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Macron ? le recycleur des vieilles lunes de la droite – Par Pierre Brégou le 29/09/2017

J’archive ici et relaie avec plaisir ce très bon texte de Pierre Bregou.

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Les dommages de la politique de Hollande, Valls et du PS de 2012 à 2017 ont tellement écoeuré nos concitoyens qu’ils ont élu par dépit un jeune banquier aux dents longues qui entend tout défaire, tout casser pour mettre définitivement à terre le « modèle républicain » bien fragilisé conquis par les luttes populaires.

Macron n’est qu’un passage, un serveur de plat pour le capitalisme international. Son mandat achevé, il repartira vers ses amours, ceux de l’argent facile légalement volé (?) dans les bureaux feutrés d’un futur gérant associé.

C’est cette « destinée » qui le rend pour le moment insensible au mécontentement qui sourd dans le pays. Ce n’est pas un politicien attaché à son fauteuil, sa vie faite de luxure est ailleurs; les dents acérées et le sourire carnassier ne sont déjà plus accompagnées du regard enjôleur de la campagne électorale, ses yeux perçants ne visent plus à conquérir mais à assujettir.

C’est pour cela que cet homme est dangereux pour notre démocratie.

Contrairement à JL Mélenchon, il n’a aucun projet politique pour notre Pays, sa seule vision est celle des obscurs qui de Bruxelles aux fortunés sans frontières n’ont soif du pouvoir que pour se goinfrer sur le dos de celles et ceux qui n’ont que leur travail pour viatique.

Son dégagisme à lui visait à faire table rase des forces vives qui irriguent toute démocratie.

D’abord les partis politiques, il l’a fait !

Ensuite les syndicats, c’est en cours …

Puis le réseau associatif qu’il mine déjà en supprimant le financement de dizaines de milliers d’emplois qui leur permettaient d’apporter aides et services notamment aux plus démunis.

Mais aussi les autres composantes de l’organisation économique et politique du pays : Régions, Départements, Communautés de Communes… tout va passer à la moulinette macronnienne.

Mais aussi notre système de protection sociale, retraite, sécu et mutuelles. Mais aussi l’école, l’université, la formation professionnelle…

5 ans pour tout casser afin de permettre à un Macron 2, un sosie qui viendra nous proposer de panser les plaies béantes avec du sel fin.

Avec JL Mélenchon, les perspectives étaient et sont tout autres, son analyse critique du (dys)fonctionnement de nos institutions l’a conduit à proposer des objectifs et une méthode civilisée, démocratique pour construire la VIème République et son corpus de règles pour organiser et fixer le cadre d’exercice des différents pouvoirs exercés sous mandat du Peuple souverain.

« En marche » n’a de fait consisté qu’à détruire la caste des anciens Partis pour y substituer une représentation encore plus étroite du corps électoral. Patrons et professions libérales encadrées par quelques briscards du PS et de la droite, sans aucune expérience législative (leur nouveau coeur de métier) et donc soumis aux équipes des ministres et de la haute administration tutélaire.

Le but des ordonnances n’était pas de gagner du temps mais de camoufler l’incapacité de la majorité macronnienne à bâtir un texte législatif, de défendre ou démonter tel ou tel amendement présenté par tel ou tel groupe parlementaire, de résister ou s’offrir à quelque lobby…

Oui, en guère plus de cent jours, Macron et ses micro ministres ont semé comme jamais les jalons de l’effacement de notre Pays, nos industries bradées qui aux Italiens, qui aux Allemands, qui aux Chinois…

Mais la savante mise en scène de la macronnerie, servie par des médias aux ordres soufflant le chaud et le froid pour tenter de donner le change font encore « merveille » pour éviter que tout celà n’explose en plein vol alors que leur vitesse de croisière n’est pas encore établie.

Attaques contre les syndicats qui osent ne pas suivre, mise en cause personnelle de leurs dirigeants, attaques mensongères et réitérées contre la France Insoumise et ses parlementaires, insultes, amalgames et autres insinuations sont distillées avec persévérance…

Non Macron ce n’est même pas du cochon, chez lui rien de bon pour l’immense majorité de notre Peuple !

Mais il est élu et, il le sait, nous sommes respectueux du suffrage universel même quand il donne des résultats biaisés.

Elus par le peuple, lui et son gouvernement ne peuvent chuter que par la volonté du Peuple qui entre deux élections n’a que la rue pour exprimer pacifiquement sa volonté. Nous en déjà sommes là !

Mais pour autant, nous ne pouvons en rester là !!!

 

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Exigeons la démission du Président Macron et l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle

Pour signer cette pétition, c’est ici.

Ce texte a également été publié sur Le Grand Soir. Voir ici.

Nous invitons tous les citoyens français à signer cette pétition qui exige la démission du Président Macron et l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle.

Nous considérons en effet que le Président Macron a été élu dans des conditions tout à fait contestables, et qu’il mène une politique très hostile à l’intérêt général en le faisant d’une manière bien peu respectueuse des principes élémentaires de la démocratie qui est, rappelons-le, « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Nous mettons en avant d’abord, que le candidat Macron a bénéficié d’un soutien quasi inconditionnel, et continu pendant des mois, de la part du système médiatique. Nous rappelons que ce sont neuf milliardaires qui détiennent l’essentiel des organes de presse écrite et audiovisuelle. Ainsi la plupart des grand journaux nationaux et locaux, que leur parution soit quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle, mais aussi presque toutes les chaines de télévision et stations de radio, sont sous le contrôle des chefs des plus grandes entreprises françaises.

Nous mettons en avant ensuite que le Président Macron, loin d’être le « Président de tous les Français » comme le veut le principe républicain, n’est que le représentant de la caste oligarchique qui tient la France. Cette caste constituée des patrons des plus grandes entreprises, d’une partie de la très haute fonction publique, de presque tous les acteurs des medias, de nombreuses personnalités du monde du spectacle ou du sport de haut niveau, ainsi que de divers acteurs des lobbys et groupes de pression, a pu, au cours des années, mettre des serviteurs de leurs intérêts à tous les postes de commande dans l’État. Jamais depuis des décennies, un Président n’avait été aussi ouvertement favorable à cette caste, et si ouvertement hostile au peuple tout entier.

Nous mettons en avant enfin les très nombreuses irrégularités constatées lors des opérations électorales du 1er tour de l’élection présidentielle, et notamment le nombre ahurissant de cartes d’électeurs produites en double exemplaire, ceci étant de nature à vicier l’authenticité des résultats électoraux. Nous regrettons qu’aucune action de masse n’ait réellement été entreprise pour contester la légitimité du scrutin. Les grands leaders politiques nationaux n’ont émis aucune contestation. Les medias ont avalisé les résultats donnés par le ministère de l’Intérieur, et la justice n’a pas été saisie d’autres litiges que de cas isolés. Pourtant, les irrégularités sont si nombreuses et parfois si massives que nous pensons que la qualification d’Emmanuel Macron au second tour a été purement et simplement fabriquée de toute pièce.

Le Président Macron insulte et méprise le peuple.

Le Président Macron a mis en place par ordonnance (un procédé bien peu respectueux du principe fondamental de séparation des pouvoirs entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif) une politique dans le domaine du travail et des questions sociales qui transforme radicalement l’esprit du droit du travail français et qui va donner aux employeurs le droit légal et les moyens techniques de faire presque tout ce qu’ils veulent à l’encontre des salariés.

Le Président Macron est au service exclusif des banques, de la finance, du grand capital, mais aussi des impérialistes états-uniens, puisqu’il a accepté que le traité CETA (accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne), largement conçu par les capitalistes des États-Unis, entre en vigueur ces derniers jours alors que le peuple français ne l’a pas approuvé. Et après ce traité CETA, viendront rapidement le traité TAFTA (accord de libre-échange transatlantique entre Etats-Unis et Union européenne) et le traité TISA (accord lié aux services), en attendant les suivants.

Le Président Macron ne tire sa légitimité que du seul fait qu’il a été élu contre Marine Le Pen et son élection n‘est donc pas le résultat d’un vote engagé en sa faveur mais d’un vote de refus de son adversaire du second tour. Le risque prétendu de voir le retour du fascisme si Marine Le Pen était élue a fait l’élection de Macron. Le parti de Marine Le Pen et elle-même, comme son père hier, ne sont donc que des alliés objectifs du système. Leur seul rôle est d’empêcher que le pouvoir ne bascule dans le camp du peuple. Il a été éclairant, à cet égard, de constater la décrépitude volontaire de Marine Le Pen lors du débat du second tour. Elle ne voulait pas être élue or son adversaire était tellement rejeté qu’il y avait un risque d’inattendu au soir du second tour. Alors elle s’est employée à s’auto-saborder. Elle avait fait le travail au premier tour, en gelant des millions de voix qui, sans elle, auraient pu se porter sur le candidat Jean-Luc Mélenchon et lui permettre d’être présent au second tour, pour l’emporter peut-être in fine.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron est le Président de la République et son élection ne peut plus être contestée par des voies régulières. Pour autant, le peuple n’est pas dépourvu de moyens d’action. Mais il ne peut plus agir contre le Président que par deux voies :

1/ La voie électorale :

Cette voie recoupe deux modalités :

  • attendre la prochaine élection présidentielle pour priver alors le Président de la République d’un nouveau mandat (à condition qu’il se représente et que la caste oligarchique ne mette pas sur la scène un autre serviteur qui réussirait, à son tour, à mystifier le peuple),
  • ou, à l’occasion d’élections législatives anticipées qui seraient organisées pour trancher une crise politique majeure ou suite au renversement du gouvernement par une motion de censure que pourraient voter les députés, voter cette fois pour une majorité différente qui mènerait une politique conforme à l’intérêt général du peuple

2/ La voie de la révolte populaire

Ici, il est question non pas tant de révolution violente que d’une pression irrépressible exercée par le peuple sur ses dirigeants pour les faire abandonner un projet funeste. La rue, hier et avant-hier, a fait reculer nombre de gouvernements. Aujourd’hui, nous constatons, depuis des années déjà, que les nouveaux dominants ne s’émeuvent plus des manifestations. Ces dernières restent sans effet, quel que soit le nombre de manifestants. Et au-delà du cas de la France, nous avons pu constater, avec les expériences espagnole et grecque notamment, que les pouvoirs sont insensibilisés aux manifestations. Hier, ils les craignaient si bien que devant une forte pression populaire, ils cédaient. Ce n’est plus le cas de nos jours. Ils sont prêts à l’affrontement. Parce qu’ils ont colonisé toutes les strates du pouvoir, qu’ils sont soutenus par le système médiatique qui forge les consciences et fabrique le consentement, et parce qu’ils ont la légitimité légale de faire usage de la force contre tous ceux qui s’opposent à eux.

Dans notre système juridique, ce sont les élections qui font les gouvernants et les politiques (ce qui ne signifie pas que les élus respectent ensuite leurs engagements mais en pareille circonstance, le problème est d’ordre politique, non juridique puisque aucune loi n’impose aux gouvernants de respecter les promesses faites quand ils étaient candidats). C’est en ce sens que l’on parle de « légitimité légale ». Au regard de la loi, aussi longtemps que l’institution judiciaire n’a pas établi que la loi a été violée – et les élections truquées – le pouvoir issu des urnes est « légal » et dispose donc de tous les pouvoirs de contrainte que lui confient la constitution et la loi de l’État. Une fois au pouvoir, ils ont aussi le pouvoir de changer la loi pour la rendre encore plus favorable à leurs intérêts, ou pour approfondir davantage leurs moyens de contrôle du peuple et des opposants politiques, et de contrainte sur eux.

Nous appelons donc le peuple tout entier à exprimer sa colère à l’encontre du Président Macron et de son gouvernement.

Nous appelons le peuple tout entier à faire entendre son désaccord avec les projets envisagés par le pouvoir actuel et les décisions déjà prises par lui.

Nous appelons le peuple tout entier à se rassembler avec les mouvements politiques et syndicaux qui mènent le combat, parmi lesquels notamment la France insoumise et le Front Social.

Par cette pétition, nous voulons permettre aux citoyens français d’exprimer justement leur désaccord avec le pouvoir légal actuel, dont le Président Macron est le représentant depuis quelques mois.

Par cette pétition, nous voulons contribuer à la délégitimation complète du Président Macron, préalable indispensable à la victoire future du peuple.

 

Message en forme de lettre ouverte à M. le Président de la République et à M. le Premier Ministre à propos des ordonnances de réforme du code du travail – Le 31/08/2017

Je vous invite à lire jusqu’au bout…

Messieurs Macron et Philippe, vous êtes vraiment incorrigibles. Nous sommes si nombreux à attendre de vous que vous changiez la donne dans ce pays. Vous vous étiez engagés à le faire. Vous nous aviez promis de réformer ce pays en profondeur. Et à vous écouter, on a le désagréable sentiment que vous n’êtes pas déterminés à aller aussi loin dans la réforme. Vous allez faire semblant de réformer, sans oser les véritables réformes qui s’imposent et que le pays attend depuis si longtemps !

Non, il est manifeste, au regard des annonces du jour, que vous n’avez pas le courage d’oser. Oser réformer en profondeur ce code du travail sclérosé, qui est un frein si puissant à l’embauche et à la « confiance » des patrons, l’une et l’autre étant pourtant indissolublement liées, la première étant conditionnée par la seconde…

J’en veux pour preuve l’insuffisance de ce que vous avez annoncé aujourd’hui. J’appuie ce jugement sur l’absence, dans votre projet, d’une mesure que vous auriez pourtant pu et dû concevoir et prévoir dans votre réforme or vous ne l’avez manifestement pas fait puisque je ne l’ai pas trouvée dans votre projet. Cette mesure serait pourtant idéale pour inspirer aux « entrepreneurs » ce retour de la « confiance » alors qu’ils en manquent tant, si l’on en juge par ce qu’a encore répété ces tout derniers jours Monsieur Gattaz ! J’ai d’ailleurs le sentiment que le numéro 1 du MEDEF joue en fait le titre de la meilleure pleureuse de la décennie, titre convoité aussi par Gérard Filoche et qu’il sera difficile de vaincre tant son talent est immense dans ce numéro. Nous le savons et nous avons pu le vérifier depuis des années à l’occasion de ses différents tours de piste !

Mais je reviens au sujet. Jugez un peu sur pièces la mesure à laquelle je fais allusion !

Vous avez entendu, comme nous, que pour les patrons, pardon pour les « entrepreneurs », ne pas pouvoir licencier facilement et rapidement est un des plus sérieux handicaps pour qu’ils embauchent. Et vous avez tenté de répondre à cela avec votre projet de réforme du code du travail. Mais vous ne l’avez fait que partiellement avec les mesures annoncées ce jour. Et je suis au regret de devoir dénoncer cette timidité de votre part. Je me dois de vous appeler à faire plus, beaucoup plus !

Vous avez plafonné les indemnités de licenciement. D’accord, c’est sans doute un bon début, mais avant que nous puissions reconnaître que c’est un début prometteur, il va falloir que vous alliez bien plus loin dans la « réforme ». Vos annonces du jour sont vraiment très insuffisantes.

Allez ! Du courage, non de Jupiter ! De l’audace, non d’un pharaon !

Il y a une mesure forte à oser, tout de suite, sans attendre des discussions stériles avec les « forces du conservatisme » que sont les syndicats.

La voici cette mesure qui ferait tant plaisir à Monsieur Pierre Gattaz, nouveau châtelain de Sannes : puisque l’obligation de paiement, à un salarié, d’indemnités de licenciement par l’employeur qui le licencie, est un problème majeur pour les patrons, et qu’il n’est pas jugé opportun de supprimer purement et simplement le principe même de ces indemnités, on peut faire autrement : on peut en effet aménager ce principe et le réorienter, en innovant. Prenez un instant pour m’écouter.

Je vous propose de faire un rêve (de patron) et de le réaliser ! Osez-le ! Après tout, c’est bien vous, Monsieur le Président de la République, qui avez appelé de vos voeux la transformation de la France en une « start-up nation ». Et vous, Monsieur le Premier ministre, vous avez bu ces paroles comme on déguste un Château Pétrus, un Château d’Yquem ou un Château Mouton-Rotschild. Alors, allez-y ! Osez ! Rêvez ! Et faîtes de ce rêve une réalité ! Avec vous, tout est possible si vous ne vous fixez pas des limites !

Alors imaginez que, demain, les salaires que les patrons doivent aujourd’hui payer aux travailleurs soient désormais amputés par l’État d’une cotisation nouvelle, supplémentaire, destinée à financer un fonds national qui paierait lui-même ces indemnités à qui devrait les percevoir…

Ça y est ? Vous commencez à visualiser la situation ? Si cette mesure était adoptée, les patrons, désormais, ne paieraient jamais plus rien en matière d’indemnités de licenciement car il est nécessaire, bien sûr, de réserver cette cotisation aux salariés ; d’une part, pour ne pas imposer une contrainte supplémentaire aux patrons, ce qui, inévitablement empêcherait le retour chez eux de la « confiance », condition absolue pour qu’ils embauchent, nous l’avons bien compris ; mais d’autre part, ce sont les salariés qui bénéficient des indemnités de licenciement et il est donc légitime que ce soit eux qui cotisent, et eux seuls, pour financer un risque qui ne pèse que sur eux !

Et puis, second effet kiss cool de la mesure, pardon second intérêt majeur de cette réforme pour ce qui est de la « confiance » qu’il faut redonner aux patrons, une telle cotisation payée par les salariés serait de nature à les responsabiliser un peu plus ! Après tout, si les patrons licencient un salarié, c’est bien parce que celui-ci n’a pas su gagner sa confiance et dans un monde ouvert, eh bien il est bien légitime que le salarié assume lui-même ce risque !

Alors d’aucuns pourraient faire remarquer que si c’est une cotisation payée automatiquement par le salarié (celle-ci étant prélevée sur le salaire à lui payer par l’employeur), ça ne serait pas de nature à le « responsabiliser » puisque quoi qu’il se passe, le salarié aura déjà payé. Ce qui en irait différemment avec une « pénalité », celle-ci étant payée après coup, lorsque le fait générateur a été constaté. Sauf que vous conviendrez que décider d’une pénalité en l’espèce serait inopportun car, par définition, celle-ci serait payée au moment du fait générateur (le licenciement) donc après et non avant, si bien que les patrons ne pourraient connaître par avance le montant que ces pénalités représenteraient. Cela n’aurait donc pas d’effet sur leur « confiance » or c’est cela qu’il faut absolument rechercher et gagner durablement : le retour de leur « confiance »…

Pour ma part, je réfute ce raisonnement que « d’aucuns » pourraient mettre en avant. Il suffit de considérer le principe de la cotisation… comme un principe justement, dont les modalités concrètes seraient, elles, décidées chaque année dans la loi de finances, comme il en va par nature de tout impôt, cotisation, charge, recette, dépense… Et parmi les modalités concrètes, il y aurait son taux dont la fixation chaque année dépendrait de l’exercice précédent. On pourrait utiliser la logique du « malus » bien connu des assureurs.

Je m’explique : de la même manière que les assureurs réévaluent parfois à la hausse le montant des cotisations d’assurance à payer par les assurés en le faisant sur la base non seulement d’événements qui ne résultent pas du fait des assurés eux-mêmes, mais aussi de ce qui relève de la propre « gestion personnelle du risque » par les assurés, eh bien l’État, conseillé par les entrepreneurs, pourrait réévaluer chaque année le taux des cotisations dont on parle ici. Et si par exemple, sur une année N, la globalité des salariés français accusaient un « malus » par rapport à l’année précédente, ou par rapport à une référence unique permanente que vous définiriez, l’année N+1 verrait le taux des cotisations augmenter de telle manière qu’il y ait compensation parfaite. Et cela, croyez-moi, serait de nature à responsabiliser les salariés. Je renvoie à ce que je disais plus haut sur la confiance des patrons qui, en cas de licenciement, est, de manière évidente, rompue…

Alors il y aura toujours des gens pour faire observer que le licencié n’est pas responsable de son licenciement, que c’est bien plus une victime qui mérite à ce titre d’être dédommagée, indemnisée, par le patron jugé forcément coupable de ce licenciement. Certains iront même jusqu’à affirmer que lors d’un licenciement, le salarié licencié n’est que le bouc émissaire d’un système capitaliste inhumain reposant sur ce qu’ils aiment appeler « l’armée de réserve des travailleurs ».

Mais vous conviendrez sans mal que ce ne peut qu’être là un propos tenu par des gauchistes irresponsables ou inconscients des réalités et il n’est donc pas nécessaire d’en tenir compte, ni, a fortiori, d’y répondre…

*

Nota : Ce billet est évidemment écrit au second degré…

 

Entre peur, raison et détermination

1/ Mon billet écrit ce 28 avril, avant l’intervention de Jean-Luc Mélenchon dans le numéro 26 de la Revue de la semaine

Je suis de plus en plus inquiet. J’ai peur. Oui, je vous l’avoue : j’ai peur. Mais je ne suis pas gouverné par elle. Je réfléchis, j’analyse et je m’interroge. Et surtout, je me prépare à résister et surtout oui surtout à contre-attaquer. La France insoumise est notre plus précieux outil de reconquête.

En attendant d’aller plus avant dans cette reconquête que nous avons déjà bien entamée, je vais vous dire ce qui me fait si peur aujourd’hui.

D’un côté on a, avec Macron, le symbole, la caricature, le summum, le point paroxystique de tout ce que les Insoumis abhorrent, de tout ce contre quoi nous ne cessons de lutter depuis des décennies, voire depuis des siècles. Certains parlent de lutte des classes, d’autres de lutte du peuple contre les oligarchies.

De l’autre, on a, avec Le Pen, la représentante d’idées parfois nauséabondes faites de racisme, d’égoïsme, de xénophobie et de préférence exacerbée pour les Français, surtout s’ils sont blancs et catholiques. Elle attise la haine des Français contre d’autres Français et contre les étrangers présents sur notre sol ou pouvant y arriver. Tout ceci, à nos yeux, fait d’elle non pas une adversaire mais une ennemie. C’est le discours officiel de notre camp et nous y adhérons.

Mais pour autant, depuis que Marine Le Pen a pris la responsabilité de son parti, elle l’a fait quelque peu évoluer. Le FN de Marine n’est plus le FN de Jean-Marie. En tout cas pour la vitrine. Et c’est tout le problème. Nous, nous savons ce qu’il y a derrière. Nous savons que le FN officiel dissimule dans ses arrière-boutiques le pire de la France : les milices armées qui n’attendent que le jour J pour défiler dans nos villes et y faire “leur” nettoyage (depuis le temps qu’ils attendent ce jour…), les gros cons lobotomisés qui n’ont aucun esprit et aucun coeur, qui ne voient l’autre (que celui-ci soit noir, arabe, chinois, musulman ou je ne sais quoi) que comme un ennemi de l’intérieur contre lequel il faudrait mettre en oeuvre une attaque préventive afin d’éviter qu’il ne “détruise” la France, la “civilisation occidentale”, “nos valeurs”… Tout cela, nous le savons et nous le craignons.

De même, nous savons aussi, parce que le FN a dirigé des communes dans les années 90 et 2000 et qu’il en dirige aujourd’hui, qu’il n’y a pas que les étrangers ou les Français non blancs et non catholiques qui sont leurs cibles. Tout ce qui concourt à la culture, à l’éducation, au vivre-ensemble est suspect à leurs yeux. Et ils adoptent donc toujours des décisions réactionnaires car ils ne tolèrent pas l’évolution de la civilisation au plan des moeurs comme ils ne tolèrent pas non plus l’avènement de droits nouveaux pour les citoyens. Quant au respect des droits de l’homme (au sens d’être humain), ils méprisent cette philosophie qu’ils désignent comme droit-de-l’hommisme signifiant que pour eux ce n’est pas quelque chose qui mérite d’être pris en considération. Le féminisme est absent de leur idéologie. De même que la conscience environnementale ou celle du respect que l’on devrait aux animaux.

Tout cela étant dit, il y a bien d’autres sujets, fondamentaux, sur lesquels le discours de Marine Le Pen et de certains de ses proches paraît bien plus républicain qu’on ne le dit. J’ai bien dit “paraît”. Ne venez pas me faire un mauvais procès… Je ne fais pas la propagande du FN. Mais je dis ma peur que son discours porte bien plus loin qu’on ne le croit, surtout quand il faut choisir entre lui et celui de Macron et de son monde…

Dans cette vidéo, Marine Le Pen joue sur le rassemblement du peuple contre l’oligarchie et ce discours étayé, truffé d’exemples concrets, est un discours qui ne peut que porter, hélas !

Les sondeurs nous assurent d’une victoire écrasante de Macron. Et pourtant, dans le même temps, on nous presse de toutes parts de ne pas faire un autre choix que celui de voter pour Macron. N’y aurait-il pas comme une incohérence ? Si Macron est en situation de gagner à coup sûr, à quoi bon voter pour lui ? Ne serait-ce pas parce que sa victoire ne peut être acquise que si l’immense majorité des électrices et électeurs de Mélenchon se reportent sur lui ?

Cruelle question, n’est-ce pas pour nos ennemis ? Parce que oui, je considère Macron et son monde comme nos ennemis… de classe mais pas que. Par leur action atlantiste et européiste à outrance, lui et son monde pourraient être dénoncés comme une “anti-France” mais fort heureusement cette expression n’est pas des nôtres donc je ne l’utiliserai pas. Mais d’autres que moi ont pu évoquer certaines décisions de Macron qui seraient de nature à être regardées comme des actes de haute trahison…si l’incrimination de ce crime suprême contre l’État et contre le peuple français n’avait pas été supprimée par Sarkozy il y a quelques années…

Et ce crime pourrait aussi être établi par d’autres décisions stratégiques du Président Hollande, de ses deux Premiers ministres Ayrault et Valls, et de pas mal de ses ministres ou conseillers…

Jusqu’à preuve du contraire, Marine Le Pen n’est pas coupable de crime de ce genre. On dit, depuis deux décennies, que son parti est anti-Républicain et qu’il est un danger majeur pour la République. On le dit aussi “fasciste” mais alors pourquoi ne l’a-t-on jamais interdit et dissout comme on a dissout les ligues fascistes dans les années 30 ? Soit parce qu’on n’a aucune preuve concrète d’une telle accusation, soit parce que ce parti sert l’oligarchie comme épouvantail. Sauf que les moineaux ont de moins en moins peur. Ils se sont tellement habitués à sa présence que certains y ont fait leur nid…

Comme ceux qui hurlent au danger FN depuis des années non seulement l‘ont laissé en vie mais en outre ont nourri la bête avec leurs politiques anti-sociales d’une part, et leurs calomnies contre les alternatives populaires républicaines d’autre part, ils n’ont plus aucune crédibilité aujourd’hui pour crier une nouvelle fois “au feu”. Si la maison brûle, c’est à cause d’eux, et d’eux seuls !

Je me range au côté de celles et ceux qui refusent de voir dans le FN un parti “fasciste”. les mots ont un sens et tous ceux qui utilisent ce terme à contre-temps ou à mauvais escient devraient retourner étudier l’Histoire des fascismes…

Sans doute le FN est-il un parti détestable mais je ne crois plus qu’il menace la République. Il existe depuis des décennies et jamais il n’a intenté quoi que ce soit contre elle. Quand il a accédé au pouvoir, ce fut par les urnes. Et chaque fois qu’il fut battu, il se plia à la démocratie.

Quant à certaines de ses propositions politiques les plus détestables, ce sont des Républicains du RPR ou de l’UMP puis des “Socialistes” qui les ont mises en oeuvre. Jamais on ne les a pour autant définis eux comme des fascistes ou comme des menaces contre la République.

Je ne défends pas le FN mais une certaine raison qui semble s’être égarée dans quelques esprits fébriles ces derniers jours.

Si l’on ne voulait pas se retrouver dans la situation qui est celle où le FN est aux portes du pouvoir, il fallait agir pour améliorer la vie des Français ordinaires, faire progresser leurs salaires, améliorer leurs conditions de vie, perfectionner la démocratie, défendre la souveraineté nationale et populaire, refuser d’être le nouveau caniche des États-Unis, refuser l’hostilité ouverte à la Russie, défendre la voix de la France dans la monde.

Au lieu de tout cela, nos gouvernants, depuis 2002, n’ont eu de cesse de libéraliser l’économie et la société et donc de jeter de plus en plus de Français dans la pauvreté ou la précarité tout en laissant un tout petit nombre s’enrichir chaque jour davantage. Les politiques mises en place ont contribué à ce que des gens déjà fragilisés affrontent d’autres gens encore plus malheureux. Si les idées d’extrême droite font s’opposer les nationaux aux étrangers et les nationaux entre eux quel que soit le pays en cause, les politiques libérales ont exactement le même effet. Comment peut-on aujourd’hui convaincre que Le Pen serait pire que Macron ? C’est impossible. Personne ne peut plus gober les éternelles mises en garde.

En outre, aujourd’hui, je regrette de constater que c’est Macron qui nous menace d’une guerre civile et d’une guerre générale bien plus que Marine Le Pen.

Et nous qui soutenons Mélenchon et la France insoumise avons été très sensibles en particulier à son discours sur la paix. Nous sommes tous effrayés de la menace de guerre généralisée que l’OTAN fait peser sur l’Europe et sur le monde.

Plus encore que les questions économiques qui nous divisent, la question géopolitique est la plus fondamentale entre toutes car si la guerre éclate pour de bon en Europe, à cause de nouvelles provocations contre la Russie, ou parce que la Russie finirait par réagir une bonne fois pour toutes aux menaces de plus en plus ouvertes que l’OTAN fait peser sur elle, plus rien d’autre ne compterait et nous serions tous décimés par milliers, par dizaines de milliers, peut-être même dans des proportions bien plus grandes encore. Personne n’ignore les dévastations des conflits mondiaux précédents.

Or Marine Le Pen, depuis des années, s’est engagée à nous sortir de l’OTAN. Et elle ne cesse de dénoncer le bellicisme états-unien et otanien. On peut lui reprocher, et nous l’avons fait à juste titre, d’être allée rencontrer Poutine mais cela a une signification puissante en termes de géopolitique. Elle a fait passer un message : elle ne sera pas le larbin, le caniche des États-Unis et de l’OTAN. Et elle apaisera la relation entre la France et la Russie. Quels que puissent être nos convictions personnelles, aussi bien quant au FN, que quant à ce qu’il faut faire en France, ou encore quant à notre diplomatie, nous tous avons intérêt à la paix et à une relation apaisée avec la Russie. Mélenchon n’a cessé de le dire lui-même !

Enfin, quand elle parle de souveraineté, elle vient au coeur du problème politique, celui-là même qui, selon de nombreux intellectuels, explique pour l’essentiel les raisons de la montée du FN depuis des années et son maintien à un très haut niveau.

Le FN a, pour une large part, endossé à lui seul, le discours “souverainiste”. Il ne fut, pendant de longues années, contesté par personne. Tout le monde, de gauche à droite, était pro-européen et donc pro-Union européenne. Alors même que le peuple ne cessait de subir, chaque jour davantage, les ravages de l’action de l’UE. Les politiques mises en oeuvre dans le cadre de l’UE ont détruit nos emplois, démantelé notre industrie, sinistré notre démocratie, instillé la haine entre les peuples et voilà maintenant qu’elles menacent même la paix.

Il est plus que temps – il y a urgence – à en sortir. Jean-Luc Mélenchon, très vite après avoir déclaré sa candidature début 2016, a décidé de faire évoluer son discours sur le sujet et plutôt que de “changer l’Europe”, sempiternel slogan devenu complètement creux et perçu comme une véritable escroquerie, il a choisi d’abord de prôner la “désobéissance” aux traités puis carrément la “sortie” de ceux-ci.

C’est dès lors qu’il a commencé à être entendu par le peuple français. Ce n’est pas seulement à cause de l’intérêt de ses propositions économiques et sociales, ou des nouvelles idées révolutionnaires en termes d’écologie, qu’il a gagné le plus de soutiens selon moi. C’est parce qu’il a changé le discours que nous portions sur l’UE. Nous avons enfin osé assumer de dire que l’UE était devenue néfaste. Qu’elle nous opprimait en plus de nous martyriser. Evidemment les expériences chypriote d’abord, grecque ensuite, ont aidé à ce que le discours soit compris. Et puis 2005 résonnait de plus en plus fortement dans toutes nos têtes, surtout depuis que 2005 avait été “concrétisée” par le scélérat Traité de Lisbonne puis par la duperie de Hollande. Après le scélérat Traité de Lisbonne, plusieurs autres accords tout aussi scélérats furent adoptés. Et le président de la Commission européenne, ancien Chancelier du paradis fiscal Luxembourgeois, avec sa fameuse saillie, a ouvertement dit au monde ce que c’était que cette construction européenne. Dès lors, l’immense majorité des yeux se sont dessillés. Il n’y a plus que quelques naïfs indécrottables (j’aurais pu dire “idiots”) pour croire encore que l’UE est bienfaitrice.

Jean-Luc Mélenchon a adopté un discours sans doute habile pour gérer la contradiction qui demeurait entre ceux qui voulaient se libérer de l’UE et ceux qui craignaient encore les conséquences d’une sortie. En outre, ce discours basé sur une stratégie en deux temps, permettait de discuter avec nos partenaires, et plusieurs sommets du plan B nous ont permis de faire se rapprocher les uns et les autres au plan des mouvements de gauche européens.

Certains auraient préféré un discours assumé de sortie. J’en étais et pourtant j’ai adhéré aussi au discours de Mélenchon. Car il avait notamment le mérite de nous faire gagner du temps et de ne pas dévoiler tout notre jeu. Je suis convaincu que Mélenchon avait des cartes à jouer et certaines stratégies à mettre en oeuvre qu’il n’avait pas rendues publiques.

Et puis les partisans acharnés de la sortie avaient un candidat en la personne d’Asselineau. Ils ont pu le choisir. Hélas pour lui, en plus de tout ce qu’on peut lui reprocher, sa stratégie de sortie par l’article 50 était peu convaincante.

Jean-Luc Mélenchon, avec le plan B, avait annoncé la couleur. Soit on nous entend, soit nous sortons de l’UE. Et si nous sortons, nous ne sortirons sans doute pas seuls !

Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon est un des non qualifiés pour le second tour. On a manqué de peu de réussir ce défi. Mais l’Histoire ne s’arrête pas au 23 avril, ni au 7 mai, quel que soit le résultat final. Je m’en suis déjà expliqué dans plusieurs billets publiés depuis lundi auxquels je renvoie.

Aujourd’hui, je voulais vous parler de ma crainte quant au résultat final du 7 mai. Oui, j’ai un puissant pressentiment que le candidat donné gagnant de longue date risque, au final, de subir le même rejet massif que Clinton il y a quelques mois.

Nous savons ce que représente Le Pen. Nous savons combien elle dissimule sans doute ses véritables intentions. Mais avec un discours tel que celui que l’on entend dans le message qu’elle a diffusé à l’intention des Insoumis, et son habileté à se présenter du côté du peuple et des salariés, quand l’autre a choisi son camp (les banques, le CAC40, les membres de la caste oligarchique), qu’il a derrière lui tout le musée des horreurs du PS, des medias, du show-bizz, sans oublier que c’est le favori de Merkel, de Juncker et de tous les pouvoirs extérieurs à notre pays qui nous subjuguent depuis tant d’années, à le voir et à l’entendre multiplier les provocations, convaincu qu’il est de sa victoire certaine, je pense de plus en plus que Marine Le Pen peut tout à fait finir par lui passer devant, sinon dans les sondages, du moins dans les urnes.

Si j’avais envie de voter pour elle – ce qui n’est pas le cas puisque je choisis l’abstention – je ne le dirais à personne pour que les sondeurs et les medias ne voient pas venir la chose, mais je mettrais son bulletin à elle dans l’urne le 7 mai. Je crois bien que c’est ce qui nous guette. Que la même surprise qui a joué aux États-Unis joue cette fois en France, parce que les mêmes causes ont toutes les chances de produire les mêmes effets.

Macron est trop détesté par le peuple pour qu’il puisse être élu. Sauf à truquer massivement les opérations électorales !

Le “front républicain” a trop l’apparence d’un sauve-qui-peut du système pour que la majorité du peuple joue encore ce jeu-là. Sauf à truquer massivement les opérations électorales !

Entre l’abstention qui sera forcément massive, sans aucun doute record pour une présidentielle, le nombre de bulletins blancs et nuls qui va exploser, et le vote pour Le Pen qui va inévitablement progresser nettement, je commence à discerner que dimanche 7 mai au soir les résultats ne seront pas ceux que l’on dit aujourd’hui.

Je crois cela d’autant plus que les discours de ces derniers jours ne peuvent que donner la rage à un nombre inestimable d’électrices et d’électeurs tout à fait Républicains, et démocrates, tout à fait humanistes, tout à fait étrangers au racisme, mais qui perçoivent bien que Macron est celui qui nous infligera sans doute les pires souffrances en plus de nous menacer comme jamais de nous entraîner dans la ou les prochaines guerres de l’OTAN et des Etats-Unis. Il a été très clair aussi bien sur les questions économiques et sociales, que sur la question démocratique ou sur la géopolitique. La seule différence avec la “blitzkrieg” que promettait Fillon, c’est que Macron a dissimulé ses véritables intentions. Mais il fera ni plus ni moins ce que Gattaz, Parisot, tout le CAC40, les lobbys de Bruxelles lui commanderont de faire. Et contrairement à Fillon qui semblait vouloir desserrer l’étau atlantiste (j’ai bien dit encore “semblait”), Macron, lui, assume d’avoir un projet qui s’inscrit totalement dans l’UE, dans l’OTAN et dans “l’amitié avec les Etats-Unis” comme ils disent. On a bien compris ! Là aussi, Macron fera exactement ce que les puissances impérialistes « occidentales », USA en tête, lui commanderont de faire. Ce ne sera plus le Président de la République mais le “gouverneur” d’une nouvelle province des États-Unis.

C’est ça que vous voulez ?

Alors, Macron, bien moins pire que Le Pen ? Bien plus démocrate ? Bien plus Républicain ?

Permettez-moi d’avoir les plus gros doutes sur le sujet.

On sait d’où il vient. On sait qui il est. On sait qui il représente. On sait quels intérêts il sert.

“Le Pen est notre ennemi” disait-on tandis que Macron n’est qu’un adversaire. Là aussi j’ai de gros doutes. Et je crains fort qu’à vouloir nous donner à Macron, pour éviter Le Pen à coup sûr, on ne précipite, voyez-vous, sa victoire à elle !

Alors que faire ? Je l’ignore hélas. Notre choix entre deux destins aussi sombres ne peut être un choix. Comment choisir entre deux bourreaux ?

Je ne changerai donc pas mon vote. Ce sera l’abstention. Car je refuse d’avoir participé si peu que ce soit à l’avènement de Macron en me soumettant au prétendu “barrage” au FN qui risque de prendre l’eau de toutes parts.

Et je ne peux me résoudre à soutenir Marine Le Pen, même si je pourrais considérer que certaines de ses propositions sont bien plus proches de ma philosophie que celles de Macron. Alors on me reproche de faire le jeu du FN en refusant de prendre part au vote.

Ainsi pour éviter Le Pen, il faudrait donner le maximum de légitimité à Macron ? Celui qui ne va pas manquer de nous renvoyer au XIXe siècle ?

Non, désolé. Je ne peux pas. Ni l’une, ni l’autre.

Ce système constitutionnel est pourri, vérolé, honteusement confiscatoire. Car quelle que soit la personne qui sortira des urnes le 7 mai, l’élu-e ne le sera qu’avec au maximum 24% des suffrages exprimés au 1er tour et 18,19% des électeurs inscrits. Il / Elle n’aura donc aucune légitimité pour présider la France. Celle que lui offrira le second tour sera purement fictive.

Quand on subit un système électoral aussi inique, on ne peut le cautionner d’une quelconque manière en votant au second tour. On le rejette violemment et pour cela, seule l’abstention est admissible à mes yeux. Car même le bulletin blanc n’a pas l’effet escompté de délégitimation. D’une part, parce que il n’est pas un suffrage exprimé et n’a donc aucun effet ni juridique, ni politique ; d’autre part, parce que voter, quel que soit le contenu de l’enveloppe, c’est participer au processus électoral et donc le légitimer.

Pour moi, la 5e République n’est plus légitime. L’élection présidentielle n’est plus légitime. Le mode de scrutin n’est plus légitime. Donc j’en tire la conséquence en refusant de m’impliquer dans ce système inique.

Que ce soit Le Pen ou Macron qui sorte des urnes le 7 mai, de toute façon, on est certain d’en prendre plein la tronche. A ceci près que Macron a une petite chance d’avoir une majorité en juin alors que je ne vois pas la possibilité que Le Pen en obtienne une car, à cette date, chacun retournera dans son camp, et soutiendra les candidats de son parti préféré. Et qui sait ce que seront devenus mi juin le PS et Les Républicains…

Et en ce qui nous concerne à la France insoumise, pèse sur nos épaules la mission historique de sauver la République et la paix. C’est un défi gigantesque. Mais si on échoue…

2/ Mise à jour de 18h00 suite à l’intervention de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon est intervenu dans le cadre du numéro 26 de la revue de la semaine. Il a dit pratiquement tout ce que je voulais entendre. Je ne vais pas commenter autrement que par un remerciement et une gratitude très appuyés.

J’ai particulièrement vibré à la conclusion :

« Ça va bien. Ma santé est bonne. Je ne me retire pas de la vie politique. Je ne pars pas en retraite. Je ne suis pas dépressif. Je suis au combat et j’y reste. Et je crois que je vais encore diriger la manoeuvre pour les élections législatives qui arrivent parce qu’il faut encore transformer tout ça en une force conquérante. Je compte sur vous. À bientôt.« 

Il sera donc des nôtres (ce dont je ne doutais pas) mais surtout il sera à la tête de la campagne et candidat lui-même (ce dont je n’étais pas certain).

Il nous regonfle d’espoir et de motivation. Notre détermination n’a jamais été aussi forte.

J’en reparlerai prochainement…

3/ Mise à jour de 20h35 suite à l’intervention de Nicolas Dupont-Aignan

Ce soir, Nicolas Dupont-Aignan, ancien Président de Debout la République qu’il a transformé en Debout la France il y a quelques années, a annoncé officiellement, au JT de 20h sur France 2 avoir conclu un accord de gouvernement avec Marine Le Pen. Il n’en a pas donné les détails mais il s’est engagé à la soutenir et à faire campagne avec elle pour ce second tour de la présidentielle. Il annonce que, pour lui, elle n’est pas d’extrême-droite et que, grâce à lui, elle va faire évoluer son projet et y intégrer certaines idées de son propre projet à lui. Il a, par la même occasion, appelé la droite et donc les électrices et électeurs des “Républicains” à voter pour cette “nouvelle alliance” (selon ses propres termes).

Cette situation nouvelle pourrait bien, selon moi, faire basculer le scrutin. Certes le score de Nicolas Dupont-Aignan est faible mais les presque deux millions de personnes qui l’ont choisi ne peuvent se trouver surpris par le choix annoncé ce soir. Quiconque a suivi NDA depuis des années, et quiconque a suivi notamment la transformation de son parti Debout la République en Debout la France n’a pu manquer de constater la droitisation de son discours et de ses propositions. De la même manière, le rapprochement entre DLF et le FN était de plus en plus évident. Ce soir, il est confirmé officiellement et solennellement. Les instances dirigeantes de DLF ont, dit-il, validé cet accord entre Marine Le Pen et lui.

À noter : NDA a cité nommément “Marine Le Pen” avec qui il s’était entendu et avec qui il a conclu cet accord de gouvernement et n’a jamais, dans son intervention de ce soir, évoqué le “Front national”. Il semble vouloir faire la distinction. Sans doute s’imagine-t-il le Premier ministre naturel de Marine Le Pen si elle est élue le 7 mai. Et sans aucun doute, si cette élection intervenait, Marine Le Pen la devrait pour beaucoup à NDA et serait donc contrainte de nommer NDA à Matignon en vue de préparer les élections législatives.

Ce qui semble incohérent, c’est qu’à la question de Laurent Delahousse pour savoir si aux Législatives il y aurait des candidatures communes entre le FN et DLF, NDA a clairement dit non et a expliqué que les Français auraient alors à choisir entre les deux projets.

Il est clair que tout cela n’est pas clair… Il faudra suivre de près ce qui va être rendu public dans les prochains jours. Notamment le contenu précis de l’accord de gouvernement.

Mais il me semble que cette situation, inattendue pour les uns mais prévisible pour les autres, pourrait être de nature à convaincre de nombreux “Républicains” (je parle du parti LR) de basculer dans le camp Le Pen – Dupont-Aignan.

Cela donne encore plus de chances à Marine Le Pen de l’emporter le 7 mai.

Macron va avoir de plus en plus de mal à s’en sortir…

Je ne peux que m’en réjouir. Mais si vous avez bien compris tout ce que j’ai dit dans ce billet, je ne peux en conséquence que voir mes craintes renforcées que Le Pen réussisse son coup cette fois-ci !

Je ne me résoudrai pas à voter Macron pour autant.

Ce second tour est vraiment la pire des saloperies de l’histoire de la 5e République.

 

Comment l’élection présidentielle peut-elle bouleverser la politique française ? 1/2 – Par Simon FÉRELLOC

Ceux qui suivent attentivement la politique depuis plusieurs mois le savent : cette campagne présidentielle est totalement inédite ! Et elle l’est tout simplement parce qu’elle semble échapper à tout contrôle, à toute analyse mainstream, à tout scénario écrit à l’avance par d’obscurs « experts »… Or depuis quelques semaines, ces derniers répètent en boucle que l’élection est déjà jouée et qu’elle nous conduira à un second tour Macron-Le Pen, avec à l’arrivée une large victoire de l’ex-ministre de l’Économie.

Et c’est précisément cette certitude que le prochain président ne peut être que Macron qui me donne envie d’envisager un scénario différent, qui n’est évidemment pas certain, mais pas impossible non plus. Un scénario que j’avais envie de vous faire partager avec ce billet qui sera divisé en deux parties : une première portant sur le vainqueur possible de la présidentielle et une seconde sur l’inévitable recomposition politique qui suivra cette élection.

Quel président pour la France ?

Commençons d’abord avec les candidats issus des deux partis institutionnels : François Fillon et Benoît Hamon. Il y a quelques mois, nombreux étaient les analystes à vanter les vertus des primaires et à clamer que leurs vainqueurs y gagneraient non seulement leur légitimité, mais également de sérieuses chances de remporter cette course à l’Élysée.

Or, le seul bilan que l’on peut à présent tirer de ces « consultations citoyennes » est que non seulement la dynamique qu’elles créent n’est que temporaire, mais qu’en plus, loin d’unifier les différentes sensibilités derrière un candidat, elles ne font qu’exacerber les divisions en mettant en scène l’affrontement frontal entre les orientations des partis. Pire encore ! Elles ont obligé les candidats à se caricaturer, eux et leur programme afin de se différencier les uns des autres. C’est ce phénomène qui entraîne aujourd’hui la trahison de Hamon par l’aile droite du PS, et l’abandon de Fillon par les centristes. Ajoutez à cela les déboires judiciaires de ce dernier et la concurrence de Mélenchon à gauche, et vous obtiendrez 2 candidats incapables de convaincre au-delà de leur « noyau dur ». Soit entre 6 et 8% pour Hamon et autour de 15% pour Fillon.

Les primaires de chaque camp, en libérant un grand espace au centre, ont également permis à un autre candidat d’émerger : il s’agit d’Emmanuel Macron. La désignation des 2 candidats les plus « radicaux » de chaque camp a en effet permis au leader d’En Marche ! de ratisser large au centre-gauche comme au centre-droit, sur la base d’un programme flou mais à l’orientation « progressiste ». Ce qui lui permet de culminer aujourd’hui à 25% dans les sondages. Cependant si Macron suscite un relatif enthousiasme par sa volonté de rassembler les « progressistes » de la gauche, de la droite et du centre, il faut garder à l’esprit que ceci est également sa principale faiblesse. Effectivement, le fait d’engranger chaque semaine de nouveaux soutiens aussi hétéroclites qu’Alain Minc, Manuel Valls et Pierre Bergé risque non seulement, de mettre en lumière le manque de fond de son programme, mais aussi de le faire apparaître comme la dernière carte d’un système que les français sont si nombreux à rejeter. Résultat probablement autour de 20% au premier tour.

Parmi les 10 autres candidats, nombreux sont ceux qui critiquent régulièrement le candidat Macron pour cette forme de « compromis permanent » entre la droite et le PS. Parmi eux, on trouve notamment la candidate d’extrême-droite Marine Le Pen, qui occupe elle aussi une belle place dans les enquêtes d’opinion.

La présidente du Front National est incontestablement portée par une belle dynamique dont Emmanuel Macron est sans doute le premier responsable. En effet, sa campagne « et de gauche et de droite » permet à Marine Le Pen de ressortir son vieil « UMPS » et de se présenter à nouveau comme la candidate « antisystème » de cette élection, dans laquelle elle semble pouvoir réaliser son meilleur score.

Néanmoins, il y a quand même un phénomène capable d’enrayer la progression de l’eurodéputé : il s’agit de l’entre-soi. On le constate partout, Le Pen possède une solide base électorale (autour de 20% de l’électorat) mais a aussi de grandes difficultés à convaincre au-delà de ce cercle. Or, comme le confirme sa prestation lors du grand débat de TF1, sa campagne est axée sur ce fameux entre-soi qui consiste à rassurer sa base au lieu de convaincre les indécis. Et cette stratégie aura sans doute comme principale conséquence de renforcer le plafond de verre qui la tient éloignée du pouvoir ,et qui la bloquera probablement autour de 25% au premier tour, tout en l’empêchant de l’emporter au second.

Or, s’il y a bien un candidat qui a fait le choix de convaincre « les gens » et de ne pas rester dans « la tambouille des partis », c’est bien Jean-Luc Mélenchon. Fort de ses 350 000 soutiens en ligne, du succès de ses meetings, et de son excellente dynamique dans les sondages, le candidat de la France Insoumise pourrait très bien devenir la surprise de cette élection. D’autant plus que l’arme habituelle des socialistes, à savoir le vote utile, se retrouvera cette fois-ci, de son côté face à Benoît Hamon, et lui permettra peut être même de mobiliser une partie des électeurs de Macron venus de la gauche, jusque là tentés par le fameux « vote stratégique » contre l’épouvantail du Front National.

Il faut également tenir compte du fait que le statut de Mélenchon a changé depuis plusieurs mois. Au milieu des trahisons et de la bouillie qui caractérisent le paysage politique, le candidat de la France Insoumise incarne une certaine stabilité de candidat « droit dans ses bottes » assumant la rupture avec l’appareil socialiste. Enfin, par sa capacité à dépasser le simple « rassemblement de la gauche », le tribun dispose d’une sérieuse opportunité de séduire de nombreux abstentionnistes, qui constituent sans aucun doute la clé de la victoire lors de cette élection présidentielle qui le verra probablement dépasser la barre des 20% au premier tour.

À l’issue de cette analyse, on semble donc se diriger vers un second tour Mélenchon-Le Pen, qui devrait tourner à la victoire in extremis du premier, tant le rejet du FN est encore puissant dans la majorité de l’électorat. Cette victoire constituerait un séisme politique sans précédent et pourrait entraîner de nombreux pays européens à opter pour une nouvelle voie anti-austéritaire et ayant à coeur de rassembler le peuple d’en bas pour changer les règles du jeu démocratiques, sociales et écologiques.

De 1995 à 2017… L’histoire serait-elle sur le point de rejouer une pièce similaire ? Sans doute en partie, mais en partie seulement j’espère…

Je crois depuis longtemps que ce que personne n’attend (à part NOUS les insoumis) va se produire…

Je me rappelle très bien de l’année 1995 où Chirac a devancé le candidat dont tous les medias disaient qu’il pouvait « être élu dès le 1er tour » et que Chirac devait « se retirer » pour rendre cette victoire possible, parce que Chirac « n’avait aucune chance de figurer au second tour ».

Chirac, comme Mélenchon jusqu’à janvier dernier, était donné à plus ou moins 10% jusqu’en janvier 1995 (il s’était déclaré candidat le 4 novembre 1994 via une interview dans La Voix du Nord).

Selon les medias, qui étaient alors en pâmoison devant Jacques Delors (avant que celui-ci ne décide finalement de ne pas être candidat et le dise lors de l’émission 7/7 d’Anne Sinclair le 11 décembre 1994, provoquant le désarroi, la détresse, la déprime de presque tous les mediacrates) «Chirac n’avait aucune chance ». Tout se jouerait forcément, selon eux, entre Delors et Balladur, deux candidats « responsables », « réalistes », « raisonnables », « modérés »… Vous connaissez leur vocabulaire, n’est-ce pas ! 😉 Tous les sondages disaient la même chose…

Selon ces medias, Chirac « allait faire perdre la droite » incarnée, naturellement selon eux, par Balladur. Et il ne cherchait là qu’à « se mettre en valeur » et à « perturber » le jeu électoral normal. À les entendre, Chirac aurait eu un « ego » surdimensionné et ce n’est que par « malveillance » envers son « ami de trente ans » qu’il agissait, pour ne pas rendre possible qu’un autre que lui l’emportât… N’avez-vous pas le sentiment d’avoir entendu à peu près le même genre d’arguments ces derniers mois à l’encontre de Mélenchon ? 😉

Pour le « cercle de la raison » de l’époque, Balladur était le dirigeant qu’il fallait à la France. Et Alain Minc, qui parla le premier de ce « cercle de la raison », était d’ailleurs un de ses principaux soutiens. Comme c’est curieux !

Or, pour Chirac, pour les chiraquiens, et pour beaucoup d’autres au-delà, Balladur incarnait, jusqu’à la caricature, la droite libérale et atlantiste, le système oligarchique, la caste, le grand patronat, et tout ce qui était détestable aux yeux des Français.

Vous avez peut-être oublié – ou les plus jeunes l’ignorent car c’est de l’histoire ancienne (et pas le genre de trucs qui font la grande histoire…) – mais Sarkozy, déjà, était son principal soutien… Et, déjà, il était tel que celui qu’on aura à subir une décennie plus tard ! Même aux yeux d’une partie de la droite, il était une tête à claques ! Et même dans le camp Balladur, il y avait beaucoup de gens qui ne pouvaient pas le voir en peinture ! Pourtant, ils ont dû se le fader !

Le candidat Chirac d’alors, comme son projet (lequel était largement inspiré par Philippe Séguin et par Emmanuel Todd) était de nature « gaullisme social » et « indépendantisme ». Ce qu’il avait défendu dans sa campagne n’avait pas grand-chose à voir avec l’action de Balladur comme Premier ministre et le projet que ce dernier portait pour l’avenir. Il incarnait une autre droite, beaucoup moins détestable que celle rangée derrière Balladur. Je trouve, sur ce point, matière à comparaison en ce sens que Mélenchon incarne, depuis des années, une autre gauche que celle qui a été au pouvoir, une gauche moins détestable précisément, une gauche moins atlantiste, moins libérale…

Nous connaissons la fin de cette histoire : Balladur finit 3ème et ne fut donc même pas présent au second tour ! Les medias avaient eu raison sur un point mais un seul : Chirac avait bien empêché Balladur d’accéder au pouvoir suprême ! Mais ils avaient eu tort de penser et de répéter, sur tous les tons, y compris les plus insultants et les plus odieux, que Chirac n’avait qu’une seule chose à faire : se retirer, se soumettre, se rallier. 😉

Or Chirac avait eu raison de tenir tête, de ne pas plier, de ne pas se rallier, de défendre ce en quoi il croyait (qui était d’ailleurs très différent de ce que portait Balladur, aussi bien sur l’économie, la société que la géopolitique…). 😉

Les seuls combats que l’on est sûr de perdre sont ceux qu’on ne mène pas.

Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.

Chirac commença à grimper dans les sondages en janvier 1995, à la suite de ses discours qui attiraient de plus en plus de monde… Tiens, tiens… 😉

Dès qu’il se déclara officiellement candidat, en janvier 1995, Balladur commença, lui, à dégringoler de son piédestal. Dans une séquence télé absolument inimaginable tellement elle incarnait l’esprit monarchique (il faut revoir cette vidéo où Balladur, Premier ministre, parle, assis à son bureau de Matignon, l’air grave, comme un dauphin qui considère que devenir Président de la République est naturel pour lui, que c’est même un dû, et que faire campagne ne sert à rien vu qu’il est déjà élu, à écouter les medias et les sondages). Tiens, tiens… 😉

C’est pourtant lui qui fut désavoué par le peuple et c’est Chirac, que tout le monde ou presque voyait et décrivait comme le « nul » qui ne pouvait gagner, qui lui passa devant, avant de l’emporter au 2nd tour…

J’ai bien le sentiment que cette histoire est sur le point de se répéter. D’ailleurs, le phénomène a déjà commencé. Tout le monde le voit… Sauf que, cette fois, en lieu et place de Balladur, on a Macron, et que Chirac est à trouver en Mélenchon… Tandis que Hamon joue un peu – mais un peu seulement – le rôle de Jospin en 1995. Oui, un peu seulement car Jospin finit en tête au 1er tour de 1995 et ne perdit qu’au second tour, ce que Hamon ne réitèrera pas.

Les guignols de l’info en faisaient des tonnes alors sur la montée de Chirac dès le début de 1995 et le tassement – puis la descente – de Balladur, jusqu’au jour de février où l’on assista au croisement des courbes entre les deux candidats de la droite… Ceci se produisit d’ailleurs très peu de temps après la déclaration de candidature de Sa Courtoise Suffisance (surnom qui était donné à Balladur par le Canard enchaîné) comme quoi les Français avaient bien saisi qui était Balladur, ce qu’il voulait, ce (et ceux) qu’il représentait…

Je me souviens notamment de cette « discussion » entre les marionnettes de Philippe Alexandre et de Serge July, tous deux hallucinés par pareille situation politique, totalement inattendue, totalement anachronique à leurs yeux… On était dix ans avant 2005 et déjà ils affûtaient leurs arguments contre les « populistes » et les « démagogues » menaçant de détrôner les seuls candidats « acceptables » à leurs yeux !

Je me souviens aussi de certains commentaires du genre : « l’hypothèse d’un Chirac se hissant au second tour cesse d’être jugée ridicule et impossible pour devenir envisageable et crédible ».

Et oui ! Comme pour Mélenchon aujourd’hui, finalement ! 😉

Et, comme en 1995, je pense que la fin de l’Histoire en 2017 sera favorable à celui qui ne pouvait que « perdre » et « empêcher son camp de gagner »…

Certes, en 1995, le FN n’exerçait pas la même pression qu’aujourd’hui. Mais tout de même, il finit 4ème à 15% des voix (4 571 000 suffrages). Beaucoup de commentateurs expliquèrent alors  que c’est grâce à la candidature de Philippe de Villiers (qui obtint presque 1,5 million de voix soit 4,74% des suffrages exprimés) que Le Pen fut privé du 2nd tour. Il est délicat de l’affirmer avec certitude car on ne peut dire exactement comment se seraient répartis les électeurs de De Villiers s’il n’avait pas été candidat. Un certain nombre auraient sans doute choisi Le Pen mais pas tous. Certains seraient allés avec Chirac, d’autres avec Balladur ou un autre candidat, et d’autres encore se seraient réfugiés dans l’abstention ou le vote blanc et nul.

Mais cette force du FN en 2017, bien que supérieure aujourd’hui à celle qu’elle était alors en 1995, ne me semble pas de nature à empêcher le surgissement de Mélenchon au second tour.

Je pense même, de plus en plus, que le second tour fera s’affronter Le Pen et Mélenchon. Parce que les deux candidats que sont Macron et Fillon qui, aujourd’hui, dépassent Mélenchon dans les sondages, vont s’effondrer ou en tout cas s’effriter suffisamment pour que Mélenchon crée la surprise. Macron parce que c’est une bulle mediatique sans aucune assise populaire comme on commence à s’en rendre compte, y compris en haut lieu, et Fillon parce que ses affaires le plombent aux yeux des siens et que son projet ultra-réactionnaire a bien été perçu comme tel par les Français. Fillon, le croque-mort ne peut susciter l’adhésion.

En outre, je crois vraiment, et de plus en plus, que cette partie de l’électorat du FN qui choisissait Le Pen à défaut de trouver à gauche une vraie parole de rébellion, et de vraies propositions de révolution citoyenne, vont désormais se tourner vers Mélenchon, ce qui réduira d’autant l’assise de Le Pen. Parce que l’essentiel de l’électorat de Le Pen est composé de gens qui votent avec leurs pieds, et qui expriment un message de colère. Or il semble que ces temps-ci, Mélenchon incarne mieux que personne, et surtout bien mieux que Le Pen, la volonté irréductible de pratiquer le dégagisme !

Le positionnement de Mélenchon, désormais hors parti, parlant à tous, ne représentant plus seulement la gauche, ne se souciant plus des étiquettes ou des affinités mais des idées, et le fond de son projet (l’intérêt général humain) comme son esprit (l’insoumission et l’indépendantisme) parlent de plus en plus – et de mieux en mieux – à certains Français plutôt classés à droite et à beaucoup de ces gaullistes sociaux dont nous nous rapprochons sur bien des sujets. Cela a déjà commencé. Nous le constatons.

Enfin, je crois aussi que Mélenchon va attirer à lui des millions de nouveaux électeurs venus de nulle part sinon de l’abstention de longue durée. Cela a déjà commencé. Nous le voyons. Nous rejoignent déjà, ou nous disent qu’ils voteront pour Mélenchon, de plus en plus de citoyens écoeurés par la politique mise en œuvre depuis des années et par ceux qui la font.

Une fois que Mélenchon aura été élu, à la surprise de beaucoup, je tiens par contre à ce que la suite de l’histoire de 1995 ne se répète pas… Et que le nouveau Président de la République tienne ses engagements, contrairement à celui élu en 1995.

Je tiens à ce que le Président Mélenchon ne nomme pas à Matignon une personne qui le conduira – et le convaincra – à changer de discours et à remettre en cause ses engagements de campagne parce que « maintenant qu’on est au pouvoir, on ne peut plus ni parler, ni agir comme avant », parce que « il faut du temps pour que les choses se fassent », parce que « nous ne pouvons brusquer nos partenaires européens » etc. etc. etc. bref tous ces arguments bidons que l’on nous sert toujours pour justifier une reddition sans jamais la reconnaître…

C’est bien ce qui s’est produit en 1995 avec un Premier ministre Juppé qui a décidé que sa politique ne respecterait pas l’esprit – et encore moins la lettre – du projet chiraquien, parce que « le déficit du budget était calamiteux », parce qu’il fallait « d’abord réduire la dette », parce qu’il fallait d’abord « créer des richesses avant de les partager » etc. etc. etc. tous ces arguments que l’on connait si bien mais qui étaient précisément ceux que le candidat Chirac avait violemment dénoncés pendant sa campagne quand c’est Balladur qui les utilisait…

Ah ! Si Chirac, au lieu de nommer Juppé – le fils prodigue qui n’avait rien apporté en termes d’idées à la campagne – avait choisi Séguin – qui lui en était un pilier – tout aurait été différent !

Mais embarqué sur le navire piloté par Juppé, et manifestement sous l’emprise affective ou intellectuelle de celui que certains appelaient « Amstrad » (du nom de très anciens ordinateurs…), Chirac ne pouvait qu’aller à l’écueil !

Le navire sombra en 1997. Juppé voulut la dissolution de l’Assemblée Nationale, il l’a eue ! Chirac lui fit ce plaisir. Mais en fait de dissolution de l’Assemblée Nationale, c’est le gouvernement Juppé, et Juppé lui-même, qui furent dissous… Je me suis souvent amusé à dire que Chirac avait dissous Juppé en 1997. Beaucoup pensent qu’il ne vit rien venir… Si ce « il » est Juppé, c’est évident ! Par contre, je ne m’aventurerais pas à affirmer que Chirac était inconscient de ce qui se tramait… Je pense même que l’animal politique qu’était Chirac (ce que n’était pas Juppé) a eu conscience que le peuple rejetait massivement la politique de Juppé et que, ne pouvant peut-être pas, pour nombre de raisons, se défaire de lui de sa propre volonté, il remit aux Français le soin de l’y contraindre… Comme en plus Juppé la voulait sa dissolution, ça tombait à pic !

Bref, j’espère que nous ne rééditerons pas ce genre « d’expérience hasardeuse » pour reprendre les termes ironiques de Jospin au sujet de la dissolution ! Le prochain Premier ministre devra impérativement être une personne du premier cercle de Mélenchon, et une personne qui aura une volonté politique en tous points égale à la sienne. La moindre différence entre eux sera évidemment utilisée contre nous tous. Nous savons d’expérience que tous les binômes de l’Exécutif de la 5e République (je parle hors périodes de cohabitation) ont fini par se contredire, se concurrencer, se défier ou s’opposer.

C’est dans les gênes mêmes de ce régime qui était bancal dès le 1er jour puisque le Président était désigné comme un simple arbitre alors que celui qui l’était alors était un personnage exceptionnel ne pouvant évidemment pas se contenter d’un tel rôle secondaire… Et la constitution répartissant les pouvoirs entre les deux têtes de l’Exécutif n’avait pas séparé clairement les choses, donnant par exemple au président la qualité de chef des armées mais au Premier ministre la responsabilité de diriger la politique de défense de la nation. Et qui était le chef du gouvernement ? Le Premier ministre bien sûr. C’est ce que dit le texte de la constitution qui ajoute que c’est lui (et donc pas le Président de la République) qui fixe la politique de la nation. Mais le chef du gouvernement, n’est-ce pas d’abord le Président de la République puisque c’est lui qui nomme le Premier ministre et les ministres, que c’est lui qui donne les grandes orientations, que c’est lui qui peut dissoudre l’Assemblée, que c’est lui qui peut recourir au référendum ?

Bref, en raison du contexte dans lequel ce texte a été élaboré, et en raison aussi et surtout des contradictions entre les rédacteurs, eh bien il fut choisi un compromis. De Gaulle se disait qu’il ne prendrait pas grand risque à concéder certains pouvoirs au Premier ministre puisque tant que lui serait à la tête de l’État, n’importe quel Premier ministre devrait être à ses ordres, sinon en droit, du moins dans les faits. Et c’est bien ce qui s’est passé…

Et pas que sous De Gaulle d’ailleurs ! En effet, ce principe fut valable sous tous les Présidents de la République, à tel point que la relation entre les deux têtes de l’Exécutif fut parfois des plus orageuses… Doit-on rappeler la relation entre le président Pompidou et le Premier ministre Chaban-Delmas ? Ou celle entre le président Giscard et son Premier ministre Chirac ? Ou encore celle entre le Président Mitterrand et son Premier ministre Rocard ?

Et même quand l’orage n’était pas là, on peut dire au minimum que le système mediatique ou politique a tout fait, parfois avec succès, pour saboter la confiance qui pouvait exister à l’origine entre le Président et son Premier ministre. Cela s’est produit entre De Gaulle et Michel Debré, puis entre De Gaulle et Pompidou, puis entre Giscard et Barre, puis entre Mitterrand et Fabius, puis entre Chirac et Juppé. Inutile que je cause ici de la relation entre Sarkozy et Fillon… Même Hollande et Valls ont alimenté cette histoire éternelle…

On ne peut avoir deux têtes à l’Exécutif. Soit on en a une seule, soit on a une collégialité, mais mettre deux personnes au sommet du pouvoir et leur conférer des pouvoirs « croisés » voire contradictoires, c’est mettre d’entrée de jeu la discorde dans la maison commune. Or, ainsi que l’a dit le président Lincoln, certes en d’autres circonstances (à savoir celles qui précédaient la guerre de Sécession) « une maison dans laquelle règne la discorde ne peut pas tenir debout ».

J’ai pleine confiance en Mélenchon pour choisir la bonne personne pour Matignon. Mais j’ai aussi quelques inquiétudes quand je suis depuis des années tel ou telle de son entourage direct… Je crains fort qu’il n’y ait, dans cet entourage, quelques Yannis Varoufakis,  ou autres du genre de ceux qui, à Syriza, ont amené Tsipras à renier ses engagements pour rester dans l’UE…

Pourquoi Mélenchon a toutes ses chances de gagner l’élection présidentielle ? Par Filip Mediapart le 21/03/2017

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On entend régulièrement des voix, peu importe leur camp politique, s’exclamer de l’impossibilité du candidat de la France Insoumise de remporter l’élection présidentielle. La tendance est au défaitisme, au déclinisme. Pourtant, bon nombre de camarades, citoyens et moi-même sommes dans une logique victorieuse car nous croyons cette campagne unique en son genre, oui, victorieuse.

La « sondocratie » a prouvé qu’elle perdait de son influence sur le choix de vote des électeurs, en témoigne le vote américain aussi bien pour Trump que pour Bernie Sanders, ou encore la primaire de la droite ou du PS dans notre pays. Des résultats totalement contraires aux « prévisions » des instituts de sondages bienveillants montrent enfin les limites d’un système qui ne sait plus comment se préserver de la colère populaire qui semble se déchaîner crescendo contre lui.

Dans cette perspective, contrairement à l’idée communément admise par la plupart des médias ou voir même par certains intellectuels progressistes, il est possible d’admettre que le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon est tout à fait capable d’être en mesure de se qualifier pour le second tour et remporter l’élection présidentielle.

Alors avant de développer, je précise ici la prudence avec laquelle j’écris ces lignes puisque nous sommes dans une campagne électorale extrêmement changeante et instable. Je dirais même que comme prévu, rien ne s’est passé et rien ne se passera comme prévu. Qui aurait pu prédire la situation dans laquelle on est il y a de cela un an ? Personne.

Ou alors qu’on me montre celui qui avait fait un pronostic avec Fillon vainqueur de la primaire de la droite (empêtré dans des scandales jusqu’au cou), Macron candidat hors-parti (soutenu par des protagonistes de la droite comme du PS), Hamon vainqueur de la primaire du PS avec Jadot de EELV qui se désiste pour lui en échange de sièges, et Le Pen qui n’a pas une si grande dynamique que ça derrière elle (sauf dans les médias) puisque elle aussi a des problèmes avec la justice et fait une campagne assez molle. (Attention : je sais pertinemment que Le Pen a un potentiel électoral très fort et que son niveau électoral est légitimement inquiétant, je ne le nie pas, mais sa campagne ce n’est pas la folie attendue, je m’en explique plus loin)

I. L’imposture d’une alliance gagnante à gauche qui n’est en vérité qu’une alliance perdante

L’atmosphère qui règne majoritairement dans le paysage mediatico-politique aujourd’hui est celui d’une défaite quasiment certaine de « la gauche » le 23 avril prochain. C’est vrai, pourquoi faire campagne si l’on est assuré de notre défaite ? Je me le demande bien. Après tout, ce ne sont pas les 10 milliardaires possédant 90% des médias dans ce pays qui vont tout faire pour encourager le progressisme afin qu’il arrive au pouvoir.

Alors quelle est la raison de cette défaite selon eux ? La division. Mon dieu, la division ! Si Mélenchon et Hamon ne s’allient pas (même si leur programme ne sont pas compatibles sur la question fondamentale de la construction européenne, et d’autres aspects encore), la gauche va perdre à coup sûr. Et c’est malheureusement un discours que l’on retrouve également chez bon nombre de responsables politiques de gauche allant du PS au PCF. Pourquoi cette théorie de la « division destructrice » n’est-elle en réalité que son contraire, la « cohérence fédératrice »?

Ce que je nomme « cohérence fédératrice » est le moteur de la campagne de la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Ce qui fait de cette campagne, une campagne unique et porteuse d’espoir, c’est sa cohérence.

Le programme de la France Insoumise est un programme qui ne s’adresse pas qu’aux gens « de gauche » mais à l’ensemble de la population de ce pays. Il en appelle à la raison de chacun, par-delà le clivage idéologique classique. Peut-on continuer avec le nucléaire ? avec la 5ème République ? le changement climatique ? etc. etc. Le programme pose des questions rationnelles et y répond de façon rationnelle, c’est ce qui donne cette cohérence à la campagne. Peut-on rester sur le modèle européen actuel pour répondre aux urgences écologiques, sociales et démocratiques ? Non. Que doit-on faire ? Renégocier les traités pour permettre de répondre à ces urgences.

Je ne prends pas cet exemple au hasard puisque justement la question européenne est le sujet FONDAMENTAL de la discorde entre Hamon et Mélenchon. L’un pense pouvoir faire quelque chose avec l’Europe actuelle (comme Hollande et on a vu ce que ça a donné), l’autre pense le contraire et souhaite en changer. Je respecte le point de vue de M. Hamon mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est juste un détail du programme, non ! L’Avenir en Commun n’est pas réalisable sans revenir sur la construction européenne. Point final.

Alors que doit-on faire ? 130 000 personnes étaient réunies pour la 6ème République samedi dernier, presque 300 000 personnes appuient la candidature de Jean-Luc Mélenchon, des millions d’autres sont prêts à voter pour celui-ci, et tous sont convaincus par cette cohérence. Le programme a fédéré et fédère encore énormément de monde autour de problématiques et de solutions rationnelles. Donc voici que M. Hamon a gagné la primaire du PS (dont les réels résultats sont encore attendus à ce jour) et que nous devons absolument nous allier avec lui sous peine…de mourir et de laisser champ libre à l’extrême-droite. S’allier avec M. Hamon fera peut-être plaisir aux quelques électeurs socialistes qui restent dans ce pays, mais enlèvera toute cette cohérence programmatique autour de laquelle des millions de personnes (dont des électeurs socialistes déçus) se sont retrouvés jusqu’à aujourd’hui. Mélenchon, l’insoumis qui veut réellement changer les choses se retrouve allié à Hamon, l’ancien ministre de Hollande qui veut abroger la loi El Kohmri avec…Myriam El Kohmri comme députée ! Non ce n’est pas sérieux. Les gens ne sont plus dupes, quiconque est, ne serait-ce qu’un peu sur le terrain, constatera que le mot d’ordre général c’est : « Plus jamais PS ! »

Enfin bon, tout ça se résume en une phrase. Aucun candidat n’est propriétaire de son électorat et une élection ne marche donc pas en additionnant deux pourcentages du genre « 15%+15%=30%, génial on a gagné les élections ! »

Tout ça n’est pas sérieux et on le sait. Je finis sur cette alliance miraculeuse sans parler de Jadot qui s’est désisté pour Hamon en échange de sièges par-ci par-là. Bizarre que personne ne leur demande quels ont été les accords effectués sur le programme…

II. Un ras-le-bol général de la caste représentée par Fillon et Macron (et Hamon, héritier de Hollande bien sûr)

Bien, maintenant que nous sommes débarrassés de cette question de « l’alliance de gauche » qui est pour moi tranchée catégoriquement, voyons dans quelle ambiance politique se trouvent nos concitoyens.

Nous sommes aujourd’hui dans une ère politique que beaucoup d’entre nous s’accordent à qualifier de « dégagiste », c’est-à-dire qu’il y a un mouvement populaire très fort qui ne se nomme pas lui-même et qui consiste à vouloir faire dégager tous ceux qui sont responsables de la situation actuelle et qui ont tous gouverné pendant des années sans rien changer et même en empirant les choses. De Sarkozy à Hollande, tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la mascarade du « changement » dans ces deux gouvernements respectifs sont disqualifiés aux yeux du plus grand nombre. Il ne faut pas avoir peur de les citer :

– Emmanuel Macron, ministre de l’économie sous Hollande, ex-banquier chez Rothschild qui a sous-évalué son patrimoine, auteur de la Loi Macron et défenseur de la loi El Kohmri

– Benoît Hamon, ministre de Hollande pendant plus d’un an, n’a pas voté contre les budgets d’austérité, a déclaré qu’il « assure à Hollande le flanc gauche [du PS] qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon »

– François Fillon, premier ministre sous l’ère Sarkozy, dont je passe les détails que vous connaissez déjà

Pour ce qui est de Benoît Hamon et François Fillon, je n’ai pas à revenir dessus. En revanche j’y vais peut-être un peu fort en déclarant que Macron est disqualifié c’est vrai. Les sondages n’étant pas fiables, nul ne sait si les gens tomberont dans le panneau du candidat « en marche ». Beaucoup ne seront pas dupes j’en suis persuadé, espérons-le…

III. Une Le Pen qui fait une campagne molle et qui permet à certains de se tourner vers nous plutôt qu’elle

Le troisième et dernier point sur lequel je vais venir va peut-être en étonner certains mais je trouve que l’on n’attire pas assez l’attention sur celle qui est unanimement déclarée qualifiée d’office pour le second tour. Madame Le Pen.

Je le répète encore une fois, le FN n’a jamais été aussi haut électoralement, jamais aussi proche du pouvoir, je veux le préciser et qu’on ne vienne pas dire que je sous-estime la menace, j’en suis conscient. Pourtant je constate que la campagne électorale frontiste n’est pas très dynamique. On le constate d’abord dans les meetings, qui ne font pas très sensation, le dernier ayant réuni 3000 personnes. Mais je ne vais pas accentuer ce point puisque l’on sait que l’électorat frontiste est un électorat qui n’aime pas à se montrer et se cache, j’en suis d’accord. Mais on constate cette faible dynamique sur les réseaux sociaux avant tout, haut lieu de l’anonymat qui permet aux électeurs favorables à Le Pen de se montrer sans gêne.

La campagne de la France Insoumise a incontestablement surclassé celle du FN ce qui est nouveau dans le paysage numérique. Tandis que Philippot et Le Pen se ridiculisent eux-mêmes sur leur chaîne YouTube, Jean-Luc Mélenchon fait un carton incontestable sur Facebook, Twitter et YouTube avec des vidéos pouvant atteindre plusieurs millions de vues. Un bon nombre de jeunes ou moins jeunes considérant jusqu’ici le FN comme le seul parti soi-disant antisystème se rendent compte de la supercherie et découvrent une autre véritable force antisystème qu’est la France Insoumise avec Jean-Luc Mélenchon.

Je vois deux raisons à cette campagne que je qualifie de « molle » du Front National. La première étant le sentiment chez eux qu’ils ont gagné d’avance et que leur victoire est assurée, en témoignent les médias qui relaient leurs sujets et thématiques en quasi-permanence. La seconde étant évidemment le profil bas de certains alors que des affaires judiciaires éclaboussent également le Front National. Alors quoi que l’on puisse penser, force est de constater que le FN ne domine pas partout et cela aussi joue en notre faveur.

En résumé, la cohérence fédératrice, la vague « dégagiste » et la supercherie en partie démasquée du FN me semblent un climat politique plus que favorable à l’élection du dernier président de la Vème République. Quoi que l’on pense de cette analyse, le mot d’ordre de la fin de cet article est clair :

AUX URNES CITOYENS !