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États-Unis : la guerre civile froide… en attendant pire ! – Par Pierrick TILLET alias le Yéti – le 20/02/2017

Source : blog de Pierrick Tillet alias le Yéti. Le billet ci-dessous reproduit est ici.

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Membres d’une milice de supporters pro-Trump armés de fusils semi-automatiques à Atlanta le samedi 18 février.

Quittons un instant la scène lamentable de la présidentielle française et voyons ce qui se passe aux États-Unis depuis l’élection du vilain canard Trump. Eh bien, nous assistons-là à une véritable guerre civile froide entre les partisans de l’establishment défait et le nouveau président.

Une guerre totale de l’information entre les services secrets et militaires américains — CIA, FBI, Pentagone — ligués contre la nouvelle équipe dirigeante avec le secours frénétiques des médias mainstream.

Là où la guerre devient civile, c’est quand une partie de l’opinion, celle il faut bien le dire des classes huppées et de l’intelligentsia artistico-culturelle. se ligue avec une hystérie totalement aveugle au concert d’imprécations et de coups tordus des néocons contre les archicons(ervateurs) républicains de la Maison Blanche.

« Les États-Unis sont maintenant dans la situation extraordinaire où la gauche libérale/progressiste est alliée avec les néocons contre la démocratie. Le parti de gauche libéral/progressiste fait pression pour une mise en accusation d’un président qui n’a commis aucune infraction impeachable. Les néoconservateurs ont déclaré leur préférence pour un coup d’État profond contre la démocratie. Les médias dressent un barrage constant de mensonges, d’insinuations et de désinformation. Et pendant ce temps, le public américain insouciant regardent le show en suçant son pouce » (Paul Craig Roberts).

Cette hystérie qui conduit au chaos

Entendons-nous, certaines mesures imbéciles prises par le gouvernement Trump méritent incontestablement le tollé qui les accueille : les décisions régressives contre les minorités et les femmes (droit à l’avortement, par exemple), l’interdiction de territoire US faite à des pays à dominante musulmane…

Mais pas sûr que l’Amérique profonde se désole du rapatriement de ses usines emblématiques (automobiles, notamment) sur le sol de l’oncle Sam.

On peut également trouver grotesques les gesticulations anti-iraniennes et anti-chinoises du nouvel élu (quoique Trump ait déjà mis un sérieux coup de frein à celles contre Pékin). Mais que trouver à redire à sa dénonciation de l’interventionnisme américain tous azimuts et à la volonté affichée de rabibocher les rapports avec la Russie ?

Le problème des guerres civiles, mêmes froides, c’est qu’elles ne laissent guère place aux nuances de jugement. Et quand ces nuances, disparaissent, quand l’hystérie triomphe, eh bien c’est le chaos qui surgit. Et dans un pays où tout le monde ou presque est armé (cf. photo ci-dessus), les guerres froides menacent vite de s’enflammer et de dégénérer,

Vous me direz, ça concerne les Américains, pas nous. Le problème c’est que l’influence de ce qui se passe aux États-Unis déborde largement leur frontière.

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine par Bruno GUIGUE le 10/01/2017

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Pour justifier l’ingérence dans les affaires des autres, Washington manifeste à la fois un véritable génie de l’affabulation et un manque évident d’imagination. Les dirigeants US n’oublient jamais d’inventer une histoire à dormir debout, mais elle a toujours un air de déjà-vu. C’est plus fort qu’eux, elle a comme un arrière-goût de réchauffé. Le plus étonnant, donc, n’est pas que Washington fasse preuve d’une telle répétition dans son répertoire, c’est plutôt qu’on semble le découvrir à chaque fois. En attendant, les faits parlent d’eux-mêmes. L’analyse des conflits du demi-siècle écoulé révèle le même modus operandi, elle fait apparaître les mêmes grosses ficelles.
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Premier cas d’école, la guerre du Vietnam. En août 1964, « l’incident du Golfe du Tonkin » fait opportunément basculer l’opinion américaine dans le camp belliciste. Des vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes, accuse Washington, ont attaqué le destroyer de la Navy « Maddox » au milieu des eaux internationales le 2 août. Dans un contexte de tensions entre Washington et Hanoï, la Maison-Blanche soutient que cette provocation communiste ne peut rester sans réponse. Mis sous pression, le Congrès des Etats-Unis autorise le président Johnson, le 7 août, à riposter militairement. Dans les mois qui suivent, des centaines de milliers de soldats volent au secours du régime sud-vietnamien et les bombardiers US pilonnent les positions viet-congs.
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A l’époque, la presse occidentale reprend mot pour mot la version officielle, accréditant la thèse d’une agression nord-vietnamienne qui serait responsable de l’escalade militaire. Pourtant, cette narration de l’incident est totalement fictive. Elle a été fabriquée de A à Z. En réalité, aucune attaque n’a eu lieu. Le « Maddox » était dans les eaux territoriales nord-vietnamiennes et non dans les eaux internationales. Il a bien tiré 350 obus, mais dans le vide, contre un ennemi parfaitement imaginaire, pour faire croire à une attaque. Mais peu importe. Il fallait démontrer l’agressivité criminelle du camp adverse, lui faire porter la responsabilité d’une guerre totale. Elle fera trois millions de morts, et les USA la perdront.
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Deuxième cas d’école, la guerre contre l’Irak. Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 fournissent à l’administration Bush un prétexte idéal pour lancer une vaste offensive au Moyen-Orient. Elle passe d’abord par la destruction du régime taliban en Afghanistan (pourtant installé avec la bénédiction de Washington), puis par l’attaque contre l’Irak de Saddam Hussein (mars 2003). Privée de toute légitimité internationale, cette agression militaire contre un Etat qui ne menace personne se prévaut, officiellement, d’un double « casus belli ». Bagdad détiendrait des armes de destruction massive représentant un danger mortel pour la sécurité collective, et le régime baasiste fournirait une aide logistique à l’organisation terroriste Al-Qaida.
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Comme pour l’incident du Golfe du Tonkin, cette double accusation est une monstrueuse affabulation. On eut beau faire semblant de les chercher, on n’a trouvé aucune arme de destruction massive en Irak, ni aucune connivence entre le régime irakien et l’organisation terroriste fondée par Ben Laden. En revanche, l’implication des services secrets américains et saoudiens dans les attentats du 9/11 est un secret de polichinelle. La version officielle permet donc d’occulter cette responsabilité (qui reste obscure dans ses détails) en se livrant à une inversion accusatoire. Pour justifier la liquidation d’un Etat qui s’oppose à ses ambitions, Washington l’accuse de ses propres turpitudes. Habituée à avaler des couleuvres, la presse occidentale reproduira servilement l’argumentaire contre Bagdad.
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Troisième cas d’école, la Syrie. A partir du printemps 2011, une contestation minoritaire et encouragée de l’extérieur, sur le modèle préfabriqué des « révolutions arabes », réclame la destitution du président syrien. Des provocations et des attentats créent un climat de guerre civile, aggravé par l’aide massive que fournissent à la rébellion armée les puissances occidentales et les pétromonarchies du Golfe. Refroidi par les fiascos afghan et irakien, Washington préfère intervenir contre Damas en utilisant des « proxys », des organisations de mercenaires. Mais une partie de l’establishment, acharnée, veut provoquer la chute de Bachar Al-Assad en persuadant Barack Obama d’infliger des frappes aériennes aux forces syriennes.
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Pour justifier cette intervention, il faut évidemment un prétexte. On va vite le trouver ! Par l’horreur qu’il inspire, l’usage de l’arme chimique contre des populations civiles constitue le motif idéal. Le 21 août 2013, des images d’enfants gazés dans la banlieue de Damas font le tour du monde. Faute de preuves, les enquêteurs de l’ONU ne désignent aucun coupable. Une étude menée par le prestigieux MIT révélera que cette attaque ne pouvait provenir que des zones rebelles. Mais c’est trop tard. La machine à mensonges tourne à plein régime. Accréditée par Washington, avalisée par ses alliés, la version officielle est reprise par la presse et les ONG subventionnées. Elle devient « la vérité » sur le conflit syrien, le prétexte de l’ingérence étrangère et le faux-nez du néo-colonialisme.
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Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d’autres ! La liste des pays qui ont subi l’ingérence fomentée grâce à la manipulation de l’opinion est interminable (Soudan, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive ..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le « casus belli » requis par l’ingérence en tétanisant l’opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l’invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère. Lyndon Johnson invente des vedettes-lance-torpilles, Colin Powell brandit sa fiole de jus de pomme à l’ONU, Barack Obama désigne le coupable d’une attaque chimique organisée par ses protégés. Tout est bon pour édifier le bon peuple.
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La formule-clé de cette politique, c’est « mensonge, fausse bannière et vidéos ». Le mensonge est l’élément générateur de la guerre impérialiste, sa matière première, son carburant. La fausse bannière (le « false flag ») est son modus operandi préféré, car il autorise l’inversion accusatoire, l’imputation de ses propres crimes à l’adversaire qu’on veut abattre. Les vidéos, enfin, sont l’instrument de communication qui donne corps à la fable fondatrice. Avec la force persuasive de l’image, en jouant de ses effets de réel, elles permettent de substituer une post-vérité construite à la simple véracité des faits. Ce n’est pas un hasard si le Pentagone a dépensé 500 millions de dollars pour fabriquer de fausses vidéos djihadistes, et si les Casques Blancs, en Syrie, montaient leur vidéos dans de décors de cinéma.

Quand…

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux
Je vous propose ci-dessous quelques lignes dans l’esprit de celles qu’avait écrites Martin Niemöller qui, elles, sont à lire au bas de ce document.
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Quand ils ont violenté et parqué les migrants dans des camps, je n’ai rien dit, je n’étais pas migrant…
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Quand ils ont condamné à de la prison ferme des syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste…

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Quand ils ont contraint les lanceurs d’alerte à vivre dans la peur d’être réveillés au petit matin par une armée de Robocops, je n’ai rien dit, je n’étais pas lanceur d’alerte…
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Quand ils ont imposé aux salarié-e-s un retour aux conditions du XIXe siècle, je n’ai rien dit, j’étais fonctionnaire…
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Quand ils ont supprimé le statut de la fonction publique, je n’ai rien dit, je travaillais dans le privé…
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Quand ils ont imposé aux chômeurs d’accepter n’importe quel emploi à n’importe quel salaire, je n’ai rien dit, j’avais un travail…
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Quand ils ont montré du doigt et harcelé les fraudeurs aux aides sociales, je n’ai rien dit car ces gens-là abusaient du système…
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Quand ils ont laissé tranquilles les fraudeurs fiscaux, les évadés fiscaux et les professionnels de l’optimisation fiscale, je n’ai rien dit, ces gens-là sont intouchables et puis moi je ne les connais pas alors que je connais quelques chômeurs parasites…
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Quand ils ont soumis la politique à l’économie, je n’ai rien dit, les économistes à la télé disaient que c’était cela qui nous sauverait…
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Quand ils ont transformé le régime d’économie mixte appliqué en France depuis la Libération en économie financière et de casino, je n’ai rien dit, le capitalisme était le seul système viable puisque l’alternative communiste avait échoué…
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Quand ils ont assimilé tous les “Arabes” aux terroristes islamistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas “Arabe” ou musulman…
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Quand ils ont transformé l’état d’urgence provisoire en état permanent, je n’ai rien dit, j’avais peur des terroristes…
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Quand ils ont imposé des restrictions massives des droits et libertés, je n’ai rien dit, j’ai toujours pensé que la sécurité était la première des libertés et que pour la garantir, il fallait accepter des restrictions…
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Quand ils ont effacé les frontières pour imposer la mondialisation, je n’ai rien dit, je n’étais pas nationaliste…
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Quand ils ont vassalisé la France, je n’ai rien dit, je me foutais de “l’Hexagone”…
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Quand ils ont vendu à la découpe l’industrie de défense, je n’ai rien dit, j’étais antimilitariste…
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Quand ils ont transféré le contrôle de la force de dissuasion française au commandant en chef de l’OTAN, je n’ai rien dit, j’étais hostile à cette arme de destruction massive…
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Quand ils ont remplacé le franc par l’euro, je n’ai rien dit et je me suis même réjoui car ça allait simplifier mes achats lorsque j’irais à l’étranger…
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Lorsqu’ils ont fondé l’Union européenne, je n‘ai rien dit, j’étais pour la paix en Europe…
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Lorsqu’ils ont réintégré la France dans l’OTAN, je n’ai rien dit car à la télé, à la radio et dans la presse, ils disaient que les Russes nous menaçaient…
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Lorsqu’ils ont fait revenir les forces armées des États-Unis dans des bases militaires sur notre territoire, je n’ai rien dit, on a une trop grosse dette envers les Américains depuis 1944…
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Lorsqu’ils ont mis en application le TAFTA et le TISA, je n’ai rien dit, car il paraît que seuls des anti-Américains primaires et des fossiles gauchistes s’y opposaient…
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Quand ils ont transféré à Bruxelles les derniers pouvoirs régaliens de la France (Affaires étrangères, Défense et justice), je n’ai rien dit, la France est un trop petit pays pour survivre dans la mondialisation…
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Quand ils ont prorogé de dix ans le fonctionnement des centrales nucléaires françaises, je n’ai rien dit, je ne voulais pas revenir au temps de la bougie…
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Etc. etc.
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Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester

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Éléments de biographie issus du Huffington Post

Martin Niemöller (14 janvier 1892 – 6 mars 1984) est un pasteur et théologien allemand. Il combat lors de la Première Guerre mondiale.
Après celle-ci, bouleversé par les horreurs qu’il a vécu, il s’oriente vers la théologie et devient pasteur.
Il admire le régime hitlérien à ses débuts, mais quand celui-ci veut soumettre l’église allemande, Martin Niemöller demande à tous les pasteurs qui ne veulent pas accepter l’idéologie nazie de se rassembler afin de créer le Pfarrernotbund (Ligue d’urgence des pasteurs).
Cette organisation respecte et défend la profession de foi de l’Église Réformée et les principes de tolérance de la Bible.
À la fin de 1933, six mille pasteurs (plus d’un tiers des pasteurs protestants) ont rejoint l’organisation. Le Pfarrernotbund reçoit également le soutien de protestants de l’étranger.
L’organisation adresse alors au synode une lettre dénonçant les persécutions dont sont victimes les juifs et les pasteurs qui ne veulent pas se plier aux ordres des nazis.
En représailles, Martin Niemöller est déchu de ses fonctions de pasteur. La plupart de ses paroissiens lui restant fidèles, il continue d’assurer son ministère.
Arrêté en 1937, il est interné au camp de concentration de Sachsenhausen. En 1941 il est transféré au camp de Dachau. Libéré en 1945, il devient militant pacifiste et consacre le reste de sa vie à la reconstruction de l’Église protestante d’Allemagne.

Quelques propos de Jean-Luc Mélenchon à « On n’est pas couchés » du 20 février 2016

Propos retranscrits par Vincent Christophe Le Roux

Jean-Luc Mélenchon : Tout ça, c’est un nid de serpents. On n’est pas de braves camarades qui nous tapons dans le dos. C’est pas vrai !

Cette histoire a commencé sans crier gare par le fait que « mes alliés », après qu’on se soit traînés et effondrés dans le ridicule pendant trois élections, avec nos stratégies à la noix auxquelles personne ne comprenait rien pour savoir avec qui on était alliés, vous vous souvenez de cet épisode, on ne savait même plus comment on s’appelait… On se vautre trois fois de suite et arrive à la présidentielle, par quoi on commence ? La carabistouille ! » [La primaire avec Hollande et Cohn-Bendit]

Jean-Luc Mélenchon : Faut que je me taise sur l’Europe, faut que je me taise sur la planification écologique, faut que je me taise sur la 5e République, bref, si je voulais bien cesser d’être Mélenchon, je serais un Mélenchon acceptable. Eh ben non !

Léa Salamé accuse Jean-Luc Mélenchon d’être « égoïste » pour « ne pas avoir fait monter de successeur. Y’a pas de successeur à Mélenchon affirme-t-elle !

Jean-Luc Mélenchon :  Vous avez tort ! Des successeurs, y’en a ! Mais vous m’obligez à dire quelque chose qui relève de l’intime. Autour de moi, il y a une équipe nombreuse (…) et il y avait, parmi eux, un être spécialement brillant (JLM s’étrangle) qui était mon complice dans l’action politique pendant dix ans. Il était plus jeune que moi et il est mort l’année dernière. Cet homme-là, à mes yeux, représentait la suite. C’était une espèce d’incarnation. Il y a toujours une difficulté à citer un nom parce que ça peut être blessant pour les autres camarades. Voilà, c’était ça mon idée Madame Salamé. J’ai eu cette illusion mégalomaniaque de croire qu’on peut tout maîtriser, y compris le temps ! Et je m’apprêtais à consacrer mon énergie, à écrire et à penser, sur un thème qui est celui de la révolution citoyenne, la rénovation du matérialise historique, c’est ça qui me passionnait. Et il a fallu tout d’un coup regarder autour de soi et… Ça va vous paraître prétentieux ce que je vais vous dire mais alors je me suis dit : Mais QUI va continuer ça ? Qui ne soit pas un combinard… Qui ne soit pas quelqu’un qui va tenter de s’arranger… Qui, à la fin, termine comme tous ces misérables, à se traîner pour un siège, à vendre père et mère pour ça !

Jean-Luc Mélenchon : J’ai toujours tout pris en ouvrant les portes à coup de pied !

Léa Salamé : Pourquoi il n’y en a pas un [parmi vos proches] que vous présentez à la présidentielle ? [au lieu d’y aller vous-même]

Jean-Luc Mélenchon : Parce qu’aucun ne s’est senti en état de le faire !

Je vous l’avais déjà dit dans je ne sais plus quelle émission et je vous le redis ce soir : je ne serai jamais un obstacle ! Moi ma personne ! Mais à une condition : il faut tenir bon ! Et tenir bon sur les choses sur lesquelles on s’est engagés ! »

Nos intérêts [à nous les Français] c’est que la guerre [en Syrie] s’arrête. Vite ! Vite ! Vite !

Léa Salamé : « Pourquoi vous dîtes pas qu’il faut laisser Poutine régler le problème [de DAECH], on se retire et on donne la Syrie à Poutine ? »

Jean-Luc Mélenchon : Mais non ! Non ! Non ! Il ne peut pas être question de laisser Poutine régler le problème ! Parce que je ne suis pas non plus d’accord pour que Poutine règle [seul] le problème ! Je suis pour que l’ONU règle le problème ! (…) Je ne soutiens qu’une seule chose : le retour rapide à la paix.

Sur la monnaie :

Jean-Luc Mélenchon : L’euro est une monnaie unique, la monnaie qu’ont proposé les Chinois – mais pas qu’eux d’ailleurs car il y a aussi bien des économistes français – serait une monnaie commune de référence. Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui, la monnaie commune de référence, c’est le dollar. Et les États-Unis d’Amérique impriment des dollars tant qu’ils veulent et personne n’a rien à dire. Et ils ont inondé la planète d’une masse de papelards qui crée des bulles financières qui explosent à intervalles réguliers sur des incidents comme les subprimes. Demain, ça peut être sur la dette étudiante ou je ne sais quoi. Donc les Chinois disent : vous êtes bien gentils mais on a déjà rempli nos coffres avec des titres de dette américains, on a des dollars partout, on voudrait quand même, pas tous les jours, que ça nous explose sous les fesses. Donc ils proposent une monnaie commune* et à nous, les Français, c’est notre intérêt que ce ne soit plus le dollar la monnaie de réserve !

Alors là, vous m’avez dit : Les Américains ne sont pas d’accord. Eh bien justement, c’est un problème qu’on ne puisse faire dans ce monde que ce avec quoi les Américains sont d’accord ! Surtout qu’ils s’attribuent le privilège de battre monnaie pour la terre entière et de ficher la pagaille partout ! Et de défendre leur position qui est intenable économiquement par le fait que c’est la première puissance militaire du monde.

Si vous voulez que cet ordre absurde du monde cesse, il faut y aller doucement. Il y a une méthode qui est violente : vous faîtes sauter le système de l’intérieur ! Nous avons tous les moyens de faire sauter le système. Vous savez ? Il y a cinq banques systémiques en France. Ça veut dire que si une saute, c’est tout le système qui saute ! On a les moyens de faire sauter le système, ça c’est la méthode brutale.

Vous avez la méthode sauvage : la bulle éclate et tout le monde court partout comme des poulets effarouchés pour essayer de rattraper le truc !

Et puis, vous avez la méthode civilisée : on y va mollo, on crée une monnaie commune, on change chaque monnaie dans la valeur de la monnaie commune et petit à petit on a un étalon commun raisonnable. Moi, je préfère les solutions raisonnables à la destruction généralisée. Je n’aime pas le chaos ! Je crois que je ne suis pas le seul sur terre à pas aimer le chaos !

* une nouvelle monnaie commune mondiale qui servirait de référence en lieu et place du dollar qui ne vaut rien en-dehors de la fiction monétaire

Ne désespérons pas du peuple états-unien…

Je suis allé me balader sur un fil de commentaires sur la page de Bernie Sanders. On y trouve des soutiens classiques, des soutiens qui ressemblent à des groupies, de très gros connards qui viennent baver leur merde antisocialiste, anticommuniste et pro-capitaliste, des gens qui espèrent un renouveau sans trop y croire et quelques « gauchistes ».

Oui, j’ai lu des propos de l’ordre de ce que je dis moi-même ou que l’on entend dans la Gauche radicale française. J’ai lu par exemple de la part de plusieurs Américains :

  • qu’il ne se passerait rien aux États-Unis tant que les Américains « ordinaires » ne reprendraient pas le pouvoir sur leur Congrès et tant que le peuple d’en bas se contenterait de voter tous les 4 ans sans exercer ensuite une pression puissante sur leurs élus,
  • que la révolution humaniste ne pourrait avoir lieu tant que le pouvoir des medias est ce qu’il est et tant que les candidats élus seront largement financés par Wall Street ou que les principaux postes de pouvoir autour du Président seront donnés à des banquiers ou à des gens qui incarnent les intérêts des multinationales,
  • que les États-Unis seront toujours une nation guerrière tant que les postes du Secrétaire d’État, du Secrétaire à la Défense et du conseiller à la Sécurité Nationale seraient attribués à des faucons adeptes de la théorie de la puissance et de la guerre nécessaire et que le peuple ordinaire se laissera aussi facilement manipuler qu’il l’a été si souvent pour accepter ou même « vouloir » la guerre contre tel ou tel ennemi,
  • que ce pays sera toujours haï par le monde et à juste titre tant que la puissance de l’État sera mise au service exclusif de quelques-uns et qu’elle se manifestera au détriment du grand nombre à l’intérieur (la misère et la pauvreté qui prennent des proportions inimaginables) comme à l’extérieur (avec toutes les souffrances résultant des guerres que mènent les États-Unis, parfois par groupes terroristes interposés).

Déjà, rien que ces arguments-là montrent que certains Américains ordinaires sont bien conscients des problèmes et semblent vouloir agir ensemble pour les résoudre. Et puis je suis tombé sur un message prônant une nouvelle constitution pour les États-Unis qui garantisse vraiment les droits du peuple et surtout son pouvoir d’intervention souveraine directe au niveau fédéral. Ouah ! Là c’est du lourd pour les Américains puisqu’on nous dit tout le temps qu’ils sacralisent leur constitution. Manifestement pas tous ! Quelques-uns ont compris que leur texte fondamental est nettement insuffisant pour établir une démocratie moderne… Quelques messages à la suite de celui-là semblaient acquiescer.

Si vraiment des Américains osent aujourd’hui parler ainsi et défendre une « révolution » de ce type dans leur pays, il y a peut-être matière à ne pas désespérer de ce peuple… Certes ils auront à affronter sans aucun doute le pire système policier et militaire au monde mais quand un peuple se lève, rien ni personne ne peut s’opposer à lui.

Bernie Sanders ne sera pas celui qui fera la révolution car « on » ne le laissera pas la faire, mais je crois qu’il agit comme un éveilleur des consciences, après qu’Obama ait un peu agi en ce sens pendant sa campagne de 2008. Il rend moins improbable un profond changement de mentalités aux États-Unis car il aide les Américains à se forger une nouvelle conscience politique, beaucoup plus en phase avec l’humanisme, décliné dans tous les secteurs de l’action publique, économique, sociale, culturelle, éducationnelle, diplomatique…

Si Bernie Sanders parvenait déjà à battre Hillary Clinton au terme de la Primaire, ce serait une petite révolution. Si cela se produisait, ce serait une terrible humiliation pour l’ex Première Dame, déjà battue en 2008 par Obama. Mais ce serait un signe très clair que le peuple américain a basculé à gauche et pas dans cette gauche façon PS français des Démocrates habituels. Ce serait panique à bord généralisée dans les allées de tous les pouvoirs, économiques, politiques, mediatiques, et dans cet « État profond » qui tient tout. Alors ce dernier ferait sans aucun doute jouer ses tueurs. Pour que Sanders ne soit pas élu. Si Sanders était vainqueur de la primaire (à condition déjà qu’on le laisse aller jusque là), je ne crois pas une seconde qu’on le laisse aller jusqu’à l’élection générale et que les diables en coulisses prennent le risque de devoir faire disparaître un Président élu. Non ! Il arriverait à Sanders ce qui est arrivé à Bobby Kennedy assassiné en 1968, le soir même de sa victoire à la primaire de Californie qui lui ouvrait la route vers la désignation au nom du Parti démocrate et ensuite vers la Présidence. RFK a été abattu pendant la phase des primaires, avant même qu’il ne soit désigné par le Parti démocrate comme candidat à la présidentielle. Les acteurs du complot ne pouvaient le laisser aller plus loin car Bobby, bien plus que son frère John, lui aussi assassiné 5 ans plus tôt, était en train de faire chavirer l’Amérique dans une tout autre direction que celle souhaitée par les puissances de l’ombre et il fallait stopper immédiatement ce phénomène.

On a cru, en 2008, qu’avec Obama, se renouvelait ce phénomène mais lui a été élu, lui n’a pas été assassiné et lui a été docile envers les puissances de l’ombre. Il n’a rien fait de ce qu’il avait promis et a fait exactement ce que ces puissances voulaient. Du coup, il est toujours là puisqu’il ne menace en rien les oligarchies régnantes. Il est facile d’ailleurs de lui faire comprendre qu’il a intérêt à ne pas trop menacer le système. Une belle épouse, deux petites filles adorables… Vous saisissez ? Et puis, avec son Vice-président Biden, comme avec Lyndon Baines Johnson en 1963, « ils » ont déjà leur homme dans la place si des fois Obama avait la moindre velléité de forcer son destin au cours de la dernière année de son mandat.

Celui ou celle qui veut vraiment contribuer à changer l’Amérique dans le sens du progrès pour tous et de la paix, mieux vaut qu’il soit une personne n’attendant plus rien de la vie, sans enfants et sans famille qui puisse être menacée par les salopards de l’ombre car si cette personne peut être mise dans une situation où elle doit choisir entre la survie de ses proches et le maintien de ses projets de décisions révolutionnaires, inutile de se demander dans quel sens elle penchera. Je pense même que le ou la Présidente qui veut changer l’Amérique devra avoir totalement intégré le risque d’y passer à coup sûr… Et il ou elle devra prendre à témoin le peuple et l’impliquer directement dès son élection, pour que les révolutions envisagées soient appuyées par le peuple et que ce peuple soit éveillé de telle manière que le jour du drame (l’assassinat de leur Président), ils ne croient plus à l’acte isolé d’un fou mais saisissent ce qui se sera joué une fois de plus…

Bientôt les « boys » de retour sur le sol français ?

Le Président de la République, François Hollande, s’apprête à autoriser les légions de l’Empire états-unien à revenir s’installer dans des bases militaires sur le sol de la République française alors que le général De Gaulle les en avait éjectées en 1966, dans une décision courageuse et géniale qui était en quelque sorte une déclaration d’indépendance.

De l’extrême gauche à la droite “gaulliste” en passant par presque toutes les nuances de la gauche et de la droite, nous savons à quel point les États-Unis sont un empire malfaisant, fauteur de guerres ouvertes et larvées au seul bénéfice de leur caste oligarchique et ce depuis plus de 200 ans qu’ils existent.

L’opinion du peuple français est très largement hostile à cette puissance belliciste. C’est pourquoi la décision de 1966 ne provoqua d’émoi que dans les sphères atlantistes, c’est-à-dire dans ces allées du pouvoir qui n’avaient pas été entièrement épurées après l’épisode de Vichy.

Cette puissance souvent ouvertement malfaisante est aussi, en coulisse, via sa CIA et la galaxie de l’État profond, l’organisateur, le facilitateur et le logisticien de centaines, voire de milliers, de coups d’État et d’assassinats de dirigeants dans le monde entier depuis au moins 70 ans !

Les guerres menées par les États-Unis, depuis les génocidaires “guerres indiennes”, ont causé la mort de dizaines, voire de centaines de millions de personnes depuis que cet État voyou et terroriste existe sur la scène mondiale.

En outre, l’alliance de poids et de longue date entre les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite pour ne citer que ces deux alliés-là, font que ces trois puissances menacent en permanence la paix du monde. Mais ces menaces ne sont pas que des menaces puisque depuis des décennies, la guerre est permanente avec des conflits ouverts en tel ou tel endroit du monde.

De Gaulle savait pourquoi il avait exigé le départ des forces armées américaines de notre sol et le retrait simultané de la France du commandement intégré de l’OTAN. En faisant cela et en ayant doté notre pays d’une force de dissuasion nucléaire autonome, il nous a protégés de toute agression venue de l’Empire, comme il nous a protégés de toute vassalisation. Mais après son départ, dès Pompidou, la politique diplomatique française a recommencé à s’assouplir vis-à-vis des États-Unis et à être beaucoup plus accommodante avec les caprices et les folies guerrières et impériales des État-Unis.

Chirac sut maintenir, pendant sa présidence de 12 ans, une certaine flamme française autonome comme en témoignent deux décisions très mal vécues par les dirigeants états-uniens:

1/ d’une part le refus que Chirac (alors Premier ministre de la première cohabitation) a opposé au Président Reagan en 1986 quand le Président des États-Unis a demandé à la France de pouvoir survoler notre territoire à l’occasion de l’expédition punitive contre la Libye de Kadhafi.

2/ d’autre part, bien sûr, le refus de soutenir la guerre en Irak de Bush fils et le combat diplomatique que la France mena alors pour convaincre nombre de pays, notamment d’Afrique, de refuser de voter à l’ONU la résolution présentée par les États-Unis. On se souvient de la grandeur de notre pays incarné alors par le ministre des Affaires étrangères du moment, Dominique de Villepin.

Pendant ces années où la France disait “Non” aux États-Unis, toute une série de leaders défilaient à l’ambassade des États-Unis à Paris pour dire tout leur mépris de “l’arrogance française” et leur soutien aux positions des États-Unis. Parmi ces gens, il y en avait qui étaient dans des fonctions de pouvoir et cela fait que leurs actes sont donc constitutifs du crime de haute trahison (certes opportunément supprimé de la constitution française par Sarkozy devenu Président de la République en 2007). Lui, justement, fut de ces traîtres à la “patrie républicaine des Français” pour reprendre une expression chère à Jean-Luc Mélenchon. Mais il était un parmi beaucoup, beaucoup d’autres. Ces Atlantistes et ces traîtres pullulaient par exemple au P.S. Un certain Pierre Moscovici en fut avec pas mal d’autres “socialistes”…

Cette flamme française qui brûlait indépendamment des volontés impériales et guerrières états-uniennes, c’est Sarkozy devenu Président qui l’a éteinte.

Et c’est Hollande qui, après avoir fait, à son tour, acte de subordination dès le lendemain de son élection à la Présidence de la République française (on se souvient avec rage et dégoût de son voyage à Washington pour le sommet de l’OTAN), est sur le point d’effacer totalement l’indépendance française, déjà largement entamée tant sont nombreuses et béantes les entailles à notre souveraineté.

Quand on examine aujourd’hui la situation globale, avec ce que nous fait déjà subir l’Union européenne, et avec la menace de plus en plus proche de vivre l’immense régression qu’engendreront le TAFTA et les autres traités du même ordre en cours de discussion, si en plus les forces armées de l’Empire malfaisant reviennent durablement sur le sol français, cette fois, nous serons devenus pour de bon un simple dominion qui n’aura même plus les pouvoirs d’un État fédéré des États-Unis.

Là franchement je commence à avoir la trouille !

C’est le peuple français tout entier – et pas seulement une fraction, un parti ou un clan politique – qui va devoir se lever pour de bon ! L’heure est gravissime !

Il va vraiment falloir refonder un nouveau CONSEIL DE LA RÉSISTANCE ET DE LA RECONQUÊTE !

Post-scriptum: Nous sommes le peuple souverain et seul ce que nous avons adopté par référendum peut être valable. Tout ce que l’on nous impose depuis des années, fusse par des voies “légales”, sera, en son temps, déclaré comme “nul et non avenu” car ce que le peuple a décidé, seul le peuple peut décider de le défaire. Par exemple, bien que la constitution ait été expurgée du crime de “haute trahison”, comme le peuple français n’a pas eu à se prononcer sur ce point, il n’a pas autorisé cette suppression alors qu’en 1958 il avait très largement approuvé la constitution qui le prévoyait. Donc, nous considérons que cette disposition constitutionnelle d’ordre pénal vaut toujours. Je suis juriste et je n’ignore pas le principe fondamental de la légalité des délits et des peines selon lequel une personne ne peut être jugée et condamnée que pour un acte qui, au moment où il a été commis, était puni par la loi. Ce principe s’oppose donc, a priori, à la possibilité qu’aurait le peuple français de juger et de punir un dirigeant pour crime de haute trahison pour des faits commis depuis que cette incrimination a disparu de la constitution. Sauf qu’aucun principe, fut-il fondamental, ne saurait contraindre le peuple. Lui seul est souverain et si le principe en question s’oppose à sa volonté, c’est le principe qui sera écarté ou à tout le moins refondé.

Que les dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain (jusqu’à ce que nous ayons repris entièrement notre pouvoir souverain) sachent que rien ne les mettra à l’abri de notre courroux et du fait qu’ils auront à rendre compte, indépendamment de tous les artifices juridiques qu’ils peuvent mettre en oeuvre pour se protéger.

*

Sources documentaires

Article dans RT

Article dans Causeur

Article dans le Figaro

Article dans L’Humanité

Article du PRCF* sur Agoravox (PRCF : Pôle de Renaissance Communiste en France ; leur site ; leur page Facebook)

Article d’Hélène Nouaille sur le blog de Lucien Pons

Article du parti UPR (Union Populaire Républicaine)

Nous, peuple français, n’avons pas peur ! À vous autres, adeptes et acteurs du choc des civilisations, d’avoir peur !

Manuel Valls, tel un sous-produit de George « W » BUSH, disait, au lendemain de la tuerie à laquelle nous avons assisté, pétrifiés, qu’ « il y aurait un avant et un après 7 janvier ». Facile ! Même pas un propos inédit ! Aucune création originale ! Notre médiocre Premier ministre, caudillo en devenir, n’a montré là qu’une capacité à reproduire, sans talent, ce qui a été initié par d’autres, bien avant lui. Le Premier ministre s’est montré tel qu’il est : incapable d’innover, d’inventer, de dépasser ses prédécesseurs ou ses homologues et congénères de France ou d’ailleurs, d’aujourd’hui ou d’hier. Il a montré ses limites, bien vite atteintes. Loin d’être un chef de gouvernement à la hauteur de sa responsabilité, il n’a pu que se parer des atours élimés du plus mauvais plagiaire, celui qui ne fait même pas illusion, nulle part.

Du moment que je considère que la tuerie n’est pas un acte de fondamentalisme religieux, ou, à tout le moins, qu’elle n’est pas que ça, je considère qu’elle avait, pour ceux qui l’ont commanditée, le même but que le 11 Septembre : saisir l’opinion, la prostrer dans la stupeur, l’effroi, l’abattement. Pour l’empêcher de penser, de réfléchir, d’analyser et d’avoir une chance de comprendre ce qui se passe, et faire en sorte que les autorités en place puissent :
1°/ imposer leur camelote liberticide sans contestation aucune,
2°/ « dans l’intérêt de la France », participer plus activement à la « guerre contre le terrorisme » et officialiser enfin un rattachement, bien plus net encore qu’il n’existe aujourd’hui, aux États-Unis d’Amérique, puissance qui donne le tempo au monde depuis des décennies mais qui a du mal à s’imposer pour de bon chez nous,
3°/ adopter puis ratifier sans opposition le TAFTA, avant le TISA qui suivra et sans doute d’autres « accords » du même genre.

Là où je suis satisfait, et un peu rassuré, c’est qu’il semble que le peuple français ne soit pas jumeau du peuple américain. Je veux dire par là qu’au lendemain du 11 Septembre, le peuple états-unien a marché, comme un seul homme, derrière son Président et son armée, totalement abruti qu’il a été par tous les medias et tous les pouvoirs, sans qu’aucun des célèbres contrepouvoirs n’assume aucune de ses responsabilités. Je dis ça parce que les manifestations de ces derniers jours semblent indiquer, au contraire des Etats-Uniens, que le peuple français n’est ni prostré, ni abattu. Choqué, écoeuré, fou de colère et de douleur, inquiet, il l’est sans aucun doute. Mais au moins, lui, est debout et pas couché devant son gouvernement.

Cela dit, les deux drames sont d’ampleur tellement incomparable que l’on ne peut tirer de leçon absolue et définitive sur ce point. Imaginez si la France subissait un attentat qui soit identique au 11 Septembre, proportionnellement à sa population. Il y avait près de 281 422 000 habitants aux États-Unis en 2001 et il y eut près de 3000 morts dans les attaques du 11 Septembre. Rapporté à la population actuelle de la France, 66 millions d’habitants, cela veut dire que nous assisterions à la mort violente de près de 700 personnes en une seule journée. Je crains fort qu’une telle horreur, si elle devait se produire un jour, aurait des effets de « choc et de stupeur » bien plus profonds que la disparition d’une vingtaine de personnes, fussent-elles déifiées aujourd’hui.

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit refuser les vérités officielles et médiatiques et être attentif à ce qui se dit autour de lui, sans jeter le discrédit et l’opprobre sur les sceptiques qui ne croient pas aux explications trop simples des autorités ou des medias qui, rappelez-vous, ne sont que l’outil de propagande du pouvoir, c’est-à-dire de ceux qui détiennent le pouvoir réel dans la société.

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit rester sur ses gardes vis-à-vis du gouvernement (autant par rapport à celui-ci que par rapport aux prochains qui lui succèderont).

PLUS QUE JAMAIS, le peuple français doit se rassembler, pas dans une « unité nationale » politicienne et qui ne servirait que les intérêts des maîtres et des oligarques, mais dans un rassemblement du peuple de l’essence du « Conseil national de la résistance » qui fut une forme puissante de lutte des classes. Le CNR, en étant une résistance à l’occupant puis au « capitalisme du désastre » qui avait mené à la guerre, est la force politique et citoyenne qui renversa la table et fit bouger le curseur du rapport de force en redonnant la primauté au peuple à travers ses représentants tandis que les oligarques et les capitalistes étaient bien tenus en respect. Certes, on peut toujours considérer que son oeuvre fut inachevée, qu’il aurait dû faire plus et mieux. Mais ce qu’il fit fut déjà immense, surtout lorsqu’on le compare à ce que nous avons aujourd’hui. Beaucoup de cette oeuvre fut détruit depuis des années, méthodiquement. Il s’agit pour nous aujourd’hui de commencer par reconstruire ce qui a été abattu avant d’aller plus loin que ne l’avaient fait les acteurs du CNR. C’est toujours une forme de lutte des classes. Pas au sens où une moitié du pays imposerait sa loi à l’autre. Mais au sens où l’immense majorité du peuple de ce pays imposera sa loi à cette toute petite minorité qui se comporte comme une nuée de criquets, dévastant tout sur son passage puis, une fois que plus rien ne reste, s’en allant dévaster un autre lieu.

Je lis souvent une opposition entre tenants du « rassemblement » et tenants de la « lutte des classes », les deux étant incompatibles aux yeux des deux « factions… Quelle gigantesque connerie !

La « lutte des classes », c’est le « rassemblement » du peuple contre les voleurs et les escrocs des sommets du pouvoir économique, social et politique. Le peuple, c’est 99% de la population et les intérêts de ces 99% sont très proches. Et ces intérêts-là n’ont rien à voir avec ceux du 1% restant. Certes, toutes les minorités méritent de vivre et d’être respectées, ont des droits,  et ne sauraient, pour la seule raison qu’elles sont « minorités », être maintenues dans l’asservissement. Ce n’est pas l’humaniste et l’homme de gauche que je suis qui dira le contraire. Mais aucune minorité ne saurait imposer sa loi contre l’intérêt général. Or, c’est exactement à cela que nous assistons depuis les années 70. C’est exactement cela que nous subissons depuis les années 70. Cette minorité du 1% du peuple Français, la plus nantie, impose sa loi d’airain à tous, avec le consentement plus ou moins bien accepté des 99%.

Quand je disais, plus haut, que nous devons, collectivement, être « attentifs » et « rester sur nos gardes », j’ai ajouté immédiatement « vis-à-vis du gouvernement » car ça ne veut certainement pas dire que la population doit se méfier de tout et de tout le monde en général, de quelques-uns d’entre nous en particulier, si vous voyez ce que je veux dire… Il n’est pas question que soient ciblés et inquiétés ceux qui n’auraient pas la « bonne » couleur (la France n’est pas une population d’une couleur prédéterminée), pas le « bon » patronyme (la France n’est pas une population dont les noms de famille ou les prénoms ne devraient être qu’issus d’un almanach datant de plusieurs siècles), qui ne pratiqueraient pas la « bonne » religion (il n’y a aucune « bonne » religion en République laïque), qui ne vivraient pas à la « bonne » adresse (le lieu de vie ne fait pas partie des éléments discriminants que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen admet implicitement quand elle stipule que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune »), ou qui feraient des choix de vie différents de tel ou tel autre Français se croyant en droit d’imposer ses vues aux autres. Cet esprit de division et de discrimination -là nous est insufflé depuis trop longtemps et, hélas, je crains que nous le ressentions de plus en plus fortement maintenant. Mais nous le refusons.

Ce n’est pas en raison des actes criminels de quelques assassins que nous devons nous méfier et considérer comme suspecte, voire ennemie de l’intérieur, toute une population qui leur serait assimilée pour des motifs de proximité prétendue alors que seuls des racistes, des xénophobes, des ratatinés du bulbe ou des salopards intéressés à de noirs desseins contre notre contrat social et notre vivre-ensemble décrivent comme telle. Jamais la foule des chrétiens n’a été mise en cause pour les actes criminels de quelques-uns d’entre eux. Jamais la foule des blancs n’a été incriminée pour les actes criminels de quelques blancs. Jamais la foule des policiers n’a été incriminée pour les bavures de tel ou tel policier. Jamais une armée entière n’a été incriminée pour les actes criminels de tel ou tel soldat. On peut continuer ce genre de propos avec d’autres exemples. Ils abondent. Il va sans dire que la mise à l’index, ouvertement ou de manière détournée, que ce soit en l’assumant ou en faisant, malhonnêtement, semblant de dire le contraire du message subliminal que l’on diffuse, d’une certaine population s’inscrit clairement à la fois dans le racisme intemporel et dans le très contemporain choc des civilisations.

Nous, peuple français, refusons et l’un et l’autre !

Nous, peuple français, ne sommes pas racistes mais ouverts aux autres, tolérants devant la diversité et convaincus que l’altérité est une chance pour nous tous.

Nous, peuple français, refusons le choc des civilisations que quelques esprits tordus, sous l’influence spirituelle des néoconservateurs états-uniens, veulent importer en France.

Nous, peuple français, allons, collectivement, donner une suite à ces tragiques évènements du 7 janvier 2015. Mais loin de donner une suite antidémocratique, liberticide et belliqueuse à ces évènements, et loin de satisfaire aux rêves malfaisants des fascistes en herbe et de leurs nervis d’un côté, aux intérêts des gouvernants et de leurs mandants (oligarques, capitalistes et puissances impériales étrangères) de l’autre, nous allons reprendre notre destin en mains.

Nous allons remettre notre pays sur la voie du progrès pour tous et oeuvrer, avec d’autres, en Europe et dans le monde, pour que l’humanité chemine vers une harmonie des civilisations plutôt que vers la guerre des civilisations.

La peur ne passera pas par nous pour paraphraser un vieux slogan. Les pouvoirs publics, partout et en tout temps, jouent sur la peur ressentie par les peuples pour asseoir leur pouvoir et celui de ceux pour qui ils agissent, lesquels sont étrangers au peuple. La peur est destinée à nous empêcher de penser, à nous dissuader d’agir, et à nous défier les uns des autres. Nous n’entrerons pas dans cette folie civilisationnelle-là. Le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, lors de son 1er discours d’investiture en mars 1933, en une époque où son pays était au coeur de la « Grande Dépression » succédant au krach de 1929, adressait une supplique à son peuple :

« La seule chose que nous devions redouter, est la peur elle-même !« 

Eh bien nous, citoyens et citoyennes de la République française, nous n’avons pas peur. Ni des illuminés fanatiques, ni des terroristes authentiques ou maquillés, ni des gouvernants, ni de personne.

Vous qui décidez pour nous, depuis l’Élysée, Matignon, le Palais-Bourbon, ou l’hôtel Crillon, le dîner du siècle, Londres, Berlin,  Bruxelles, Washington ou ailleurs, entendez ce cri montant du peuple français, peuple des révoltes et des révolutions :

NOUS N’AVONS PAS PEUR !

Et plus encore, écoutez ce cri du coeur d’un peuple qui va reprendre son destin en mains : NOUS N’AVONS PLUS À VOUS TOLÉRER ET NOUS N’ALLONS PLUS VOUS TOLÉRER.

VOUS, Président de la République,
VOUS, Premier Ministre,
VOUS, Membres du Gouvernement,
VOUS, députés et sénateurs,
VOUS, élus locaux,
VOUS, commissaires européens,
VOUS, députés au Parlement européen,
VOUS, PDG, directeurs, adjoints, membres des conseils d’administration et actionnaires des grandes entreprises,
VOUS, qui que vous soyez, qui agissez contre l’intérêt général, pour vos seuls intérêts ou dans les seuls intérêts très particuliers de vos mandants,

Entendez ce cri : C’EST VOUS, TRÈS BIENTÔT, QUI AUREZ PEUR !

The world on the brink of the catastrophe… Le monde au bord du gouffre !

On lisait et on entendait cela fin octobre 1962, lors de la crise des missiles de Cuba.

Cette formule est redevenue actuelle au regard des évènements en Ukraine. Le monde occidental, États-Unis et Union Européenne en tête, pousse en sous-mains les nazis de Kiev à entraîner la Russie dans une guerre en Europe et l’OTAN est sur le pied de guerre.

Mais on détourne notre attention de ce risque majeur de nouvelle conflagration mondiale, cent ans après le déclenchement de la folie meurtrière de 1914-1918. On nous affole avec l’Ebola. Sans doute un danger aussi infondé que les différentes grippes animales passées… Faire peur aux gens sur un évènement inexistant pour les détourner de l’actualité réelle qui, elle, est bien là. Ce n’est que la mise en oeuvre des principes habituels de désinformation, d’abrutissement des masses. Car on n’agit que contre une menace que l’on croit fondée, pas contre une menace fantôme…

Où trouve-t-on des infos sur ces évènements sources de guerre générale qui ne soient pas de la pure propagande de l’Empire fauteur de troubles depuis 1776 ? Dans des medias alternatifs, sur des blogs et via des analyses non « mainstream ». Sauf qu’il faut être prudents quant aux sources car on trouve aussi n’importe quoi sur le net.

Nous savons que les médias officiels nous désinforment grossièrement. C’est vrai d’une manière générale, mais c’est tout particulièrement vrai s’agissant de la question russo-ukrainienne.

Poutine est désigné comme le Hitler de 2014, le danger pour la paix du monde, l’agresseur, le meurtrier de masse, le génocideur, l’empêcheur de vivre de peuples qui n’aspireraient  qu’à la liberté etc. etc. Mais si Poutine n’est sans doute pas un parangon de démocratie, ni un modèle d’humanisme, il est, dans cette affaire, bien plus respectueux de la paix du monde que d’autres et bien moins oppresseur ou assassin de masse que d’autres.

Même la grande presse commence à distiller l’information que l’avion de la Malaysian Airlines a été abattu NON pas les « pro-Russes » mais bien par un chasseur de la flotte aérienne ukrainienne. C’est donc bien un acte (volontaire ou accidentel) de la part des Ukrainiens. Ce qui inverse la logique qui s’est mise en marche et confirme que les va-t-en guerre sont à l’Ouest (de l’Ukraine et du monde), pas à l’Est (de l’Ukraine et du monde) !

Poutine, lui, fait preuve de la plus grande modération jusqu’à présent. Bien des dirigeants auraient agi militairement depuis des mois s’ils avaient subi ce que Poutine ou la Russie subissent d’humiliation et d’insultes sans compter les massacres de masse que les peuples de l’est de l’Ukraine doivent affronter. Imaginez qu’OBAMA soit traité par la presse de la moitié du monde comme POUTINE l’est depuis des mois… Si vous ne saisissez pas de quoi je parle, recherchez les Unes de la grande presse occidentale depuis des mois. Vous serez édifié !

Mais Poutine qui n’est pas idiot et qui dispose de beaucoup d’informations, notamment sur ce que fait en secret l’Empire, ce qui n’est pas le cas du grand public, a compris qu’on lui tend un piège, que l’on fait tout pour qu’il intervienne militairement et alors l’Empire, l’Union européenne, la « Communauté internationale » jugeront indispensable de lui faire la guerre. Tous ceux-là, préparent déjà, depuis une décennie au moins, son renversement via un coup d’État du type de celui organisé à Kiev. Cette dernière expérience-là, qui a succédé à d’autres dans plusieurs des anciennes républiques de l’URSS, n’était qu’un exercice grandeur nature dans le pays le plus indispensable à la Russie. Imaginez la réaction de Washington si la Russie ait organisé un coup d’État du même genre à Mexico ou à Toronto pour y installer un pouvoir pro-Russe. En fait, on l’a déjà vu, cette réaction américaine, dans un cas similaire ; ce fut à Cuba dans les années 60 : une hystérisation de la situation qui a failli conduire au pire en octobre 1962.

Eh bien, nous revoilà, 50 ans après, plongés dans le même contexte géopolitique où la guerre mondiale est devenue une menace sérieuse. Seul Poutine aujourd’hui nous évite d’y être déjà entrés parce qu’il a refusé de répondre aux provocations de l’Occident. Comme jadis, en octobre 1962, les Russes n’avaient pas réagi de manière hostile à diverses provocations gravissimes de la part des forces armées américaines :

– lancement à titre d’essai d’une fusée de la base californienne de Vandenberg vers l’Ouest et donc vers la Russie ;

– essai nucléaire ;

– manœuvres militaires massives : aériennes, navales et terrestres ;

– mise en alerte « Defcon 2 » (qui compte 5 positions), c’est-à-dire le dernier stade précédant la guerre, stade qui impose par exemple aux bombardiers stratégiques ayant des bombes nucléaires dans leurs soutes de se tenir à proximité immédiate de la Russie et qui débloque certaines mesures de sécurité en vue d’un lancement rapide des missiles en silos ;

Tout cela, les Russes ne pouvaient ignorer et c’était donc une provocation totalement folle qui pouvait conduire les Soviétiques à attaquer les premiers. Mais c’est justement ce que voulaient les généraux américains car ils croyaient que les États-Unis étaient en mesure de « gagner » la guerre, fut-elle nucléaire…

À cette époque, il existait un plan de l’état-major américain qui prévoyait – écoutez bien cela – : une gradation sur plusieurs mois des tensions internationales entre l’Occident et l’URSS ; pendant cette période, l’URSS serait désignée coupable de plusieurs actes criminels d’ampleur croissante afin que le peuple américain et les peuples du monde soient convaincus du danger que représentait l’URSS et donc soient décidés à accepter une guerre entre les deux blocs. Ce plan prévoyait une attaque nucléaire massive préventive de l’URSS. Certes, je n’ai pas lu ce plan moi-même mais beaucoup d’analystes ont écrit sur le sujet. Je les juge crédibles. D’autant plus qu’ayant moi-même beaucoup, beaucoup travaillé depuis 20 ans sur les États-Unis en général, sur la période des années 60 en particulier, je sais que cela est fondé.

Et puis, même si cela défrise les défenseurs indécrottables des États-Unis, il y a le plan Northwoods qui a été rendu public il y a longtemps. Et ce plan écrit noir sur blanc que les États-Unis sont prêts à fabriquer des attentats qu’ils imputent à d’autres (en l’occurrence c’étaient les Cubains de Castro) pour justifier la guerre. Vous qui ignorez tout de ce plan diabolique, lisez le. Le 11 Septembre y est écrit. Ce qui se passe en ce moment y est écrit. Kennedy l’avait refusé mais il a été manifestement mis en application depuis… Plusieurs fois !

Je reviens à Poutine. S’il a décidé des sanctions économiques, ce n’est pas pour « nous faire la guerre » comme l’écrit un auteur qui se perd (Gauche de combat) mais c’est un droit de légitime défense puisque nous, les Occidentaux, avons décidé, les premiers, de sanctionner la Russie en plus de la provoquer et de l’insulter depuis des mois.  Quand on donne des coups, il faut s’attendre à en recevoir en retour. C’est un tempérament d’ado pré-pubère que de frapper quelqu’un et de se plaindre ensuite de sa réaction hostile.

Bien des personnalités respectables, françaises anglaises, allemandes, russes, américaines et autres, ont exprimé leur sentiment d’inquiétude profonde et leur incompréhension des choix diplomatiques, géopolitiques et stratégiques faits depuis quelques mois par les Occidentaux. Mais leur voix est étouffée. Parce qu’à Washington, on veut la guerre. Car la guerre serait la seule chance de maintenir le système capitaliste. Peu importe que meurent des millions de personnes, peu importe que des centaines voire des milliers, de villes soient détruites, peu importe que des populations soient décimées…si les maîtres, qui, eux, seront à l’abri, peuvent survivre sur un champ de ruines. Les banquiers américains ont eu 50 ans de prospérité au lendemain de la Seconde guerre mondiale…

Le cercle des économistes sous la direction d’un certain Lorenzi avait publié « La guerre des capitalismes aura lieu » en avril 2008.

Nous y sommes presque…

 

Justifier la guerre et conduire son opinion à l’accepter. Les cas d’école des États-Unis.

Les dirigeants américains ont toujours fait la guerre sous de faux prétextes. Le peuple américain a toujours accepté d’entrer en guerre seulement après avoir été convaincu qu’une puissance malfaisante les avait agressés. La plupart du temps, les agressions étaient inexistantes ou fabriquées. On appelle cela des « false flag » ou opérations sous fausse bannière. Ou si elles n’étaient pas fabriquées, les autorités qui connaissaient les menaces et étaient en situation d’empêcher qu’elles ne se concrétisent, ont laissé faire car cela servait leurs desseins. Depuis 1776, ce sont une série de telles manipulations du peuple qui ont justifié les guerres de l’Empire. Les plus révélatrices furent bien sûr l’affaire du USS Maine au XIXe siècle justifiant la guerre contre l’Espagne, Pearl Harbor en 1941 et le 11 Septembre. Soyez surs que les docteurs Folamour s’agitent depuis quelques années en coulisses et préparent un « Big One » à côté duquel le 11/9 ne sera qu’un incident négligeable. Et les tensions croissantes avec la Russie indiquent clairement de quel côté « l’agresseur » sera cette fois.

Je ne voudrais pas vous assommer de mes intuitions terrifiantes mais attendez-vous à l’inimaginable. Genre un missile à tête nucléaire, chimique ou bactériologique forcément tiré de Russie et par des Russes qui tomberait sur une ville américaine. Les Américains n’ont eu aucun scrupule à laisser tuer 3000 marins le 7 décembre 1941 ni à laisser massacrer 3000 civils le 11 Septembre (ils ont peut-être même activement participé à cette diabolique opération de terrorisme). On a alors franchi un seuil dans l’horreur et dans l’indicible. La prochaine fois, ce sera une autre échelle…

Stratégiquement parlant, les forces américaines n’ont pas été amoindries le 7 décembre 1941 et elles ne l’ont pas été davantage le 11 Septembre. Par contre, elles ont été en revanche très largement renforcées ensuite…

Qu’une ville américaine (ou plusieurs) subisse(nt) prochainement le feu nucléaire ou une attaque chimique ou bactériologique ne nuira pas aux forces américaines mais provoquera, UNE FOIS DE PLUS, un tel état de stupeur et d’hébètement dans l’opinion que celle-ci justifiera TOUT, fut-ce même l’indicible.

Comprenez bien que les dirigeants américains ne font pas la guerre contre leur opinion. Ils ne l’ont jamais fait. Ils ont toujours agi APRÈS que celle-ci les ait poussé à la guerre suite à un « jour d »infamie ». Un attentat d’ampleur jamais vue ni imaginée autrement que dans les têtes des montres qui s’agitent à Washington, une attaque d’une perversité et d’une « efficacité » meurtrière inégalée amenant le peuple américain à se liguer derrière ses chefs et à faire la guerre, voilà ce qui va se produire si nous ne faisons rien pour court-circuiter d’urgence ce jeu d’échecs mortel.

L’Histoire nous enseigne très souvent l’avenir. « Le passé n’est qu’un prologue » disait SHAKESPEARE.

THUCYDIDE, le grand historien de la Grèce antique, rappelait : « Celui qui ignore son histoire est condamné à la revivre. »

 

Du discours du Prado de Jean-Luc Mélenchon et de la question européenne…

J’ai lu, sur un fil, un de mes contacts faire des remarques (tout à fait respectueuses et s’inscrivant dans un débat serein) à propos du discours du Prado de Jean-Luc Mélenchon (axé sur les liens à développer entre les peuples du Maghreb  et le peuple français) et d’autres sur la question européenne. Elles m’ont inspiré.

1/ D’abord, voici les remarques de cette personne

Je pense aux excès du discours de Marseille qui ont fait fuir de nombreux électeurs (j’en connais quelques uns autour de moi). Ces électeurs n’ont pas oublié et tant que JLM ne mettra pas de l’eau dans son vin, voudra bien admettre que la France ne peut accueillir toute la misère du monde, ils ne reviendront pas.

JLM va devoir « effacer » – non « atténuer »  plutôt qu’ »effacer » – de la mémoire collective son discours de Marseille, et ça ne pourra pas se faire sur une seule publication : il faudra qu’il enfonce le clou.

De plus je crois que sa position concernant la France dans l’UE a besoin d’être éclaircie publiquement.

2/ Voici maintenant mes réflexions et les réponses que je peux apporter

2.1/ Sur la question du discours du Prado

L’auteur a raison quant à l’effet qu’il a décrit du discours du Prado. Nous sommes nombreux, j’en suis sûr, à avoir, comme lui, croisé des gens déterminés à voter pour JLM et à avoir changé d’avis après ce discours. Le peuple français n’était pas prêt à entendre cela et les medias, le FN, mais aussi la droite « républicaine » (je pense à DLR et à NDA) et le PS, se sont employés à se servir de ce discours pour discréditer JLM. On se souvient de l’affaire des faux tracts…entre autres avanies ! C’est sans doute ce discours-là qui a le plus nui à la solidité de sa candidature.

Et pourtant, si je le rejoins inévitablement sur ce diagnostic, je ne saurais approuver la conclusion qu’il en tire. Il dit qu’il faut « effacer » ce discours, avant de corriger le tir en disant « atténuer ».

 « Effacer » est en effet impossible car ce discours a été prononcé et parce que c’est sans aucun doute la pensée profonde de JLM. En ayant dit ce qu’il a dit ce jour-là, il a joué le rôle d’un passeur d’idées qui feront leur chemin. Demain, dans quelques années, ce que JLM a dit au Prado sera devenu réalité et évidence pour la plupart des gens. Il a juste, sur ce point, plusieurs longueurs d’avance sur les masses et sur bien des élites. Pour quelqu’un qui a affirmé ne pas vouloir courir trop loin devant ses troupes et le peuple, pour le coup – et pour filer la métaphore cycliste, c’est la période idéale pour cela – il est comme un échappé ayant semé presque tous ses poursuivants. Je dis « presque » puisque nous sommes quelques-un-e-s au PG et au-delà du PG, à le suivre sans difficulté sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres.

Il n’est donc pas question d’ « effacer » ce discours, si noble, si profond, car revenir dessus serait un signe très négatif à tous égards. Je pourrais développer mais je ne veux pas disserter. Juste dire qu’à mes yeux, et je suis loin d’être le seul à le penser et à le dire, ce discours est de portée historique. Je suis convaincu que dans les générations futures appréhenderont ce discours-là comme nous avons reçu certains discours de Robespierre, de Jaurès ou du général de Gaulle. Trop en avance sur son temps sans doute mais visionnaire.

Pas d’effacement donc et d’ailleurs, l’auteur s’est vite ravisé en préconisant plutôt d’ « atténuer » seulement ce discours. Le terme me paraît encore malvenu car il ne me semble pas opportun de donner le sentiment de rétropédaler. Certes, beaucoup de citoyen-ne-s ont refusé de voter pour nous à cause de ce discours mais ce n’est pas une bonne conduite politique à mes yeux que derevenir un jour sur ce qu’on a dit la veille pour de simples raisons électoralistes. Certes, quand on s’égare, quand on se trompe, il est judicieux de corriger ses erreurs et d’adopter un nouveau discours plus pertinent. Par exemple, JLM a choisi en 1992 de voter le traité de Maastricht alors que c’était une énorme erreur. Il n’est pas le seul à s’être fourvoyé et à s’être laissé illusionner, mystifier pourrais-je dire. Mais il a compris depuis et a changé de discours. Dont acte ! Sur la question de l’immigration, objet du discours du Prado, le problème n’est pas qu’il a eu tort mais que le peuple ne l’a pas compris et n’est pas encore décidé à adopter des vues aussi progressistes. Ce qu’il faut donc faire, c’est expliquer, faire œuvre pédagogique, et montrer pourquoi l’immigration n’est pas une plaie mais une chance.

Et si l’immigration clandestine pose des problèmes, c’est en raison du fait que les clandestins sont employés à des conditions bien plus « compétitives » que les citoyen-ne-s français-e-s ou les étrangers en situation régulière. C’est donc sur ce point qu’il faut lutter en imposant un cadre légal qui dissuade les employeurs de faire appel à une main d’œuvre bon marché et clandestine. Et bien sûr, il faut agir au niveau diplomatique et économique international pour tarir les sources de cette immigration que sont, d’une part, la misère des pays d’émigration et, d’autre part, la corruption ou le caractère oppresseur et tyrannique des régimes en place dans ces pays qui ne résultent et ne survivent bien souvent que grâce au soutien plus ou moins direct de la France. Le slogan selon lequel « l’ennemi est le banquier pas l’immigré » résume bien notre philosophie. Il faut l’expliquer encore et encore. Et quand je dis que le peuple n’a pas compris, je ne dis pas qu’il est inapte à comprendre, je dis juste que ces idées progressistes sont encore trop ambitieuses pour qu’il les accepte. Mais ça viendra. Le nombre est immense de ces questions initialement jugées impossibles à faire évoluer et qui ont pourtant fini, avec le temps, et l’évolution des mœurs et de la civilisation, à prendre un aspect plus humaniste : le droit pénal, la procédure pénale, le droit de la famille et tant d’autres…

L’auteur pourrait répondre que si l’on veut absolument que JLM soit élu à la Présidence de la République, l’état d’esprit du peuple français étant aujourd’hui ce qu’il est, il faudrait que nous « mettions de l’eau dans notre vin » (expression qu’il a d’ailleurs employée) et que nous en rabattions un peu sur ce sujet. Oui, en effet, ce serait une façon de faire. Mais je ne crois pas qu’elle nous ferait gagner des voix. Les racistes indécrottables ne seront jamais gagnés par ce genre de rétropédalage et je doute que l’on puisse les ramener à la raison et à l’humanité. Mais à l’inverse des gens qui croyaient en nous seraient choqués, à juste titre, qu’on change ainsi notre vision pour seulement gagner des voix, alors même que nous croyons résolument à la grandeur et à la noblesse de ce combat philosophique et politique. Au risque de paraître grandiloquent, je dirais que ce combat-là est digne des Lumières du XVIIIe siècle et que JLM s’inscrit, en le menant, dans la droite ligne des grands progressistes de cette époque. Et puis abandonner ce combat pour la dignité et le progrès humain, ce serait, à coup sûr, perdre bien plus qu’on ne gagnerait. Il ne nous reste donc qu’à expliquer, expliquer, expliquer.

On pourrait être cyniques et faire comme de Gaulle vis-à-vis des pieds-noirs d’Algérie, je veux dire abandonner ce discours ou « l’atténuer » fortement comme il le préconise pour peut-être nous faire élire et, une fois en place, y revenir et imposer notre vision ou, compter sur le progrès des consciences qui aura peut-être d’ici là gagné du terrain. Oui, ce serait peut-être une option stratégique mais nous ne sommes pas des cyniques et nous disons ce que nous voulons faire. Alors je reviens à ce que je disais plus haut.

2.2/ La question européenne et mondiale…

Là où en revanche je rejoins l’auteur, c’est sur la nécessaire – que dis-je, indispensable – clarification du discours de JLM et du PG sur la question européenne. Et pour moi, cette clarification implique mutation.

Je crois que c’est en bonne voie même si c’est très lent à advenir. Trop lent pour moi qui souhaiterais entendre de la part de JLM et du PG, un discours beaucoup plus radical. Mais on ne peut ignorer que nous avons été longtemps contraints par le PCF qui n’était pas sur cette ligne de rupture franche avec l’UE. Et JLM et le PG ont été tenus, en tout cas ce fut leur choix stratégique, de ne pas dépasser une ligne rouge pour que le FdG perdure et que la question européenne ne vienne pas s’ajouter aux lignes de fracture existant par ailleurs sur l’écosocialisme ou la stratégie.

Mais il est évident à mes yeux que nous n’aurions pas dû obtempérer. Nous n’aurions pas dû en rabattre sur notre radicalité. Nous n’aurions pas dû suivre le PCF. Nous aurions dû assumer depuis longtemps la rupture nette avec l’UE et dire haut et fort que nous étions déterminé-e-s à quitter l’UE car le discours toujours actuel de la désobéissance, discours auquel j’ai adhéré jusqu’à il y a quelques mois, ne peut plus suffire. Les choses sont beaucoup trop cadrées et solidement définies au sein du système actuel de l’UE pour que la désobéissance ait une quelconque influence. Croire cela c’est la même chose que de croire que l’on peut encore changer le PS de l’intérieur ou depuis ses marges. C’est une escroquerie intellectuelle pure et simple.

Je me suis donc émancipé moi-même de cette philosophie pour adhérer désormais à l’idée de la sortie pure et simple de l’UE. Pas pour nous renfermer sur nos frontières nationales mais pour nous libérer du carcan, de la prison à tendance totalitaire qu’est devenue l’UE, et pour immédiatement entrer en pourparlers avec les autres gouvernements des pays membres et les peuples qu’ils représentent (fort mal pour la plupart) et aussi d’ouvrir les horizons. En effet, je suis avec JLM quand il prêche pour que les peuples de la Méditerranée s’unissent et je suis d’accord avec un autre quand il dit que la France a bien plus en commun avec le Sud de l’Europe et le Maghreb qu’avec les pays du Nord et de l’Est et que c’est donc avec eux qu’il faut refonder une union des peuples.

Et puis, je suis de gauche et au PG ce qui signifie que je suis internationaliste et je vois donc pour la France une ambition autrement plus grande et plus noble que celle d’être un vassal de l’Empire. Notre vocation, intemporelle, est de parler au monde et d’être un maillon essentiel de ce monde. La France, hélas, fut, pendant un temps trop long, un empire colonial donc oppresseur et tyrannique mais ce temps est révolu. Certes, des formes subsistent de colonialisme détourné mais nous y sommes radicalement hostiles et donc nous nous y opposerons le jour venu. Nous défendons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à ce titre nous condamnons, par principe, tout empire, quel qu’il soit. Car les empires sont établis sur la puissance et sur la domination, pas sur le consentement. Il n’y a que deux véritables empires aujourd’hui dans le monde et d’ailleurs on pourrait dire qu’il n’y en a qu’un, avec deux faces. Comme Janus en quelque sorte. L’empire occidental avec les États-Unis auxquels on peut attacher le Canada et le Mexique voire quelques pays de l’Amérique Latine qui restent sous sa domination plus ou moins directe, et l’UE qui exerce son autorité, fut-ce indirectement, jusque en Afrique.

Nous avons la ferme intention de tisser des liens d’une autre nature avec les nations, les peuples et les gouvernements du monde. Nous avons l’intention de réformer profondément l’ONU en vue d’en faire une organisation qui puisse prétendre être une authentique organisation internationale où tous les peuples ont un rôle à jouer et une influence sensible. Nous agirons pour que disparaissent ces directoires des grandes puissances, qu’il s’agisse du conseil de sécurité ou des divers G (G20, G8, G2) et qu’ils soient remplacés par des institutions démocratiques.

Bref entre le rétropédalage sur la question de l’immigration et la réformation de notre vision et de notre discours sur la question européenne et plus largement sur celle de la diplomatie que nous mettrions en œuvre, j’opte très clairement pour la seconde option. Certains préconiseront de ne rien changer ni à l’une ni à l’autre. Ce serait une grave erreur indiquant que nous sommes sourds aux messages que nous fait passer le peuple français depuis plusieurs années. D’autres souhaiteront nous voir évoluer sur les deux thématiques mais j’ai expliqué pourquoi je n’étais pas favorable à une inflexion de notre positionnement sur le premier sujet. Par contre, la question européenne est à mes yeux la plus fondamentale de toutes les controverses. C’est notre ambigüité et notre refus d’aller au bout de la logique que nous avions commencé à adopter sur cette question qui nous a porté tort et ce profondément. C’est notre évolution sur la question de l’Europe qui peut nous redonner du crédit dans l’opinion et ôter au FN sa légitimité apparente de parti souverainiste et anticapitaliste alors qu’il n’est que le chien de garde du capitalisme.

Ce n’est pas le sujet ici mais il va sans dire que pour que nous retrouvions du crédit dans l’opinion, JLM et le PG doivent aussi assumer une rupture franche et définitive avec ceux qui nous ont conduits là où nous sommes. Inutile de les citer une nouvelle fois, chacun aura saisi.

Je sais que sur cette dernière rupture, comme sur celle relative à l’UE, le PG n’est pas unanime. Mes positions tranchées, radicales, ne sont pas partagées par tous. J’ignore si, aujourd’hui, la majorité du PG incline pour la sortie de l’UE ou reste attachée à ce système mais au fond de moi, sur la base d’éléments divers, je suis convaincu que si un vote était organisé au sein du PG et que tous les adhérents devaient se prononcer pour ou contre la sortie de la France de l’UE, vote qui devrait évidemment intervenir après un débat sérieux, la majorité serait du coté de la sortie.

C’est vers cette orientation-là que nous devons aller. C’est ce que je crois et c’est ce que je défends en tant que militant du PG.

 

 

Place au peuple !