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Serment de la Porte de Versailles – Jean-Luc Mélenchon le 19 avril 2012

C’était le 19 avril 2012, à la Porte de Versailles. Jean-Luc Mélenchon délivrait le dernier discours de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, juste avant le premier tour.

« Le Front de Gauche est votre outil. Il est devenu, petit à petit, le Front du peuple lui-même. Il est plus grand que nos drapeaux, plus grand que nos partis, plus grand même que notre programme.

Entendez le bruit fantastique du peuple qui s’est levé et qui s’est mis en mouvement. Si le peuple comprend qu’il est la force, rien ne peut lui résister. Rien ! Personne ! Nulle part !

Voici ce que je peux vous promettre, comme homme et comme militant :

Sur mon honneur, jamais je ne me dédierai du drapeau que vous m’avez confié, du message que vous m’avez demandé de porter, de la grande et noble cause que nous avons fait vivre ensemble.

NI À VENDRE, NI À ACHETER, NI À DOMESTIQUER !

Avec mes camarades du Front de Gauche, nous serons ET POUR TOUJOURS, la force AUTONOME, INDÉPENDANTE, EXIGEANTE, QUI NE SE MARCHANDE PAS, qui ne tripote rien sur les coins de bistrot, qui ne s’arrangera avec PERSONNE D’AUTRE QU’AVEC LE PEUPLE LUI-MÊME ET AVEC SON PROPRE PROGRAMME !

Lien vidéo (aller à 59 minutes et 55 secondes):

http://www.dailymotion.com/video/xq8uaz_jean-luc-melenchon-discours-de-paris-porte-de-versailles-sd_news

Discours du Président du Venezuela Hugo CHAVEZ à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations-Unies le 27 septembre 2009

Monsieur le Président, Ami-e-s estimé-e-s, chefs d’État, chefs de gouvernement, ministres, ambassadeurs, ambassadrices, et aussi ami-e-s citoyen-ne-s du monde, qui se réunissent ici comme chaque année, à cette réunion si importante pour le monde…

Cela me fait très plaisir de revenir à New York, revenir aux Nations-Unies après plusieurs années. Et je remercie sincèrement pour toute la coopération, pour la manière dont a été reçue notre délégation. Nous étions hier soir au théâtre LINCOLN où nous regardions un film. Un film réalisé par Oliver STONE durant ces derniers mois, tout au long de cette année. Un film dont le titre lui-même incite à réfléchir, à penser. Ce film s’intitule : « Au Sud de la frontière ».

Vous pourrez y voir le président Evo MORALES mastiquant de la coca avec STONE et, comme le dit le président MORALES, la coca ce n’est pas de la cocaïne !

Vous pourrez y voir Christina [KIRCHNER], la présidente de l’Argentine et ses réflexions sur ce qui se passe aujourd’hui en Amérique du Sud, en Amérique Latine.

Vous pourrez y voir LULA, le président du Brésil dans la Guajira vénézuélienne, qui inspecte avec nous des noyaux productifs que l’on met en place parmi les peuples indigènes de la Guajira qui ont été exploités pendant des siècles.

Vous pourrez y voir également le président Fernando LUGO, évêque, théologien de la libération et, comme il le dit lui-même, vivant dans la maison qu’a occupée, durant de nombreuses années, STROESSNER [le dictateur paraguayen]. Et c’est en tant qu’évêque qu’il est devenu Président.

Vous pourrez y voir Rafael CORREA, le président équatorien à La Havane avec le président Raul CASTRO.

Vous pourrez voir Fidel et même OBAMA, à Trinidad, conversant avec quelques-uns d’entre nous, les mains tendues et tout sourire.

Je pense que c’est un film intéressant, avec tous ceux qu’a réalisés ce grand cinéaste des États-Unis qu’est Oliver STONE, qui en avait déjà réalisé un sur Fidel, non deux sur Fidel : « Looking for Fidel » et « El Commandante ».

Dans ce film, Monsieur le Président, il y a beaucoup de clés beaucoup de clés qui pourraient nous aider à déchiffrer les énigmes des temps que nous vivons. Hier soir, après le film, nous sommes restés un moment, pour discuter avec un groupe de personnes, des États-Unis et d’autres endroits du monde. Et ce contact a été très instructif, très symptomatique de l’importance que revêt ce que Fidel CASTRO appelle « la bataille des idées ». Une femme s’est approchée de moi, une femme d’environ 50 ans, et m’a dit : « je suis très contente ». Elle parlait à peine l’espagnol, elle était nord-américaine, très blanche, la citoyenne typique née sur ces terres. Et elle me dit : « je suis très heureuse ». Je lui demande : « pourquoi ? ». « Car je me rends compte, après avoir vu ce film, je pensais que vous étiez malfaisant, très malfaisant ». Cette personne est une victime du bombardement médiatique, du bombardement idéologique qui s’abat, de façon irréductible, sur les États-Unis et sur le monde, essayant d’inverser la réalité et de « mettre le monde à l’envers » comme le dit Eduardo GALEANO.

Au Sud de la frontière, c’est le nom de ce film. Je profite de cette occasion et de ce titre « Au Sud de la frontière » pour dire que là-bas, au Sud de la frontière, il y a une révolution ! Il y a une révolution en Amérique du Sud. Il y a une révolution en Amérique Latine ! Il y a une révolution dans les Caraïbes ! Il est nécessaire que le monde la voie, l’assume, l’accepte car c’est une réalité qui ne changera pas !

De plus, il faut dire, Monsieur le Président, que c’est une révolution qui transcende l’idéologie. C’est une révolution qui est même géographique, géopolitique. C’est une révolution des temps historiques. Elle a des racines très profondes. C’est une révolution morale, spirituelle, totale. C’est la révolution nécessaire, nous le croyons. Cette révolution est grande ! C’est une grande révolution ! Et elle va continuer de grandir à mesure que vont passer les jours, les mois, les années. Elle est grande ! Pourquoi est-elle grande ?

Elle est grande de par le temps qu’elle porte en elle : ce sont des siècles ! Ce sont des siècles qui se sont résumés en un moment unique.

Elle est grande de par l’espoir qu’elle porte en elle.

Je ne vais pas parler plus longtemps que KADHAFI. KADHAFI a parlé pour nous tous ! Cet applaudissement est pour KADHAFI et son discours. Mais je ne parlerai pas moins qu’OBAMA, ni que LULA.

Cette révolution est grande de par le temps disais-je, le temps accumulé, ce sont des siècles ! Des siècles accumulés de batailles, d’histoires, de luttes, d’espoirs, de souffrances, de millions d’êtres humains de l’Amérique Latine et de la Caraïbe. C’est une révolution qui est grande de par l’espace qu’elle occupe. Cette révolution est grande de par la profondeur de laquelle elle émerge. Cette révolution est grande de par la masse du peuple qui s’associe à elle. Personne ne sera en mesure de la freiner. Personne ! Personne ne pourra la ralentir. Le président MORALES l’a dit ici hier.  Ce grand compagnon, ce grand leader indigène, Aymara Evo MORALES, et il le dit également dans le film, ne le ratez surtout pas : « Au Sud de la frontière ». D’ores et déjà Oliver STONE m’a indiqué que l’on faisait pression pour que le peuple des États-Unis ne le voie pas. La liberté d’expression, où est-elle alors ? Ce n’est qu’un film. Auraient-ils peur d’un film ?

Les monopoles font déjà pression. Ceux qui gèrent le cinéma, les salles de cinéma, ce sont des monopoles, ils font pression. Mais le film fera son chemin. Heureusement nous sommes à l’ère de l’informatique, des télécommunications. Cela ne dépend plus des salles de cinéma que gèrent les monopoles.  Evo le dit, là, dans le film, alors qu’il parle avec Oliver STONE. Il rappelle la phrase qu’a lancé un grand leader Aymara, son arrière-arrière-arrière grand- père, qui a été assassiné comme l’ont été des millions lors de l’invasion espagnole, portugaise, anglaise, européenne en fait sur ce continent. Vous le savez, je sais que vous le savez que lorsqu’ils sont arrivés sur ces terres d’Amérique, les navires européens, 90 millions d’aborigènes vivaient ici. Deux cents ans plus tard, il en restait quatre millions, quatre ! Un des plus grands génocides qu’il y ait eu dans l’Histoire ! Le génocide du continent de « l’Abya Yala » comme l’appelaient et continuent de l’appeler nos aborigènes.

Donc Evo rappelle cette phrase de ce leader Aymara qui a été écartelé. Et l’Indien était en train de mourir lorsqu’il lança cette prophétie : « Aujourd’hui je meurs » dit Tupak CATARI, « aujourd’hui je meurs mais un jour, je reviendrai par millions ! » Tupak CATARI est de retour ! Nous sommes des millions ! Nous sommes des millions ! Et rien, ni personne ne pourra nous retenir ! Rien ni personne ne pourra retenir la grande révolution Sud-Américaine, Latino-Américaine et Caribéenne !

Je pense que le monde devrait la soutenir. Les États-Unis devraient soutenir cette révolution, l’Europe devrait soutenir cette révolution, car cette révolution – certains ne s’en sont pas rendus compte, frères et sœurs – cette révolution est le début du chemin menant au salut de cette planète, au salut de l’espèce humaine menacée par le capitalisme, par l’impérialisme, par la guerre, par la faim. C’est la révolution nécessaire. Le « nouveau-monde », c’est ainsi qu’on nous appelait il y a des siècles. oui ! Le monde nouveau pourrait-on l’appeler en inversant les termes. Le monde nouveau est en train de naître.

Il y a des années de cela, nous nous le remémorions hier soir, lors d’une conversation à laquelle j’ai été convié, par un groupe de leaders, plus que grand, important, grand grâce à chacun d’eux, des leaders syndicalistes états-uniens, des groupes syndicaux dont quelques travailleurs d’une usine de biscuits, qui se plaignent qu’on ne les paie pas et font la grève. L’un d’eux me dit : pourquoi n’achèteriez-vous pas cette entreprise ? Je lui ai dit : bon je vais voir. On la changerait en entreprise socialiste si OBAMA m’y autorise, cette entreprise pourrait être achetée et donnée aux travailleurs pour qu’ils reproduisent eux-mêmes les biscuits, qu’ils distribuent les biscuits, que les deux ou trois capitalistes arrêtent de les exploiter hein ? C’est ça le socialisme. C’est ça le chemin menant au salut de cette planète : le socialisme ! Hier un journaliste me demandait : bon et vous défendez le socialisme ? Mais pourquoi puisque l’Union Soviétique s’est effondrée ? La réponse est très simple : l’Union soviétique s’est détournée très tôt du socialisme ! Il n’y a jamais eu de socialisme en Union soviétique en vérité !  Il n’y a jamais eu de socialisme en Union soviétique. Ce 21ème siècle sera celui du socialisme ! Le socialisme et l’espèce humaine.

Bon, Einstein – vous avez certainement lu Albert EINSTEIN ! – c’est lui qui a, en effet, convaincu ce Président de fabriquer la bombe atomique, de commencer les recherches avant que les Nazis ne le fassent. Ensuite EINSTEIN l’a regretté lorsqu’il a vu le désastre d’Hiroshima, le désastre de Nagasaki. Mais Albert EINSTEIN, bien des années plus tard, immense scientifique, l’un des pus grands scientifiques qui ait vécu sur cette planète, a conclu – c’est écrit de sa propre main ! – pourquoi le socialisme… EINSTEIN a conclu que l’unique chemin pour que l’espèce humaine puisse vivre sur cette planète, c’est le socialisme. Le capitalisme, c’est le chemin de l’extinction de l’espèce humaine.

Nous, en tant qu’espèce, avons à peine, quoi, quelque chose comme 1,5 millions d’années. La vie est apparue sur cette planète il y a seulement – notez-le quelque part et réfléchissons-y, pensons-y – il y a plus de trois milliards d’années mais nous, l’espèce humaine, sommes apparus il y a moins de trois millions d’années. Même pas le 0,01% du temps depuis lequel il y a la vie sur cette planète ! Et maintenant quoi ? On arrive ici pour anéantir cette planète ? On va l’anéantir ?  Nous entendons ici, depuis hier, OBAMA en passant par LULA, SARKOZY, KADHAFI et Christina [KIRCHNER], tous ! Tous clament pour un changement ! Quel changement ?

Avec le capitalisme, il n’y a pas de changement possible ! Ne croyons pas à ce mensonge. C’est seulement avec le socialisme que nous réussirons les vrais changements. Et la révolution qu’il y a en Amérique Latine comporte de tout et elle porte une profonde charge socialiste. Socialiste comme le disait MARIATEGUI, le grand penseur péruvien, c’est un socialisme indo-américain. C’est un socialisme qui nous est propre à nous, Américains. C’est un socialisme  façon José MARTI. C’est un socialisme bolivarien. C’est un socialisme neuf. Ce n’est pas un calque, ni une copie. Il n’y a pas de catalogue pour construire le socialisme. Il faut l’inventer. C’est une création héroïque, comme l’a dit MARIATEGUI.

Mais nous nous remémorions hier le fait qu’un président nord-américain, c’est-à-dire états-unien, avant qu’on ne l’assassine, avait dit – et c’est écrit, c’était un discours devant le Congrès des États-Unis – John KENNEDY a dit : « là-bas, au Sud, il y a une révolution et sa cause principale, c’est la faim ». Quelques jours après, ils l’ont assassiné. Ce n’était pas un révolutionnaire John KENNEDY ! Mais il était intelligent. Il était intelligent. Comme je pense qu’est également intelligent le Président OBAMA. Espérons qu’il puisse… Dieu préserve OBAMA des balles qui ont tué KENNEDY. Espérons qu’OBAMA réussisse à virer de bord, virer de bord, virer de bord, pour de vrai ! Réussir un virage. Il a parlé ici hier. Ca ne sent plus le souffre ici ! Non, ça ne sent plus, ça ne sent plus… Non, ça sent plutôt autre chose. Ca sent l’espoir ! Il faut remplir notre cœur d’espoir ! Il faut remplir notre cœur d’espoir !

 * * * fin de la vidéo 1/3 * * *

Pas nous ! Non, nous ne pouvons pas en finir avec cette planète, mon frère ! Et nos enfants ? Et les générations futures, hein ? Relevons le défi disait LULA hier. LULA disait hier : « Il n’y a pas de volonté politique ! ». Une charge de LULA, une charge. Je connais la volonté de LULA, l’humanisme de LULA. Je le connais à fond. C’est mon frère, profondément. Je ne dirais pas exactement que c’est qu’il n’y a pas de volonté politique. Je dirais plutôt, LULA, qu’il y a un manque de volonté politique ! Parce que LULA en a, nous en avons mais il faut l’accroître, augmenter la volonté politique. Elle doit continuer de croître. Parmi les leaders. Dans la société. Chez les peuples. Dans la jeunesse. Surtout dans la jeunesse. Chez les travailleurs. Dans le monde entier.

Bon, KENNEDY l’avait dit : « Il y a une révolution au Sud ». Et il ajouta : « Ceux qui ferment la voie aux révolutions pacifiques ouvrent en même temps la voie aux révolutions violentes ». C’est John KENNEDY qui a dit cela ! Vous pourrez le trouver sur internet, maintenant qu’on trouve tout sur internet ! Ceux qui ferment, ou qui prétendent fermer, la voie…

[CHAVEZ interrompt son propos pour saluer l’ambassadrice de l’Équateur]

María Fernández ESPINOZA, un baisser Ambassadrice, Équatorienne, ma sœur, cela faisait des jours que je ne te voyais pas. Depuis ici, nous saluons CORREA, le président CORREA. Elle était ministre en Équateur alors que débutait la révolution citoyenne. Là-bas, la révolution citoyenne est en marche ! Avec CORREA à la tête du peuple équatorien, le peuple de Manuela SÁENZ ! Également celui de Bolivie, celui d’Eloy ALFARO. Peuple noble et grand ! Et en Bolivie et sur toute cette terre.

Bon, certains prétendent fermer la voie à notre révolution pacifique ?

[CHAVEZ interrompt de nouveau son propos pour saluer une nouvelle personne arrivée dans la salle]

Une autre femme vaillante arrive, Patricia RODAS, la ministre des Affaires Étrangères du Honduras. Je demande un autre applaudissement pour cette femme vaillante. Femme centraméricaine, du peuple de MORAZÁN. Vive le Honduras ! Vive MORAZÁN ! Que vive la dignité des peuples !

J’ai commencé à rédiger ces notes exactement à une heure de l’après-midi, je ne serai plus long Monsieur le Président, n’allez pas me lancer une chaussure ! Le ministre cubain a retiré sa chaussure pour me la lancer. Hier soir Dany GLOVER portait une sorte de chaussures en caoutchouc. Si tu veux m’en lancer, lance-moi une de celles de Dany GLOVER. J’ai parlé avec Manuel ZELAYA exactement à 13h00. Je me souviens qu’il était exactement 13h00 et qu’on a terminé à 13h13.

Bon, il est là-bas. Pendant que nous sommes ici, compagnons, compagnes du monde. Il y a là-bas un Président déterminé, digne, qui a réussi accompagné d’un petit groupe de « quasi-martyres » à tromper la vigilance des putschistes, la répression et ils sont arrivés sur la place MORAZÁN à Tegucigalpa, au plus près des putschistes qui ont pris le contrôle de toutes les rues, toutes. Ils ont une armée complète. C’est-à-dire que c’est comme s’ils avaient envahi le Honduras mais avec leur propre armée. Quelle indignité !

Depuis ici, je lance un appel, moi qui suis soldat, mais un soldat révolutionnaire, aux soldats du Honduras, aux fils de MORAZÁN, qu’ils arrêtent d’opprimer ce peuple innocent. Bon, alors que nous sommes ici, Manuel ZELAYA, le président du Honduras, est à l’ambassade du Brésil qui lui a donné refuge. L’ambassade est encerclée selon ce que m’a dit le Président lui-même, par plus de deux cent soldats. Ils l’ont délogé en faisant feu, en faisant feu, de la manière la plus brutale. C’est l’âge des cavernes qui prétend revenir. Il ne reviendra pas. Ces putschistes seront balayés par le vent de l’Histoire nouvelle ! Soyez sûrs de cela ! Ne pourront s’imposer ni le coup d’État, ni les forces réactionnaires, ni au Honduras, ni dans aucun autre pays de cette Amérique ! Là-bas, il y a un peuple qui résiste dans les rues depuis 90 jours. Il résiste, il résiste !

Bon, il y a là-bas un Président déterminé avec un groupe de compatriotes, avec son épouse, la première dame. Ils ne leur laissent pas passer de nourriture. Ils leur coupent l’eau à chaque instant.  Ils ont une citerne que quelqu’un a amenée. Ce matin, ils ont trouvé, dans une maison voisine, sur le toit d’une maison voisine, des équipements d’interception téléphonique, de marque israélienne m’a dit le Président, de dernière génération. Israël a reconnu ce gouvernement putschiste. Je crois que c’est le seul gouvernement au monde à l’avoir reconnu ! Ils ont des équipements de perturbation dirigés contre le cerveau, destinés à provoquer la panique chez les quelques personnes qui se trouvent dans l’ambassade du Brésil. Ils menacent de s’introduire dans l’ambassade du Brésil. Vous vous rendez compte du caractère barbare. Je crois que c’est l’ère de Trucutrú, Gusigú [personnages de B.D.]. C’est l’âge des cavernes qui veut revenir ici. Non, il ne reviendra pas ! Il ne reviendra pas !

Il y a un peuple dans la rue, réprimé. Bon, ils ont fermé les aéroports. C’est un peuple pris en otage. Maintenant, qui sont les putschistes ? C’est la bourgeoisie hondurienne ! L’État putschiste ! L’État putschiste ! L’État accaparé par la bourgeoisie, par les riches, quatre, cinq familles très riches qui sont les propriétaires de l’État. Il faudrait lire de nouveau LÉNINE !  L’État et la révolution. L’État bourgeois. Ils contrôlent tout. Tout ! Le congrès national, le pouvoir judiciaire, les forces militaires, l’État.

Et il y a un peuple dans la rue qui est massacré. Le président me disait hier qu’il y a eu, à ce qu’il sait, trois morts de plus dans l’environnement immédiat de l’ambassade du Brésil. Et le président qui appelle au dialogue, qui appelle au dialogue pour retrouver le chemin de la démocratie. Depuis ici nous transmettons notre plus grande solidarité au peuple du Honduras et au président ZELAYA. Et nous demandons l’application de la résolution des Nations-Unies, la résolution de l’Organisation des États Américains.

Maintenant le gouvernement des États-Unis, chose étrange, n’a pas reconnu qu’il y a eu un coup d’État militaire. Le président ZELAYA m’a expliqué cela aujourd’hui. Il y a un conflit entre le Département d’État et le Pentagone, le Pentagone ! Je lisais hier un livre de Juan BOSCH, cet éminent et grand Dominicain renversé par l’Empire. Ce bon livre s’appelle « Le pentagonisme ». Je recommande ce livre ! Le Pentagone, c’est là qu’est la grotte impériale ! Le Pentagone n’aime pas OBAMA. Il ne l’aime pas ! Il ne veut pas de changement. Ils veulent dominer le monde avec leurs bases militaires, leurs menaces, leurs bombes, leurs soldats envahisseurs. Le Pentagone est derrière le coup d’État au Honduras. Ils ont sorti le président ZELAYA de sa maison, de son lit un matin, le 28 juin. Ils l’ont mené à un avion. Ils l’ont fait monter dans un avion, des soldats honduriens, commandés depuis la base militaire que les États-Unis ont à Palmerola. L’avion a décollé de Tegucigalpa et a atterri sur la base de Palmerola. Là, ils ont retenu le président prisonnier un certain temps. Et de là, ils ont décidé de l’emmener au Costa Rica. Les militaires nord-américains qui sont au Honduras savaient pour le coup d’État et ils le soutiennent. Et ils soutiennent les militaires du Honduras. D’où les contradictions entre OBAMA et au-delà d’OBAMA…

Parfois on se demande : y-a-t-il deux OBAMA ? Celui qui parlait ici hier Et un autre, un double ? Qui appuie le coup d’État au Honduras ? Qui permet à ses militaires d’appuyer le coup d’État au Honduras ? Je laisse ces questions en suspens pour y réfléchir. Y-a-t-il deux OBAMA ou un seul OBAMA ? Espérons que celui qui s’imposera sera celui qu’on a vu hier ici. Espérons-le ! Le monde en a besoin. Le monde implore cela !

Maintenant, quelle est la raison profonde du coup d’État au Honduras ?

Cela a un rapport avec ce dont nous parlons ici : la révolution au Sud. C’est une révolution qui n’est plus désormais celle des colonnes de guérilleros héroïques de la sierra Maestra [les Cubains de Fidel CASTRO en 1959], héroïques de là-haut, sur les hautes montagnes de Bolivie, où marchait Ernesto GEVARA, le « Che ». Non ! Ce n’est plus ce type de révolution. La révolution est différente. Elle n’émerge plus des montagnes dans des foyers de guérilla. Non, elle provient des villes, des masses. C’est une révolution des masses mais elle est pacifique. Et elle souhaite continuer à être pacifique. Elle est démocratique, profondément démocratique. N’ayez pas peur de la démocratie !

Et je paraphrase Noam CHOMSKY dans un autre merveilleux ouvrage que je ne connaissais pas. J’ai trouvé ce livre à Madrid il y a peu. J’étais allé visiter mon ami, le roi d’Espagne, surtout parce qu’arrive le sommet ibéro-américain au Portugal. Je lui ai dit : « bon je vais y aller si tu ne me fais pas taire ». Il m’a répondu : « Non, non, je ne te ferai pas taire ». « Bon, alors j’y irai ! ». Nous sommes de grands amis avec le roi Juan Carlos. Bon, donc ensuite, je suis allé à une librairie : « la maison du livre à Madrid », je vous la recommande, c’est là que j’ai trouvé le livre de CHOMSKY : « La peur de la démocratie ». Nous devons lire ce livre : « La peur de la démocratie, hein ? »

Les élites ont peur des peuples ! Ils ont peur de la véritable démocratie ! Celle que Abraham LINCOLN, cet autre martyre a défini très clairement grâce à trois concepts. Démocratie : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ! Ce n’est pas le gouvernement de la bourgeoisie, le gouvernement de l’élite qui lâche les gorilles lorsque les peuples se réveillent.

C’est ce qui s’est passé au Honduras ! Et c’est ce qui s’est passé au Venezuela en 2002 ! Et c’est ce qui s’est passé au Brésil avec Ioao GOULART ! C’est ce qui s’est passé en République Dominicaine.

Pourquoi n’ont-ils pas permis, au cours du XXe siècle, aux peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes de construire leur propre destin ? Ils ne nous l’ont pas permis.

Ce siècle, c’est notre siècle ! Ce siècle c’est le nôtre ! Au cours de ce siècle, en Amérique Latine et dans les Caraïbes, nous construirons notre propre chemin et personne ne pourra l’empêcher ! Personne ne pourra l’empêcher ! L’impérialisme, l’impérialisme, l’impérialisme doit s’achever ! L’impérialisme.

On se demande parfois, une fois j’ai demandé à LULA : « LULA, où en serait aujourd’hui l’Amérique Latine, la nôtre, si les États-Unis, les gouvernements des États-Unis, n’avaient pas planté leurs griffes dans notre Amérique pour imposer un modèle, mettant à feu et à sang la lutte de nombreux peuples et réduisant à néant leurs espérances, éteignant les lueurs de l’aube.

 1954 : je naissais et Fidel était déjà en prison pendant qu’au Guatemala tombaient les bombes. Ils ont envahi le Guatemala : Jacobo Árbenz Guzmán. Et ainsi de suite. La baie des Cochons, mais ils ont échoué ! Et Cuba est révolutionnaire. Cuba est digne mais elle est soumise à la contrainte.

OBAMA, lève le blocus sur Cuba, qu’attends-tu ? Sois conséquent avec ce que tu dis ! Ou bien y aurait-il deux OBAMA ? OBAMA a dit hier, je l’ai noté ici [il montre un carnet], OBAMA a dit hier, j’ai noté ici ce que LULA a dit, il a parlé avant OBAMA, et ensuite j’ai noté ce qu’a dit OBAMA [CHAVEZ feuillette son carnet] « ne peut être imposé à aucun peuple un quelconque système politique. Il faut respecter chaque peuple et sa souveraineté ». Bon, très bien, et alors OBAMA Président, qu’attendez-vous pour ordonner la fin du blocus sauvage et criminel de Cuba ? Quelqu’un a des doutes sur ça ? Quelqu’un croit que c’est quelque chose d’abstrait ? Non ! Il y a une persécution frappant les entreprises partout dans le monde qui livrent, ne serait-ce que des aliments à Cuba ! Et maintenant au Venezuela également !

Il y a peu de temps, Fidel CASTRO l’a dénoncé dans une de ses réflexions. Une entreprise établie partout dans le monde qui fabrique et livre des équipements médicaux n’a pas tenu cette année et l’année dernière les engagements pris avec les gouvernements de Cuba et du Venezuela. Ils ne fournissent plus les pièces de rechange des centaines d’équipements médicaux que nous avons acquis nos deux gouvernements pour apporter des soins gratuits et de qualité à nos peuples. Ce sont des tomographes de 64 coupes, des électrocardiogrammes qui sont maintenant dans les quartiers pauvres de Caracas. Là-bas où il y a des Indiens, il y a des installations médicales. Là-bas, nous avons 30 000 médecins cubains. Un système de santé pour le peuple, gratuit et de qualité. Bon l’entreprise, comment s’appelle l’entreprise ?, Philips… Nous nous sommes tus essayant de trouver des solutions. Mais non, l’entreprise n’envoie pas les pièces de rechange de ces équipements de haute technologie. Pourquoi ? Les pressions viennent de qui ? Du gouvernement des États-Unis !

OBAMA, c’est toi ou est-ce « another »* OBAMA? [* en anglais dans le texte]

« OBAMA One » ou « OBAMA Two » ? Who are You OBAMA ? Who are You ? [à nouveau en anglais dans le texte]

Je veux croire en celui d’hier, celui que j’ai vu ici ! Mais ces choses continuent de se produire ! Et cela affecte la vie de millions d’êtres humains ! Au nom de quoi ? Au nom de qui ? Qui ? Pourquoi les États-Unis continuent-ils de faire cela, hein ? Bon, ce n’est pas pour la démocratie. Car c’est tel quel ce qui s’est passé au Honduras. C’est la peur de l’ALBA, l’Alliance Bolivarienne qui émerge comme mécanisme d’intégration nouveau, novateur, solidaire, et qui a pris la forme d’une alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique. Les gouvernements et pays de Cuba, Nicaragua, Honduras, Venezuela, Équateur et Bolivie, Antigua et Barbuda, la Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Ils nous attaquent, prétendent nous retenir mais ils ne pourront atteindre leur but. Le MERCOSUR, l’UNASUR, tout cela est en train de naître et fait partie de la révolution géographique, géopolitique, historique : la grande révolution latino-américaine.

 * * * fin de la vidéo 2/3 * * *

Bien, dans le même ordre d’idées, Monsieur le Président, il y a les sept bases militaires que les États-Unis vont installer en Colombie. OBAMA a dit hier, je l’ai noté ici, OBAMA a parlé de quatre piliers. Vous vous en souvenez. Bon, accomplissons cela, je le prends au mot. Nous prenons au mot le Président des États-Unis. « Pas de prolifération nucléaire ». D’accord ! Commencez en détruisant toutes les armes nucléaires que vous avez ! Allez-y ! Détruisez-les ! Faîtes-le !

Le second pilier d’OBAMA, c’est – le premier c’était : pas de prolifération – le second : promouvoir la paix. Bon, Président OBAMA, cherchons la paix en Colombie. Dans notre chère sœur Colombie, il y a une guerre civile. Ah ! Que certains ne veuillent pas le reconnaître, ça c’est autre chose ! Il y a un conflit historique très ancien en Colombie. Les Nations-Unies doivent le reconnaître, le voir. Et nous devrions tous tendre les mains vers la Colombie pour l’aider à s’en sortir, tout en respectant bien sûr sa souveraineté, mais en l’aidant à sortir de cette tragédie que vit ce peuple frère. La paix, je me rappelle l’avoir évoquée devant LULA à OBAMA, là-bas à Trinidad et Tobago lors du sommet des Amériques. Recherchons la paix en Colombie.

Si la paix a pu s’imposer en Amérique centrale, si la paix a pu s’imposer au Guatemala… Moi quand j’étais militaire actif j’étais au Guatemala, c’était la guerre là-bas ! La guerre ! Des milliers et des milliers de morts et de disparus. Le Salvador, le Nicaragua. Et il y a là-bas Daniel ORTEGA de nouveau au gouvernement. Après presque vingt ans, le peuple sandiniste l’a rappelé à nouveau. Le parti Farabundo Martí est là, et le peuple du Salvador, qui menèrent le Président FUNES à la tête de cette République sœur. Si la paix a pu s’imposer en Amérique centrale, pourquoi la paix, mon Dieu, ne pourrait-elle pas s’imposer en Colombie ? C’est l’une des choses que je veux et désire le plus dans ma vie car je suis Vénézuélien mais je me sens Colombien : la Colombie de BOLIVAR ! La Colombie de MIRANDA ! Notre Colombie !

Ah ! Et donc le président OBAMA pense-t-il pouvoir trouver la paix, son second pilier avec sept bases militaires de plus en Colombie ? Ces sept bases militaires sont une menace non seulement pour la paix possible en Colombie mais aussi pour la paix en Amérique du Sud. Nous avons raison, les gouvernements d’Amérique du Sud, d’exprimer, chacun avec son style et son intensité, notre grande préoccupation devant de ces sept bases militaires des Gringos en Colombie. Je le dénonce et le rapporte ici et je demande à OBAMA, le Président OBAMA, qu’il réfléchisse et qu’il impose ses piliers. Promouvons la paix ! Les Nations-Unies pourraient désigner une commission de paix pour la Colombie. Le Venezuela est à son service pour coopérer, comme, j’en suis sûr, tous les pays qui, comme nous, veulent la paix et ne veulent plus de guerre entre nous.

Il y a un autre thème que Fidel aborde dans ses réflexions du 21 septembre et qui est en lien avec le changement climatique. Je vais prendre deux minutes, Président, pour insister sur ce point. Il existe des gens qui pensent que non, que c’est une préoccupation métaphysique de quelques intellectuels. Non, non, non, nous sommes en train de tuer la planète ! Nous achevons comme le dit un bon journaliste vénézuélien, cette navette spatiale dans laquelle nous voyageons. C’est comme une navette spatiale. Et nous sommes en train de la détruire.

Écoutez ce que dit Fidel sur ce sujet. Fidel dit dans la réflexion appelée « Une espèce en danger d’extinction » du 21 septembre dernier, je vais le lire ici : « Lors de la conférence internationale sur l’environnement, convoquée par l’ONU à Rio de Janeiro – c’était en 1992, j’étais en prison, je m’en souviens très bien – j’ai affirmé, étant alors le chef d’État cubain, la chose suivante : une espèce est en danger d’extinction : l’homme ! » Fidel poursuit : « Lorsque j’ai prononcé et argumenté ces paroles, bien accueillies et applaudies par les chefs d’État présents, y compris par le Président des États-Unis, un BUSH moins ténébreux que son fils Georges W., ces derniers croyaient disposer encore de plusieurs siècles pour affronter le problème. Moi-même, Fidel, je voyais cela à une date plus éloignée, comme 60 ou 80 ans. Aujourd’hui, il s’agit d’un danger réellement imminent poursuit Fidel CASTRO et ses effets sont déjà visibles. La température moyenne a augmenté de 0,8 degrés centigrades depuis 1980 – ce sont des résultats scientifiques  selon l’institut des études spatiales de la NASA – 0,8 degrés ces vingt dernières années, ces trente dernières années plutôt. Je poursuis avec la lecture de ce que dit Fidel : «  les deux dernières décennies du 21è siècle ont été les plus chaudes depuis des siècles. Les températures de l’Alaska, de l’Ouest canadien et de l’Ouest de la Russie ont augmenté à un rythme qui a eu pour effet de doubler la moyenne mondiale ». Je continue de citer Fidel : « Les glaces de l’Arctique disparaissent rapidement et la région pourrait connaître son premier été sans aucune glace à une date proche de l’an 2040 ». Je continue de lire Fidel : « Les effets sont visibles dans les masses de glace de plus de deux kilomètres d’épaisseur qui fondent au Groënland, les glaciers d’Amérique du Sud, de l’Équateur au Cap Horn, sources essentielles d’eau et la gigantesque couche de glace qui couvre les étendues de l’Antarctique. Les actuelles concentrations de dioxyde de carbone ont atteint l’équivalent de 380 parties par millions, chiffre supérieur à celui, naturel, des derniers 650 000 ans.

On est en train d’achever cette planète. Rendons-nous compte de cela. Prenons-en conscience et agissons comme le réclamait hier le président LULA. « Pour le changement climatique, il n’y a pas de volonté » Les pays développés ne veulent pas prendre de décision. OBAMA a dit que oui, qu’à partir de maintenant, les États-Unis vont prendre des décisions. Fais-le Président ! Fais-le. Mais passe de la parole aux actes ! Sauvons la planète, sauvons l’espèce humaine ! Espérons que du prochain sommet qui se déroulera au Danemark, en décembre, émanent des décisions qui tranchent réellement. Le Venezuela est disposé à se joindre à ces décisions. Et il lance un appel, nous lançons un appel depuis le Venezuela pour prendre des décisions, chacun en fonction de son degré de responsabilité.

Maintenant, quelle est la cause essentielle de la pollution ? L’hyperconsommation, l’hyperconsommation. Nous sommes en train de consommer les réserves de pétrole, de gaz et d’hydrocarbures qui se sont accumulées durant des milliers d’années. Nous les consommons en un siècle ou moins d’un siècle. Bon, donc cela est en lien avec l’économie. Je ne vais pas lire cela, non, Président, seulement m’y référer : le rapport STIGLITZ, j’invite à l’analyser [il le montre à l’assemblée]. J’invite à l’analyser. Nous entendions hier s’exprimer le président français. Grâce à lui, ce rapport et cette commission existent. Mais prêtez attention à cela, rien qu’à cela. Le rapport contient douze recommandations de la commission STIGLITZ. Évaluons-les car je crois qu’elles portent sur le fond bien qu’elles ne remettent pas en question le modèle capitaliste. Nous, les Socialistes le remettons en question. Mais bon, discutons, cherchons des solutions de consensus pour la conjoncture et ensuite pour le moyen et le long terme. Il est dit ici, dans le rapport, par exemple, dans ses recommandations :

Premièrement, se référer aux revenus et à la consommation pour évaluer le bien-être matériel. Pour évaluer le bien-être matériel, se référer aux revenus et à la consommation.

 Deuxièmement : privilégier le point de vue de la famille.

Troisièmement : prendre en compte le patrimoine.

Quatrièmement : accorder plus d’importance à la distribution des revenus au-delà des moyennes.

Cinquièmement : élargir les indicateurs aux activités non commerciales. Il est dit ici par exemple : certains services comme la garde d’enfants, le ménage, les travaux de maçonnerie, de plomberie, charpenterie etc. figurent seulement dans la comptabilité nationale si ils sont effectués par un salarié. Vous savez que cela se réfère à la façon de calculer le PIB qui est un mécanismes purement capitalistes. Le rapport dit ici, et c’est vrai, que le PIB augmente avec le trafic routier alors qu’augmente le stress de la population alors que la contrariété des automobilistes et de leurs passagers augmente, alors qu’un temps précieux est perdu dans la circulation. Ah ! Le PIB augmente. Pourquoi augmente-t-il ? Parce que plus d’essence est consommée. Et en plus la pollution augmente. Regardez la façon dont le monde capitaliste  a construit  des mécanismes de mesure de l’économie qui sont destructifs. C’est en cela que je pense que le rapport STIGLITZ apporte des réflexions importantes. Le point douze indique : établir une batterie d’indicateurs en accord avec l’environnement, le changement climatique.

En parlant d’économie, ce rapport sort au bon moment. Maintenant prenons-le, et surtout les gouvernements et avant tout les gouvernements des pays les plus développés, je crois qu’ils sont réunis aujourd’hui à Pittsburgh. Pas les pirates de Pittsburgh sinon… Espérons que non, que ce ne soient pas les pirates, ce sont les présidents des pays du G20 qui discutent. Demain, je demanderai à LULA et à Christina [KIRCHNER] quelles sont les conclusions de la réunion car demain ils vont à Caracas, à Margarita, au sommet Afrique-Amérique du Sud.

L’économie, l’économie, l’économie. Nous, nous disons : « socialisme » mais discutons. Discutons des indicateurs, discutons des modalités, discutons des modes de production. Comme le disait hier le président OBAMA dans son 4ème pilier : « on a besoin d’une économie au service de l’être humain ». Bon, OBAMA, cela s’appelle le socialisme ! OBAMA, rejoins le socialisme ! Nous t’invitons dans l’axe du mal. Viens avec nous, dans l’axe du mal, construire une économie vraiment au service de l’être humain. Cela n’est pas dans la nature du capitalisme. Dans le capitalisme, c’est impossible ! Le capitalisme bénéficie à une minorité et exclue la majorité et de plus détruit l’environnement, détruit la vie. C’est ça le capitalisme !

Bon, je crois que je suis arrivé aux dix minutes ! [rires dans l’assemblée]

LULA. LULA. Je crois que je vais conclure avec LULA. Avec une phrase de LULA. Hier LULA a dit, le premier orateur de cette assemblée générale, « il n’y a pas de volonté politique » comme je l’ai déjà rappelé. J’ajouterais, car je connais LULA et je sais exactement ce qu’il a voulu nous dire. Il nous appelle tous à faire grandir notre volonté politique. Nous, à la différence d’autres espaces, d’autres gouvernements qui doutent, qui ne veulent pas de changement malgré la terrible crise que nous vivons, nous autres, au Sud de l’Amérique, nous avons une grande volonté politique. Je parle au nom du Venezuela mais également pour l’Amérique du Sud, l’Amérique Latine, une immense volonté politique pour le changement véritable.

Je recommande ce livre d’István MÉSZARÓS, un grand philosophe et penseur hongrois, professeur à Londres depuis de nombreuses années dans plusieurs universités : Au-delà du Capital : pour une théorie de la transition ». Je pense que c’est un des plus grands écrits du XXe siècle ! Une rénovation de la théorie socialiste. MÉSZARÓS dit ici, dans l’une de ses pages intéressantes, cette phrase qui est empruntée à cet autre grand auteur qui s’appelait Karl MARX. N’ayons pas peur de Karl MARX. Karl MARX, c’était l’EINSTEIN de la politique ! Ah on l’a diabolisé ! Mais sur combien de points Karl MARX a-t-il raison ? Reprenant MARX, MÉSZARÓS dit dans ce livre la chose suivante : « Les crises sont donc la combinaison générale – la combinaison générale – qui, au-delà de la présupposition et de l’urgence, conduisent à l’adoption d’une forme historique nouvelle ». Nous avons besoin de cela : une forme historique nouvelle. Cela fait des années qu’il est question d’un nouvel ordre et ce que l’on a c’est l’ordre ancien moribond, moribond. Nous avons besoin que naisse l’ordre nouveau, la forme historique nouvelle, la forme politique nouvelle, une forme mondiale nouvelle. Hier, KADHAFI l’a dit ici : « de nouvelles institutions, une nouvelle économie, une nouvelle société. Mais réellement nouvelle ! Un monde nouveau en fait !

Maintenant je crois que LULA l’a également dit hier,  « nous devons être les accoucheurs de l’Histoire ». D’accord ! Et j’ajouterais à ce qu’a dit le compagnon LULA : l’accouchement a déjà commencé ! Ce n’est pas un accouchement futur, il est là ! Soyons, comme l’a dit le compagnon LULA, les accoucheurs et accoucheuses de l’Histoire nouvelle. Au-delà des fossoyeurs de l’Histoire. Luttons sur cette planète pour que naisse cette Histoire nouvelle, ces temps nouveaux, ce monde multipolaire libre et nouveau, cette économie au service des humains et non des minorités, ce monde de paix finalement.

Moi qui suis Chrétien, le Christ a dit un jour lorsqu’il a dit « mon règne n’est pas de ce monde, il sera du monde futur », le règne de l’amour entre nous où réellement nous vivrons comme des frères et sœurs. Rendez-vous compte que dimanche dernier, il y a eu à La Havane, sur la place de la Révolution, s’est déroulé un grand concert : le concert pour la paix. Et sont allés là-bas Miguel Rosé, JUANES, Olga TAÑON, des chanteurs cubains, Silvio RODRIGUEZ était là, le grand Silvio, ils chantèrent pour le monde. Certains sont devenus fous, ici, à Miami et sont partis mettre en pièces les disques de JUANES, ce grand Colombien, seulement parce qu’il est allé chanter place de la Révolution ! Jusqu’où va la folie de certains ? Heureusement, c’est une minorité ! Bon, là, Silvio, avec sa guitare, l’a certainement chanté : « Cette ère est en train de mettre au monde un cœur » et dans sa chanson « Rendez-vous avec un ange » il termina en chantant [CHAVEZ se met à chanter] : « Soyons un brin meilleurs et un peu moins égoïstes [CHAVEZ adresse un baiser à toute l’Assemblée]. Salut à tous. Merci beaucoup Monsieur le Président ».

* *  * * *

Ce discours m’a inspiré quelques réflexions, à voir ici :

https://vivelasixiemerepublique.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=264&action=edit&message=6&postpost=v2

Déclaration d’indépendance des États-Unis (traduction du Président des États-Unis Thomas Jefferson disponible sur Wikipedia)

« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.

Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l’expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu’à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit et de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd’hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L’histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l’histoire d’une série d’injustices et d’usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l’établissement d’une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial : Il a refusé sa sanction aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. Il a défendu à ses gouverneurs de consentir à des lois d’une importance immédiate et urgente, à moins que leur mise en vigueur ne fût suspendue jusqu’à l’obtention de sa sanction, et des lois ainsi suspendues, il a absolument négligé d’y donner attention.

Il a refusé de sanctionner d’autres lois pour l’organisation de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n’abandonnât le droit d’être représenté dans la législature, droit inestimable pour un peuple, qui n’est redoutable qu’aux tyrans.

Il a convoqué des Assemblées législatives dans des lieux inusités, incommodes et éloignés des dépôts de leurs registres publics, dans la seule vue d’obtenir d’elles, par la fatigue, leur adhésion à ses mesures. À diverses reprises, il a dissous des Chambres de représentants parce qu’elles s’opposaient avec une mâle fermeté à ses empiètements sur les droits du peuple. Après ces dissolutions, il a refusé pendant longtemps de faire élire d’autres Chambres de représentants, et le pouvoir législatif, qui n’est pas susceptible d’anéantissement, est ainsi retourné au peuple tout entier pour être exercé par lui, l’État restant, dans l’intervalle, exposé à tous les dangers d’invasions du dehors et de convulsions au-dedans.

Il a cherché à mettre obstacle à l’accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l’exécution des lois pour la naturalisation des étrangers ; il a refusé d’en rendre d’autres pour encourager leur émigration dans ces contrées, et il a élevé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres. Il a entravé l’administration de la justice en refusant sa sanction à des lois pour l’établissement de pouvoirs judiciaires. Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.

Il a créé une multitude d’emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance. Il a entretenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l’autorité civile et même supérieur à elle. Il s’est coalisé avec d’autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa sanction à des actes de prétendue législation ayant pour objet : de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ; de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu’ils auraient commis sur la personne des habitants de ces provinces ; de détruire notre commerce avec toutes les parties du monde ; de nous imposer des taxes sans notre consentement ; de nous priver dans plusieurs cas du bénéfice de la procédure par jurés ; de nous transporter au-delà des mers pour être jugés à raison de prétendus délits ; d’abolir dans une province voisine le système libéral des lois anglaises, d’y établir un gouvernement arbitraire et de reculer ses limites, afin de faire à la fois de cette province un exemple et un instrument propre à introduire le même gouvernement absolu dans ces Colonies ; de retirer nos chartes, d’abolir nos lois les plus précieuses et d’altérer dans leur essence les formes de nos gouvernements ; de suspendre nos propres législatures et de se déclarer lui-même investi du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques.

Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens. En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l’œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d’une nation civilisée. Il a excité parmi nous l’insurrection domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d’âge, de sexe ni de condition. Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n’ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.

Nous n’avons pas non plus manqué d’égards envers nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons de temps en temps avertis des tentatives faites par leur législature pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelle, et nous les avons conjurés, au nom des liens d’une commune origine, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre notre liaison et nos bons rapports. Eux aussi ont été sourds à la voix de la raison et de la consanguinité. Nous devons donc nous rendre à la nécessité qui commande notre séparation et les regarder, de même que le reste de l’humanité, comme des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix.

En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d’Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l’univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l’autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d’être des États libres et indépendants ; qu’elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l’État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d’une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l’honneur. »

Déclaration d’indépendance des États-Unis (texte original)

Déclaration d'indépendance US

IN CONGRESS, July 4, 1776.

The unanimous Declaration of the thirteen united States of America,

When in the Course of human events, it becomes necessary for one people to dissolve the political bands which have connected them with another, and to assume among the powers of the earth, the separate and equal station to which the Laws of Nature and of Nature’s God entitle them, a decent respect to the opinions of mankind requires that they should declare the causes which impel them to the separation.

We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness.–That to secure these rights, Governments are instituted among Men, deriving their just powers from the consent of the governed, –That whenever any Form of Government becomes destructive of these ends, it is the Right of the People to alter or to abolish it, and to institute new Government, laying its foundation on such principles and organizing its powers in such form, as to them shall seem most likely to effect their Safety and Happiness. Prudence, indeed, will dictate that Governments long established should not be changed for light and transient causes; and accordingly all experience hath shewn, that mankind are more disposed to suffer, while evils are sufferable, than to right themselves by abolishing the forms to which they are accustomed. But when a long train of abuses and usurpations, pursuing invariably the same Object evinces a design to reduce them under absolute Despotism, it is their right, it is their duty, to throw off such Government, and to provide new Guards for their future security.–Such has been the patient sufferance of these Colonies; and such is now the necessity which constrains them to alter their former Systems of Government. The history of the present King of Great Britain is a history of repeated injuries and usurpations, all having in direct object the establishment of an absolute Tyranny over these States. To prove this, let Facts be submitted to a candid world.

He has refused his Assent to Laws, the most wholesome and necessary for the public good.
He has forbidden his Governors to pass Laws of immediate and pressing importance, unless suspended in their operation till his Assent should be obtained; and when so suspended, he has utterly neglected to attend to them.
He has refused to pass other Laws for the accommodation of large districts of people, unless those people would relinquish the right of Representation in the Legislature, a right inestimable to them and formidable to tyrants only.
He has called together legislative bodies at places unusual, uncomfortable, and distant from the depository of their public Records, for the sole purpose of fatiguing them into compliance with his measures.
He has dissolved Representative Houses repeatedly, for opposing with manly firmness his invasions on the rights of the people.
He has refused for a long time, after such dissolutions, to cause others to be elected; whereby the Legislative powers, incapable of Annihilation, have returned to the People at large for their exercise; the State remaining in the mean time exposed to all the dangers of invasion from without, and convulsions within.
He has endeavoured to prevent the population of these States; for that purpose obstructing the Laws for Naturalization of Foreigners; refusing to pass others to encourage their migrations hither, and raising the conditions of new Appropriations of Lands.
He has obstructed the Administration of Justice, by refusing his Assent to Laws for establishing Judiciary powers.
He has made Judges dependent on his Will alone, for the tenure of their offices, and the amount and payment of their salaries.
He has erected a multitude of New Offices, and sent hither swarms of Officers to harrass our people, and eat out their substance.
He has kept among us, in times of peace, Standing Armies without the Consent of our legislatures.
He has affected to render the Military independent of and superior to the Civil power.
He has combined with others to subject us to a jurisdiction foreign to our constitution, and unacknowledged by our laws; giving his Assent to their Acts of pretended Legislation:
For Quartering large bodies of armed troops among us:
For protecting them, by a mock Trial, from punishment for any Murders which they should commit on the Inhabitants of these States:
For cutting off our Trade with all parts of the world:
For imposing Taxes on us without our Consent:
For depriving us in many cases, of the benefits of Trial by Jury:
For transporting us beyond Seas to be tried for pretended offences
For abolishing the free System of English Laws in a neighbouring Province, establishing therein an Arbitrary government, and enlarging its Boundaries so as to render it at once an example and fit instrument for introducing the same absolute rule into these Colonies:
For taking away our Charters, abolishing our most valuable Laws, and altering fundamentally the Forms of our Governments:
For suspending our own Legislatures, and declaring themselves invested with power to legislate for us in all cases whatsoever.
He has abdicated Government here, by declaring us out of his Protection and waging War against us.
He has plundered our seas, ravaged our Coasts, burnt our towns, and destroyed the lives of our people.
He is at this time transporting large Armies of foreign Mercenaries to compleat the works of death, desolation and tyranny, already begun with circumstances of Cruelty & perfidy scarcely paralleled in the most barbarous ages, and totally unworthy the Head of a civilized nation.
He has constrained our fellow Citizens taken Captive on the high Seas to bear Arms against their Country, to become the executioners of their friends and Brethren, or to fall themselves by their Hands.
He has excited domestic insurrections amongst us, and has endeavoured to bring on the inhabitants of our frontiers, the merciless Indian Savages, whose known rule of warfare, is an undistinguished destruction of all ages, sexes and conditions.

In every stage of these Oppressions We have Petitioned for Redress in the most humble terms: Our repeated Petitions have been answered only by repeated injury. A Prince whose character is thus marked by every act which may define a Tyrant, is unfit to be the ruler of a free people.

Nor have We been wanting in attentions to our Brittish brethren. We have warned them from time to time of attempts by their legislature to extend an unwarrantable jurisdiction over us. We have reminded them of the circumstances of our emigration and settlement here. We have appealed to their native justice and magnanimity, and we have conjured them by the ties of our common kindred to disavow these usurpations, which, would inevitably interrupt our connections and correspondence. They too have been deaf to the voice of justice and of consanguinity. We must, therefore, acquiesce in the necessity, which denounces our Separation, and hold them, as we hold the rest of mankind, Enemies in War, in Peace Friends.

We, therefore, the Representatives of the united States of America, in General Congress, Assembled, appealing to the Supreme Judge of the world for the rectitude of our intentions, do, in the Name, and by Authority of the good People of these Colonies, solemnly publish and declare, That these United Colonies are, and of Right ought to be Free and Independent States; that they are Absolved from all Allegiance to the British Crown, and that all political connection between them and the State of Great Britain, is and ought to be totally dissolved; and that as Free and Independent States, they have full Power to levy War, conclude Peace, contract Alliances, establish Commerce, and to do all other Acts and Things which Independent States may of right do. And for the support of this Declaration, with a firm reliance on the protection of divine Providence, we mutually pledge to each other our Lives, our Fortunes and our sacred Honor.