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Front du Peuple

Parlons maintenant de politique – Par « Carnets Singuliers »

Le but du « jeu », c’est quoi ?

Actuellement, dans le Front de gauche (ou ce qu’il en reste factuellement), l’urgence est de renouer des liens, via des pratiques sur le terrain, entre des militantes et militants qui veulent faire avancer les choses.
Et pas chercher la poutre dans l’oeil du voisin. Nous avons besoin de Ensemble, nous avons besoin du parti de gauche. Nous avons besoin de camarades de Garrido et jean-luc mélenchon (certains disent avoir des liens forts avec lui et pourrissent ce que le bonhomme tente de construire, comprendra qui pourra).

Quant au PCF, les choses sont bien plus compliquées. TRES compliquées.
Sa stratégie à géométrie variables lors des dernières séquences électorales nous a tous mis dans la m… !
Si nous pouvons espérer construire un nouveau mouvement et une vraie force de rupture, ce sera évidemment en rupture franche et claire avec le PS.
Et cela quelque qu’en soit le coût électoral dans une première phase. Que l’on perde des maires, des députés, des sénateurs. (et en fait, on peut plutôt en gagner, repensez à celles et ceux qui nous disaient : allez, rompre avec le PS c’est de la folie, en leur collant au derrière, on va enfin sortir le FDG de l’ornière » ! On a vu ce que cela a donné !!

Dans cet enjeu de clarification par rapport au PS, on ne peut pas dire que le PCF nous aide beaucoup. On ne peut pas dire que les brillantes (humour) déclarations de Chassaigne sur la SNCF permette au Front de gauche de gagner en crédibilité à la base.

D’ailleurs, au passage, on se demande ce qu’est ce bidule de groupe de députés (alliés au outre mer pour faire un groupe) et qui parfois s’exprime en FDG, parfois en GDR (ce qu’il est). Et, encore pire que pire, où certains membres (PC, Patrice Carvalho ) refuse de voter la loi en faveur du mariage pour tous.

La question ensuite, c’est celle de l’hétérogénéité du PCF. Et des forces militantes réelles.

Heureusement pour nous tous, tous les membres du PCF ne sont pas des stals, loin s’en faut. Je suis personnellement en lien avec de nombreux militants du PCF, sincères. Des praticiens de la lutte sociale et pas des leaders auto proclamés verbeux. Des militantes et des militants qui actuellement en ont ras la casquettes des conneries de leurs mandatés et de leurs députés. Tiens, qui va faire un bel article sur la crise actuelle dans le PCF dans les colonnes de Regards, la fabrique de la politique ?

Plus sérieusement,
Les collectifs Front de gauche sont le seul cadre où l’on peut développer aujourd’hui cette force dont nous avons tant besoin.

Et pour cela, je le redis, j’insiste, je persiste, je signe, il faut bannir toute tentatives d’opposer des organisations contre des organisations. des centaines, des milliers de militantes et militants, du PCF, du PG, de Ensemble sont prêts à frayer de nouveaux chemins.

Bien sûr, les choses ne sont jamais simples.

il faut se mettre d’accord sur ce qui nous rassemble, sur le terrain, sur des revendications politiques et sur la poursuite du travail autour de « l’humain d’abord ». Il ne suffit pas de sauter comme des cabris en criant « 6eme république, 6eme république », encore faut-il esquisser des pistes. (lire les ateliers des carnets singuliers sur ce point : http://lescarnetssinguliers.blogspot.fr/ )

Pour continuer un peu en vrac, et sur les problèmes de fonctionnement. Oui, le PG est jeune, et Ensemble aussi. Les problèmes de structuration sont évidents. Inutile, stupides, débiles d’en faire ses choux gras. Au contraire, militant de Ensemble, je me solidarise de tous mes camarades (et je dis mes camarades au sens FDG) du parti de gauche qui veulent surmonter leurs difficultés. Nous le savons tous. J’ai perso 30 ans de pratiques syndicales et politiques : la pratique démocratique est toujours un combat permanent.

Alors quoi…?, autour d’objectifs et de principes stratégiques clairs (la rupture avec le PS, c’est le préalable), agissons dans nos villes pour bâtir des initiatives communes.

Clarifions les points (certains seront polémiques , comme l’euro et la sortie de l’UE – pour ma part je pense que la sortie de l’euro est une boulette politique).

Mais effectivement, débattons, non pas sur des murs, des sites, des blogs, des trucs virtuels (et surtout pas pour écrire ou publiez des conneries à la santerre).

Débattons en vrai, en organisant dans nos villes des journées de débats thématiques, des groupes de travail, des éditions de blogs locaux.

Rassemblons, croisons les expériences. Ne commettons pas l’erreur des grands rassemblements spectacles
où dans les fait seul(e) les vedettes auto proclamées, les généraux sans troupes mais spécialistes des effets de manches pourraient tenir le haut du pavé…
Mais ne nous vautrons pas non plus dans le localisme. Quant un rassemblement est constitué localement, il doit lui-même établir ses relations, multiples, avec d’autres collectifs FDG. (communications horizontales).
Au passage, certains et certaines auront reconnu la vraie notion de fédéralisme. Celui qui organise en partant du terrain, qui unifie sans centraliser ni hiérarchiser.

Quant au virtuel, il ne peut servir qu’à une chose : faire des contacts qui deviendront ensuite réels.

Un exemple : aujourd’hui, pas plus le site du PG, du PC que le site d’Ensemble ne sont capables de proposer une liste des collectifs Front de Gauche.

Agissons, échangeons les informations et pourquoi pas, montons un blog spécialement dédié à la construction, au développement de ces collectifs.

Il n’y a que cela qui compte, le reste, c’est de la bave de crapaud…(encore une provoc, mais j’aime bien, au moins ca fait le buzz comme on dit aujourd’hui).

Régis, militant de Ensemble (anti stal, autogestionnaire, fédéraliste, républicain, libertaire, pro féministe, anti raciste, antifasciste, anticapitaliste, socialiste au sens noble et historique du terme, syndicaliste, … ca c’était pour Martelli).

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Du cartel de partis au rassemblement citoyen – Par François Rodriguez

Note de Vincent Le Roux : Je relaie ce billet car j’y trouve bien des raisons d’espérer au milieu d’un paysage de désolation.

*****

Le cartel n’est pas mort mais le Front de Gauche ?

« Ras-le-bol ! » : L’expression est fréquente ces temps-ci chez les militants du Front de Gauche (dans toutes ses composantes). « Il s’agit d’une fatigue bien naturelle », disent certains et ils ont sûrement raison. Tout le monde est fatigué.

Mais ces expressions de saturation s’accompagnent de critiques plus explicites : « Marre de voir les gens se comporter vis-à-vis de leurs partis, de leurs porte-paroles comme des supporters d’une équipe de football : « le mien est le meilleur ». Si encore, ça se limitait à ça… mais on a droit, aussi au dénigrement des autres composantes  et là, c’est moins agréable à entendre pour les autres. Dénigrement ? Pourtant, ceux qui le disent le pensent vraiment. Ils sont sincères. Sauf en quelques rares exceptions pathologiques, ce n’est pas du calcul ou de la manipulation. La bataille des chefs s’est propagée.

En fait, les désaccords apparents entre porte-paroles des composantes traduisent de réelles différences d’options politiques au niveau des conseils nationaux et l’absence d’une véritable méthode pour les trancher. Le problème récurrent est celui de la relation vis-à-vis d’un PS, lequel conduit des politiques d’inspiration patronale. Certains craignant surtout l’effondrement de « la gauche » tandis que d’autres veulent une rupture claire avec un parti qu’ils ne peuvent plus voir comme un parti de gauche.

« Le  Front de Gauche est mort » dit-on ici ou là. Et chacun de se tourner vers son parti en rejetant la faute sur les autres. On parle toujours du Front de Gauche…mais chacun du sien propre, à ce qu’il semble. Les appareils des composantes, en ce début d’été, après la déception des municipales puis des européennes, semblent s’être fait une raison. Impossibilité de ramener les autres composantes à ses points de vue. Mais personne n’ose dire, au plus haut niveau des partis : «  Nous ne sommes pas d’accord. Il n’y a plus de véritable Front de Gauche ».

Nombre de militants ont perçu le besoin de refonder, de souder par la base en arbitrant démocratiquement les sujets pouvant faire division. Ils ont traduit ça par une proposition d’assises nationales. La proposition n’a été reprise que par une des composantes. Les appareils y ont vu un risque de remise en cause des appareils. Ils ont bloqué. Ils en parleront au sommet.

Aujourd’hui, le Front de Gauche est divisé, ne fait pas front. Il n’existe plus vraiment. La défiance règne.

De plus, la zizanie est contagieuse. Dans les associations et syndicats aussi, l’attitude à adopter pose aussi des questions et génère des débats agités et parfois polémiques alimentées, là aussi par des susceptibilités partisanes.

Une volonté de rassemblement toujours présente

Pourtant, tous ceux qui défendaient « L’humain d’abord » sont conscients du besoin d’un rassemblement pour porter ce programme. Tous ceux qui ont lutté pour ça se rendent bien compte que ce n’est pas un parti politique seul qui pourra y arriver. Alors on se met à imaginer comment établir le lien avec une partie des élus PS ou d’EELV. On comprend le besoin d’élargir, de rassembler. On ne se résigne pas tout à fait à renoncer au Front de Gauche ou on n’ose pas le dire. La situation que je décris là, je l’ai vécue, moi aussi avec tous ses hauts et ses bas, dans une des composantes du Front de Gauche et peu importe laquelle. D’autres l’ont vécu ailleurs. Ma démarche n’est pas partisane. Les tacticiens imaginent un front plus large que le Front de Gauche. Mais on comprend mal cette réponse d’un front élargi : On n’arrive pas à mettre d’accord ses composantes et la solution serait d’en augmenter le nombre dans un nouveau front, un nouveau cartel d’appareils, un cartel encore plus disparate et plus proche du PS ?

En tout cas, chacun percevant la nécessité de rassemblement les appareils ont des réflexes d’appareils cherchant à rassembler… par les appareils et pour les appareils. Peut-être faudra-t-il faire le constat de la véritable situation et faire notre deuil du Front. Oui, faire notre deuil. Mais pas sans le remplacer par un espoir encore plus grand, encore plus réaliste, encore plus puissant. Aujourd‘hui, chacun de nous cherche à imaginer d’autres rassemblements possibles.

Que nous disent les électeurs ? Que veulent les gens ?

Ils nous disent qu’ils sont dégoûtés du politique, de ces gens qui se font élire sur des discours puis font tout autre chose.

Ils nous disent qu’ils perçoivent l’Union  européenne et ses partis eurobéats comme des ennemis qui s’attaquent à leurs droits, menacent les conquêtes sociales et ignorent l’intérêt général écologique.

Ils sont inquiets de voir la sécurité sociale, les retraites, et toute la redistribution sociale s’évaporer par des décisions politiques de gens qui disent vouloir les préserver, les protéger.

Ils en ont assez de voir la santé, l’éducation, tous les services publics reculer au profit du privé qui annonce qu’il apportera d’avantage par l’effet de la concurrence et qui au final apporte moins de service pour plus cher.

Ils ne veulent plus voir les droits de l’homme et la devise nationale de « liberté, égalité, fraternité » méprisée dès lors qu’il s’agit de roms, d’arabes ou d’immigrés aux frontières.

Ils voudraient voir en prison tous ces personnages corrompus qui sont au dessus de tout, même de la justice.

Ils ne veulent plus que le droit au logement ne soit qu’un vœu pieux ou une promesse électorale et disent  que la misère en Europe au 21ème siècle est insupportable.

Ils nous disent par leur vote à Grenoble, qu’ils sont prêts à travailler avec des partis sur des propositions réelles avec le concours d’une association en laquelle ils ont confiance.

Ils nous disent par leur vote en France, qu’ils n’ont plus confiance en des politiciens qui agissent, au final, selon leurs intérêts partisans (au mieux), personnels (pour les moins honnêtes).

Ils nous disent par leur vote en Espagne, qu’ils sont prêts à travailler en cercles citoyens mais qu’ils veulent garder le contrôle, qu’ils ne veulent plus soutenir des politiciens professionnels mais qu’ils sont nombreux, de plus en plus nombreux, à vouloir vraiment agir pour changer les choses.

Quant aux militants, ils aspirent à autre chose qu’à contribuer en collant des affiches. Cette expression est sans doute excessive, exagérée mais elle est entendue à plusieurs reprises et révélatrice d’une distance entre appareils et bases, y compris à gauche.

Il ne s’agit pas de rassembler des partis mais de rassembler des citoyens

C’est à ces demandes qu’il faut apporter les réponses, me semble-t-il. Et vite ! Dans l’Europe du Sud, en France aussi, les cas d’urgence sociale ou écologique se multiplient. Et la réponse que je propose, c’est : faisons-le ensemble. Nous pouvons ! Podemos.

Pour ça, il ne faut pas proposer un parti traditionnel, un de plus. Il nous faut créer une alternative citoyenne. Chacun peut garder son parti où il a plaisir à retrouver ceux qui pensent presque comme lui. Mais chacun doit savoir que c’est dans l’action citoyenne, avec les autres et dans le seul souci de l’intérêt général que se situent les solutions.

Le principal acteur et responsable doit être le citoyen mais pas tout seul dans son coin. Pas non plus derrière des politiciens. Il peut, il doit y avoir une coordination. Il peut y avoir des candidats mais sans jamais perdre de vue que le contrôle se fait dans les cercles, au plus près des gens.

Il nous faut imaginer dans le fonctionnement de ces cercles et leur coordination, le modèle de cette sixième république que nous appelons de nos vœux. Il nous faut créer la force citoyenne rassemblée, seule capable de faire trembler le pouvoir. Pensons des modes de construction de la décision qui soient le modèle de notre future constitution de la nécessaire refondation pour une démocratie réelle.

Les Cercles Citoyens, Podemos, c’est pour moi, la suite de la démarche du Front de Gauche sans la dimension partisane. On garde tout ce qui rassemble et renforce. On refuse ce qui a freiné, gêné, gâché, détourné, … et on fait en sorte de garder le contrôle par la base plutôt que de déléguer. On ne délègue pas autre chose que la mise en œuvre des politiques définies à la base et sous contrôle permanent de la base.

Pour la question des porte-paroles, je ne suis pas inquiet. Les groupes savent toujours reconnaître qui est le mieux à même de porter leur volonté.

Alors, à tous mes camarades Front de Gauche, des syndicats, des associations, je propose le pari suivant. Si vous n’aimez pas polémiquer et que vous avez envie de faire progresser vos idées, venez dans les cercles citoyens. Créez ceux de vos villes ou venez contribuer par vos idées et vos actions à un changement réel. Infiltrez des cercles de toute votre bonne volonté et de toute votre généreuse ambition. Le changement sera porté en commun par beaucoup de gens différents ou ne sera pas.

J’ai la conviction qu’il nous faut passer du cartel de partis au rassemblement citoyen.

Chers amis et camarades, qu’en pensez-vous ?

Pouvons-nous ?

¿Podemos?

Nous voulons prendre le pouvoir pour le rendre au peuple. Il nous faut donc faire les bons choix stratégiques pour renaître et essaimer

logo place au peuple

Dans certaines circonstances, il faut choisir !

Il faut choisir entre deux options qui s’opposent :

  • Soit on estime qu’il faut se contenter de postes subalternes tout de suite, au coeur du système, pour soi-disant le « pervertir de l’intérieur », pour soi-disant avoir des « positions de combat contre les mauvais coups », pour soi-disant faire avancer – fut-ce à la marge – notre cause etc. etc. Vous connaissez bien les arguments en ce sens puisqu’ils sont exposés presque tout le temps.
  • Soit on considère que la prise du pouvoir, de tout le pouvoir de l’État, impose l’absence de TOUTE transaction avec ceux que l’on veut renvoyer. Et quand je dis « pouvoir », je veux parler du pouvoir de l’État et des collectivités publiques. Je ne parle pas ici seulement de quelques strapontins, d’où on ne peut que s’agiter, « faire du bruit avec sa bouche », sans rien changer fondamentalement – cf le cas des ministres EELV au gouvernement, cf le cas des ministres HAMON et MONTEBOURG entre autres. Le peuple nous fera confiance demain si nous tenons bon sur notre résolution irréductible, si nous exposons un projet révolutionnaire mais en adoptant une cohérence absolue avec lui dans les choix stratégiques que nous faisons, en ayant à l’esprit une pleine conscience de la gravité de l’heure…

Lorsque nous avons choisi, collectivement, la seconde voie, nous avons été entendus. Depuis que nous avons préféré la première, nous avons été décrédibilisés et le peuple nous a désavoués.

Il nous faut donc revenir à la première option.

Jean-Luc Mélenchon doit reparler au peuple et pas seulement au PG ou au FdG. C’est ce qu’il a fait en 2012 et c’est ce qui lui a donné 4 millions de suffrages. Il doit y revenir d’urgence. Il doit mépriser les questions d’organisation politique et laisser cela à ses troupes militantes. Il ne doit pas se soucier de la cuisine politicienne. Lui doit se situer au-dessus de nous, au-dessus des partis.

Il doit s’émanciper, se libérer du boulet du PC et ne plus suivre la ligne de son « ami » Pierre Laurent. Il lui est loyal alors même qu’il reçoit de sa part des coups de poing répétés. Il doit cesser de « jouer de la mandoline » comme il le dit lui-même !

Il doit incarner l’avenir, comme il le fit si brillamment au printemps 2012.

Il doit parler à la France. Il a, en lui, ce potentiel de rassemblement du peuple français s’il se dépasse, s’il ne parle plus seulement au peuple de gauche mais au peuple de France.

Je le dis depuis longtemps. Mélenchon mixe, de manière originale et talentueuse, deux géants de notre Histoire, Jaurès et De Gaulle. Il doit reprendre et poursuivre ce qu’il avait entrepris en 2012, et ne plus se soucier du « régime des partis » sans quoi ils le phagocyteront et le tueront comme ils ont tué De Gaulle avant que ce dernier ne s’émancipe d’eux et ne suive sa propre voie. Et comme disait de Gaulle « l’intendance suivra ».

Certes c’est un risque à courir mais comme disait Bernanos «L’espérance est un risque à courir ». Il vaut mieux prendre le risque de tout perdre mais aussi se mettre en situation de gagner beaucoup, plutôt que de végéter dans l’étiage où les partis du FdG nous ont placés, par leurs fautes respectives. Car à ce rythme, c’est dans un siècle ou deux que nous atteindrons la majorité. Encore faudrait-il que la route soit droite or l’histoire n’est jamais rectiligne. Elle est faite de soubresauts, de vicissitudes, de régressions. Jean-Luc le reconnaît d’ailleurs dans son dernier billet.

Alors, ma conviction est que, aussi longtemps que Jean-Luc Mélenchon ne parlera qu’à la gauche, il sera minoritaire en France. Et comme, à gauche, beaucoup de gens, aussi bien les « institutionnels » que des militant-e-s de la base ou des étages intermédiaires, ne l’aiment pas parce que, par sa seule densité personnelle, il met en évidence la médiocrité de tant d’autres, il sera toujours empêché de progresser vraiment. Sa force, il ne la tient pas des partis, ni même des militant-e-s, mais du peuple, de ce peuple qui lui a fait confiance en 2012.

Jean-Luc Mélenchon doit donc repartir au charbon mais plus comme le leader d’un petit parti, ni même comme le porte-parole principal d’un Front très mal en point, mais comme l’éclaireur de la révolution citoyenne et des bifurcations qu’il préconise.

Qu’il se remette dans ce personnage et, de nouveau, sa voix portera, et les citoyen-ne-s le suivront. Car notre projet est sans doute le meilleur, même s’il mérite des éclaircissement, des compléments, voire quelques remises en cause.

Jean-Luc Mélenchon doit redevenir l’homme qui a dit « Non ! »

« Non » à tous les tripatouillages, « non » à tous les accords scélérats, « non » à toutes les combinaisons politiciennes, « non » à la « petite popote » de chaque groupuscule qui ne voit que ses propres intérêts personnels.

Jean-Luc Mélenchon est écouté sur tout le spectre politique de notre pays et il est connu dans le monde. Lui seul a cette caractéristique. Même une partie de ce qu’on appelle « la droite » s’intéresse à lui et serait capable de le suivre, comme une partie de la gauche a suivi De Gaulle dans le passé.

Certes tout n’est pas comparable, inutile de me faire la leçon sur ce point. Mais il y a bien des analogies entre 1940 et 2014.

Nous sommes, en 2014, sous la tutelle d’un pouvoir extérieur qui nous impose, depuis des années, des politiques que nous refusons, que la République a toujours refusées et certains diraient même qu’avant la République, certains rois de France refusaient déjà la vassalisation de la France dans un empire qu’on tentait de nous imposer.

Nous subissons les diktats d’un pouvoir illégitime qui salit notre République, qui dévitalise nos valeurs phares Liberté-Égalité-Fraternité, qui nous vassalise auprès de forces maléfiques, lesquelles alimentent des conflits partout dans le monde en plus de nous déshumaniser et de nous uniformiser à la seule mode américaine…

Nous sommes, en 2014, en proie à un fascisme non reconnu mais qui a tous les caractères de celui-ci puisque ceux qui gouvernent ne sont pas élus, que les seuls intérêts promus et défendus dans les politiques menées sont ceux des plus puissants, des financiers, des rentiers à milliards, et que le maintien de ce système injuste repose sur la force inhumaine des armées. La France est devenue une colonie de l’Empire américain via l’Union européenne. Mais ce que vit la France, tous les pays de l’Union européenne le vivent aussi ! Cette déchéance n’est pas due, contrairement à ce que pérorent tous les déclinistes, à l’incapacité de la France ou des autres pays de l’Union européenne à se gouverner comme il le faudrait, selon la pensée unique, selon la vision des ultra-libéraux. Cette déchéance ne résulte que de l’abandon par nos dirigeants de leurs responsabilités. Incompétence ? Non, je crois que la raison ne tient pas à cela. C’est beaucoup plus grave. C’est une raison beaucoup plus sombre. J’appelle cela de la TRAHISON.  De la HAUTE TRAHISON. Or, pas de bol, la dernière réforme constitutionnelle a précisément retiré de notre loi fondamentale le terme de « haute trahison »… Curieux non ? Pas tant que ça en fait !

Nos dirigeants s’étant volontairement dessaisis de tous les pouvoirs de l’État, ayant même confié à un tribunal européen le pouvoir de nous sanctionner si l’on ne respectait pas les « lois » de l’Union dans l’élaboration desquelles les peuples ne peuvent rien, nous nous trouvons dans un étau. Et il faut donc en sortir !

Ce sont les lobbys qui inspirent très largement les textes que la Commission européenne prépare et que le Conseil adopte, parfois en co-décision avec le Parlement mais celui-ci n’a rien d’une instance démocratique alors il ne faut pas s’illusionner sur son utilité.

C’est Wall Street qui dirige la politique économique et sociale de l’Union européenne et donc de chaque pays membre. D’ailleurs, il n’aura échappé à personne que désormais, si un gouvernement et son chef ne sont pas des exécutants dociles de la feuille de route de la Commission, il est débarqué en 48 heures. Et alors on ne fait même plus semblant de jouer le jeu démocratique, fut-il largement biaisé. On n’organise plus des élections, on nomme des proconsuls ! De la même manière que sous tous les empires de notre histoire, l’empereur désignait ses missi dominici ! On remplace donc illico le chef de gouvernement qui a désobéi au syndicat des « firmes » par un agent docile aux ordres. Les cas de la Grèce et de l’Italie sont révélateurs. On pourrait aussi parler du cas de Chypre… Et de celui, moins connu, où les principaux ministres français, avant d’être nommés, doivent recevoir l’onction, l’investiture, officieuse, de la Commission. On l’a vu dans le cas du remplacement de Pierre Moscovici. Oh, certes, peu de gens en ont parlé… Mais il faut aussi faire désormais avec ce jeu-là !

C’est la galaxie Hollywood qui dirige la politique culturelle et qui nous américanise à vive allure.

C’est l’OTAN qui dirige la politique étrangère.

Quand on aura compris tout cela, quand on aura ouvert les yeux sur les raisons qui expliquent pourquoi, depuis trente ans, malgré la valse des gouvernements, rien ne change vraiment, on s’éveillera et on s’émancipera de cette Union européenne. Donc on en sortira.

Non pour nous renfermer sur nous-mêmes, non pour fermer nos frontières, non pour agir en nationalistes, mais pour reprendre notre souveraineté et ensuite, avec le peuple français, changer de régime politique : passer à la Sixième République qui sera radicalement différente de la 5ème , puis tisser, immédiatement, avec nos voisins, de nouveaux liens, non plus basés sur la compétition et la concurrence mais sur la coopération et l’harmonie. Comme nous ne sommes pas au royaume des bisounours, ce sera difficile mais nous devons commencer au plus vite. Plus nous attendons et plus ce sera difficile, long et source de malheurs et de souffrances.

John Fitzgerald Kennedy, dans son discours inaugural, le 20 janvier 1961, disait : « Tout ne sera pas achevé dans les cent premiers jours. Pas plus que ce ne sera achevé dans les mille premiers jours, pas plus que dans le temps où ce gouvernement sera en fonction. Peut-être pas non plus dans le temps où nous vivrons. Mais commençons ! »

Le Parti de Gauche, le Parti Communiste Français, Ensemble, même le Front de Gauche, chacune de ces organisations, est un monde « un peu court des pattes de devant » comme on dit dans mon Béarn d’origine. Ce qui veut dire que ces organisations-là ne sont pas à la hauteur des enjeux. Elles sont insuffisantes pour mener le combat politique, civilisationnel, que nous avons à assumer. Oui j’assume ce terme grandiloquent car l’heure est gravissime.

Non seulement le peuple souffre, non seulement la misère se répand massivement, et avec elle les haines et les jalousies, non seulement la paix est de plus en plus fragile, mais le pouvoir d’agir pour remédier à ces maux et changer la vie dans le sens d’un progrès partagé nous est retiré et, avec lui, c’est notre capacité d’espérance qui disparaît aussi. Or, quand il n’y a plus d’espoir, alors on risque la catastrophe. Elle arrive sous nos yeux et comme disait Chirac, « la maison brûle et nous regardons ailleurs ». Je dirais même que la maison brûle et que nous ajoutons du comburant et du combustible. La maison brûle mais nous coupons l’eau et nous renvoyons les pompiers. Nous introduisons même de nouveaux pyromanes sur le lieu de l’incendie.

C’est pure folie !

Il nous faut reprendre nos esprits.

Il nous faut rassembler le peuple français pour nous libérer de nos maîtres. Et pour cela, il faut revenir à l’essentiel de ce qui fait la République, de ce qui unit le peuple dans le fameux « contrat social » qui est de plus en plus contesté.

Il faut inventer un nouveau conseil de la Résistance qui rassemblera le peuple français au-delà de certaines divergences secondaires.

La droite s’étant ultra-libéralisée depuis Giscard, et s’étant extrémisée avec Sarkozy, et la Gauche s’étant droitisée à outrance, nous avons perdu de vue que le peuple français n’est pas de droite, pas plus qu’il n’est de gauche. Il choisit l’une ou l’autre selon les époques, selon les projets, selon les personnalités, mais surtout il rejette violemment, et de plus en plus violemment, et l’une et l’autre.

Est-ce à dire que le peuple français est devenu extrémiste, fasciste, ou centriste ?

Bien sûr que non ! Le peuple français, à mon avis, ne se soucie pas de ces questions de positionnement politique. Le peuple français cherche à vivre heureux, décemment. Il cherche donc celles et ceux qui peuvent le conduire vers cet avenir. Mais depuis la fin des années 60, il ne trouve que désolation, trahison, duplicité, mensonges, corruption…

Alors il rage. Alors il hurle. Alors il tape violemment dans le tas en refusant de prendre part au vote à près de 60%, le reste s’éparpillant entre les partis existants et il continue à donner ses suffrages au FN, chien de garde du capitalisme.

Il faut entendre ce cri, cet appel au secours. Il faut revenir à la défense d’un intérêt général et il faut ne plus céder un pouce à nos ennemis, quels qu’ils soient, si l’on veut que le peuple nous fasse confiance de nouveau. La ligne du PCF pour les Municipales est donc en cause. Il faut oser le dire et s’en affranchir ! Il ne faut pas la cautionner par nos silences.

Par ailleurs, il nous faut changer de paradigme européen.

Si dans le carcan actuel résultant des traités et de l’ordonnancement juridique européens, nous ne pouvons plus rien faire qui soit étranger aux principes ultra-libéraux, nous avons, comme peuple, le droit naturel de disposer de nous-mêmes. C’est un principe fondamental du droit naturel mais aussi du droit des Nations-Unies que le droit d’autodétermination des peuples. Et nous avons aussi, le droit, aussi bien naturel que positif (c’est-à-dire applicable) de résistance à l’oppression (article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789). Par ailleurs, nous savons aussi que la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1793 prévoit, en son article 35, un droit d’insurrection contre le gouvernement : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Alors ce droit n’est certes pas reconnu par les pouvoirs publics et nous prendrions de gros risques pour nous-mêmes si nous le mettions en œuvre. Les syndicalistes et certains militants en savent quelque chose. Mais quand bien même ce droit-là n’existe pas en droit positif, il demeure en droit naturel.

Je citerais aussi cet autre droit naturel, inscrit, lui, dans la déclaration d’indépendance des États-Unis : « Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructrice de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. »

Donc, parce que nous sommes un peuple, nous disposons des possibilités d’agir. Il nous faut juste en avoir conscience et en user. Il nous faut reprendre le pouvoir. Cela implique NÉCÉSSAIREMENT de sortir de l’Union européenne et de décider, SOUVERAINEMENT, de mettre en œuvre la politique que notre peuple exige, s’il le faut en bonnes relations avec nos voisins mais pas sous la schlague, pas sous la conduite de gens qui n’ont pour dessein que de nous tuer.

Pour arriver à cela, sauf à imaginer une révolution, nous devons CONVAINCRE le peuple français. Nous n’y parviendrons pas seulement avec de nouvelles alliances « politiciennes », même si les militant-e-s des partis doivent réfléchir à ce qui s’est passé et en tirer des conséquences autres que : « désormais, c’est tout pareil qu’avant ». Jean-Luc Mélenchon nous en a fait la leçon dans son dernier billet, mais plus que la leçon qu’il nous a donnée, je crois qu’il amorce une évolution fondamentale. J’espère avoir une bonne intuition.

Je termine par là où j’ai commencé. Jean-Luc Mélenchon peut jouer le rôle du général de Gaulle en 1940. Il peut lancer un appel retentissant au peuple français et lui dire comme le général du 18 juin 1940 :

« Des gouvernements de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, cédant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu ! Rien n’est perdu parce que cette « guerre » est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but ! Voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi, dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. Notre patrie est en péril de mort. Luttons pour la sauver ! »

La « guerre » de 1940 était ouverte et militaire. C’était une guerre au sens propre. Aujourd’hui, c’est une guerre larvée, sans armes, sans tranchées, sans champ de bataille. Mais c’est bel et bien une guerre dans la mesure où certains imposent leur ordre à d’autres.

Et c’est une guerre mondiale car ce que nous vivons, d’autres le vivent, partout dans le monde.

Les « forces immenses » évoquées par de Gaulle étaient bien sûr les forces armées américaines, anglaises et celles des forces libres. Mais aujourd’hui, ces forces sont les peuples.

Jean-Luc Mélenchon pourrait aussi appeler à la résistance. Certes, il l’a déjà fait plusieurs fois. Mais il doit le refaire encore, de manière solennelle, tel encore le général de Gaulle, le 22 juin 1940 cette fois :

« Beaucoup de Français n’acceptent pas la capitulation ni la servitude, pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bons sens, l’intérêt supérieur de la Patrie.

 Il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l’esprit d’abandon du Gouvernement nous ont fait perdre la bataille. Mais il nous reste des alliés, dont les ressources sont immenses.

 Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres aujourd’hui le resteront demain. Si les forces de la liberté triomphaient finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ?

 L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront.

 J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre.  

Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance ! »

Certains de mes ami-e-s seront gêné-e-s par le fait que je cite ainsi de Gaulle et que j’appelle Jean-Luc Mélenchon à s’en inspirer, ce qu’il fait déjà, incontestablement.

Je tiens à dire que la République française en 2014 a besoin des Républicains pour être sauvée. Et il ne s’agit pas de ce « front républicain » tel qu’on l’a connu des décennies durant pour liguer droite et gauche contre le FN. Ces combinaisons contre nature, qui plus est entre gens parfois détestables, ont, j’en suis convaincu, bien plus sapé l’idée républicaine qu’elles ne l’ont protégée de la subversion FN.

Il ne s’agit pas de céder sur nos exigences les plus fondamentales car celles-ci sont partagées par le peuple, mais de ne pas donner le sentiment sectaire que nous ne concevons la libération de notre peuple qu’avec les nôtres. Il faut savoir s’imprégner profondément de l’esprit du Conseil national de la Résistance. C’est en tout cas ainsi que je vois les choses.

Et je n’oublie pas d’où je viens, ni qui je suis, pas plus que là où je veux aller.

Camarades de gauche, nous avons la chance, l’honneur, le privilège, d’être de gauche, c’est-à-dire, selon la jolie formule de Gilles Deleuse, de « penser d’abord le monde, puis notre pays, puis nos proches, puis nous, quand à droite c’est l’inverse ! »

Cela nous donne des titres à parler au nom de l’intérêt général humain et donc de parler, pour commencer, à tous les Français, pas seulement à ceux qui nous sont les plus proches !

Parce que nous sommes de gauche, nous avons une vision internationaliste, universaliste, non impérialiste. Nous concevons donc la politique que nous appelons de nos vœux, non dans une vision franco-française, hexagonalement auto-centrée, mais dans une vision mondiale puisque nous voulons le progrès et le bonheur, de tous, pas seulement de quelques-uns.

Nous pouvons, nous devons, parler à tous. Faisons-le !

Notre meilleur atout pour parler à tous en France, et pour nous donner une voix dans le monde, c’est, au jour d’aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon !

Quant à nous, militant-e-s de base, assumons notre rôle. Ne soyons pas de dociles petits soldats mais des militant-e-s éveillés, ouverts et souples ou, à l’inverse, résolus et intransigeants, selon qu’il est plus judicieux, au vu des circonstances, de mettre en avant l’un ou l’autre de ces types de comportement.

Le partisan que je suis de la 6e République ne saurait voir les militant-e-s des partis autrement que comme le peuple souverain de ces organisations. Nous sommes donc le pouvoir constituant de ces partis et devons les faire évoluer, tant au plan organisationnel que s’agissant des messages qu’ils portent. Et pour cela, il faut du débat et des votes, dans l’esprit de la 6e République « Place au peuple ». Il faut donc dépasser le cadre étroit de nos comités locaux pour créer un cadre de rassemblement où tous les militant-e-s de tous les partis du FdG, mais aussi toutes celles et tous ceux qui ne sont pas dans un des partis du FdG mais qui s’en sentent proches ou qui veulent influer positivement sur son cours, pourront délibérer et voter ensemble, non plus selon la logique de l’intérêt de son parti, mais dans celle de l’intérêt collectif.

Jean-Luc Mélenchon appelle souvent la République le régime où l’ « on ne dit pas ce qui est bon pour soi mais ce qui est bon pour tous ». C’est ainsi, en effet, que je vois les choses. Et le groupe institutionnel qui doit le faire, le parti, doit être guidé par le même esprit « républicain ».

Jean-Luc Mélenchon, les cadres du Parti de Gauche, le Parti de Gauche, les militant-e-s du Parti de Gauche, mais aussi la plupart des militant-e-s du PCF et d’Ensemble, portent le drapeau de la 6e République, une République où le peuple est aux commandes. Je ne sors pas de cette logique dans tout ce que je défends.

On ne saurait opposer la question de l’organisation et celle du projet car si l’une est de la cuisine quand l’autre justifie que nous existions, on ne pourra convaincre le peuple de souscrire à ce projet si l’organisation qui le porte souffre de ce que nous connaissons.

Chacun son rôle.

Nous, militant-e-s de base avons le devoir ET de réfléchir à la mise à jour de notre projet, ET de le porter devant le peuple, ET de prendre à bras le corps la question de l’organisation.

Les cadres des partis ont eux la charge de les faire fonctionner, de coordonner les actions des militant-e-s, de leur permettre de communiquer entre eux au-delà des comités locaux, de se préparer à assumer d’importantes fonctions au gouvernement pour le jour où le peuple nous y appellera. Ils ne devraient pas chercher à court-circuiter les demandes en faveur de plus de démocratie de la part des militant-e-s. Ils devraient comprendre pourquoi elles existent. Le but n’est pas de prendre leur place mais de commencer à faire chez nous ce que nous promettons de faire demain lorsque nous serons au pouvoir de la République.

Le Front de gauche peut retrouver le chemin du peuple – par « La Gauche d’opposition* » – Copyright Marianne

JLM en ombre chinoise sur fond drapeau FdG

* « La Gauche d’opposition » est un groupe de réflexion s’appuyant notamment sur les travaux de Jacques Sapir et Aurélien Bernier et visant à « aider le Front de gauche à rompre avec ses tabous » comme la question de la sortie de l’euro. Retrouvez ici leur site. 

Pour le groupe de réflexion « La Gauche d’opposition », le Front de gauche a commis l’erreur, pendant ces européennes, de jouer la même musique de « l’Europe sociale » que le PS. Pour ses membres, les solutions avancées par « les Sapir, les Todd, les Bernier, les Lordon », notamment la sortie de l’euro, sont rejetées à tort par la gauche radicale. D’autant que, écrivent-ils, « le FN gagne en reprenant ce qui, pendant longtemps, a été nos propositions pour le socialisme républicain ».   

Les résultats des élections de dimanche ne sont pas une surprise. Pourtant, comme nous pouvions l’imaginer, beaucoup, notamment à gauche, poussent des cris d’orfraies, comme si l’étonnement était tel qu’il pouvait nous exonérer d’une analyse de la réalité.

Cela est dur à admettre, mais le vote de dimanche n’est malheureusement plus un vote de protestation, mais bien d’adhésion ! Alors, qui peut croire que le peuple français veuille revivre les heures les plus sombres de son histoire ? Serait-il prêt, bêtement, à s’offrir, corps et âme, à la bête brune ?

Certains le pensent et ne voient rien de mieux que de sonner le tocsin de l’union républicaine. Le FN, même s’il s’est construit sur la haine de l’autre, ne fait pourtant plus propagande sur son vieil ADN. Cela ne veut pas dire qu’il n’est plus en lui, mais que son succès ne s’est aucunement construit sur la haine de l’autre. Pendant cette campagne, il a plus parlé que nous de l’État-nation, seul levier apparent pour résister au libéralisme financier.

Ainsi, le FN gagne en reprenant ce qui, pendant longtemps, a été nos propositions pour le socialisme républicain. Les Français ne cherchent pas aujourd’hui un état policier, mais bien un état qui saurait faire la police dans les échanges financiers, contre la délinquance bruxelloise qui brise les liens sociaux et contre les criminels qui détruisent nos services sociaux.

Le Front de gauche a su créer l’espoir en 2012 en constituant cette force de résistance et de conquête. L’élan populaire, le soutien d’intellectuels, nous offraient une crédibilité toute nouvelle depuis l’effondrement du bloc de l’Est. Pourtant, aujourd’hui, nous ne sommes plus une force qui attire. Nous perdons des voix et des soutiens.

Le Front de gauche rejoue le procès en « populisme » qu’il subit si souvent

Les Sapir, les Todd, les Bernier, les Lordon, pourtant proches de nous, défendent la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Au lieu de chercher à comprendre leur radicalité, nous les rejetons. Non pas parce que nous sommes en désaccord avec eux. Cela se comprendrait et nous n’aurions rien à dire. Mais nous les rejetons uniquement parce que le FN tire les mêmes conclusions. Ainsi, pour élaborer notre discours, nous ne cherchons plus l’intérêt du peuple, mais nous fixons l’objectif de ne pas être identifiables au FN.

Le Front de gauche, sans s’en rendre, rejoue le procès en « populisme » qu’il subit si souvent. Il alimente ainsi l’idée que les fronts se retrouvent toujours et il annihile la réalité de différences profondes.

Le Front de gauche a donc décidé d’abandonner l’idée de la nation française, de la souveraineté populaire, de la lutte contre les flux financiers qui nécessite un protectionnisme. Il préfère « rompre et refonder » l’Europe. Nous jouons le même morceau que « l’Europe sociale » des socialistes. Seule la méthode change. Mais, le peuple français se refuse à écouter à nouveau cette mélodie qui lui a déjà tant couté en qualité de vie.

Défendre la souveraineté populaire, la France, ce n’est pas vouloir des défilés de chemises noires dans nos rues, mais c’est le résultat de l’analyse que la démocratie nécessite une conscientisation d’un intérêt général commun. Et, c’est parce que les citoyens se retrouvent dedans qu’ils peuvent accepter la règle du plus grand nombre. Croire que ce sentiment ou que cette discipline peut exister en Europe est un doux rêve. Mais un rêve qui se transforme en cauchemar à force de tout construire autour.

Défendre la sortie de l’euro et revenir à un régime de souveraineté populaire en France peut permettre de redécouvrir le chemin du peuple et du progrès social. Et en le retrouvant, en défendant un programme légalement et politiquement crédible, alors nous pouvons faire fructifier le feu révolutionnaire qui vit en chacun de nous.

Chez la Gauche d’opposition, nous avons la sensation de voir chez une partie du Front de gauche qui partage l’idée de révolutionner l’Union européenne, la même bêtise que chez ceux qui croyaient possible la monarchie constitutionnelle. Comme eux, ils savent que le monde change et qu’il faut aller de l’avant. Comme eux, il rêve d’un monde plus juste, de progrès et de solidarité. Pourtant, comme eux, ils ne voient pas que le roi était mort dès le 14 juillet 1789.

Nous, nous ne disons rien d’autre. L’Union européenne est morte lors du referendum en 2005. Le peuple attend de la gauche radicale qu’elle fasse tomber sa tête. Pour cela, la Gauche d’opposition croit en la nécessité de réunir toutes les bonnes volontés à gauche dans des Assises qui permettraient enfin de rompre une bonne fois pour toutes avec les vieilles lunes européennes et revenir à ce que nous savons faire, changer la France. Et enfin, en libérant la voix du peuple français, d’autres, partout en Europe et dans le monde, pourront entendre les vibrations de nos cris de désir insatiable de liberté, d’égalité et de fraternité.

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Assises du Front de Gauche… Pourquoi ? Comment ? Je livre ma contribution.

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Nous, militant-e-s du FRONT DE GAUCHE, que nous soyons – ou pas – membres du Parti de Gauche, du Parti Communiste Français, d’Ensemble, ou d’autres partis et organisations, mais qui sommes attaché-e-s à cet outil politique et voulons lui permettre de se développer, de se démocratiser, et de s’ouvrir, avons lancé, il y a quelques  semaines, un APPEL NATIONAL POUR DES ASSISES DU FRONT DE GAUCHE.

Un millier de personnes environ sont signataires de cet appel. C’est peu au regard du nombre total de militant-e-s des différents partis du Front de Gauche. NOUS AVONS BESOIN DE VOUS. SIGNEZ CET APPEL ET FAÎTES-LE SIGNER AUTOUR DE VOUS.

Il a un but et un seul : obtenir la mise en place d’ASSISES DU FRONT DE GAUCHE qui nous permettront, COLLECTIVEMENT, de nous sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons.

Certain-e-s militant-e-s nous ont rejoints immédiatement, dans les heures et les jours suivant sa publication.

D’autres nous ont fait savoir qu’ils réfléchissaient à la question de leur engagement à nos côtés et nous rejoindraient, peut-être disaient les uns, sans doute affirmaient les autres, mais ultérieurement. Parmi ces derniers, quelques-un-e-s  sont passé-e-s à l’acte depuis. D’autres non.

D’autres encore nous ont fait savoir qu’ils ou elles refusaient de  signer, pour diverses raisons.

  • Les uns ont avancé l’argument que l’appel était « hostile au PCF » ou que c’était une « marque de défiance envers le PG » ou encore que c’était un texte « destiné à gêner Ensemble et à l’empêcher de se développer. » Rien de tout cela ! Ces jugements sont infondés. Ce sont des erreurs d’interprétation. Cet appel n’a ni pour objet, ni pour motifs de cibler spécifiquement un parti, pas plus qu’il ne cible un ou une porte-parole. Quels que soient les avis (et ils sont divers) de chacun des signataires sur tel ou tel parti du Front de Gauche, sur tel ou telle porte-parole, sur tel ou tel comportement des uns et des autres, sur tel ou tel choix stratégique ou tactique des uns et des autres, ou sur le Front de Gauche en tant que tel, nous avons, COLLECTIVEMENT, le désir, l’espoir, le projet, l’ambition de fédérer tous les militants et toutes les militantes qui se reconnaissent dans le FRONT DE GAUCHE… ou qui voudraient pouvoir s’y reconnaître mais sans être contraint-e-s d’entrer dans un des partis le constituant, alors qu’en l’état de la situation, c’est le seul moyen concret de le faire. Et ces « comités » n’ont aucune existence juridique, ils sont donc des forums sans véritable pouvoir, en tout cas sans pouvoir décisionnel. Or, nous  voulons que les militant-e-s décident SOUVERAINEMENT de leur destin collectif.
  • D’autres encore ont refusé de signer l’appel sous prétexte que nous voulions nous « dresser contre les partis ». Ce n’est pas notre intention. Les partis existent et nous ne saurions les ignorer. De même, il nous semble illusoire de vouloir créer une force populaire hostile aux partis qui sont, par essence, des outils de la démocratie et des armes pacifiques, républicaines, démocratiques d’accession au pouvoir. Les partis sont aussi – ou devraient être – des forums et des centres d’éducation populaire. Nous nous inscrivons dans une démarche politique et pas revendicative. Nous sommes nombreux, parmi les signataires de l’appel, je l’ai dit, à être actifs dans les partis du FRONT DE GAUCHE et nous  leur sommes attaché-e-s sans quoi nous ne les aurions pas rejoints. Mais nous pensons que les « appareils » des partis ne peuvent décider de tout sur tout. À notre époque, et dans les circonstances que nous vivons, les partis doivent évoluer, aussi bien dans leurs pratiques que dans leur nature, or ils évoluent trop lentement et il est parfois difficile de faire entendre la voix de la base. Alors nous voulons « secouer le cocotier » et faire bouger les lignes. En  outre, NOUS AVONS CECI DE PARTICULIER QUE NOUS VOYONS AU-DELA DE NOS PARTIS RESPECTIFS. Nous visons le DÉPASSEMENT de nos partis. Nous n’avons pas comme seul objectif de gagner aux dépens des autres mais de GAGNER TOUS ENSEMBLE. Le FRONT DE GAUCHE avait, à l’origine, un destin de mouvement collectif et beaucoup de militant-e-s l’avaient rejoint pour cela, espérant qu’il deviendrait une organisation unitaire. Nous savons pourquoi cela ne fut pas possible. Nous en prenons acte mais nous n’abandonnons pas pour autant cette perspective et nous allons nous battre pour qu’elle soit discutée. Nous avons l’espoir de faire évoluer les esprits sur la question. Nous considérons toujours, ET PLUS QUE JAMAIS AUJOURD’HUI, que le FRONT DE GAUCHE  doit s’unifier.

En effet, il ne peut plus demeurer un cartel de partis car nous constatons, depuis deux ans, quels problèmes cela nous pose à tous. Il nous faut évoluer dans la physionomie du FRONT DE GAUCHE comme dans ses manières d’agir et de  décider.

ENSEMBLE a montré la voie du regroupement. Il faut que nous nous inscrivions dans cette logique de RASSEMBLEMENT et sortir de ce système où les décisions résultent seulement de coordinations au sommet, à Paris, ou en province, sur lesquelles la masse des militant-e-s n’a aucune influence. Nous portons l’objectif d’une fusion des partis constituant le FRONT DE GAUCHE en une seule organisation,  nouvelle, se substituant à toutes celles préexistantes.

Cette nouvelle organisation devra être :

  • suffisamment OUVERTE pour que des militant-e-s qui, aujourd’hui, ne sont pas, statutairement parlant, lié-e-s au FRONT DE GAUCHE, soit parce qu’ils ou elles sont issu-e-s d’autres partis qui lui sont extérieurs, soit parce qu’ils ou elles ne sont membres d’aucun parti, puissent nous rejoindre et ce, sans avoir l’impression désagréable, voire humiliante, « d’aller à Canossa » en devant intégrer l’un des partis existants qu’ils avaient jusqu’ici combattu ou, au minimum, dont ils ou elles s’étaient tenu-e-s à distance. Nous devons nous placer dans la situation de militant-e-s qui ouvrent les bras en toute bonne foi, en toute bonne volonté, à toutes celles et tous ceux qui n’ont d’autre but que d’ouvrir une voie nouvelle puisque, jusqu’à  présent, nous stagnons collectivement…
  •  suffisamment CLAIRE et FERME sur une ligne politique décidée COLLECTIVEMENT et DÉMOCRATIQUEMENT afin de ne plus souffrir de la légitime critique d’être incohérente et donc peu  crédible ce qui récemment nous a conduit à subir une cruelle sanction électorale pour nos candidat-e-s.

Nous pourrions commencer par réfléchir à une CHARTE COMMUNE qui exposerait les conditions minimales à respecter pour être accueilli au sein de ce FRONT DE GAUCHE nouvelle formule. Chaque militant-e qui souhaiterait adhérer à cette organisation signerait cette charte et s’engagerait à en respecter les  principes. Les militant-e-s des partis constitutifs du FRONT DE GAUCHE actuel ne seraient pas membres de droit mais devraient signer eux aussi cette CHARTE s’ils veulent participer de ce FRONT DE GAUCHE nouvelle formule. En accomplissant ce geste volontaire d’adhésion, ils manifesteraient leur désir de passer à une nouvelle étape.

Cette charte serait en quelque sorte notre « constitution » commune et se différencierait de nos « lois », c’est-à-dire de nos choix concrets sur les différents sujets de l’action publique et de la réflexion politique, lesquels seraient définis COLLECTIVEMENT, au moyen de votes démocratiquement organisés, intervenant au terme de débats sérieux et suffisamment étendus dans l’espace et dans le temps pour que chaque militant-e prenne sa part du travail collectif et ne s’en sente pas exclu. Ces propositions concrètes pour chacune des thématiques (économie, affaires sociales, justice, politique étrangère, défense, droits et libertés, culture…) seraient toujours modifiables par la même voie que celle de leur adoption, pour autant que nos principes stratégiques, inscrits  dans la charte, c’est-à-dire en quelque sorte notre socle commun, notre « constitution », soient, eux, toujours honorés.

Tout ce que j’ai développé ci-dessus ne figure pas dans l’APPEL POUR DES ASSISES DU FRONT DE GAUCHE car cet appel a un seul objet : rassembler le maximum de signataires afin de pousser à l’organisation d’ASSISES DU FRONT DE GAUCHE tandis que les développements ci-dessus ne sont que ma propre contribution, ma propre réflexion, sur des éléments un peu plus précis, et ces propos n’engagent  que moi. Les signataires de l’appel ne sauraient être liés par eux de quelque manière que ce soit. Cela va de soi sans le dire mais c’est mieux en le disant… Si j’utilise le « nous » au lieu du « je », ce n’est que pour exprimer l’idée que je n’imagine pas autre chose qu’une délibération collective et je soumets seulement une contribution au débat général. Sans doute qu’à la suite de cette contribution, d’autres signataires  publieront les leurs. C’est déjà un débat qui ne fait que commencer… Alimentez-le par vos propres réflexions, propositions, souhaits, critiques…

Rejoignez-nous.

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Commencez à réfléchir aux voies et modalités de l’organisation de telles ASSISES.

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Je vais maintenant évoquer, à grands traits, comment je vois les choses pour passer de la théorie à la pratique. Ce qui va suivre n’est qu’une proposition personnelle qui n’engage que moi mais dont j’espère qu’elle sera  une étincelle ouvrant le débat.

Ces ASSISES ne sauraient se limiter à une seule grande réunion parisienne. Des ASSISES DU FRONT DE GAUCHE doivent être organisées dans toutes les régions de France et ces ASSISES se tiendraient sur une période de plusieurs mois, avec des réunions périodiques : certaines de type « assemblées plénières » ou « assemblées générales » destinées à faire adopter les principales décisions, d’autres en comités plus restreints destinés au travail de fond de préparation. Des commissions locales assureraient la préparation et l’organisation du travail et une commission nationale se chargerait de la coordination de toutes les actions régionales.

On pourrait ouvrir des « cahiers de doléances » qui permettraient aux militant-e-s d’exprimer leurs critiques comme leurs satisfecits, d’exposer leurs récriminations comme de faire partager leurs propositions. Des groupes de travail seraient chargés d’étudier ces « cahiers de doléances », de les résumer, de répartir les éléments des contributions militantes dans chacune des grandes thématiques puis de préparer les séances plénières destinées à adopter les décisions  collectives.

Peu à peu, au fur et à mesure de l’avancée de ce travail, par la logique de l’entonnoir, une commission nationale compilerait les résultats des différentes régions en vue d’un congrès fondateur destiné à faire naître cette organisation nouvelle que nous appelons de nos vœux et qui serait alors, sans aucun doute, bien plus armée, après un tel  travail « constituant », que le FRONT DE GAUCHE actuel.

Nous sommes tous, au FRONT DE GAUCHE, hostiles à la 5e République et portons le projet de changer de régime. Notre désir de 6e République, nous l’avons réfléchi et nous avons expliqué qu’il serait le résultat de l’implication populaire au moyen d’une « Assemblée Constituante », élue par tous les électeurs, qui permettrait à tous les citoyens français de  définir ensemble le contenu de cette nouvelle constitution.

Je pense que nous pouvons et devrions transposer cette démarche pour la création de cette organisation nouvelle que pour l’instant – faute de mieux car nous n’avons pas réfléchi à la question – je nomme FRONT DU PEUPLE. Il va sans  dire que le nom sera un des points à décider ensemble.

Je n’imagine pas que le travail auquel j’ai fait allusion ci-dessus puisse être accompli en quelques semaines. Je pense que nous devons prendre le temps nécessaire. Ci-dessous, je propose un calendrier d’action :

Suggestion de calendrier:

– de septembre à décembre 2014 : préparation du travail, élection des délégués à la commission nationale, organisation générale des ASSISES

– de janvier à décembre 2015 : travail de fond dans les départements et les régions

– de janvier à juin 2016 : synthèse des travaux et remontée de ceux-ci à la commission nationale

– de septembre à décembre 2016 : préparation du congrès fondateur

– janvier 2017 : organisation du congrès fondateur

En tout cas, je pense qu’il est urgent de commencer à nous organiser concrètement au niveau local. Des comités du Front de Gauche existent déjà dans plusieurs endroits de France. Il nous faudrait désigner assez vite des responsables de groupes de travail par département ou par circonscription électorale afin de démarrer le travail de fond. Ensuite, une fois les groupes de travail en place et dès lors qu’ils seraient constitués d’un nombre suffisant de membres (ce nombre étant à définir et pouvant bien sûr varier au regard de considérations démographiques ou autres), ces groupes de travail locaux éliraient des délégués pour siéger dans une commission nationale chargée, elle, comme je l’ai dit plus haut, du travail de coordination générale.

Les groupes de travail locaux (au niveau du département ou des circonscriptions électorales) se réuniraient une fois par semaine et une réunion plénière de ces groupes locaux aurait lieu tous les mois. Au niveau de la coordination régionale des réunions seraient organisées avec une fréquence trimestrielle et auraient  pour objet de synthétiser le travail des comités locaux.

Ces plénières régionales transmettraient les résultats de leurs délibérations à la commission nationale qui aurait trois mois pour préparer le congrès fondateur. Ce dernier serait organisé sur deux jours dans une ville choisie par la commission nationale  mais en ayant comme critère que le maximum de militant-e-s puissent s’y rendre aisément  et s’y loger à moindre coût.

L’outil internet nous permetra bien des échanges. Nous trouverons les voies les plus adaptées pour s’en servir au mieux.

Ainsi, après environ 30 mois de travail et après 4 grandes réunions plénières régionales (une par trimestre en 2015), les militant-e-s du FRONT DE GAUCHE et, je n’en doute pas, beaucoup d’autres venu-e-s d’ailleurs, auraient collectivement mis en  place un outil de conquête effective du pouvoir.

Certes c’est un projet ambitieux mais notre peuple a besoin de croire de nouveau qu’un autre monde est possible, un monde où Liberté-Égalité-Fraternité seraient redevenues des principes quotidiennement appliqués, un monde où justice, humanisme, tolérance et partage ne seraient plus des utopies à jamais inaccessibles, un monde où la paix, la concorde et l’harmonie  entre les peuples et les nations seraient recherchées en permanence.

Faut-il qu’une fois de plus nous nous taisions ou n’est-il pas plus judicieux que nous l’ouvrions ?

Depuis dimanche, diverses publications de personnes qui ne sont pas que de simples militant-e-s mais aussi des responsables ou des élu-e-s, donnent la très désagréable impression de vouloir que tout le monde se taise, que personne ne se plaigne de rien, ne soulève aucune question, n’émette aucune critique… Comme ça finit par devenir une mauvaise habitude récurrente, ça commence à devenir aussi très dangereux… Continuons ainsi et nos partis se videront de leur sang militant.

C’est en effet mal connaître les militant-e-s du Front de Gauche que de penser qu’on les fera taire. Chacun de nous sera responsable dans ce qu’il dira, j’en suis certain, mais ce n’est pas manquer à l’esprit de responsabilité que d’exiger un vrai débat.

Au FRONT DE GAUCHE, en général, nous sommes tous épris de DÉ-MO-CRA-TIE. Nous ne cessons de disserter sur ce sujet. Nous mettons l’exigence démocratique au-dessus de tout. C’est ce que j’ai cru comprendre. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous portons le projet de révolution citoyenne et de 6e République.

Il est temps de passer aux actes et de commencer à en faire la preuve au sein de notre FRONT DE GAUCHE.

Nos porte-paroles, locaux ou nationaux, ne peuvent décider de tout entre eux ou dans les seules hautes sphères. La base n’a pas été consultée pour le choix des têtes de listes alors que nous prônons la démocratie. Moi, ça m’a très fortement dérangé et j’ai la faiblesse de penser que je ne suis pas le seul à ressentir ce malaise. Mon propre choix n’aurait sans doute pas été différent de celui qui a été fait par celles et ceux qui en ont décidé mais je juge que c’était mon droit de militant que de pouvoir voter sur ce point. On ne nous l’a pas donné. C’est un mauvais signal. Ce n’est pas la démocratie quand les décisions sont prises par un petit nombre de personnes au sommet.

Pour ce qui concerne mon parti, le Parti de Gauche, les têtes de listes désignées par le Bureau National étaient sans doute de très bons choix. Mon propos ne vise pas à le contester, mais c’est une « proposition » qui aurait dû nous être faite. Nous aurions dû recevoir des « déclarations de candidature » motivées et les militant-e-s auraient décidé eux-mêmes, par un vote, dans chacune des grandes régions. C’est ainsi que nous aurions prouvé notre sincérité de mettre en œuvre la démocratie dont nous ne cessons de prêcher le principe ..

Par ailleurs, il faut s’interroger (j’use ici d’une litote…) sur la pertinence de répéter, comme des mantras, des phrases qui ne passent pas dans le peuple. Ce n’est pas, bien sûr, parce que nous sommes minoritaires que nous devons adopter le discours de ceux que nous combattons. Mais sans avoir à nous transformer en ce que nous abhorrons, nous devons nous remettre en cause quand on n’est pas entendus. Nous connaissons les contraintes et les hostilités nombreuses auxquelles nous avons à faire face, mais nous devons faire avec, et trouver des moyens de passer outre ces obstacles. Nous avons déjà eu quelques bonnes idées en la matière.

Nous devons compter sur d’autres outils que le jeu médiatique. Ce qui n’empêche pas que nous nous plaignions, aussi souvent que possible, de la situation d’inégalité chronique et manifeste dans laquelle nous nous trouvons (comme d’autres), voire que nous intentions toutes les actions en justice nécessaires pour faire reconnaître les violations de nos droits lorsqu’elles sont avérées. Mais nous devons nous battre avec nos forces, sans attendre que l’on nous serve la soupe.

Nous ne devons pas pratiquer le déni, du type de celui auquel nous assistons depuis dimanche, y compris au FRONT DE GAUCHE.

Certains militant-e-s dont je suis, venus de divers horizons, avons lancé, il y a quelques semaines, un appel national pour des ASSISES DU FRONT DE GAUCHE.

C’est un bon moyen de mener le débat et, au terme de celui-ci, de prendre des décisions fortes en vue de notre renaissance.

Rompons enfin vraiment avec le Parti Socialiste – Par Guillaume Étiévant*

Guillaume Étiévant

* C’est le Secrétaire national du Parti de Gauche chargé de l’économie

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Une nouvelle période s’ouvre à nous. Beaucoup d’incertitudes pesaient sur le scrutin de dimanche soir. Après des années d’embourgeoisement de la population parisienne, qu’allait-il rester de l’électorat de gauche ? Dès qu’une famille s’agrandit, elle doit quitter Paris, incapable de survivre à un loyer plus élevé. Et ceux qui restent sont exclus de leur propre quartier. Les commerces où ils avaient leurs habitudes ferment au profit de boutiques et de brasseries hors de prix. Des rues entières sont dévorées par la grande distribution, défigurées par la société de consommation, et des masses de riches s’agglutinent dans nos rues, prêts à payer très chers ce à quoi les habitants n’ont plus droit, faute de moyens.

Dans cet enfer des pauvres, les riches s’épanouissent. L’urbanisme parisien propose des styles de vie, des communautés, des lieux de consommations « ethniques » et « éthiques » qui permettent la jouissance cosmopolite des plus riches. Chacun pense être libre de ses choix et, comme le note le marxiste David Harvey, « l’éthique néolibérale de l’individualisme possessif et son corrélat, la fin du soutien politique à toute forme d’action collective, devient le modèle de socialisation de la personnalité humaine ». L’horizon principal de la bourgeoisie parisienne qui se pense de gauche est son modèle de consommation ludique, désinvolte, et qui lui donne l’impression d’être transgressive. Elle vit son obéissance à l’ordre consumériste et néolibéral comme une modalité exemplaire de son engagement.

Une stratégie à la croisée de deux électorats

Dans le grand divertissement social-démocrate, l’activisme mondain empêche l’activisme politique. Pendant la campagne présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon a toutefois réussi à exister dans cette mondanité. Une partie du vote des Parisiens les plus aisés pour notre candidat était guidé par le besoin de se distinguer. Le personnage médiatique que constituait Jean-Luc Mélenchon a su attirer, comme Arlette Laguiller et Olivier Besancenot avant lui, le vote des pseudo-nantis qui voyaient en lui un moyen d’effectuer un acte subversif qu’ils croyaient sans conséquence. Oui, ça a été cool, pour eux, pendant cette période, de voter pour le Front de Gauche.

Mais cela ne pouvait pas être durable. Car les bourgeois, ou ceux qui se comportent comme tels, ne veulent pas changer le monde, ils veulent le ratifier. Ils souhaitent se donner une conscience justifiant leur condition. Le bourgeois parisien, qu’il se croie bohème ou pas, ne peut pour le moment s’engager dans un processus révolutionnaire de long terme. Une partie de nos sympathisants ont ainsi cessé de nous soutenir quand la situation s’est complexifiée après les présidentielles, quand ils ont compris que Jean-Luc Mélenchon n’était pas qu’un bon client des médias et un tribun lettré, mais aussi et surtout un dirigeant politique d’ampleur historique s’élevant à l’universalité du concept et construisant une force d’opposition au gouvernement. Un jour, une partie de cet électorat nous suivra. Si nous arrivons à construire un mouvement de grande ampleur, nous réussirons à les convaincre que l’intérêt général que nous défendons est aussi le leur.

L’une de nos erreurs dans cette élection parisienne a été à tout prix d’essayer de retrouver cet électorat et donc de ne pas aller au bout de notre stratégie. Les ambitions électorales du Parti de Gauche ont toujours été à la croisée de nos deux électorats : celui que nous visons principalement, c’est-à-dire les classes populaires et l’électorat du péri urbain, mais qui s’abstient considérablement et se tourne de plus en plus vers le FN, et celui qui vote déjà davantage pour nous, c’est-à-dire l’électorat issu principalement des grandes villes, du tertiaire et de la fonction publique.

La campagne parisienne s’est située en plein dans cette contradiction : une campagne résolument orientée dans l’opposition de gauche et assumant ouvertement le maintien au second tour aurait pu nous faire gagner des voix auprès de l’électorat populaire mais risquait de nous en faire perdre auprès notre principal électorat à Paris. Nous avons donc navigué difficilement en affirmant notre opposition, sans toutefois aller au bout de sa logique, c’est-à-dire l’annonce du maintien systématique au deuxième tour. Résultat : nous avons perdu beaucoup de voix chez les électeurs les plus aisés, pour qui nous sommes apparus en trop grande opposition à la mairie PS, et nous n’en avons pas gagné dans l’électorat populaire, qui nous voit encore trop comme des alliés naturels du PS. Contrairement à l’élection présidentielle, nos scores sont faibles dans les grandes villes alors que nous résistons dans le péri urbain, puisque notre moyenne nationale est de plus de 11%.

Logique, dans ces conditions, que le Front de Gauche ne fasse que 5% à Paris. Une bonne partie de la bourgeoisie parisienne de sensibilité de gauche a préféré voter pour EELV, c’est-à-dire pour l’écologisme mondain. Leur campagne dépolitisée uniquement orientée sur les questions de société et ne contestant pas le gouvernement a su rassurer beaucoup de Parisiens aisés, tandis que notre stratégie d’opposition n’a eu de l’écho que chez les classes populaires, qui se sont beaucoup abstenues. Le théâtre d’ombres médiatique a volontairement rendu invisible notre campagne et notre combat s’y est résumé à celui de Jean-Luc Mélenchon traîné dans la boue par le moralisme indigné des médias bourgeois. Impossible dès lors, malgré nos combats locaux, de prendre le dessus sur les deux entrées du néolibéralisme, celle de « gauche » et celle de droite. Nous aurions dû cliver encore plus fortement avec le PS et ne pas avoir peur de perdre ainsi une partie de notre électorat : nous l’avions de toute manière en partie déjà perdu, comme le prouvent désormais nos résultats à Paris.

Le mépris du PS face à la force de notre militantisme

Nous avons vaillamment fait campagne dans notre arrondissement, le 10ème, véritable laboratoire de la décomposition politique parisienne, en multipliant les ballades militantes et les portes à porte pour convaincre chaque personne une par une. Les camarades du 10ème ont fait preuve d’un sens du dévouement remarquable, en premier lieu Paul Vannier, co-secrétaire départemental, Nolwenn Neveu, co-secrétaire du Comité 10ème et co-présidente de la Commission économie du Parti de Gauche et Sarah Legrain, membre du bureau du Conseil national du Parti de Gauche. Notre score de 6,5%, dans les conditions sociologiques de notre arrondissement, est une prouesse due uniquement à la détermination et à l’intelligence collective des camarades. Il est largement supérieur à la moyenne parisienne et se situe dans la moyenne des résultats constatés dans les grandes villes (7% à Marseille, 5% à Toulouse, 5% à Nantes, 4,7% à Bordeaux, 6% à Lille, 7 % à Lyon, etc.). Ce que nous avons construit dans cette campagne dépasse le moment présent. Le Front de Gauche existe désormais pour les citoyens du 10ème arrondissement de Paris, il faut continuer à le structurer. Je garderai toujours en mémoire le courage de mes camarades, sacrifiant la majeure partie de leur temps libre pour l’idéal que nous défendons et n’ayant en tête que l’absolue nécessité d’une politique guidée vers l’intérêt général. Nous nous sommes battus pour quelque chose de plus grand que nous. Nous sommes maintenant sur un chemin qui va se poursuivre.

Après les résultats du premier tour, le PS a fait preuve d’un mépris hallucinant pour nos listes parisiennes. Ils nous ont proposé une réunion de négociation, pour laquelle ils ont reçu notre délégation dans un cagibi rempli de papiers toilettes (je vous renvoie sur ce sujet à la note de mon camarade Alexis Corbière : http://www.alexis-corbiere.com). Rémi Féraud, premier fédéral PS et triste maire du 10ème arrondissement, a refusé de discuter et a laissé le PCF faire ses basses besognes, c’est-à-dire poser des conditions inacceptables : l’engagement à voter tous les budgets, à participer aux exécutifs et à expier nos péchés. On comprend bien la manœuvre de ces professionnels de la politique : souhaitant préserver leur place et leur rémunération, alors que le Front de Gauche a fait 10% des voix de gauche à Paris, il était hors de question pour eux d’aboutir à un accord. Le PCF parisien avait auparavant démontré ses capacités de nuisance en menant une campagne active pour les listes gouvernementales, en arrachant systématiquement nos affiches Front de Gauche, en les dégradant, en y collant des autocollants faisant disparaitre notre logo et les adresses de nos réunions publiques, y compris sur les panneaux officiels électoraux. Dans le 10ème, la section PCF a tout fait pour tuer notre campagne, en utilisant massivement le logo Front de Gauche sur le matériel du PS. Certains militants du PCF ont participé activement à la démolition du Front de Gauche voulue par le gouvernement, créant ainsi une confusion considérable dans l’esprit de nos concitoyens, et que nous avons payée dans les urnes.

Il est temps de rompre

Pour des jeunes militants comme nous, qui faisons de la politique pour défendre des idées, qui n’attendons aucun honneur, qui ne sommes là que pour la grandeur du projet politique que nous portons, qui n’avons pas pour but de vivre de la politique, il a été très dur de subir ces semaines de campagnes face à ces renégats guidés quasi exclusivement par la volonté de maintenir la rente financière que constitue un mandat au Conseil de Paris.

Ce mépris, cette suffisance, de l’appareil socialiste et de ses alliés, témoignent de cette nouvelle phase politique qui s’ouvre devant nous. Notre résultat est la traduction de la séquence historique dans laquelle nous sommes. Il faut en tirer toutes les conclusions. Depuis dimanche soir, l’horizon s’est éclairci. Le comportement du PS-PCF qui méprise notre électorat contribue à clarifier la situation. Nous avons décidé collectivement de refuser d’appeler à voter pour le Parti Socialiste au deuxième tour. C’est une rupture considérable par rapport à la tradition de la gauche. Il faut en finir avec cette confrontation complice entre la droite et la gauche du néolibéralisme et concentrer tout notre engagement vers l’électorat populaire. Au Front de Gauche, nous défendrons jusqu’au bout le peuple, c’est-à-dire ceux qui peinent, qui produisent, qui paient, qui souffrent et qui meurent pour les actionnaires. Pour cela, il faut rompre enfin vraiment avec le Parti Socialiste, c’est-à-dire ne plus envisager le moindre accord avec eux.