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Appel aux insoumis: nous voterons Jean-Luc Mélenchon le 23 Avril et le 7 Mai !

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Avertissement: cet appel n’est pas une initiative de la campagne officielle de Jean-Luc Mélenchon. Nous sommes des citoyens insoumis de base désireux d’aider à la campagne, et nous voulons que notre appel soit discuté voire amendé par les groupes d’appui. Si vous souhaitez nous laisser vos coordonnées pour être recontactés, merci de remplir le formulaire à cette adresse.

Appel aux insoumis: nous voterons Jean-Luc Mélenchon le 23 Avril et le 7 Mai, pour qu’ils dégagent tous !

Nous citoyens, militants politiques et associatifs, enfants politiques des idées de Frédéric Lordon, François Ruffin et Nuit Debout, nous nous engageons aujourd’hui publiquement à deux mois de l’élection. L’offre politique est dorénavant connue, et un seul candidat propose un projet répondant à la crise démocratique, écologique et sociale : Jean-Luc Mélenchon.

Il est le seul à répondre à nos attentes : redistribuer les richesses accaparées par une petite « élite », dégager les politiciens corrompus qui nous gouvernent, partager le travail et créer des millions d’emplois afin que chacun puisse enfin vivre dignement dans un environnement sain. Surtout, il est le seul candidat à proposer une méthode claire pour mettre en œuvre ce projet : rendre sa souveraineté au peuple de France, en convoquant une constituante et en se libérant de l’OTAN, de l’Union Européenne et des marchés financiers.

Sur tous ces thèmes, Jean-Luc Mélenchon n’est pas le candidat d’une minorité éclairée, mais l’expression de l’opinion majoritaire qui n’est pas représentée par les partis politiques. Il est le seul à proposer un projet national capable de recréer un sentiment d’appartenance collective et de renouer avec la tradition de la Révolution Française, de la Commune de Paris et du Conseil National de la Résistance. Et le mouvement France insoumise est la seule tentative existante de mettre fin au régime des partis et de répondre à la demande d’implication citoyenne qui s’est exprimée lors de Nuit debout et du mouvement contre la loi Travail.

Nous ne sommes pas dupes des promesses mensongères véhiculées par le Parti Socialiste, qui décidément devrait présenter des excuses plutôt que des candidats. Comment apporter le moindre crédit à un parti qui ose présenter Myriam El-Khomri comme candidate aux législatives ? Ce mensonge permanent est finalement logique : le PS a toujours assumé la soumission à la zone de libre-échange qu’est l’Union Européenne derrière le mensonge d’une « autre Europe » qui n’existe pas et n’existera jamais ! Si pour nous, la sortie des traités de l’UE ne constitue pas une fin en soi, elle est bien le préalable indispensable et inéluctable à toute politique écologique et sociale. L’économiste Frédéric Lordon, entre autres, a expliqué la nécessité de la sortie de l’euro et comment l’organiser, en simultané d’une politique de socialisation des banques et de contrôle des capitaux.

De même, comment mener une politique de paix sans sortir de l’OTAN et rompre avec les politiques bellicistes des Etats-Unis, du gouvernement Israélien, des monarchies du Golfe et de l’UE ? Comment mener une politique de transition écologique sans cesser le paiement de la dette aux marchés financiers, dont les intérêts nous coûtent 50 milliards par an ? Seule la France insoumise apporte des réponses cohérentes et applicables à ces questions. Tout le reste n’est que mensonge et imposture.

Enfin, nous soutenons Jean-Luc Mélenchon car il est le seul candidat qui refuse toutes les logiques d’appareil et ne se ralliera à aucun des tenants du système, comme il l’a réaffirmé lors du meeting holographique du 5 février. Nous resterons ainsi fidèles au serment de la bourse du travail lancé par François Ruffin : Nous ne voterons plus jamais PS ! Et nous ne voterons pour aucun autre candidat, y compris face au FN, car nous avons compris que celui-ci n’est que la conséquence d’un système politique pourri jusqu’à la moelle ! Le seul moyen de sortir de ce piège mortel est de participer à un projet alternatif fédérant le peuple sur des solutions concrètes: celles de l‘Avenir en commun.

C’est pourquoi notre engagement se maintiendra après l’élection, sous forme d’un réseau transversal de groupes d’insoumis. Car comme l’a expliqué Frédéric Lordon, l’élection de Jean-Luc Mélenchon ne sera que le début d’un long processus et nécessitera un fort mouvement social pour mener à bien la révolution citoyenne. Nous serons dans tous les cas de figure déterminés à poursuivre notre combat au-delà des échéances électorales.

Pour toutes ces raisons nous mettrons, quoi qu’il arrive, un bulletin Mélenchon dans l’urne, au premier comme au second tour !

Pour signer vous aussi cette pétition, c’est ici.

 

Pour la république sociale – Par Frédéric Lordon – copyright Le Monde diplomatique mars 2016

C’est bien l’esprit de Lampedusa (1) qui plane sur l’époque : tout changer pour que rien ne change. Et encore, « tout changer »… A peine feindre. A moins, ce qui serait presque pire, qu’ils ne soient sincères : on ne peut pas exclure en effet que les protagonistes de la « primaire à gauche » soient convaincus de produire une innovation politique radicale, alors qu’ils bafouillent la langue morte de la Ve République. Le comble de l’engluement, c’est bien sûr de ne plus être capable de penser au-delà du monde où l’on est englué. Présidentialisation forcenée, partis spectraux, campagnes lunaires, vote utile, voilà la prison mentale que les initiateurs de la « primaire à gauche » prennent pour la Grande Evasion. Et pour conduire à quoi ? La fusion de la contribution sociale généralisée (CSG) et de l’impôt sur le revenu ? un programme en faveur de l’isolation des logements ? une forte déclaration sur la « réorientation de l’Europe » ?

Il est vrai que, comme la pierre du Nord (qui guérit les rhumatismes et les ongles incarnés) avait besoin pour s’écouler de se rehausser de la mention « Vu à la télé », l’étiquette « Soutenu par Libération » signale surtout le rossignol d’une parfaite innocuité, la subversion en peau de lapin bonne à n’estomaquer que les éditorialistes, comme si de l’inénarrable trio Joffrin-Goupil-Cohn-Bendit pouvait sortir autre chose qu’un cri d’amour pour le système, qui leur a tant donné et qu’il faut faire durer encore. En tout cas, il ne manque pas de personnel dans le service de réanimation, où la croyance qu’un tube de plus nous tirera d’affaire, n’a toujours pas désarmé.

Le cadavre que, contre toute raison, ses propres nécessiteux s’efforcent de prolonger, c’est celui de la « social-démocratie », entrée en France comme ailleurs dans le monde, dans sa phase de décomposition terminale. Pour avoir une idée du degré d’aveuglement où conduit parfois l’acharnement thérapeutique, il suffit de se figurer qu’aux yeux mêmes de ces infirmiers du désespoir, « toute la gauche » est une catégorie qui s’étend sans problème de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron — mais ce gouvernement ne s’est-il pas encore donné suffisamment de peine pour que nul n’ignore plus qu’il est de droite, et que, en bonne logique, une « primaire de gauche » ne saurait concerner aucun de ses membres ni de ses soutiens ?

En politique, les morts-vivants ont pour principe de survie l’inertie propre aux institutions établies et l’ossification des intérêts matériels. Le parti de droite socialiste, vidé de toute substance, ne tient plus que par ses murs — mais jusqu’à quand ? Aiguillonnée par de semblables intérêts, la gauche des boutiques, qui, à chaque occasion électorale, se fait prendre en photo sur le même pas de porte, car il faut bien préserver les droits du fricot — splendides images de Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse encadrant Claude Bartolone aux régionales —, n’a même plus le réflexe élémentaire de survie qui lui ferait apercevoir qu’elle est en train de se laisser gagner par la pourriture d’une époque finissante. Il n’y a plus rien à faire de ce champ de ruines, ni des institutions qui en empêchent la liquidation — et pas davantage de la guirlande des « primaires » qui pense faire oublier les gravats en y ajoutant une touche de décoration.

La seule chose dont nous pouvons être sûrs, c’est qu’aucune alternative réelle ne peut naître du jeu ordinaire des institutions de la Ve République et des organisations qui y flottent entre deux eaux le ventre à l’air. Cet ordre finissant, il va falloir lui passer sur le corps. Comme l’ont abondamment montré tous les mouvements de place et d’occupation, la réappropriation politique et les parlementarismes actuels sont dans un rapport d’antinomie radicale : la première n’a de chance que par la déposition (2) des seconds, institutions dont il est désormais établi qu’elles sont faites pour que surtout rien n’arrive — ce « rien » auquel la « primaire de gauche » est si passionnément vouée.

Le problème des mouvements « destituants », cependant, est qu’ils se condamnent eux-mêmes à l’inanité s’ils ne se résolvent pas à l’idée qu’aux grandes échelles il n’y a de politique qu’instituée, ou réinstituée, y compris de cette institution qu’ils ont d’abord voulu contourner : la représentation. C’est sans doute une ivresse particulière que de rester dans le suspens d’une sorte d’apesanteur politique, c’est-à-dire dans l’illusion d’une politique « horizontale » et affranchie de toute institution, mais si le mouvement ne revient pas sur terre à sa manière, c’est l’ordre établi qui se chargera de l’y ramener — et à la sienne. Mais alors, comment sortir de cette contradiction entre l’impossible prolongement du suspens « destituant »… et le fatal retour à l’écurie parlementaire ? Il n’y a qu’une seule réponse, presque logique, à cette question décisive : s’il faut revenir sur terre, c’est pour changer les formes mêmes de la politique.

La forme de la politique a un nom général : la Constitution. Comment s’organisent la délibération et la décision : c’est la Constitution qui le dit. Sauf à croire que délibération et décision peuvent se passer de toute organisation institutionnelle, et sauf à s’en remettre aux formes en place, le chemin de crête pour échapper à l’aporie précédente, le premier temps de la réappropriation, c’est bien la réécriture d’une Constitution, puisqu’elle seule décidera de nos réappropriations ultérieures. Architecture des niveaux de décision, règles de délibération, organisation de la subsidiarité (maximale), modes de désignation des représentants, ampleur de leurs délégations, forme de leur mandat, rotation, révocation, parité, composition sociale des assemblées, etc., toutes ces choses qui déterminent qui fait quoi en politique et qui a voix à quoi sont, par définition, l’affaire de la Constitution.

C’est à ce moment, en général, qu’on objecte à l’exercice constitutionnel son abstraction qui n’embraye sur rien, son étrangeté aux préoccupations concrètes des populations. Et c’est vrai : si elle n’est qu’un Meccano juridique formel coupé de tout, la simagrée constitutionnelle ne mérite pas une minute de peine ; on ne sait que trop comment elle est vouée à finir : en divertissement pour éditorialistes et en consolidation de la capture parlementaire. Mais contre cela le spectacle même de l’époque nous vaccine radicalement. Car il nous donne avec une grande force l’idée de savoir quoi faire d’une Constitution — la seule idée qui donne un sens à l’exercice constitutionnel. Une Constitution cesse en effet d’être un amusement hors-sol de juriste et redevient objet d’intérêt concret pour les citoyens mêmes, du moment où l’on sait à quel projet substantiel de société elle est subordonnée. Mais un tel projet, il nous suffit de contempler notre situation d’aujourd’hui pour en avoir aussitôt le négatif. Précarisation érigée en modèle de société, injustices honteuses, celles faites aux Goodyear, comme hier aux Conti, attaque inouïe contre le code du travail, toutes ces choses n’en disent qu’une : faire plier le salariat, parachever le règne du capital. Et puis là-dessus arrive un film, le Merci patron ! de François Ruffin, qui, en quelque sorte, ramasse tous ces motifs d’indignation mais les transmute en un gigantesque éclat de rire — c’est qu’à la fin le gros (Bernard Arnault) mord la poussière et les petits sortent en sachant désormais que « c’est possible » (3).

Un film fait-il à lui seul un point de bascule ? En tout cas, il se trouve qu’il est là, et qu’une idée qui sort d’un film est toujours cent fois plus puissante que la même qui sort d’un discours général. Il se trouve également qu’au moment particulier où il survient, l’idée d’en faire un point de catalyse n’est pas plus bête qu’autre chose. C’est que tout craque dans la société présente, et que le point de rupture pourrait n’être plus si loin. Or, entre la causalité directe, et directement restituée, qui va de la richesse de Bernard Arnault à la misère des Klur (4), la misérable corruption de hiérarques socialistes passés sans vergogne au service du capital (5), grands médias devenus inoffensifs, Merci patron ! nous livre synthétiquement le tableau de la décomposition actuelle, nous indiquant par là même ce qu’il faut faire — tout le contraire — et, par suite, le sens à donner à un mouvement de réappropriation constituante. S’il fallait des antidotes au constitutionnalisme intransitif, à coup sûr en voilà un !

On dira cependant que les Constitutions n’ont à voir qu’avec les règles mêmes de la délibération politique, et qu’elles n’ont pas à préjuger de ses issues. Et c’est en partie vrai également. La tare européenne par excellence n’est-elle pas, par exemple, d’avoir constitutionnalisé les politiques économiques à propos desquelles il n’y a par conséquent… plus rien à délibérer ? On se tromperait cependant si on cédait au formalisme pur pour regarder les Constitutions comme des règles en apesanteur, en surplomb de tout parti pris substantiel. Il n’est pas une Constitution qui ne dissimule dans ses replis une idée très arrêtée de la société qu’elle organise. C’est peu dire que la Constitution de la Ve République a la sienne — la même, en fait, que celle des quatre républiques qui l’ont précédée. Et l’on ne voit pas pourquoi, dans ces conditions, nous nous priverions de dire haut et fort quelle est la nôtre.

Mais alors, quelles sont ces différentes idées, la leur, la nôtre ? L’idée enkystée d’hier, l’idée possible de demain ? La République est un peu cachottière, elle affiche des choses et en dissimule d’autres. Liberté ? Celle du capital. Egalité ? Limitée à l’isoloir. Fraternité ? Le mot creux dont on est sûr qu’il n’engage à rien. Alors quoi vraiment ? Propriété. Le talisman caché de nos républiques successives, toutes déclinaisons d’une même république dont il va falloir donner le vrai nom, non pas la République tout court, mais la république bourgeoise, ce talisman caché, donc, c’est le droit des propriétaires des moyens de production. La République, c’est l’armature constitutionnelle de l’empire du capital sur la société.

Car, mis à part la coercition directe du servage, a-t-on vu emprise plus puissante sur l’existence matérielle des gens, donc sur leur existence tout court, que l’emploi salarié comme point de passage obligé de la simple survie, l’emploi dont les propriétaires des moyens de production, précisément, ont le monopole de l’offre, et qu’ils n’accordent qu’à leurs conditions ? Que tous les Klur de la terre soient jetés après avoir été exploités jusqu’à la corde, c’est la conséquence même de cet empire… et de la bénédiction constitutionnelle qui lui donne forme légale.

Que tel soit bien l’ancrage réel de cette république invariante — car sous ce rapport sa numérotation importe peu —, c’est l’histoire qui en administre la preuve la plus formelle en rappelant qu’il n’est pas une contestation sérieuse du droit des propriétaires, c’est-à-dire de l’empire du capital, qui ne se termine au tribunal, en prison ou carrément dans le sang — fraternité… Comme toujours, une institution ne livre sa vérité qu’au moment où elle est portée à ses points limites. C’est alors seulement qu’elle révèle d’un coup ce à quoi elle tient vraiment et la violence dont elle est capable pour le défendre. Le point limite de la république bourgeoise, c’est la propriété.

Mais la république bourgeoise n’épuise pas la République. Car si l’histoire a amplement montré ce dont la première était capable, elle a aussi laissé entrevoir une autre forme possible pour la seconde : la république sociale, la vraie promesse de la république générale. C’est que la république d’aujourd’hui n’est que la troncature bourgeoise de l’élan révolutionnaire de 1789 — et plus exactement de 1793. La révolution de 1848 n’a pas eu d’autre sens que d’en faire voir les anomalies et les manques, les manquements même : car on ne peut pas prononcer l’égalité des hommes et bénir leur maintien par le capital dans le dernier état de servitude. Qu’est-ce que la république sociale ? C’est la prise au sérieux de l’idée démocratique posée en toute généralité par 1789, mais cantonnée à la sphère politique — et encore, sous quelles formes atrophiées… La république sociale, c’est la démocratie générale, la démocratie partout, et pas seulement comme convocation à voter tous les cinq ans… puis comme invitation à se rendormir aussitôt. L’égalité démocratique, c’est la détestation de l’arbitraire qui soumet un homme aux desiderata souverains d’un autre, par exemple : tu travailleras ici, et puis non, en fait là ; tu feras ce qu’on te dira et comme on te le dira ; il est possible aussi qu’on n’ait plus besoin de toi ; si c’est embêtant pour toi, c’est surtout ton affaire, et pas la nôtre, qui est seulement que tu vides les lieux. Tu nous obéiras pour une simple et bonne raison : c’est que tu vivras dans la peur. Il n’est pas un salarié qui n’ait expérimenté les pouvoirs de la peur. La peur, c’est l’ultime ressort de l’empire propriétaire, celle que quiconque éprouve lorsque ses conditions d’existence mêmes sont livrées à l’offreur d’emploi souverain.

Il n’y a pas de vie collective — et la production en est une partie — sans règles. Comme l’a montré Rousseau, l’autonomie n’est pas l’absence de règles, c’est de suivre les règles qu’on s’est données. Mais qui peut être ce « on » sinon l’ensemble des personnes qui se soumettent librement à ces règles — librement puisque ce sont les leurs ? Le petit nombre qui, par exemple dans l’entreprise, soumet unilatéralement tous les autres à ses règles, c’est tout ce qu’on veut sauf la démocratie. Mais au fait, comment appelle-t-on un système qui marche non à la délibération mais à l’obéissance et à la peur, sinon « la dictature » ? Un « démocrate » en conviendrait immédiatement, l’observant dans la sphère politique. Mais la chose lui semble ne plus faire aucun problème sitôt passé le seuil du lieu de travail — en réalité, il ne la voit même pas. Comment se peut-il que tous les amis de la république présente, qu’on reconnaît aisément à ce qu’ils ont de la « démocratie » plein la bouche, puissent tolérer ainsi la négation radicale de toute démocratie dans la vie sociale ? Comment peuvent-ils justifier que, hors la pantomime quinquennale, toute la vie concrète des gens soit demeurée dans une forme maquillée d’Ancien Régime où certains décident et d’autres se soumettent ? Comment le gargarisme démocratique s’arrange-t-il avec le fait que, dans la condition salariale, et une fois ôtées les concessions superficielles (ou les montages frauduleux) du « management participatif » et de l’« autonomie des tâches », les individus, rivés à des finalités qui ne sont pas les leurs — la valorisation du capital —, sont en réalité dépossédés de toute prise sur leur existence et réduits à attendre dans la passivité le sort que l’empire propriétaire leur fera — car, pour beaucoup, c’est cela désormais la vie salariée : l’attente de « ce qui va tomber » ?

Rendu au dernier degré du désespoir, Serge Klur, le licencié de Bernard Arnault, menace de mettre le feu à sa propre maison. La résolution burlesque orchestrée par Merci patron !, qui fait plier Bernard Arnault, qui rétablit Klur dans sa maison et dans l’emploi, va bien au-delà d’elle-même. C’est là toute sa force, d’ailleurs : nous montrant un cas particulier, le film de Ruffin nous fait irrésistiblement venir le projet politique de l’universaliser. Car tout le monde sent bien qu’on ne peut pas s’en tenir à sauver un Klur et puis plus rien. Qu’il ne s’agirait pas seulement non plus de rescaper tous les ECCE licenciés. Ce projet politique, c’est qu’il n’y ait plus jamais aucun Klur. Le salarié-jeté, le salarié-courbé, cette créature de l’empire propriétaire, doit disparaître. Mais alors… l’empire propriétaire également ! Et même préalablement.

Dans une république complète, rien ne peut justifier que la propriété financière des moyens de production (puisque, bien sûr, c’est de cette propriété-là seulement qu’il est question) soit un pouvoir — nécessairement dictatorial — sur la vie. Le sens politique de la république sociale, éclairé par le cas Klur, c’est cela : la destitution de l’empire propriétaire, la fin de son arbitraire sur les existences, la démocratie étendue, c’est-à-dire l’autonomie des règles que se donnent les collectifs de production, leur souveraineté politique donc. Disons les choses plus directement encore : ce qu’il appartient à la Constitution d’une république sociale de prononcer, c’est l’abolition de la propriété lucrative — non pas bien sûr par la collectivisation étatiste (dont le bilan historique est suffisamment bien connu…), mais par l’affirmation locale de la propriété d’usage (6), à l’image de tout le mouvement des sociétés coopératives et participatives (SCOP), des entreprises autogérées d’Espagne ou d’Argentine, etc. : les moyens de production n’« appartiennent » qu’à ceux qui s’en servent. Qu’elle s’adonne à l’activité particulière de fournir des biens et services n’empêche pas une collectivité productrice de recevoir, précisément en tant qu’elle est une collectivité, le caractère d’une communauté politique — et d’être autogouvernée en conséquence : démocratiquement.

Alors, résumons-nous : d’un côté la figure universelle des Klur, de l’autre la pathétique comédie de la primaire-de-toute-la-gauche-jusqu’à-Macron. Et la seule voie hors de cette impasse : le mouvement destituant-réinstituant de la république sociale, soit : le peuple s’emparant à nouveau de la chose qui lui appartient, la Constitution, pour en extirper le noyau empoisonné de la propriété et y mettre à la place, cette fois pour de bon, conformément au vœu de 1793, la démocratie, mais la démocratie complète, la démocratie partout. Et puis l’on verra bien qui, parmi les démocrates assermentés, ose venir publiquement contredire le mot d’ordre de cette extension.

Dans cette affaire, il est deux choses au moins qu’on peut tenir pour sûres. Depuis deux siècles, « république » aura été le nom d’emprunt d’une tyrannie : la tyrannie propriétaire. On mettra quiconque aura vu Klur sur le point de cramer sa propre maison au défi de contester le fait. Car en passant, c’est là l’immense force du film de Ruffin : montrer les choses.

Redisons cependant qu’en cette matière c’est l’histoire qui ajoute la contribution la plus décisive à la qualification des faits. Que restait-il de la démocratie dans les bains de sang de 1848 et de la Commune ? Comme on sait, c’est au nom de la République qu’on massacrait alors — la République, fondée de pouvoir de la tyrannie propriétaire. Mais, comme disait Proust, « le mort saisit le vif », et ce passé républicain n’a pas cessé d’infuser dans notre présent. N’est-ce pas l’ordre républicain qui embastille aujourd’hui les Goodyear, ou traîne en justice les Conti, c’est-à-dire tout ce qui ne veut plus de l’existence courbée, tout ce qui relève la tête ? Quoi d’étonnant, et surtout quoi de plus symptomatique, que des Valls et des Sarkozy se reconnaissent identiquement dans cette République-là ? Que celle-ci n’ait plus pour sujets de discussion obsessionnels que la laïcité, l’école, l’identité nationale ou la sécurité ? La République n’est-elle pas non plus ce régime qui, de Thiers à Valls en passant par Clemenceau et Jules Moch, nous a livré l’engeance dont la dénomination contemporaine est « Parti socialiste » — des républicains… ?

L’autre chose à tenir pour certaine est que, si une destitution ne débouchant sur aucune réinstitution est un coup pour rien, une réinstitution sans destitution est un rêve de singe. Il n’y a plus qu’à raisonner avec méthode : par définition, on ne destitue pas en restant… dans les institutions — ou en leur demandant poliment de bien vouloir s’autodissoudre. Ça se passera donc autrement et ailleurs. Où ? Logiquement, dans le seul espace restant : l’espace public. Le premier lieu d’un mouvement constituant, c’est la rue, les places. Et son premier geste, c’est de s’assembler.

Cependant, on ne se rassemble pas par décret. La chose se fait ou elle ne se fait pas. On sait toutefois qu’un mouvement de transformation n’admet la colère que comme comburant : le vrai carburant, c’est l’espoir. Mais précisément, ne nous trouvons-nous pas dans une situation chimiquement favorable, où nous avons les deux produits sous la main ? On conviendra que ce ne sont pas les barils de colère qui manquent. Il suffirait d’ailleurs de les mettre ensemble pour que leur potentiel détonant devienne aussitôt manifeste. C’est que l’injustice est partout : Goodyear, Conti, Air France, donc, mais aussi « faucheurs de chaises », lanceurs d’alerte LuxLeaks, professeur d’université coupable d’avoir rappelé (parodiquement) de quelle manière l’actuel premier ministre parle (sérieusement) des « white » et des « blancos » : tous traînés devant la « justice républicaine ».

L’indignation, le comburant. Le carburant, l’espoir. L’espoir commence quand on sait ce qu’on veut. Mais ce que nous voulons, nous le savons confusément depuis longtemps en fait. Nous en avions simplement égaré l’idée claire, et jusqu’au mot, alors qu’ils étaient là, dans les plis de l’histoire, en attente d’être retrouvés. La république sociale, c’est la démocratie totale. C’est surtout le vrai, l’unique lieu de la gauche, qui ne sait plus ce qu’elle est lorsqu’elle le perd de vue, et à qui un républicain peut alors logiquement promettre la mort prochaine (7). En passant, il faudrait demander à la « primaire à gauche » si elle a seulement… une définition de la gauche — et il y aurait sans doute de quoi rire longtemps. Or ce qu’est la gauche, c’est l’idée même de république sociale qui le dit : la démocratie à instaurer partout où elle n’est pas encore, et donc à imposer à l’empire propriétaire.

Beaucoup d’initiatives « à gauche » cherchent à tâtons des solutions et pensent en avoir trouvé une dans la substitution du clivage « eux/nous » au clivage « droite/gauche ». C’est une parfaite erreur. Tous ceux qui, Podemos en tête, pensent s’en tirer ainsi, par exemple en se contentant de dire que « eux » c’est « la caste » et « nous » « le peuple », se perdront, et l’idée de gauche avec eux. Mais tout change au moment où l’on restitue au clivage son sens véritable : « eux », ce sont tous les fondés de pouvoir de l’ordre propriétaire ; et « nous », c’est le grand nombre de ceux qui, condamnés à y vivre, doivent en souffrir la servitude.

Tout cela mis ensemble, il se pourrait, comme on dit au jeu de cartes, que nous ayons une main : un clivage « eux/nous » aux toniques propriétés, mais dont le contenu, reformulé autour du conflit propriétaire, revitalise l’idée de gauche au lieu de l’évacuer ; la république, dont le mot est parfaitement accoutumé, mais sociale, et par là réinscrite dans une histoire politique longue ; la démocratie, enfin, ce signifiant incontestable, dont par conséquent nul ne peut refuser la pleine extension. Et pourtant il ne faut pas imaginer que tout cela nous sera donné de bonne grâce. Comme tout ce qui s’est jusqu’ici opposé à la souveraineté propriétaire, et a fortiori comme tout ce qui se proposerait d’y mettre un terme pour de bon, la république sociale et la démocratie totale ne seront offertes qu’à une conquête de haute lutte.

Frédéric Lordon nous parle du film “Merci patron !” de François Ruffin

Retranscription faite par Vincent Christophe Le Roux de l’intervention de Frédéric Lordon lundi 8 février, salle Olympe de Gouges à Paris, pour la diffusion du film “Merci patron !” de François Ruffin.

Je voudrais donner rendez-vous…

Alors, doté, sans doute, d’une perspicacité au-dessus de la moyenne, j’ai perçu quelques indices – extrêmement ténus ! – qui me donnent à croire que le film de Ruffin vous a plu. Enfin, vous avez semblé aimer !

Alors, moi, je voulais savoir ce que ça fait de le voir à 800 ! Parce que, déjà, de le voir à 2, ça nous faisait pousser des hauts cris, à base de « Non, mais c’est dingue ! », « Non, mais c’est pas possible ! », « Non, mais c’est pas croyable ! » et que les yeux nous en dégringolaient des orbites… Donc, voilà, je voulais voir ce que ça fait à 800 ! Bon, ben j’ai vu !

La première idée quand on on voit ça – c’est-à-dire quand on vous voit vous ayant vu ! – c’est de ne pas laisser les gens repartir chez eux comme des piles électriques sans faire quelque chose de toute cette énergie que ça ne soit pas juste un joli coup et rien derrière !

Alors, comment faire pour que ce film soit un phénomène ?

On en était là de nos réflexions – parce qu’on est quelques-uns à touiller cette idée depuis quelques temps – et on s’est dit que cette question-là n’était pas différente d’une autre qui est une question en fait beaucoup plus vaste, la question qu’un petit barbichu posait il y a déjà longtemps – ce n’est pas de Laurent Joffrin que je parle ! – la question de l’action politique en général, de l’action transformatrice en particulier, et – pourquoi ne pas le dire ? – de l’action révolutionnaire, en fait ! La question, c’est que faire ? Que faire dans cette conjoncture qui est sans doute beaucoup plus contrastée qu’on ne croit ? Qui est sans doute incontestablement sombre à de très nombreux égards mais où, sous les écrans radar, je crois que ça commence sérieusement à glouglouter au fond de la marmite.

Alors notre opinion, c’est que, paradoxalement, là où tout semble bouché, il se pourrait, désormais, qu’il y ait quelque chose à faire ! Et voilà où les deux questions se rejoignent pour n’en faire plus qu’une ! Et si le quelque chose à faire dans ce pays, c’était « Merci patron ! » qui en était le détonateur ? Et notre conviction, c’est qu’il faut faire de « Merci patron ! » un phénomène pour qu’enfin il se passe quelque chose… pour que quelque chose de plus grand que lui arrive…

Alors quelque chose mais quoi ? Mais c’est le film lui-même qui nous met sur la piste. Le film sauve les Klur* mais aussitôt il nous donne immanquablement l’envie d’universaliser cet exploit. Alors qu’est-ce que ça veut dire ça ? Est-ce que ça veut dire faire cracher par Bernard Arnault 45 000 euros + un CDI pour tous les co-licencié-e-s de Klur ? Oui, si l’on veut, bien sûr ! Mais non ! Je veux dire la vraie universalisation, ça s’appelle un projet politique.

Alors, ce projet politique, quel pourrait-il être sinon qu’il n’y ait plus jamais un seul cas Klur, un seul cas comme les Klur ? Et cette idée-là, que veut-elle dire à son tour sinon en finir avec l’empire du capital sur la société ? C’est-à-dire en finir avec la tyrannie des propriétaires qui tiennent l’existence matérielle des salarié-e-s – c’est-à-dire leur existence tout court, leur vie-même – dans leurs mains souveraines et sous leur arbitraire.

Bon, alors que faire de cette idée très générale ? Car vous voyez bien, tout ça est parfaitement flou encore… Quelle forme lui donner ? Et surtout quelles conséquences en tirer ? Je veux dire quelles initiatives, quelles actions ? Nous ne savons pas très bien mais nous savons au moins deux choses :

– La première, c’est que ça ne se passera pas à travers je ne sais quelle pantomime de primaire pour toute la gauche qui va de Mélenchon à Macron ! [on entend des applaudissements] Ça se passera donc ailleurs ! Mais ailleurs, où est-ce que ça peut être sinon dans la rue ? Grève générale ? Places occupées ? Autre chose ? On verra bien ! Pour l’instant, en tout cas, nous vous donnons rendez-vous, voilà ! Le 23 février à la Bourse du Travail [de Paris] car on verra d’autant mieux qu’on sera plus nombreux à y penser !

– La deuxième chose que nous savons, c’est que, outre que nous avons envie de faire quelque chose, il se pourrait que quelque chose soit possible ! Et ça, c’est le film qui nous le montre ! C’est que tout craque de partout ! Et qu’en face, ils commencent à avoir peur ! C’est un bon signe, ça ! Vous avez vu le baltringue du Parti Socialiste, l’ex commissaire Machereau comme ça leur fait passer le 38ème parallèle cette histoire ! C’est vraiment très impressionnant.

Alors si j’ai bien compris les premières paroles de la fanfare, ça disait, je crois, quelque chose comme : « Il faut que ça tombe ! Et après Conti, Goodyear, Air France, l’action élémentaire de ce film, c’est que si on relève la tête, ça peut tomber ! »

* Jocelyne et Serge Klur : voir synopsis du film « Merci patron ! » : Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C’est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d’un inspecteur des impôts belge, d’une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d’ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l’assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l’emporter contre un Goliath milliardaire ? Du suspense, de l’émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront-ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l’homme le plus riche de France ?

Liens vidéos vers débats, conférences, documentaires et films

Cet article ressource sera régulièrement complété et mis à jour.

Dernière mise à jour : le 26 avril 2015

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1/ Discours, débats et conférences

« Le capitalisme mérite-t-il une bonne correction ? »

dans Ce soir ou jamais du 17 avril 2015, débat avec Thomas Piketty et Frédéric Lordon

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Discours de la députée allemande Sahra Wagenknecht, vice-présidente de Die Linke, au Bundestag, le 19 mars 2015.

Elle y critique la politique étrangère de Madame Merkel à l’égard de la Russie et son alignement sur les intérêts de l’OTAN et des États-Unis d’Amérique. Sahra Wagenknecht critique également les négociations sur le Grand Marché Transatlantique, contraire à la démocratie, et critique fortement la politique économique de Madame Merkel. Enfin, elle explique que le gouvernement d’Alexis Tsipras ne peut être jugé responsable de la dette grecque. Elle montre enfin que l’oligarchie a profité de la crise grecque pour s’enrichir davantage.

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« De l’économie barbare à l’économie humaine – Penser et agir autrement » avec Jacques Généreux

Conférence a été organisée dans le cadre des Chapiteaux du livre de Béziers le 27 septembre 2014, en partenariat avec la MAIF.

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Conférence »Faut-il faire sauter Bruxelles ? »

Avec François Ruffin, Jacques Généreux et Emmanuel Todd, le 30 avril 2014 à Normale Sup’ (École Normale Supérieure, rue d’Ulm à Paris) : http://www.dailymotion.com/video/x1uf0pk_faut-il-faire-sauter-bruxelles_webcam

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Débat « Faut-il sortir de l’euro ? »

Avec Jean-Luc Mélenchon et Jacques Sapir – Débat animé par Daniel Schneidermann sur Arrêts sur images le 4 juillet 2013

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« Journée Défense » du Parti de Gauche le 1er février 2014 à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques présidé par Pascal Boniface)

Intervention de Jean-Luc Mélenchon (Introduction) :http://www.dailymotion.com/video/x1bjtf0_jean-luc-melenchon-introduction-a-la-journee-defense-du-parti-de-gauche_news

Intervention de Pascal Boniface : http://www.dailymotion.com/video/x1bhpks_pascal-boniface-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Chloé Maurel : http://www.dailymotion.com/video/x1c47fz_chloe-maurel-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Jean-Charles Hourcade : http://www.dailymotion.com/video/x1c48bp_jean-charles-hourcade-objectifs-strategiques-et-moyens_news

Intervention de Benoist Bihan : http://www.dailymotion.com/video/x1bn2fq_benoist-bihan-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention d’Alain Joxe : http://www.dailymotion.com/video/x1c47uh_alain-joxe-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention de Yann Le Pollotoec : http://www.dailymotion.com/video/x1c481l_yann-le-pollotec-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention du général Vincent Desportes :http://www.dailymotion.com/video/x1c4899_general-vincent-desportes-objectifs-strategiques-et-moyens_news

Intervention de l’amiral Jean Dufourcq : http://www.dailymotion.com/video/x1bowuq_amiral-jean-dufourcq-la-place-de-la-france-dans-le-monde_news

Intervention de Djordje Kuzmanovic (Responsable de la commission Défense au PG) :http://www.dailymotion.com/video/x1c486u_djordje-kuzmanovic-l-armee-et-les-citoyens_news

Intervention de Jean-Luc Mélenchon (conclusion) : http://www.dailymotion.com/video/x1ctrir_jean-luc-melenchon-conclusion-a-la-journee-defense-du-parti-de-gauche_news

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« Lutter contre la montée de l’extrême-droite, notamment dans le monde ouvrier » – le 18 mai 2013 au plateau des Glières

Avec Annie LACROIX-RIZ, Alexis CORBIÈRE, Jean-Paul Ravaux et Thierry Leclere

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« Faut-il sortir de l’euro ? » Débat lors du Remue-Méninges du Parti de Gauche de l’été 2011

Intervention de Jacques Généreux (de 19’47 à 1h03) : http://www.dailymotion.com/video/xlm018_rm-faut-il-sortir-de-l-euro_news

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« Gouverner contre les banques » – Conférence du Parti de Gauche le 10 juin 2010

Intervention de Jean-Luc Mélenchon :http://www.dailymotion.com/video/xdq7g0_jean-luc-melenchon-gouverner-face-a_news

Intervention de Jacques Généreux : https://www.youtube.com/watch?v=8oBQ3b-1hn8

Intervention de François Morin : https://www.youtube.com/watch?v=2v4YS3z9UL8

Intervention de Raquel Garrido :http://www.dailymotion.com/video/xdq8iz_raquel-garrido-gouverner-face-aux-b_news

Intervention de Dominique Pilhon : https://www.youtube.com/watch?v=doZrKUcETUY

Intervention de Bernard Cassen :http://www.dailymotion.com/video/xdqb35_bernard-cassen-gouverner-face-aux-b_news

Intervention de Laurent Cordonnier : https://www.youtube.com/watch?v=V1jM2pzhw28

Intervention de Christophe Rameaux :http://www.dailymotion.com/video/xdxr7f_christophe-ramaux-gouverner-face-au_news

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« Mélenchon-Todd compatibles ? »

Débat animé par Daniel Schneidermann sur Arrêts sur images le 15 avril 2011

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Conférences de Naomi Klein

« Tout peut changer » – le 30 mars 2015 à Paris

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« La stratégie du choc »

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Conférences de Annie LACROIX-RIZ

« Partages et repartages du monde à l’époque des Première et Deuxième guerres mondiales »

Intervention dans le cadre de la conférence « Marx au 21e siècle » le 14 février 2015 à l’université Paris Sorbonne

« De la crise des années 30 à la crise d’aujourd’hui » – le 11 octobre 2014 à l’université populaire de Saint-Dizier

https://www.youtube.com/watch?v=0Lf7PrN_LUw

« Aux origines de l’Europe » – Grenoble le 20 mai 2014

« Le Conseil National de la Résistance » – Saint-Maximin (60 – Oise) le 15 novembre 2013

« Le fascisme dans l’Entre deux-guerres » – le 14 mai 2013 à l’université Paris X Nanterre

partie 1/2 : https://www.youtube.com/watch?v=nIjbVOlpcIg

partie 2/2 : https://www.youtube.com/watch?v=yQiFSXKsxd0

« Patronat et financiers français sous l’Occupation » – le 6 avril 2013 à Lyon

« L’Histoire contemporaine toujours sous influence » le 6 octobre 2012 sur Radio Libertaire

« La stratégie du choc » – le 29 juin 2012 à Metz (conférence avec Attac)

« Le choix de la défaite » – le 5 juin 2010 à Paris dans le cadre de l’émission de France Inter « Là-bas si j’y suis »

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« Propagande de guerre, propagande de paix » avec Annie LACROIX-RIZ, Jean BRICQMONT, Anne MORELLI, le général FORGET et la journaliste Diana JOHNSTONE

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Conférences de Noam Chomsky

« La fabrication du consentement »

partie 1/2 : https://www.youtube.com/watch?v=waUIPMXuHV0

partie 2/2 : https://www.youtube.com/watch?v=ri3opfLaQpU

« Les principes du pouvoir : l’Empire le film »

« Contours de l’ordre mondial. Continuités, changements et défis »

Conférence organisée par Le Monde Diplomatique avec Serge Halimi et Daniel Mermet, le 29 mai 2010 à la Mutualité, Paris

partie 1/3 : https://www.youtube.com/watch?v=7y_spxHmBZI&list=PLhVH6hJxBHEF4QoxX5_J4K_d71ha3yNv0

partie 2/3 : https://www.youtube.com/watch?v=Ttl4RNDLnfo

partie 3/3 : https://www.youtube.com/watch?v=Uaj7Tg-pLkU

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Conférences de Serge Halimi (Le Monde Diplomatique)

« Les nouveaux chiens de garde »

Dans le cadre de l’émission « Là-bas si j’y suis » diffusée le 15 décembre 2005 sur France Inter.

« Le grand bond en arrière. Comment l’ordre libéral s’est imposé au monde »

Dans le cadre de l’émission Là-bas si j’y suis le 2 juillet 2004

« L’ère des restaurations »

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Conférences de Michel Étiévent

« Guy Mocquet » – octobre 2012

« Ambroise Croizat et Marcel Paul – chemins croisés de l’innovation sociale » – octobre 2011

« Ambroise Croizat » – octobre 2011

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Conférence de Jean Ziegler le 26 septembre 2013 à Strasbourg

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« La fabrication du consentement »

Conférence de Hugue Le Paige (journaliste, réalisateur et rédacteur de la revue Politique) le 25 février 2014, Bruxelles (organisée par Attac)

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« Corruption, ça suffit » intervention de Roberto Scarpinato

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« Les pirates du vivant » par Marie-Monique ROBIN

Le 15 janvier 2014, dans le cadre de journées normaliennes du développement durable, ENS Rennes

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2°/ Films politiques et sociétaux

2.1- Films de Yannick Bovy

2.1.1- « Marinaleda, les insoumis » – Mars 2015

Émissionde la FGTB* walonne réalisée et produite par le CEPAG*, avec la collaborationdu GSARA* asbl et le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

FGTB :Fédération Générale du Travail de Belgique (selon Wikipedia : c’est le 2è syndicatbelge par le nombre de ses membres, environ 1,5 million de personnes et ilserait de tendance socialiste)

CEPAG :Centre d’éducation populaire André Genot (mouvement d’éducation permanente prochede la FGTB)

GSARA :« Né avec l’apparition de la vidéo en Belgique en 1976, le Gsara seprésente aujourd’hui comme une plate-forme sur tout ce qui touche àl’audiovisuel » (Auto-présentation sur Twiter)

2.1.2- « Des canaris dans la mine » – Octobre 2013

Voici quelques canaris aux cris stridents. Des canaris de Belgique et de Grèce qui sifflent l’alerte depuis le fond de la mine et s’agitent pour nous prévenir : c’est un terrible coup de grisou qui s’annonce sur nos droits, notre santé, nos vies, l’avenir de nos enfants. Un coup de grisou sur les peuples et la démocratie, et des coups de bâton pour ceux qui osent résister. Regardez ce reportage, prêtez l’oreille aux canaris : vous comprendrez qu’il est temps de sortir de la mine. Et vite.

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2.2- Films de Yannis Youlountas

2.2.1- « Je lutte donc je suis » – À paraître bientôt

2.2.2- « Ne vivons plus comme des esclaves » – Septembre 2013

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2.3- Films de Marie-Monique Robin

2.3.1- « Notre poison quotidien »  par Marie-Monique ROBIN

2.3.2- « Le monde selon Monsanto » par Marie-Monique ROBIN

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3.4- Films divers

2.4.1- « Solutions locales pour un désordre global » – Film de Coline Serreau, avril 2010

2.4.2- « L’île aux fleurs » – Court-métrage du Brésilien Jorge Furtado, 1989

2.4.3- « Le grand bond en arrière »

Que reste-t-il du modèle social français après trente ans de néolibéralisme? Cette question oriente le voyage dans leur pays natal de quatre Français installés depuis plusieurs années au Venezuela. Pour y répondre, le documentaire mêle des données statistiques, journalistiques et des interviews de sociologues, intellectuels, militants, réfugiés politiques, artistes, citoyens, travailleurs sociaux des banlieues, sans-papiers

2.4.4- « La révolution ne sera pas télévisée »
Ce film retrace les événements qui amenèrent au coup d’Etat qui renversa le Président Hugo Chavez, le 11 avril 2002, ainsi que sa remise au pouvoir par le peuple deux jours plus tard, le 13 avril 2002.

2.4.5- « Les nouveaux chiens de garde »

2.4.6- « La guerre contre la démocratie »

Documentaire de John Pilger. Sous-titres français. Titre original: « The War on Democracy ». « La Guerre contre la Démocratie » fut le premier documentaire de John Pilger à être diffusé dans les salles de cinéma. Ce documentaire explore la relation actuelle et passée de Washington avec les pays d’Amérique latine tels que le Venezuela, la Bolivie et le Chili.

https://www.youtube.com/watch?v=mPQkaIHDmXk

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2.4.7- « Les jours heureux » du CNR
Documentaire de Gilles Perret sur la Résistance et sur l’oeuvre du CNR

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3°/ Argumentaires militants

3.1- Les topo-citoyens du Parti de Gauche avec Danielle Simonnet du PG

3.1.1- Topo-citoyen n°1 : La dette est un prétexte

3.1.2- Topo-citoyen n°2 : Gouverner face aux banques

3.1.3- Topo-citoyen n°3 : La planification écologique

3.1.4- Topo-citoyen n°4 : Le traité Sarkozy-Merkel

3.2- On va leur faire un dessin du Parti Communiste Français

3.2.1- La vie chère : http://www.dailymotion.com/video/xkkuta_ep-1-la-vie-chere_news

3.2.2- Le Front de Gauche : http://www.dailymotion.com/video/xlgq8k_ep-2-le-front-de-gauche_news

3.2.3- La crise financière : http://www.dailymotion.com/video/xlxapt_ep-3-la-crise-financiere_news

3.2.4- Justice au pays de l’or noir : http://www.dailymotion.com/video/xmilql_ep-4-justice-au-pays-de-l-or-noir_news

3.2.5- Marine Le Pen amène le pire :  http://www.dailymotion.com/video/xngeur_ep-5-marine-le-pen-amene-le-pire_news

3.2.6- L’austérité ou la vie, il faut choisir : http://www.dailymotion.com/video/xonem9_ep-6-l-austerite-ou-la-vie-il-faut-choisir_news

3.2.7- Le mécanisme infernal européen : http://www.dailymotion.com/video/xpscqk_ep-7-le-mecanisme-infernal-europeen_news

3.2.8- La vie sans Sarkozy : http://www.dailymotion.com/video/xq2vkp_ep-8-la-vie-sans-sarkozy_news

3.2.9- Spécial Législatives : http://www.dailymotion.com/video/xr788u_ep-9-special-legislatives-non-censure_news

3.2.10- Compétitivité ? : http://www.dailymotion.com/video/xtom7p_ep-10-competitivite_news

3.2.11- Bienvenue dans l’austérité ! : http://www.dailymotion.com/video/xua5k0_ep-11-bienvenue-dans-l-austerite_news

3.2.12- La bataille de l’emploi : http://www.dailymotion.com/video/xupjwq_ep-12-la-bataille-de-l-emploi_news

3.2.13- La droite décomplexée : http://www.dailymotion.com/video/xvr08m_ep-13-la-droite-decomplexee_news

3.2.14- À ta santé ! : http://www.dailymotion.com/video/xvwezt_ep-14-a-ta-sante_news

3.2.15- ANI : Devenez souples ! : http://www.dailymotion.com/video/xyb8vc_ep-15-ani-devenez-souples_news

3.2.16- École en danger : http://www.dailymotion.com/video/xz8sw1_ep-16-ecole-en-danger_news

3.2.17- Un an de changement ? : http://www.dailymotion.com/video/xzw226_ep-17-un-an-de-changement_news

3.2.18- La grande évasion : http://www.dailymotion.com/video/x110kao_ep-18-la-grande-evasion_news

3.2.19- Retraitement de choc : http://www.dailymotion.com/video/x129rw3_ep-19-retraitement-de-choc_news

2.2.20- Travail versus Capital : http://www.dailymotion.com/video/x15q71w_ep-20-travail-vs-capital_news

3.2.21- Le coût du capital : http://www.dailymotion.com/video/x173jv1_ep-21-le-cout-du-capital_news

3.2.22- Révolution fiscale : http://www.dailymotion.com/video/x18l6d5_ep-22-revolution-fiscale_news

3.2.23- Pour l’égalité femmes-hommes : http://www.dailymotion.com/video/x18l6d5_ep-22-revolution-fiscale_news

3.2.24- Aux urnes, citoyens ! : http://www.dailymotion.com/video/x1vb7h5_ep-24-europe-aux-urnes-citoyens_news

3.2.25- Le hold-up démocratique : http://www.dailymotion.com/video/x2a077c_ep-25-le-hold-up-democratique_news

3.2.26- En 2015… : http://www.dailymotion.com/video/x2ej8ls_ep-26-en-2015_news

3.3- Petites vidéos courtes sur la dette

3.3.1- La dette, c’est chouette ! : http://www.dailymotion.com/video/xmv5ob_la-dette-c-est-chouette_creation

3.3.2- La dette, c’est quoi ? : https://www.youtube.com/watch?v=V5NMavzVsOA

3.3.3- Le mécanisme de la dette souveraine : https://www.youtube.com/watch?v=-NcDZQhbIbw

3.3.4- La crise de la dette expliquée en 5 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=mrxUUz3TAdk