Archives du mot-clé élections législatives juin 2017

Debout les Forces de la France insoumise !

France insoumise Législatives
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Certain-e-s d’entre vous voyez tout en noir depuis hier, ou depuis le 23 avril au soir.

Et c’est vrai qu’objectivement, il y a matière. Pourtant, il y a aussi matière à espérer. La bataille n’est pas finie. En fait, elle vient de commencer.

Nous savions que la route serait parsemée de grosses embûches que nous devrions affronter. On y est ! N’abandonnez pas maintenant ! Nous avons tous besoin d’être présents, déterminés, combatifs, responsables !

On a « perdu » le 1er tour et donc on a perdu l’élection présidentielle qui est la « clé de voûte » du système de la 5e République.

Enfin, je devrais plutôt dire que l’on nous a « volé » cette élection, à la fois par la propagande éhontée en faveur d’un candidat fabriqué de toutes pièces par l’oligarchie mais aussi par la puissante promotion médiatique de Marine Le Pen durant des mois, des années même, pour que survienne un second tour confiscatoire du type de celui que nous avons connu en 2017.

Et puis on nous l’a volée, cette élection puisque le nombre et la gravité des irrégularités constatées lors du 1er tour sont telles que si elles n’avaient pas existé, on aurait eu un tout autre second tour.

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Avenir insoumis
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Mais malgré cela, regardez l’immense progression de Mélenchon depuis 2012, non seulement en global, mais surtout en « local »… Cela a de quoi nous inspirer un peu de confiance et de motivation, même si ce sera bien sûr difficile. Cela a de quoi booster notre combativité plutôt que de nous conduire à la neurasthénie ou à la déprime.

Reprenez espoir ami-e-s, camarades, concitoyens, concitoyennes.

« Nous sommes le matin neuf qui se lève » a dit poétiquement Jean-Luc Mélenchon au soir du 23 avril.

La France insoumise a largement dépassé l’assise qu’avait la gauche du PS depuis des décennies. Précisément parce qu’elle a parlé très au-delà de ce périmètre étroit. Parce que beaucoup de Français qui ne se pensent pas comme étant de gauche nous ont fait confiance et ont appuyé Jean-Luc Mélenchon.

Nous avons commencé à organiser un rassemblement du peuple, ce que Mélenchon voulait précisément faire quand il nous disait qu’il ne s’agissait pas de rassembler « la gauche » mais de « fédérer le peuple ».

Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui l’élection présidentielle est derrière nous et que s’annoncent les élections législatives que l’on doit abandonner ce principe fondamental de notre stratégie de conquête du pouvoir. Cette stratégie n’était pas seulement celle de Mélenchon, c’est celle de la France insoumise qui va survivre à l’échec de Mélenchon à la présidentielle.

Si nous revenons dans l’étroit périmètre de la « gauche », si nous faisons l’erreur d’interprétation majeure en considérant que 100% des voix de Mélenchon au 1er tour sont des voix de « gauche », si nous recommençons à traiter avec les partis de « gauche », si nous organisons de nouveau un accord d’appareils entre la France insoumise et les partis de « gauche », si nous nous remettons à ne parler qu’à la « gauche » ou qu’au peuple de « gauche », alors beaucoup nous quitteront et l’on s’étonnera de ne pas retrouver en juin les voix que nous avions eues en avril.

Pas plus aujourd’hui qu’hier, pas plus pour ces législatives que pour la présidentielle, nous ne renions qui nous sommes, d’où nous venons et ce que nous voulons. Nous ne tolèrerons donc aucun procès d’intention venu de gens de gauche et qui veulent nous donner des leçons de maintien…

Ce qui compte, dans ce moment historique, n’est pas de convaincre et de satisfaire la gauche ou ce qu’il en reste mais de convaincre et de satisfaire – donc de rassembler – le peuple, par delà sa diversité. C’est ce que nous avons entrepris avec la candidature de Mélenchon à la présidentielle et jusqu’à présent, nous avons plutôt réussi. Nous avons augmenté le nombre de voix obtenues en 2012 de 77,171%. C’est considérable comme progression. Et la dynamique observée dans les derniers jours de la campagne du 1er tour a été poursuivie si l’on en juge par les nouveaux signataires sur la plateforme (anciennement jlm2017.fr rebaptisée lafranceinsoumise.fr). Nous gagnons plusieurs centaines de nouveaux signataires chaque jour. Ce 08 mai 2017 à 14h13, on a dépassé les 528 000.

On pouvait craindre qu’après l’élection, le compteur s’arrête, a fortiori après l’échec du 1er tour. Pas du tout ! Il continue de grimper. Et certains retours des territoires locaux montrent que ce ne sont pas seulement des signataires qui nous rejoignent mais aussi de nouveaux militant-e-s !

Nous avons une partie des classes moyennes avec nous mais une partie seulement. L’autre se répartit entre Le Pen (ceux qui constatent leur déclassement) et Macron (ceux qui croient pouvoir rejoindre le haut du panier).

Et puis, il nous manque aussi une grosse partie du peuple d’en bas soit parce qu’ils votent Le Pen, soit parce qu’ils sont abstentionnistes de longue durée.

On a réussi à en récupérer quelques-uns parmi ces deux catégories mais on a encore du pain sur la planche… 10 millions d’abstentionnistes au 1er tour et 7 millions qui ont choisi Le Pen. C’est bien là que tout se joue.

Mon avis est que d’ici juin, plutôt que faire campagne sur les belles places de nos villes, plutôt que de faire des meetings entre nous, nous devons refaire le tour des « quartiers » comme cela a été fait avec les « caravanes ».  Cela nous a fait connaître de beaucoup de gens qui ne nous donnaient aucune crédibilité et qui ont changé d’état d’esprit en nous côtoyant.

Mais nous devons aussi nous rendre dans les territoires ruraux abandonnés de tous où le FN a fait de gros scores.

Avec de nouveaux soutiens venant de cette France d’en bas dont nous sommes nous-mêmes, alors oui, on peut alors créer la surprise en juin. Et imposer au Président Macron une cohabitation avec un gouvernement dirigé par Mélenchon !

Hardi les gars ! Nous allons aller la chercher cette victoire, cette majorité France insoumise et cette cohabitation qui permettra d’abord de mettre en oeuvre une politique progressiste et de souveraineté du peuple et qui ne tardera pas à provoquer une crise de régime faisant chuter la 5e République.

Il n’y a que les combats qu’on ne mène pas qui sont perdus d’avance…

Salutations insoumises.

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Jean-Luc Mélenchon, nous avons encore besoin de toi et nous te voulons à la première place du combat !

Couv soutien JLM

APPEL SOLENNEL À JEAN-LUC MÉLENCHON POUR QU’IL SE PORTE CANDIDAT AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES

APPEL À TOUS LES INSOUMIS ET À TOUTES LES INSOUMISES POUR QUE CET APPEL SOIT SIGNÉ EN MASSE ET QUE JEAN-LUC MÉLENCHON SACHE QUE NOUS VOULONS QU’IL SOIT ENCORE NOTRE PREMIER REPRÉSENTANT

Nous remercions du fond du coeur notre candidat Jean-Luc Mélenchon qui a porté si haut notre parole et défendu si bien notre projet.

Jean-Luc Mélenchon ne sera pas notre nouveau Président de la République le 7 mai. Mais l’Histoire ne s’arrête pas à cette apparente défaite.

Ce qui semble, aux yeux de certains, être une « contre-performance » inaugure en fait une victoire prochaine.

Si vous étudiez les résultats locaux du 1er tour, vous constaterez que Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans 67 circonscriptions et qu’il est 2ème dans 167 autres, ce qui signifie déjà que nous avons 234 chances sérieuses d’emporter un siège le 18 juin.

Il est en tête dans de nombreuses grandes villes, et dans beaucoup de villes symboliques comme Marseille, Lille, Toulouse, Grenoble mais aussi dans bien des villes « populaires » de la région Ile de France. Ce qui signifie que nous pourrions transformer le paysage municipal aux prochaines élections municipales en 2020…

Et il a obtenu plus de 12,5% des inscrits dans plus de 400 circonscriptions, ce qui signifie qu’avec un score identique au 1er tour des Législatives, nous pourrions nous maintenir dans plus de 400 circonscriptions au 2nd tour.

Entre celles que nous gagnerions presque à coup sûr, celles que nous pouvons gagner, et celles où sans gagner on est sûr de peser très lourdement sur le résultat final, on a toutes les raisons d’espérer que ces élections législatives soient un calvaire, un chemin de croix pour celui ou celle qui sortira des urnes le 7 mai. Qui pourrait bien se trouver crucifié-e le 18 juin… Désolé d’employer ces métaphores mais elles sont bien parlantes je trouve !

La France insoumise a désormais une base très solide. Sur ces fondations, nous devons construire la suite. Nous devons rester mobilisé-e-s pour la séquence électorale suivante qui décidera de notre destin. Soit nous abandonnons la scène au vainqueur du 7 mai et alors nous subirons de nouvelles souffrances, de nouvelles régressions en plus de risquer la guerre externe et peut-être civile.

Soit nous comprenons la situation dans laquelle nous sommes entrés, qui, d’une certaine façon, correspond à ce délitement que nous avions perçu et décrit depuis longtemps.

La 5e République agonise. Elle ne correspond plus du tout au contexte politique, social, démographique, culturel de notre pays.

Depuis l’origine, chaque fois, le second tour de l’élection présidentielle faisait s’affronter les deux candidats en tête mais ceux-ci étaient toujours largement en tête, si bien que les reports de voix pouvaient se faire assez facilement et que les vaincus acceptaient leur défaite.

Cette fois, les écarts sont si faibles que le système apparaît sous sa noire réalité, illégitime. Mais nous devons faire avec. Nous aurions pu espérer peut-être faire annuler les opérations électorales sur la base des nombreuses irrégularités constatées mais manifestement les preuves ont manqué ou bien tout avait été bien mis sous contrôle, sur ce point aussi, par la caste oligarchique.

Quoi qu’il en soit, le Conseil Constitutionnel a proclamé les résultats définitifs et il ne sert donc plus à rien de ressasser ces irrégularités. Cela nous maintient dans la colère et l’aigreur et nous empêche de nous engager dès maintenant dans le travail à accomplir aujourd’hui : mener une campagne législative qui s’avère victorieuse.

Nous devons surgir en tête. Nous le pouvons. Cette « croyance » n’est pas une illumination mais une analyse rationnelle des résultats électoraux de dimanche. Nous n’aurons sans doute pas nous-même une majorité absolue de 289 sièges nous laissant entièrement libres mais nous pouvons déjà gagner une majorité relative, c’est-à-dire être en tête.

Et cela nous mettrait en situation de former le gouvernement et ainsi nous contraindrions, en respectant les règles constitutionnelles, le ou la Président-e sorti-e des urnes le 7 mai à une cohabitation.

Vous saisissez ? Le chef de l’État se verrait donc désavoué d’entrée de jeu, au tout début de son mandat. Car un Président sans majorité ne peut former de gouvernement « à lui », et ne peut donc rien faire. C’est toute la subtilité de cette constitution qui est d’essence monarchique mais à une condition : qu’il y ait adéquation entre le Président et la majorité, sans quoi le Président n’est qu’une potiche car même le « domaine réservé » est une création coutumière qui peut très bien être dénoncée et contestée par un gouvernement qui ne serait pas décidé à jouer le jeu.

Je n’ai pas besoin de vous dire que si cette hypothèse se vérifiait, si le 18 juin prochain, date du 2ème tour des élections législatives, c’est la France insoumise qui obtenait le plus grand nombre de député-e-s, et que c’est donc elle qui serait appelée à former le gouvernement, nous entrerions dans une période inédite car le chef de l’État serait de fait démonétisé comme disent certains, c’est-à-dire totalement délégitimé d’office.

Et d’un autre côté, une majorité et donc un gouvernement France insoumise devant traiter avec un Président Macron ou une Présidente Le Pen, avouez que ce serait une situation cocasse.

Et l’on peut penser que pareille situation ne serait pas viable. La crise de régime ouverte éclaterait bien vite car les « mandants » du Président Macron ne tolèreraient pas de se faire ainsi dévitaliser d’office.

Quant à nous, nous aurions tout intérêt à ne rien concéder pour que rapidement la crise surgisse et que le peuple soit amené à la trancher. Il y aurait donc probablement dissolution de l’Assemblée Nationale. Le Président ne démissionnerait sans doute pas, espérant que les nouvelles élections législatives lui donnent cette fois une majorité. Mais je crois que si nous gérons bien la situation au gouvernement, nous serions, NOUS, en situation de les emporter de nouveau, mais cette fois avec une majorité bien plus claire. Ce second désaveu du Président conduirait sans doute à sa démission forcée ou à sa « potichisation » définitive… emportant de fait le régime !

Cette campagne électorale a montré que certaines personnalités autour de Jean-Luc Mélenchon ont pris de l’envergure et sont aujourd’hui en situation de tenir la dragée haute à nos adversaires. Si en 2012, on ne voyait que Jean-Luc Mélenchon, c’est parce que les medias refusaient de discuter avec d’autres que lui. En 2017, Jean-Luc Mélenchon a imposé une diversité de paroles et ainsi, le peuple français a pu découvrir Alexis Corbière, Raquel Garrido, Charlotte Girard, Gabriel Amard, Djordje Vuk Kuzmanovic et d’autres encore.

Contrairement à ce que disent certains, fort heureusement de moins en moins nombreux depuis quelques temps, la France Insoumise, ce n’est pas QUE Jean-Luc Mélenchon. Nous avons bien des talents pour animer ce mouvement aujourd’hui et demain. Et il n’y a pas non plus que ceux que j’ai cités plus haut. Partout dans nos territoires, il y a des gens compétents, engagés, déterminés. Et je ne doute pas que les élections législatives à venir mettront cette réalité méconnue en évidence.

Cela étant dit, je pense que nous avons encore besoin de Jean-Luc Mélenchon. Je ne me projette pas en 2022, date du terme du prochain mandat présidentiel si le calendrier n’est pas bousculé ou chamboulé d’ici là.

C’est ICI ET MAINTENANT que nous avons besoin de lui. Bien sûr, il prendra sa décision en toute liberté. C’est le premier des Insoumis et personne ne le blâmera de vouloir passer la main, remettre le flambeau.

Mais puisqu’il n’a pas encore exprimé une telle décision, je pense que nous pouvons tenter de lui faire passer un message. Nous avons bien le droit, nous aussi, d’exprimer notre préférence. Et cette préférence consiste en ce que nous voudrions qu’il mène avec nous ce combat législatif. Pas seulement d’une position en retrait mais en étant lui-même, une fois de plus, le « général en chef ».

Au vu des résultats électoraux de ce premier tour, il y a de nombreuses circonscriptions où Jean-Luc Mélenchon est assuré d’être élu le 18 juin s’il se portait candidat.

Certains pourraient dire que lorsqu’on est candidat à une élection présidentielle, on ne peut ensuite l’être à une législative. En droit, rien ne l’empêche. Et si l’on considère la chose d’un point de vue politique, il n’y a pas davantage d’obstacle. Notre projet est de changer la France et de contribuer à changer l’Europe et le monde. Nous pensions pouvoir le faire via l’élection présidentielle. Les résultats nous privent de cette possibilité. Mais la suite peut changer la donne. Avec une majorité et un gouvernement, c’est bien nous qui déterminerions et conduirions la politique de la nation. Nous devons donc tout faire pour parvenir à nous propulser à cette responsabilité.

Et il n’y aurait bien sûr aucune honte à n’être « que » la force gouvernementale et parlementaire puisque nous sommes partisans de faire disparaître la Présidence de la République.

Pour mener l’action gouvernementale, je pense que Jean-Luc Mélenchon serait le mieux placé. Personne ne saurait le contester vu que jusqu’à dimanche c’est bien lui qui était de fait en première place. Je ne vois pas pourquoi nous contesterions aujourd’hui cette primauté.

Pour que Jean-Luc Mélenchon puisse être nommé Premier ministre, il faut que nous emportions la majorité, fut-elle relative, le 18 juin. Et il faut que lui-même soit un de ces député-e-s élu-e-s le 18 juin.

Et si nous ne parvenions pas à avoir la majorité relative, si nous n’étions que 2ème ou 3ème, rien ne nous serait plus utile que d’avoir Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée, comme président du groupe de la France insoumise.

On m’a objecté que cela était impossible puisqu’il est député européen et qu’il existe un non-cumul de ces deux mandats. Je le sais bien mais rien n’empêche Jean-Luc Mélenchon de démissionner de son mandat de député européen pour être député à l’Assemblée Nationale où, dans le contexte actuel, il serait bien plus utile selon moi.

Voilà, ami-e-s et camarades insoumis-e-s ce que je voulais vous dire. Ce billet a pour objet d’une part de demander solennellement à Jean-Luc Mélenchon de se porter candidat aux élections législatives dans la circonscription de son choix, et de vous demander, à vous tous, à vous toutes, d’appuyer cette demande, par tout moyen à votre convenance.

Jean-Luc Mélenchon et toute la France insoumise doivent savoir que nous tenons à ce qu’il soit encore notre principal leader.

Merci de votre attention. Salutations insoumises.

Nous sommes plus de 7 millions à avoir voté JLM

 

Les sanglots longs des violons de l’automne…

“Le passé n’est qu’un prologue” disait Shakespeare…

Ami-e-s, camarades, vous savez que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Nous ne sommes pas morts. Bien au contraire. Nous n’avons pas encore réussi à accomplir notre rêve ce dimanche. Jean-Luc Mélenchon ne sera pas notre Président de la République le 7 mai. Et, du coup, je vois déjà pas mal d’insoumis-e-s se projeter déjà en 2022, au terme régulier du prochain mandat présidentiel que la séquence électorale 2017 va ouvrir.

Personnellement, je trouve cela à la fois puéril, ridicule et désespérant. Nous ne pouvons attendre cinq ans de plus. Et je n’imagine pas que le peuple attendra cinq ans de plus pour prendre son destin en mains.

Que ce soit sous une présidence de Marine Le Pen, ou sous une présidence d’Emmanuel Macron, lequel n’agira que « par délégation » de qui on sait (en gros, il fera le spectacle sur le devant de la scène et signera les parapheurs), la crise de régime ne tardera pas. Car ce qu’ils promettent, l’une comme l’autre, ne peut que jeter dans la colère des millions de Français.

Et puis, gardons bien à l’esprit qu’en juin, il y aura des élections législatives. Elles seront fondamentales. Plus qu’elles ne l’ont jamais été !

Car en 5e République, pour que le Président de la République soit le monarque républicain que nous dénonçons, encore faut-il qu’il ait une majorité qui lui soit favorable, ce qui lui permet d’avoir un gouvernement à sa botte. Sans majorité absolue, pas de gouvernement viable. Ils seront contraints de s’entendre avec d’autres qui risquent de ne pas leur faciliter la tâche.

Et lorsqu’on étudie les résultats de ce premier tour, on constate qu’en divers endroits, c’est Mélenchon qui est en tête, parfois avec une grosse avance sur le suivant, et que Macron est relégué à la 3ème place. La France est divisée en quatre forces de poids à peu près équivalent autour de 20%.

JAMAIS une élection présidentielle n’a donné de tels résultats. Les écarts ont toujours été bien plus conséquents entre les deux premiers et les suivants. Et si, par exemple en 1995, le 3ème (Balladur) n’était qu’à moins de 2 points du 2ème (Chirac), ces deux-là se réunirent au second tour pour ne former qu’une seule force. Donc rien de comparable à ce qui se passe aujourd’hui.

J’ai écrit, dans un billet publié hier, que j’étais convaincu qu’une grande coalition allait naître aux Législatives autour de Macron. Parce que le PS d’une part, les centristes de l’autre, mais aussi quelques-uns du parti de droite « Les Républicains » allaient se jeter à corps perdu dans cette arche de Noe. C’est évident et a priori cela représente un poids certain. Sur le papier en tout cas !

Mais d’un autre côté, la campagne de Mélenchon a connu une dynamique exceptionnelle et rien ne dit que l’échec du 1er tour l’interrompe. C’est à nous de maintenir la pression. C’est à nous de rester mobilisés. C’est à nous de tenir la rue et les places. C’est à nous de continuer encore et encore à présenter notre projet, à l’expliquer, à donner envie aux 10 millions d’abstentionnistes que nous n’avons pas su convaincre. Oui, il y a eu plus de 10 millions d’abstentionnistes à ce 1er tour. C’est donc un réservoir considérable de nouveaux soutiens.

Je n’ignore pas que lors des élections législatives, il y a toujours eu une démobilisation de celles et ceux dont le candidat n’avait pas gagné la présidentielle. Mais ceci s’explique par le fait que jusqu’ici les écarts étaient tels que personne ne pouvait rationnellement imaginer inverser ou même seulement contrarier aux Législatives le résultat de la présidentielle. Cette fois-ci, tout est différent.

Et rappelons-nous aussi que bien souvent les projections en termes de sièges imaginées au soir du 2nd tour de la présidentielle, ou au soir du 1er tour des élections législatives, ne se sont pas vérifiées. Notamment parce qu’il est arrivé assez souvent que le second tour des Législatives atténue, module, corrige les résultats du 1er tour. Il y a donc bien des cartes à jouer. Et ce que nous ne devons surtout pas faire, c’est nous disperser et « rentrer à la maison » pour « cultiver notre jardin » ! Bien que cette activité soit très profitable soit-dit en passant…

Nous sommes insoumi-e-s, nous sommes donc des combattants et un premier échec, très partiel, ne doit pas nous faire entrer en hibernation en attendant des jours meilleurs. C’est à nous de les faire advenir. Et c’est donc à nous de mener le combat dans cette nouvelle séquence.

Macron est à 24%, Le Pen à 21%, Fillon (qui se met en retrait) et Mélenchon à plus ou moins 20%.

Le scénario de ces Législatives n’est donc pas écrit, quoi que puissent en dire les relais médiatiques de Macron. Les circonstances électorales du moment que nous vivons sont tout à fait inédites. Donc, oui, tout est encore possible.

Un Président sans majorité ne peut rien. C’est une potiche. Même en 5e République ! Il n’est surpuissant, je le répète, que s’il peut s’appuyer sur une majorité et sur un gouvernement en découlant.

NOUS, à la France insoumise, nous devons tout faire pour priver le prochain Président de cette majorité. Le Pen, si c’est elle, ne pourra jamais avoir une majorité. Et si c’est Macron, malgré la grande coalition probable, il n’est pas certain du tout qu’il obtienne une majorité. Car la grande coalition rassemblera largement des gens que le peuple ne veut plus voir !

Macron lui-même peut faire illusion et sembler paraître neuf, innocent, différent, comme Hollande, en 2012, donna à beaucoup d’ignorants et de naïfs l’illusion qu’il était de gauche… Macron peut sembler un homme “neuf” à celles et ceux qui ne s’intéressent pas à la politique, mais tous ceux qui l’appuieront et qui constitueront les piliers de sa campagne législative, ne pourront bénéficier de cette image fraîche de l’innocence. On retrouvera le pire de ce qu’on a connu avec Hollande. Et je prévois de nouveaux coups de balai en juin. Le dégagisme qui a déjà éjecté Hollande, puis Sarkozy, puis Juppé, puis Valls, puis Fillon et Hamon, ne vas pas s’arrêter…

Une grosse partie de la droite ne se ralliera pas à Macron et cherchera à obtenir le plus grand nombre possible de députés sous son propre nom.

Donc, de fait, eux et nous serons des « alliés objectifs » comme on dit pour barrer la route à une majorité Le Pen ou Macron.

On a bien vu que la campagne Fillon a stagné et le résultat du 1er tour le confirme.

On a bien vu que la campagne Le Pen n’a pas eu le succès escompté, même si Marine Le Pen a réussi l’essentiel : accéder au 2nd tour.

Donc, le paysage politique qui sera celui de la France au soir du 2nd tour des Législatives est totalement impossible à décrire aujourd’hui.

Mélenchon a été notre brillant candidat. Il nous a mis en situation de peser de manière décisive sur la suite. Il nous a fait gagner 3 millions de suffrages supplémentaires par rapport à 2012. On a presque doublé notre score !

On a des milliers de groupes d’appui et des dizaines de milliers de militant-e-s bien moins formatés et disciplinés que ceux des partis. Mais pas moins éveillés qu’eux !

Plutôt que de nous projeter aujourd’hui en 2022, voyons ce qu’il est possible de faire dès maintenant.

Je suis de ceux qui pensent que MÉLENCHON DOIT ABSOLUMENT ÊTRE CANDIDAT LUI-MÊME AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES.

Il l’avait été en 2012, à Hénin Beaumont, et avait échoué tant certains de nos prétendus camarades et alliés lui avaient savonné la planche.

Il y a de nombreux territoires, et donc incontestablement de nombreuses circonscriptions, où Mélenchon a obtenu dimanche des scores inattendus, bien plus haut qu’on ne l’aurait imaginé. Il a donc toutes ses chances d’être élu député. Surtout si on s’y met tous. Notre force sera irrépressible.

Avec Jean-Luc Mélenchon député à l’Assemblée nationale, quelle que soit la majorité qui sortira des urnes en juin, tout serait différent par rapport à une situation où il n’y serait pas. En disant cela, je ne fais injure à aucun leader de la France insoumise. Nous avons pu constater, au cours de cette campagne, que bien des proches de Jean-Luc Mélenchon ont donné le meilleur d’eux-mêmes, se sont dévoués, se sont « épaissis ». Il y en a qui aujourd’hui ont gagné leurs galons d’officiers supérieurs et ils seront ceux qui nous conduiront vers les prochaines victoires qui ne manqueront pas d’arriver, bien plus vite que ne le craignent les oligarques qui croient avoir gagné…

Nous ne pouvons nous résoudre ni à considérer que Mélenchon a fait son temps et que cette élection présidentielle était son dernier combat, ni à renvoyer son avènement en tant que Président de la République à la prochaine élection présidentielle que le calendrier fixe aujourd’hui à 2022. NOUS AVONS ENCORE BESOIN DE LUI, ICI ET MAINTENANT !

Et je pense que nous devons le convaincre qu’il doit prendre sa part du combat législatif en étant une fois encore celui qui marchera devant, celui qui nous représentera tous, celui qui pourra ensuite faire entendre notre voix à l’Assemblée, celui qui sera prêt à toute éventualité, puisque la crise de régime ne manquera pas de survenir très vite. Bien avant que le mandat 2017-2022 n’arrive à son terme régulier.

Je pense que nous devons tous, toutes, faire passer ce message à Jean-Luc Mélenchon et à tous ses proches: Raquel Garrido, Alexis Corbière, Gabriel Amard, Charlotte Girard, Djordje Vuk Kuzmanovic et celles et ceux qui ont animé la campagne.

On ne lâche rien, les insoumi-e-s !

On a perdu la première bataille, mais on n’a pas perdu la guerre comme dirait l’autre…

« Nous sommes le matin neuf qui se lève » disait poétiquement Jean-Luc Mélenchon dimanche soir.

Et notre défaite de dimanche a bien des allures de victoire prochaine. À l’inverse, l’apparente victoire de Macron ressemble fortement à celle de ce roi grec antique du nom de Pyrrhus…