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À Jean-Luc Mélenchon – Le 23/09 à 21h05 – À propos des menaces de guerre en Corée du Nord

Quand Vladimir Poutine et Xi Jinping vont faire prendre l’air, eux aussi, à leurs bombardiers et à leurs chasseurs de défense aérienne, pour rappeler gentiment à l’Empire que celui-ci ne fera pas régner sa loi dans leur jardin – car ils ne peuvent rester sans réagir face à de telles provocations – on va rigoler… Peut-être pour la dernière fois…

Je parle des démonstrations de force militaire impériales au ras des moustaches de la Corée du Nord, et donc de la Chine et de la Russie…

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Entre espoir et crainte, mon esprit et ma raison s’égarent, cher Jean-Luc !

Jean-Luc, depuis des années que je te suis, j’ai appris, grâce à toi, à ne plus baisser la tête, à parler parfois (souvent) « cru et dru ». Moi qui, enfant et adolescent voire jeune adulte, étais timide, réservé, « gentil et docile », j’ai évolué dans le sens opposé pour être en phase avec « le bruit et la fureur », « le tumulte et le fracas » du temps que nous vivons que tu avais si bien décrits.
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Et une large part de mon évolution « comportementale » ou de mon expression (écrite ou orale) résulte des heures passées en ta compagnie virtuelle. Oui, c’est en t’écoutant attentivement, en te lisant énormément (livres, blog, articles de presse), en retranscrivant parfois tes discours que, comme tant d’autres, j’ai fini, moi aussi, par adopter une certaine insolence dans laquelle certains croient déceler une arrogance qui n’en est pas une. Je l’avoue volontiers, je fais un peu le fier parfois, non pas eu égard à ce que je suis ou à ce que je dis mais plutôt à propos de ce que je défends ou des gens qui constituent ma vie ou mon « Panthéon ». Et sans doute ne suis-je pas toujours aussi « fin » que je le voudrais. J’y consens et j’ai toujours accepté les critiques aussi longtemps qu’elles ne dissimulaient pas une noirceur, ou qu’elles ne prenaient pas le masque de l’insulte ou de l’outrage.

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Vois-tu, je pense que j’ai été à bonne école même si tu n’as été mon professeur qu’à ton insu. Comme c’est le cas pour toi aussi, il y a un peu de « jeu » dans notre expression. C’est bien toi qui a appris à un nombre inimaginable d’entre-nous à être ces « fortes têtes » que tous, nous n’étions pas forcément, voire pas du tout, il y a quelques années.

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Et ce caractère bien trempé que nous avons aujourd’hui ne dit pas tout de nous qui, au fond, sommes des gens « sympas » rêvant d’un monde pacifié, paisible, où les peuples seraient heureux et entretiendraient entre eux des relations harmonieuses.
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Pour ma part, depuis près de huit ans maintenant, au PG d’abord (pendant près de six ans), puis avec la France Insoumise depuis plus d’un an, je t’ai suivi et accompagné. J’ai espéré, pendant toutes ces années te voir entreprendre l’évolution stratégique que tu as enfin amorcée au second semestre 2015 et que tu as confirmée avec ta déclaration de candidature au début de 2016. Comme tant d’autres, je t’y avais appelé plusieurs fois, notamment dans deux lettres ouvertes, celle-ci et celle-là et dans les billets dont les liens figurent en notes à la fin de celui-ci. Toujours avec toi et avec nos camarades et ami-e-s, et malgré parfois certains désaccords, j’ai cheminé dans ton sillage. Et j’ai espéré que tu puisses un peu pousser toi aussi la roue de l’Histoire pour qu’elle se remette à tourner dans le sens du progrès au lieu de faire des mouvements nous faisant sans cesse régresser davantage. Ainsi que tu le « soupires » souvent toi-même, « Histoire, que tu es longue et cruelle » me dis-je bien souvent !

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Ce soir, une nouvelle fois, après tant de fois précédentes déjà depuis des années, tu as donné le meilleur de toi-même dans ton discours-fleuve de près de deux heures à Strasbourg.

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Tu as enflammé nos coeurs et nos âmes citoyennes. Nous vibrons d’autant plus que nous saisissons l’urgence et la gravité du moment comme son caractère exceptionnel. Tous ensemble, nous sommes en train de faire l’Histoire.

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Je ne veux pas te paraître dithyrambique, mais il y a des choses que tu as dites ce soir qui résonnent comme jamais à nos oreilles. Des idées enthousiasmantes comme presque toujours, parce que innovantes, progressistes, humanistes, intelligentes, ambitieuses et tellement raisonnables en même temps. Mais surtout, cette capacité que tu as à nous donner la conviction que tu as la ferme résolution d’agir demain en conformité avec tes paroles et tes discours d’aujourd’hui.

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Ceci nous donne à tous du coeur à l’ouvrage, maintient voire augmente le feu qui couve en chacun de nous. Voilà que le magma incandescent remonte de quelques mètres voire dizaines de mètres de plus. Tiens ! C’est là encore une image que tu aimes utiliser parfois, toi qui dis que le peuple français est un volcan.

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Pourtant, ce soir, bien que je me sois laissé aller à jubiler en t’entendant, puis à m’amuser quelques minutes à écrire un nouveau billet d’humour un peu sarcastique, je me sens aussi affreusement balancé entre une joie intérieure profonde, une forme de confiance irrésistible dans l’avenir, et en même temps, ce qui est tout à fait antinomique, une inquiétude qui tend à devenir un effroi quand je vois la course du monde vers l’abîme.

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Cet abîme, c’est celui que la folie de nos gouvernants et de nos semblables donnent l’impression de vouloir atteindre avant l’heure dite. Cette folie nous fait tous participer, parfois certes malgré nous, à la destruction de l’écosystème. Mais pas seulement !

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Cet abîme, c’est aussi celui qui se rapproche de nous du fait de nos choix géopolitiques. On assiste à une forme nouvelle de montée des tensions et des périls comme on l’a déjà vu dans le passé, pour le plus grand désastre et le plus grand malheur de l’Europe.

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Et comme si ça ne suffisait pas à noircir suffisamment le tableau, tu as relevé ces derniers jours, et encore ce soir, le pressentiment que nous commençons à avoir tous que notre propre pays, poussé par des forces occultes qui semblent bien s’être donné le mot pour souffler sur les mauvaises braises, n’entre non pas en « révolution citoyenne », mais en guerre civile.

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Et au-delà de tout cela, une autre peur commence vraiment à m’assaillir : que les tenants du système ne se laissent pas chasser par une simple séquence électorale.

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On est quelques-uns à percevoir des signaux qui se rapprochent de plus en plus depuis quelques années, depuis quelques mois et depuis quelques semaines. Je pourrais aussi dire depuis quelques jours.

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Et ces signaux ne sont vraiment pas encourageants. Pour ne pas dire qu’ils me terrifient !

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Certes nous t’avons toi, et nous avons aussi les valeureux combattant-te-s qui sont autour de toi, dans le premier cercle, dans le second, le troisième et les suivants… Et comme tu l’as si magnifiquement exprimé ce soir, nous avons aussi et surtout ce peuple français si ardent, si prêt à se retrousser les manches pour participer à l’oeuvre historique qui nous attend si on le prend par la main au lieu de le mépriser, de le négliger, de l’ignorer, voire de le contraindre à faire ce qu’il refuse.

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Mais contre nous, nous avons aussi des ennemis résolus à ne jamais perdre le pouvoir. Je ne parle pas spécialement de tel ou tel pantin du « circus politicus » prenant la suite de ceux qui les ont précédés dans ce rôle. Je parle plutôt des forces plus discrètes mais ô combien plus puissantes qui tiennent le monde.

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Je connais un peu l’Histoire et je sais combien elle est cruelle.

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Deux dates disent beaucoup pour qui a étudié tout ce qui tourne autour d’elles : le 22 novembre 1963 et le 11 septembre 2001. J’aurais pu en citer bien d’autres mais ces deux-là sont pour moi les plus fondamentales pour dire que le mal existe !

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Voilà pourquoi j’ai peur Jean-Luc.

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Je ne pense pas que cette peur soit irrationnelle. Et elle ne m’empêche ni de penser, ni d’agir. Je ne me terrerai pas plus demain qu’hier pour éviter tout risque potentiel. Mais je voulais exprimer ce soir cette angoisse sourde que beaucoup de mes camarades et ami-e-s partagent.

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Peut-être qu’un jour prochain, à l’occasion d’un nouveau discours que tu prononceras ou d’un nouveau billet de blog que tu publieras, tu auras des mots pour nous rassurer. Car si je parle en mon seul nom vu que je ne suis rien d’autre qu’un militant ordinaire, je sais que je pourrais parler au nom de beaucoup.

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Je t’adresse, Jean-Luc, un salut très fraternel et je t’abjure de prendre garde à toi.
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Quelques liens vers des billets que j’ai écrits à ton sujet ou à ton attention

Quelques propos de Jean-Luc Mélenchon à « On n’est pas couchés » du 20 février 2016

Propos retranscrits par Vincent Christophe Le Roux

Jean-Luc Mélenchon : Tout ça, c’est un nid de serpents. On n’est pas de braves camarades qui nous tapons dans le dos. C’est pas vrai !

Cette histoire a commencé sans crier gare par le fait que « mes alliés », après qu’on se soit traînés et effondrés dans le ridicule pendant trois élections, avec nos stratégies à la noix auxquelles personne ne comprenait rien pour savoir avec qui on était alliés, vous vous souvenez de cet épisode, on ne savait même plus comment on s’appelait… On se vautre trois fois de suite et arrive à la présidentielle, par quoi on commence ? La carabistouille ! » [La primaire avec Hollande et Cohn-Bendit]

Jean-Luc Mélenchon : Faut que je me taise sur l’Europe, faut que je me taise sur la planification écologique, faut que je me taise sur la 5e République, bref, si je voulais bien cesser d’être Mélenchon, je serais un Mélenchon acceptable. Eh ben non !

Léa Salamé accuse Jean-Luc Mélenchon d’être « égoïste » pour « ne pas avoir fait monter de successeur. Y’a pas de successeur à Mélenchon affirme-t-elle !

Jean-Luc Mélenchon :  Vous avez tort ! Des successeurs, y’en a ! Mais vous m’obligez à dire quelque chose qui relève de l’intime. Autour de moi, il y a une équipe nombreuse (…) et il y avait, parmi eux, un être spécialement brillant (JLM s’étrangle) qui était mon complice dans l’action politique pendant dix ans. Il était plus jeune que moi et il est mort l’année dernière. Cet homme-là, à mes yeux, représentait la suite. C’était une espèce d’incarnation. Il y a toujours une difficulté à citer un nom parce que ça peut être blessant pour les autres camarades. Voilà, c’était ça mon idée Madame Salamé. J’ai eu cette illusion mégalomaniaque de croire qu’on peut tout maîtriser, y compris le temps ! Et je m’apprêtais à consacrer mon énergie, à écrire et à penser, sur un thème qui est celui de la révolution citoyenne, la rénovation du matérialise historique, c’est ça qui me passionnait. Et il a fallu tout d’un coup regarder autour de soi et… Ça va vous paraître prétentieux ce que je vais vous dire mais alors je me suis dit : Mais QUI va continuer ça ? Qui ne soit pas un combinard… Qui ne soit pas quelqu’un qui va tenter de s’arranger… Qui, à la fin, termine comme tous ces misérables, à se traîner pour un siège, à vendre père et mère pour ça !

Jean-Luc Mélenchon : J’ai toujours tout pris en ouvrant les portes à coup de pied !

Léa Salamé : Pourquoi il n’y en a pas un [parmi vos proches] que vous présentez à la présidentielle ? [au lieu d’y aller vous-même]

Jean-Luc Mélenchon : Parce qu’aucun ne s’est senti en état de le faire !

Je vous l’avais déjà dit dans je ne sais plus quelle émission et je vous le redis ce soir : je ne serai jamais un obstacle ! Moi ma personne ! Mais à une condition : il faut tenir bon ! Et tenir bon sur les choses sur lesquelles on s’est engagés ! »

Nos intérêts [à nous les Français] c’est que la guerre [en Syrie] s’arrête. Vite ! Vite ! Vite !

Léa Salamé : « Pourquoi vous dîtes pas qu’il faut laisser Poutine régler le problème [de DAECH], on se retire et on donne la Syrie à Poutine ? »

Jean-Luc Mélenchon : Mais non ! Non ! Non ! Il ne peut pas être question de laisser Poutine régler le problème ! Parce que je ne suis pas non plus d’accord pour que Poutine règle [seul] le problème ! Je suis pour que l’ONU règle le problème ! (…) Je ne soutiens qu’une seule chose : le retour rapide à la paix.

Sur la monnaie :

Jean-Luc Mélenchon : L’euro est une monnaie unique, la monnaie qu’ont proposé les Chinois – mais pas qu’eux d’ailleurs car il y a aussi bien des économistes français – serait une monnaie commune de référence. Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui, la monnaie commune de référence, c’est le dollar. Et les États-Unis d’Amérique impriment des dollars tant qu’ils veulent et personne n’a rien à dire. Et ils ont inondé la planète d’une masse de papelards qui crée des bulles financières qui explosent à intervalles réguliers sur des incidents comme les subprimes. Demain, ça peut être sur la dette étudiante ou je ne sais quoi. Donc les Chinois disent : vous êtes bien gentils mais on a déjà rempli nos coffres avec des titres de dette américains, on a des dollars partout, on voudrait quand même, pas tous les jours, que ça nous explose sous les fesses. Donc ils proposent une monnaie commune* et à nous, les Français, c’est notre intérêt que ce ne soit plus le dollar la monnaie de réserve !

Alors là, vous m’avez dit : Les Américains ne sont pas d’accord. Eh bien justement, c’est un problème qu’on ne puisse faire dans ce monde que ce avec quoi les Américains sont d’accord ! Surtout qu’ils s’attribuent le privilège de battre monnaie pour la terre entière et de ficher la pagaille partout ! Et de défendre leur position qui est intenable économiquement par le fait que c’est la première puissance militaire du monde.

Si vous voulez que cet ordre absurde du monde cesse, il faut y aller doucement. Il y a une méthode qui est violente : vous faîtes sauter le système de l’intérieur ! Nous avons tous les moyens de faire sauter le système. Vous savez ? Il y a cinq banques systémiques en France. Ça veut dire que si une saute, c’est tout le système qui saute ! On a les moyens de faire sauter le système, ça c’est la méthode brutale.

Vous avez la méthode sauvage : la bulle éclate et tout le monde court partout comme des poulets effarouchés pour essayer de rattraper le truc !

Et puis, vous avez la méthode civilisée : on y va mollo, on crée une monnaie commune, on change chaque monnaie dans la valeur de la monnaie commune et petit à petit on a un étalon commun raisonnable. Moi, je préfère les solutions raisonnables à la destruction généralisée. Je n’aime pas le chaos ! Je crois que je ne suis pas le seul sur terre à pas aimer le chaos !

* une nouvelle monnaie commune mondiale qui servirait de référence en lieu et place du dollar qui ne vaut rien en-dehors de la fiction monétaire

Bientôt les « boys » de retour sur le sol français ?

Le Président de la République, François Hollande, s’apprête à autoriser les légions de l’Empire états-unien à revenir s’installer dans des bases militaires sur le sol de la République française alors que le général De Gaulle les en avait éjectées en 1966, dans une décision courageuse et géniale qui était en quelque sorte une déclaration d’indépendance.

De l’extrême gauche à la droite “gaulliste” en passant par presque toutes les nuances de la gauche et de la droite, nous savons à quel point les États-Unis sont un empire malfaisant, fauteur de guerres ouvertes et larvées au seul bénéfice de leur caste oligarchique et ce depuis plus de 200 ans qu’ils existent.

L’opinion du peuple français est très largement hostile à cette puissance belliciste. C’est pourquoi la décision de 1966 ne provoqua d’émoi que dans les sphères atlantistes, c’est-à-dire dans ces allées du pouvoir qui n’avaient pas été entièrement épurées après l’épisode de Vichy.

Cette puissance souvent ouvertement malfaisante est aussi, en coulisse, via sa CIA et la galaxie de l’État profond, l’organisateur, le facilitateur et le logisticien de centaines, voire de milliers, de coups d’État et d’assassinats de dirigeants dans le monde entier depuis au moins 70 ans !

Les guerres menées par les États-Unis, depuis les génocidaires “guerres indiennes”, ont causé la mort de dizaines, voire de centaines de millions de personnes depuis que cet État voyou et terroriste existe sur la scène mondiale.

En outre, l’alliance de poids et de longue date entre les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite pour ne citer que ces deux alliés-là, font que ces trois puissances menacent en permanence la paix du monde. Mais ces menaces ne sont pas que des menaces puisque depuis des décennies, la guerre est permanente avec des conflits ouverts en tel ou tel endroit du monde.

De Gaulle savait pourquoi il avait exigé le départ des forces armées américaines de notre sol et le retrait simultané de la France du commandement intégré de l’OTAN. En faisant cela et en ayant doté notre pays d’une force de dissuasion nucléaire autonome, il nous a protégés de toute agression venue de l’Empire, comme il nous a protégés de toute vassalisation. Mais après son départ, dès Pompidou, la politique diplomatique française a recommencé à s’assouplir vis-à-vis des États-Unis et à être beaucoup plus accommodante avec les caprices et les folies guerrières et impériales des État-Unis.

Chirac sut maintenir, pendant sa présidence de 12 ans, une certaine flamme française autonome comme en témoignent deux décisions très mal vécues par les dirigeants états-uniens:

1/ d’une part le refus que Chirac (alors Premier ministre de la première cohabitation) a opposé au Président Reagan en 1986 quand le Président des États-Unis a demandé à la France de pouvoir survoler notre territoire à l’occasion de l’expédition punitive contre la Libye de Kadhafi.

2/ d’autre part, bien sûr, le refus de soutenir la guerre en Irak de Bush fils et le combat diplomatique que la France mena alors pour convaincre nombre de pays, notamment d’Afrique, de refuser de voter à l’ONU la résolution présentée par les États-Unis. On se souvient de la grandeur de notre pays incarné alors par le ministre des Affaires étrangères du moment, Dominique de Villepin.

Pendant ces années où la France disait “Non” aux États-Unis, toute une série de leaders défilaient à l’ambassade des États-Unis à Paris pour dire tout leur mépris de “l’arrogance française” et leur soutien aux positions des États-Unis. Parmi ces gens, il y en avait qui étaient dans des fonctions de pouvoir et cela fait que leurs actes sont donc constitutifs du crime de haute trahison (certes opportunément supprimé de la constitution française par Sarkozy devenu Président de la République en 2007). Lui, justement, fut de ces traîtres à la “patrie républicaine des Français” pour reprendre une expression chère à Jean-Luc Mélenchon. Mais il était un parmi beaucoup, beaucoup d’autres. Ces Atlantistes et ces traîtres pullulaient par exemple au P.S. Un certain Pierre Moscovici en fut avec pas mal d’autres “socialistes”…

Cette flamme française qui brûlait indépendamment des volontés impériales et guerrières états-uniennes, c’est Sarkozy devenu Président qui l’a éteinte.

Et c’est Hollande qui, après avoir fait, à son tour, acte de subordination dès le lendemain de son élection à la Présidence de la République française (on se souvient avec rage et dégoût de son voyage à Washington pour le sommet de l’OTAN), est sur le point d’effacer totalement l’indépendance française, déjà largement entamée tant sont nombreuses et béantes les entailles à notre souveraineté.

Quand on examine aujourd’hui la situation globale, avec ce que nous fait déjà subir l’Union européenne, et avec la menace de plus en plus proche de vivre l’immense régression qu’engendreront le TAFTA et les autres traités du même ordre en cours de discussion, si en plus les forces armées de l’Empire malfaisant reviennent durablement sur le sol français, cette fois, nous serons devenus pour de bon un simple dominion qui n’aura même plus les pouvoirs d’un État fédéré des États-Unis.

Là franchement je commence à avoir la trouille !

C’est le peuple français tout entier – et pas seulement une fraction, un parti ou un clan politique – qui va devoir se lever pour de bon ! L’heure est gravissime !

Il va vraiment falloir refonder un nouveau CONSEIL DE LA RÉSISTANCE ET DE LA RECONQUÊTE !

Post-scriptum: Nous sommes le peuple souverain et seul ce que nous avons adopté par référendum peut être valable. Tout ce que l’on nous impose depuis des années, fusse par des voies “légales”, sera, en son temps, déclaré comme “nul et non avenu” car ce que le peuple a décidé, seul le peuple peut décider de le défaire. Par exemple, bien que la constitution ait été expurgée du crime de “haute trahison”, comme le peuple français n’a pas eu à se prononcer sur ce point, il n’a pas autorisé cette suppression alors qu’en 1958 il avait très largement approuvé la constitution qui le prévoyait. Donc, nous considérons que cette disposition constitutionnelle d’ordre pénal vaut toujours. Je suis juriste et je n’ignore pas le principe fondamental de la légalité des délits et des peines selon lequel une personne ne peut être jugée et condamnée que pour un acte qui, au moment où il a été commis, était puni par la loi. Ce principe s’oppose donc, a priori, à la possibilité qu’aurait le peuple français de juger et de punir un dirigeant pour crime de haute trahison pour des faits commis depuis que cette incrimination a disparu de la constitution. Sauf qu’aucun principe, fut-il fondamental, ne saurait contraindre le peuple. Lui seul est souverain et si le principe en question s’oppose à sa volonté, c’est le principe qui sera écarté ou à tout le moins refondé.

Que les dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain (jusqu’à ce que nous ayons repris entièrement notre pouvoir souverain) sachent que rien ne les mettra à l’abri de notre courroux et du fait qu’ils auront à rendre compte, indépendamment de tous les artifices juridiques qu’ils peuvent mettre en oeuvre pour se protéger.

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Sources documentaires

Article dans RT

Article dans Causeur

Article dans le Figaro

Article dans L’Humanité

Article du PRCF* sur Agoravox (PRCF : Pôle de Renaissance Communiste en France ; leur site ; leur page Facebook)

Article d’Hélène Nouaille sur le blog de Lucien Pons

Article du parti UPR (Union Populaire Républicaine)

Rester debout et éveillé après la tragédie

Afficher partout nos trois couleurs, c’est exactement du même ressort que d’avoir affiché partout « Je suis Charlie ».

C’est obéir à une pulsion irrationnelle en plus d’être totalement à côté de la plaque au regard de ce qui nous arrive.

Je n’étais pas Charlie et je ne verserai pas davantage aujourd’hui dans cette folie collective qui frise le nationalisme tellement ce pavoisement est général et quasi agressif. Même pour moi qui suis pourtant bien loin d’être quelqu’un allergique au drapeau, à la nation et aux symboles de notre pays. Mais parfois, même pour le radical que je suis, un peu de mesure et de modération est préférable à un déluge de feu. Il faut savoir viser juste et ne pas se tromper d’ennemi, ni d’ailleurs d’ami-e-s… Il faut savoir faire marcher ce truc qui se trouve dans notre boite crânienne et qu’on appelle cerveau, sans se laisser aller à suivre la masse de celles et ceux qui au lieu de penser et de réfléchir se ruent à faire comme tous les autres, dans un réflexe grégaire.

Cette nouvelle mode est d’autant plus insupportable que de même que ce fut le cas pour « « Je suis Charlie », ce mouvement, au premier abord spontané, est lui aussi désormais totalement sous contrôle du gouvernement ou manipulé par lui… C’est une des cartes que joue le gouvernement. Pour rendre possible l’unité nationale que les attentats de Charlie Hebdo ont échoué à faire advenir. Cette fois, elle est bien là, si on en suit les sondages d’une part et si l’on a les yeux ouverts. Ailleurs que sur ce réseau, je vois et j’entends des choses qui me laissent pantois. Des gens de mon entourage proche (famille, ami-e-s, collègues de travail) affichent des slogans et/ou ont des discours qui me laissent des nausées, si ce n’est des cendres dans la bouche.

On a le sentiment que le peuple français se ligue contre l’ennemi sauf que l’ennemi véritable n’est pas clairement identifié. Celui qu’on nous désigne est encore un pantin ou un faire-valoir. Et pendant que le peuple français, hurlant sa fierté d’être français, croit faire un pied-de-nez aux terroristes, il accepte sans mot dire une régression de ses droits absolument inimaginable.

Les terroristes se contrefoutent de cette réaction de masse, comme de quelques réactions de fierté ou de dérision, qui ressemblent, une fois de plus, tellement elles deviennent stéréotypées et reproduites à l’infini, à ces courses folles de moutons se précipitant vers la falaise parce qu’un des leurs à cru voir un loup.

Et quand on commence à percevoir, d’une part qui est derrière les attentats et pourquoi ils ont été commis, et d’autre part ce que le pouvoir en France fait depuis ce jour tragique, NON, on ne peut cautionner cela en affichant ainsi de manière aussi ostentatoire nos couleurs, surtout depuis que le gouvernement communique abondement pour que nous le fassions.

Nous sommes aussi ridicules, aux yeux du monde, et aussi détestables, que le furent les États-Uniens dans les semaines qui suivirent le 11 Septembre.

Je croyais pourtant le peuple français un peu plus éveillé, un peu moins moutonnier, un peu plus méfiant, que le peuple des États-Unis. Manifestement, je me suis trompé. Manifestement, je me suis pris à espérer en une maturité qui n’existait pas. Manifestement, le peuple français en 2015 est aussi influençable et manipulable que l’était le peuple américain. Je suis abasourdi. Et très inquiet pour notre avenir commun. Ce ne sont pas les « terroristes » qui me font peur. Quand bien même, ils réitèreraient leurs crimes d’une façon encore plus cruelle, encore plus massive, ils ne me terroriseraient pas davantage.

Ce qui me terrorise en revanche, c’est l’apathie de nos concitoyens face à la réaction du pouvoir ; c’est le soutien massif que le peuple semble donner aux dirigeants de notre pays.

La galaxie des medias a bien fait son travail de lavage de cerveaux. « Le peuple des rébellions et des révolutions » comme disait Mélenchon dans un de ses discours, a laissé place à un peuple avachi. Me reviennent les termes prêtés à un certain général de Gaulle… Des « veaux » disait-il.

« Veaux », « moutons », « ânes », « autruches », « bourricots», « bourrins » je ne sais quelle image est la plus parlante, ni quelle espèce animale est la plus proche de cette espèce humaine en cours de décérébration que me semble être le peuple français.

Pour en arriver là, les sphères de pouvoir se sont donné les moyens. Il y a plusieurs lignes de front . La première est constituée des gouvernements qui, quels qu’aient été leurs programmes et leurs engagements de campagne électorale, mettent systématiquement en oeuvre, une fois arrivés au pouvoir, « la seule politique possible », la seule admise par ces pouvoirs invisibles mais qui existent bel et bien, dans l’ombre, la seule qui défend leurs seuls intérêts très particuliers, la seule qui détruit méthodiquement, un à un, tous les progrès qui avaient été enregistrés depuis des décennies. Et c’est là qu’il est utile de rappeler la leçon de l’histoire. Rien, jamais, ne nous a été donné gratuitement, généreusement. Toujours, il a fallu que nous combattions, que nous souffrions, que nous endurions et souvent que nous mourrions. Car les périodes les plus glorieuses furent celles qui suivirent des troubles intenses ou des violences terribles.

Pour reprendre la plus emblématique, l’oeuvre du CNR n’est pas tombée du ciel. Elle est intervenue après la seconde guerre mondiale. Ce n’est que du fait des circonstances résultant de ce conflit que les puissants ont mis un genou à terre, en attendant de redevenir les puissants qu’ils avaient été. Ça leur aura pris environ 25 ans. Et puis, ils ont réussi à mettre un pied dans la porte avant de pénétrer dans la pièce d’où ils étaient « persona non grata » et finalement d’envahir toute la maison, ses dépendances, le quartier environnant, la ville tout entière… Ils ont entamé leur retour en imposant à De Gaulle un certain Pompidou, un des leurs… Celui-là fut le premier des dirigeants français à rétablir la finance dans ses droits. Giscard poussera plus loin cette politique que ne le fit le successeur immédiat du général. Mais moins quand même que le président « de gauche » François Mitterrand. Je sais, ce dernier point est très contesté mais il y a pourtant matière à dresser un bien beau réquisitoire, alimenté de faits précis et concordants, qui convaincrait bien des juges… Ensuite, Chirac continua, bien qu’avec quelques hésitations. Hésitations que Sarkozy, lui, n’eut pas. Le petit agité accéléra le rythme de la « normalisation » de la France, notamment via la forfaiture du Traité de Lisbonne et la réintégration pleine et entière dans l’OTAN qui refaisait e notre pays, un dominion de l’Empire, ce qu’il n’était plus depuis que, en 1966, De Gaulle en avait extrait la France du commandement intégré. À cette époque-là, nous avions un dirigeant qui, malgré toutes les critiques légitimes qu’on peut lui faire par ailleurs, respectait la souveraineté de notre pays et agissait en conséquence. Sauf que lui était le produit d’une histoire exceptionnelle. Tandis que ses successeurs étaient, eux, chacun à sa façon, des « liquidateurs », terme utilisé en titre d’un de ses livres par un certain MOSCOVICI pour dézinguer SARKOZY mais peut-être finalement encore plus adapté pour décrire l’action de Hollande via Valls et Macron interposés. Car ce nouveau président « de gauche » est en train de mener à son terme la mission qui lui a été confiée par ces gens contre qui nous ne pouvons rien semble-t-il, et que nous connaissons bien mal alors que ce sont eux qui sont au sommet de la pyramide. On me rétorquera que grâce à Mitterrand, on a « gagné » pas mal de nouveaux « acquis sociaux » et de mesures de progrès. C’est exact sauf que ces débuts très prometteurs furent vite enrayés et les années suivantes, tout fut fait, y compris sous et par Mitterrand, pour que de tels progrès ne soient plus possibles. Cette arme de destruction massive du « système français » issu du CNR, c’est la « construction européenne ». Dans la déclaration Schuman du 9 mai 1950, il était dit ainsi : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait. » Eh bien, il en est allé de même pour la destruction de l’oeuvre du CNR. Un gouvernement qui aurait tout détruit tout de suite aurait été immédiatement renversé et ses membres châtiés. Alors, ils ont été assez avisés pour y aller par étape. Vous connaissez l’histoire de la grenouille dans un bocal dont on chaufferait l’eau… ? Pour plagier la phrase précitée de la déclaration Schuman, cette destruction ne s’est pas faite d’un coup mais par des réalisations concrètes créant d’abord un asservissement de fait. Vous comprenez ? Et Mitterrand n’est pas pour rien dans cela. Désolé, Jean-Luc Mélenchon, mais je ne crois pas à l’argument que vous évoquez pour excuser Mitterrand et vous-mêmes. Je ne crois pas que Mitterrand était si naïf pour penser que l’on pouvait « clouer sur la table les mains de l’Allemagne ». L’animal politique qu’était ce Président ne peut pas avoir fait une telle erreur stratégique. Je crois plutôt qu’il savait très bien où il allait. Sans doute que certains autour de lui, vous peut-être, étaient de bonne foi mais vous vous êtes trompés et vous avez été trompés. Et ce faisant, vous nous avez tous trompés ! Vu les dégâts, peu importe que c’ait été de bonne foi. L’erreur est humaine et il faut savoir pardonner mais à ce niveau-là, il est légitime, pour nous, de devenir procureurs et pour vous, les dirigeants d’hier et d’aujourd’hui, de rendre des comptes.

Le mal est fait hélas. Il sera très long et très pénible de rétablir d’abord, puis de dépasser ensuite le progrès qu’avait été l’oeuvre du CNR. Car maintenant que la France a été quasiment normalisée, que peut faire notre peuple ?

Oui, que peut bien faire CE peuple ? Ce peuple qui donne carte blanche au gouvernement actuel, lequel s’apparente pourtant de plus en plus – et en se dissimulant de moins en moins – à un gouvernement de guerre contre lui ?

La seconde ligne de front est la guerre, non plus seulement économique et sociale, mais policière et militaire, que nous mènent nos dirigeants.

« Choc et stupeur » sont les deux outils de guerre que les pouvoirs utilisent toujours pour dompter des peuples qui grondent quand les mesures « ordinaires » ne suffisent plus à les tenir en respect. Et ça marche toujours ! Les exemples historiques abondent de peuples en rébellion qui ont connu des coups d’État, des actes de terrorisme ou des violences diverses destinées à les faire rentrer dans le rang, destinées à les faire avoir peur de tout et de tout le monde, destinés à les faire se rassembler sans autre raison de le faire que le nationalisme…

Avez-vous déjà vu comment sont traités les poulpes que les pêcheurs viennent de prendre dans leurs filets ? Pour les « attendrir » comme ils disent, on les violente en les projetant avec une grande force sur le sol. Je trouve que cette image est assez proche de ce qu’on nous inflige. Pour nous attendrir, on nous met de grands coups dans la tronche, puis on nous met sous les yeux avec force détails, témoignages larmoyants, photos et vidéos choc qui ont pour effet de « troubler le regard et d’empêcher la réflexion » (extrait de la plaidoirie de Jim Garrison, procureur de La Nouvelle Orléans, dans le procès qu’il intenta à l’un des acteurs présumés du complot dans l’assassinat de John Kennedy). Ceci a par contre pour effet d’attiser la haine et d’alimenter la volonté de vengeance contre des ennemis qu’on nous désignera rapidement…

Roger Gicquel serait encore là, il pourrait reprendre l’antenne des JT et venir nous dire que « La France a peur ».

Certains peuples sont plus héroïques et plus endurants que d’autres dans les violences à leur encontre et il faut parfois, contre eux, user de moyens de grande coercition. D’autres sont plus facilement contrôlables une fois qu’on leur a infligé les premières options de la stratégie du « choc et effroi ».

Ainsi, pour que les États-Uniens « ordinaires » (je veux dire les Américains d’en bas) soient décidés à entrer en guerre d’abord, puis à la faire ensuite (car c’est eux qui la font toujours – ce n’est évidemment pas ceux qui l’ont provoquée qui vont mourir et souffrir au front ou constater l’horreur qu’ils ont déclenchée), il faut souvent y aller à la grosse Bertha. En effet, les Américains ordinaires ne sont pas si épris de guerre que cela et sont mêmes plutôt adeptes de ce qu’on appelle l’isolationnisme. Sauf qu’ils se mettent au garde-à-vous avec une réactivité saisissante chaque fois qu’on leur présente un ennemi à aller tuer. Deux exemples : Pearl Harbor et le 11 Septembre. La veille du 7 décembre 1941, seuls quelques personnages troubles autour du président ROOSEVELT voulaient dézinguer le Japon et entrer dans la Seconde guerre mondiale. Le choix de ROOSEVELT lui-même reste ambigu. Même phénomène le 10 septembre 2001 où il n’y avait que les néoconservateurs autour de W. BUSH pour souhaiter aller faire la guerre à l’Afghanistan. Mais dans les deux ca, après de telles agressions, tout a changé. Les Américains se sont tous serrés en rang derrière leur commandant en chef et leurs armées. Des grandes villes aux fins fonds de campagnes, ce fut un déluge de patriotisme affiché et de bellicisme assumé. Et pendant des années, ils acceptèrent tout de leurs boys et de ceux qui les dirigeaient. Comme ce fut le cas dans toutes les guerres précédentes… Oui tout ! Jusques et y compris les crimes de guerre, les tortures, les « dommages collatéraux » comme ils disent… Les Américains tolérèrent la guerre à outrance contre les civils, ils tolérèrent même l’usage par leurs armées de gaz ou d’armes chimiques (car l’agent Orange en est une, le napalm en est une autre…). Ils ne se rebellèrent pas contre l’emploi d’uranium appauvri qui provoque pourtant des dizaines des milliers de morts au sein même de leurs propres armées. Eux qui sont si fiers de la Déclaration d’indépendance, ils ne bronchèrent pas quand le Président, quand les « hommes du Président » ou quand leurs « représentants » à la Chambre des Représentants ou au Congrès validèrent, eux aussi au garde-à-vous, les décisions liberticides prises par le pouvoir exécutif, notamment les lois PATRIOT. Il fallut attendre, comme chaque fois, plusieurs années pour que le Congrès se réveille et que le peuple sorte de son hibernation et exige des commissions pour faire la lumière sur certaines tragédies. C’est alors que l’on voit des acteurs de la dite tragédie « se mettre à table » et dévoiler que ce que certains avaient dit depuis le premier jour était bel et bien la réalité alors que les pouvoirs, aidés par les medias, avaient opportunément discrédités ceux-ci en les présentant comme de sales complotistes ou même comme des « anti-Américains », ce qui ne manque pas de sel parce que c’étaient surtout des Américains qui étaient accusés d’être des « anti-Américains »… La délation de masse fut pratiquée à cette époque-là, comme c’est le cas dans tout système totalitaire… Sauf que dire la vérité plusieurs années après les faits, et surtout bien après que ces faits aient eu leurs effets recherchés, c’est toujours trop tard. Le mal a été déjà fait et mêmes si les raisons cachées des violences et des guerres sont mises à jour, les principaux responsables ne sont pas inquiétés et les buts atteints ne sont pas remis en cause.

Oui, « les » pouvoirs (qui ont « le » pouvoir) ont les moyens de nous faire taire et de nous forcer à courber l’échine.

J’imagine quand même que parfois ils doivent s’étonner de la facilité avec laquelle ils réussissent à mystifier les masses. J’incline à penser que voir dans certaines de leurs expériences, les réactions uniformes des peuples meurtris qui se mettent en rang serré derrière leurs chefs, aussi pitoyables, dangereux et détestables qu’ils puissent être, vont au-delà sans doute de ce qu’ils espéraient…

Ces puissants malfaisants devaient se dire qu’avec les Français, ça ne serait pas aussi aisé qu’avec les États-Uniens. Parce que les Français sont un peu plus et un peu mieux éduqués, éveillés et expérimentés en termes de rébellion et de révolutions… Eh bien en fait, les Français se sont distingués… en ne se distinguant pas justement des Américains ! Nos réactions, nos discours martiaux, nos comportements, ces derniers jours, sont exactement du même ordre que ce à quoi on avait assisté en septembre 2001.

Et, comme en 2001, où une guerre (en fait plusieurs successives, voire simultanées) furent menées avec l’assentiment de tout un peuple, prétendument contre l’ennemi qui avait frappé, nous voyons, avec effroi, le peuple français répondre à l’appel de son « commandant en chef » et de son gouvernement pour entrer en guerre contre un ennemi impossible à détruire car il ne s’agit pas d’un État dans ses frontières qu’on peut amadouer ou dissuader ou contre qui on peut exercer des représailles. Le terrorisme est par essence diffus et sans frontières. Faire la guerre au terrorisme, c’est, comme le disait Gore Vidal, commencer une guerre perpétuelle qui n’aura jamais de fin puisque ce qui alimente le terrorisme n’est pas traité et que ceux qui alimentent les terroristes ne sont jamais inquiétés…

Nous allons donc guerroyer à notre tour. Comme l’ont fait les Américains. Nous avons donc nous aussi un état (avec un « e » minuscule) quasi martial, comme ce fut le cas aux États-Unis au lendemain du 11 Septembre. Pour l’instant, ce n’est que « l’état d’urgence », pas encore « la loi martiale » mais si l’état d’urgence était quelque chose que nous connaissions en France puisque nous l’avions expérimenté quelques fois, la version 2 de cet état d’urgence, résultant de l’adoption récente de la loi par les deux assemblées du Parlement, est très proche d’un état policier en bonne et due forme. Il y a danger ! Ce n’est pas une simple mesure de protection du peuple qui est en vigueur, mais bien un arsenal juridique pour dompter un peuple qui commençait à gronder.

Avant le 13 novembre, le peuple de France, à l’unisson des autres peuples, grondait. Oh certes, à bas bruit comme on dit dans certaines sphères… Car ce bruit était assourdi par les medias de masse. Et il n’y avait pas encore eu de véritable coup d’éclat resplendissant de résistance, sinon quelques cas isolés de batailles le plus souvent perdues ou en voie de l’être. Mais on sentait bien que l’ambiance était mauvaise, que la colère sourde pouvait à tout moment éclater et renverser le système. Ici, en France, mais aussi ailleurs en Europe, en Afrique, en Asie et même en Amérique…

Or, il est des gens puissants qui vivent de ce système et qui ne peuvent tolérer que ce système soit renversé, parce qu’ils perdraient tout, et même jusqu’à leur vie pour certains. Alors quand l’heure est venue pour eux de faire ce qu’il faut pour assurer leur survie, ces gens-là savent ce qu’il faut faire et ils le font. Peu importe le nombre des victimes, peu importe ce que cela coûte, ils le font. Ou plutôt le font faire. Car ils ne se salissent pas les mains eux-mêmes. Ils ne portent pas les armes eux-mêmes. Ils ne signent aucun document pouvant les impliquer et les confondre mais ils donnent les ordres adéquats. Et leur « système » est assez bien organisé pour que les buts soient atteints sans que jamais on ne puisse vraiment remonter les pistes des commanditaires. On ne touchera que les exécuteurs et des boucs émissaires qu’on livrera en pâture aux peuples assoiffés de vengeance. Dans le monde du renseignement et de l’action criminelle des services secrets, on parle de « jungle des miroirs ». Personne ne sait vraiment qui est qui, ni qui travaille vraiment pour qui, d’autant que les acteurs agissent souvent à plusieurs niveaux, et pour différents commanditaires qui n’ont pas toujours d’ailleurs des intérêts identiques, et qui peuvent même parfois se livrer à des guerres de clans. Comme dans la mafia en fait ! Et comme dans la mafia, comme dans toute entreprise criminelle un tant soit peu sérieuse, tout est étroitement cloisonné, afin qu’aucun acteur de la dite entreprise ne puisse vraiment menacer l’édifice général, ni surtout confondre les principaux donneurs d’ordres. Et les acteurs, qu’ils soient doubles, triples ou multicartes, ne connaissent eux-mêmes que le strict nécessaire à l’accomplissement de la mission qui leur a été confiée, par des gens qui leur sont inconnus bien sûr. S’ils parlent, ils ne menaceront pas le système criminel global et ceux qui pourraient gêner, ils disparaissent rapidement, soit comme ennemis publics abattus par les autorités, soit après avoir été assassinés par d’autres « acteurs » après que leur mission ait été accomplie.

Le peuple mettra des années à sortir de sa torpeur et hélas, le plus souvent ce sera après avoir beaucoup souffert.

Les lanceurs d’alertes qui nous mettent en garde aujourd’hui ne sont pas de grotesques Cassandre. Ce sont des consciences éveillées qui ne participent pas de la folie collective à laquelle on assiste.

La guerre n’a jamais réglé aucun problème de « terrorisme ». Et le terrorisme que certains disent être l’arme du pauvre n’est en fait qu’une action géopolitique de nature criminelle menée par personnes interposées. Les exécuteurs sur le terrain sont de deux ordres :

1- il y a ceux qui ont décidé de devenir des « martyres » pour deux raisons :

a/ parce que leur cœur et leur esprit sont noircis de haine à force d’avoir été lobotomisés et qui, parce qu’ils ont été ainsi décervelés, sont prêts à se supprimer eux-mêmes dans un acte qu’ils croient « héroïque »,

b/ parce que les violences qu’ils ont vécues eux-mêmes les ont fait dévier d’une vie « normale » et leur instinct de vengeance a pris le pas sur leur raison.

2- Il y a ceux qui n’ont pas du tout l’intention d’y rester mais qui font ça par appât du gain. Des mercenaires. D’anciens soldats. Des criminels sous « contrat » qu’on paie pour un crime donné comme on paie certains journalistes à la pige ! Car les commanditaires paient sans doute un très bon prix pour la réalisation des crimes qu’ils souhaitent voir commis. Ce deuxième type de « terroristes » regroupe cette fois des professionnels, rien à voir avec des esprits embrumés ou des kamikazes. Et ceux-là, il est pratiquement impossible de les retrouver. Car ils ont toutes les complicités utiles partout où il le faut, pour pouvoir filer et ne jamais être retrouvés. Et soyez certains que s’ils déviaient un tant soit peu du plan, pour quelque raison que ce soit, d’autres assassins professionnels viendraient nettoyer la place… Le cas d’école est celui de Lee Harvey Oswald, assassin présumé du président Kennedy et bouc émissaire exemplaire, assassiné par un mafioso notoire Jack Ruby, lui-même opportunément décédé d’un cancer foudroyant qui l’emporta en quelques semaines à peine, après qu’il ait assassiné l’assassin présumé…

Ce que je dis là sera inéluctablement décrit par certains comme une énième théorie du complot. Mais des complots, il y en a toujours eu dans les sphères du pouvoir depuis que le monde existe. Le monde de la Rome ancienne en était spécialiste et avait bien appris de civilisations qui l’avaient précédé.

Pourtant, le monde du pouvoir n’est pas fait que de complots. Toute décision d’un gouvernement ne résulte pas d’un complot. Et il existe bel et bien parfois des tragédies qui ne sont pas le fait de complots ou de volontés criminelles. Il serait absurde de tout expliquer toujours par la théorie du complot.

Mais il est tout aussi stupide, irrationnel et éloigné de la vérité de soutenir systématiquement qu’aucun complot n’existe jamais que dans la tête de personnes dérangées. Un complot n’est qu’un accord de volontés en vue de mener une entreprise criminelle. Cette entreprise peut être banale, ordinaire, de petite intensité. Une association de malfaiteurs (que le code pénal français prévoit et réprime) est un complot. Mais il est clair que la notion de complot implique souvent que l’entreprise criminelle est de très haute envergure, soit par la cible qu’elle vise, soit par le nombre de victimes ciblées.

Et de même qu’il était grotesque (et mensonger) de présenter Oussama Ben Laden et sa bande d’Al Qaida comme des gens capables de mener l’action qu’ils ont menée sans des appuis – et pas seulement financiers – en très hauts lieux et des complicités actives ou passives dans bien des rouages de l’appareil d’État, il est extrêmement malhonnête et complètement stupide de décrire les attentats de Charlie Hebdo ou ceux du 13 novembre comme les actes isolés, bien que coordonnés, de quelques fous, épris de haine contre la France, mais sans appui nulle part…

Le peu que les medias délivrent suffirait à déclencher de grandes enquêtes si nous étions un peuple libre et souverain. Comme plusieurs fois dans le passé récent, quand des « terroristes » ou des « criminels » sont connus des services de police et des services de renseignement, qu’ils sont suivis de près, et que parfois il y a même des contacts étroits entre eux et les dits services, on ne peut gober que ces personnes si dangereuses puissent préparer leurs actes dans l’ignorance de ceux qui les surveillent.

Chaque fois, on nous ressort la thèse de l’erreur d’appréciation par les pouvoirs publics, ou celle de l’incompétence de tel ou tel de ses acteurs. Souvent on fait tomber quelques têtes de lampistes ou d’acteurs de second rôle parmi ceux qui devaient assurer le pays que ce genre de tragédies ne se produise pas. Car si l’incompétence est toujours pénible à porter, elle l’est moins que la forfaiture… Or à ce niveau-là, ce n’est plus de l’incompétence. À ce niveau-là, ce n’est plus une erreur d’appréciation. C’est une volonté délibérée que la tragédie se produise. Pour qu’ensuite, le pouvoir puisse dire : « Vous voyez, on vous avait mis en garde. Nous voulions renforcer notre arsenal de protection et vous ne le jugiez pas nécessaire. Maintenant, j’imagine que vous allez l’accepter… ».

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que l’on ne savait presque rien avant et que l’on sait tant de choses depuis quelques jours ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que certains des terroristes étaient repérés et fichés et que malgré tout « on ne savait presque rien » ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que plusieurs services de renseignement étrangers avaient mis la France en garde en lui communiquant de très précieux et précis renseignements ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que l’on a retrouvé un ou des passeports désignant certains terroristes ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que le jour même des faits, des exercices pour des attentats de haute envergure étaient en cours ? C’était pareil pour le 11 Septembre…

N’êtes-vous pas troublés d’entendre que l’on savait dans les heures qui ont suivi les faits, qui étaient les auteurs de la tragédie alors que la veille, nous dit-on, on ne savait presque rien sur eux ? Affirmation totalement démentie par ailleurs par la bonne connaissance de ces personnes par nos services de renseignement…

N’avez-vous pas le sentiment extrêmement désagréable d’être pris pour de très gros cons comme furent pris pour de très gros cons les Américains après le 11 Septembre, quand leur Président et sa bande expliquaient qu’on ne pouvait imaginer ce qui s’est passé ce jour-là alors que justement, on a appris depuis que tout avait été précisément imaginé depuis des années, par Tom Clancy, auteur à succès, par le cinéma et surtout par la haute hiérarchie de l’armée ?

Il y a des questions à se poser et à poser au gouvernement, au Président de la République, aux services de l’État… En premier lieu au ministre de l’Intérieur, au chef des services de renseignement et à quelques galonnés de haut rang de nos armées…

Il ne suffit pas de faire tomber quelques têtes. Il faut exiger une commission d’enquête qui ne soit pas une occasion de clore l’affaire avec des explications bidonnées. Il ne faut pas une nouvelle commission Warren (JFK) ou une nouvelle commission du type de celle sur le 11 Septembre. Ces commissions-là disent bien quelques vérités car elles y sont contraintes mais épargnent les principaux coupables et sauvegardent le système.

Seul un peuple éveillé et courageux pourra obtenir la vérité et en tirer les conséquences, toutes les conséquences.

Dans une scène du film « JFK » d’Oliver Stone, quand on lui demandait si faire la lumière sur l’assassinat de Kennedy ne risquait pas de provoquer une crise gravissime pour le pays et même le discréditer aux yeux du monde, le procureur de La Nouvelle-Orléans Jim Garrison (joué par Kevin Costner dans le film) rétorquait « Est-ce qu’un gouvernement qui ment à son peuple vaut la peine d’être préservé ? » et ajoutait « Il faut que justice soit faite, même si le ciel s’écroule ! ».

Alors ce sont des extraits d’un film. Je ne suis pas certain que de tels propos soient authentiquement ceux du vrai procureur Garrison mais ce dernier aurait très bien pu les prononcer quand on sait ce qu’il a fait et ce qu’il a dit publiquement, notamment dans sa plaidoirie au terme du célèbre procès d’un des hommes qu’il suspectait d’avoir participé au complot.

Aujourd’hui, je reprends cette interpellation et je pose moi-même la question. Est-ce qu’un gouvernement qui ment à son peuple vaut la peine d’être préservé ?

Et par le mot de « gouvernement », je n’entends pas seulement l’ensemble des ministres, au sens du « gouvernement » institutionnel. Par ce terme, je désigne l’ensemble des pouvoirs publics qui ne jouent pas leur rôle au service du peuple mais qui, comme aux États-Unis après le 11 Septembre notamment, se rangent derrière le Président de la République et son gouvernement, au sens institutionnel cette fois sans poser les questions qui fâchent parce que ce n’est pas le moment d’être désunis…

Le Jim Garrison du film JFK disait aussi : « Un pays devient très dangereux quand on ne peut plus dire la vérité et que tout le monde a peur ».

Il y a matière à méditer ces quelques mots, vous ne trouvez pas ?

Dernière citation du Jim Garrisson du film JFK, qui elle, par contre, est authentiquement celle du vrai procureur Garrison : « Le fascisme viendra en Amérique sous le nom de sécurité nationale ». En France, nous n’étions pas accoutumés à parler de cette notion de « sécurité nationale ». C’est Sarkozy qui a initié la chose, bien inspiré par ses inspirateurs… Et pour cela comme pour beaucoup d’autres choses, le pouvoir actuel – qui, rappelons-le, à toutes fins utiles parce que parfois on en vient à en douter sérieusement, n’est plus celui de Sarkozy – enfonce le clou. Et nous ne réagissons même pas… Souvent Hollande reste en retrait et c’est son Premier ministre qui fait le sale boulot ; et il y prend un certain plaisir manifestement. Savant partage des rôles. Hollande, le Président falot choisi pour ça – comme « W » l’avait été en son temps ! – et Valls, le Premier ministre qui est celui qui dirige vraiment le pays, comme le faisait Dick Cheney aux États-Unis au temps où le crétin du Texas résidait à la Maison-Blanche…

Décidément, je ne suis plus très loin d’avoir honte de mon pays !

Edward Paul Abbe a dit : « Un patriote doit toujours être prêt à défendre son pays contre son gouvernement. »

Je veux bien être patriote, pas au sens où je défendrais l’entrée en guerre contre un ennemi impossible à éradiquer par la guerre, mais au sens où je reste debout face à un pouvoir qui devient très dangereux…

 

La République en danger – À propos du choix de Nicolas Sarkozy, fossoyeur de la République, de renommer l’UMP en « Les Républicains »…

Il y a de vrais Républicains dans ce pays, pour qui la République, c’est la défense permanente de l’intérêt général.

Je ne parle pas des formes connues à ce jour de République :
– la « République » bourgeoise n’est pas l’essence de la République ;
– la « République » basée sur le principe représentatif, qui aboutit à ce que les élu-e-s, au lieu d’être des mandataires fidèles et loyaux du peuple, deviennent les larbins, les serviteurs, les exécuteurs des basses oeuvres de ses maîtres, n’est pas l’essence de la République ;
– la « République » qui permet la corruption des titulaires de charges dans l’État, ce n’est pas l’essence de la République ;
– la « République » qui se moque de la démocratie, ce n’est pas l’essence de la République ;
– la « République » qui méprise l’intérêt général et promeut sans cesse davantage les intérêts très particuliers, très égoïstes de la caste oligarchique, ce n’est pas l’essence de la République.

Pour moi, une République authentique est un régime où les citoyen-ne-s sont souverain-ne-s dans la cité ET où les travailleurs le sont dans leur entreprise.

Une République met donc au sommet de sa hiérarchie des normes à la fois l’exigence de démocratie authentique et jusqu’au bout, et l’exigence absolue de l’intérêt général qu’il revient au peuple de définir.

Alors oui, ça me dérange et je ne peux me réjouir que des salopards de l’UMP se désignent maintenant officiellement, dans le nom même de leur parti, comme des « Républicains », car cela, désormais, va rendre impossible que, NOUS, les authentiques Républicains, puissions continuer à nous désigner comme tels.

Ces salopards de l’UMP vont pourrir une de nos plus fondamentales valeurs, flanqués qu’ils sont de batteries de casseroles pour beaucoup d’entre eux, dont le passif est d’avoir largement détruit le système social français hérité du CNR, et d’avoir en outre détruit l’indépendance et la souveraineté de la France et vassalisé notre pays en le soumettant aussi bien à cette U€ devenue dictature capitaliste et impérialiste, qu’à l’Empire états-unien, fauteur de troubles et de guerres larvées ou ouvertes partout dans le monde depuis leur origine en général, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale en particulier.

Enfin, ça n’aura échappé à personne : ils ont choisi de s’assimiler totalement aux « Républicains » états-uniens. Le symbole n’a pas été choisi par hasard et il est très fort ! Ils ne pouvaient pas, pour diverses raisons, devenir le « Parti Républicain » alors ils ont trouvé autre chose mais désormais, en France, la filiation de la droite française, faussement dite « républicaine », est directement liée à ses maîtres états-uniens.

Le leader de l’UMP, ancien Président de la République, est bien le fossoyeur de la République française ! Cette mission qu’il a acceptée et qu’il s’emploie à mener à bien lui a été assignée, il y a fort longtemps, par des gens qui ne sont pas toujours de chez nous, et qui ne tolèrent pas que nous, Français-e-s, existions sur la scène internationale et portions un message différent de celui incarné par l’Empire états-unien, lequel trouve des relais, des messagers et des combattants, traîtres à notre peuple, déterminés à faire la sale besogne de nos ennemis jusque dans notre propre pays. On a déjà connu cela plusieurs fois dans notre Histoire, l’expérience pétainiste de la Seconde guerre mondiale n’étant que la plus récente…

Oui, certains diront que « Républicains », ce n’est qu’un mot et qu’après tout, vu que les membres de la caste oligarchique ont déjà sali et discrédité tant d’autres termes qui définissaient ce que nous étions, un de plus ou un de moins, cela n’a aucune importance.

Moi, je ne vois pas les choses ainsi Les mots sont les outils du dialogue, de l’échange, des discours et ils incarnent des idées. Lorsque les mots du langage commun sont travestis par nos adversaires et par nos ennemis politiques et de classe, avec l’appui massif des meRdias et des « experts », et ce dans l’indifférence générale du peuple et des militant-e-s politiques, et que ces mots sont utilisés pour exprimer le contraire du sens qu’ils incarnent ou du message qu’ils véhiculent en réalité, alors la bataille idéologique est perdue. Sauf à inventer de nouveaux mots qui rendront les anciens obsolètes.

En attendant que nous y parvenions, ça va nous poser à tous un énorme problème !

Je sais bien qu’à gauche, un certain nombre de citoyen-ne-s conchient l’idée républicaine et se réjouissent que nos ennemis la salissent définitivement car, selon eux, cela va permettre d’en finir pour de bon avec l’idée républicaine, mais ils sont inconscients du fait que nous allons tous en pâtir. Parce que, pour le moment, nous n’avons pas de solution de rechange.

Si la grande et la noble idée républicaine est définitivement abandonnée à la droite libérale, européiste et atlantiste française parce que cette dernière l’a kidnappée, ce sont les escrocs et les liquidateurs de la République qui composent cette droite-là qui auront eu le dernier mot.

Nous avons déjà abandonné au Front National la notion de « nation » qu’il s’est empressé de faire muter en un terme porteur non seulement de haine de l’étranger ou de l’autre mais aussi de guerre, et a totalement effacé ce que ce terme signifiait depuis la Révolution française.

Nous avons presque abandonné également à la droite catholique et raciste la notion de « laïcité » pourtant fondatrice de notre République et cette droite-là l’a transformée pour en faire une arme exclusivement destinée à mater les non catholiques !

Eh bien moi, je me refuse à ces abandons successifs ! J’espère ne pas être le seul !

Camarades, ami-e-s, concitoyen-ne-s, nous devons RÉSISTER mais ne pas nous cantonner dans cette position passive. Nous ne devons pas nous limiter à faire la « tortue », au sens de cette formation de défense que pratiquaient les légions romaines assaillies par l’ennemi. Il est temps d’entamer la RECONQUÊTE ! Car nous ne nous défendons pas. Nous ne résistons pas. Nos ennemis, peu à peu, méthodiquement, gagnent du terrain. Constatez tout ce que nous avons perdu, depuis 1945, de ce que nous avions gagné après la Seconde guerre mondiale, grâce à l’oeuvre merveilleuse bien qu’inachevée du CNR.

La guerre qui est menée contre nous par la caste oligarchique n’est pas une guerre de la droite contre la gauche, mais une guerre de la caste oligarchique contre le peuple. Et il est vrai que la caste oligarchique a su faire de la droite française sa principale armée, et qu’elle a su non seulement dompter la Gauche, mais bien plus, la subvertir en quasi-totalité.

Et du fait de nos propres insuffisances, à nous cette « Autre Gauche », qui voulions incarner – et avions commencé à incarner de 2009 à 2012 avec le Front de Gauche – une véritable et enthousiasmante alternative, du fait de notre incapacité à être cohérents et crédibles, du fait de notre refus d’assumer les indispensables ruptures, notamment avec l’U€, mais aussi avec la cuisine politicienne habituelle des partis, si détestable aux yeux du peuple, eh bien ce peuple croit qu’il n’a plus, pour se défendre, que le Front National, cette illusion, cette escroquerie, ce vampire, ce messager de la haine et cet apprenti du fascisme, dont on sait à quel point son rôle est de maintenir le système en place aussi longtemps que possible et de préparer le pire si le système venait à s’effondrer.

Peuple de France, combien de temps encore vas-tu de désintéresser de ton sort ?

Peuple de France, que faut-il que l’on t’impose pour que tu dises « Stop! » et que tu reprennes en mains ton destin ?

Peuple de France, attends-tu de connaître le sort des martyres de l’austérité que sont les Grecs, les Espagnols et les Portugais ?

Peuple de France, penses-tu être à jamais à l’abri d’une guerre ouverte dans ton propre pays alors que l’exemple ukrainien devrait te saisir d’effroi et te pousser à une réaction ?

The world on the brink of the catastrophe… Le monde au bord du gouffre !

On lisait et on entendait cela fin octobre 1962, lors de la crise des missiles de Cuba.

Cette formule est redevenue actuelle au regard des évènements en Ukraine. Le monde occidental, États-Unis et Union Européenne en tête, pousse en sous-mains les nazis de Kiev à entraîner la Russie dans une guerre en Europe et l’OTAN est sur le pied de guerre.

Mais on détourne notre attention de ce risque majeur de nouvelle conflagration mondiale, cent ans après le déclenchement de la folie meurtrière de 1914-1918. On nous affole avec l’Ebola. Sans doute un danger aussi infondé que les différentes grippes animales passées… Faire peur aux gens sur un évènement inexistant pour les détourner de l’actualité réelle qui, elle, est bien là. Ce n’est que la mise en oeuvre des principes habituels de désinformation, d’abrutissement des masses. Car on n’agit que contre une menace que l’on croit fondée, pas contre une menace fantôme…

Où trouve-t-on des infos sur ces évènements sources de guerre générale qui ne soient pas de la pure propagande de l’Empire fauteur de troubles depuis 1776 ? Dans des medias alternatifs, sur des blogs et via des analyses non « mainstream ». Sauf qu’il faut être prudents quant aux sources car on trouve aussi n’importe quoi sur le net.

Nous savons que les médias officiels nous désinforment grossièrement. C’est vrai d’une manière générale, mais c’est tout particulièrement vrai s’agissant de la question russo-ukrainienne.

Poutine est désigné comme le Hitler de 2014, le danger pour la paix du monde, l’agresseur, le meurtrier de masse, le génocideur, l’empêcheur de vivre de peuples qui n’aspireraient  qu’à la liberté etc. etc. Mais si Poutine n’est sans doute pas un parangon de démocratie, ni un modèle d’humanisme, il est, dans cette affaire, bien plus respectueux de la paix du monde que d’autres et bien moins oppresseur ou assassin de masse que d’autres.

Même la grande presse commence à distiller l’information que l’avion de la Malaysian Airlines a été abattu NON pas les « pro-Russes » mais bien par un chasseur de la flotte aérienne ukrainienne. C’est donc bien un acte (volontaire ou accidentel) de la part des Ukrainiens. Ce qui inverse la logique qui s’est mise en marche et confirme que les va-t-en guerre sont à l’Ouest (de l’Ukraine et du monde), pas à l’Est (de l’Ukraine et du monde) !

Poutine, lui, fait preuve de la plus grande modération jusqu’à présent. Bien des dirigeants auraient agi militairement depuis des mois s’ils avaient subi ce que Poutine ou la Russie subissent d’humiliation et d’insultes sans compter les massacres de masse que les peuples de l’est de l’Ukraine doivent affronter. Imaginez qu’OBAMA soit traité par la presse de la moitié du monde comme POUTINE l’est depuis des mois… Si vous ne saisissez pas de quoi je parle, recherchez les Unes de la grande presse occidentale depuis des mois. Vous serez édifié !

Mais Poutine qui n’est pas idiot et qui dispose de beaucoup d’informations, notamment sur ce que fait en secret l’Empire, ce qui n’est pas le cas du grand public, a compris qu’on lui tend un piège, que l’on fait tout pour qu’il intervienne militairement et alors l’Empire, l’Union européenne, la « Communauté internationale » jugeront indispensable de lui faire la guerre. Tous ceux-là, préparent déjà, depuis une décennie au moins, son renversement via un coup d’État du type de celui organisé à Kiev. Cette dernière expérience-là, qui a succédé à d’autres dans plusieurs des anciennes républiques de l’URSS, n’était qu’un exercice grandeur nature dans le pays le plus indispensable à la Russie. Imaginez la réaction de Washington si la Russie ait organisé un coup d’État du même genre à Mexico ou à Toronto pour y installer un pouvoir pro-Russe. En fait, on l’a déjà vu, cette réaction américaine, dans un cas similaire ; ce fut à Cuba dans les années 60 : une hystérisation de la situation qui a failli conduire au pire en octobre 1962.

Eh bien, nous revoilà, 50 ans après, plongés dans le même contexte géopolitique où la guerre mondiale est devenue une menace sérieuse. Seul Poutine aujourd’hui nous évite d’y être déjà entrés parce qu’il a refusé de répondre aux provocations de l’Occident. Comme jadis, en octobre 1962, les Russes n’avaient pas réagi de manière hostile à diverses provocations gravissimes de la part des forces armées américaines :

– lancement à titre d’essai d’une fusée de la base californienne de Vandenberg vers l’Ouest et donc vers la Russie ;

– essai nucléaire ;

– manœuvres militaires massives : aériennes, navales et terrestres ;

– mise en alerte « Defcon 2 » (qui compte 5 positions), c’est-à-dire le dernier stade précédant la guerre, stade qui impose par exemple aux bombardiers stratégiques ayant des bombes nucléaires dans leurs soutes de se tenir à proximité immédiate de la Russie et qui débloque certaines mesures de sécurité en vue d’un lancement rapide des missiles en silos ;

Tout cela, les Russes ne pouvaient ignorer et c’était donc une provocation totalement folle qui pouvait conduire les Soviétiques à attaquer les premiers. Mais c’est justement ce que voulaient les généraux américains car ils croyaient que les États-Unis étaient en mesure de « gagner » la guerre, fut-elle nucléaire…

À cette époque, il existait un plan de l’état-major américain qui prévoyait – écoutez bien cela – : une gradation sur plusieurs mois des tensions internationales entre l’Occident et l’URSS ; pendant cette période, l’URSS serait désignée coupable de plusieurs actes criminels d’ampleur croissante afin que le peuple américain et les peuples du monde soient convaincus du danger que représentait l’URSS et donc soient décidés à accepter une guerre entre les deux blocs. Ce plan prévoyait une attaque nucléaire massive préventive de l’URSS. Certes, je n’ai pas lu ce plan moi-même mais beaucoup d’analystes ont écrit sur le sujet. Je les juge crédibles. D’autant plus qu’ayant moi-même beaucoup, beaucoup travaillé depuis 20 ans sur les États-Unis en général, sur la période des années 60 en particulier, je sais que cela est fondé.

Et puis, même si cela défrise les défenseurs indécrottables des États-Unis, il y a le plan Northwoods qui a été rendu public il y a longtemps. Et ce plan écrit noir sur blanc que les États-Unis sont prêts à fabriquer des attentats qu’ils imputent à d’autres (en l’occurrence c’étaient les Cubains de Castro) pour justifier la guerre. Vous qui ignorez tout de ce plan diabolique, lisez le. Le 11 Septembre y est écrit. Ce qui se passe en ce moment y est écrit. Kennedy l’avait refusé mais il a été manifestement mis en application depuis… Plusieurs fois !

Je reviens à Poutine. S’il a décidé des sanctions économiques, ce n’est pas pour « nous faire la guerre » comme l’écrit un auteur qui se perd (Gauche de combat) mais c’est un droit de légitime défense puisque nous, les Occidentaux, avons décidé, les premiers, de sanctionner la Russie en plus de la provoquer et de l’insulter depuis des mois.  Quand on donne des coups, il faut s’attendre à en recevoir en retour. C’est un tempérament d’ado pré-pubère que de frapper quelqu’un et de se plaindre ensuite de sa réaction hostile.

Bien des personnalités respectables, françaises anglaises, allemandes, russes, américaines et autres, ont exprimé leur sentiment d’inquiétude profonde et leur incompréhension des choix diplomatiques, géopolitiques et stratégiques faits depuis quelques mois par les Occidentaux. Mais leur voix est étouffée. Parce qu’à Washington, on veut la guerre. Car la guerre serait la seule chance de maintenir le système capitaliste. Peu importe que meurent des millions de personnes, peu importe que des centaines voire des milliers, de villes soient détruites, peu importe que des populations soient décimées…si les maîtres, qui, eux, seront à l’abri, peuvent survivre sur un champ de ruines. Les banquiers américains ont eu 50 ans de prospérité au lendemain de la Seconde guerre mondiale…

Le cercle des économistes sous la direction d’un certain Lorenzi avait publié « La guerre des capitalismes aura lieu » en avril 2008.

Nous y sommes presque…

 

Combien de fois Jaurès sera-t-il assassiné ? – Par « Bab »

Je relaie ce formidable billet du blogueur »Bab » accessible ici : http://bab007-babelouest.blogspot.fr/2014/07/combien-de-fois-jaures-sera-t-il.html?showComment=1406790311546#c7531395180177754172

En ce jour anniversaire de l’assassinat de Jaurès, cet homme de paix qui avait tout fait pour éviter que ne se déclenche la folie guerrière qui menaçait, l’auteur évoque la situation internationale qui est source de grandes inquiétudes.

* * * *

Aujourd’hui est la journée du souvenir.  A 21h40 au café du Croissant, à Montmartre, Jean Jaurès est abattu. Par qui ? Peu importe. Le seul défenseur de la paix disparaît. L’autre assassinat, le 28 août, à Sarajevo, n’est qu’un prétexte pieux vu que l’homme abattu à Sarajevo, bien qu’archiduc autrichien, n’a aucun poids sur la scène politique.

C’est au point que quatre heures plus tard seulement, mon grand-père accomplissant son service militaire dans la Meuse (il lui reste 52 jours sur 3 ans) est réveillé avec ses camarades par le colonel du régiment lui-même. Celui-ci appelle deux hommes pour la corvée de cartouches. À 5 heures du matin les hommes sont déjà en poste à la frontière, en ce terrible 1er août 1914. Ils ne rentreront dans leurs foyers (pour ceux qui rentreront) que 52 mois plus tard.

Nous sommes le 31 juillet 2014. Un siècle plus tard, l’avenir est aussi sombre.  Certes les prétextes et certains contextes diffèrent. En revanche, comme un siècle plus tôt les intérêts des financiers et des industriels sont toujours là, pour aiguillonner les haines, pour déclencher des « incidents ».  C’est en 1913 qu’avait été constituée la Réserve Fédérale US (banque privée, naturellement) en vue d’amasser des profits pour les banquiers membres fondateurs de cet organisme. Aujourd’hui, le dollar est en grande difficulté en raison des exagérations de la même FED à recourir à la planche à billets. Une « bonne » guerre serait un juteux moyen de faire repartir la machine.

Cela « tombe bien ».  Les faucons de Tel Aviv viennent de lancer leur nouvelle campagne, d’été cette fois, contre la ville de Gaza. Tollé quasi général (la « communauté internationale » formée des USA et de quelques satellites ne bouge pas, bien entendu). Une nouvelle flottille se prépare à partir de Turquie pour secourir les Gazaouis. Même si elle a récusé la marine turque pour l’accompagner et la défendre, on imagine…..

Pendant ce temps-là, les Nazis qui ont pris le pouvoir à Kiev avec la bénédiction de Bruxelles et Washington continuent à pilonner les villes russes de l’est de l’Ukraine. Ils descendent (c’est maintenant acquis) un avion civil qu’ils ont dévié de sa route, en tentant de faire porter le chapeau au camp d’en-face. La tension est extrême partout. Qui est derrière ce coup de force ? Bien sûr, les stratèges de Washington, cornaqués par les financiers en quête de marchés nouveaux.

Le Monde va-t-il à nouveau exploser, pour le bénéfice des Très Grandes Fortunes ? Celles-ci n’ont jamais été aussi énormes, donc aussi puissantes. Mais qu’on ne s’y trompe pas : c’est en dollars, donc en monnaie de singe.  Il leur faut quelque chose de plus consistant, pour simplement continuer à exister.

Dans cette tourmente qui menace, seul le solide gouvernement russe a suffisamment la tête sur les épaules, et le poids international retrouvé, pour empêcher le déclenchement de la catastrophe. S’appuyant sur une Chine inquiète, et sur les autres membres des BRICS, il peut calmer le jeu, et renvoyer dans leurs bases les « soldats de la paix » dont on connaît les initiatives bénéfiques au VietNam, en Irak ou en Afghanistan.

Il faut se souvenir que ces soldats sont, le plus souvent, recrutés parmi les plus pauvres des étatsuniens, qu’ils manquent d’instruction, et souvent c’est ainsi qu’ils espèrent obtenir enfin le passeport US. De pauvres hommes perdus, auxquels on peut imposer les pires exactions. D’ailleurs, s’ils obtiennent le précieux talisman, ce sont le plus souvent des épaves qui reviennent dans leurs foyers. Le piège est très amer.

 

 

Faire taire les armes israéliennes et gagner la paix

La Palestine est sous le feu d’Israël depuis deux semaines. Plus de mille morts et je ne sais combien de blessés sont déjà enregistrés au macabre décompte.

On manifeste mais cela, évidemment, ne change rien à la situation. Israël mène une guerre à outrance sachant qu’il ne risque rien, sinon quelques roquettes, lesquelles ne sont pas en situation de le menacer mais juste de lui donner une nouvelle raison de justifier sa guerre injustifiable. Vis-à-vis de ses voisins arabes, la puissance nucléaire d’Israël lui garantit l’inviolabilité. Et le soutien direct de la puissance américaine ajoute à son bénéfice la garantie d’impunité.

Israël est donc comme un serial killer en liberté, soutenu par les forces de l’ordre.

Les manifs ne stopperont pas Israël. Les sanctions économiques non plus. Israël ne s’arrêtera que le jour où il l’aura décidé. La Palestine est donc entre ses mains. Et aussi longtemps que les pays du monde détourneront le regard ou regarderont de loin, à peine gênés, aussi longtemps qu’ils se plaindront peut-être mais ne feront rien, Israël poursuivra sa politique de dévastation meurtrière.

Si le Parlement israélien renversait le gouvernement, les choses pourraient évoluer dans le bon sens mais rien ne semble indiquer pour l’instant que le gouvernement soit menacé.

Si le peuple d’Israël se levait en masse, sans doute que le gouvernement serait contraint de réévaluer sa politique belliqueuse mais le peuple d’Israël se fait attendre. Si quelques milliers osent manifester et défier ainsi courageusement leur gouvernement, on n’en est pas, loin de là, à la contestation massive.

Si l’ONU décidait d’agir vigoureusement, pas seulement en adoptant des résolutions puisqu’Israël les a toujours ignorées, mais en décidant de donner un ultimatum à Israël sous peine d’une mise en œuvre du chapitre 7 de la charte de l’ONU qui prévoit un droit de légitime défense pouvant passer par des moyens militaires, alors Israël n’aurait pas d’autre alternative que d’entendre la communauté internationale et d’obéir à ses ordres. Mais pour que cela existe, il faudrait, pour commencer, que le conseil de sécurité adopte une telle résolution et les États-Unis l’empêcheront.

Que peut-on donc faire ?

« Discuter » disent les pacifistes. Même avec un agresseur ? Et quand l’agresseur refuse de discuter ?

La situation étant ce qu’elle est, peut-être que les combats touchent à leur fin, faute de cibles à atteindre et de gens à tuer. Mais alors, quoi ? On pleure les morts, on se désole des destructions, on grogne un peu, on rappelle éventuellement son ambassadeur et on passe à autre chose ?

Non, désolé mais je ne peux accepter une telle ignominie, une telle incapacité à agir. Je suis adepte de paix et de concorde mais je n’accepte pas – je ne peux accepter – la loi du plus fort, la loi de l’oppresseur, la loi de l’assassin.

Je suis d’ordinaire épris de tolérance et de pardon mais on ne peut pas tolérer qu’un gouvernement cherche à annihiler un peuple, ni escompter que puissent être pardonnés ceux qui ne regrettent rien. Et évoquer cela, c’est dire aux victimes d’hier qu’on ne se soucie pas d’elles, à celles à venir qu’on ne fera rien pour elles, et à toutes même qu’on envisage, dès aujourd’hui, de ne demander aucun compte aux bourreaux.

Le gouvernement d’Israël – pas son peuple – est coupable aux yeux de l’humanité et doit être l’objet d’une vigoureuse action internationale. Dans un premier temps, l’urgence est de faire cesser l’agression militaire et seule une puissante menace du même ordre pourra dissuader Israël de poursuivre ses actes criminels de masse.

La France de Hollande ne fera rien et la plupart des pays occidentaux non plus. Mais parmi les pays non alignés sur Israël, il y a des puissances qui ont des moyens civils et militaires conséquents, capables de déployer bien des forces et de peser lourdement sur les choix d’Israël en lui faisant comprendre que s’il n’arrête pas immédiatement son agression, il expose son armée à des représailles foudroyantes.

L’ONU est l’organisation compétente pour régler les différends et son principe est le règlement pacifique des différends. Mais la charte de l’ONU reconnaît aussi à chaque État le droit souverain à la légitime défense. Le hic, c’est que la Palestine n’est pas un État souverain membre de l’ONU et ne peut donc, juridiquement parlant, bénéficier de ce droit. En fait, elle n’a que le droit de se taire, de souffrir, d’endurer, de mourir, de disparaître…

Mais les États membres de l’ONU, eux, ont le pouvoir souverain d’agir. Donc si, parmi les États qui ne tolèrent pas les actes du gouvernement d’Israël, plusieurs d’entre eux décidaient d’agir conjointement, Israël serait inéluctablement conduit à remettre en cause sa politique de guerre.

Une coalition constituée notamment par la Russie, la Chine, Cuba, le Brésil, le Chili, le Pérou, la Suède (pays dont j’ai vu qu’ils avaient fait part, à un degré ou à un autre de leur réprobation) mais aussi de beaucoup d’autres, serait de nature à changer les choses.

En 1956, la crise de Suez avait conduit les dirigeants soviétiques à menacer directement les agresseurs de l’Égypte (France, Royaume-Uni et Israël) d’envoyer des fusées atomiques sur leurs capitales et cela avait conduit à la fin immédiate (dans les heures suivantes) de l’expédition militaire anglo-franco-israélienne. Et les Américains n’étaient pas intervenus à leur rescousse car le président Eisenhower n’avait pas été tenu informé par ses alliés et avait très mal vécu d’avoir été ainsi tenu à l’écart, d’autant plus qu’il désapprouvait cette expédition militaire colonialiste et que les trois agresseurs le savaient.

Israël est puissant. On nous dit que c’est la 4ème armée du monde. Mais une coalition de plusieurs pays parmi lesquels ceux que j’ai cités ci-dessus le serait bien davantage encore. Et cette coalition aurait en outre pour elle le soutien d’une très large majorité des peuples du monde. Il ne s’agit pas d’entamer une guerre mondiale mais d’exercer une pression suffisamment crédible sur Israël pour qu’il cède.

Certains, je le sais par avance, vont désapprouver ce que je dis. Ils vont me faire passer pour un va-t-en guerre mais ceux qui me connaissent sauront que cela est très éloigné de ma philosophie.

La guerre est une saloperie absolue, indicible. Mais quand un peuple est ainsi massacré et qu’on laisse l’agresseur agir librement alors même que l’on a les moyens de le stopper, on soutient de fait cet agresseur.

« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants, c’est l’indifférence des bons » disait Martin LUTHER-KING qui disait aussi « Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. »

« Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » disait pour sa part Albert EINSTEIN.

Et Desmond TUTU considérait lui que « Si tu es neutre en situation d’injustice, alors tu as choisi le côté de l’oppresseur ».

Je ne suis don pas neutre. Je désigne un agresseur et une victime et j’assume de recommander la manière forte pour désarmer l’agresseur.

Certains pourraient s’inquiéter qu’une telle action internationale, pouvant devenir une action de coercition militaire, soit de nature à déclencher une guerre mondiale opposant la dite coalition à une autre qui se formerait entre Israël et ses alliés occidentaux, parmi lesquels les États-Unis.

Je tiens à les rassurer. Certes, je ne peux préjuger des choix des États-Unis, dont les gouvernants sont souvent des princes jouant aux échecs avec la paix et la guerre, tandis qu’en coulisses s’agitent des monstres pour qui la vie des ennemis ou mêmes des alliés, quand ce n’est pas la vie de ses propres concitoyens, ne vaut rien. Mais les États-Unis ne sont, aux yeux de certains analystes, qu’un tigre de papier qui n’a jamais eu à se battre que contre bien plus faible que lui, et toujours au sein d’une coalition dans laquelle bien des alliés prenaient leur part importante du combat. Les États-Unis qui auraient à affronter une coalition mondiale s’étant constituée contre Israël ne se risqueraient sans doute pas à la guerre ouverte car ils savent que malgré leur apparente suprématie militaire, ils ne dominent que parce que aucune puissance de premier plan ne cherche vraiment à leur opposer une résistance. Or, nous avons appris de La Boétie – et, à mes yeux, cela s’applique aussi pour les États-Unis – que « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Par ailleurs le même La Boétie relevait, dans le Discours de la servitude volontaire,  qu’« un tyran n’a de pouvoir de nuire qu’autant que les hommes veulent bien l’endurer. »

Cette coalition mondiale en faveur de la Palestine pourrait donc stopper net Israël et nous devrions être des milliers, des millions même, à défendre une telle option. Vouloir la paix est un dessein des plus nobles mais la politique de conciliation entre un agresseur fou et une victime impuissante renforce l’agresseur. Il faut donc stopper cet agresseur. C’est la première urgence absolue.

Ensuite, évidemment, mais ensuite seulement, il faudra agir profondément et durablement pour gagner la paix. Et pour cela, il y a bien des choses à faire.

Gaza et la Cisjordanie ayant été partiellement réduites en cendres, son peuple manquant de tout, le monde devrait « adopter » les Palestiniens et leur apporter toute l’assistance nécessaire pour que la Palestine se relève, reconstruise ses villes, ses habitations, ses places, ses écoles, ses hôpitaux…

Il y a quelques dizaines d’années, des milliers de citoyens, souvent jeunes, venus du monde entier, étaient accourus en Israël pour aider ce pays et son peuple à créer une terre vivable et un pays développé alors que tout était à construire et ce, au milieu d’un désert. Ce fut l’épopée des kibboutz. Nous pourrions très bien, lancer au plan mondial une opération identique, cette fois au profit de la Palestine.

Les jeunes sont souvent très courageux et très dévoués aux causes humanitaires. Des milliers répondraient sans aucun doute à l’appel si une organisation était mise en place pour cela. Je ne doute pas que même des Juifs et des Israéliens y participeraient.

Dans les années 60, le président Kennedy avait lancé l’ « Alliance pour le progrès » qui avait l’objet de permettre à des jeunes Américains de consacrer quelques années de leur vie à une noble cause qui n’était pas d’ordre militaire mais civil et humanitaire.

L’Assemblée Générale de l’ONU pourrait lancer un tel appel mais il faudrait, bien évidemment, que de nombreux pays du monde s’engagent et mettent à disposition un certain nombre de moyens.

En conclusion, je mettrais donc en balance les deux exigences qu’impose la situation à mes yeux : d’une part, stopper immédiatement la guerre, par quelque moyen que ce soit ; d’autre part, gagner la paix, grâce à une combinaison d’actions d’ampleur internationale, initiées par les États ou par les citoyen-ne-s et les associations, en lien et avec le soutien des États et de l’ONU.

J’assume de dire que le gouvernement israélien doit être l’objet de menaces directes et vigoureuses destinées à faire taire ses armes sans délai et si les menaces ne suffisaient pas, j’assume de dire qu’il faudrait user des moyens de la contrainte militaire dans le cadre du chapitre 7 de la charte des Nations-Unies.

Mais cela n’est que l’indispensable réaction immédiate à l’agression perpétrée par Israël. Une fois les armes redevenues silencieuses, une fois les soldats d’Israël rentrés dans leurs bases, il faudra gagner la paix. Et cela passera par des actions à divers niveaux :

  • les chefs d’État et de gouvernement devront organiser les pourparlers nécessaires afin que la diplomatie reprenne vie entre les représentants des deux peuples.
  • Les ministres des différents États du monde devront faciliter – et le cas échéant coordonner – les actions innombrables qui seront entreprises pour reconstruire la Palestine et aider son peuple à développer tout ce qui sera de nature à lui offrir une vie normale : agriculture, économie, services…
  • Les associations qui agissent, d’une façon ou d’une autre, en soutien de la Palestine et de son peuple, pourraient être l’objet, de la part des gouvernements nationaux ou, à défaut, de la part de l’ONU elle-même, d’un soutien matériel, financier, juridique etc. Il est possible d’imaginer bien des innovations afin d’encourager les citoyen-ne-s à s’engager dans l’action humanitaire, au plan financier et fiscal mais pas seulement. Aujourd’hui, quand on travaille, on ne peut s’engager dans une association que pendant son temps libre, ce qui s’avère souvent très insuffisant. Un salarié ou un fonctionnaire qui voudrait s’engager à plein temps au service d’une association ne trouve aucune solution sinon celle, extrêmement rare, de devenir salarié de l’association. Les associations ne vivent que sur de rares subsides et leurs moyens sont très réduits. C’est le bénévolat qui leur permet d’exister et de survivre. Le dévouement des bénévoles est immense mais si l’État ou l’ONU apportait un soutien supplémentaire et massif aux associations oeuvrant au bénéfice de la Palestine, de la paix, du développement, la capacité d’action serait sans commune mesure avec celle qui caractérise les associations à l’heure actuelle. Et il n’y a pas que la question financière. Il y a aussi des questions juridiques mais souvent la question financière prédomine. Ne serait-ce que parce que, pour la plupart des gens, pouvoir vivre implique de disposer d’un salaire ou d’une rémunération. Quand on n’a pas une rente qui nous a été laissée par nos parents, on doit travailler pour vivre. Vous parlez d’une évidence ! Mais un salarié ou un fonctionnaire qui désirerait donner sa force de travail ou consacrer l’essentiel de son temps au bénéfice des autres dans une association, ne peut le faire que quelques heures par semaine ou doit attendre d’être à la retraite car sans rémunération, il ne peut plus vivre. Attribuer de nouveaux moyens conséquents aux associations leur permettrait de recruter des personnels à temps plein et d’engager les actions utiles.

Ces suggestions-là, il va sans dire que je ne suis pas le seul, ni le premier, à les exposer. Et j’ignore par quels moyens nous pouvons agir dans le sens souhaité car en l’état actuel des réalités politiques françaises et mondiales, les bonnes volontés et les souhaits de voir ces objectifs poursuivis se heurtent aux intérêts divergents de nos gouvernants et à cette raison d’État appréciée au seul prisme des intérêts oligarchiques.

C’est aussi pour dynamiter cela que la 6e République en France est indispensable et que nous devons faire place au peuple.

 

Interview de Pierre Maillard* sur la question de l’Ukraine – Site les-crises.fr

Pierre Maillard, est Normalien agrégé d’allemand. Il a été le Conseiller diplomatique du Général de Gaulle à l’Élysée de 1959 à 1964 – avec au menu Guerre d’Algérie, réconciliation franco-allemande, Construction européenne, crise de Cuba, poursuite de la décolonisation, etc. Il a parla suite été ambassadeur (à l’Unesco, en Chine et au Canada).

Voici donc sa vision de la crise Ukrainienne. Une vision frappée au coin du bon sens, bien loin des inconscients actuellement au pouvoir.

Précision : il a… 98 ans

M. Maillard, quel regard portez-vous sur la crise en Ukraine ?

Il y a eu dans cette affaire une intervention initiale de la part de certains pays Européens, qui ont déclenché un processus destiné à avoir des conséquences pour la situation de l’Ukraine.

Evidemment l’Ukraine est depuis très longtemps – depuis la Russie soviétique et même bien avant -, dans la zone d’influence notoire de la Russie. L’Ukraine a ainsi fourni beaucoup de personnel politique – et du plus haut niveau – à la Russie. Ce pays est donc attaché à la zone d’intérêts particuliers de la Russie, en raison d’une très longue Histoire.

Il est donc évident que cette intervention initiale – non pas dans la partie orientale mais dans la partie occidentale -, destinée à provoquer un rapprochement étroit entre l’Europe et l’Ukraine allait directement à l’encontre d’un intérêt stratégique très ancien de la Russie pour cette région.

N’est-ce pas irresponsable pour l’UE d’avoir agi ainsi ?

C’était en effet s’attirer certainement des objections ; la Russie n’a pas réagi immédiatement mais c’est certainement sans joie qu’elle a vu cette ingérence en vue de ce rapprochement qui aurait été consacré par des accords d’association.

D’autant que l’Ukraine de l’Est – notoirement russophone – est très liée économiquement à la Russie – contrairement à l’Ouest du pays. Il y a deux Ukraine en réalité…

L’Europe a donc réalisé une intrusion dans une sorte de « domaine réservé », de zone traditionnelle d’influence et d’action de  la Russie. C’est un fait.

Auriez-vous conseillé au général de Gaulle d’agir ainsi ?

Sûrement pas ! Étant donnée la proximité que j’ai eue avec le Général, je peux vous garantir qu’il n’aurait JAMAIS agi ainsi !

S’il pensait qu’il était bon d’une manière générale que la Russie se rapproche de l’Europe – c’était sa vision à long terme -, je ne pense pas du tout qu’il aurait salué cette sorte d’accord et de rapprochement spécifique de l’ensemble de l’Ukraine avec l’Union européenne. Il aurait été là-dessus plus que réservé…

L’Europe semble se soumettre aux pressions américaines et ne pas prendre en compte ses propres intérêts stratégiques…

C’est certain.

Naturellement, il y a eu des influences multiples. Quelles ont été exactement dans ces initiatives des pays européens, les responsabilités des uns et des autres et les États-Unis ont-ils vraiment été à l’origine de la chose : ça je n’en sais rien, mais ils ont eu une certaine influence sans aucun doute.

N’êtes-vous pas étonné de l’espèce de russophobie qui s’empare des médias et donc de la population ?

Oui : ceci est tout à fait inapproprié !

Encore une fois : l’Ukraine est notoirement depuis très longtemps dans la sphère d’influence de ce qui fut l’URSS et ce qui est aujourd’hui la Russie. Elle a été en plus le berceau de nombreuses personnalités Russes – Khrouchtchev en particulier, que j’ai eu l’honneur de bien connaître lorsque j’étais auprès du Général. L’Ukraine est depuis très longtemps une zone d’influence dans la périphérie de ce que l’on appelait « Empire soviétique » et ce qu’on appelle aujourd’hui la zone d’influence russe. Il est donc fâcheux d’entrer dans une sorte de contestation vigoureuse de cette zone d’influence.

N’est-il pas inconscient de rentrer dans une spirale de sanctions contre la Russie – en plus pour des choses qui ne sont même pas prouvées ?

Il est à mon avis fâcheux d’étendre le problème à l’ensemble de nos relations avec la Russie ; elles devraient être bonnes, en raison des nombreux facteurs qu’il serait trop long d’évoquer ici.

Comment avait réagi le Général de Gaulle quand l’URSS avait envahi la Tchécoslovaquie en 1968 avec des chars (cas bien plus extrême que l’Ukraine, où on ne sait même pas si la Russie a vraiment fait quelque chose…) ?

Notez que c’était très différent, la Tchécoslovaquie n’avait jamais été dans la sphère d’influence russe.

Cependant, la réaction avait été prudente, car le Général estimait que c’était une action plutôt défensive. Sa réaction a été modérée car il pensait que c’était une péripétie momentanée et que ce n‘était pas la marque d‘une volonté d’assimilation complète. Evidemment, c’était fâcheux mais ce n’était pas dramatique…

Quelle était la vision du Général sur nos relations avec la Russie et quel est notre intérêt stratégique par rapport à la Russie ?

Il souhaitait beaucoup que la Russie se rapproche de l’Europe d’une façon générale. Il pensait que la Russie était un pays largement européen malgré ce qu’on appelait autrefois dans les manuels d’Histoire « la Russie d’Asie », cette Sibérie qu’il comparait un peu au Far West américain, quelque chose qui était étranger à la vocation profonde de la Russie qui était européenne.

Il estimait que la Russie avait naturellement sa place en Europe et qu’elle devrait l’avoir pour fortifier l’ensemble et peut-être aussi servir de stimulant pour un certain nombre d’actions – et sans doute aussi qu’elle empêcherait que toute l’Europe centrale ne soit plus ou moins influencée par l’Allemagne. Elle pourrait ainsi jouer le rôle, dans une certaine mesure, de contrepoids heureux.

Selon le Général, la Russie avait une spécifié européenne depuis très longtemps ; elle participait depuis plusieurs siècles au jeu des puissances qu’on appelle aujourd’hui occidentales (au XVIIIe siècle et même avant). Son souhait était que des liens s’établissent, peut-être pas aussi étroits que ceux entre la France et l’Allemagne, mais quand même une relation réelle et privilégiée. Il avait une vision très européenne de la Russie.

Mais la Russie ne risque-t-elle pas de se tourner vers d’autres pays (Chine, Inde) et se détourner de l’Union Européenne avec notre comportement ?

La Russie a quand même depuis très longtemps le vif désir de se rapprocher de l’Europe, c’est quand même sa politique. Un éloignement diplomatique  – ou même plus – de sa part me paraît douteux – bien que non impossible.

Certes, la Russie n’a pas que l’Europe occidentale dans ses orientations politiques ; elle a beaucoup d’intérêts ailleurs : l’Extrême-Orient, les Balkans… Elle a néanmoins une vocation privilégiée à être non pas dans l’ensemble européen en tant que tel, mais tout de même dans sa proximité : cela fait partie de son Histoire. La Russie a toujours voulu jouer un rôle important en Europe – et elle l’a fait. C’est une puissance qui se veut proche de l’Europe –  non pas « l’Europe des Traités » mais « l’Europe » en général.

On peut donc s’étonner grandement que certains adhèrent à une doctrine de refoulement de la Russie plutôt que de trouver les moyens diplomatiques adéquats pour que la Russie s’affirme comme une puissance proche de l’Europe.

N’êtes-vous pas étonné de la manière dont se comporte la diplomatie occidentale ? On dirait que c’est n’est plus une diplomatie, consciente des intérêts stratégiques de chacun, mais une sorte de théocratie qui ne se base plus que sur une « pseudo-morale » – souvent cynique et à sens unique.

Oui, il y a de ça.

Prenez aussi l’exemple de la lutte contre le djihadisme, où la Russie est très active, car malheureusement très menacée dans sa partie orientale et donc obligée de faire appel à certaines mesures sérieuses de protection. Eh bien sur ce plan là-aussi, la coopération avec la Russie est indispensable – et marche bien actuellement.

Vous avez beaucoup critiqué la forme que prenait la construction européenne. Que pensez-vous de la transformation de cette structure, qui semble en l’espèce animée d’une volonté impérialiste dans sa façon de s’étendre de plus en plus loin (à l’Est, à la Turquie, maintenant l’Ukraine…) dans un cadre de plus en plus soumis aux États-Unis avec l’intégration à l’OTAN et la défense des intérêts américains au détriment de nos propres intérêts ?

Je n’ai rien à corriger sur ce que vous venez dire ; je partage totalement ces propos.

Vous attendiez-vous à cette transformation de l’Europe au fil du temps ? Il y a 30 ou 40 ans, pensait-on déjà que l’on construisait quelque chose en commun qui basculerait de plus en plus dans l’américanisme ?

Il y a toujours eu un euro-américanisme dans la construction européenne, depuis Jean Monnet. Il y a toujours eu une association étroite des États-Unis avec l’Europe : l’américanisme s’est couché dans le berceau de l’Europe, si l’on peut dire – il y a toujours eu une inspiration de ce côté-là.

C’est une chose contre laquelle le Général s’est efforcé de réagir, pour bâtir ce qu’il appelait une « Europe européenne », qui précisément dans son esprit devait aboutir – à terme et si possible – à une adhésion de la Russie. Il voulait que le centre de gravité de l’Europe se déplace vers l’Est, d’abord l’Allemagne puis la Russie si possible.

Contrairement à ce que l’on peut penser le général n’était pas « anti Européen » : il était contre une Europe américaine…

Tout à fait.

Il était très pro-Européen au sens d’une « Europe indépendante et confédérale », et non pas soumise aux États-Unis et fédéraliste à la manière de Jean Monnet.