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Oui, la France insoumise est prête pour la sortie de l’Union Européenne et de l’euro ! – Par le collectif « Citoyens pour un peuple souverain » – Copyright Marianne le 30/03/2017

Le collectif Citoyens pour un Peuple souverain (dont je fais partie) est un soutien de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Son site web est à retrouver ici. Sa page Facebook est ici.

Cette tribune (accessible ici sur Marianne) est une réponse à celle rédigée par Coralie DELAUME et Aurélien BERNIER publiée dans Marianne le 23/03/2017.

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Réponse en toute amitié à Aurélien Bernier et Coralie Delaume publiée dans Marianne.

Notre stratégie : être prêts à tous les cas de figure

Dans leur article sur le site de Marianne, Aurélien Bernier et Coralie Delaume demandent à la France insoumise de rompre avec le mythe réformiste de « l’Europe sociale » et s’inquiètent d’une réorientation de notre discours sur les traités européens. Notre collectif Citoyens pour un Peuple Souverain s’étant précisément constitué afin de contribuer, au sein de la France insoumise, au Plan de sortie de l’UE, nous estimons être les mieux placés pour pouvoir répondre à leurs inquiétudes.

Le point essentiel à nos yeux est le suivant : le Plan de sortie de l’Union Européenne et de l’euro est prêt à l’emploi. Qu’importe donc s’il n’est encore pour certains camarades qu’une hypothèse de travail, puisque nous estimons que la réalité le rendra inéluctable.

Ce Plan, dont les détails sont rendus publics sur le site des universités populaires de la France insoumise, se décline en trois grands axes : le rétablissement de barrières douanières aux frontières du pays, le retour au Franc et un moratoire sur la dette. Comme tant d’autres insoumis, nous le popularisons dans des conférences citoyennes dans tout le pays. La philosophie est très simple : si les autres gouvernements refusent de nous suivre, nous mènerons à l’échelle de notre pays une politique écologique et sociale en attendant que d’autres pays veulent nous rejoindre. Et comme nous sommes internationalistes, nous tendrons la main à tous les pays du Monde – sans d’ailleurs privilégier l’échelon européen et notamment nous proposerons une alliance d’égal à égal aux pays africains francophones à qui nous rendrons leur souveraineté monétaire en abolissant le franc CFA.

Le déroulé du Plan de Sortie

Notre Plan de sortie pourra se déclencher à deux étapes : soit immédiatement après notre élection au cas où les pays de l’Eurogroupe refuseraient toute discussion, soit à l’issue d’éventuelles négociations dont les résultats seront dans tous les cas soumis à référendum, avec une sortie de l’UE en cas de vote contre. Immédiatement, nous réquisitionnerons la Banque de France pour imprimer des Francs, tout en continuant à utiliser durant la période de transition l’ancienne monnaie européenne au taux de 1 franc = 1 euro sur le territoire nationale. La dévaluation du Franc et la réévaluation de l’euromark qui s’ensuivront redonneront de la compétitivité à nos entreprises, même si il est à noter que nous ne faisons pas de cet « avantage concurrentiel » un des objectifs de notre politique car nous ne sommes pas dans une logique de compétition entre capitalismes nationaux. Notre programme prévoit en effet de transformer intégralement notre modèle économique en relocalisant notre économie et en instaurant une réindustrialisation écologique (éoliennes, photovoltaïque, économie de la mer…) grâce à un plan d’investissement massif et à l’instauration de barrières douanières ciblées.

Ainsi, les premières cibles de notre protectionnisme écologique et social seront les entreprises qui délocalisent, comme par exemple Whirlpool pour laquelle notre candidat aux législatives François Ruffin se bat. Notre objectif n’est donc pas de favoriser le capitalisme français mais l’intérêt des travailleurs qui sont sous notre juridiction (et nos alliés éventuels). L’effet multiplicateur de notre programme de relance de 100 milliards d’euros (devenus des Francs) sera alors renforcé, puisque les consommateurs achèteront en priorité des produits fabriqués en France ou dans les pays qui auront choisi de s’allier avec nous.

Certaines mesures protectionnistes sont d’ailleurs prévues dans notre programme dans tous les cas de figure, puisque par exemple à notre arrivée au pouvoir « nous augmenterons immédiatement les droits de douane pour les pays aux droits sociaux limités(travail des enfants, absence de droits syndicaux, etc). Nous prendrons des mesures de rétorsion commerciales contre les paradis fiscaux ». Il s’agit là de mesures profondément internationalistes, puisqu’elles favorisent la constitution d’Etats sociaux dans toutes les parties du Monde (sans d’ailleurs privilégier l’échelon européen).

Nos différences avec les projets concurrents de sortie de l’UE (comme celui du FN par exemple) portent donc en premier lieu sur les objectifs, mais pas seulement. Nous assumons également que tout projet de « Frexit par la gauche » implique une confrontation avec le capitalisme mondialisé, et ses valets français, et donc un rapport de force exigeant le soutien de la population. Cette confrontation nécessite de se libérer des marchés financiers, notamment via un contrôle des changes et des capitaux afin de se protéger des attaques spéculatives, ainsi que de nous financer auprès de la Banque de France renationalisée. Nous avons également prévu un moratoire de la dette publique, à partir d’un audit citoyen, afin de déterminer quelles en sont les parties illégitimes sur lesquelles nous pourrions faire défaut. Peu nous importe alors si jamais les marchés nous réclament des taux d’intérêts plus élevés, puisque nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout de la confrontation et à rompre avec la mondialisation néolibérale et son système financier que nous jugeons illégitime. Cette position nous distingue clairement de celle de Marine Le Pen qui estime notamment que rembourser la dette serait « un devoir éthique pour un Etat de droit», et se retrouve ainsi menacée de mise en faillite de la France si jamais elle arrivait au pouvoir.

Notre Plan de sortie, dont nous n’avons donné ici qu’un bref aperçu, est ainsi pensé pour s’appliquer dans tous les cas de figure, et parer à toute éventualité.

Mais alors, d’où vient l’impression de malaise ?

Certes, certains économistes de la France insoumise cités par Aurélien Bernier et Coralie Deleaume croient réellement que notre Plan de sortie n’aura pas besoin d’être utilisé, ni d’ailleurs que les marchés nous attaqueront. Il ne s’agit pas pour eux d’un double discours tactique, mais d’une conviction profonde sur la possibilité de réformer l’Europe, qui paraît à notre collectif absolument illusoire. Mais qu’importent ces illusions, puisque de toute façon le Plan est prêt à l’emploi et que la réalité le rendra inéluctable!

Pour faire une métaphore éclairante, supposons un individu s’apprêtant à sauter dans le vide en se munissant d’un parachute. Imaginons également qu’une voix divine ait assuré à notre individu qu’au moment où il sautera dans les airs, il se mettra miraculeusement à flotter et qu’il n’aura donc pas besoin d’activer son parachute. Vous aurez beau tenter d’argumenter avec lui, sa conviction intime restera inébranlable tant qu’il n’aura pas fait sa propre expérience du saut dans les airs. La divergence relève ici de la croyance personnelle et, étant profondément laïques, nous ne nous lui demanderons pas de changer son intime conviction… Du moment qu’il adopte un comportement rationnel en prenant son parachute « au cas où » ! Cette garantie nous suffit. Et a fortiori, puisque le programme de la France insoumise prévoit un référendum sur le résultat d’éventuelles négociations qui permettra au peuple français de trancher si nécessaire. Que demander de plus ?

Pour mesurer le chemin parcouru depuis la campagne du Front de Gauche en 2012, il faut revenir au diagnostic parfaitement posé par Aurélien Bernier dans son livre La gauche radicale et ses tabous. Pendant des décennies, depuis le tournant de la rigueur de François Mitterrand au nom de la construction européenne, le mythe réformiste de « l’Europe sociale » a littéralement ensorcelé les consciences de gauche, du PS à LO, en passant par les Verts, le PCF et le NPA. Le tournant européiste de la gauche a de plus été accentué par le choix malheureux de Jean-Pierre Chevènement, héraut du souverainisme de gauche, de tendre la main aux « républicains de droite » y compris libéraux. Ainsi s’était longtemps installée à gauche l’idée que la défense de la souveraineté nationale conduirait inéluctablement à l’abandon des idéaux de gauche. Pourtant, le flambeau de la sortie de l’UE et de l’euro « par la gauche » a été brillamment repris au sein du Front de Gauche, et notamment par la plate-forme alternative Clarté et Courage Politique qui reçut en mars 2015 le soutien de plus de 45% des membres du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Quelques mois plus tard, la crise grecque devait confirmer cette analyse et la rendre de plus en plus évidente auprès des militants de la gauche radicale.

Ainsi, une nouvelle génération militante a émergé et a compris qu’au fond, peu importait si certains camarades refusaient de croire à l’inéluctabilité de la sortie, du moment qu’ils étaient prêts à préparer ce scénario et à laisser la réalité trancher. Nous avons également obtenu dans le cadre des contributions programmatiques de la France insoumise une avancée qui avait été refusée en Juillet 2015 par la direction du PG, à savoir que le résultat d’éventuelles négociations dans le cadre du Plan A soit soumis à référendum. Par conséquent le peuple français aura la possibilité de refuser les aménagements éventuellement obtenus, et ainsi d’enclencher automatiquement notre Plan de sortie. Que de chemin parcouru depuis 2012 !

Voilà pourquoi tout en rejetant tout comme Aurélien Bernier et Coralie Delaume le mythe réformiste de « l’Europe sociale », nous estimons qu’à un mois du premier tour l’urgence est de continuer à préparer tous les scénarios possibles dans le cadre de la France Insoumise, y compris avec ceux qui ne sont pas persuadés de l’inéluctabilité du scénario de sortie. Coralie et Aurélien, rejoignez-nous, vous serez accueillis à bras ouverts!

 

Maintenant la fusée Jean-Luc Mélenchon va pouvoir décoller ! Réaction suite à son communiqué du 26/02/2017

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Le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, porteur du projet L’avenir en commun, a publié, hier, dimanche 26 février 2017, le communiqué suivant :
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J’ai rencontré Benoît Hamon vendredi soir. Longuement et sereinement nous avons fait l’examen de la situation. Nous avons fait le tour de nos convergences et de nos divergences.

À cinquante jours du premier tour, il n’est pas possible de régler la différence qui par exemple nous sépare sur la question essentielle de l’Europe.

Je n’ai pas été surpris qu’il me confirme sa candidature et il ne l’a pas été que je lui confirme la mienne. Nous sommes convenus d’un code de respect mutuel dans la campagne.

Plus que jamais, la tâche de la « France insoumise » et de ses alliés est de convaincre cette moitié des Français qui n’a pas encore fait de choix de vote. Dans les cités et les entreprises, à la ville et dans le monde rural, par le débat et la formation mutuelle, faisons de cette élection un moment victorieux de mobilisation et d’adhésion à un projet construit : « L’Avenir en commun ».

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Voilà ! Maintenant, NOUS, les insoumis-e-s qui ne voulions surtout pas d’une quelconque alliance avec le représentant du parti qui nous a si violemment traités depuis cinq ans, nous sommes tous plus légers. Et, de fait, nous allons pouvoir décoller !
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Je n’imaginais pas une seconde que Jean-Luc Mélenchon « aille à Canossa ». Mais le simple fait d’évoquer depuis plusieurs semaines la bonne volonté qui était la sienne pour discuter avec Benoît Hamon me posait un véritable problème. Certes, j’en comprenais la logique mais sur ce point – comme sur un autre – la mise en oeuvre préalable du plan A ne me convainquait pas !
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Aujourd’hui, nous pouvons tous nous satisfaire, nous enthousiasmer et nous réjouir car on peut dire partout que Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise N’ONT RIEN À VOIR AVEC HAMON ET LE PS !
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Il y a pas mal de monde qui nous observe depuis longtemps et le nombre a grossi ces derniers mois et ces dernières semaines. Sauf qu’il y avait un blocage pour que beaucoup nous rejoignent et ou décident de voter pour Jean-Luc Mélenchon le 23 avril : notre proximité potentielle avec le PS et la possibilité d’une alliance avec lui. Nous savions qu’il n’en était rien mais les appels répétés de ces dernières semaines à l’unité et le discours mediatique en ce sens créaient une ambiance malsaine et beaucoup d’électeurs et d’électrices qui ne sont pas de la France insoumise refusaient de venir prêter leur concours car ils craignaient fort de se retrouver « cocus ».
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Désormais, les choses sont dites. Et bien dites. Le communiqué de Jean-Luc Mélenchon ne souffre aucune ambiguïté. EUX C’EST EUX ET NOUS C’EST NOUS ! 
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NOUS, avec Jean-Luc Mélenchon et l’Avenir en commun, on vous propose de remettre la France sur la voie de l’indépendance, de la souveraineté (populaire et nationale) et du progrès économique, social, environnemental, culturel…
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La grande politique de la mer, c’est Nous !

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La grande transition écologique, c’est Nous !

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L’abolition de la 5e République et de son esprit monarchisant qui s’instille partout et le passage, via une assemblée constituante composée à la fois de tiré-e-s au sort (volontaires et non contraints bien sûr) mais aussi d’élu-e-s (qui n’auront jamais été élu-e-s auparavant et ne le seront pas dans les nouvelles institutions au terme de leur mission constituante) pour passer à une 6e République qui soit surtout la 1ère véritable démocratie, c’est Nous !

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La libération de la prison qu’est l’UE, c’est encore Nous ! Même si, pour diverses raisons à la fois pédagogiques et surtout diplomatiques, nous le ferons en deux temps (plan A puis plan B)…

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Le partage des richesses avec :
1/ le salaire maximum (c’est-à-dire l’écart limité à un ratio de 1 à 20 entre le plus petit salaire et le plus gros au sein d’une entreprise donnée),
2/ le revenu maximum (c’est-à-dire une tranche d’impôt à 90 ou 100% au-dessus d’un certain montant – très élevé – de rémunération),
3/ le lissage de l’impôt sur le revenu (passage de 5 à 14 tranches),
4/ la réduction de 33 à 25% de l’impôt sur les sociétés petites et moyennes et la suppression de nombreuses niches fiscales pour que les grosses entreprises paient vraiment demain ces 25% et non 8% comme aujourd’hui en pratique (alors que le taux légal est de 33%),
c’est encore Nous !
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Une géopolitique libérée de l’OTAN et de diverses institutions internationales du monde capitaliste au profit d’une réorientation stratégique vers les pays non-alignés et les pays émergents, c’est encore et toujours Nous !

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La volonté de paix et d’harmonie des relations internationales, c’est Nous !

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La sortie planifiée du nucléaire et des énergies carbonées et la réorientation stratégique vers les énergies renouvelables et sans effet nocif sur l’écosystème, et oui, c’est encore Nous !

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La volonté de sortir des « guerres de religions » dans notre pays et du communautarisme (qu’il soit religieux ou autre), c’est Nous !

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Et il y a tant d’autres propositions novatrices et progressistes que nous sommes les seuls à défendre devant le peuple français !
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Faîtes le bon choix le 23 avril et le 7 mai ! 

Avec Jean-Luc Mélenchon, passons de la Résistance à la Reconquête !

Celle de nos droits, de notre liberté, de notre souveraineté, de notre indépendance. Celle aussi de l’espoir et d’un espoir qui, cette fois enfin, ne sera pas déçu !
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Pour prendre connaissance du projet l’Avenir en commun, allez ici et ici.

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Sortir de l’UE par l’article 50 du Traité sur l’Union européenne est-elle la bonne stratégie ?

Je vais vous dire à quoi me fait penser la sortie de l’UE par l’article 50 que prônent certains, notamment à l’UPR mais d’abord je reproduis ci-dessous le contenu de ce fameux article…
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Article 50
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1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
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2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
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3. Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.
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4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent. La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
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5. Si l’État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49.
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Outre que j’estime, pour une question de principe, que l’on n’a pas à négocier quoi que ce soit avec des tyrans, je suis convaincu que cette modalité de sortie est une folie en ce sens qu’elle ne peut que nous conduire à subir – deux ans durant – des coups extrêmement violents de la part de nos bourreaux, puisque ledit article 50 prévoit que l’État qui souhaite se retirer de l’UE doit négocier les modalités de sa sortie avec les institutions de l’UE et qu’il faut une approbation de l’accord par le Conseil et par le Parlement.
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Que se passe-t-il si l’accord n’est pas possible ?
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Le traité ne dit rien ! Et pour cause !
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Donc choisir de sortir « conventionnellement » – c’est-à-dire en respectant les procédures « constitutionnelles » de l’UE prévues par le traité – serait comme si une équipe de prisonniers, qui auraient, des mois durant, creusé secrètement un tunnel depuis leur cellule en vue de s’évader, auraient choisi de ressortir non pas à l’extérieur du camp dans lequel ils étaient tenus prisonniers mais seulement à l’extérieur du baraquement de cantonnement, en restant en plein cœur de la cour et qui, après être sortis du trou et avoir hurlé « Nous avons décidé de nous évader », viendraient négocier avec les matons et les kapos du camp, les conditions et modalités concrètes de l’accès à l’extérieur du camp.
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Faut-il vous expliquer ce que les « prisonniers en voie future d’évasion » subiraient de la part de leurs geôliers ?
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Pendant la période de deux ans prévue par les traités pour cette « négociation », que croyez-vous qu’il se passerait ?
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Réfléchissez-y ami-e-s et camarades partisans de la sortie…
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Quand on se libère, on ne respecte pas les règles posées par ceux qui vous ont emprisonné.
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Quand on se libère, on brise ses chaines, on ne demande pas la clé à nos matons.
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Quand on se libère, on est prêt à mettre hors d’état de nous nuire ceux qui nous ont privés de notre liberté, on ne discute pas avec eux des modalités de notre évasion et des conditions du retour à notre pleine liberté.
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Quand on se libère, il n’y a pas de période probatoire, pas de période d’essai ni de période intermédiaire.
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Dans la DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE, il n’est pas écrit que le peuple américain allait négocier durant des mois avec la Couronne britannique les conditions et modalités de la liberté qu’il prenait et de la souveraineté pleine et entière qu’il se reconnaissait désormais sur leur territoire et sur le peuple qui l’habitait.
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Dans ce texte, voici ce qui était notamment écrit :
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« Lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit et de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.« 
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Et ceci : « Nous, les représentants des États-Unis d’Amérique, assemblés en Congrès général, publions et déclarons solennellement au nom et par l’autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d’être des États libres et indépendants ; qu’elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l’État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire.« 
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Imaginez un seul instant que les colonies britanniques aient décidé d’exprimer leur « volonté » d’indépendance mais soient demeurées des mois durant au sein de la Couronne britannique et n’aient pas rompu tous les liens de subordination qui les enchaînaient à elle.
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Pensez-vous que l’Angleterre aurait accepté in fine de voir partir ses sujets et de perdre la main sur la richesse de leur territoire et les folles espérances d’enrichissement qu’il avait fait naître ?
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Pensez-vous que la « négociation » aurait été fructueuse pour les Américains ?
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Pensez-vous que la Couronne britannique aurait été compréhensive et bienveillante envers les indépendantistes ?
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Croire cela, c’est vivre au pays des BISOUNOURS !
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Si une évasion de prisonniers ne peut se faire que par la ruse ou par la mise en oeuvre, par eux à l’encontre de leurs matons, d’une violence supérieure à celle que les matons sont capables d’exercer pour les dissuader de s’évader ou les en empêcher, quand il est question de démembrement d’une puissance géopolitique, il n’y a aucune place à la négociation. C’est le fait accompli qui joue et c’est souvent la violence de la fracture entre ceux qui partent et ceux qui refusent cette partition. Il est très rare que les choses se passent dans la joie et la bonne humeur. L’exemple de la partition de la Tchécoslovaquie est une des rares exceptions dans l’Histoire humaine qui a plus souvent connu des « guerres d’indépendance » que des séparations par consentement mutuel…
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C’est pourquoi, je considère que le jour même où le peuple français aura décidé, par référendum, de sortir de l’UE, la décision devra s’appliquer IMMÉDIATEMENT et dans TOUS ses effets.
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C’est avant ce jour J qu’elle aura dû être préparée, par le Président de la République qui aura organisé le référendum, par son gouvernement, par l’administration du pays, par les autorités civiles et militaires, par les économistes et les financiers, par les diplomates, par tous ceux qui auront à travailler en coulisse et souvent dans le plus grand secret, pour que cette sortie se fasse dans les meilleures conditions pour notre peuple.
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De Lordon à Mélenchon

Extrait de l’intervention de Jean-Luc Mélenchon au sommet international du plan B, samedi 23 janvier 2016 à Paris

«  Aucun plan n’est possible s’il n’est porté par un haut niveau d’action populaire. De quelle manière le niveau d’action populaire peut-il être à bonne altitude ?
Il faut pour cela que les larges masses comprennent quels sont les enjeux, et le comprennent à l’égard de leurs propres intérêts et de la contradiction entre leurs intérêts et les politiques suivies.
C’est pourquoi je dis que ça n’a pas d’intérêt de surgir sur la scène en disant purement et simplement « nous allons sortir de l’euro » parce que cela revient à fétichiser la question de l’euro sans permettre d’en comprendre le mécanisme diabolique d’aliénation des peuples.
Il est intéressant de montrer une part de bonne volonté  qui se heurte à la mauvaise volonté et à l’hostilité de ceux à qui l’on s’adresse et alors les peuples sont conduits à se demander d’où vient cette mauvaise volonté, d’où vient ce refus. C’est pourquoi nous parlons souvent de plan A et cela ne signifie pas que nous ayons des illusions sur le sujet. »

L’extrait ci-dessus est issu notamment de cette vidéo. Jean-Luc Mélenchon​ prend la parole pendant quelques minutes juste après la fin de l’intervention de Frédéric Lordon, samedi 23 janvier 2016 lors du Sommet international du Plan B à Paris.

Je pense qu’il nous livre là le cœur de sa pensée, la substantifique moelle de sa réflexion, quant à la question de savoir si l’on doit – ou pas – et pourquoi – défendre la sortie pure et simple de l’euro (et l’on peut dire, par extension, de l’UE).

Dans ces quelques minutes d’exposé, il réitère son refus de dire ouvertement que nous devons sortir du carcan qu’est l’euro, et plus largement l’UE (alors que certains d’entre-nous voudrions l’entendre de sa bouche) et il avance des arguments à l’appui.

Son principal argument a du poids, c’est indéniable, mais malgré tout je persiste à penser que si Jean-Luc Mélenchon, et d’autres avec lui, portaient ardemment, et avec conviction, arguments solides à l’appui car il y en plein, le combat frontal contre l’UE (et pas seulement l’euro) en disant ouvertement que nous devons sortir de l’UE (et pas seulement de l’euro) et en expliquant pourquoi et comment le faire, il deviendrait de facto le principal opposant au gouvernement actuel, à la gauche droitisée à outrance, aux droites devenues ivres de capitalisme exacerbé, et à l’extrémisme néofasciste. En devenant ce véritable opposant, il deviendrait le principal recours du peuple.

Contrairement à l’argument qu’il utilise pour contester le discours frontalement hostile à l’euro et à l’UE, ce n’est pas du tout par « fétichisme » que nous souhaitons sortir de l’UE. D’ailleurs, pour beaucoup d’entre nous, nous n’étions pas sur cette ligne il y a encore un an ou deux. C’est l’aboutissement de notre réflexion qui nous a conduits à défendre cela, au regard de l’analyse que nous avons faite de la situation actuelle et de l’histoire de l’UE. Il ne s’est jamais agi de « sortir de l’UE » pour sortir de l’UE. Et le fétichisme n’entre pas dans nos comportements politiques…

Comme il aime à le dire lui-même, c’est la raison que nous utilisons pour fonder nos opinions et nos jugements, pas une irrationnelle lubie… Nous considérons seulement, au regard de ce qu’est l’UE, analysée à travers ses textes fondateurs, ses différents traités, ses institutions, sa pratique législative, réglementaire et jurisprudentielle, ses organes, sa politique, sa diplomatie, que nous ne la ferons jamais évoluer dans le sens que nous souhaitons et que nous devons donc nous en libérer pour revenir à un internationalisme réel, selon la logique expliquée maintes fois par Frédéric Lordon.

Or nous croyons que nous perdons du temps à faire croire que nous pourrions obtenir quelque répit ou quelque rémission. Puisque Jean-Luc Mélenchon dit lui-même qu’il n’a aucune illusion, alors qu’il cesse de le faire croire indirectement…

Attendre « l’alignement des planètes », comme le dit Frédéric Lordon, est une tragique utopie. Cette marque d’ironie joue essentiellement pour dire qu’il est utopique d’attendre que plusieurs gouvernements européens basculent simultanément à gauche et suffisamment à gauche pour ne pas rééditer l’expérience des années 90 où l’on avait déjà un tel « alignement » et où pourtant l’UE capitaliste a gagné beaucoup de chemin. Cet alignement peut aussi désigner le moment où une majorité du peuple aurait enfin compris d’où vient notre incapacité chronique à changer les choses dans le bon sens.

Mais pour qu’un peuple s’éveille, encore faudrait-il tenter de l’éveiller. Le mieux est encore de faire œuvre pédagogique et pas seulement avec des doses homéopathiques…  Ce Sommet du Plan B y contribue sans doute largement quoi que je doute que les débats qui y ont eu lieu infusent au-delà de cercles déjà très politisés…

Jean-Luc Mélenchon, candidat à la Présidentielle de 2017, aura une « tribune » dont il doit se servir pour augmenter l’avancement des prises de conscience. Je ne doute pas qu’il le fera comme il l’a déjà fait si souvent.

Pourtant, je me désole de ressentir une différence de perception assez nette entre la vision de Frédéric Lordon à laquelle j’adhère entièrement et celle exprimée par Jean-Luc Mélenchon très en deçà, quand bien même on perçoit aussi de manière très sensible un rapprochement entre eux. Sans doute que nous ne sommes qu’au début de la route et que la vision de Frédéric Lordon va continuer à inspirer Jean-Luc Mélenchon. Je le souhaite.

Jean-Luc Mélenchon explique que convaincre le peuple passera inéluctablement et seulement par la patience et par le lent travail qui aboutira à ce que le peuple constatera que notre bonne volonté fait face chaque fois face à un mur ; et Jean-Luc Mélenchon juge que c’est la prise de conscience par le peuple de l’existence de ce mur qui fera basculer les consciences.

Ça n’est pas tout à fait l’avis de Frédéric Lordon, si je l’ai bien saisi, et ça n’est pas le mien, comme ça n’est pas celui de beaucoup, beaucoup de citoyens, qu’ils soient engagés ou pas.

J’ai l’impression que Mélenchon présuppose que le peuple ne sait pas, ne comprend pas, ou est en retard dans le diagnostic qu’il dresse, et que ce peuple aurait donc encore besoin, pour être convaincu de la nécessité de la sortie, de preuves multiples de notre bonne volonté d’une part, et de la mauvaise volonté de l’UE d’autre part.

Je vois là, dans ce diagnostic fait par Jean-Luc Mélenchon, une méprise, une erreur fondamentale de perception. Car nous sommes nombreux à croire que le peuple français a, majoritairement, une conscience très nette de ce « mur » qu’est l’UE. Je pense que le peuple français a cette pleine conscience depuis  au minimum 2007-2008 et l’expérience de la forfaiture du traité de Lisbonne. Et le FN ne cessant de croître est un signe très fort de cela. Frédéric Lordon l’a expliqué dans son intervention en disant ceci :

« Et de quelle alternative parlons-nous ? De la seule en réalité capable de faire une différence radicale, une de ces différences que le corps social crève de ne plus jamais se voir proposer sur la scène des partis dits de gouvernement, désormais réduits à la grille continue de la droite générale. C’est bien pourquoi mort de faim politique, le peuple se jette avec avidité sur la moindre différence qui passe dans son champ de vision, fut-ce la pire, la plus mensongère, portée par les plus immondes démagogues car au moins c’est une différence et que, par là, il a le sentiment de respirer à nouveau. »

Alors, je persiste à considérer que nous devons – et Jean-Luc au premier chef le devrait encore plus – aller plus loin dans notre discours et aller directement à l’aboutissement du raisonnement pour reprendre l’idée de Frédéric Lordon, afin de ne pas perdre davantage de temps.

Si nous n’avions aucun argument solide à la fois pour fonder ce projet de sortie, pour l’organiser et ensuite pour lui substituer autre chose, alors, j’en conviens, un tel projet de sortie serait dangereux et comparable à un mantra. Mais tel n’est pas le cas. Nous avons des idées claires. Nous avons de brillants économistes et d’excellents juristes dans notre camp ainsi que tout ce dont nous avons besoin, en termes de « moyens humains » pour inventer le monde d’après.

Je vais citer un révolutionnaire qui n’est pas exactement l’archétype du démocrate tel que nous, les adeptes de la démocratie jusqu’au bout, le concevons, mais qui a eu le mérite de poser un axiome célèbre et toujours valable. Il s’agit de Siéyès qui a dit :
 » Qui donc oserait dire que le Tiers-état n’a pas en lui tout ce qu’il faut pour former une nation complète ? Il est l’homme fort et robuste dont un bras est enchainé. Si l’on ôtait l’ordre privilégié, la Nation ne serait pas quelque chose de moins, mais quelque chose de plus. Ainsi qu’est ce que le Tiers-État ? Tout, mais un tout entravé et opprimé. Que serait-il sans l’ordre privilégié ? Tout. Mais un tout riche et florissant. Rien ne peut aller sans lui, tout irait infiniment mieux sans les autres. »

Que celles et ceux qui se préparent à gouverner demain et à être en première ligne ne dévoilent pas certaines choses, je le comprends. Un général ne divulgue pas ses plans à la veille de la bataille. Mais d’un autre côté, en politique, il faut parler et expliquer et dire beaucoup de choses, de telle manière que le peuple qui vous choisit le fasse en connaissance de cause et ne vous snobe pas, ou ne vous rejette pas, faute de vous avoir correctement  jugé. Il y a des choses qu’on ne saurait dévoiler, mais dire que l’on a le ferme projet de sortir de l’UE, dire pourquoi et comment, et dire pour faire quoi à la place, on peut le faire, et on doit le faire.

C’est d’autant plus facile qu’il ne s’agit pas pour Jean-Luc Mélenchon de dire « Si je suis Président de la République » ou « Quand je serai Président de la République », « je sortirai la France de l’UE ». Faire cela tel quel serait un nouvel acte de force antidémocratique car la volonté populaire que je présume favorable à la sortie devra être vérifiée. Car même si le peuple français élisait Mélenchon, même si Mélenchon avait, dans son projet, porté l’idée de la sortie, un tel sujet ne pourrait démocratiquement être décidé que par référendum après un large débat.

Ce que Mélenchon doit faire, c’est donc seulement – mais c’est déjà beaucoup – s’engager très fermement et ce dès maintenant à organiser, rapidement après son élection acquise (disons dans les mois qui suivent), un débat suivi d’un référendum sur la question de la sortie de la France de l’UE et aussi quelques autres questions subsidiaires liées au même sujet.

Ainsi Jean-Luc Mélenchon n’endosserait pas la sortie en son nom mais serait l’arme absolue pour que le peuple puisse se ressaisir de la question et redire ce qu’il en pense. Une fois qu’il se serait exprimé, le Président Mélenchon n’aurait plus qu’à en tirer les conséquences en appliquant la décision de manière immédiate. Bien entendu, pendant les semaines ou les mois qui auront précédé le référendum, il aura fallu que le Président, son gouvernement, sa majorité, les organes de l’État fassent tout ce qu’il convient de faire pour préparer la sortie et pour protéger la France des représailles de celles et ceux qui voudront lui faire payer son évasion de la prison de l’UE, et cette fois dans le secret le plus total.

Si Jean-Luc Mélenchon osait affirmer cela dès maintenant, il nous ferait faire collectivement un bond de géant et en devenant l’ennemi absolu du système, il deviendrait simultanément l’arme de destruction massive que le peuple aurait à sa disposition pour dynamiter les oligarchies régnantes et l’édifice dictatorial qu’elles ont patiemment édifié depuis des décennies et perfectionné depuis quelques années…

* * * * *

Ah, si Frédéric Lordon pouvait inspirer Jean-Luc Mélenchon !

Jean-Luc Mélenchon…

Un des meilleurs moyens pour faire en sorte que le peuple approuve le plan B et les alternatives en discussion (parmi lesquelles la sortie pure et simple de l’euro ou même de l’UE), serait peut-être que toi-même, tu défendes enfin clairement cette idée devant le peuple, que tu la portes haut comme étant le résumé de toute l’argumentation convaincante que tu exposes déjà depuis longtemps.

Frédéric Lordon nous appelait collectivement samedi – à moins qu’il ne t’appelle surtout toi-même…- à faire de ce discours de rupture claire et franche « le cœur d’une anticipation raisonnée qui pourrait nous faire gagner du temps en nous faisant parcourir, par la pensée, le processus du plan A pour se rendre immédiatement à son terminus.« 

Vois-tu, ne manque en effet, dans tes discours, que le signal du combat. Aussi longtemps que tu n’oseras pas, ou refuseras obstinément, de dire ces quelques mots, beaucoup continueront de croire que tu n’es qu’un adepte de la « réforme » de l’UE, qu’à l’instar de tant d’autres, tu souhaites « une autre Europe » au sens où on l’entend depuis des décennies de la part de ceux-là même qui nous ont mis là où l’on est !

Tel Frédéric Lordon, je ne crois pas un seul instant que l’on puisse démocratiser l’euro qui, ainsi qu’il l’a dit avec humour, « a autant de réalité qu’un cercle carré ». Il ne s’est pas contenté d’ironiser avec insolence ; il a expliqué, arguments puissants à l’appui, pourquoi on ne démocratisera jamais l’euro qui est né sous le berceau du coup de force.

Et en conséquence de cela, je ne crois pas que « sortir de l’euro » suffira, car si l’on sortait de l’euro et que l’on restait dans l’UE (ce qui, au passage est une incongruité quand on lit les traités qui lient bien l’un et l’autre, sauf pour quelques cas d’États qui ont bénéficié de dérogations), nous continuerions à subir tout l’ordonnancement juridique socialement nuisible, radicalement antidémocratique, et diplomatiquement dévastateur de l’UE.

Marina Albiol, députée européenne d’Izquierda Unida, a été bien inspirée de faire remarquer que « la monnaie n’est pas tout« , que nous étions déjà sous régime libéral et capitaliste avant d’avoir l’euro, et qu’il ne suffira pas de sortir de l’euro pour que tout s’arrange. Il faudra faire bien plus… Ce « bien plus », c’est sortir de l’UE, totalement et définitivement !

Parce que le juriste que je suis connait un peu les traités, sait bien que tout est solidement verrouillé, et que jamais on ne pourra modifier une virgule de cet ordonnancement juridique, fut-ce en mettant notre contribution financière à l’UE dans la balance, nous devons nous échapper, nous évader, de cette nouvelle Alcatraz.

Tu l’as exposé toi-même. Nous pouvons faire tout autre chose sans que la sortie de la France de l’UE signifie un renfermement sur nous-mêmes. Ce n’est pas au nationalisme auquel nous aspirons. C’est tout le contraire : l’internationalisme, mais le vrai, pas l’imaginaire dénoncé à juste titre par Frédéric Lordon. Nous voulons respirer de nouveau et pour cela, nous devons retrouver notre IN-DÉ-PEN-DAN-CE totale, pour pouvoir ensuite, immédiatement après notre sortie « sèche », entamer toutes les négociations nécessaires avec nos partenaires, dans un cadre bilatéral ou multilatéral. La France a vécu sans l’UE hier et elle revivra sans elle demain, sans drame. Le « nouvel indépendantisme français » que tu as brillamment présenté par ailleurs est cela. Alors pourquoi ne réserves-tu ces propos qu’à des cercles restreints de spécialistes ?

Tu as aussi rappelé dimanche que les grands projets européens datent d’avant l’euro et qu’ils n’ont pas été conçus dans le cadre des « communautés européennes » mais dans celui de programmes de « coopération intergouvernementale », c’est-à-dire en dehors des structures communautaires, directement entre États.

Frédéric Lordon a eu l’occasion de le rappeler, lui aussi, en parlant de tous les liens à tisser, ou à développer pour ceux qui existent déjà.

Marina Albiol, encore elle, disait, à juste titre, qu’il fallait « sortir du capitalisme« . Ce n’est pas qu’un mantra. Ça dit beaucoup de choses. Certes, des masses de gens ne sont pas encore convaincues de cela, même si elles ont de plus en plus conscience que les malheurs qu’elles vivent résultent du capitalisme. Elles ne sont pas encore convaincues de la sortie du capitalisme sans doute parce qu’elles ne discernent pas les traits de l’autre société qu’on veut lui substituer.  Or nous avons beaucoup à dire et à proposer sur ce point. Nous le faisons depuis des années mais nous devons employer d’autres moyens pédagogiques que notre habituel discours qui n’a pas l’effet escompté. Sur ce sujet précis, Podemos montre la voie et Pablo Iglesias a eu l’occasion de nous expliquer, dans une vidéo, pourquoi nous faisons fausse route et comment on peut trouver des solutions efficaces. Et il y a aussi Tatiana J., Johann E. et Tommy L. avec le Fil d’Actu qui ouvrent la voie. Ce que ces militant-e-s viennent de commencer à mettre en oeuvre avec ce mini JT alternatif est purement génial.

Oui, comme l’ont exposé certains lors du sommet du Plan B, c’est bien tout le système juridique et institutionnel de l’UE qu’il faut déconstruire puisqu’il institutionnalise, dès le premier jour, le capitalisme.

Donc, il faut commencer, pour ce qui te concerne – puisque tu as déjà en magasin toute l’argumentation idoine à l’appui, mais aussi des alliés et une masse de gens prête à te soutenir dès que tu diras « Aux armes citoyens » (je parle au sens figuré, ça va sans dire) – que « ton » plan B à toi n’est pas de tenter de changer l’UE ou de réformer ou de démocratiser l’euro ou le mécanisme institutionnel de l’UE -inaccessible utopie- mais de nous libérer d’elle.

Faisant cela, tu perdrais des « amis-e-s » et des soutiens mais tu en gagnerais sans doute d’autres, beaucoup d’autres !

J’en finirai par ce dernier élément : peu importe -voire tant mieux !- que tu perdes le soutien de tel parti (le PC par exemple) ou de telle personnalité politique (Pierre Laurent ou Cécile Duflot au hasard), peu importe même que certains du PG te voient alors « dériver » vers le « gauchisme » ou le « rouge-brun » (insultes que nous recevons si souvent) car tu te seras alors mis à l’heure du peuple et tu seras à l’unisson avec lui,  et tu ne tarderas pas à en cueillir très vite les fruits en plus de dévitaliser totalement ce FN qui nous fait tant de mal et qui légitime tant nos maîtres qui s’en servent pour nous faire tous chanter… Cerise sur le gâteau, en étant médiatiquement le vilain petit canard, en étant, a priori, rejeté de toutes parts par « les tiens », tu serais rapidement perçu comme l’Alternative, la vraie. Rappelle-toi l’expérience de Chirac de 1993 à 1995… Lâché de toutes parts, « trahi » par ses plus proches, « seul et isolé », c’est lui qui a battu le candidat du système, Balladur, avant de l’emporter face à Jospin. Je crois que tu peux rééditer cette expérience.

Tu auras sans aucun doute à rivaliser avec un « candidat unique de la Gauche » que la primaire aura désigné contre toi, et surtout contre tout risque de voir l’Alternative prendre tournure. Mais tu seras alors, aux yeux du peuple – à condition aussi que tu dises ce qu’il faut dire…- le recours.

Relis ces mots que Frédéric Lordon a dits dans son intervention de samedi :
« Et de quelle alternative parlons-nous ? De la seule en réalité capable de faire une différence radicale, une de ces différences que le corps social crève de ne plus jamais se voir proposer sur la scène des partis dits de gouvernement, désormais réduits à la grille continue de la droite générale. C’est bien pourquoi mort de faim politique, le peuple se jette avec avidité sur la moindre différence qui passe dans son champ de vision, fut-ce la pire, la plus mensongère, portée par les plus immondes démagogues car au moins c’est une différence et que, par là, il a le sentiment de respirer à nouveau.« 

Jean-Luc, travailler en étroite collaboration avec Frédéric Lordon serait une arme de conviction massive…

Ce qu’il faut que tu fasses, ce n’est pas de courir après la gauche, mais plutôt de trouver le moyen de ramener aux urnes, et si possible en ta faveur, cette moité d’électeurs qui les ont boudées aux dernières élections… Pour cela, tu ne dois pas parler à la Gauche mais à la France.

À partir du moment où tu auras clairement appelé à sortir de l’UE, je ne doute pas que les 55% de Français qui ont voté NON au TCE en 2005 s’intéresseraient de près à ce que tu dis ; et que parmi eux une grande partie finirait par te soutenir si tu persévérais dans ce positionnement-là !

Nous sommes hostiles au monarchisme de la 5e et nous sommes les plus ardents défenseurs d’un changement de régime que nous désignons sous le vocable de « 6e République » et dont nous voulons qu’il fasse « Place au peuple ».

Mais sauf à ce qu’une révolution intervienne avant et ne balaye ce régime honni, il nous faut, si l’on veut avoir quelque chance d’influer sur le cours de notre destin, gagner la présidentielle d’abord, les législatives ensuite. La première étape implique de te faire élire et pour cela, on doit se soumettre au système électoral présidentialiste. On doit donc avoir un candidat  solide, capable de rassembler le peuple et de porter un projet de rupture avec l’Ancien régime.

Je suis de ceux qui pensent que tu dois devenir officiellement candidat et le plus vite possible, en ton nom propre et non en celui du PG ou de quelconque parti, cartel, clan, union de partis, rassemblement de quelque nature que ce soit. La 5e République, tu le sais bien, c’est la rencontre d’un homme et d’un peuple. Je sais bien moi-même que cette idée-là défrise la Gauche qui est adepte du collectif. Mais le « collectif » se fera aussi, autour de toi. Les organisations politiques se positionneront comme elles le veulent. Certaines te soutiendront, d’autres te seront, de manière virulente, hostiles. Tant mieux disais-je plus haut ! Candidat « hors-système » bien que maîtrisant ce système, tu seras en bonne position pour plaire au peuple.

Jean-Luc Mélenchon enfin prêt à « sortir » des traités !

Camarade Jean-Luc Melenchon, enfin !
Oui, enfin, tu parles clair sur le sujet de l’Union européenne et tu fais plus que simplement laisser entendre ce que tu as dans la tête. Pour la première fois, tu exprimes une vision de défiance caractérisée envers l’UE et tu parles de « sortir » des traités. Jamais je ne t’avais lu ou entendu être aussi clair. Or, je te suis de près.
Depuis des mois, nous sommes très nombreux à t’appeler à cette rupture, te conjurer de nous entendre et tu nous avais souvent ignorés, voire tu nous avais démentis et fait la leçon.
Peu importe que nous ayons été déçus hier si tu te décides enfin aujourd’hui à porter le flambeau de la résistance frontale à l’UE.
Dans ton dernier billet, tu reprends enfin à ton compte – c’est la première fois que je lis cela sous ta plume – l’argument puissant défendu par beaucoup (comme Aurélien Bernier depuis longtemps) selon lequel Jean-Marie Le Pen hier et Marine aujourd’hui et le FN tirent leur force électorale principalement du fait que le peuple les croit les seuls opposants sincères à l’UE, ce que nous savons bien qu’il ne sont pas du tout.
On en reparlera, sans doute, car il faudra développer. Tu ne fais qu’ouvrir la porte mais tu l’as ouverte avec vigueur et cela inaugure des suites intéressantes…
Si tu lis ces quelques lignes, sache, camarade, que nous sommes l’arme au pied pour faire tout ce que nous pourrons pour te conduire à la Présidence de la République, pour t’appuyer, pour prendre certains coups à ta place et pour décupler la force de ceux que tu donneras toi-même à nos ennemis.
Je ne suis pas grand chose. Je ne suis pas un cadre de parti. Je ne suis pas un acteur syndical, ni associatif. Je n’ai pas de responsabilité professionnelle ou politique d’importance mais je suis un citoyen engagé. D’une certaine manière, je l’ai été à tes côtés pendant les 5 ans que j’ai passés au PG. Et que j’aie rompu avec le PG n’avait ni pour conséquence, ni pour signification que je te désavouais. Certes, je m’impatientais comme beaucoup, beaucoup d’autres. Certes, parfois, il y avait même chez moi de l’exaspération à t’entendre dire des choses qui ne coïncidaient pas avec l’image de l’homme d’État que tu es.
Mais c’est parce que nous continuions à croire en toi et à vouloir que « demain ne se fasse pas sans toi » pour reprendre une formule qui a eu son succès il y a quelques années, c’est parce que nous sommes un certain nombre à percevoir en toi les qualités pour rassembler le peuple français sur un projet digne de notre pays, que nous ne t’avions pas évacué de notre tête.
Ces derniers mois, nous avons souffert. Tu dois le savoir et l’entendre. À cause de tes hésitations, de tes lenteurs et de tes choix de t’engager dans la recherche d’une nouvelle alliance de Gauche, ce qui nous paraissait totalement antinomique avec ce que tu devais faire, à nos yeux. Et, en conséquence, j’ai pu parfois, dans mes billets de blog ou sur Facebook, publier des lignes quelque peu critiques mais c’est toujours de façon mesurée et respectueuse que je l’ai fait, contrairement à beaucoup d’autres commentateurs de tes paroles, de tes écrits ou de tes actes. Et c’était toujours pour t’appeler à te dépasser et à dépasser la Gauche, et à oser assumer l’indispensable rupture avec l’UE, pour dévitaliser totalement le FN et pour emporter la confiance du peuple tout entier. Deux lettres ouvertes à ton attention furent ainsi mises en ligne sur mon blog à quelques mois d’écart en juin 2014 et février 2015.
Puisque tu rends publique maintenant ton intention de porter le fer contre le principal de nos ennemis, l’UE, eh bien, sache que je suis déterminé à porter le fer avec toi.
Et bien que certains d’entre nous soyons désormais hors du PG ou des partis, nous serons nombreux à être à tes côtés. D’ailleurs, tu auras avec toi bien plus de citoyens ordinaires que de représentants des partis. Et tu devrais à mon avis t’entourer aussi de ces citoyens ordinaires…
Le défi est de te faire élire Président de la République à la suite de l’actuel résident de l’Élysée (c’est volontairement que je dis « résident », en omettant la lettre « P ») afin que tu puisses, depuis la Présidence, mettre le peuple en situation de changer le régime et de retrouver tout son pouvoir souverain.
Nous allons nous y employer cher Jean-Luc !
* * * * *
Extraits du billet de blog de Jean-Luc Mélenchon, intitulé « Le plan B plus que jamais » publié le 20/01/2016
Bien sûr, l’Union européenne est toujours aussi nuisible, hostile à la démocratie et à la justice sociale. Son procès n’est donc plus le sujet. Mais il faut suivre ce qui s’y passe pour bien comprendre la façon avec laquelle la catastrophe qui s’avance sur le monde se construit. Car il faut être prêts dès que cela serait possible à prendre les mesures au bon endroit et sur les bons sujets pour enrayer la machine devenue folle qu’est l’économie de casino qui domine notre planète.
(…)
Mais on peut aussi avoir un plan B, surtout quand on est la France.
Le débat est donc le suivant : honorer les traités européens comme ils s’y efforcent ou en sortir comme je le propose avec tant d’autres ?
(…)
En toute hypothèse, nombre des signataires de la pétition des primaires ont en commun d’être d’ardents partisans de ces traités européens. Faut-il rappeler que ces traités sont aussi massivement rejetés dans d’autres sondages que l’est la politique européenne toute entière depuis 2005 ? Faire disparaître l’enjeu central de l’élection présidentielle serait donc le résultat essentiel de cet exercice qui reviendrait à abandonner le leadership du « non à l’Europe libérale » à l’extrême droite. Le rêve de tous les eurolâtres. Génial. Si l’on veut me voir bouger de position et mettre les pieds dans ce bain, il faut commencer par préciser dans quelle eau se feront les ablutions : ce cadre est-il celui de la sortie des traités européens ou bien celui de leur application ? Car dans les traités européens, aucune politique de gauche n’est possible, quel que soit « le candidat unique de la gauche » ! Allez voir à Athènes ce qu’il en coute de ne pas être clair sur ce point dès le début !

Bientôt les « boys » de retour sur le sol français ?

Le Président de la République, François Hollande, s’apprête à autoriser les légions de l’Empire états-unien à revenir s’installer dans des bases militaires sur le sol de la République française alors que le général De Gaulle les en avait éjectées en 1966, dans une décision courageuse et géniale qui était en quelque sorte une déclaration d’indépendance.

De l’extrême gauche à la droite “gaulliste” en passant par presque toutes les nuances de la gauche et de la droite, nous savons à quel point les États-Unis sont un empire malfaisant, fauteur de guerres ouvertes et larvées au seul bénéfice de leur caste oligarchique et ce depuis plus de 200 ans qu’ils existent.

L’opinion du peuple français est très largement hostile à cette puissance belliciste. C’est pourquoi la décision de 1966 ne provoqua d’émoi que dans les sphères atlantistes, c’est-à-dire dans ces allées du pouvoir qui n’avaient pas été entièrement épurées après l’épisode de Vichy.

Cette puissance souvent ouvertement malfaisante est aussi, en coulisse, via sa CIA et la galaxie de l’État profond, l’organisateur, le facilitateur et le logisticien de centaines, voire de milliers, de coups d’État et d’assassinats de dirigeants dans le monde entier depuis au moins 70 ans !

Les guerres menées par les États-Unis, depuis les génocidaires “guerres indiennes”, ont causé la mort de dizaines, voire de centaines de millions de personnes depuis que cet État voyou et terroriste existe sur la scène mondiale.

En outre, l’alliance de poids et de longue date entre les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite pour ne citer que ces deux alliés-là, font que ces trois puissances menacent en permanence la paix du monde. Mais ces menaces ne sont pas que des menaces puisque depuis des décennies, la guerre est permanente avec des conflits ouverts en tel ou tel endroit du monde.

De Gaulle savait pourquoi il avait exigé le départ des forces armées américaines de notre sol et le retrait simultané de la France du commandement intégré de l’OTAN. En faisant cela et en ayant doté notre pays d’une force de dissuasion nucléaire autonome, il nous a protégés de toute agression venue de l’Empire, comme il nous a protégés de toute vassalisation. Mais après son départ, dès Pompidou, la politique diplomatique française a recommencé à s’assouplir vis-à-vis des États-Unis et à être beaucoup plus accommodante avec les caprices et les folies guerrières et impériales des État-Unis.

Chirac sut maintenir, pendant sa présidence de 12 ans, une certaine flamme française autonome comme en témoignent deux décisions très mal vécues par les dirigeants états-uniens:

1/ d’une part le refus que Chirac (alors Premier ministre de la première cohabitation) a opposé au Président Reagan en 1986 quand le Président des États-Unis a demandé à la France de pouvoir survoler notre territoire à l’occasion de l’expédition punitive contre la Libye de Kadhafi.

2/ d’autre part, bien sûr, le refus de soutenir la guerre en Irak de Bush fils et le combat diplomatique que la France mena alors pour convaincre nombre de pays, notamment d’Afrique, de refuser de voter à l’ONU la résolution présentée par les États-Unis. On se souvient de la grandeur de notre pays incarné alors par le ministre des Affaires étrangères du moment, Dominique de Villepin.

Pendant ces années où la France disait “Non” aux États-Unis, toute une série de leaders défilaient à l’ambassade des États-Unis à Paris pour dire tout leur mépris de “l’arrogance française” et leur soutien aux positions des États-Unis. Parmi ces gens, il y en avait qui étaient dans des fonctions de pouvoir et cela fait que leurs actes sont donc constitutifs du crime de haute trahison (certes opportunément supprimé de la constitution française par Sarkozy devenu Président de la République en 2007). Lui, justement, fut de ces traîtres à la “patrie républicaine des Français” pour reprendre une expression chère à Jean-Luc Mélenchon. Mais il était un parmi beaucoup, beaucoup d’autres. Ces Atlantistes et ces traîtres pullulaient par exemple au P.S. Un certain Pierre Moscovici en fut avec pas mal d’autres “socialistes”…

Cette flamme française qui brûlait indépendamment des volontés impériales et guerrières états-uniennes, c’est Sarkozy devenu Président qui l’a éteinte.

Et c’est Hollande qui, après avoir fait, à son tour, acte de subordination dès le lendemain de son élection à la Présidence de la République française (on se souvient avec rage et dégoût de son voyage à Washington pour le sommet de l’OTAN), est sur le point d’effacer totalement l’indépendance française, déjà largement entamée tant sont nombreuses et béantes les entailles à notre souveraineté.

Quand on examine aujourd’hui la situation globale, avec ce que nous fait déjà subir l’Union européenne, et avec la menace de plus en plus proche de vivre l’immense régression qu’engendreront le TAFTA et les autres traités du même ordre en cours de discussion, si en plus les forces armées de l’Empire malfaisant reviennent durablement sur le sol français, cette fois, nous serons devenus pour de bon un simple dominion qui n’aura même plus les pouvoirs d’un État fédéré des États-Unis.

Là franchement je commence à avoir la trouille !

C’est le peuple français tout entier – et pas seulement une fraction, un parti ou un clan politique – qui va devoir se lever pour de bon ! L’heure est gravissime !

Il va vraiment falloir refonder un nouveau CONSEIL DE LA RÉSISTANCE ET DE LA RECONQUÊTE !

Post-scriptum: Nous sommes le peuple souverain et seul ce que nous avons adopté par référendum peut être valable. Tout ce que l’on nous impose depuis des années, fusse par des voies “légales”, sera, en son temps, déclaré comme “nul et non avenu” car ce que le peuple a décidé, seul le peuple peut décider de le défaire. Par exemple, bien que la constitution ait été expurgée du crime de “haute trahison”, comme le peuple français n’a pas eu à se prononcer sur ce point, il n’a pas autorisé cette suppression alors qu’en 1958 il avait très largement approuvé la constitution qui le prévoyait. Donc, nous considérons que cette disposition constitutionnelle d’ordre pénal vaut toujours. Je suis juriste et je n’ignore pas le principe fondamental de la légalité des délits et des peines selon lequel une personne ne peut être jugée et condamnée que pour un acte qui, au moment où il a été commis, était puni par la loi. Ce principe s’oppose donc, a priori, à la possibilité qu’aurait le peuple français de juger et de punir un dirigeant pour crime de haute trahison pour des faits commis depuis que cette incrimination a disparu de la constitution. Sauf qu’aucun principe, fut-il fondamental, ne saurait contraindre le peuple. Lui seul est souverain et si le principe en question s’oppose à sa volonté, c’est le principe qui sera écarté ou à tout le moins refondé.

Que les dirigeants d’hier, d’aujourd’hui et de demain (jusqu’à ce que nous ayons repris entièrement notre pouvoir souverain) sachent que rien ne les mettra à l’abri de notre courroux et du fait qu’ils auront à rendre compte, indépendamment de tous les artifices juridiques qu’ils peuvent mettre en oeuvre pour se protéger.

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Sources documentaires

Article dans RT

Article dans Causeur

Article dans le Figaro

Article dans L’Humanité

Article du PRCF* sur Agoravox (PRCF : Pôle de Renaissance Communiste en France ; leur site ; leur page Facebook)

Article d’Hélène Nouaille sur le blog de Lucien Pons

Article du parti UPR (Union Populaire Républicaine)