Archives du mot-clé la France insoumise

Va-t-on entrer dans une longue nuit ?

Je vous préviens d’entrée de jeu : je suis furieux et je suis écoeuré. Ces quelques lignes reflètent sans doute mon état d’esprit du moment. Et ce moment ne date pas d’aujourd’hui. Il a une ancienneté de quelques semaines. J’ai tu jusqu’au 1er tour des Législatives ce que j’avais à l’esprit et je ne suis pas trop intervenu car je ne partageais pas l’optimisme béat de certains des nôtres. Je sentais le vent mauvais souffler et pas dans notre intérêt. Les résultats de dimanche dernier ont prouvé que mes intuitions étaient fondées. Je suis navré de vous dire que j’ai les mêmes ce dimanche. Je pense même que ce soir sera encore pire pour nous !

*

Si nos électrices et électeurs désertent encore les urnes en ce second tour comme il semble bien que ce soit le cas, s’ils ne viennent pas en masse contre-balancer la vague Macron annoncée pour tenter de rectifier le tir et de réduire le raz-de-marée à une simple forte vague, alors ce soir ce sera un tsunami. Nous aurons grosso modo un ratio 70-30 dans la plupart des circos en faveur des candidat-e-s de Macron, quand ce ne sera pas davantage.

Je suis écoeuré. Et désespéré de constater cette irresponsabilité de nos propres électeurs d’il y a un mois.

Ils le veulent donc tant que ça le pouvoir absolu de Macron ?

Eh bien ils l’auront. Les uns semblent subjugués comme les illuminés d’une secte devant leur gourou, les autres sont d’incorrigibles idiots qui ne croient pas qu’il soit possible d’agir d’une quelconque manière contre ce qui s’annonce et ne réalisent donc pas que désertant les urnes, c’est eux, et eux seuls, qui vont être la cause du désastre. Ils sont vraiment à baffer !

Je ne parle pas des abstentionnistes de longue date qui n’ont pas davantage de raison de se prononcer cette fois-ci qu’ils n’en ont eue la fois – les fois – précédentes, au regard de ce qui, à leurs yeux, justifie leur choix d’abstention. Non, je parle de celles et ceux qui ont voté Mélenchon au 1er tour de la présidentielle. Ce sont 7 millions de personnes qui l’ont fait. Or seuls 2 millions ont soutenu des insoumis dimanche dernier. Vous le voyez le gigantesque écart ?

Oui, Mélenchon dans son discours de Marseille, jeudi soir, a eu raison de tancer vertement ces abstentionnistes-là. Car ils portent une immense responsabilité dans le funeste premier tour et s’ils ne changent pas d’avis aujourd’hui, s’ils ne votent pas pour les candidat-e-s France insoumise, alors ils seront complices de tout ce qui adviendra dans les prochains mois et années. Or, en France, le droit pénal punit autant les complices que les auteurs des crimes. Pour ma part je considèrerai que les abstentionnistes des Législatives mériteront la même rigueur dans le jugement à leur égard.

A cause d’eux, c’est nous tous, par millions, par dizaines de millions, qui allons déguster comme jamais !

Quand bien même nous, INSOUMIS-E-S ne pouvions désormais plus prétendre obtenir une majorité fut-elle relative, et donc encore moins diriger le gouvernement, tout cela parce que celles et ceux qui ont mis Mélenchon si haut en avril n’ont pas daigné confirmer leur vote au 1er tour des Législatives, nous pouvions encore amoindrir la force de Macron en lui opposant un groupe constitué de très nombreux députés insoumis et en refusant d’élire systématiquement les candidats Macron, même contre des candidats LR.

Or, je pressens que les résultats de ce soir seront encore plus nets que dimanche dernier. Encore plus violents. Encore plus cruels. Encore plus incompréhensibles. Et peut-être même inattendus pour le nouveau pouvoir. Macron pourrait bien avoir 450 députés, voire plus encore, si les électrices et électeurs français jeunes et populaires qui avaient défendu leurs intérêts et les nôtres en même temps que l’intérêt général en votant Mélenchon au 1er tour de la Présidentielle se désintéressent du scrutin législatif et refusent d’y prendre leur part. S’ils refusent le funeste projet que Macron envisage de mettre en oeuvre, qu’ils soutiennent nos candidats insoumis-e-s partout où il y en a encore qui sont en lice. S’il n’y en a pas, qu’ils votent contre les candidats de Macron, sauf là où l’opposant est encore plus détestable : je pense à Éric Ciotti à Nice par exemple…

Il ne faudra pas venir pleurer demain et les jours d’après, les semaines d’après, les mois et les années d’après si la France entre ce soir dans ce régime du parti unique du Président et d’une armée de député-e-s dont les deux caractéristiques seront d’une part la nullité crasse qu’on a commencé à discerner ces derniers jours pour nombre d’entre eux, et d’autre part – et surtout – la volonté de « finir le travail » pour normaliser complètement la France ; c’est-à-dire en faire un pays totalement soumis aux multinationales, au capitalisme le plus cruel et à l’atlantisme le plus écervelé. Cette normalisation, c’est-à-dire l’effacement complet, définitif de l’oeuvre du CNR a commencé dès les années 70 avec Pompidou et Giscard. Mitterrand a pris sa part du travail, surtout dans son second mandat. Puis Chirac a continué, quoique de façon timide. Puis Sarkozy a accéléré massivement, suivi par Hollande qui a fait une grosse partie du travail restant.

Macron a été désigné par les véritables décideurs pour aller au bout du bout. Et il va s’y employer, quand bien même il se carboniserait en peu de temps. Ne doutez pas que l’oligarchie saura trouver un autre pantin pour lui succéder le jour où Macron sera devenu nuisible à ses intérêts. Ce même pantin, homme ou femme, sera adoubé de la même façon que Macron, et le peuple marchera avec elle ou avec lui comme il le fait aujourd’’hui avec le Jupiter élyséen.

Au terme de son mandat, si celui-ci va à son terme, je doute qu’il demeure un hôpital public, une école publique, des transports publics, des régies publiques de l’eau.

Et il n’y aura sans doute plus non plus de statut de la fonction publique, sinon en droit, du moins en pratique. Celui-ci aura été réduit à peau de chagrin après externalisation et privatisation des derniers services publics et placardisation des “refuzniks” (ceux des fonctionnaires qui n’accepteront pas de passer dans le privé). Il y a déjà eu l’expérience de La Poste et de France Telecom. Ils savent faire. Ils sont rodés. Et ils n’attendent que ça !

Il n’y aura plus de CDI non plus bien évidemment mais seulement des contrats à la tâche, entièrement décidés par les employeurs, lesquels se trouveront sous pression soit de leurs actionnaires, soit de leurs donneurs d’ordres, soit de la concurrence…

Le Pôle Emploi sera remplacé par UBER SAS.

Les loi HARTZ (du nom du ministre du Travail allemand de Gerard Schröder) serviront de modèles pour refaçonner le droit du travail en France. Et comme ces lois ne vont pas assez loin aux yeux des intégristes du capital qui pullulent autour de Macron, eh bien nous innoverons avec des dispositions encore plus ambitieuses… On attend avec impatience les jobs à 1 euro de l’heure…

La politique fiscale sera celle que les mandataires de Macron exigent depuis des décennies : un impôt sur les plus riches (ou sur ceux qui « créent des richesses » comme ils disent) ramené à presque plus rien pour que les employeurs ne soient pas dissuadés d’embaucher…

Mais comme la lutte contre le terrorisme coûtera de plus en plus cher, il faudra bien que des impôts rentrent quand même dans les caisses de l’État. Donc le petit peuple sera mis à contribution – saigné serait plus juste – bien plus encore qu’aujourd’hui. Là encore, ils ont expérimenté le modèle en Grèce. C’est à notre tour d’y passer… Cela va commencer avec l’augmentation de la TVA et de la CSG en attendant d’autres idées « innovantes » pour faire casquer les plus nombreux…

Pour réduire la dette, je ne doute pas qu’ils ont bien des choses à vendre. Et comme ce seront leurs amis qui les achèteront, quand ils nous l’expliqueront, ce sera forcément pour nous montrer quel cercle vertueux ces politiques incarneront… Je serais curieux de découvrir la liste de tout ce qui va être mis en vente dans les prochaines années… Je pense que l’on pourra dire que dans le périmètre de l’État ou de la sphère publique “Tout doit disparaître”…

Vous avez bien saisi également que notre régime politique va aller au bout de ses pires dispositions et tout ce qui, dans la 5e République, ne correspondrait pas aux desiderata de Macron, sera réformé. Ils pourront aisément changer la constitution vu la majorité qu’ils auront et les dispositions de ce peuple qui va lui offrir un triomphe. Et n’escomptez pas qu’il vous organise un référendum. La majorité République en marche sera telle qu’ils pourront prétendre avoir toute légitimité. Après tout, les député-s REM seront bien élu-e-s. Ils ne vont pas faire un putsch ! Voyez-vous, le régime de la 5e République va peut-être évoluer mais pas vraiment dans le sens que nous souhaitons…

Il est amusant de constater qu’alors que l’Allemagne ou nos voisins européens sont si souvent cités comme références, en matière de régime politique, l’Allemagne n’est plus si géniale que cela à leurs yeux… Et oui ! Car si nous avions le système politique qu’a l’Allemagne, jamais il n’y aurait une force de 400 ou 450 députés Macron. En Allemagne, il y a une large influence du scrutin proportionnel. Au Royaume-Uni, même si le mode de scrutin majoritaire à un seul tour est très contestable au plan démocratique, il y a une coutume de longue date qui veut que les exécutifs en exercice qui se sentent contestés anticipent les élections générales et redonnent la parole au peuple pour qu’il décide des nouvelles orientations. Cela vaut aussi à un certain degré en Italie et en Espagne. Il n’y a que la France qui cumule, avec son régime mixte, à la fois les inconvénients du régime présidentiel et du régime parlementaire sans avoir aucun de leurs avantages…

Question diplomatie, la France deviendra le fer de lance de l’impérialisme de l’empire occidental et le principal bras armé de l’OTAN. Et nous verrons sous peu revenir les soldats des États-Unis dans des bases permanentes en France.

Nous irons plus loin encore dans le nucléaire et dans la dévastation de notre écosystème terrestre.

La menace de rébellion ouverte du peuple est néanmoins prégnante depuis des années si bien que l’État a largement équipé d’armes en tout genre sa police, sa gendarmerie et son armée. Ces armes sont clairement destinées à empêcher une révolte massive qui pourrait dériver en insurrection révolutionnaire.

Au delà des armes, il y a l’arsenal juridique. Déjà, depuis des années, le droit s’est enrichi de toute une série de dispositions de nature à protéger le système contre un soulèvement d’ampleur révolutionnaire. Et la prétendue lutte contre le terrorisme sert depuis 2001 de prétexte à ce que sans cesse le droit soit modifié dans le sens de l’ordre et de la sécurité. Nous perdons chaque année des libertés et chaque année, de nouvelles menaces justifient pour le pouvoir de nouvelles restrictions. Les actes terroristes sans cesse renouvelés servent bien évidemment les États qui ensuite réussissent sans difficulté à pousser plus loin le régime policier avec l’assentiment du peuple. Il faut bien lutter contre les terroristes ma bonne dame ! Et puis si l’on n’a rien à se reprocher, on n’a rien à craindre n’est-ce pas ?

Combien de millions d’abrutis ont ce discours-là ?

Combien de millions d’abrutis pensent encore que l’état d’urgence sert vraiment la lutte contre les terroristes qui tuent par dizaines, par centaines, par milliers ?

Combien ignorent – ou refusent de croire – que la plupart des victimes de l’état d’urgence sont des militants politiques et syndicaux ?

Combien ont l’esprit assez vif pour comprendre que demain, avec un état d’urgence devenu loi ordinaire, ce sont les opposants politiques de Macron qui seront ciblés comme ennemis d’État ?

On n’est plus dans un film américain cette fois mais dans la vraie vie ! Au point que la France, cette grande et belle démocratie, si exemplaire, a été pointée du doigt récemment par Amnesty Internationale qui d’habitude dénonce plutôt des dictatures… Pourtant c’est passé comme une information de troisième ordre… Pas de vague !

Il y a quelques années, Henri Amouroux écrivait un livre intitulé « 40 millions de Pétainistes ». Il expliquait pourquoi Pétain avait été si bien accueilli par le peuple français.

Je comprends que les Français de 2017, bien que très différents de ceux de 1940 à certains égards, ont toujours au coeur ce même esprit de Munich.

*

Il faudra que certains d’entre nous, citoyen-ne-s Français-e-s, Insoumis-e-s mais pas que…, attaché-e-s à l’oeuvre du Conseil National de la Résistance (c’est-à-dire une France libre, un peuple souverain, un régime politique démocratique, un régime économique et social juste) sans regarder les étiquettes politiques anciennes, oeuvrions de concert pour rendre possible un retour des Jours Heureux.

Il nous faut un nouveau Conseil National de la Résistance. Aussi longtemps que l’on restera dans nos pré-carrés électoraux et politiciens habituels, nous perdrons collectivement.

 

Debout les Forces de la France insoumise !

France insoumise Législatives
*

Certain-e-s d’entre vous voyez tout en noir depuis hier, ou depuis le 23 avril au soir.

Et c’est vrai qu’objectivement, il y a matière. Pourtant, il y a aussi matière à espérer. La bataille n’est pas finie. En fait, elle vient de commencer.

Nous savions que la route serait parsemée de grosses embûches que nous devrions affronter. On y est ! N’abandonnez pas maintenant ! Nous avons tous besoin d’être présents, déterminés, combatifs, responsables !

On a « perdu » le 1er tour et donc on a perdu l’élection présidentielle qui est la « clé de voûte » du système de la 5e République.

Enfin, je devrais plutôt dire que l’on nous a « volé » cette élection, à la fois par la propagande éhontée en faveur d’un candidat fabriqué de toutes pièces par l’oligarchie mais aussi par la puissante promotion médiatique de Marine Le Pen durant des mois, des années même, pour que survienne un second tour confiscatoire du type de celui que nous avons connu en 2017.

Et puis on nous l’a volée, cette élection puisque le nombre et la gravité des irrégularités constatées lors du 1er tour sont telles que si elles n’avaient pas existé, on aurait eu un tout autre second tour.

*
Avenir insoumis
*

Mais malgré cela, regardez l’immense progression de Mélenchon depuis 2012, non seulement en global, mais surtout en « local »… Cela a de quoi nous inspirer un peu de confiance et de motivation, même si ce sera bien sûr difficile. Cela a de quoi booster notre combativité plutôt que de nous conduire à la neurasthénie ou à la déprime.

Reprenez espoir ami-e-s, camarades, concitoyens, concitoyennes.

« Nous sommes le matin neuf qui se lève » a dit poétiquement Jean-Luc Mélenchon au soir du 23 avril.

La France insoumise a largement dépassé l’assise qu’avait la gauche du PS depuis des décennies. Précisément parce qu’elle a parlé très au-delà de ce périmètre étroit. Parce que beaucoup de Français qui ne se pensent pas comme étant de gauche nous ont fait confiance et ont appuyé Jean-Luc Mélenchon.

Nous avons commencé à organiser un rassemblement du peuple, ce que Mélenchon voulait précisément faire quand il nous disait qu’il ne s’agissait pas de rassembler « la gauche » mais de « fédérer le peuple ».

Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui l’élection présidentielle est derrière nous et que s’annoncent les élections législatives que l’on doit abandonner ce principe fondamental de notre stratégie de conquête du pouvoir. Cette stratégie n’était pas seulement celle de Mélenchon, c’est celle de la France insoumise qui va survivre à l’échec de Mélenchon à la présidentielle.

Si nous revenons dans l’étroit périmètre de la « gauche », si nous faisons l’erreur d’interprétation majeure en considérant que 100% des voix de Mélenchon au 1er tour sont des voix de « gauche », si nous recommençons à traiter avec les partis de « gauche », si nous organisons de nouveau un accord d’appareils entre la France insoumise et les partis de « gauche », si nous nous remettons à ne parler qu’à la « gauche » ou qu’au peuple de « gauche », alors beaucoup nous quitteront et l’on s’étonnera de ne pas retrouver en juin les voix que nous avions eues en avril.

Pas plus aujourd’hui qu’hier, pas plus pour ces législatives que pour la présidentielle, nous ne renions qui nous sommes, d’où nous venons et ce que nous voulons. Nous ne tolèrerons donc aucun procès d’intention venu de gens de gauche et qui veulent nous donner des leçons de maintien…

Ce qui compte, dans ce moment historique, n’est pas de convaincre et de satisfaire la gauche ou ce qu’il en reste mais de convaincre et de satisfaire – donc de rassembler – le peuple, par delà sa diversité. C’est ce que nous avons entrepris avec la candidature de Mélenchon à la présidentielle et jusqu’à présent, nous avons plutôt réussi. Nous avons augmenté le nombre de voix obtenues en 2012 de 77,171%. C’est considérable comme progression. Et la dynamique observée dans les derniers jours de la campagne du 1er tour a été poursuivie si l’on en juge par les nouveaux signataires sur la plateforme (anciennement jlm2017.fr rebaptisée lafranceinsoumise.fr). Nous gagnons plusieurs centaines de nouveaux signataires chaque jour. Ce 08 mai 2017 à 14h13, on a dépassé les 528 000.

On pouvait craindre qu’après l’élection, le compteur s’arrête, a fortiori après l’échec du 1er tour. Pas du tout ! Il continue de grimper. Et certains retours des territoires locaux montrent que ce ne sont pas seulement des signataires qui nous rejoignent mais aussi de nouveaux militant-e-s !

Nous avons une partie des classes moyennes avec nous mais une partie seulement. L’autre se répartit entre Le Pen (ceux qui constatent leur déclassement) et Macron (ceux qui croient pouvoir rejoindre le haut du panier).

Et puis, il nous manque aussi une grosse partie du peuple d’en bas soit parce qu’ils votent Le Pen, soit parce qu’ils sont abstentionnistes de longue durée.

On a réussi à en récupérer quelques-uns parmi ces deux catégories mais on a encore du pain sur la planche… 10 millions d’abstentionnistes au 1er tour et 7 millions qui ont choisi Le Pen. C’est bien là que tout se joue.

Mon avis est que d’ici juin, plutôt que faire campagne sur les belles places de nos villes, plutôt que de faire des meetings entre nous, nous devons refaire le tour des « quartiers » comme cela a été fait avec les « caravanes ».  Cela nous a fait connaître de beaucoup de gens qui ne nous donnaient aucune crédibilité et qui ont changé d’état d’esprit en nous côtoyant.

Mais nous devons aussi nous rendre dans les territoires ruraux abandonnés de tous où le FN a fait de gros scores.

Avec de nouveaux soutiens venant de cette France d’en bas dont nous sommes nous-mêmes, alors oui, on peut alors créer la surprise en juin. Et imposer au Président Macron une cohabitation avec un gouvernement dirigé par Mélenchon !

Hardi les gars ! Nous allons aller la chercher cette victoire, cette majorité France insoumise et cette cohabitation qui permettra d’abord de mettre en oeuvre une politique progressiste et de souveraineté du peuple et qui ne tardera pas à provoquer une crise de régime faisant chuter la 5e République.

Il n’y a que les combats qu’on ne mène pas qui sont perdus d’avance…

Salutations insoumises.

cropped-la-france-insoumise-officielle.png

Le PS est En Marche. Objectif Fusion – Objectif Tune – Par Baloo Kâa le 28/04/2017

Objectif Tune

Il m’arrive très souvent de me dire que les hommes politiques se foutent vraiment de nous et pensent que, comme nous n’avons aucun pouvoir d’analyse et de discernement, ils peuvent se permettre les plus gros enfumages en toute tranquillité. C’est un peu le cas, une nouvelle fois avec Cambadélis qui a été nettement plus prompt à prendre la décision de tout mettre en œuvre pour soutenir Macron qu’à mettre en place une procédure d’exclusion de certains élus socialistes qui ne respectaient pas la charte de la Belle Alliance Populaire et même les statuts du parti. En effet, deux jours après la qualification de Macron pour le second tour de la présidentielle, le PS annonce qu’il va éditer quatre millions de tracts, plus des milliers d’affiches, payés par le PS, pour faire barrage au FN . En réalité, les tracts estampillés PS-Social Ecologie appellent à voter Macron pour se la jouer défenseur de la République en danger face au péril FN. Ca sent vraiment le réchauffé cette histoire. Le PS nous sert la même soupe depuis Mitterrand et le pire, c’est que ça marche pratiquement à tous les coups.

Ne doit-on pas considérer, dès lors, que le laxisme de Cambadélis envers les déserteurs et sa promptitude à soutenir la nouvelle sociale- démocratie libérale incarnée par Macron ne sont, en fin de compte, que la deuxième phase d’une habile manœuvre préparée de longue date par un fin stratège ?

La manœuvre n’avait-elle pas pour but premier d’empêcher le PS de se faire déborder sur sa gauche par la France Insoumise et comme but second de mettre en orbite le jeune Macron censé incarner le renouveau en politique, et tant pis si le PS devait pour cela être sacrifié ?

Si c’était le cas, et cela semble l’être, la manœuvre a réussi ; le PS est grillé. Que dis-je grillé ? Il est carbonisé.

La suite de cette stratégie consistait donc à trouver une parade pour que les sociaux-démocrates et les sociaux-libéraux qui avaient réussi à gangrener le parti puissent partir en toute sérénité une fois qu’ils auraient réussi leur mission de créer un PS bis de droite mais qui ne s’appellerait surtout pas PS puisque la vocation première des gens comme Valls et Hollande était de tuer le Parti qui les nourrit depuis toujours. Nous assistons donc clairement à la mise à feu du troisième étage de la fusée qui devrait permettre au mouvement En Marche, de devenir le grand mouvement de centre droit où les anciens socialos et les anciens chiraquiens pourront se refaire une santé tout en continuant à mener une vie paisible en espérant obtenir de nouveaux mandats.

Voilà, ces gens là, qui se prétendent de gauche pour tromper les citoyens n’ont aucune reconnaissance, aucune moralité non plus. C’est la loi du marché qui prime depuis longtemps sur l’idéologie au sein de ce parti qui n’a plus rien de socialiste. Seuls quelques milliers de militants, voire quelques milliers de sympathisants veulent encore croire que leur parti aspire à défendre le peuple, comme tout bon parti de gauche doit normalement le faire. Ils refusent obstinément de voir la réalité en face et se rangent docilement derrière la ligne du parti en n’ayant pas la lucidité pour comprendre que les dirigeants qui tiennent la baraque socialiste les amènent vers l’abime électoral et idéologique qui scellera la mort de leur parti.

A cet égard, L’image des trois singes se cachant les yeux, les oreilles et la bouche pour ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire leur correspond parfaitement. Par naïveté, par bêtise, par manque de courage ou tout simplement par militantisme aveugle et jusqu’au-boutiste, ils sont les complices passifs de tout ce qui se passe de moche au PS et se dirigent comme leur animal totem, le mouton, vers le précipice.

Sur la forme et sur le fond, demandez-vous aussi, pourquoi la CFDT, (syndicat collabo par excellence, toujours prêt à se coucher devant le Medef) est toujours si proche du PS, toujours si proche de ceux qui, au gouvernement, se sont proclamés réformistes socialistes ou socialistes progressistes. Qui se ressemble s’assemble, la formule est bien connue et ils en apportent la meilleure preuve. Leurs réformes n’ont de cesse d’aider, par tous les moyens possibles et imaginables, le grand patronat sans jamais rien exiger de lui en retour et d’ailleurs, le patronat ne donne rien en retour, bien au contraire. Voyant que le chantage à l’emploi et à la compétitivité a fonctionné plus qu’il ne l’aurait espéré, le Medef en demande toujours plus.

Son discours est simple et totalement décomplexé, il exige de l’état que ce dernier libéralise à outrance le marché du travail à base de Loi Macron, de loi El Khomri et de toutes les autres qui sont déjà dans les tiroirs, pour leur permettre de prospérer tranquillement avec comme effet directement lié, de faire porter aux contribuables, toutes ces aides que les patrons perçoivent et aux salariés, tous les efforts et les sacrifices à consentir. En gros, c’est tout bénef pour le grand patronat mais pas pour les petits patrons et encore moins pour les salariés.

Pour être le plus synthétique possible, voilà comment on peut présenter ce que sont réellement les réformistes, progressistes socialistes. Ils prétendaient apporter le progrès et le mieux vivre à la population avec leurs réformes mais après cinq années de gestion de la France, ils affichent un bilan tellement désastreux que Hollande, leur chef emblématique, n’a même pas eu le courage de venir le défendre, de peur de se retrouver laminé par le peuple. C’est donc Hamon qui est venu endossé l’habit du «socialiste de gauche» pour promettre un futur désirable et un revenu universel à tous ceux qui ne comprennent pas que ces formules ne sont que des éléments de langage destinés à séduire quelques brebis égarées ou à rassurer des socialistes désemparés.

Ces gens là ont en réalité, une façon très spéciale de considérer le progrès social. Neuf millions de pauvres et de précaires dont des millions de chômeurs, des riches encore plus riches, des classes moyennes qui peuvent du jour au lendemain venir grossir le rang des classes modestes, c’est donc ça le revers de ce qu’ils osent appeler, avec d’autres dans le camp des «Républicains (je parle ici du parti de droite), le progrès social.

A ce niveau là, on devrait plutôt parler de désespoir social. Quelle réussite cette société ! L’injustice sociale rime avec progrès social pour les ultra-libéraux et pour les sociaux-démocrates mais ça ne les gêne pas vraiment puisque les électeurs continuent malgré tout à réclamer ce rapport sado masochiste qu’ils doivent apprécier au final.

Pendant des années, sournoisement, discrètement, ils ont donc avancé leurs pions en jouant de postures et de déclarations quand ils étaient dans l’opposition sous Chirac et sous Sarkozy. Ils se présentaient comme le solide rempart qui empêcherait les dérives et les excès du libéralisme et du capitalisme mondialisé, allant même jusqu’à tenir des discours enflammés où la finance était désignée comme l’ennemi invisible. Cet ennemi contre lequel il faudrait lutter sans relâche, eux, les valeureux socialos, ils étaient prêts à le combattre. Cet ennemi, c’était l’Hydre, pas le monstre à neuf têtes de la mythologie grecque, mais le monstre à neuf têtes des plus puissants milliardaires qui tiennent la France sous leur coupe au niveau médiatique, économique et financier. Rien ne peut se faire sans eux, ils sont le pouvoir réel. Ils sont le pouvoir qui décide et choisit quel candidat sera chargé de défendre au mieux leurs intérêts et de les servir sans aucun scrupule. Ils avaient déjà soutenu Hollande en 2012 car ils avaient bien compris qu’avec lui président, ils n’auraient qu’à claquer des doigts pour obtenir tout ce qu’ils demanderaient. Et quand on regarde le bilan, ils ont beaucoup demandé et ont tout obtenu. Tellement obtenu qu’ils en ont grillé leur fusible serviteur.

Il fallait donc en trouver un autre. Pouvaient-ils espérer meilleur prétendant que ce jeune loup aux dents longues qui pilotait à l’Elysée le programme économique de Hollande comme conseiller puis au ministère de l’Economie ensuite? Assurément, c’était le meilleur choix pour eux et en plus il était adoubé par tonton Rotschild. Un tonton comme ça dans sa manche, c’est toujours utile sur un CV et ça ouvre bien des portes surtout quand on vise l’Elysée.

L’ambitieux Macron a-t-il donc délibérément trahi celui qui lui a ouvert les portes du palais pour devenir Calife à la place du Calife ou bien est-ce une stratégie machiavélique organisée par un cabinet noir, des éminences grises élyséennes ou un Hollande grand amateur de coups tordus ? Nous ne le saurons sûrement jamais.

Ce que l’on a par contre pu constater avec le grand manitou de Solférino, pendant la campagne électorale, c’est que toutes les désertions des élus socialistes vers le mouvement de Macron n’ont été suivies d’aucune sanction. Pendant que les rats et les éléphants, quittaient le navire, Cambadélis jouait tranquillement avec sa marionnette, le petit Benoit, qui était bien content d’avoir enfin un rôle important au sein du Parti Socialiste. Le rôle de l’idiot utile un peu écolo et gauchiste sur les bords lui allait comme un gant. Il faut quand même lui reconnaître ce talent. Ce talent qui était apparu lors du casting réussi d’une Belle Alliance Populaire et qui lui avait en effet donné au final le premier rôle d’une farce à laquelle il allait se prêter à merveille. Il était tellement investi dans son rôle qu’il en est presque arrivé à nous faire oublier que ce n’était qu’une farce.

Cette triste farce, à laquelle la France Insoumise est aujourd’hui sommée de venir participer sous peine d’être frappée du sceau de l’infamie par les organisateurs de cette manipulation grossière.

Qui sont-ils pour exiger quoi que ce soit sur ce sujet quand ils ne sont même pas capables de réclamer une action en justice pour faire condamner Marine LePen suite à ces propos révisionnistes sur le Vel D’Hiv ? Qui sont-ils pour exiger de Jean Luc Mélenchon qu’il se positionne contre le Front National alors que depuis 2002, les médias laissent pratiquement libre antenne à ce parti qui est un jour démocratique et un autre jour, un danger pour la république ? Quelle crédibilité et quelle légitimité ont-ils tous pour exiger quoi que ce soit alors que ce sont eux qui depuis des années jouent aux apprentis sorciers avec le FN ? Ils n’en ont aucune, que ce soit dit. Que tous ces donneurs de leçons du PS et alliés du PS qui ont, par leurs stratégies ridicules, permis ce second tour entre Macron et LePen ne viennent pas essayer, en plus, de se donner le beau rôle de la responsabilité et de l’honneur en accusant les leaders et les militants de la France Insoumise, qui combattent partout et tout le temps le FN, d’être des irresponsables qui seraient les coupables tout désignés d’une éventuelle victoire du FN s’ils ne votent pas pour Macron le 7 mai. Dans sa déclaration du 23 avril au soir, Benoit Hamon endossait la responsabilité de la défaite de son parti, c’était bien la moindre des choses au vu du résultat sanction que venait de lui infliger le peuple. Par contre, il ne s’est pas attribué, même en partie, la responsabilité d’une stratégie qui impose à tout le monde ce second tour qui apparemment leur fait si peur aujourd’hui. Pourtant sa responsabilité et celle de son parti sont entières. Ils savaient tous au PS, que le combat était perdu et qu’il fallait absolument sauver le candidat qui était le plus proche de leurs idées. Ce candidat, c’était Macron et devant la «menace» Mélenchon, ils ont décidé, en conscience, de se maintenir pour faire barrage à celui que Hollande osait même dépeindre comme un dictateur. Qu’ils assument donc seuls, leurs choix, leurs erreurs ou leurs stratégies.

La survie du PS passant maintenant par une alliance ou une fusion avec le mouvement de Macron, tout le monde s’active pour que cette alliance soit une alliance de gouvernement, d’où l’importance pour eux de cette victoire contre LePen. Tous ces politiciens malfaisants et ces serviteurs médiatiques de l’oligarchie doivent donc comprendre que leurs menaces et leurs pressions ne servent à rien et n’impressionnent pas ceux qui, au sein du mouvement insoumis ne veulent pas participer à cette mascarade. En conscience, Benoit Hamon et le PS ont décidé de se maintenir et ont de fait éliminé la France Insoumise. En conscience, les insoumis voteront comme bon leur semblent puisque c’est l’esprit même de cette démocratie participative pratiquée dans ce mouvement.

Contrairement à beaucoup de femmes et d’hommes, qui, dans d’autres partis, parlent un peu partout de démocratie participative sans jamais la mettre en pratique dans leurs actes politiques quotidiens, dans cette France Insoumise, elle est de mise et le leader porte parole de ce mouvement laisse libre choix à tous les militants de décider de leur vote.

C’est vraiment un drôle de dictateur ce Mélenchon !

Le mouvement France Insoumise et ses militants pour une très grande majorité ne se soumettront jamais à un quelconque diktat d’une pensée portée par des gens qui se vendent au plus offrant pour un mandat ou une bonne place.

Il faudra dorénavant, que tous ces dominants qui dirigent le pays, comprennent qu’ils ne pourront plus faire abstraction de cette nouvelle donne politique car leur logiciel est aujourd’hui obsolète. Des millions de français se sont regroupés dans un mouvement populaire de grande ampleur qui veut proposer un autre modèle de société. Et cette alternative crédible à l’ultra libéralisme mondialisé qui accroit chaque jour un peu plus des inégalités, ils sont bien décidés à batailler ferme pour y arriver.

La contestation nationaliste faisait déjà trembler une partie de la classe politique mais maintenant qu’un peuple insoumis se dresse et vient lui aussi contester la légitimité des sociaux-démocrates et du parti des républicains de droite à gouverner, tout le monde craint LE tsunami qui pourrait bouleverser complètement la vie des français et redessiner le paysage politique.

Alors, fusion, alliance de circonstances, désintégration du PS ? Encore quelques jours de patience, le dénouement est imminent.

 

Jean-Luc Mélenchon, nous avons encore besoin de toi et nous te voulons à la première place du combat !

Couv soutien JLM

APPEL SOLENNEL À JEAN-LUC MÉLENCHON POUR QU’IL SE PORTE CANDIDAT AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES

APPEL À TOUS LES INSOUMIS ET À TOUTES LES INSOUMISES POUR QUE CET APPEL SOIT SIGNÉ EN MASSE ET QUE JEAN-LUC MÉLENCHON SACHE QUE NOUS VOULONS QU’IL SOIT ENCORE NOTRE PREMIER REPRÉSENTANT

Nous remercions du fond du coeur notre candidat Jean-Luc Mélenchon qui a porté si haut notre parole et défendu si bien notre projet.

Jean-Luc Mélenchon ne sera pas notre nouveau Président de la République le 7 mai. Mais l’Histoire ne s’arrête pas à cette apparente défaite.

Ce qui semble, aux yeux de certains, être une « contre-performance » inaugure en fait une victoire prochaine.

Si vous étudiez les résultats locaux du 1er tour, vous constaterez que Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans 67 circonscriptions et qu’il est 2ème dans 167 autres, ce qui signifie déjà que nous avons 234 chances sérieuses d’emporter un siège le 18 juin.

Il est en tête dans de nombreuses grandes villes, et dans beaucoup de villes symboliques comme Marseille, Lille, Toulouse, Grenoble mais aussi dans bien des villes « populaires » de la région Ile de France. Ce qui signifie que nous pourrions transformer le paysage municipal aux prochaines élections municipales en 2020…

Et il a obtenu plus de 12,5% des inscrits dans plus de 400 circonscriptions, ce qui signifie qu’avec un score identique au 1er tour des Législatives, nous pourrions nous maintenir dans plus de 400 circonscriptions au 2nd tour.

Entre celles que nous gagnerions presque à coup sûr, celles que nous pouvons gagner, et celles où sans gagner on est sûr de peser très lourdement sur le résultat final, on a toutes les raisons d’espérer que ces élections législatives soient un calvaire, un chemin de croix pour celui ou celle qui sortira des urnes le 7 mai. Qui pourrait bien se trouver crucifié-e le 18 juin… Désolé d’employer ces métaphores mais elles sont bien parlantes je trouve !

La France insoumise a désormais une base très solide. Sur ces fondations, nous devons construire la suite. Nous devons rester mobilisé-e-s pour la séquence électorale suivante qui décidera de notre destin. Soit nous abandonnons la scène au vainqueur du 7 mai et alors nous subirons de nouvelles souffrances, de nouvelles régressions en plus de risquer la guerre externe et peut-être civile.

Soit nous comprenons la situation dans laquelle nous sommes entrés, qui, d’une certaine façon, correspond à ce délitement que nous avions perçu et décrit depuis longtemps.

La 5e République agonise. Elle ne correspond plus du tout au contexte politique, social, démographique, culturel de notre pays.

Depuis l’origine, chaque fois, le second tour de l’élection présidentielle faisait s’affronter les deux candidats en tête mais ceux-ci étaient toujours largement en tête, si bien que les reports de voix pouvaient se faire assez facilement et que les vaincus acceptaient leur défaite.

Cette fois, les écarts sont si faibles que le système apparaît sous sa noire réalité, illégitime. Mais nous devons faire avec. Nous aurions pu espérer peut-être faire annuler les opérations électorales sur la base des nombreuses irrégularités constatées mais manifestement les preuves ont manqué ou bien tout avait été bien mis sous contrôle, sur ce point aussi, par la caste oligarchique.

Quoi qu’il en soit, le Conseil Constitutionnel a proclamé les résultats définitifs et il ne sert donc plus à rien de ressasser ces irrégularités. Cela nous maintient dans la colère et l’aigreur et nous empêche de nous engager dès maintenant dans le travail à accomplir aujourd’hui : mener une campagne législative qui s’avère victorieuse.

Nous devons surgir en tête. Nous le pouvons. Cette « croyance » n’est pas une illumination mais une analyse rationnelle des résultats électoraux de dimanche. Nous n’aurons sans doute pas nous-même une majorité absolue de 289 sièges nous laissant entièrement libres mais nous pouvons déjà gagner une majorité relative, c’est-à-dire être en tête.

Et cela nous mettrait en situation de former le gouvernement et ainsi nous contraindrions, en respectant les règles constitutionnelles, le ou la Président-e sorti-e des urnes le 7 mai à une cohabitation.

Vous saisissez ? Le chef de l’État se verrait donc désavoué d’entrée de jeu, au tout début de son mandat. Car un Président sans majorité ne peut former de gouvernement « à lui », et ne peut donc rien faire. C’est toute la subtilité de cette constitution qui est d’essence monarchique mais à une condition : qu’il y ait adéquation entre le Président et la majorité, sans quoi le Président n’est qu’une potiche car même le « domaine réservé » est une création coutumière qui peut très bien être dénoncée et contestée par un gouvernement qui ne serait pas décidé à jouer le jeu.

Je n’ai pas besoin de vous dire que si cette hypothèse se vérifiait, si le 18 juin prochain, date du 2ème tour des élections législatives, c’est la France insoumise qui obtenait le plus grand nombre de député-e-s, et que c’est donc elle qui serait appelée à former le gouvernement, nous entrerions dans une période inédite car le chef de l’État serait de fait démonétisé comme disent certains, c’est-à-dire totalement délégitimé d’office.

Et d’un autre côté, une majorité et donc un gouvernement France insoumise devant traiter avec un Président Macron ou une Présidente Le Pen, avouez que ce serait une situation cocasse.

Et l’on peut penser que pareille situation ne serait pas viable. La crise de régime ouverte éclaterait bien vite car les « mandants » du Président Macron ne tolèreraient pas de se faire ainsi dévitaliser d’office.

Quant à nous, nous aurions tout intérêt à ne rien concéder pour que rapidement la crise surgisse et que le peuple soit amené à la trancher. Il y aurait donc probablement dissolution de l’Assemblée Nationale. Le Président ne démissionnerait sans doute pas, espérant que les nouvelles élections législatives lui donnent cette fois une majorité. Mais je crois que si nous gérons bien la situation au gouvernement, nous serions, NOUS, en situation de les emporter de nouveau, mais cette fois avec une majorité bien plus claire. Ce second désaveu du Président conduirait sans doute à sa démission forcée ou à sa « potichisation » définitive… emportant de fait le régime !

Cette campagne électorale a montré que certaines personnalités autour de Jean-Luc Mélenchon ont pris de l’envergure et sont aujourd’hui en situation de tenir la dragée haute à nos adversaires. Si en 2012, on ne voyait que Jean-Luc Mélenchon, c’est parce que les medias refusaient de discuter avec d’autres que lui. En 2017, Jean-Luc Mélenchon a imposé une diversité de paroles et ainsi, le peuple français a pu découvrir Alexis Corbière, Raquel Garrido, Charlotte Girard, Gabriel Amard, Djordje Vuk Kuzmanovic et d’autres encore.

Contrairement à ce que disent certains, fort heureusement de moins en moins nombreux depuis quelques temps, la France Insoumise, ce n’est pas QUE Jean-Luc Mélenchon. Nous avons bien des talents pour animer ce mouvement aujourd’hui et demain. Et il n’y a pas non plus que ceux que j’ai cités plus haut. Partout dans nos territoires, il y a des gens compétents, engagés, déterminés. Et je ne doute pas que les élections législatives à venir mettront cette réalité méconnue en évidence.

Cela étant dit, je pense que nous avons encore besoin de Jean-Luc Mélenchon. Je ne me projette pas en 2022, date du terme du prochain mandat présidentiel si le calendrier n’est pas bousculé ou chamboulé d’ici là.

C’est ICI ET MAINTENANT que nous avons besoin de lui. Bien sûr, il prendra sa décision en toute liberté. C’est le premier des Insoumis et personne ne le blâmera de vouloir passer la main, remettre le flambeau.

Mais puisqu’il n’a pas encore exprimé une telle décision, je pense que nous pouvons tenter de lui faire passer un message. Nous avons bien le droit, nous aussi, d’exprimer notre préférence. Et cette préférence consiste en ce que nous voudrions qu’il mène avec nous ce combat législatif. Pas seulement d’une position en retrait mais en étant lui-même, une fois de plus, le « général en chef ».

Au vu des résultats électoraux de ce premier tour, il y a de nombreuses circonscriptions où Jean-Luc Mélenchon est assuré d’être élu le 18 juin s’il se portait candidat.

Certains pourraient dire que lorsqu’on est candidat à une élection présidentielle, on ne peut ensuite l’être à une législative. En droit, rien ne l’empêche. Et si l’on considère la chose d’un point de vue politique, il n’y a pas davantage d’obstacle. Notre projet est de changer la France et de contribuer à changer l’Europe et le monde. Nous pensions pouvoir le faire via l’élection présidentielle. Les résultats nous privent de cette possibilité. Mais la suite peut changer la donne. Avec une majorité et un gouvernement, c’est bien nous qui déterminerions et conduirions la politique de la nation. Nous devons donc tout faire pour parvenir à nous propulser à cette responsabilité.

Et il n’y aurait bien sûr aucune honte à n’être « que » la force gouvernementale et parlementaire puisque nous sommes partisans de faire disparaître la Présidence de la République.

Pour mener l’action gouvernementale, je pense que Jean-Luc Mélenchon serait le mieux placé. Personne ne saurait le contester vu que jusqu’à dimanche c’est bien lui qui était de fait en première place. Je ne vois pas pourquoi nous contesterions aujourd’hui cette primauté.

Pour que Jean-Luc Mélenchon puisse être nommé Premier ministre, il faut que nous emportions la majorité, fut-elle relative, le 18 juin. Et il faut que lui-même soit un de ces député-e-s élu-e-s le 18 juin.

Et si nous ne parvenions pas à avoir la majorité relative, si nous n’étions que 2ème ou 3ème, rien ne nous serait plus utile que d’avoir Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée, comme président du groupe de la France insoumise.

On m’a objecté que cela était impossible puisqu’il est député européen et qu’il existe un non-cumul de ces deux mandats. Je le sais bien mais rien n’empêche Jean-Luc Mélenchon de démissionner de son mandat de député européen pour être député à l’Assemblée Nationale où, dans le contexte actuel, il serait bien plus utile selon moi.

Voilà, ami-e-s et camarades insoumis-e-s ce que je voulais vous dire. Ce billet a pour objet d’une part de demander solennellement à Jean-Luc Mélenchon de se porter candidat aux élections législatives dans la circonscription de son choix, et de vous demander, à vous tous, à vous toutes, d’appuyer cette demande, par tout moyen à votre convenance.

Jean-Luc Mélenchon et toute la France insoumise doivent savoir que nous tenons à ce qu’il soit encore notre principal leader.

Merci de votre attention. Salutations insoumises.

Nous sommes plus de 7 millions à avoir voté JLM

 

Les sanglots longs des violons de l’automne…

“Le passé n’est qu’un prologue” disait Shakespeare…

Ami-e-s, camarades, vous savez que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Nous ne sommes pas morts. Bien au contraire. Nous n’avons pas encore réussi à accomplir notre rêve ce dimanche. Jean-Luc Mélenchon ne sera pas notre Président de la République le 7 mai. Et, du coup, je vois déjà pas mal d’insoumis-e-s se projeter déjà en 2022, au terme régulier du prochain mandat présidentiel que la séquence électorale 2017 va ouvrir.

Personnellement, je trouve cela à la fois puéril, ridicule et désespérant. Nous ne pouvons attendre cinq ans de plus. Et je n’imagine pas que le peuple attendra cinq ans de plus pour prendre son destin en mains.

Que ce soit sous une présidence de Marine Le Pen, ou sous une présidence d’Emmanuel Macron, lequel n’agira que « par délégation » de qui on sait (en gros, il fera le spectacle sur le devant de la scène et signera les parapheurs), la crise de régime ne tardera pas. Car ce qu’ils promettent, l’une comme l’autre, ne peut que jeter dans la colère des millions de Français.

Et puis, gardons bien à l’esprit qu’en juin, il y aura des élections législatives. Elles seront fondamentales. Plus qu’elles ne l’ont jamais été !

Car en 5e République, pour que le Président de la République soit le monarque républicain que nous dénonçons, encore faut-il qu’il ait une majorité qui lui soit favorable, ce qui lui permet d’avoir un gouvernement à sa botte. Sans majorité absolue, pas de gouvernement viable. Ils seront contraints de s’entendre avec d’autres qui risquent de ne pas leur faciliter la tâche.

Et lorsqu’on étudie les résultats de ce premier tour, on constate qu’en divers endroits, c’est Mélenchon qui est en tête, parfois avec une grosse avance sur le suivant, et que Macron est relégué à la 3ème place. La France est divisée en quatre forces de poids à peu près équivalent autour de 20%.

JAMAIS une élection présidentielle n’a donné de tels résultats. Les écarts ont toujours été bien plus conséquents entre les deux premiers et les suivants. Et si, par exemple en 1995, le 3ème (Balladur) n’était qu’à moins de 2 points du 2ème (Chirac), ces deux-là se réunirent au second tour pour ne former qu’une seule force. Donc rien de comparable à ce qui se passe aujourd’hui.

J’ai écrit, dans un billet publié hier, que j’étais convaincu qu’une grande coalition allait naître aux Législatives autour de Macron. Parce que le PS d’une part, les centristes de l’autre, mais aussi quelques-uns du parti de droite « Les Républicains » allaient se jeter à corps perdu dans cette arche de Noe. C’est évident et a priori cela représente un poids certain. Sur le papier en tout cas !

Mais d’un autre côté, la campagne de Mélenchon a connu une dynamique exceptionnelle et rien ne dit que l’échec du 1er tour l’interrompe. C’est à nous de maintenir la pression. C’est à nous de rester mobilisés. C’est à nous de tenir la rue et les places. C’est à nous de continuer encore et encore à présenter notre projet, à l’expliquer, à donner envie aux 10 millions d’abstentionnistes que nous n’avons pas su convaincre. Oui, il y a eu plus de 10 millions d’abstentionnistes à ce 1er tour. C’est donc un réservoir considérable de nouveaux soutiens.

Je n’ignore pas que lors des élections législatives, il y a toujours eu une démobilisation de celles et ceux dont le candidat n’avait pas gagné la présidentielle. Mais ceci s’explique par le fait que jusqu’ici les écarts étaient tels que personne ne pouvait rationnellement imaginer inverser ou même seulement contrarier aux Législatives le résultat de la présidentielle. Cette fois-ci, tout est différent.

Et rappelons-nous aussi que bien souvent les projections en termes de sièges imaginées au soir du 2nd tour de la présidentielle, ou au soir du 1er tour des élections législatives, ne se sont pas vérifiées. Notamment parce qu’il est arrivé assez souvent que le second tour des Législatives atténue, module, corrige les résultats du 1er tour. Il y a donc bien des cartes à jouer. Et ce que nous ne devons surtout pas faire, c’est nous disperser et « rentrer à la maison » pour « cultiver notre jardin » ! Bien que cette activité soit très profitable soit-dit en passant…

Nous sommes insoumi-e-s, nous sommes donc des combattants et un premier échec, très partiel, ne doit pas nous faire entrer en hibernation en attendant des jours meilleurs. C’est à nous de les faire advenir. Et c’est donc à nous de mener le combat dans cette nouvelle séquence.

Macron est à 24%, Le Pen à 21%, Fillon (qui se met en retrait) et Mélenchon à plus ou moins 20%.

Le scénario de ces Législatives n’est donc pas écrit, quoi que puissent en dire les relais médiatiques de Macron. Les circonstances électorales du moment que nous vivons sont tout à fait inédites. Donc, oui, tout est encore possible.

Un Président sans majorité ne peut rien. C’est une potiche. Même en 5e République ! Il n’est surpuissant, je le répète, que s’il peut s’appuyer sur une majorité et sur un gouvernement en découlant.

NOUS, à la France insoumise, nous devons tout faire pour priver le prochain Président de cette majorité. Le Pen, si c’est elle, ne pourra jamais avoir une majorité. Et si c’est Macron, malgré la grande coalition probable, il n’est pas certain du tout qu’il obtienne une majorité. Car la grande coalition rassemblera largement des gens que le peuple ne veut plus voir !

Macron lui-même peut faire illusion et sembler paraître neuf, innocent, différent, comme Hollande, en 2012, donna à beaucoup d’ignorants et de naïfs l’illusion qu’il était de gauche… Macron peut sembler un homme “neuf” à celles et ceux qui ne s’intéressent pas à la politique, mais tous ceux qui l’appuieront et qui constitueront les piliers de sa campagne législative, ne pourront bénéficier de cette image fraîche de l’innocence. On retrouvera le pire de ce qu’on a connu avec Hollande. Et je prévois de nouveaux coups de balai en juin. Le dégagisme qui a déjà éjecté Hollande, puis Sarkozy, puis Juppé, puis Valls, puis Fillon et Hamon, ne vas pas s’arrêter…

Une grosse partie de la droite ne se ralliera pas à Macron et cherchera à obtenir le plus grand nombre possible de députés sous son propre nom.

Donc, de fait, eux et nous serons des « alliés objectifs » comme on dit pour barrer la route à une majorité Le Pen ou Macron.

On a bien vu que la campagne Fillon a stagné et le résultat du 1er tour le confirme.

On a bien vu que la campagne Le Pen n’a pas eu le succès escompté, même si Marine Le Pen a réussi l’essentiel : accéder au 2nd tour.

Donc, le paysage politique qui sera celui de la France au soir du 2nd tour des Législatives est totalement impossible à décrire aujourd’hui.

Mélenchon a été notre brillant candidat. Il nous a mis en situation de peser de manière décisive sur la suite. Il nous a fait gagner 3 millions de suffrages supplémentaires par rapport à 2012. On a presque doublé notre score !

On a des milliers de groupes d’appui et des dizaines de milliers de militant-e-s bien moins formatés et disciplinés que ceux des partis. Mais pas moins éveillés qu’eux !

Plutôt que de nous projeter aujourd’hui en 2022, voyons ce qu’il est possible de faire dès maintenant.

Je suis de ceux qui pensent que MÉLENCHON DOIT ABSOLUMENT ÊTRE CANDIDAT LUI-MÊME AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES.

Il l’avait été en 2012, à Hénin Beaumont, et avait échoué tant certains de nos prétendus camarades et alliés lui avaient savonné la planche.

Il y a de nombreux territoires, et donc incontestablement de nombreuses circonscriptions, où Mélenchon a obtenu dimanche des scores inattendus, bien plus haut qu’on ne l’aurait imaginé. Il a donc toutes ses chances d’être élu député. Surtout si on s’y met tous. Notre force sera irrépressible.

Avec Jean-Luc Mélenchon député à l’Assemblée nationale, quelle que soit la majorité qui sortira des urnes en juin, tout serait différent par rapport à une situation où il n’y serait pas. En disant cela, je ne fais injure à aucun leader de la France insoumise. Nous avons pu constater, au cours de cette campagne, que bien des proches de Jean-Luc Mélenchon ont donné le meilleur d’eux-mêmes, se sont dévoués, se sont « épaissis ». Il y en a qui aujourd’hui ont gagné leurs galons d’officiers supérieurs et ils seront ceux qui nous conduiront vers les prochaines victoires qui ne manqueront pas d’arriver, bien plus vite que ne le craignent les oligarques qui croient avoir gagné…

Nous ne pouvons nous résoudre ni à considérer que Mélenchon a fait son temps et que cette élection présidentielle était son dernier combat, ni à renvoyer son avènement en tant que Président de la République à la prochaine élection présidentielle que le calendrier fixe aujourd’hui à 2022. NOUS AVONS ENCORE BESOIN DE LUI, ICI ET MAINTENANT !

Et je pense que nous devons le convaincre qu’il doit prendre sa part du combat législatif en étant une fois encore celui qui marchera devant, celui qui nous représentera tous, celui qui pourra ensuite faire entendre notre voix à l’Assemblée, celui qui sera prêt à toute éventualité, puisque la crise de régime ne manquera pas de survenir très vite. Bien avant que le mandat 2017-2022 n’arrive à son terme régulier.

Je pense que nous devons tous, toutes, faire passer ce message à Jean-Luc Mélenchon et à tous ses proches: Raquel Garrido, Alexis Corbière, Gabriel Amard, Charlotte Girard, Djordje Vuk Kuzmanovic et celles et ceux qui ont animé la campagne.

On ne lâche rien, les insoumi-e-s !

On a perdu la première bataille, mais on n’a pas perdu la guerre comme dirait l’autre…

« Nous sommes le matin neuf qui se lève » disait poétiquement Jean-Luc Mélenchon dimanche soir.

Et notre défaite de dimanche a bien des allures de victoire prochaine. À l’inverse, l’apparente victoire de Macron ressemble fortement à celle de ce roi grec antique du nom de Pyrrhus…

 

Le jour d’après… La victoire à la Pyrrhus du candidat de la caste oligarchique et du « kapo » du système

Mes ami-e-s, mes camarades,

La crise de régime ne saurait tarder. Nous devons être prêts. Et donc ne surtout pas nous démobiliser. Et encore moins nous disputer.

Je me permets de mettre en garde contre les « bilans » qui voudraient tenter d’expliquer notre échec en pointant certaines insuffisances de notre candidat, de notre projet, ou de notre stratégie. Je ne dis pas que nous devons taire ce qui nous semble devoir être dit et analysé, mais je nous appelle collectivement à faire preuve de la plus grande responsabilité. Toute défaite nécessite d’être étudiée sérieusement. Nous devons collectivement tâcher de comprendre ce qui nous a manqué. Il ne s’agit pas de cacher sous le tapis ce qui peut nous sembler être la cause de notre échec. Mais si ce bilan raisonné doit être fait, qu’il le soit avec le plus grand esprit de responsabilité. Attention à ce que nous dirons. Nous ne devons surtout pas faire quoi que ce soit qui puisse conduire à entamer notre nouvelle force ou à nous diviser.

Parce que je suis de ceux qui pensent qu’un jour prochain, bien avant que ne se termine le prochain quinquennat, NOUS, la France insoumise, pourrions être appelés, comme un recours ultime, à la tête du gouvernement de la France. Je ne sais pas dans quelles conditions cela pourrait se produire mais je suis certain que ça se produira. Nous le sommes tous d’ailleurs. Mélenchon a plusieurs fois dit, et beaucoup d’autres avec lui, que la question n’est pas de savoir « si » nous gouvernerons un jour ce pays mais « quand » ! Les résultats d’hier le confirment on ne peut plus clairement. Nous ne gouvernerons pas ce pays dès le mois de mai 2017 mais nous pourrions être dans cette situation dans quelques semaines, dans quelques mois.

Pour le moment, la crise de régime n’est pas encore confirmée. Certes, nous percevons bien déjà les multiples indices de sa présence, mais pour l’instant cette crise politique demeure larvée. On la sent poindre mais elle n’est pas encore ouverte. Les élections se sont tenues, deux candidats ont été sélectionnés, l’un d’eux sera élu dans deux semaines, puis investi. Un Premier ministre sera nommé puis un gouvernement pour aller jusqu’à la séquence électorale suivante, celle des élections législatives. Tout semble fonctionner normalement. Business as usual dirait l’autre… Et pourtant ! Qui ne voit pas que nous nous rapprochons du terme de ce régime ?

En 5e République, lorsque le Président a une majorité « à lui », fût-elle remuante ou « frondeuse », l’Exécutif a, contre les députés à l’Assemblée Nationale, tous les pouvoirs de contrainte puisqu’il dispose, via la constitution, de ce que les juristes désignent sous le vocabulaire de « mécanismes de rationalisation du parlementarisme ». Parmi ces mécanismes constitutionnels : le vote bloqué (le gouvernement impose un vote unique sur plusieurs articles d’un projet de loi, ce qui contraint à choisir en bloc sans pouvoir valider l’un et refuser l’autre), le vote en urgence (qui réduit fortement le temps du débat parlementaire), et in fine la possibilité de faire adopter un texte sans vote (le fameux mécanisme de l’article 49-3). Lorsque la majorité est favorable au Président de la République, le Premier ministre est toujours, sinon en droit du moins en pratique, un « assistant » du Président, un « chef d’orchestre » qui ne fait que faire jouer la partition écrite par le seul Président.

Or ce que dit la constitution (en son article 21), c’est que c’est le Premier ministre – et non le Président de la République – qui « détermine et conduit la politique de la nation ». Donc, si le Premier ministre se soumet au Président et n’assume pas son rôle constitutionnel, c’est pour des raisons politiques. C’est parce que le Premier ministre est nommé et révoqué par le Président. Donc si un Premier ministre ne se soumettait pas, le Président pourrait le révoquer. Et cela fut fait plusieurs fois depuis 1958. Le Premier ministre tire sa légitimité de l’investiture que reçoit le gouvernement à l’Assemblée Nationale lors du vote suivant la déclaration de politique générale, mais il la tire aussi et surtout du Président de la République. Ainsi, un Président ne peut maintenir en fonction un Premier Ministre contre la volonté de l’Assemblée Nationale mais il faut comprendre que l’Assemblée Nationale ne peut désavouer directement le Premier ministre. C’est le gouvernement en tant qu’organisme collégial qui peut être soumis à une motion de censure, pas le seul Premier ministre. Et ceci ne s’est produit qu’une seule fois depuis 1958 [1]. En revanche, même un Premier ministre qui a la faveur de l’Assemblée peut être démis de ses fonctions par le Président de la République.

Il n’y a qu’en période de cohabitation que le Premier ministre retrouve la faculté d’exercer vraiment tous les pouvoirs constitutionnels de sa fonction. Parce que, en période de cohabitation, la majorité à l’Assemblée Nationale n’est pas favorable au Président de la République et ce dernier se retrouve donc dépourvu de la plupart de ses pouvoirs.

La constitution fait du Président de la République un arbitre. C’est le texte même de la constitution qui le dit en son article 5. Certes le Président de la République dispose de certains pouvoirs propres mais la plupart de ceux-ci ne trouvent réellement à s’appliquer que si le Premier ministre et les membres du gouvernement lui sont favorables.

Je ne peux ici entrer dans les détails qu’il serait pourtant utile de décrire, mais il faut savoir que si le Président de la République est surpuissant en 5e République dans un contexte « normal » où il y a adéquation entre lui et la majorité à l’Assemblée Nationale (ce qui nous conduit à juste titre à dénoncer le caractère monarchique du régime), sa capacité d’action devient en revanche tout à fait secondaire en période de cohabitation. Traditionnellement, on considère qu’il ne conserve que ce que l’on appelle le « domaine réservé » qui recoupe la diplomatie et la défense. Mais si lors des trois périodes précédentes de cohabitation (1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002), les premiers ministres (respectivement Chirac, Balladur et Jospin) acceptèrent ce principe, c’est bien parce qu’ils refusaient d’ouvrir une crise de régime et qu’ils ont donc accepté plus ou moins de bonne volonté ledit principe. Ils auraient pu rendre la vie impossible au Président et déclencher de fait une crise ouverte. Ils s’y sont tous refusé.

Pourquoi dis-je cela ? Eh bien parce que la constitution fait du Président de la République le « chef des armées » (article 15) mais fait du Premier ministre le « responsable de la défense nationale » (article 21) et que c’est le gouvernement, on l’a déjà dit plus haut, qui « détermine et conduit la politique de la nation » mais qu’en outre c’est encore « le gouvernement » qui « dispose de l’administration et de la force armée » (article 20). Ces éléments textuels de la constitution sont donc tout à fait antagonistes et susceptibles de voir les deux têtes de l’Exécutif s’opposer frontalement. Relisez ces dispositions constitutionnelles : le Président est le chef des armées et préside les conseils et comités supérieurs de la défense nationale mais le Gouvernement dispose de l’administration (donc de l’appareil diplomatique) et de la force armée (donc de l’armée). Et c’est le Gouvernement qui détermine et conduit la politique de la nation or la défense et la diplomatie relèvent bien, évidemment, de la politique de la nation. Donc si le Président est le chef des armées et préside les organes délibératifs de la défense nationale, on peut aussi considérer qu’il est quelque peu lié à la politique de la nation définie en matière de diplomatie et de défense par le gouvernement…

Par ailleurs, le Président est l’autorité constitutionnelle qui « accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères » tandis que « les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui » (article 14). Pour autant, il ne s’agit que d’autoriser des personnes à exercer une fonction, pas de décider du fond qui relève du gouvernement.

Si le Président dispose de pouvoirs propres (nomination du Premier ministre, droit de dissolution de l’Assemblée Nationale, droit d’organiser un référendum sur certains sujets), ceux-ci n’ont pas non plus d’effet direct quant au fond de ce qui est décidé. En effet, si le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation et que le Premier ministre « dirige » l’action du gouvernement, le Président lui « assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et assure la continuité de l’État » ce qui donne forcément lieu à interprétation quant aux modalités concrètes de mise en œuvre de ce principe. Rien n’est dit par le texte. Il en est de même lorsque la constitution dispose que le Président « est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. »

Tous ces éléments constitutionnels disent bien que le Président n’est pas du tout le chef. D’ailleurs, de 1958, date de la mise en œuvre de la constitution, à 1962, date à laquelle fut adopté le nouveau mode d’élection du Président de la République, seule la personnalité exceptionnelle de De Gaulle lui donnait le pouvoir suprême qui était le sien. Sa légitimité politique, juridique, était faible comparé à celle des députés élus au suffrage universel. C’est bien l’élection du Président de la République au suffrage universel qui a changé fondamentalement la donne puisque le Président était désormais soutenu par des millions de Français tandis que les députés l’étaient au mieux par quelques dizaines de milliers de Français. Ce mode d’élection du Président conduisit à ce que les candidats défendent un projet politique qui ensuite constituait en quelque sorte la trame, le cadre de la politique qui allait être mise en œuvre par les gouvernements du Président élu. L’élection législative perdait son rôle majeur pour n’être plus qu’une occasion de confirmer le choix fait lors de la présidentielle.

Le passage au quinquennat et l’inversion du calendrier électoral en 2002 (la présidentielle étant organisée avant les législatives) accentuèrent encore la présidentialisation du régime.

Donc, arrivés à ce point de ce billet, vous avez compris qu’un Premier ministre de cohabitation pourrait fort bien s’opposer frontalement au Président de la République jusqu’à déclencher une crise ouverte.

Le Président de la République, parmi ses pouvoirs propres, détient celui de promulguer les lois. Les interprétations varient à ce sujet. Certains considèrent que la disposition constitutionnelle impose au Président de la République de promulguer les lois votées par le Parlement (dans les 15 jours dit le texte de l’article 10) ne laissant au Président que la possibilité prévue par l’alinéa 2 de l’article 10, à savoir demander une seconde délibération de la loi (c’est-à-dire de remettre le texte en discussion au Parlement). D’autres considèrent que le Président ayant le pouvoir de promulguer les lois, il a aussi celui de refuser cette promulgation. Mais il faut avouer que cette interprétation-là est très contestée. En tout cas, si ce cas se présentait un jour, il ouvrirait de fait une confrontation majeure entre d’un côté le Président et de l’autre le gouvernement et la majorité à l’Assemblée.

Rappelons que ce refus de promulgation ne s’est presque jamais produit. Seul le président Mitterrand usa de ce « droit » lors du 1er gouvernement de cohabitation avec Chirac (1986-1988) à propos de certaines ordonnances.

Pour résumer, si, au terme des élections législatives à venir, le Président de la République élu le 7 mai n’obtient pas une majorité à l’Assemblée Nationale, il ne pourra que désigner un Premier ministre issu de la majorité sortie des urnes. Il y aura donc, d’entrée de jeu, un gouvernement de cohabitation. Ceci ne s’est jamais produit à ce jour. Chaque fois qu’il y eut cohabitation, c’est après l’exercice d’un mandat présidentiel : en 1986, ce fut après 5 ans de présidence Mitterrand ; de même en 1993 après 5 ans d’exercice de présidence Mitterrand ; et en 1997 ce fut après deux ans d’exercice de présidence Chirac. S’il n’y eut pas 5 ans cette fois-là, c’est que Chirac élu en 1995 conserva l’Assemblée qui avait été élue en 1993, et qu’il anticipa d’un an, via la dissolution de 1997, le terme du mandat de cette Assemblée. Jamais une assemblée élue directement après l’élection présidentielle ne conduisit à une cohabitation. En revanche, en 1988, après la réélection de Mitterrand, celui-ci dissout l’Assemblée élue en 1986 puisqu’elle ne lui était pas favorable et il obtint une majorité… toute relative, ce qui conduisit le Premier ministre d’alors, Michel Rocard, à faire un usage répété de l’article 49-3. Car déjà, la majorité comprenait bien des « frondeurs » que l’Exécutif dut contraindre à rentrer dans le rang.

Mais en 2017, au regard des circonstances politiques du moment, ce type d’hypothèse – que le Président élu n’obtienne pas de majorité à l’Assemblée Nationale – est tout à fait envisageable car la France est désormais non pas coupée en deux mais divisée entre quatre forces politiques à peu près égales, autour de 20%.

La « force » politique représentée par Macron, outre son assise populaire constatée lors de ce premier tour, ne repose que sur les soutiens qui lui sont venus de personnalités du PS, du centre ou de la droite. Et il est évident que ces personnalités-là ne vont toujours être en phase les unes avec les autres. Le PS va tenter sans aucun doute de « tenir » Macron mais qu’ils y parviennent n’est pas certain, pour user d’un euphémisme…

En outre, il y a fort à parier que le PS en tant que parti va disparaître. Parce que les 6% de Hamon ne peuvent constituer un socle de résistance à la volonté évidente des « macroniens » de faire table rase de ce parti et de construire autre chose. Et je perçois que ce que ces gens ont en tête, c’est une « grande coalition » à la française. On y est presque !

Du côté de la droite, il va y avoir de violents règlements de comptes et le « nouveau » parti « Les Républicains » n’y survivra sans doute pas. Entre ceux qui voudront à tout prix jouer le jeu de Macron, et ceux qui s’y refuseront absolument, sans compter les explications de gravure suite aux affaires qui ont handicapé le candidat de la droite, je crois bien que le parti de la droite va exploser lui aussi.

Une des conséquences de ce premier tour de l’élection présidentielle 2017 sera donc la fin des deux forces politiques qui ont occupé le devant de la scène depuis des décennies. D’une certaine façon, les électeurs ont pratiqué le dégagisme ! Après Sarkozy et Hollande, Juppé et Valls, c’est au tour du PS et de Fillon de voir leur tête rouler dans le panier…

Du côté de Le Pen, vu qu’elle était donnée bien plus haut qu’elle n’est aujourd’hui, on peut dire qu’elle s’est effritée. Mais elle est néanmoins toujours là et tellement présente qu’elle a, de nouveau, dépassé dans les urnes, notre propre mouvement. Il faut donc considérer, me semble-t-il, que c’est une force bien établie en France, certes qui fluctue mais reste toujours à un point très haut. On doit traiter ce problème autrement qu’en répétant en boucle des anathèmes sur le fascisme de Marine Le Pen et de son parti. Cela fait bien longtemps que ça ne porte plus.

Je suis de ceux qui pensent que ce n’est pas par racisme que plus de sept millions de Français ont, une nouvelle fois, soutenu Le Pen. Mais parce qu’ils ont le sentiment qu’elle porte une volonté de défense de la France, de la nation française, de son indépendance. Tout cela est le résultat de l’abandon par la « gauche » depuis longtemps de certains combats. Mélenchon, depuis sa déclaration de candidature, a fait un énorme travail de reconquête idéologique et le résultat qu’il a obtenu atteste qu’il a été largement entendu. Ce sont trois millions de voix supplémentaires que nous avons obtenues par rapport à 2012. On n’est pas loin d’avoir doublé notre score antérieur. Nous sommes mortifiés d’avoir échoué à arriver en 2ème place mais la base est là et elle est solide. Après 2012, on nous avait promis que jamais on ne retrouverait nos quatre millions d’électeurs. Et de fait, nous les avons non seulement retrouvés mais on en a gagné des millions d’autres. Sans doute que quelques jours de campagne de plus nous auraient fait passer la barrière. Alors ne nous morfondons pas. Oui nous avons perdu une bataille comme dirait l’autre mais nous n’avons pas encore perdu la guerre. Et nous sommes mêmes dans une position bien plus enviable aujourd’hui que nous l’étions en avril 2012. Nous devons donc rester engagés, mobilisés, rassemblés et continuer le combat sans rien lâcher.

Je reviens à la question des Législatives. Les résultats d’hier prouvent que nous sommes en situation de gagner beaucoup de député-e-s en juin. Parce que les élections législatives ne sont pas soumises aux mêmes règles qu’une élection présidentielle. Contrairement à une présidentielle où seuls les deux candidats arrivés en tête au 1er tour sont admis au 2nd, à une législative, ce sont tous les candidats ayant obtenu 12,5% des inscrits qui le sont. Et il y a donc une garantie, au regard des scores obtenus par Mélenchon dans des dizaines de circonscriptions, que nous ayons des candidats en lice au second tour des législatives et pas mal d’entre eux en situation d’être élus.

Nous devons tout faire pour que le nombre des Insoumis élus en juin soit le plus important possible. Il ne s’agit pas de « prendre des places », mais de représenter notre peuple dans l’Assemblée Nationale. Il s’agit d’être dans la place si j’ose dire pour connaître de l’intérieur ce qui sera débattu et pour pouvoir chaque fois prendre le peuple à témoin et organiser non seulement la résistance bien sûr, mais bien plus que cela, la contre-offensive !

Comme je le rappelais plus haut, la France est désormais divisée en quatre forces. En moyenne, cela nous met à 20% mais dans le détail, nous sommes parfois bien plus haut que cela. Donc il y a beaucoup de territoires où nous sommes en situation de peser très lourdement, voire de l’emporter dès juin. Et puis il y aura d’autres élections dans les prochaines années où nous pourrons être élus à la tête de villes, de départements ou de régions, non pas via des alliances pourries avec des partis, mais par nous-mêmes !

Quatre forces à plus ou moins 20% en moyenne, cela signifie que l’on ne peut prévoir aujourd’hui qui obtiendra une majorité en juin. On peut même penser, très sérieusement, qu’aucune force n’obtiendra de majorité absolue (289 sièges sur 577). La force qui arrivera en tête n’aura donc qu’une majorité relative, c’est-à-dire qu’elle sera la première mais qu’à elle seule, elle n’aura pas le nombre requis de députés pour faire adopter les lois. Il faudra donc qu’elle s’entende avec d’autres. C’est la raison pour laquelle les « Républicains » se mettent déjà en ordre de marche pour les législatives. Certains vont faire la grande coalition, d’autres se placer en situation de défier Macron (Cf les propos de Laurent Wauquiez et de Nathalie Kosciusko-Morizet).

Le Pen aura un groupe de députés plus important qu’aujourd’hui mais sans doute bien plus faible que ce que les 21% obtenus par Marine Le Pen hier laissent présager. S’il y avait un scrutin proportionnel, le FN pourrait espérer peu ou prou une centaine de députés mais avec un scrutin majoritaire à deux tours, il ne peut en espérer que bien peu sur son seul nom. Si le FN s’allie avec une partie de la droite, en revanche, les choses seront très différentes, sauf qu’une telle alliance très à droite renforcerait le camp Macron qui se verrait rejoint en masse par les centristes et une partie de la droite (la tendance Juppé en quelque sorte).

On ne peut imaginer un groupe important de députés FN parce que les candidats du FN n’ont pas grand chose à voir avec leur leader. Le plus souvent, ce sont des caricatures, pour rester gentil… Et la garantie de voir des triangulaires (3 candidats en lice au second tour des Législatives de juin), voire des quadrangulaires (4 candidats en lice) empêchera une marée FN à l’Assemblée.

Quant à « En Marche », je suis impatient de voir comment ce mouvement va pouvoir confirmer aux Législatives ce qu’il a obtenu avec le personnage de Macron à ce premier tour. Je suis certain que personne n’ignore chez eux les faiblesses qui sont les leurs, l’absence de notoriété de leurs candidats et le rôle dominant des caciques du PS.

Macron Président n’aura pas de majorité sauf à organiser aux Législatives cette grande coalition à laquelle tant aspirent. Mais s’il fait cela, il montrera à tous qu’il n’est que l’arme du système. Cette évidence semble ne pas encore avoir été détectée par des millions de Français. Vu qu’à ce premier tour, il y avait en concurrence contre Macron, trois candidat sérieux (Fillon, Le Pen, Mélenchon) certains ont été mystifiés. Mais si, comme je le pense, aux Législatives, Macron organise cette grande coalition, cela nous donnera, à nous la France insoumise, beaucoup de grain à moudre.

Il ne faut donc pas sourire tant que ça à l’hypothèse a priori saugrenue de voir la France insoumise progresser encore aux Législatives et surgir en tête de ces prochaines élections. Et si cela advenait, cela signifierait que le Président Macron devrait désigner un Premier ministre de chez nous ou dissoudre l’Assemblée venant d’être élue… Dans les deux cas, la crise de régime serait alors ouverte pour de bon.

Parce que de toute façon, même si la France insoumise était en tête des Législatives, elle n’aurait pas de majorité absolue à elle seule. Et elle serait donc obligée de compter sur le soutien de députés concurrents pour faire adopter son projet, éventualité totalement fantaisiste. En revanche, notre majorité relative se verrait inévitablement confrontée à une majorité absolue d’hostilité. Car tous les autres, bien qu’adversaires les uns par rapport aux autres, seraient évidemment d’accord entre eux pour s’opposer à nous et donc bloquer notre action.

Dans tous les cas, la France va devenir ingouvernable. Elle vient donc d’entrer dans une période où la crise de régime ne peut qu’éclater à bref délai. Et je fais le lien avec ce que je disais au tout début de ce billet, nous devons donc être prêts. Mélenchon, son équipe et nous-mêmes étions prêts hier. Nous le sommes donc aujourd’hui. Nous devons l’être demain. Cela suppose à mon sens une condition absolue : ne pas nous démobiliser, ne pas nous disperser. Chacun de nous fera ce qu’il veut le 7 mai. Ce n’est pas de cela dont je parle. Ce que j’évoque ici, c’est la survie de notre mouvement la France insoumise. Les presque 450 000 signataires sur jlm2017.fr et les plus de sept millions d’électeurs doivent rester rassemblés et mobilisés pour la nouvelle phase qui s’ouvre.

Comme l’a dit Mélenchon hier soir, nous sommes le matin neuf qui se lève !

On a tous pris un sérieux coup sur la tronche. Mais on est là ! Nous sommes vivants. Nous sommes lucides. Nous ne sommes ni couchés, ni vaincus. Le système médiatique et constitutionnel nous a empêchés cette fois de l’emporter mais ledit système, au-delà de la jubilation qui doit être la sienne d’avoir réussi son pari, n’ignore pas quelle est notre force collective depuis hier. Et pour filer la métaphore sismologique, la caste oligarchique n’ignore pas que la terre a fortement tremblé sous ses pieds, et que les répliques du séisme ressenti hier ne vont pas cesser, et que leur intensité ne va pas décroître. Le magma est remonté très haut dans la cheminée. L’explosion n’a pas encore eu lieu. La roche a résisté malgré la chaleur intense à laquelle elle est confrontée. Elle n’a pas cédé. Elle s’est seulement ramollie mais précisément, cela signifie que les nouveaux degrés qui seront atteints dans les prochaines semaines auront inéluctablement l’effet escompté.

Aujourd’hui n’est pas encore à nous mais demain ne peut manquer de l’être !

Note

[1] En octobre 1962, l’Assemblée Nationale a renversé le gouvernement Pompidou qui avait proposé la révision de la constitution pour que le Président de la République soit désormais élu au suffrage universel direct et non plus par un collège électoral de grands élus, disposition choisie en 1958. Cette réforme fut adoptée in fine par référendum organisé par le Président De Gaulle via l’article 11 de la constitution

 

La France Insoumise est l’espoir de l’Europe – Par Olivier TONNEAU –

Cet article a été publié ici (dans les blogs de Mediapart). Par Olivier TONNEAU.

A quelques jours des élections présidentielles, la France hésite, oscille, un frémissement la parcourt. Une étrange sensation lui revient : celle qui accompagne l’exercice de la conscience. Sclérosées par les logiques comptables, les imaginations s’ébrouent. Atrophiés par le réalisme tautologique du monde tel qu’il est, les esprits se reprennent à penser. L’éthique fait retour en politique et la politique redevient exaltante. C’est un moment rare, le moment d’espérer. Signe de cette renaissance, on voit vaciller le totem au pied duquel nous devions étrangler nos cœurs : l’Union Européenne.

L’Union Européenne et non bien sûr l’Europe. Distinction fondamentale car c’est en les confondant qu’on sombre dans un aveuglement mortel. Nous sommes sommés de tout sacrifier pour préserver, dit-on, le dernier idéal de notre temps : celui d’un continent délivré des rivalités nationales d’où naissent les ivresses nationalistes et enfin les guerres. Comment ne pas y souscrire ? Mais c’est la beauté même de l’idée qui a permis qu’en soient faits des usages profondément pervers : c’est parce que l’Europe devait à tout prix être sauvée que l’Union Européenne a pu faire consentir à ce que soient enfreints tous les principes, ruinées toutes les solidarités. Les pays mis en concurrence, les travailleurs transbahutés comme des choses au gré des flux de marchandises et de capitaux, enfin l’Espagne, l’Irlande, le Portugal saignés à blanc et la Grèce condamnée à un martyr sans fin, ses vieillards volés, ses îles vendues, sa jeunesse exilée. Tout cela nous devons l’accepter, et pourquoi ? Pour sauver l’Europe !

La « crise grecque », c’est-à-dire le pillage de la Grèce, a été un tournant dans ma vie politique : ce fut la prise de conscience de l’iniquité de l’Union Européenne. La stratégie, bien naïve, de Syriza était de mobiliser l’opinion internationale. On organisait des manifestations en Italie, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne. Sans grand succès : quelques centaines de personnes à peine pour dénoncer les crimes commis par leurs gouvernants. Ce fut pour moi un de ces moments terribles où le mal se banalise et les peuples s’avilissent. Ils s’avilissent sans même le savoir puisque c’est au nom d’un idéal qu’ils consentent à la violence. Quand le regretté François Delapierre dénonçait « les dix-sept salopards » de l’Eurogroupe, on se scandalisait de l’écart de langage : comme l’imbécile auquel on montre la lune et qui regarde le doigt, les europhiles hallucinés préféraient flétrir l’accusateur plutôt que dénoncer le crime.

S’il n’y a pas de coupables, il n’y a pas de victimes. On insultait donc, au prix de toutes les contre-vérités, les grecs paresseux et fraudeurs et avec eux les Espagnols, les Italiens, les Portugais, les Irlandais : ceux que l’Union Européenne appelle les PIIGS. Mais puisqu’il y a bien des victimes, il faut nommer les coupables.

 Hollande, Moscovici, Djisselbloem, Verhofstadt, Merkel, Schaüble, Draghi, Junker…

 A l’aube de la campagne présidentielle, je craignais que les consciences ne soient si racornies qu’à la barbarie européenne ne vienne répondre que la barbarie nationale. Car il faut dire nettement, nonobstant les déclamations bouffies des Valls ou des Macron, que les europhiles sont solidaires des xénophobes. On ne peut pas traiter les peuples du Sud de bons à rien, construire des murs en Hongrie, stipendier Erdogan pour faire le service d’ordre aux frontières de l’Europe, et s’étonner que les mêmes pratiques soient préconisées par les xénophobes. Le mépris, l’exploitation et la peur de l’autre ne changent pas de nature en changeant d’échelle.

Je craignais donc une campagne sordide où nulle parole généreuse ne pourrait être entendue ; où l’Union Européenne ne serait attaquée que pour les maux qu’elle inflige à nos travailleurs, nos agriculteurs, notre industrie. Eh bien non. Il restait encore quelque chose en France de vivant, de généreux – d’insoumis. Nul ne pourra dénier à Jean-Luc Mélenchon le courage d’avoir osé, dans l’atmosphère pestilentielle où nous vivons, dire des mots d’amour, de partage et de paix. Sur le vieux port de Marseille, il a promis aux Grecs, s’il était élu, que la France se porterait à leur secours ; soixante-dix mille voix ont crié leur soutien. Soixante-dix mille voix dont je n’étais plus sûr qu’elles existaient ; soixante-dix mille voix auxquelles je mêle la mienne.

Soixante-dix mille voix à Marseille et des millions d’autres dans toute la France. Voix insoumises qui ne suivent pas un chef mais qui avaient besoin que leur parole soit portée pour se connaître et découvrir qu’il existe encore en France un sentiment puissant de solidarité entre les peuples ; cette solidarité peut seule être le fondement d’une Europe véritable. La France Insoumise est l’espoir de l’Europe.