gardant le fil… de sa liberté de conscience. Et j’ai vu ce soir, devant la vidéo, qu’elle est bien là : intacte.

Jean-Luc Mélenchon lâche ce qu’il a sur le coeur – le 22/02/2016

Grand débats » et « collectif » bidon

Ceux qui me connaissent comme homme savent que je suis sensible aux bassesses et volte-face de ceux en qui j’avais cru voir des amis. Mais je ne m’y arrête pas. Je sais que ce sont seulement des marionnettes tenues par le fil des postes à pourvoir. Je reconnais les doigts des tireurs de ficelle. Je sais que le but des dirigeants PS, selon les termes de Julien Dray, est de profiter de la circonstance pour essayer une fois de plus de « m’isoler » et me « sectariser ». À leurs yeux, les Verts sont détruits, les communistes n’ont jamais vraiment compté. Reste votre serviteur. Le PS sait y faire et qui activer. Tous les jaloux, les aigris, les professeurs cyclotrons de la stratégie en chambre, les bureaucrates tétanisés par tout ce qui menace leur petit pouvoir sont d’accord. Ils font la queue pour me donner chacun leur coup de stylet. En toute irresponsabilité, car à quoi et à qui sert de me frapper de la sorte ? Mais nombreux sont ceux qui pensent qu’il y a mieux à faire que de me démolir. Nombreux dont ceux qui sentent l’arnaque derrière les numéros de feintes indignations des importants de la cour des miracles de la « gôche ».

En toute hypothèse, l’effet bashing est raté. 60 000 appuis en dix jours, des centaines de comité d’appui, mille syndicalistes sont déjà en place. Une armée surgit de l’ombre, narquoise, rebelle, imperméable aux glapissements des appareillons et aux gémissements des vieilles gloires. Quiconque s’y oppose est pris à revers par les insoumis de ses propres rangs !!!! À l’heure où le code du travail va exploser sous les coups du gouvernement « de gôche » il était temps qu’existe une alternative politique indépendante.

Le point de départ d’un bon plan de marche est la visée stratégique. Il faut avoir les idées bien claires non seulement sur le but que l’on veut atteindre mais sur le chemin pour le faire ! Sinon, il est impossible de choisir les bons outils à utiliser. Car les moyens préfigurent la fin et ils la préfigurent souvent tout simplement. Ces choix-là n’ont rien d’arbitraire. Il faut réduire la part du pifomètre autant qu’on peut pour que là où il s’applique ce soit en toute connaissance de cause, sans avoir dispersé l’intuition dans des dizaines d’autres supputations intermédiaires. Le bilan de l’entrée en pré-campagne est bon. Le moment était le bon, en général, entre l’annonce de la candidature de Marine Le Pen et le remaniement. Cet encadrement surligne le sens de la démarche et beaucoup de gens ont reçu de cette façon un signal amplifié par l’illustration qu’en donne le contexte. La part de chance : tomber dans un JT où passe le report du procès Cahuzac montrant une face visible et concrète de la caste. Et, passer à l’antenne avant un reportage sur Fukushima qui me simplifie le retour sur la nécessaire sortie du nucléaire…

Pour le reste il n’y avait pas besoin d’être un génie de la tactique pour repérer la fenêtre de tir. Il suffisait de travailler l’info qui circule. Nous étions certains que le remaniement verrait un ralliement du type Emma Cosse. Je n’entre pas dans les détails de mon raisonnement à ce sujet car c’est ici un point secondaire. Le reniement d’une ardente partisane des « primaires pour éviter Hollande », assises au premier rang de la réunion de la Bellevilloise, passant sans transition au gouvernement Hollande jette une lumière démoralisante sur la sincérité du processus. Le risque est de voir s’aggraver la débandade des dévouements et des militants. Je devinais aussi qu’à la sortie de son séminaire Marine le Pen communiquerait pour rendre compte des changements de ligne décidés et déjà annoncés partout dans la presse. Je n’ai pas eu besoin de faire le lien avec sa candidature puisqu’elle l’a fait elle-même. Dès lors la nécessité d’un signal fort, d’une parole claire sur les enjeux du combat politique actuel s’imposait.

Car le temps politique s’est considérablement accéléré quand quatre candidats à la primaire de droite déjà extrêmement actifs et Madame Le Pen sont déjà entrés en campagne. Les livres, les interviews, les grandes émissions des porte-paroles de la droite saturent l’ambiance. Eux font leur travail. De son côté le gouvernement agit avec constance pour légitimer lui aussi l’essentiel des bases du discours traditionnel de la droite : attaque contre le code du travail, destruction des normes sociales, et discours sur la nationalité emprunté à l’extrême droite. Notre voix politique avait disparu. Et nous sommes menacés d’être paralysés  par une « primaire de toute la gauche » dont le dénouement est reporté à novembre prochain, dans le meilleur des cas, décembre ou janvier si Cambadélis le décide. C’est-à-dire après huit mois de bagarre interne et de querelle de personnes.

En coulisse, personne ne croit que cette primaire aura jamais lieu. Mais tous font semblant du contraire en public. Le fond du tableau est totalement tordu. Beaucoup se rêvent candidat à la primaire pour pouvoir enfin exister et ensuite perdre avec les honneurs médiatiques pour n’avoir aucune responsabilité financière ou politique à endosser. Avec l’arrivée en force du PS, toute la machinerie médiatique de cette primaire fonctionne comme un appareil à tout embrouiller et à augmenter la confusion. En dépit d’efforts inouïs (mais il est vrai que « la France s’ennuie ») la mayonnaise ne prend que dans des petits cénacles confidentiels de militants en déroute et de colonnes de réfugiés de la guerre du Hollandisme contre les fondamentaux de la gauche. Précieuses personnes ! Sur quarante signataires de l’appel aux primaires 38 firent campagne pour Hollande en 2012 et donc contre la candidature du Front de Gauche. Dix jours après son lancement, l’initiative piétinait à 12000 signatures jusqu’à ce que l’organisation du travail moyennant finance par l’entreprise de pétition « change.org » augmente la cueillette en plus de trois semaines !

Pour donner le change, le bulletin quotidien Libération, déjà connu dans le passé pour les manipulations de titres et de sondages ouvre sa « une » sur un sondage pipeau de première grandeur. La une annonce 81 % des électeurs de gauche partisan de la primaire. Politis fait vite la démonstration que « l’enquête » porte en fait sur… 277 personnes…

Le ras le bol des coups montés par Joffrin, Cohn-Bendit et consort est aussi une des raisons pour lesquelles je suis passé à l’action. Je suis un déclencheur. Je propose l’action drapeaux déployés et musique en tête. Je m’avance donc sans avoir demandé la permission à personne. J’appelle les gens, sans leur demander s’ils ont une carte de parti, à se rassembler pour agir, grâce au site jlm2017.fr. C’est la manière de faire la plus collective. Pour recueillir les 500 signatures de parrainage, je compte sur les 300 groupes d’appui et les 60 000 personnes qui nous ont déjà rejoints en dix jours et dont le nombre ne cesse d’augmenter. Si nous n’y arrivons pas, sur qui sera la honte ? Pas sur moi, mais sur ceux qui se seront acharnés à me barrer la route. L’insoumission est un combat, pas une rente.

Comme la mode semble être à comparer avec 2012 souvent au prix de quelques arrangements féroces avec la réalité, je crois utile de faire des rappels pour ceux de mes lecteurs qui seraient réellement inquiets. En fait, le déroulement actuel de mon agenda est l’exacte réplique de 2011. Je m’étais déclaré le 21 janvier 2011. J’avais déjà « proposé » ma candidature. Les mêmes qu’aujourd’hui, personnalités, journaux et directions politiques diverses avaient fait exactement les mêmes critiques venimeuses qu’aujourd’hui. À l’époque, la direction PCF en solo, sans crier gare et contrairement à nos accords d’alors, décida d’organiser un vote interne avec pluralité de candidatures. Rien de nouveau sous le soleil. Les communistes votèrent le 18 juin et m’investirent. Ils le firent sans aucun « grand débat » car on ne me permit pas d’approcher pour expliquer ma candidature.

Il n’y eut pas, à l’époque, de « programme d’abord », car la rédaction de celui-ci ne fut engagée qu’ensuite, à partir de la fin juin et jusqu’au mois d’août. C’est François Delapierre qui tenait le stylo. Le PG avait travaillé trois mois sous sa houlette pour préparer mille fiches programmatiques avant la rencontre avec les responsables communistes. Jacques Généreux qui participait au premier rang de la délégation pourra raconter s’il le souhaite ce qu’il faut savoir sur le refus du « revenu maximum » par nos interlocuteurs. Les mêmes s’alarment sur leur blog de l’amoindrissement qu’ils croient voir du contenu anticapitaliste de ma présentation du programme ! De son côté Martine Billard dans sa note de blog a parfaitement décrit quel alibi sans consistance est cette histoire du « programme d’abord » et autres sornettes sur les « grands débats » et autres « mille initiatives » qui n’existent que le temps du communiqué de presse qui les annonce.

Pour finir, la rédaction de L’Humain d’abord fut achevée en plein mois d’août ! Il fut présenté en public sans aucune consultation militante à la fête de l’Huma de septembre 2011. Il y fut mis directement en vente sans autre forme de procès. Je l’ai brandi sur la scène centrale, mais j’étais seul à l’avoir en main ! L’ensemble de la négociation sur les circonscriptions avait été réglée dès juin, après le vote des adhérents communistes, par une négociation directe entre les mandataires de chaque parti sans autre forme de consultation.

Telle est la version réelle du « collectif » tel que le pratiquaient les grands basistes qui m’accablent aujourd’hui. Personne à l’époque ne se plaignit que cette méthode n’était pas assez « collective ». Il y avait une raison à cela. Nous pensions, tous, que la désignation du candidat n’est pas le résultat mais le préalable qui permet de libérer tout le reste du travail politique à faire. Sinon tout reste prisonnier d’une compétition et de postures qui paralysent tout. Oui : le préalable. Car tout le monde avait le souvenir très vif des épisodes calamiteux de 2007 et de la débandade qui s’en est suivi ! La seule différence est donc pour l’instant que cette fois ci je n’ai pas eu au téléphone Pierre Laurent pour lui dire le jour et l’heure de ma déclaration. Lui-même ne m’a prévenu ni du jour ni de l’heure de la réunion collective où il a décidé d’être candidat en Île-de-France sans autre forme de consultation qu’un chantage à l’explosion du Front de Gauche. Il m’a obligé à intervenir pour l’appuyer face à des camarades survoltés et écœurés par ces méthodes venant après la honteuse réédition des municipales à Paris.

Mais quoiqu’il en soit, pour ce qui me concerne, tout le reste était su de lui. Tout. Je propose donc qu’on cesse les querelles de forme subsidiaires. Il ne sert à rien de me montrer du doigt comme le vilain « solo » de la couvée pour essayer de mieux vendre le « collectif » que représenterait la merveilleuse primaire de toute la gauche et son dessous de table crapoteux du partage des circonscriptions législatives. Car il ne faut jamais oublier cette dimension invisible de l’univers des primaires. J’ai entendu comme tout le monde Yannick Jadot dire que les circonscriptions seront réparties à l’exacte proportionnelle des résultats de la primaire. Ben oui, après avoir dû voter pour le vainqueur de la primaire, il faudra en plus faire campagne pour ses candidats locaux ou ceux des autres complices. Une véritable autodissolution de notre force.

La danse du ventre des injures, doublée de pathétiques appels à « Jean-Luc » au « collectif » dans le bulletin paroissial de la deuxième gauche qu’est Libération pour que je rejoigne la tambouille de la primaire rebaptisée « cadre collectif » ne m’impressionne nullement. Tant que ce cadre est celui de Hollande, tout est dit. Je sais que toutes ces gesticulations sont destinées à créer une rupture irrémédiable avec moi qui servira ensuite à justifier de nouvelles compromissions. Si la direction communiste choisit cette rupture avec moi, qu’y puis-je ? Une chose est sure : cette fois-ci, je ne pactise pas avec la ligne du compromis tous azimuts. Et je n’attends pas la fin de l’habituelle interminable séquence des tergiversations se concluant par les mêmes mélimélos incompréhensibles et illisibles. Je ne signerai pas la « charte minimum » à laquelle des milliers de communistes vont devoir se plier comme les y invite Pierre Laurent.

Le fond de l’affaire n’est donc pas dans la dialectique du solo et du « collectif », cette grossière mise en scène rhétorique. Il y a vraiment entre nous une divergence sérieuse sur cette primaire et sur la voie à construire. D’un côté la ligne du « rassemblement de la gauche » avec ses primaires de « Macron à Mélenchon » de l’autre, l’objectif de « fédérer le peuple ». La seconde est impossible dans le cadre de la première aussi longtemps qu’il s’agira de réunir sous une même étiquette des gens comme Valls, Macron, Hollande et leurs victimes chez les salariés. Dès lors, la formule « fédérer le peuple » se décline comme une ligne d’action globale. Elle doit se doter d’un instrument d’action et d’un programme.

Voilà pourquoi j’ai proposé à la coordination du Front de Gauche, avec d’autres et sans jamais avoir eu l’honneur d’une réponse, depuis janvier 2015 la construction d’un mouvement qui dépasse les anciennes structures et mette fin au système du cartel des partis qui a étouffé le Front de Gauche. Je n’ai pas réussi à convaincre de cette idée ni pour les départementales ni pour les régionales. Ensuite, comme tout le monde, j’ai été mis au pied du mur de la déclaration de « mort clinique » du Front de Gauche par le porte-parole national du PCF, en solo. Puis j’ai dû découvrir par la presse le ralliement sans condition ni délibération collective aux « primaires de toute la gauche ». Puis j’ai appris à la télé la non candidature « à l’heure actuelle » de Pierre Laurent et de celle « qui peut s’envisager » de Clémentine Autain, sans oublier la prise de position parmi tant d’autres inamicales et souvent blessantes d’André Chassaigne s’enthousiasmant pour la candidature de Christiane Taubira. J’ai donc compris que l’illisibilité des précédents épisodes était repartie de plus belle. Et j’ai pris mes responsabilités.

Je règle dans la forme comme dans les moyens toutes les questions que des centaines d’heures de discussion et trois séries d’élections perdues n’ont pas permis de régler. Je propose ma candidature, à tout le monde, j’impulse un mouvement d’action citoyenne, « la France insoumise », auquel tout le monde peut participer, je mets la réécriture du programme L’Humain d’abord en débat publiquement et ouvert à tous. Je dis « je » parce que je ne me réfugie pas derrière d’énigmatiques «  nous » cache sexe, de fumeux « le collectif » pour désigner des petits cénacles qui se répartissent des rentes. Le mythe des grands appareils verticaux donnant des consignes à des armées de robots est mort. Nous avons fait vivre autre chose en 2012. La campagne a été accomplie par des dizaines de milliers d’anonymes non encartés. Je crois en l’auto-organisation et aux réseaux sociaux.

Et en même temps, j’assume mes responsabilités. Je les exerce avec l’amicale camaraderie de toute sorte de membres du Parti de gauche et des autres partis du Front de Gauche, de socialistes et de verts dissidents, de toutes sortes de cercles de militants sans carte et de très nombreux amis et camarades communistes, de syndicalistes et associatifs qui ne se sentent pas obligés de se pousser du col. Mais surtout avec des milliers de gens que toute organisation laisse indifférents et qui n’ont pas envie d’y être encartés pour agir. Dans les trois mois, je proposerai la convocation d’une assemblée représentative des signataires, des personnalités insoumises et des organisations politiques partie prenante de la démarche. J’ouvre la marche, bien entouré, bien accompagné. Je ne lis aucune des tribunes désormais quotidiennes des dirigeants communistes et satellite qui par leurs excès et leur agressivité condescendante cherchent à créer avec moi un fossé irrémédiable. Peine perdue : leurs bases ne suivent pas. Mais ils confirment ainsi à quel point le monde depuis lequel ils pérorent est loin de la réalité simple et populaire à laquelle je m’adresse et qui m’entoure. Les rebelles et résistants qui se joignent au mouvement de la France insoumise m’importent davantage et je suis fier d’avoir mérité leur confiance si tôt, si fort.

La liste des insoumis syndicalistes actifs dans les principaux récents conflits du travail actuels m’enthousiasme. Ils viennent parce qu’ils savent que moi je ne vais pas m’arranger avec ceux qui les ont persécutés. Cette semaine, ceux qui voient la destruction du code du travail sont heureux de ne plus rien avoir à faire avec les auteurs de cette incroyables régression. Ils savent que je ne suis pas allé rue de Solferino mendier mon strapontin dans les primaires. Ils savent comme moi que cette primaire finira en eau de boudin couvrant de ridicule tous ceux qui auront fait semblant d’y croire. Cambadélis a fixé au mois de décembre ou janvier la tenue des primaires. Qui a noté que les investitures internes pour les législatives du PS sont fixées au 17 décembre. Je fais un dessin ?

La marche des insoumis – Par Jean-Luc Mélenchon le 22/02/2016

La ligne stratégique que j’applique repose sur la force propulsive dans la société de ce que j’ai appelé la « France insoumise ». De qui s’agit-il ? De quiconque ne s’est pas résigné à subir et passe à l’action. La France insoumise, c’est toute personne qui, dans sa vie, résiste à l’abaissement. Et ce sont bien sûr les lanceurs d’alerte, les syndicalistes qui se battent pour défendre leur emploi, les écologistes qui combattent les grands travaux inutiles ou l’acharnement nucléaire. Mais c’est aussi notre pays face au monde et à ceux qui le dominent. La France insoumise va de l’individu à la nation. C’est le point d’appui de tout changement pour le futur. Le PS et LR sont d’accord, avec madame Le Pen, pour « apaiser » la juste colère contre la caste et faire durer le système.

Dès lors, il faut donner à voir la diversité, la force et la dignité de la France insoumise. Telle est l’ambition du premier « appel des insoumis » lancé par plus de cinquante syndicalistes et lanceurs d’alerte qui ont décidé d’appuyer ma proposition de candidature. Cet appel est coordonné par Philippe Juraver, ardent syndicaliste de la ligne B du RER, qui a mené de nombreuses luttes de solidarité ouvrière et professionnelle.

Ces insoumis ont mené et ils mènent des luttes emblématiques pour l’emploi et le maintien d’activités en France : Arcelor Mittal (Lionel Buriello de Florange, Jean-Paul Bussi), Continental à Clairoix (Pierre Sommé), Air France (Karine Monségu, François Hamant, Mehdi Kemoune, Jean-Luc Vilala), Nexcis (Nathalie Camborde), Mory-Ducros (Jean-Claude Hacquard), Moulins Maurel à Marseille (Philippe Lavocat), Sanofi (Laurent Ziegelmeyer), Nexter (Dominique Flachat).

Ils viennent de branches et secteurs variés : industrie (Jérôme Flament d’Air Liquide, Florent Beauvais), métallurgie (Bruno Thorel de Thyssen Krupp, Aurélien Motte de Sambre et Meuse, Sébastien Migliore), aéronautique, éducation, agro-alimentaire (Gilles Sevilla de Sodexo), textile (David Thomas), énergie, transports (Teddy Martinache), santé, action sociale, finance, médias etc.

Ils s’illustrent dans la défense de services publics de qualité dans la santé (Catherine Fayet, Annie Tison), les hôpitaux (Marc Brun de l’Hôpital de Leyme, David Fremiot, de l’Hôtel-Dieu), l’éducation nationale (Faustin Aissi, Marilou Struilou, Claudio Capparelli, Christelle Hunault, Marlène Noygues, Ghislaine Zaparty), l’énergie (Jérôme Schmitt), le rail (Laurent Courtois, Damien Février, Laurent Flandrin, Christophe Joly, Kevin Kijko, Dominique Tison, David Volkaert), la Poste (Sophie Nayac), l’action sociale (Fabrice Preux), les institutions médico-sociales, les égoûts (Emmanuel Olivard), les douanes (Morvan Burel, Olivier Balzer), les collectivités locales (Farida Amrani, Alain Martin), l’action de l’État en mer (Nicolas Mayer), les finances publiques (Alain Maury), le service public audiovisuel (Luc Deleglise de France Télévision).

Beaucoup sont délégués syndicaux, élus du personnel ou secrétaire de leur syndicat. Ils sont en première ligne de la lutte contre la précarité, les maladies professionnelles et les accidents du travail, par exemple dans la sous-traitance du nucléaire (Gilles Reynaud). Leur engagement pour appuyer ma candidature est donc pour eux autant un acte civique que social. Ils m’appuient comme je les appuie de toutes mes forces pour être déclencheurs du mouvement citoyen dont le peuple a besoin pour reconquérir sa souveraineté sur tous les compartiments de nos vies. Dès lors, on comprend mieux que ma liste de 60 000 appuis comporte d’ors et déjà plus de mille syndicalistes se déclarant comme tels, fait exceptionnel en France depuis de nombreuses années.

En tête de notre marche se trouvent les lanceurs d’alerte, à la fois vigies de l’intérêt général et héros du quotidien : lanceurs d’alerte dans le handicap (Sylvia Garcia, Gilles Mendes) et valeureux insoumis de l’établissement médico-social de Moussaron dans le Gers (Céline Boussié, Sabrina Serre) qui se sont levés pour défendre la dignité des enfants autistes.

Un autre de ces insoumis est enfin annonciateur d’autres appels en préparation dans les luttes écologiques et paysannes. C’est le scientifique Christian Vélot, ardent pionnier de la lutte contre les OGM. Je suis certain qu’il sera bientôt rejoint par nombre d’autres.

Vous aussi, fiers de vos luttes où que vous soyez, vous pouvez faire grandir cette marche des insoumis en signant à votre tour l’appel.

La tambouille des intellectuels, une vraie sinécure ! Par Claire BOUTHILLON, le 23/02/2016

Paul Jorion avait publié sur son blog, le 11 février dernier, un billet intitulé « Jean-Luc Mélenchon saborde officiellement l’initiative de primaire pour la gauche » pour dire pourquoi il ne croyait pas en l’avenir d’une candidature de Jean-Luc Mélenchon et pourquoi il préférait soutenir un Thomas Piketty.

Hier, lundi 22 février, Paul Jorion a publié cette fois, sur son blog, un billet « invité » écrit par François Fièvre. Cet auteur, lui, n’est pas d’accord avec ce choix de Jorion. Il défend, au contraire, la pertinence de la candidature de Mélenchon. Ce dernier billet a été inspiré notamment par le passage de Jean-Luc Mélenchon dans l’émission « On n’est pas couchés » de Laurent Ruquier, ce samedi 20 février 2016. Il est intitulé « Mélenchon, Piketty et l’Europe« . La lecture de ce billet et de celui antérieur de Jorion a fait réagir ma camarade Claire Bouthillon…

Et oui, passer ainsi à côté d’une tactique foudroyante pour rassembler à sa façon, c’est ce qui a fait dire à certain que Jean-Luc Mélenchon est « un Pôv’ con » !

On en est encore aux arrangements de l’entre soi…

Je constate une fois de plus que le chemin est difficile pour atteindre la lucidité de l’évidence souveraine en prémices des temps nouveaux.

N’est pas stratège qui veut mais cela se permet de juger et de préjuger façon « Corée du Nord » pour conjurer le vide, dans le sarcasme facile et la caricature…, ou l’insulte. J’espère seulement que cela soulage leurs auteurs, sinon laissons-les à leur macération.

Venons-en à l’usine à gaz :

« Enfin, la perspective d’une candidature de Piketty à côté des candidatures de Mélenchon et de Hollande est celle d’une défaite assurée, par simple éparpillement des voix au premier tour qui empêchera la gauche d’être au second tour. Sans compter bien sûr le fait qu’il y aura très certainement une candidature du PCF, voire d’EELV et du NPA, pour contribuer à diviser l’électorat. En clair : maintenant que Mélenchon a proposé sa candidature, il n’existe qu’une seule solution d’éventuellement arriver à passer au second tour devant les socio-démocrates (au mieux Hollande – argh ! –, au pire Valls ou Macron) : lui apporter son soutien, sans quoi les voix s’éparpilleront nécessairement, et on risque bien d’avoir droit à un second tour Les Républicains / Front national. »

Et revoilà la menace Lepen que Pierre Laurent en bon factotum, continue à porter en bandoulière. Outre le fait que je ne vois pas de candidature Piketty parce qu’il n’est pas assez fou pour s’engager en outsider inconnu du grand public, qu’il n’y aura que des votes symboliques à la marge pour EELV, le NPA et le PCF pour ne pas dire insignifiants quand leurs bases militantes nous rejoignent déjà. Ces appareils ne veulent pas aller au pouvoir. Ils se contentent des miettes de la table et ne considèrent pas la prise de risque. Le grand public sait qu’ils ne veulent pas aller au pouvoir mais en récolter les miettes qui tombent de sa table, même pour ceux et celles qui participent à la Primaire de Gôche du bout des lèvres. Mélenchon n’aura en face de lui de toutes façons que Hollande.

Il est effectivement plus probable que Piketty se rapproche de Mélenchon quoique… Piketty fait un peu comme Hulot, qui pourrait aussi se présenter et qui est bien plus charismatique que lui, mais tous deux picorent là où le vent les portent à se faire voir, un peu comme Varoufakis en ce moment dans un bougisme dérisoire, de ce qui est la gauche molle, plutôt d’ailleurs du côté réformiste, histoire de bien s’éparpiller dans l’espoir d’une vaine reconnaissance publique. Il est plus pertinent d’édifier une dynamique citoyenne qui trace sa propre voie sur l’objectif, claire, identifiable, sans attaches. Là est essentiellement sa force, nourrie de son bon sens populaire en connexion avec un peuple qui sait très exactement ce qu’il veut. Qui en a d’ailleurs certainement plus que marre des hypothèse vaseuses et masturbatoires qui les « envoient au mur ». Il veut du concret.

« Donc oui, Paul Jorion, au risque de vous déplaire, je ne crois pas que Mélenchon soit incapable de gagner. Ou plutôt, je ne pense pas, comme vous en effet, qu’il puisse gagner, à moins que bien des gens, dont Piketty, ne le rejoignent. « 

Pfffft ! Il y a déjà une cohorte d’économistes qui l’ont rejoint qui font un beau bouquet, plus un « maison » avec Jacques généreux qui je l’espère se radicalisera à un moment donné en admettant le Plan B, car je le trouve assez timoré. Il passe à côté des multiples association, collectifs et mouvements qui labourent le terrain et apportent leurs solutions concrètes. Autrement plus efficaces. L’ingénierie me parait plus probable à l’épreuve des faits.

Par ailleurs, on en est maintenant à environ 60.000 adhésions à une proposition de candidature, adhésions qui composent, somme toute, un ratio incroyable à quelques jours du lancement de la campagne virtuelle d’une projection de masse, socle grandissant sur lequel se démultiplieront nos forces jusqu’au moindre village, au moindre quartier, au travers de multiples comités décentralisés en Province en train de se monter. Je ne comprends pas que l’on ne considère que les « experts » et les partis, pour transformer le tir jusqu’aux 500 signatures ? L’effet de levier des syndicalistes qui ont déjà rejoint la marche populaire des insoumis, me parait par ailleurs 100 fois plus mobilisateur qu’une poignée de spécialistes de l’entre soi.

Là encore, n’a pas l’esprit bolivarien qui veut !

Qui en appelle à ces élites de l’intelligence que révolution faite, pour servir ensuite les besoins d’éducation populaire et idéologique et si possible des prospectives inédites ? Car il n’est plus question de reproduire les échecs institutionnelles antérieures, entretenues par les anciennes oligarchies.

Beaucoup de mal à admettre a, ce François Fièvre, parmi ces intellectuels patentés ou autoproclamés, que les élites ne font pas la France, qu’elles se trompent par trop souvent, dépendant d’un système que nous voulons faire sauter. Pas un seul pour rattraper l’autre, même dans la gauche radicale quand on sait qu’elle n’ira jamais au pouvoir, comme le NPA. Dans la liste du « Bal des Faux-culs », il oublie en outre Nouvelle Donne et Ensemble. Il ne voit surtout pas que tout repose sur l’influence et la force de proposition par la bouche de Jean-Luc Mélenchon, qui lui, est parfaitement identifié. Car je viens de remarquer qu’il a acquis une parfaite maitrise comportementale qui ne correspond pas aux adjectifs qui servent à le faire passer pour un excité. Il est devenu imperméable aux provocations (ONPC). Il a « fait son cuir » dans le temps et les douleurs répétées, c’est évident, et il gagnera tout simplement parce que son propre camp n’ayant pas réussi à le tuer, il en est ressorti plus fort ; qu’en portant le deuil de « lui » et des alliances au plus profond de lui, je vois qu’il y a puisé, comme lavé par ses souffrances, une faculté de transcendance réelle, plus émaciée voire dépouillée de ses envies terrestres, plus essentielle, plus idéalement projetée, qui emmène nos consciences dans une vision positiviste, avec tout l’héritage commun qu’il a reçu et qu’il s’apprête à transmettre. Il est devenu… Zen.

C’est dans l’épure que l’on touche à la vérité… Il y est.

Quelques propos de Jean-Luc Mélenchon à « On n’est pas couchés » du 20 février 2016

Propos retranscrits par Vincent Christophe Le Roux

Jean-Luc Mélenchon : Tout ça, c’est un nid de serpents. On n’est pas de braves camarades qui nous tapons dans le dos. C’est pas vrai !

Cette histoire a commencé sans crier gare par le fait que « mes alliés », après qu’on se soit traînés et effondrés dans le ridicule pendant trois élections, avec nos stratégies à la noix auxquelles personne ne comprenait rien pour savoir avec qui on était alliés, vous vous souvenez de cet épisode, on ne savait même plus comment on s’appelait… On se vautre trois fois de suite et arrive à la présidentielle, par quoi on commence ? La carabistouille ! » [La primaire avec Hollande et Cohn-Bendit]

Jean-Luc Mélenchon : Faut que je me taise sur l’Europe, faut que je me taise sur la planification écologique, faut que je me taise sur la 5e République, bref, si je voulais bien cesser d’être Mélenchon, je serais un Mélenchon acceptable. Eh ben non !

Léa Salamé accuse Jean-Luc Mélenchon d’être « égoïste » pour « ne pas avoir fait monter de successeur. Y’a pas de successeur à Mélenchon affirme-t-elle !

Jean-Luc Mélenchon :  Vous avez tort ! Des successeurs, y’en a ! Mais vous m’obligez à dire quelque chose qui relève de l’intime. Autour de moi, il y a une équipe nombreuse (…) et il y avait, parmi eux, un être spécialement brillant (JLM s’étrangle) qui était mon complice dans l’action politique pendant dix ans. Il était plus jeune que moi et il est mort l’année dernière. Cet homme-là, à mes yeux, représentait la suite. C’était une espèce d’incarnation. Il y a toujours une difficulté à citer un nom parce que ça peut être blessant pour les autres camarades. Voilà, c’était ça mon idée Madame Salamé. J’ai eu cette illusion mégalomaniaque de croire qu’on peut tout maîtriser, y compris le temps ! Et je m’apprêtais à consacrer mon énergie, à écrire et à penser, sur un thème qui est celui de la révolution citoyenne, la rénovation du matérialise historique, c’est ça qui me passionnait. Et il a fallu tout d’un coup regarder autour de soi et… Ça va vous paraître prétentieux ce que je vais vous dire mais alors je me suis dit : Mais QUI va continuer ça ? Qui ne soit pas un combinard… Qui ne soit pas quelqu’un qui va tenter de s’arranger… Qui, à la fin, termine comme tous ces misérables, à se traîner pour un siège, à vendre père et mère pour ça !

Jean-Luc Mélenchon : J’ai toujours tout pris en ouvrant les portes à coup de pied !

Léa Salamé : Pourquoi il n’y en a pas un [parmi vos proches] que vous présentez à la présidentielle ? [au lieu d’y aller vous-même]

Jean-Luc Mélenchon : Parce qu’aucun ne s’est senti en état de le faire !

Je vous l’avais déjà dit dans je ne sais plus quelle émission et je vous le redis ce soir : je ne serai jamais un obstacle ! Moi ma personne ! Mais à une condition : il faut tenir bon ! Et tenir bon sur les choses sur lesquelles on s’est engagés ! »

Nos intérêts [à nous les Français] c’est que la guerre [en Syrie] s’arrête. Vite ! Vite ! Vite !

Léa Salamé : « Pourquoi vous dîtes pas qu’il faut laisser Poutine régler le problème [de DAECH], on se retire et on donne la Syrie à Poutine ? »

Jean-Luc Mélenchon : Mais non ! Non ! Non ! Il ne peut pas être question de laisser Poutine régler le problème ! Parce que je ne suis pas non plus d’accord pour que Poutine règle [seul] le problème ! Je suis pour que l’ONU règle le problème ! (…) Je ne soutiens qu’une seule chose : le retour rapide à la paix.

Sur la monnaie :

Jean-Luc Mélenchon : L’euro est une monnaie unique, la monnaie qu’ont proposé les Chinois – mais pas qu’eux d’ailleurs car il y a aussi bien des économistes français – serait une monnaie commune de référence. Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui, la monnaie commune de référence, c’est le dollar. Et les États-Unis d’Amérique impriment des dollars tant qu’ils veulent et personne n’a rien à dire. Et ils ont inondé la planète d’une masse de papelards qui crée des bulles financières qui explosent à intervalles réguliers sur des incidents comme les subprimes. Demain, ça peut être sur la dette étudiante ou je ne sais quoi. Donc les Chinois disent : vous êtes bien gentils mais on a déjà rempli nos coffres avec des titres de dette américains, on a des dollars partout, on voudrait quand même, pas tous les jours, que ça nous explose sous les fesses. Donc ils proposent une monnaie commune* et à nous, les Français, c’est notre intérêt que ce ne soit plus le dollar la monnaie de réserve !

Alors là, vous m’avez dit : Les Américains ne sont pas d’accord. Eh bien justement, c’est un problème qu’on ne puisse faire dans ce monde que ce avec quoi les Américains sont d’accord ! Surtout qu’ils s’attribuent le privilège de battre monnaie pour la terre entière et de ficher la pagaille partout ! Et de défendre leur position qui est intenable économiquement par le fait que c’est la première puissance militaire du monde.

Si vous voulez que cet ordre absurde du monde cesse, il faut y aller doucement. Il y a une méthode qui est violente : vous faîtes sauter le système de l’intérieur ! Nous avons tous les moyens de faire sauter le système. Vous savez ? Il y a cinq banques systémiques en France. Ça veut dire que si une saute, c’est tout le système qui saute ! On a les moyens de faire sauter le système, ça c’est la méthode brutale.

Vous avez la méthode sauvage : la bulle éclate et tout le monde court partout comme des poulets effarouchés pour essayer de rattraper le truc !

Et puis, vous avez la méthode civilisée : on y va mollo, on crée une monnaie commune, on change chaque monnaie dans la valeur de la monnaie commune et petit à petit on a un étalon commun raisonnable. Moi, je préfère les solutions raisonnables à la destruction généralisée. Je n’aime pas le chaos ! Je crois que je ne suis pas le seul sur terre à pas aimer le chaos !

* une nouvelle monnaie commune mondiale qui servirait de référence en lieu et place du dollar qui ne vaut rien en-dehors de la fiction monétaire

Se réécrire… Par Bob Solo

En tant qu’abstentionniste obtus temporairement repenti (pour moi c’est clairement « Mélenchon ou rien ») et non encarté chronique, j’incite vivement à continuer dans la ligne qui semble tracée par JLM : se démarquer, notamment au niveau du discours et jusqu’au choix des mots, se tenir loin des partis, de la tambouille politicienne, des sigles et des étiquettes, y compris même celle de « gauche », non pour renier quoi que ce soit mais pour faire passer et incarner ce message d’ouverture à tous, de rassemblement large, de différence avec « l’ancien monde ».

Comme j’incite, plutôt que brûler son énergie à répondre aux attaques (nombreuses) d’anciens « alliés », à s’intéresser de près (et à relayer) aux mouvements « citoyens » et autres « alternatifs » (les ZAD en sont un parfait exemple), bref là où ça cogite, ça invente, ça renouvelle, ça fait autrement, ça pense différemment, ça change d’approche globale, de point de vue, de lexique, de pratiques démocratiques.

J’enfonce peut-être des portes ouvertes, tout ceci vous parait peut-être déjà évident et inutile à redire. Si c’est le cas tant mieux et désolé de paraitre vouloir « donner des leçons »(je n’ai aucune prétention dans ce sens), mais je dis ça parce que, c’est un fait que je peux nier, chaque fois que je tombe sur un post ressemblant de près ou de loin à un « règlement de comptes » (toute proportion gardée et sans faire de procès d’intention à qui que soit) avec d’autres composantes de feu le FDG, ça provoque en moi un recul, ça me refroidit, bien malgré moi mais c’est comme ça.

Au fond je crains plus que tout que la dynamique lancée s’enraye à cause d’anciennes habitudes de langage, de perception, de réflexion, qui l’assimileraient à ce qui se fait ailleurs et depuis des décennies, tout ce mauvais carnaval politicien dont trop de gens sont déçus, dégoutés et ne veulent plus entendre parler. J’espère que j’arrive à me faire comprendre sans froisser personne ici, c’est tout sauf mon but (en revanche, y aller à boulets rouges contre le PS, ça me pose aucun problème au contraire ! )

Enfin, je me dis que si le projet c’est de changer la société, je peux sans doute commencer par me changer moi-même. Réécrire ma propre « constitution » en quelque sorte, modifier mes « institutions » ( ce qui s’est institué en moi), penser différemment, renouveler mon « logiciel » et mon propre bagage intellectuel (y a du boulot !).

Voilà c’était ma modeste contribution du jour. Elle vaut ce qu’elle vaut, ni plus ni moins, et j’espère avoir pris toutes les précautions sémantiques nécessaire pour qu’elle ne soit pas cause de polémique entre nous mais au contraire franchement constructive. Merci, et banzaï !